Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Laure : chapitre zér0 — Chapitre 10 · Un début
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Laure : chapitre zér0
Chapitre 10 · Un début
UN DEBUT
Septembre 2000
Avec un reste d'inquiétude, je demande à Sophie :
— On a des nouvelles de Mercos ?
Elle serre les lèvres quelques secondes puis, ne pouvant se contenir, éclate de rire :
— On l'a retrouvé endormi ivre mort dans un bac à fleurs...
Je grommelle avec une contrariété de pure composition qui trahit mon amusement :
— C'est bien le seul témoin qui n'aura été témoin de rien du tout...
Tout en riant de concert, nous entrons dans notre chambre. Je referme doucement la porte derrière moi.
— Tu le trouves pas un peu tristoune, ces derniers temps ?
— Je sais pas peut-être... En même temps, nous on se marie, et lui, il arrive pas à garder une gonzesse plus de dix minutes. Peut-être que ça l'affecte. Mais malgré toute l'affection que je lui porte, aujourd'hui, c'est pas lui ma préoccupation principale.
Je laisse échapper un soupir de satisfaction en contemplant la toute nouvellement nommée Sophie Lamarne. Dans sa longue robe blanche, elle en est émouvante de beauté.
Nous aurons mis du temps à l'organiser, notre mariage, mais nous y sommes parvenus. Nous en sommes heureux. Nous sommes fiers. Mais nous sommes également épuisés. Entre la cérémonie à l'église, celle à la mairie, le festin où nous avons chacun dû aller et venir entre les invités pour vérifier que tout se passait bien pour tout le monde, nous avons le sentiment étrange d'avoir vécu le meilleur moment de notre vie, tout en n'en profitant qu'à moitié.
L'important, c'est que les convives ne repartent pas avec le sentiment d'être venus pour rien. Ceci dit, si je me fie à l'état dans lequel a fini Mercos, il semblerait que nous ayons réussi notre pari.
L'important, c'est que les convives ne repartent pas avec le sentiment d'être venus pour rien. Ceci dit, si je me fie à l'état dans lequel a fini Mercos, il semblerait que nous ayons réussi notre pari.
— On fait quoi, maintenant ? Demande Sophie, interrompant le fil de mes pensées.
Je lui adresse un petit regard coquin.
— Je sais pas... Pourquoi pas des enfants ? T'en dis quoi ? C'est la suite logique, non ?
— Hmm... Et t'en veux combien ?
— Au moins quatre. Et peut-être aussi un chien, mais ça, on le fera pas nous-mêmes.
Elle me fixe avec un rictus en coin et l'œil brillant.
— Monsieur a intérêt à être endurant, alors. Pourquoi ne commencerait-il pas par me délester de cette superbe, mais néanmoins encombrante robe ?
— A vos ordres, madame Lamarne.
Je passe derrière elle. D'un geste lent, je la déshabille avec précaution. La vaporeuse robe glisse au sol en un léger bruissement. Sous ce tissu blanc immaculé se cache une autre couche, cachée aux yeux de tous, sauf aux miens : le plus bel ensemble de lingerie qu'il m'ait été donné de contempler.
Je reste en extase de longues secondes face à la combinaison culotte/soutien-gorge/porte-jarretelles/bas.
La délicatesse du tissu et la finesse de la dentelle qui circonvolue dans toutes les directions donne à l'ensemble l'impression de faire face à une œuvre d'art. Ce n'est plus une femme que j'ai devant moi, mais une cathédrale gothique. Au point que j'en suis à me demander si c'est la lingerie qui est censée mettre en valeur la personne qui la porte ou bien si c'est le contraire...
La délicatesse du tissu et la finesse de la dentelle qui circonvolue dans toutes les directions donne à l'ensemble l'impression de faire face à une œuvre d'art. Ce n'est plus une femme que j'ai devant moi, mais une cathédrale gothique. Au point que j'en suis à me demander si c'est la lingerie qui est censée mettre en valeur la personne qui la porte ou bien si c'est le contraire...
Quelle que soit la réponse, j'allonge ma jeune épouse sur le lit avant de m'en prendre à ses derniers remparts.
Elle se cramponne à mon cou.
Elle se cramponne à mon cou.
— T'es très élégant dans ce costume ! C'est dommage de devoir te l'enlever !
Incapable de retenir un trait d'humour, je rétorque :
— Tu sais, c'est la première fois que je fais l'amour à une femme mariée.
Les répliques prétendument rigolotes laissent place au silence. Le silence laisse place aux soupirs languissants qui en disent plus long que bien des mots. Malgré la fatigue de la journée, notre nuit de noce nous plonge tous deux dans une extase intense.
A peine notre forfait accompli, nous nous endormons comme des masses, dans les bras l'un de l'autre.
Janvier 2004
Depuis notre mariage, Sophie et moi vivons toujours tous les deux. Même si nous nous y entraînons sans relâche, nous n'avons pas encore d'enfants. Nous ne nous en formalisons pas. Ça viendra en son temps. Avec le rythme du boulot, nous sommes tous deux très occupés et profiter de notre vie à deux encore un peu n'est pas pour nous déplaire.
De plus, notre habitation est un peu exiguë à mon goût. Trop petite pour élever un enfant dans des conditions optimales. De mon côté, je cherche un endroit plus propice pour nous installer et fonder une famille.
De plus, notre habitation est un peu exiguë à mon goût. Trop petite pour élever un enfant dans des conditions optimales. De mon côté, je cherche un endroit plus propice pour nous installer et fonder une famille.
Mars 2005
Ce matin, comme tous les autres, le réveil me sort en fanfare du monde des rêves à 7h pétantes.
Je me lève rapidement, vais préparer le petit déjeuner, avant de me préparer moi-même.
J'ai déjà englouti la moitié de mon café matinal, lorsque je réalise que Sophie n'est toujours pas venue me rejoindre. Si elle continue de traîner, elle va finir par être en retard.
Je me lève rapidement, vais préparer le petit déjeuner, avant de me préparer moi-même.
J'ai déjà englouti la moitié de mon café matinal, lorsque je réalise que Sophie n'est toujours pas venue me rejoindre. Si elle continue de traîner, elle va finir par être en retard.
Je pose ma tasse, me lève de table et retourne dans la chambre.
Mon épouse est assise sur le bord du lit, les yeux dans le vague. Je remarque qu'elle a mauvaise mine.
Mon épouse est assise sur le bord du lit, les yeux dans le vague. Je remarque qu'elle a mauvaise mine.
— Ça va pas, Chaton ?
Elle m'adresse une moue peu engageante.
— Si, si... Enfin... Moyen... Je me sens pas super bien... Bah... Ça va aller...
Parfait ! Il n'en fallait pas plus pour que je m'inquiète ! Je lui demande si elle veut que j'aille lui chercher quelque chose. Un médicament ? Un petit-déjeuner au lit ?
Elle prétend qu'elle n'a besoin de rien, qu'elle va juste se lever, prendre sa douche, et que prendre l'air en partant au boulot lui fera le plus grand bien.
Je la laisse faire. J'espère qu'elle ne couve rien.
Elle prétend qu'elle n'a besoin de rien, qu'elle va juste se lever, prendre sa douche, et que prendre l'air en partant au boulot lui fera le plus grand bien.
Je la laisse faire. J'espère qu'elle ne couve rien.
En rentrant le soir, elle a l'air en meilleure forme. Je suis rassuré. Je me dis que c'était juste un petit coup de mou.
Pourtant, la situation se produit de nouveau à plusieurs reprises au cours des jours suivants.
Je commence à insister pour qu'elle aille se faire examiner. C'est normal. J'ai peur qu'elle ait quelque chose. Elle me répète que tout va bien, que c'est rien, que ça finit par passer au bout d'un moment.
Je commence à insister pour qu'elle aille se faire examiner. C'est normal. J'ai peur qu'elle ait quelque chose. Elle me répète que tout va bien, que c'est rien, que ça finit par passer au bout d'un moment.
Ce vendredi soir, je suis à la maison. J'attends Sophie. Elle est en retard. Elle devrait être rentrée depuis un moment. Je l'ai appelée plusieurs fois sur son portable, mais elle ne répond pas. Je me fais du mouron. Je fais les cent pas dans la cuisine en me bouffant les ongles.
Au bout d'un temps beaucoup trop long, j'entends un grattement à la porte. Je souffle de soulagement : Ma femme est de retour.
Au bout d'un temps beaucoup trop long, j'entends un grattement à la porte. Je souffle de soulagement : Ma femme est de retour.
— Ça va, Chaton ? T'étais où ? J'étais inquiet. J'ai essayé de t'appeler plusieurs fois...
Sans un mot, elle s'assied sur le canapé, la mine sérieuse. Elle m'invite à en faire autant :
— Assieds-toi, il faut que je te parle.
La fermeté dans la voix me fait frissonner d'appréhension. Tout mon être est en tendu à l'extrême à l'idée de ce qu'elle va m'annoncer. Après avoir obéi à son ordre, elle poursuit :
— Je sors d'un rendez-vous... médical, dirons-nous...
Ça y est, je suis en panique. J'ai le cœur qui commence à tambouriner anarchiquement dans ma poitrine.
— Ah ? Et alors, tout va bien ? T'as quelque chose ?
— Oui.
Je reste bouché bée. Je sens une boule se former dans ma gorge. J'ose même pas poser la question qui me vient de peur d'entendre la réponse, mais je me force :
— Mon dieu... Et... C'est quoi ?
— Un genre de tumeur... Au niveau du ventre.
Là, j'ai envie de crier, de pleurer, de... Je sais pas quoi faire. Un million de questions se bousculent dans ma tête. Je pose celle qui arrive le plus rapidement à mes lèvres, sans savoir si c'est la plus pertinente.
— Et... On peut faire quelque chose ? C'est opérable ?
— Oui... Mais j'ai choisi de ne pas le faire.
— Quoi ? Mais pourquoi ?
Je suis complètement effondré. Je n'arrive plus à penser.
— Cette espèce de tumeur, j'ai décidé de la laisser se développer. Dans six mois, elle va s'évacuer toute seule, et encore environ un an plus tard, elle va commencer à t'appeler papa.
Je réalise pour la première fois que depuis le début de la conversation, elle avait l'œil qui frisait et que sa bouche peinait à masquer un infime sourire. Comprenant que je commence à comprendre, elle choisit de mettre un terme à la plaisanterie en expliquant clairement :
— Je suis enceinte, Richard.
— Oh, putain !
Je viens littéralement de hurler de soulagement. Je lui saute au cou, en riant ou en pleurant, ou les deux à la fois, je ne sais pas vraiment. Je ne sais même pas véritablement si je suis content ou soulagé ou les deux à la fois. Je la réprimande quand même un peu :
— Tu m'as foutu une de ces trouilles ! Me refais jamais ça de ta vie ! Jamais !
Elle s'excuse, mais confesse que c'était trop tentant de me faire marcher.
Je lui avoue que maintenant, je commence à flipper pour une autre raison. On va être trois. Notre vie va changer. Est-ce qu'on va y arriver ?
Elle me rassure d'une étrange manière, comme elle seule sait le faire :
Je lui avoue que maintenant, je commence à flipper pour une autre raison. On va être trois. Notre vie va changer. Est-ce qu'on va y arriver ?
Elle me rassure d'une étrange manière, comme elle seule sait le faire :
— On n'est pas les premiers à qui ça arrive. Si les autres ont réussi à élever des enfants, on devrait pouvoir s'en sortir aussi. On est quand même pas plus cons que la moyenne, si ?
Mai 2005
— Alors, docteur ?
Après avoir réajusté ses lunettes sur son nez, le médecin se retourne vers nous. Il garde le silence quelques secondes pour maximiser le suspense, puis annonce crânement :
— Madame Lamarne, monsieur Lamarne, j'espère que vous avez une idée de prénom féminin en tête. C'est une fille.
Nos visages s'éclairent. Je sens ma main se resserrer sur celle de Sophie. Ces derniers temps, nous sommes servis, côté émotions. Le médecin, lui, s'adoucit. Soudain plus amical, il nous décrit en détail l'image révélée par l'échographie.
Durant le reste de la journée, nous n'avons plus qu'un seul et unique sujet de conversation : comment allons-nous appeler le merveilleux petit être qui grandit dans le ventre de Sophie.
Beaucoup de prénoms sont proposés, peu d'entre eux sont très sérieux.
Beaucoup de prénoms sont proposés, peu d'entre eux sont très sérieux.
— Pourquoi pas Marie ? C'est bien, c'est simple.
— Marie ? Je répète, dégoûté. Comme ton ancienne pote, la pintade ? Non ! Pas question ! Pourquoi pas... Sigisberte ?
— Encore une idée comme ça, et je demande le divorce !
Nous éclatons de rire.
Juillet 2005
Nous sommes tous trois assis autour de la petite table du salon. Sophie, Mercos et moi.
Mon vieil ami se réjouit pour nous. Il est ému de voir mon épouse avec son ventre proéminent qui se développe à vue d'œil.
Mon vieil ami se réjouit pour nous. Il est ému de voir mon épouse avec son ventre proéminent qui se développe à vue d'œil.
— Alors ? C'est quoi ? Demande-t-il, impatient de connaître tous les détails sur le futur membre de notre famille.
Je réponds par une autre question.
— Tu veux vraiment savoir ?
— Bin oui ! Je suis pas venu là pour regarder le canapé qui est le même depuis cinq ans ! Alors ? Dites-moi, bon sang !
— C'est une fille, révèle enfin Sophie.
Il acquiesce en silence, l'œil brillant, en proie à une certaine émotion. Il ajoute ;
— Et vous allez l'appeler comment ?
— Sigisberte !
J'ai laissé échapper le nom spontanément. Sophie secoue la tête exaspérée, et fait semblant de me mettre une tape derrière l'oreille.
— Ne l'écoute pas, Mercos ! Il a aucune légitimité, c'est même pas lui le père, surenchérit-elle. Puis, plus sérieuse : Non, on a décidé de l'appeler Laure.
Je confirme les propos de la future maman. J'ajoute en le fixant intensément :
— Et on a réfléchi... Il lui faudra un parrain... Tenté par le poste ?
Son sourire s'élargit. Dans ces yeux, je crois déceler une ombre. Je ne m'en préoccupe pas. Le temps est à la célébration.
Septembre 2005
Laure est née à 7h, ce matin. Elle est en parfaite santé. Elle a l'air si petite et si fragile. On ose à peine la toucher. La maman se porte bien. Elle est fatiguée, mais tout va bien. Elle n'a pas (trop) souffert.
Quelques jours plus tard, nous organisons une grande réunion avec nos deux familles pour présenter officiellement notre plus belle création. Tout le monde s'extasie devant le petit bout de chou qui passe le plus clair de son temps à dormir ou voler ma place au bout des jolis seins de sa mère.
A peine née, elle va finir par ne plus en pouvoir d'égo si elle continue à recevoir autant d'éloges et de compliments de toutes parts. Elle est belle. Elle est souriante. Elle est notre raison de vivre.
Sophie est encore assez fatiguée, et Mercos, lui est bien taciturne.
Sophie est encore assez fatiguée, et Mercos, lui est bien taciturne.
Moi, je patauge dans le bonheur. Le projet à long terme : vivre ensemble. Elles, moi, les autres enfants que nous aurons, entourés de tous nos proches. Une vie simple, auprès de gens qu'on aime. Que peut-on rêver de mieux ?
Février 2006
C'est décidé. Nous déménageons. J'ai trouvé l'endroit parfait. Une maison ancienne avec une bonne surface et un grand terrain devant. Fini le tumulte de la grande ville. Direction une ville de taille modeste, proche de la nature, avec son canal qui la traverse et son centre médiéval piétonnier. Nous y serons bien.
J'ai réglé presque tous les détails tout seul. Sophie m'a donné son accord, bien sûr, mais elle a beaucoup de mal à récupérer. Elle est fatiguée en permanence, dort dès qu'elle a un peu de temps libre. Elle se contente de s'occuper de Laure, qui grandit à vue d'œil, mais ne fait pas grand chose de plus. Je ne lui en tiens pas rigueur. Je vois bien qu'elle voudrait en faire plus, mais qu'elle n'en a simplement pas la force. Je ne sais pas à quoi cela est dû. Est-ce ce que l'on appelle la dépression post-partum ? Aucune idée. Quand je lui demande, Sophie me dit que non. Elle ne se sent pas vraiment déprimée, mais juste très fatiguée. Elle prétend que ce n'est rien, qu'elle a juste un peu de mal à retrouver un équilibre depuis la naissance de Laure, mais que ça va passer et que tout ira pour le mieux sous peu.
Je lui fais confiance. Nous avons des projets. Une fille à élever, d'abord, et d'autres ensuite.Il faut qu'elle soit en pleine forme pour ça, et j'attendrai qu'elle soit au mieux de ses capacités.
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Commentaires ()
Ça fait mal à l’avance quand même 😔