Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sagesse — Chapitre 9 · Double dose
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sagesse
Chapitre 9 · Double dose
Comblée, épanouie, mais fatiguée et surtout mal au cul, voilà comment il m'a laissée seule sur le lit. Je mouillais de partout, et l'oreiller en gardait une nouvelle trace. Lui, une fourchette en plastique à la main, dévorait une des salades.
— Eva mieux ? Tu as bien dormi ?
— J'ai dormi ?
— Oui peu, une minute ou deux. Je me suis levée et hop plus d'Eva. Eva-nouie, Eva-poré… Tu veux manger ?
— Eva-t'en mettre une si tu continues à te moquer de mon prénom.
Oui, j'avais faim, mais anéantie par toutes ces émotions j'avais la flemme de bouger. Habituée à cacher mes ébats dans la pénombre, puis à faire disparaitre mon corps sous les draps ou dans la salle de bain, étrangement aujourd'hui, je restais là, sur ce couvre-lit froissé et taché, comme une proie qui ne lutte plus, un peu fataliste, un peu soumise. En plus d'être un merveilleux amant, il avait le dont de me rendre belle. En y réfléchissant, en trois « rencontres », Gérald m'avait plus fait progresser dans ma sexualité et dans l'acceptation de mon corps que dans toutes mes autres relations, y compris mes années de vie communes. Allez, il faut que je bouge, sinon je vais me rendormir.
— Je vais à la douche, mais garde-moi une salade… sinon Eva-pas être contente. Y'a pas que le sexe, la bouffe c'est sacrée !
Après ce déjeuner, nous eûmes tous les deux envie d'un café. Et il me proposa naturellement de descendre le prendre en bas, sur la petite terrasse de l'hôtel que l'on apercevait depuis notre fenêtre. L'idée me plaisait bien, mais il fallait passer de nouveau devant la réception.
— Mais de quoi as-tu peur ? me dit Gérald.
— Ca me gène, c'est tout.
— Il s'en fout. Il sait très bien ce qu'on est venu faire. Tu crois que l'ouvreur te juges quand tu rentres « aux Chandelles » ou au « Moon-city » ?
— Quelles chandelles ?
— Laisse tomber…
L'envie de caféine fut la plus forte. Je cédai. Bonne surprise, le réceptionniste n'était pas à son poste lorsque je traversais le hall, fébrilement accrochée au bras de mon amant. Puis, le calme, l'ombre et la petite brise de la terrasse ne me fit pas regretter mon choix. La rue bruyante et la chaleur de l'été était là, juste derrière ce hall. Mais nous, nous étions dans notre havre de paix, comme dans un écrin, et encore une fois c'est la sensation de parenthèse enchantée qui me vint à l'esprit. Seuls les fauteuils en osier ne trouvèrent pas grâce à mes yeux, le reste était parfait. Il manquait peut-être une vue sur la mer, ou sur la piscine, mais bon, à Paris… Discrètement je pris deux coussins pour rendre mon assise plus confortable. Ma rondelle fraichement éclatée m'en fût reconnaissante.
Nous sommes restés presqu'une heure dans cette cour, ce cocon apaisant, à l'abri des regards extérieurs, et du tumulte de nos vies parallèles. Nous avons enchainés tranquillement deux cafés et deux clopes. Oui, j'ai arrêté, mais de temps en temps… Disons que j'ai surtout arrêté d'en acheter. Mais quand c'est offert, je déroge à mon sevrage.
— Le réceptionniste est revenu, me dit nonchalamment Gérald.
— Oh merde !
— C'est lui qui m'a fait les cafés. Il est polyvalent et très sympa.
— Je sais qu'il a une tête sympa.
— Quel âge tu lui donnes ?
— Je ne sais pas… Comme nous.
— Il te plait ?
— Je ne l'ai pas « envisagé ». J'ai eu surtout envie de fuir la situation de mon entrée, pour te rejoindre.
Par chance, il était de nouveau absent lorsque nous avons repris l'ascenseur. De retour dans la chambre, tous les deux reposés, caféïnés, et nicotéïnés, de nouvelles envies refirent surface. C'était simple et tendrement plaisant d'être dans ses bras, d'être embrassée par sa bouche, d'être déshabillée par ses mains, d'être caressée par ses doigts, et finalement d'être enfilée par son sexe…
J'avais bien entendu frapper, puis quelqu'un entrer. Mais à quatre pattes sur le lit, Gérald agrippé à ma croupe m'empêchais de me retourner. C'est dans le miroir que j'ai reconnu le réceptionniste. Etrangement je n'ai pas été surprise de le voir. Tout ça n'était probablement pas réel, j'allais me réveiller. Par contre ses grands coup de bites, je les sentais bien raisonner en moi. Tout était flou dans ma tête. Il y a une heure à peine, j'éprouvais un certain malaise à repasser devant son comptoir, et maintenant, cet employé de l'hôtel était là, debout, à coté du lit, à me mater en levrette, et ça ne me choquait pas. Sans un mot, je vis disparaitre son reflet, pour réapparaitre en chair et en os à coté de nous. Le rythme des coups de pine de mon amant semblait ralentir. Je pense qu'ils échangeaient par geste. Le salaud m'offrait au regard de cet inconnu sans m'avoir prévenue.
J'aurais pu me redresser et aller me cacher, outrée, scandalisée. J'aurais du ! Mais ce ramonage était déjà trop bon pour le stopper. Et puis, plus les secondes passaient, plus je me disais : « C'est trop tard ma fille, ce type en a déjà trop vu. A quoi bon jouer les vierges effarouchées ? » Est-ce le plaisir que me donnait Gérald à cet instant ? Est-ce un nouvel aspect naissant de ma sexualité ? Toujours est-il que finalement, je n'éprouvais plus aucun mal-être. Je me souvenais pourtant, qu'Antoine avait parfois, filmé furtivement nos ébats, avec son téléphone. Je réprouvais violement cette manie. Surtout depuis qu'un jour, il m'avait avoué, à demi-mot, avoir montré ses mini-vidéos à un collègue. Quelle honte ! Là, aujourd'hui c'était pire. Je n'étais pas actrice X à mon issue, j'étais une chaudasse, en live, exhib et consentante.
Prise dans ces pensées, et toujours délicieusement par derrière, je ne me suis pas rendu compte que l'employé avait sorti sa queue et commençait doucement à se masturber. Encore une fois ce sont mes seins que j'ai subitement souhaité, moi aussi, lui montrer. J'ai alors repoussé Gérald, pour m'allonger sur le dos. Il ne put s'empêcher de me mettre quelques coups de langues sur la fente, avant de me reprendre en missionnaire. J'en ai profité pour me caresser les nichons en regardant notre voyeur. Il devenait de plus en plus raide. C'était nouveau pour moi. J'avais une queue qui me limait et une autre sous les yeux, presqu'à portée de main.
Quand j'ai vu son tatouage trembler, j'ai compris que les muscles de Gérald commençaient à tétaniser. Il se retira et se mis à l'équerre à coté de moi. Puis souleva une jambe. A l'évidence, il manœuvrait pour arriver dans sa position favorite. Celle qui lui permettait une pénétration profonde, sans que l'un de nous ne supporte le poids de l'autre, et avec laquelle il avait les mains de libres pour me peloter. Le mouvement m'avait rapproché du bord du lit, et donc de notre voyeur. Après avoir facilement retrouvé l'entrée de mon intimité, Gérald prit mon sein gauche et le malaxa tendrement. Fatalement, une autre main pris l'initiative de se poser sur le droit. Les yeux mi-clos, je me doutais, je me surpris même à espérer, que c'était celle du réceptionniste.
Ouvrant finalement les yeux, non seulement c'était le cas, mais en plus ça verge droite et veineuse surplombait mon visage. Puisqu'il me pelotait, j'ai fait de même et j'ai commencé à lui caresser les fesses, pour venir ensuite, lui soupeser les bourses, et enfin enserrer sa hampe et la branler. Le type semblait ravi. Décalotté, son gland luisait de plaisir, et bien que consciente des risques, j'eu l'envie de le sucer. Pas longtemps, juste pour me dire qu'un jour, j'ai eu deux bites en moi. Voilà je l'ai fait. J'en avais une dans la chatte et l'autre dans la bouche. Et je pompais au même rythme que Gérald me fourrait. Les deux bites coulissaient en moi au diapason.
Dans un râle étouffé, mon réceptionniste ce retira précipitamment, et c'est moi qui réceptionnait finalement trois belles giclées de foutre sur ma poitrine. C'était chaud et étrangement agréable, comme l'huile essentielle qu'on répand en début d'un massage. Dans la seconde suivante, j'ai sentis Gérald s'emboiter encore plus profond en moi, s'agripper à mes hanches et se tendre de tous ses muscles. Putain, je venais de faire jouir deux hommes en même temps, j'étais une belle salope. Souillée et comblée, j'étais leur vide-couilles, et j'aimais ça.
En partant, une nouvelle fois sous la douche, j'ai entendu que l'employé nous remerciait tous les deux pour ce moment de partage, de complicité et de confiance. En ressortant de la petite salle de bain, Gérald était seul, en slip, et grignotait le reste de chips.
— Tu as été exceptionnelle, Eva !
— J'veux pas en parler.
— Mais pourquoi ? Tu es fâchée.
— Tu aurais pu me prévenir. J'ai l'air de quoi maintenant : D'une pute.
— Au contraire. J'ai d'ailleurs fait ça pour toi. Pour que tu ne passes pas pour une fille de ce genre. Réfléchis : En le faisant monter, nous passons pour un couple candauliste, qui vient s'amuser. Et qui trouve sur place le bon larron pour leur jeu.
Gérald avait le don pour me désarçonner, mais son raisonnement tenait la route. Nous avons quitté la chambre vers 17h. Et j'ai souri avec une grande sincérité au réceptionniste, avant qu'il nous dise :
— Bonne fin de journée, Monsieur et Madame Delorme. Au plaisir de vous revoir dans notre établissement.
— Tu m'étonnes ! Dis-je tout bas. Il en a bien profité.
— Nous avons TOUS profités d'un bon moment, me répéta mon amant avant un dernier baiser.
Je n'ai pas revu Gérald depuis deux ans, maintenant. Nous échangeons toujours, mais moins souvent qu'avant. C'est peut-être mieux ainsi, parce qu'à chaque « rencontre » je devenais de plus en plus accro à nos moments de sexe, et je me découvrais de plus en plus salope. J'avais appris depuis, ce qu'étaient « Les Chandelles », et le « Moon city », entre autres, et je rêvais parfois qu'il m'y emmène pour un après-midi entier de baise à plusieurs. Mais il faut être raisonnable. J'avais déjà eu la chance de vivre pleinement ses parenthèses conjugales sans qu'il n'y ait eu de conséquences dans mon couple. Antoine restait un mari adorable, et Gérald avait aussi sa vie. Ne gâchons pas tout, soufflait dans ma tête, la petite voix de la sagesse.
Fin
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Commentaires ()
Pourquoi ne pas écrire un récit d'un même moment, mais avec le point de vue différent des 2 personnages ? En mode Bedos / Daumier, pour ce qui se souviennent.
Chère D.A. je vous laisse choisir : Monsieur ou Madame ?
Ceci dit, votre idée serait peut-être l'occasion pour moi de mettre le pied à l'étrier... A voir!
L'exercice doit effectivement être périeux, surtout pour une histoire (quasi) vraie car comment avoir la certitude de ne pas trahir les ressentis de l'autre?!
Et d'apprendre que Eva ait validé la presque totalité de vos chapitres lui donne encore davantage de crédit.
Bravo à vous 👍
Je publiais, il y a 8 ou 10 ans, sur un autre site "Charmes", aujourd'hui disparu. L'administratrice m'avait fortement suggéré d'écrire au féminin. Les lecteurs semblaient préférer. Je trouve l'exercice intéressant. Surtout dans le cas de Sagesse.puisque l'ayant vécu dans le rôle masculin.
Eva l'a lu (sauf épisode 9). Elle a adoré.
Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire avec le regard de Eva?
Merci !
Eh bien je dois avouer que cette histoire est vraie. Très romancée, mais vraie. Sauf que nous ne travaillions pas pour un labo pharmaceutique, le vélo n'a pas existé, et le réceptionniste n'ai jamais monté dans la chambre. En dehors de ça, et des prénoms, le récit est fidèle à la réalité. Eva était très amoureuse, et c'est moi qui est dû mettre de la distance.
Son anniversaire est fin août, je ne vais pas manquer de prendre de ses nouvelles, mais, lucide, elle ne préfère pas non plus qu'on se revoit.