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✦ Durandal71 Les récits d'un puceau XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les récits d'un puceau — Chapitre 7

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Durandal71
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Les récits d'un puceau

Chapitre 7

Chapitre7
Je passai la fin de l'après-midi dans la salle. Je n'avais pas d'idée pour noircir de nouvelles pages de mes carnets et sans doute n'avais-je pas plus l'envie. Le facteur, complètement trempé, passa tard. Il m'apportait une nouvelle lettre ainsi qu'un journal que je lui avais commandé.
Comme à sa dernière visite, je lui offris un verre qu'il accepta, mais, cette fois, il ne s'attarda pas. Il avait encore, disait-il, du courrier à remettre et avec ce temps, il avait hâte d'en finir et de rentrer chez lui.
Je pouvais le comprendre, vu ce qu'il était tombé ce matin. Il n'avait pas un travail facile, même s'il y trouvait d'autres avantages.
J'ouvris la lettre. Elle venait de mon Maître de conférences.
La parcourant une première fois rapidement, je compris vite que les choses ne s'arrangeaient pas de son côté. Après m'être servi un nouveau café, je m'installai pour lire cette missive plus attentivement.
"Mon cher Ami,
La santé de mon épouse décline. Les examens passés à Bruxelles confirment les premiers diagnostics. Hélas, il y a fort peu de chances que ma chère épouse passe l'hiver. Je vais donc rester avec elle pour la soutenir et l'accompagner dans cette épreuve.
Je ne doute pas des jours et des semaines difficiles que je m'apprête à vivre et ne saurais vous dire à quel point mon cœur est lourd et empli de chagrin.
Nous avons pris une petite location non loin de l'hôpital. Mon épouse doit y être hospitalisée la semaine prochaine et je ne voulais pas être trop éloigné. J'ai eu l'occasion de visiter, cela fait peur.
Bien qu'étant un établissement laïque, les infirmières ressemblent à des Carmélites. Elles sont tout de blanc vêtues et portent une sorte de foulard sur les cheveux.
Les salles sont emplies de lits alignés en grand nombre, l'odeur y est indescriptible et des plus déplaisantes, tout comme les gémissements des malades à l'agonie. C'est parfaitement horrible. Seul des rideaux que l'on tire si besoin, cachent à la vue des patientes, les malades qui ont quitté ce monde. Tout est d'une tristesse à faire pleurer.
Je vous donne en fin de lettre mon adresse. Écrivez-moi comme vous savez si bien le faire, je n'ai pas coutume de me plaindre, mais j'avoue qu'un soutien de votre part me sera d'un grand réconfort."
La lettre se terminait avec les formules de politesse de circonstance et l'adresse de mon Maître était effectivement présente en bas de page.
Ces nouvelles m'attristaient au plus haut point, bien que ne connaissant pas l'épouse, j'avais beaucoup de respect, d'admiration et une certaine forme de tendresse filiale pour mon Maître.
Je décidai que le soir même, je ferai ma réponse et que dès le lendemain matin, j'irai la poster à Wissant.
Pour me changer les idées, je pris le journal. Ce fut là une grossière erreur, car rien dedans, ces feuilles n'étaient faites pour me remonter le moral.
On y parlait de troubles, de guerre probable, de rappel des conscrits. Les gros titres me faisaient frémir.
"La guerre sera inévitable"
On y trouvait le mouvement des troupes de l'autre côté du Rhin, les mesures prises, les conséquences qu'un tel conflit pourrait entraîner, non seulement pour la France, mais pour le monde en général.
Assis à ma table de travail, je parcourus tous ces sombres articles. Un député bien connu, Jean Jaurès, semblait encore croire à une paix durable en unifiant les travailleurs. Mais il était un des rares. Convaincu que nous allions vers l'irréparable, je refermai le journal, encore plus accablé que quelques instants plus tôt.
Je frissonnai. Tout cela ne me plaisait pas du tout. Si par malheur, il advenait qu'une guerre engageant la France se déclare, je serais parmi les premiers à être rappelé pour servir le drapeau et défendre la nation.
Je remis du bois dans le feu, pris ma plume, et commençai ma réponse pour mon Maître. Après avoir griffonné les premiers mots, ma plume resta levée... Que dire, comment lui remonter le moral alors que moi-même je l'avais à cet instant perdu ? Je décidai de remettre à plus tard cette réponse.
Dehors, il pleuvait toujours, sous forme d'averses, mais le vent s'était calmé. Un calme qui présageait une terrible tempête comme le veut l'adage.
Il me plut, pour me changer les idées, de penser que Sabine, une fois rentrée chez elle, sans doute était-elle allée dans sa chambre et là, à son tour nue, elle se caressait.
Je l'imaginais, commençant à se toucher ses petits seins fermes en forme de poire, tirant ses tétons et d'un doigt humide, frôlant ses aréoles avec une envie irrésistible d'un plaisir charnel complet. Sa main descendait sur son ventre plat, passant sur le nombril joliment dessiné, s'y attardant un peu avant de descendre entre ses cuisses écartées, laissant sa féminité ouverte et mouillée.
Je voyais la scène comme si j'y étais, et bien que tout cela ne soit que mon propre fantasme, j'étais persuadé qu'elle le faisait réellement ce qui donnait de nouveau à ma queue, un durcissement soudain.
Comme elle devait être belle en se mettant un doigt dans la fente en se pinçant les lèvres de plaisir.
Je fis glisser ma main sur ma queue, caressant mon gland. A cet instant, c'est Sabine qui me la tenait, qui faisait les va-et-vient au même rythme qu'elle-même se masturbait. Je voyais son petit bouton rose sorti de sa cachette, demandant à être sucé comme ma bite le demandait elle aussi... Mon rêve éveillé n'alla pas plus loin... à la seule pensée de lui mettre la langue dans ses lèvres intimes, roses, chaudes et humides, un long jet partit de ma queue se répandant sur la table et ma main. Quelle jouissance une fois de plus, quel plaisir cela était de jouir à l'image de Sabine.
Et... une fois encore... je passai par l'évier de la cuisine pour me laver. La chose faite, je m'attelai à nettoyer la table du sperme qui y était répandu en grande quantité. Je n'avais jamais giclé sur une table, cela me gênait d'autant plus.
Et puis, la certitude me saisit. Sabine avait raison, c'était avec elle, ensemble et dans la plus grande harmonie que je devais faire ça la première fois. Cette certitude, cette évidence, cette décision presque impérieuse trouva un frein, comme seuls les sentiments peuvent freiner certaines ardeurs.
Je ne voulais pas simplement Sabine pour le sexe. Elle avait parfaitement raison, quelque chose de plus fort, de plus impétueux m'attirait vers elle. La boulangère, la jeune fille se lavant, et bien d'autres fantasmes, disparaissaient depuis quelque temps. Sabine occupait sans aucun doute possible le membre masculin dont je me satisfaisais si souvent, mais elle m'occupait aussi l'esprit d'une tout autre manière.
Je crois bien qu'à cet instant précis, je pris conscience que mon cœur battait enfin non pas pour mon plaisir solitaire, mais pour une fille avec laquelle je souhaitais passer plus de temps, beaucoup plus.
Une voix intérieure, discrète, mais sans nuances, me disait que ce n'était pas le bon moment, que j'étais trop jeune encore, trop romantique pour me laisser aller à de pareils sentiments. Pourtant ils étaient là ces sentiments. Pour la première fois, j'étais amoureux, et ce, sans vraiment connaître l'être aimé. Il y avait de quoi me mettre l'esprit en vrac.
Que devais-je suivre ? Mon cœur ou ma conscience ?
Je pris la décision de suivre mon cœur. Après avoir chargé le feu, malgré la pluie qui persistait, je pris la bicyclette en direction de Wissant et de l'estaminet.
Je faillis bien tomber quelques fois, je n'étais pas habitué à cet engin, surtout à Paris où les rues ne se prêtaient pas vraiment à la bicyclette.
J'arrivai toutefois en entier au village, et entrai dans l'estaminet sans avoir un seul instant réfléchi à ce que j'allais dire à Sabine, si toutefois je la trouvais.
Je fus donc à la fois perplexe et déstabilisé lorsque je la vis servant une bière à un client attablé.
Elle tourna la tête vers moi, les yeux brillants, un sourire accroché aux lèvres.
— Bonsoir !
— Bonsoir !
Je répondais par politesse et pour donner le change, mais surtout pour gagner un peu de temps.
— Vous prendrez quoi ?
— Heu ben, une bière aussi s'il vous plaît !
Elle passa derrière le comptoir et très vite revint vers moi.
— Voilà, Monsieur est servi !
Elle ne cachait même pas sa moquerie que je trouvais charmante.
— Avec ça ?
Sabine me tendait la perche, je la saisis.
— Vous !
J'avais murmuré, mais elle avait entendu et son sourire coquin prit vite la place de son étonnement.
Elle murmura à son tour.
— Demain matin, si le temps le permet, vers dix heures je serai à la plage, celle qui borde votre maison.
— D'accord, je vous y attendrai.
Mon cœur battait la chamade, j'aimais à penser qu'il en était de même pour elle. Ce n'était plus mon sexe qui guidait ma décision, mais bel et bien mes sentiments.
Je pris tout mon temps pour boire ma bière, Léon, le père de Sabine, avait repris sa place tandis que ma belle était retournée en cuisine.
J'eus aimé m'attarder plus longtemps, pouvoir recroiser Sabine, mais ce ne fut pas le cas.
Je m'en retournai donc à la maison, toujours sur la bicyclette. Le retour me parut plus facile, il est vrai que je me sentais léger. Demain serait le grand jour, oh, je n'espérais pas faire l'amour tout de suite, mais tout du moins passer du temps avec elle, pouvoir parler, s'embrasser, lui raconter un peu de ma vie et écouter la sienne.
A peine arrivé, je me mis à mon aise, préparai mon souper, et une fois fait, je m'installai à ma table pour enfin répondre à mon Maître. J'avais les idées plus claires et je me sentais d'attaque pour apporter une réponse réconfortante.
"Monsieur,
J'ai bien reçu votre dernier courrier qui, je l'avoue, me cause bien du tourment et une profonde tristesse.
Je ne sais quels mots employer pour vous témoigner ma compassion. Il est dans la vie, de terribles épreuves qu'il nous faut traverser. Certaines nous rendent plus forts, d'autres, bien au contraire, nous mettent à terre. Je crains que vous ne traversiez là ce que chacun redoute le plus, la perte de l'être aimé.
Je vous donne malgré tout quelques nouvelles, elles ne sauraient vous apporter réconfort, mais peut-être, pour un instant, vous changeront-elles les idées.
Ici le temps s'écoule, je m'efforce d'écrire chaque jour, malgré votre absence à la rentrée, j'espère qu'à votre retour, vous pourrez prendre connaissance de ces petits récits.
Malgré les bruits de guerre, je reste confiant en l'avenir. Au quotidien, dans le village, rien ne semble trahir le doute et la peur qui, j'en suis convaincu, s'installent dans l'esprit des gens. Ils vaquent à leurs occupations et ne changent rien à leurs habitudes.
Je fais attention, comme vous me l'avez recommandé, à mes dépenses et je m'en sors assez bien. Sur ce point vous pouvez être rassuré.
J'ai rencontré une jeune fille charmante avec laquelle j'espère passer beaucoup de temps dans les semaines à venir, sans bien entendu que cela nuise à mon travail.
Je vous en parlerai plus longuement dans ma prochaine et je vous souhaite d'avoir la force et le moral nécessaires pour soutenir votre épouse à laquelle j'adresse toute ma sympathie.
Quant à vous Monsieur, soyez assuré que chaque jour je pense à vous et applique vos conseils.
Courage et recevez l'expression de mon plus grand respect. Bien à vous !"
Ce n'était pas une bien longue lettre, mais que écrire dans de pareilles circonstances ?
Cela fait, je me mis au lit et m'endormis vite en pensant au lendemain matin.
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Utilisateur supprimé
25 mars 2022 à 21:57
Un très bon chapitre qui ancre (et encre) un peu plus le récit dans l'histoire de ses persos (notamment à travers la correspondance avec le maître) et dans l'Histoire. Il y a toujours ce sens parfait de la description.
Félicitations une fois encore.
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
24 mars 2022 à 22:11
L'évolution de sa relation avec Sabine est vraiment très joliment décrite et pleine de retenue, tandis que le contexte historique et les nouvelles qu'il reçoit de son maître apportent une touche plus sombre à l'histoire. C'est un régal à lire !
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Photo de profil de MaxenceC
MaxenceC
24 mars 2022 à 20:08
Belle Histoire émouvante annonçant une des pires boucherie que l'histoire de France ait connue.
Toujours aussi bien écrit. Bravo encore.
Modifié 24 mars 2022 à 20:08
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Photo de profil de Duchesse
Duchesse
24 mars 2022 à 15:57
Il y a d'aussi belles émotions dans sa correspondance avec son mentor qu'au cœur de sa relation avec Sabine. Un récit d'initiation dans tous ses aspects ; particulièrement émouvant.
Modifié 24 mars 2022 à 15:58
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Photo de profil de Gynarchez
Gynarchez
24 mars 2022 à 15:48
Merci Durandal, j'adore toujours autant votre manière d'écrire, même si cela raconte un début de futur conflit mondial, vos mots sont si facile a lire que c'en est un plaisir.
Soyez respectueux
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