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✦ Durandal71 Les récits d'un puceau XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les récits d'un puceau — Chapitre 2

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Durandal71
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Les récits d'un puceau

Chapitre 2

Chapitre2
Tout en marchant, une fois de plus, le vent me fouettait le visage. J'appréciais cette sensation de bien-être. J'adressai un timide bonjour à un vieil homme qui semblait bien occupé à contempler sa pipe, à tel point qu'il ne releva même pas la tête. Il était coiffé d'une casquette de marin, une tignasse blanche débordait sur les côtés, dissimulant tant bien que mal, des oreilles qui me parurent immensément grandes. Son nez n'était pas moins étonnant, rouge et gros, il me tira un sourire des lèvres.
Je fus surpris lorsque j'entendis sa voix. Sans bouger, il me lança d'un son grave et usé par le tabac :
— Petit, presse-toi, les choses ne vont pas bien. La revanche est proche et tu seras de ceux qui partiront. Profite de la vie, ne tarde pas, car bien des maux attendent les jeunes dans les mois à venir !
Étonné, je lui demandai :
— Que se passe-t-il, Monsieur ? Pourquoi tant de tristes idées ?
Il ne daigna pas me répondre. A nouveau, il bourrait sa pipe, l'air absent. De toute évidence, il n'avait pas envie de poursuivre la conversation.
Reprenant ma route, je sentais, malgré le beau temps, malgré la douceur du dernier jour de juin, que ma journée n'allait pas être celle que j'attendais. Si l'on rencontre parfois des personnes qui vous jettent un trouble profond, ce vieil homme en était. Même avec mon optimisme naturel, je ne parvenais pas à chasser l'étrange impression qu'il m'avait, sans doute bien malgré lui, laissée.
Ces premiers échanges n'étaient donc pas ce que l'on peut appeler un bon début. Il me faudrait par conséquent trouver rapidement matière à égayer cette journée.
J'arrivai enfin, après une demi-heure de marche, à l'entrée du village de Wissant. Bizarrement, la place était très animée. Les voix qui s'élevaient avec un patois particulier ne me permettaient pas d'en saisir tout le sens et encore moins toute la portée.
Je tâchai de rester calme, en dépit de l'incident du vieil homme, mais je n'aimais pas l'incompréhension, et là, je me trouvais face à elle, incapable de définir ou de comprendre ce qui se passait en cet instant dans le village ni même si cela avait un rapport avec les propos du vieux.
Passant outre cette gêne, j'entrai chez la boulangère. Elle sortait de l'arrière-boutique, éclatante de beauté pour son âge, avancé par rapport au mien. Sa chevelure brune et ses yeux noirs lui donnaient un ravissant visage aux lèvres pulpeuses. Malgré le tablier, on devinait sous le corsage, une poitrine généreuse et encore fermement tenue. Hélas, je ne pouvais voir le bas, caché par le haut comptoir où s'étalaient les miches, les croissants et autres viennoiseries locales.
Cette description de la boulangère ne pouvait se limiter à ces quelques lignes. Son visage était d'une pâleur extrême, sans doute était-elle privée du grand air pour tenir sa boutique. Cependant, il émanait de ce dernier un sourire angélique, tendre et attirant. Je savais que son mari était encore au fournil, mais j'imaginais bien la belle dame se laissant prendre sans difficulté par le boulanger entre deux fournées. Mieux, je la voyais caresser le torse nu de son homme et descendre de plus en plus bas pour lui procurer un plaisir parfait.
— Vous désirez ?
Ses mots me sortirent de mes pensées, surpris, je rougis sans doute et mon front se perla de sueur.
— Bonjour, une miche de trois livres s'il vous plaît.
— Cuite ou pas trop ?
— Bien dorée, ce sera très bien !
Une fois encore, je tentai de rester calme, mais ma gêne devait être visible et la boulangère demanda :
— Quelque chose ne va pas ?
Je ne sus quoi répondre et je secouai la tête de façon négative sans qu'un mot ne puisse sortir de ma bouche. Cela occasionna une gêne encore plus grande, et sans attendre plus, je sortis l'argent pour régler ma miche, et en toute hâte, après avoir remercié, je tournai le dos.
Le grand air me fit un bien fou. Petit à petit, je sentis la rougeur de mes joues s'estomper. Je respirai à plein poumon, chassant par la même occasion de mon esprit le souvenir de cette poitrine généreuse que m'avait offert la boulangère.
Pour moi même, je m'entendais dire à haute voix :
— Pense à autre chose, il n'y a pas que le sexe dans la vie, tu as du pain sur la planche !
Cette pensée en sortant de la boulangerie me donna le sourire et, probablement, l'air un peu benêt.
Dehors, la foule me parut encore plus nombreuse, et bien que m'approchant d'elle, il m'était impossible de comprendre l'excitation qui semblait animer ces gens de tout âge.
Je décidai de me rendre directement à l'estaminet pour y acheter le journal local et y consommer un café.
Devant la vitrine, la première page de la presse était affichée. On pouvait y lire :
"L'Archiduc héritier d'Autriche, François-Ferdinand et sa femme, ont été assassinés hier à Sarajevo en Bosnie".
Rapidement, je calculai que l'assassinat s'était produit le 28 juin. Était-ce là le sujet de toutes les discussions du moment ?
J'entrai dans l'estaminet, commandai un café et le journal et m'installai sur le coin d'une table. La salle était vide, propre, éclairée par de grandes baies vitrées. L'endroit en était des plus charmants.
Sans attendre, je commençai la lecture de l'article consacré à cet assassinat. On pouvait y lire une déclaration de l'Empereur François-Joseph :
"Sur cette terre rien ne m'aura été épargné" !
Suivaient le déroulement de l'attentat, l'arrestation de l'auteur, un certain Gavrilo Princip ainsi que les morts tragiques de la Maison d'Autriche.
Cela n'augurait rien de bon, je savais à présent que c'était bien là les raisons d'un tel attroupement sur la place de Wissant.
Je décidai de finir mon café et de regagner sans tarder mon logis. Résolu à ne pas me laisser noircir les idées, je voulais au plus vite me remettre à l'ouvrage pour écrire quelques pages et ainsi avancer dans mon travail.
Sur le chemin du retour, je trouvai à nouveau le vieil homme fumant toujours sa pipe. Il avait le même air absent et ne me jeta aucun regard. Sans doute était-il pour une indéfinissable raison, étranger au monde extérieur. Cet être semblait de toute évidence peu porté sur le bavardage, ce qui en cet instant, me soulagea.
Par le passé, trop souvent, je me laissais submerger par des faits extérieurs, ce qui me freinait dans la rédaction de mes premiers essais. Ma mise à l'isolement volontaire était en partie la raison de ma présence ici pour limiter le tohu-bohu de la vie parisienne.
L'arrivée chez moi me détendit complètement. Il était presque onze heures, je choisis avant toute chose de mettre les patates à cuir sur le feu après en avoir ravivé les braises. Avec un morceau de morue dessalée et une feuille de salade, cela ferait mon repas du midi.
Après avoir empli mon encrier d'encre, sorti mon dernier carnet, je décidai de me mettre nu comme à mon habitude pour me lancer dans l'écriture durant une heure ou deux. C'était sans compter sur la revue et les esquisses que j'avais oublié de ranger la veille. Des gravures et des dessins de femmes nues s'ouvraient devant moi et l'effet fut immédiat. Mon sexe se durcit de façon familière et l'envie de me masturber était impossible à contrôler.
Finalement, je tirai la chaise devant la fenêtre par laquelle pénétrait le soleil et, sous sa chaude lumière, je commençai à me caresser tout en regardant les images qui parlaient d'elles-mêmes. Dans le même temps, au fond de moi se mélangeaient le visage de la jeune fille de la nuit et la poitrine offerte de la boulangère. Quittant mon sexe rose et tendu, ma main caressait ma poitrine, jouant avec les tétons durcis de désir. Elle frôlait le duvet blond de mon torse et me faisait frissonner, descendait en dessous du nombril pour reprendre sa place sur mon pénis, allant dans un va-et-vient de plus en plus rapide. J'éjaculai sans même avoir tenté de retenir l'assouvissement de ce plaisir solitaire.
Content de moi, j'allai à l'évier pour me rafraîchir et laver la semence qui avait coulé le long de ma cuisse. L'exercice m'avait donné faim, mais j'étais contraint d'attendre la fin de cuisson des patates.
Je repris place ensuite à ma table de travail après avoir rangé les photos qui avaient causé ce désir ardent et si rapidement assouvi.
J'attaquai l'écriture de façon ordonnée et méthodique d'un nouveau récit où je plaçai la boulangère en bonne place. Je décidai qu'elle était plus jeune, veuve et prête à un nouvel amour, amour dont je serais l'élément central. Mes mots s'alignaient d'eux-mêmes sur la page du carnet, et à ma plus grande surprise, treize coups retentirent à l'horloge. Mon repas devait être prêt, je n'avais plus qu'à mettre le couvert et à engouffrer la morue. A une certaine époque, j'aurais vidé trois assiettes comme celle-ci, mais je tentai de contrôler mon appétit depuis que j'avais pris conscience de mon corps et de l'absence de graisse. Je tenais à garder ce physique pour le moins agréable à regarder même si jamais encore, aucune fille ne l'avait exploré, et encore moins touché, si on excepte ma très chère mère lorsque j'étais enfant.
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Utilisateur supprimé
12 mars 2022 à 11:44
Me voilà à jour :)
Un deuxième chapitre dans la lignée du premier, on continue de découvrir avec intérêt les contours du récit, l'environnement du personnage. C'est toujours aussi méticuleux et impressionnant dans les descriptions et toujours impeccablement rédigé.
On se demande vers où cette histoire va nous mener et mener son personnage principal surtout.
Félicitations pour la deuxième fois !
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Photo de profil de Gynarchez
Gynarchez
7 mars 2022 à 12:42
Bonjour Durandal merci pour ce merveilleux récit qui raconte si bien ses fameuses heures que l'on à surnommé sombre.
C'est toujours aussi merveilleusement bien écris, j'ai tout simplement l'impression de lire un petit roman.
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Duchesse
7 mars 2022 à 07:22
Votre texte est absolument immersif, je suis sous le charme de cette histoire.
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Photo de profil de OlivX
OlivX
7 mars 2022 à 01:13
En effet on est en 1914 à l'aube de la grande guerre.
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
6 mars 2022 à 23:11
Ce deuxième chapitre est tout aussi bien écrit et plaisant à lire que le premier. J'aime bien la façon dont le contexte historique est amené par petites touches.
Soyez respectueux
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