Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Willow, soumise atypique — Chapitre 22 · Fin atypique
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Willow, soumise atypique
Chapitre 22 · Fin atypique
Bon les copains, enfin les lecteurs en tout cas, on n'a pas élevé les cochons ensemble non plus. Il est temps de faire un peu le point avant de continuer. On va faire un petit bond dans le temps alors ne soyez pas surpris et pas de pleurnicheries s'il vous plaît. Je pourrais vous raconter mon histoire au jour le jour mais j'ai passé l'âge du journal intime, vous m'excuserez, ou pas, mais peu importe. Il est bien plus pertinent pour vous comme pour moi de ne rester focaliser que sur les moments vraiment importants. Et puis après tout, c'est mon histoire et je la raconte bien comme je veux. Je ne change pas, n'en déplaise à mes détracteurs, je suis toujours Willow, "the spécial one", avec mon gros caractère et mon super cul (et n'inversez pas les adjectifs).
Deux ans sont passés et vous vous en doutez, les choses ont évolué. Je suis toujours avec Arthur mais ça vous l'avez sûrement compris. Notre relation tient le coup et tient la route. Nous avançons dans la même direction et nous savons ce que nous voulons. Par contre, ne croyez pas que nous sommes devenus un couple plan-plan, berk ! On s'amuse, on s'engueule, on fait des choses, on expérimente etc. On vit quoi ! De la routine il y en a évidemment un peu, c'est inévitable d'ailleurs mais on dépasse vraiment tout ça. Notre amitié n'y est pas étrangère si vous avez bien suivi ce que je disais la dernière fois. Je sais aussi que parmi vous certains me trouvent casse-couilles, c'est à la fois vrai et faux. J'assume d'avoir un vrai caractère mais je ne suis pas une folle hystéro qui s'excite sur tout et n'importe quoi. Bref, notre relation se passe très bien. On a même franchi un cap supplémentaire en achetant un logement, enfin, je vous en dirai plus tout à l'heure. Je finis de faire le point d'abord.
Au taf, rien n'a changé, on est toujours aussi bons et efficaces et l'ambiance au sein de la base est meilleure que jamais. Alex ? Je le vois toujours oui, nos séances continuent et on se régale. Par contre, il est vraiment devenu un proche de notre couple, nous le voyons régulièrement et il a intégré la bande de potes, même si de par son caractère, il n'est pas de toutes les sorties. Parfois quand je le regarde papoter avec Arthur, je me souviens que ce dernier avait voulu l'étriper à une époque, ou au moins qu'il lui aurait bien collé une raclée. Qui aurait dit que les choses tourneraient ainsi ? Et puis, il y a les amis : Alice, Anaïs, Patxi et Loïc. 7 comme les 7 mercenaires, les 7 péchés capitaux ou les 7 nains mais c'est moins classe. Bon bien sûr, il a aussi des potes en plus, de mon côté et du sien mais, le groupe de vrais amis, c'est celui-ci. Ainsi va la vie… comme disait Yoda (et le titre du chapitre précédent). Voilà, résumé terminé, je peux en revenir à notre nouveau lieu de vie à présent.
À force de discuter de nos envies et de nos goûts, nous avons décidé d'acheter ensemble. Mais, nous étions d'accord pour ne pas faire construire et pour ne pas acheter une maison toute faite, où on se contenterait d'entrer. Nous voulions retaper un lieu, en faire notre maison, un bâtiment qu'on arrangerait ensemble, auquel on donnerait notre personnalité, notre patte. Nous avons pris le temps de bien choisir notre maison et notre emplacement, on ne voulait pas être plein centre ville et pas trop près du taf mais pas trop loin non plus. Quoi ?! Non, nous n'avons pas acheté Arnaga ; pour ceux qui ne savent pas Arnaga est, enfin était la demeure d'Edmond Rostand et c'est à Cambo-les-bains. C'est magnifique mais ce n'est pas vraiment à vendre et pas tellement dans nos prix de toute façon ah ah. Non, nous avons trouvé une ancienne fabrique de chocolats près de Saint-Pée-sur-Nivelle, oui je sais ça peut paraître surprenant mais la vue est à couper le souffle, le prix vaut franchement le coup et en plus Alex nous a assuré de la viabilité de l'établissement et de sa solidité. Nous lui avons demandé de superviser le projet de rénovation et de nous aider pour les plans, c'est son taf après tout. Il était ravi et enthousiaste même de nous rendre service quand on lui a parlé du projet. Il a fait du bon travail franchement. Je vous l'ai dit, c'est vraiment un ami, quelqu'un de sûr.
Alex a été génial sur toute cette période et comme je vous l'expliquais, il n'a pas été le seul à être très présent pendant cette aventure. Alice, qui est décoratrice d'intérieur - mais je crois que vous ne le saviez pas si ? - nous a, quant à elle, bien rendu service pour tout ce qui de l'aménagement intérieur. Patxi, Loïc et Anaïs ont beaucoup aidé chaque week-end, à chaque moment de libre pour les travaux, et croyez-moi, il y avait du boulot ! Parfois, des copains de la base, les anciens colocs d'Arthur ou des potes à Alex (genre Mathieu et David) venaient aussi nous filer un coup de main. Mais les cinq amis, les cinq très proches, ont vraiment été d'une aide hyper précieuse, nous n'avons pas arrêté pendant près de huit mois. Nous avons été plombiers, électriciens, menuisiers, ouvriers du bâtiment, chef de chantier (non en fait cheffe parce que c'était moi la boss). Ça prend du temps et de l'énergie mais à la fin, on est fiers et satisfaits de vivre dans un endroit qu'on a à ce point personnaliser. Et puis de voir le contraste entre ce que c'était avant et après notre passage, c'est flatteur.
Vous l'aurez compris, c'est bien un loft que nous voulions et donc bien un loft que nous avons. C'est vraiment le type d'habitation qu'il nous fallait, un lieu avec beaucoup d'espace et de lumière, on ne voulait pas se sentir enfermés chez nous. La salle principale de la fabrique de chocolats était immense, elle est donc devenue le cœur même de notre habitation, nous avons disposé ça sur un rez-de-chaussée et une mezzanine immense. La cuisine ouverte est en bas, sous la mezzanine, puis elle donne sur la grande salle à manger avec le salon dans le coin gauche de la salle principale. Nous avons gardé en grande partie les vitres du toit et renforcé et repeint les structures et la charpente métalliques. Tout est baigné de clarté et de lumière. En plus nos meubles sont plutôt dans les tons clairs également, beaucoup de blanc, de gris et de bois clair. Ça donne une atmosphère très apaisante, surtout si on ajoute les plantes (c'est Arthur qui s'en occupe, moi j'ai pas la patience) qui décorent l'ensemble. La mezzanine abrite notre bureau/bibliothèque. Nous avons équipé la pièce d'un siège bulle suspendu au plafond. Mais les autres pièces me direz-vous ? Et ben, deux secondes, je vais vous dire ! Les anciens bureaux de la boîte nous servent pour les autres pièces de la maison. Nous avons pu créer une très belle salle de bain (inspirée de celle de notre séjour à La Cheneaudière, en Alsace), et nous avons trois chambres, dont une à terminer. Je ne vous fais pas un descriptif précis des toilettes, je ne pense pas que ça vous intéresse, ça serait chiant, c'est le cas de le dire. Mais on y est très bien également. Notre chambre est superbe, dans le même esprit que le reste de la maison, du blanc, du bois clair, du gris, une déco minimaliste et des meubles encastrés. Là aussi, nous avons voulu beaucoup de lumière. Voilà pour l'intérieur. Enfin, il y aussi le garage, ancienne pièce de stockage de l'usine. Assez large aussi, nous pouvons y caser nos deux voitures.
L'extérieur est plutôt canon aussi (comme moi, oui, je sais). Nous avons une belle terrasse en teck qui donne sur notre terrain, que nous avons voulu dégagé, respirable, juste quelques arbres ici et là. Un bouleau notamment, je ne sais pas pourquoi, un truc lié à son enfance je crois, mais Arthur voulait absolument qu'on plante cet arbre-là. Au-delà de notre terrain, une vue magnifique sur le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle. L'endroit est sauvage et en hauteur, donc nous pouvons admirer le paysage typique du Pays Basque : verdure devant la maison, point d'eau au premier plan, forêt ensuite et puis les montagnes en arrière-plan… Comme vous pouvez le constater, nous sommes hyper bien posés ici. Et bonus extra, nous n'avons pas de voisinage proche. En ce jour, nous fêtons la fin des travaux, (le plus gros en tout cas) nous avons donc invité les amis proches, Alex, Alice, Anaïs, Patxi et Loïc, pour un repas, le midi ; un barbecue évidemment. C'est l'apéro, l'ambiance est excellente, ça sent les grillades, tout le monde parle et rigole. Tiens, il me semble remarquer que Patxi et Anaïs sont très proches, plus qu'avant, je vois les regards, les sourires, il se passe quelque chose. Je vais mener l'enquête ! Je les observe discrètement tout le long de l'apéro et tout semble confirmer que je ne me trompe pas. Je veux en avoir le cœur net alors juste avant qu'on se mette à table, à l'extérieur, sur la grande terrasse, je demande à Patxi de venir m'aider en cuisine pour ramener les entrées. À peine sommes nous seuls que je le chope par le col et lui demande :
— Alors mon ptit Patxi, on me fait des cachotteries ?
— Comment ça ? De quoi tu parles ?
— Il se passe quoi avec Anaïs ? Et ne me dis pas qu'il n'y a rien ! J'ai l'œil tu sais.
— …
— Vous êtes ensemble ou vous baisez juste ?
— Bon, ok, je te dis mais on voulait attendre un peu pour s'afficher. On a commencé à vraiment sympathiser pendant les travaux, puis on est sortis et on a couché ensemble deux ou trois. On pensait pas à plus au départ, mais finalement, comme on s'entend bien, on a décidé de se mettre en couple. Pour l'instant on n'a pas vraiment de plan, on profite juste l'un de l'autre et on est plutôt ouverts pour le moment. Tu gardes ça pour toi bien sûr !
— Mais oui ! Je le dirai juste à Arthur, normal. Mais je n'en dirai rien à personne. En tout cas c'est cool, Anaïs c'est une super nana et elle a un peu un grain, comme toi ! Bon un peu moins dingue quand même mais vous devez vous marrer ensemble, j'en suis certaine.
— Oui on s'entend vraiment bien. C'est marrant qu'on se soit rapprochés grâce aux travaux du loft.
— C'est génial moi je trouve. Ainsi, on aura construit autre chose qu'une maison pendant ces travaux. Bon allez, viens, on y retourne.
Je suis vraiment contente pour Patxi et Anaïs. Je sais qu'elle a un peu souffert au tout départ de ne plus voir Arthur même s'ils ne s'étaient rien promis. Avec Patxi ils vont faire des étincelles, c'est bien pour elle comme pour lui. Loïc de son côté préféré le célibat, il aime aller d'aventures en aventures et n'est pas pressé de se caser. Pareil pour la belle Alice, elle aime sa vie telle qu'elle la vit, en tout cas pour le moment. Et Alex, ben c'est Alex, on se voit tout le temps, c'est vraiment l'ami du couple. Il fait sa vie, tranquillement, et ne pense pas non plus à se mettre en couple. Globalement, chacun d'entre nous est heureux et a trouvé sa place. Le repas est un pur moment de bonheur et l'après-midi qui suit l'est tout autant, jeux, rigolades, chambrages, et pour finir nous partons à pied jusqu'au lac pour une séance baignade et farniente. Ce sont des moments comme ceux-ci qui rendent heureux. Pourtant… Pourtant, quelque chose me taraude depuis quelques jours. Quelque chose qui se passe en moi, quelque chose qui pourrait bien changer la donne, changer l'avenir…
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Quelques semaines après, j'ai eu confirmation de cette chose en moi. C'est pourquoi aujourd'hui, avec Arthur, nous avons invité Alex à manger, nous avons une nouvelle à lui annoncer. Oui je sais, vous devez vous dire que nous passons notre temps à bouffer ! Mais ce n'est pas le cas, c'est juste que les repas sont des bons moments pour discuter, pour échanger en plus d'être simplement conviviaux. Cette fois, l'ambiance est bien plus calme que lors du barbecue. Pourtant c'est une grande nouvelle que nous allons annoncer à Alex. Nous n'allons pas le laisser dans l'expectative trop longtemps, je lui dis rapidement que dois lui parler de quelque chose d'important. Il semble surpris et interrogateur :
— Houla, tu as rarement un ton aussi sérieux Willow… Que se passe-t-il ?
— Il va falloir arrêter les sessions de yoga.
— Euh… oui. Bien sûr, mais définitivement ? Et je peux vous demander pourquoi ? Rien de grave j'espère.
— Alors, non ce n'est pas définitif mais pendant quelque temps, il va y avoir quelqu'un d'autre.
— Quelqu'un d'autre avec toi ?
— Non, pas exactement, enfin si mais disons plutôt EN moi.
— Je… attends… tu veux dire que tu es… Non ?
Arthur et moi sourions de concert et nous confirmons d'un mouvement de tête affirmatif.
— Tu es enceinte ?!?
— Oui, je suis enceinte ! Donc forcément les séances SM, ça va devoir attendre quelques mois tu vois.
— Rooh mais c'est super. Enfin, c'est super hein ? Je veux dire, vous êtes contents ?
— On est grave contents oui même, un peu flippés, surtout le grand là, mais oui on est contents.
(Petite parenthèse ici chers lecteurs : je précise pour ceux qui penseraient à mal que seul Arthur peut être le géniteur. Nous nous sommes toujours protégés avec Alex).
Arthur prend la parole à son tour :
— Après nos parents bien sûr, tu es la première personne à qui on le dit. On tenait à ce que tu saches. À ce que tu sois un des premiers à être au courant.
— Ça me touche beaucoup que vous ayez pensé à me le dire aussi rapidement. Et sincèrement, je suis hyper content pour vous. Vous allez franchir un nouveau cap les amis.
— Oui, c'est certain, mais je pense que ça ne fera que nous rendre encore plus forts, comme tout ce qui nous arrive depuis qu'on se connaît, le mauvais comme le bon et ici le très très bon.
— Il fait le malin, reprends-je, mais sur le coup il était blême quand je lui ai dit que je pensais être enceinte et pareil quand ça a été confirmé par le test puis la prise de sang.
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Après quelques semaines de plus, me voici en prise avec les affres de la grossesse. Je suis une vraie guerrière, vous le savez mais là, clairement, j'en peux plus. Je me sens plus handicapée que jamais, je le suis même un peu pour être honnête. J'ai pris du poids bien sûr, du bide surtout évidemment, mes seins sont énormes, etc. Mais putain, c'est quoi ce bordel ! Je ne me reconnais plus, où est passé ce corps de rêve que j'aimais tant regarder dans le miroir. Arthur, lui, me trouve toujours aussi belle bien sûr, mais dès que j'ai commencé à avoir un ventre bien arrondi, il s'est mis à flipper pour les rapports sexuels. C'est le cas de beaucoup de mecs je sais bien, et le mien n'a pas dérogé à la règle. Mais hors de question qu'il ne me touche plus, le sexe étant toujours un vrai plaisir que je pouvais m'accorder, je n'allais pas m'asseoir dessus (façon de parler). J'ai donc bien rassuré Arthur sur les risques éventuels et depuis c'est bon, même si je le sens plus précautionneux que d'habitude. Pour en revenir à mon physique, je me plains parce que j'ai pas l'habitude de me voir comme ça mais ma grossesse se déroule plutôt bien franchement. Le bébé va bien et c'est bien le plus important. C'est juste compliqué par moments de vouloir faire des trucs, en général je veux dire cette fois, qu'on ne peut plus faire mais je sais que ça reviendra. N'empêche que sur le coup, ça me fout à cran. Tout cela joue sur mon humeur, vous imaginez bien, avec les hormones en vrac, c'est bien normal. Je me retrouve à être particulièrement imbuvable, impatiente et désagréable par moments. Bande d'enfoirés ! Je vous entends déjà dire que ça ne changera rien par rapport à d'habitude. Mais je vous assure que ça n'a rien à voir. En temps normal, je sais ce que je fais, je me contrôle et je contrôle ma colère. Ici, c'est différent, ça arrive sans que je ne le sente venir, ça me fait presque peur par moments. Dans l'ensemble, Arthur gère bien pendant toute cette période. Il continue à travailler lui évidemment alors que moi, ça y est, je suis en arrêt. Être inactive pour moi c'est vraiment une épreuve, ça et le fait que les gens cherchent systématiquement à vous toucher le bide, comme si d'un coup, sous prétexte que vous êtes enceinte, on pouvait vous caresser comme ça, tranquillement. Une fille ou un garçon ?! Ah oui, je ne vous ai pas dit ; mais c'est normal, parce que nous-mêmes nous ne savons pas encore. Nous avons choisi d'avoir la surprise au moment de l'accouchement.
C'est amusant (enfin, façon de parler là aussi) de constater que plus mon ventre grossit, plus mon impatience et mes sautes d'humeurs augmentent. C'est dans ce contexte qu'un soir, Arthur rentre du boulot avec un sac d'une librairie bayonnaise. Il s'approche, m'embrasse et me demande comment était ma journée. Ma réponse est sans appel :
— J'en peux plus de rien foutre, j'ai l'impression d'être handicapée. En plus, on a eu plein de coups de tél pour du démarchage de merde et pour finir ma mère m'a appelée pour me sermonner sur ce que je dois faire ou ne pas faire pendant la grossesse. Bref, journée de merde.
— Et ben… Je vois ça ! Mais allez, tiens, j'ai pensé à toi aujourd'hui et je suis allé te prendre ça, dit-il en me tendant le sac.
— C'est pas un bouquin de cul j'espère.
— Mais non. Mais ouvre, tu vas voir, ça pourrait bien t'aider.
— Mmmh…
J'ouvre le sac en papier et en retire un bouquin ; curieuse, je regarde la couverture : "La grossesse zen par le Docteur Michel Mycès" (c'est un guignol qui fait plein d'émissions de télé). Je reste bloquée quelques secondes devant le livre puis je relève la tête et regarde Arthur, je ne sais pas si mes yeux reflètent mon sentiment mais je demande avec un ton sec :
— C'est une blague ?!
— Bah non, pourquoi ? Ça pourrait aider, non ?
— Non, je ne crois pas vraiment, non !
— Mais, si ça peut faire que tu stresses moins, je me suis dit que…
— Que ça te reposerait un peu de pas m'entendre râler ?! "La grossesse zen" écrit par un bonhomme qui, de fait, ne sait pas ce que c'est, ça me fait doucement rigoler, c'est sûr qu'il peut être zen, lui. En plus, tu as pris un bouquin de ce gros nase !!
— Ah ben super ! Voilà, je veux rendre service et je me fais engueuler. T'es sûre que tu ne veux pas le lire du tout ? Parce que là niveau zenitude, t'es pas au point.
Il voit vite à mon regard, cette fois, que je ne rigole pas et que je suis un peu énervée. Je me lève, tant bien que mal et je viens lui mettre un petit coup de livre sur l'épaule. Après quoi, je balance le bouquin par terre et il s'ouvre sur une grande page double où l'on voit une femme enceinte dans une position de yoga. Arthur me regarde d'un air qui oscille entre dépit et surprise, finalement, apercevant la double page ouverte au sol, son regard se teinte de malice. Il prend son téléphone puis pose les yeux sur moi.
— T'appelles qui ? lui demandé-je d'un ton relativement peu aimable.
— Ben ton yoga à toi c'est vrai que ce n'est pas ça. Je te cherche une cravache sur le site de Décathlon du coup, ça te calmera ptet un peu plus.
— Mais… commencé-je, décontenancée.
— Mais non, je déconne, ça va !! OK, j'ai pas eu l'idée du siècle avec le bouquin, mais ta réaction était un peu excessive, disons que nous sommes à égalité dans la connerie. Allez, marre-toi, je vois bien que tu en as envie !
Bien évidemment, je me mets à rigoler et l'accompagne dans un fou rire partagé. On se jure de raconter ça à notre enfant quand il sera en âge de comprendre. Il est doué Arthur pour arriver à me sortir de ma colère même quand c'est lui qui la provoque. Il sait comment calmer la bête, il est habile ; c'est un "l'habile et la bête" ah ah. Ce qui est drôle entre nous c'est qu'on a gardé l'habitude de se chercher des noises comme quand on ne pouvait pas se voir, au tout début, sauf que ça finit toujours en rigolade depuis qu'on est potes et maintenant en couple. Je sens bien que certains d'entre vous me prennent juste pour une chieuse, une emmerdeuse de première, et je vais vous faire plaisir : je vous emmerde. Arthur sait que je suis bien plus que ça, mes très proches aussi, et l'essentiel est bien là. Le reste, les autres, ça m'importe assez peu. Mais je digresse là, allez, je reviens au sujet. Il me tarde que ma grossesse arrive à son terme comme vous avez pu le sentir. Oh bien sûr parce que ça me gave tout ça mais aussi parce qu'il me tarde d'accueillir notre petit monstre.
__________________________________
Et voilà, c'est le grand jour, le moment de vérité, c'est le jour de mon accouchement. Je suis à la maternité, allongée, jambes écartées, prête à faire venir notre enfant au monde. Arthur se tient tout proche, à mes côtés, tandis qu'en face de moi, se trouvent la sage femme et une infirmière. Le travail a commencé, respirez, poussez… j'ai droit à tous les classiques de l'accouchement. Je suis, bien évidemment, d'une humeur massacrante. Plus ça avance, plus je vois Arthur blêmir, il semble à deux doigts de tomber dans les vapes.
— Putain ! Arthur !! Tu ne vas pas te trouver mal quand même ?! Oh ! Tu as été là dans des moments bien pires ! Tu as vu des choses bien plus gores ! Accroche-toi bordel, reste avec moi ! Allez !
Je lui serre la main comme jamais, même pas quand j'ai cru que j'allais y passer. J'ai besoin de lui, il faut qu'il résiste. Ça semble avoir un effet électrisant sur lui. Il me serre à son tour et me regarde avec profondeur et détermination avant de me lâcher :
— Je suis ton binôme. Je te lâcherai jamais, je serai toujours là pour toi, avec toi. Allez, courage ma belle. Allez, écoute bien ce qu'elles te demandent.
Mon binôme qui est aussi mon bonhomme, se reprend, et le sentir si présent à nouveau me fait un bien fou. Je lui rends son regard et, une fois n'est pas coutume, je lui offre un discret mais sincère "Merci". Il sourit et s'approche pour embrasser mon front et m'encourager une dernière fois. J'écoute ce que me conseille la sage femme tout en gardant la main d'Arthur dans la mienne. Un dernier effort gigantesque, un ultime cri, une poussée finale… et puis je me relâche ; mon corps s'effondre. J'entends un "ça y est" lointain puis un nouveau cri mais cette fois ce n'est pas moi qui le pousse. C'est mon bébé, notre bébé. La sage femme me le présente, et c'est bien Le parce que c'est un petit garçon. Il a l'air tellement fragile. Je ne vais pas pouvoir en dire beaucoup plus parce que l'émotion est forte, trop forte même et je veux vivre ce moment en toute intimité. Laissez-nous un peu…
… et voilà. Vous comprendrez qu'on avait besoin de se retrouver un peu seuls. Je vous jure, ça me fait vraiment tout drôle de me dire que je suis mère. J'ai eu le temps de m'y faire pourtant ! Mais rien ne prépare vraiment à ce moment où on vous pose votre enfant dans les bras. C'est difficile à décrire comme moment mais c'est inoubliable. Son prénom ? Ah oui vous étiez sortis quand la sage femme nous a demandé. Il s'appelle Oribel (3,6 kilos pour 48 centimètres). Attention, que je ne vous entende pas dire que c'est un prénom de merde. Là, vous vous en prendriez directement à mon fils et je vous le déconseille vivement. Nous, en cherchant un prénom, nous avons flashé presque en même temps sur celui-ci. Maintenant, nous écrivons une nouvelle page de notre histoire, une sorte de suite de nos vies. Arthur, Willow et Oribel, un nouveau chapitre. Il nous faut à présent prévenir tous nos proches : les parents et les amis. Vous vous rendez compte que vous avez la chance de l'avoir su avant notre entourage le plus intime. Et ne vous en faites pas, la maternité ne me changera pas, enfin, je ferai gaffe à ce que je dis devant le petit, je le protégerai et ferai tout pour lui, mais je serai toujours la même. Willow : rouquine, canon, sniper, caractérielle, sensationnelle, sexy, soumise parfois et, bien sûr, encore et toujours, atypique…
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4 ans plus tard, Alex :
Je me balade dans le parc avec le petit Oribel. Ce gosse est extra, il possède une énergie démesurée et c'est déjà un garçon très rusé. Ce qui est étonnant et ça me fait tout bizarre à ce moment-là, c'est que niveau caractère, il me rappelle un peu de chacun de ses parents, la fougue, le côté véhément de sa mère et, en même temps, où plutôt à d'autres moments, la sagesse et le calme de son père. En tout cas, je m'entends bien avec lui et nous avons une relation super sympa. Tonton Alex, voilà comment je m'appelle maintenant. Ah, tiens, voilà Alice qui approche.
— Hello vous deux ! Comment allez-vous ? Demande-t-elle, toute souriante.
— Ça va tatie répond Oribel en lui sautant dans les bras.
— Moi aussi je vais bien, réponds-je à mon tour.
— Je vais me promener un peu avec vous, tiens.
— Mais avec plaisir ma chère.
Nous reprenons notre petite marche, Oribel ne tient pas en place, soit il prend de l'avance sur le sentier, soit il s'en écarte à droite ou à gauche pour aller fouiner autour d'un arbre, d'un bosquet etc, soit il s'amuse à nous contourner pour ensuite essayer de nous prendre par surprise. Bien évidemment, même si nous le voyons faire, nous jouons le jeu et feignons la surprise à tous les coups. Pendant ce temps nous discutons tant bien que mal Alice et moi.
— Tu gères bien avec le petit à ce que je vois.
— Oui ça se passe super bien, je suis content. Et toi, ça roule ? Quoi de neuf ?
— Oh moi, tout va bien oui : mon travail me passionne toujours autant, j'ai un nouvel amant très satisfaisant et j'ai eu des nouvelles d'un mec que j'ai connu pendant mes études en Bretagne. Je t'ai déjà parlé de Noah ?
— Oui tu m'en avais parlé une fois au moins pour me dire justement qu'il écrivait de la poésie et des nouvelles à l'époque où vous étiez à la fac. Tu m'avais même fait lire un ou deux poèmes.
— Voilà, c'est lui ! Noah ne suivait pas du tout le même cursus que moi, et en fait nous nous sommes rencontrés pendant les manifs. Enfin, bref, c'est pas le sujet. Il m'a retrouvé sur les réseaux et m'a donné de ses nouvelles. Figure-toi qu'il est en train d'écrire un livre, un vrai livre je veux dire et il va être publié. Un roman. Et bien évidemment, j'aurais droit à un exemplaire personnalisé.
— Mais c'est génial ça ! Faudra me le faire lire, j'adore l'idée. Il est allé au bout de son rêve.
— Yes. Après, il va falloir du temps encore avant que ça paraisse. Une fois le contrat signé, il y a encore pas mal d'étapes avant la publication. Mais oui, je te le prêterai ou même, si ça peut aider à booster les ventes, je te demanderai de l'acheter toi-même.
— C'est la grande classe en tout cas, franchement et c'est un bon parti comme on dit, tu serais intéressée par lui, éventuellement ?
— Oh non ! Du tout. Enfin, il serait très bien mais déjà je ne tiens pas à être en couple ; ensuite, il habite pas à côté ; et enfin, lui, il est déjà pris.
— D'accord, bon en tout cas c'est toujours sympa d'avoir des nouvelles d'anciens camarades de classe. J'ai pas gardé beaucoup de contacts de cette époque moi tu vois.
Nous continuons la promenade pendant près de deux heures, sans oublier de faire une pause pour le goûter. Nous discutons ainsi de tout et de rien pendant tout ce temps. Nous passons un vrai bon moment et Oribel est ravi de voir Alice. Ce petit est vraiment un gamin joueur et enthousiaste mais c'est aussi un sacré mauvais perdant. Une fois revenus à notre point de départ, il est temps de laisser Alice rentrer chez elle et pour nous d'en faire autant.
En rentrant, je fais prendre un bain à Oribel qui s'est encore sacrément dépensé. Je lui prépare ensuite un bon petit repas, enfin, un repas pour enfants. Il avait envie de pâtes au jambon et moi je n'avais pas envie de lutter, alors pour ce soir, j'ai accepté à condition que demain il me laisse choisir intégralement le repas et sans râler. Il hésite un peu mais finit par accepter. J'ai toujours été bon en négociations. Une fois le repas terminé, vu que le petit a école demain, il est temps qu'il aille se coucher. Je n'ai plus qu'à le laisser filer dans sa chambre et se mettre au lit le temps que je débarrasse. Ensuite je vais lui lire une petite histoire avant l'extinction des feux.
Quand je le rejoins dans sa chambre, il est déjà couché et attend patiemment que je m'asseye à ses côtés pour le récit du soir. J'ai trouvé un bouquin d'histoires courtes inspirées des personnages de Disney, et j'aime bien ne pas me contenter de juste lire ce qu'il y a écrit. J'aime bien ajouter mes propres passages, pour élargir un peu le récit et faire durer le moment. Quand je sens qu'il commence à sombrer, j'accélère et en arrive à la fin de l'histoire. Ce soir, j'ai choisi une histoire tirée du Robin des bois de Disney, un de mes préférés. Tout se passe à peu près comme d'habitude, je lis (et invente donc) un peu la petite histoire du soir. Comme toujours, au moment où il est crevé, j'arrête la lecture puis éteins la lumière avant, tout de même, de lui allumer sa veilleuse-fusée qu'il adore. Alors que je m'apprête à sortir de la chambre, Oribel m'appelle :
— Tonton Alex.
— Oui bonhomme, tout va bien ?
— Oui oui mais je voulais te demander quelque chose.
— Dis-moi.
— Ils sont où papa et maman ?
— Alors… euh… ils sont partis… au Wakanda… pour aider des gens… Comme… comme les super-héros que tu aimes bien.
— Le Wadanka ? C'est loin ça le Wadanka ?
— Wakanda, Oribel, Wakanda et oui, c'est un pays lointain. Dors maintenant bonhomme.
Avant de sortir de la chambre, je me retourne une dernière fois sur son visage aux yeux clos, je lui fais un bisou sur la tête et je murmure en me relevant :
— Un pays… très lointain...
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Vos auteurs Y et L
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Commentaires ()
Le "Pourquoi Pas" du commandant Charcot a coulé en 1936....
Mé gé vue ke tu savez aicrir alors vitte une new story
=)
PM
A quand de nouvelles aventures dans jungle du Yapuka ???
=)
PM
Pour ce qui des aventures dans la jungle, on pourrait répondre : ÉpourKoiPa :)
C'est une fin que nous avons voulue ouverte, à chacun d'imaginer ce qu'il souhaite... :)
Merci beaucoup pour tous ces compliments. Ça n'a pas été facile de finir cette histoire, l'attachement aux persos étaient très fort.
Je me réjouis avec les heureux parents et ne fais pas de commentaire sur le prénom, même prononcé à l'anglaise : ce serait de mauvais goût.
Qu'Alex se retrouve promu au rang de baby-sitter, voire de nounou, ne manque pas de sel : on reconnaît là l'humour de Willow.
Et oui c'est vrai pour le prénom prononcé à l'anglaise, nous n'avions pas fait attention à ça.
Peux-tu me confirmer qu'ils ne sont pas décédés.
Ça me stress tellement je m'étais attaché à cette histoire et aux personnages.
Tres dégoûté qu'elle soit finie.
J'espere que tu pourras nous écrire un autre récit aussi génial que celui-là.
Merci beaucoup
J'ai tout aimé !
Merci
Mais rassurez moi, le Wadanka n'est pas le pays imaginaire où vont les sniper décédés...
Merci à vous d'avoir suivi et aimé cette histoire.
:)