Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les blessures de guerre — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les blessures de guerre
Chapitre 1
David se réveilla en sursaut, en poussant un cri strident.
Depuis son retour, pas une nuit ne s'était déroulée sans accroc.
Comme à chaque fois que ça arrivait, il se leva pour aller boire un verre d'eau et faire redescendre le rythme de son cœur, qui tambourinait dans sa poitrine.
Comme à chaque fois que ça arrivait, il se leva pour aller boire un verre d'eau et faire redescendre le rythme de son cœur, qui tambourinait dans sa poitrine.
Le médecin lui avait dit que c'était normal, qu'il aurait des cauchemars durant quelques mois, mais que tout finirait par s'arranger. Les mois passaient, mais ses cauchemars demeuraient toujours aussi fréquents et intenses, malgré les cachets d'anxiolytiques qu'on lui avait prescrits.
Il soupira et retourna se coucher, priant intérieurement pour une fin de nuit sans rêves.
***
— Bon réveil, il est sept heures, et tout de suite, on écoute le dernier Nirvana, la version unplugged d'About a girl, avec une énorme pensée pour Kurt Cobain, décédé il y a bientôt six mois.
Alexandra se leva au son de cette voix si mélancolique, reconnaissable entre mille, qui traversait l'enceinte de son radio-réveil.
La tristesse de la chanson contrastait avec l'humeur de la jeune fille, toute pimpante après une bonne nuit d'un sommeil réparateur.
Tout allait pour le mieux dans sa vie. Elle venait de décrocher un job et un studio au cœur du septième arrondissement parisien, sa meilleure amie venait de se fiancer... Que demander de plus ? Un homme dans sa vie, peut-être. Mais elle se disait qu'à vingt ans, elle avait le temps et ne se mettait donc aucune pression sur la question.
La tristesse de la chanson contrastait avec l'humeur de la jeune fille, toute pimpante après une bonne nuit d'un sommeil réparateur.
Tout allait pour le mieux dans sa vie. Elle venait de décrocher un job et un studio au cœur du septième arrondissement parisien, sa meilleure amie venait de se fiancer... Que demander de plus ? Un homme dans sa vie, peut-être. Mais elle se disait qu'à vingt ans, elle avait le temps et ne se mettait donc aucune pression sur la question.
Alors qu'elle buvait tranquillement son café, après s'être douchée et apprêtée pour la journée, son téléphone sonna. C'était Stéphanie, sa meilleure amie, celle-là même qui s'était fiancée quelques semaines plus tôt, qui lui proposait de passer chez elle le soir même.
— Il y aura aussi le meilleur pote de mon mec. C'est l'occasion que nos futurs témoins se rencontrent !
***
Quand on invita David à entrer dans le petit appartement de banlieue de Marc, son ami d'enfance, il se mit à faire ce qu'il savait faire de mieux depuis alors plusieurs semaines : simuler l'insouciance. Il n'avait aucune envie d'être là et sa présence n'était due qu'au lien unique qu'il entretenait avec son hôte. Faire semblant que tout allait bien était, non seulement un mécanisme de défense, mais aussi le moyen d'épargner à ses proches l'inquiétude de le savoir mal.
— David, je te présente Alexandra, Alex, voici David.
Il sourit poliment à la jolie brune qu'on venait de lui présenter, et lui fit la bise
— Alors voici enfin mon homologue témoin ! Tu es le meilleur pote de Marc, c'est bien ça ? Comment ça se fait qu'on ne se soit jamais croisés ?
Marc répondit pour lui :
— Il faisait son service militaire. Il est rentré il y a deux semaines !
— Et tu étais où ? Paras ? Marine ? Gendarmerie, peut-être ?
— Je... J'étais en Bosnie...
— Roah ! Ne fais pas le modeste, le charria Marc. David est un héros ! Un casque bleu !
— Et tu étais où ? Paras ? Marine ? Gendarmerie, peut-être ?
— Je... J'étais en Bosnie...
— Roah ! Ne fais pas le modeste, le charria Marc. David est un héros ! Un casque bleu !
***
La pluie battante frappait son visage. Les bottes dans la boue, il avançait avec ses compagnons quand il arriva dans cette ville en ruine, presque déserte. Les seuls signes de vie perceptibles émanaient du bruit sourd des mitraillettes au loin. Soudain, il entendit les pleurs d'un nourrisson.
Son chef l'envoya, avec un autre homme, vers ces pleurs, et il découvrit une femme, jeune, et son enfant, de quelques jours à peine, assise dans un hall d'immeuble. Ils faisaient peine à voir, la peau sur les os. A quelques mètres d'eux, à l'autre bout du hall, une pile de cadavres placés là pour dégager la rue. Des civils, visiblement. Leurs yeux étaient ouverts et vides, mais il avait l'impression qu'ils le fixaient.
Son chef l'envoya, avec un autre homme, vers ces pleurs, et il découvrit une femme, jeune, et son enfant, de quelques jours à peine, assise dans un hall d'immeuble. Ils faisaient peine à voir, la peau sur les os. A quelques mètres d'eux, à l'autre bout du hall, une pile de cadavres placés là pour dégager la rue. Des civils, visiblement. Leurs yeux étaient ouverts et vides, mais il avait l'impression qu'ils le fixaient.
— AAAAHHH !
David se réveilla en sursaut. Encore une nuit à revoir ces images d'horreur.
Il se leva et, comme toutes les nuits depuis bien trop longtemps, alla chercher un grand verre d'eau fraîche qu'il descendit cul sec.
Il se leva et, comme toutes les nuits depuis bien trop longtemps, alla chercher un grand verre d'eau fraîche qu'il descendit cul sec.
Il se remémora sa soirée et l'insouciance des personnes présentes. Il les haïssait et les enviait. Il détestait leur indifférence devant l'épuration ethnique qui se déroulait à quelques centaines de kilomètres seulement, mais il jalousait leur joie de vivre.
Il repensa également à Alexandra. Une jolie fille, chaleureuse et pleine de vie. Dans une autre vie, il aurait essayé d'obtenir son numéro, voire un rendez-vous. Mais tout cela lui semblait bien dérisoire, à présent.
Il secoua la tête et repartit, sans envie, se coucher et finir sa nuit, qu'il espérait plus calme.
Il secoua la tête et repartit, sans envie, se coucher et finir sa nuit, qu'il espérait plus calme.
***
Alexandra soupira, décrocha le combiné du téléphone et composa le numéro inscrit sur le papier.
Une semaine auparavant, lors de sa soirée chez Stéphanie, ce garçon lui avait tapé dans l'œil. Elle avait fini par demander son numéro à Stéphanie, ce que cette dernière lui avait fourni, non sans la taquiner.
Quelque chose la turlupinait néanmoins, et l'avait fait hésiter à passer ce coup de téléphone. Il avait l'air d'être plein de qualité, mais elle avait remarqué que, quand il se croyait non-observé, son regard fixait le vide, sans expression. Plus généralement, quelque chose clochait dans son attitude. Un quelque chose sur lequel elle ne parvenait pas à poser des mots, et qu'elle n'arrivait pas totalement à discerner.
Quelque chose la turlupinait néanmoins, et l'avait fait hésiter à passer ce coup de téléphone. Il avait l'air d'être plein de qualité, mais elle avait remarqué que, quand il se croyait non-observé, son regard fixait le vide, sans expression. Plus généralement, quelque chose clochait dans son attitude. Un quelque chose sur lequel elle ne parvenait pas à poser des mots, et qu'elle n'arrivait pas totalement à discerner.
Au bout de quatre tonalités, il décrocha :
— Allô ?
— Allô David ? C'est Alexandra, je ne sais pas si tu te souviens de moi...
— Alexandra ? Oui, je me souviens. La copine de Steph'.
— Voilà. C'est elle qui m'a filé ton numéro, justement. Je t'appelle parce que, je me disais... Je sais que le mariage n'est qu'en juillet, et qu'on a encore un peu le temps, mais est-ce que ça te dirait qu'on se voit pour essayer d'organiser des trucs pour l'évènement ? Entre témoins, ça se fait, non ?
— Allô David ? C'est Alexandra, je ne sais pas si tu te souviens de moi...
— Alexandra ? Oui, je me souviens. La copine de Steph'.
— Voilà. C'est elle qui m'a filé ton numéro, justement. Je t'appelle parce que, je me disais... Je sais que le mariage n'est qu'en juillet, et qu'on a encore un peu le temps, mais est-ce que ça te dirait qu'on se voit pour essayer d'organiser des trucs pour l'évènement ? Entre témoins, ça se fait, non ?
Organiser le mariage ! C'était bien là le seul motif qu'elle avait trouvé pour le recontacter. L'excuse était un peu vaseuse, mais cela ne laissait que peu de mystère sur ses intentions réelles. S'il disait oui, rien n'était gagné, mais s'il déclinait l'invitation, le message serait clair et elle passerait à autre chose.
Le jeune homme bredouilla alors un semblant de réponse incompréhensible dans lequel elle distingua les mots "Oui", "Non" et "Je ne sais pas", et qui la déconcerta au plus haut point.
Le jeune homme bredouilla alors un semblant de réponse incompréhensible dans lequel elle distingua les mots "Oui", "Non" et "Je ne sais pas", et qui la déconcerta au plus haut point.
“Quel enthousiasme !” songea Alexandra, partagée entre la consternation et la déception. Elle n'était certes pas Claudia Schiffer, mais elle n'avait pas l'habitude de susciter autant d'indifférence !
Ils finirent cependant par se donner rendez-vous le samedi après-midi suivant, dans un café. Sitôt le combiné raccroché, Alexandra se saisit d'un calepin et d'un stylo, et commença à chercher des idées pour le mariage. Si elle se prenait un râteau, elle n'aurait, au moins, pas totalement perdu son temps !
***
David était arrivé en avance au rendez-vous avec Alexandra. Seul à une table sur laquelle était posé le café qu'il avait commandé, et les écouteurs de son vieux lecteur cassette vissés sur ses oreilles, il essayait de faire le vide, voire de se convaincre que, comme le hurlait Freddy Mercury dans ses oreilles : The show must go on.
Après plusieurs minutes, il vit Alexandra passer la porte du bistrot, ses cheveux bruns rassemblés en une queue-de-cheval qui virevoltait au rythme de ses pas.
Il retira ses écouteurs, ils se firent la bise, et elle s'assit. Après un bref regard sur le lecteur de cassette sale et rafistolé posé sur la table, elle lui demanda, enjouée :
— Eh ben ! Il lui est arrivé quoi à ton walkman ?
— La g... Non ! Rien. Il a juste vécu, c'est tout.
— La g... Non ! Rien. Il a juste vécu, c'est tout.
David s'en voulait d'avoir failli répondre “la guerre”.
Il ne voulait pas parler de son expérience militaire. Elle n'aurait pas pu comprendre. Personne ne le pouvait. De plus, elle aurait peut-être demandé qu'il raconte cet épisode de sa vie, alors que lui voulait l'oublier. Enfin, il ne savait pas comment lui-même réagirait si ces souvenirs resurgissaient si soudainement.
Autant de raisons à ses yeux d'éviter autant que possible le sujet.
Il ne voulait pas parler de son expérience militaire. Elle n'aurait pas pu comprendre. Personne ne le pouvait. De plus, elle aurait peut-être demandé qu'il raconte cet épisode de sa vie, alors que lui voulait l'oublier. Enfin, il ne savait pas comment lui-même réagirait si ces souvenirs resurgissaient si soudainement.
Autant de raisons à ses yeux d'éviter autant que possible le sujet.
— Bon, continua Alexandra, on s'y met à ce mariage ?
***
Alexandra minaudait comme rarement, ayant en tête un objectif clair : que le beau brun réalise l'intérêt qu'il suscitait chez la jeune femme.
Après une petite heure de discussions sur le mariage de leurs amis, David se préparait à partir, et Alexandra lui proposa alors de se revoir dans la semaine.
Après une petite heure de discussions sur le mariage de leurs amis, David se préparait à partir, et Alexandra lui proposa alors de se revoir dans la semaine.
Le garçon baissa les yeux, se pinça les lèvres, semblant hésiter, puis finit par lui répondre :
— Je ne crois pas... Je ne suis pas aveugle, et je vois bien que tu ne m'as pas proposé qu'on se voit juste pour causer du mariage de Steph' et Marc, je me trompe ?
Alexandra acquiesça silencieusement, attendant la suite.
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je... Je ne peux pas.
— Ah ! Tu as déjà une copine ! Je suis désolée, je ne savais pas ! Si j'avais su, jamais...
— Non, coupa David, ce n'est pas ça. Juste... Je ne peux pas. Voilà.
— Ah ! Tu as déjà une copine ! Je suis désolée, je ne savais pas ! Si j'avais su, jamais...
— Non, coupa David, ce n'est pas ça. Juste... Je ne peux pas. Voilà.
Alexandra fronça les sourcils, perplexe. Celle-là, on ne la lui avait encore jamais faite !
— Je ne suis pas sûre de comprendre.
— Après tout ce que j'ai vu... Tout ce que j'ai vécu ces derniers mois, je... J'ai plus envie de tout ça.
— De tout ça ? Mais de quoi ?
— De couple, de cul, d'amour, tous ces trucs-là.
— Après tout ce que j'ai vu... Tout ce que j'ai vécu ces derniers mois, je... J'ai plus envie de tout ça.
— De tout ça ? Mais de quoi ?
— De couple, de cul, d'amour, tous ces trucs-là.
Non, elle ne comprenait pas ! Elle avait certes entendu à la télé que le coin dont il revenait était un bordel sans nom, mais rien à ses yeux ne pouvait justifier de devenir aussi hermétique à une chose aussi vitale que l'amour, qu'il soit charnel ou sentimental.
Soit il ne lui disait pas tout, soit elle était passée à côté de quelque chose. Dans les deux cas, cette situation l'agaçait. Elle ne put donc pas s'empêcher de laisser déborder sa contrariété et grommela :
Soit il ne lui disait pas tout, soit elle était passée à côté de quelque chose. Dans les deux cas, cette situation l'agaçait. Elle ne put donc pas s'empêcher de laisser déborder sa contrariété et grommela :
— Faudra m'expliquer ce que tu as vu pour te mettre dans cet état !
David se ferma alors. Il était jusqu'alors froid, il devint glacial. Son regard s'assombrit au point qu'Alexandra eut l'impression que les yeux, habituellement marron, du jeune homme, avaient soudainement tourné au noir.
— Tu ne pourrais pas comprendre.
— C'est sûr que si tu ne m'expliques pas, je ne vais pas comprendre, répliqua Alexandra, piquée au vif, d'un ton qu'elle avait voulu le plus cinglant possible.
— Est-ce que tu sais au moins ce qu'il se passe là-bas, en Yougoslavie ?
— Plus ou moins. Une guerre civile...
— Non, coupa brutalement David. Tu ne sais pas. Ce n'est pas une guerre civile.
— C'est sûr que si tu ne m'expliques pas, je ne vais pas comprendre, répliqua Alexandra, piquée au vif, d'un ton qu'elle avait voulu le plus cinglant possible.
— Est-ce que tu sais au moins ce qu'il se passe là-bas, en Yougoslavie ?
— Plus ou moins. Une guerre civile...
— Non, coupa brutalement David. Tu ne sais pas. Ce n'est pas une guerre civile.
Il se leva et prit son manteau.
— Renseigne-toi sur le sujet, continua-t-il d'une voix qu'il voulait sans doute adoucie. Seulement après, tu pourras peut-être comprendre.
Il balança une pièce de dix francs sur la table, pour payer son café, tourna les talons et quitta le bistro sans un regard pour elle.
***
David ne rentra pas immédiatement chez lui. Il erra longuement dans la rue sans autre but précis que de marcher.
Il se demandait s'il n'avait pas été trop dur, s'il ne s'était pas énervé pour rien ou s'il n'avait pas simplement eu un comportement de connard. Il ne cessait de changer d'avis. Il était perdu, presque désorienté.
Lorsque, finalement, il arriva en bas de son immeuble, il s'assit sur un banc public, posa ses mains sur son visage, et des larmes commencèrent à couler le long de ses joues.
***
Alexandra était restée assise de longues minutes, seule à la table du bistro, interloquée. Tout était si vite parti en vrille !
Elle était partagée. D'un côté, elle ne voulait plus jamais revoir cet odieux individu, mais, de l'autre, elle ressentait le besoin impérieux de comprendre.
Quand elle rentra chez elle, elle décida, après maintes tergiversations, de s'arrêter chez un marchand de journaux.
Là, elle prit tout ce qu'elle pouvait trouver, de la presse quotidienne aux revues de géopolitique traitant de la question. Cela coûta plus de deux cents francs, mais elle espérait bien comprendre ce qu'il se jouait dans les Balkans.
Quand elle rentra chez elle, elle décida, après maintes tergiversations, de s'arrêter chez un marchand de journaux.
Là, elle prit tout ce qu'elle pouvait trouver, de la presse quotidienne aux revues de géopolitique traitant de la question. Cela coûta plus de deux cents francs, mais elle espérait bien comprendre ce qu'il se jouait dans les Balkans.
Elle passa une bonne partie de la journée du lendemain à lire tout ce qu'elle avait amassé la veille. Si elle ne tira rien de la presse quotidienne, concentrée sur la visite du président Clinton au Proche-Orient, lui aussi en proie aux flammes, elle réussit à satisfaire sa soif de connaissance dans plusieurs magazines, dont certains plutôt pointus.
Elle réalisait, au fil de ses lectures, qu'elle ne savait effectivement rien du conflit qui se jouait à seulement quelques centaines de kilomètres de là. Elle lut des mots qui lui firent froid dans le dos, et vit des photos qui lui glacèrent le sang. David avait raison, ce n'était pas qu'une simple guerre civile, c'était un nettoyage ethnique, planifié, organisé et sans pitié. Des populations persécutées et déplacées à cause de leur religion. Elle ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement avec une autre guerre... Celle généralement admise comme étant la pire de toutes.
En fin d'après-midi, après avoir essayé de digérer tout ce qu'elle avait lu à ce sujet, et après de multiples hésitations, elle téléphona à David.
— Allô ?
— David ? C'est Alexandra.
— David ? C'est Alexandra.
Il ne répondit pas.
— David, je voudrais te voir. J'ai lu des trucs et... J'ai compris ce que tu voulais dire.
Une nouvelle fois, elle fit face à un silence de mort.
— Est-ce que je peux passer chez toi ? S'il te plaît ?
Finalement, David lui répondit d'une voix calme et posée :
— Je ne m'attendais pas à ce que tu m'appelles.
***
Cette fille était surprenante. Fascinante, même !
Il avait été méprisant, méchant et grossier, et elle était revenue vers lui. Qu'avait-elle vu en lui qui méritait autant d'attention ? Tout cela intriguait David.
Il faisait couler le café qu'il lui avait promis lors de son arrivée dans son studio. Dos à lui, sur le canapé, Alexandra était assise, silencieusement, attendant que le jeune homme la rejoigne.
Il avait été méprisant, méchant et grossier, et elle était revenue vers lui. Qu'avait-elle vu en lui qui méritait autant d'attention ? Tout cela intriguait David.
Il faisait couler le café qu'il lui avait promis lors de son arrivée dans son studio. Dos à lui, sur le canapé, Alexandra était assise, silencieusement, attendant que le jeune homme la rejoigne.
David redoutait ce moment. Il ne savait pas par où commencer, s'il pourrait tout raconter, ni même ce qu'il devait relater. Il ne voulait pas même se retourner, craignant d'affronter le regard de son invitée. Il savait néanmoins qu'il y serait contraint dès lors qu'il aurait terminé de préparer la boisson chaude...
Jamais dans sa vie, il n'avait autant redouté de remplir une tasse de café, et lui-même était conscient du ridicule de cette situation. Ce qui devait arriver arriva cependant, et, trop rapidement à son goût, il se retourna et vint s'asseoir à côté d'elle, posant les deux tasses brûlantes sur la table basse.
Jamais dans sa vie, il n'avait autant redouté de remplir une tasse de café, et lui-même était conscient du ridicule de cette situation. Ce qui devait arriver arriva cependant, et, trop rapidement à son goût, il se retourna et vint s'asseoir à côté d'elle, posant les deux tasses brûlantes sur la table basse.
Elle attendait qu'il se livre, en le fixant, de ses grands et beaux yeux verts. David n'avait, jusqu'alors, pas remarqué à quel point son regard pouvait être intense.
Il entama finalement les hostilités :
— Bon, qu'est-ce que tu veux savoir ?
— Je veux comprendre. Comprendre ce que tu as vécu. Comprendre pourquoi tu es dans cet état. J'ai lu des trucs, mais ce ne sont que des articles. J'ai envie d'avoir ta version.
— Pourquoi ?
— Je veux comprendre. Comprendre ce que tu as vécu. Comprendre pourquoi tu es dans cet état. J'ai lu des trucs, mais ce ne sont que des articles. J'ai envie d'avoir ta version.
— Pourquoi ?
Elle ne s'attendait visiblement pas à cette question, et haussa les épaules.
— Je ne sais pas... Parce que tu m'intéresses. Parce que chacun voit les choses à sa manière. Parce que je suis curieuse. A toi de choisir la raison qui te convient.
David lui raconta alors qu'il s'était porté volontaire pour la guerre de Bosnie pour que son service militaire serve à quelque chose. Il décrivit les longs moments d'ennui, les premiers combats, son sentiment d'impuissance devant les bus qui embarquaient des centaines de musulmans vers une destination inconnue. Il relata les instants les plus affreux, de la découverte de corps de civils sans vie à la mort d'un de ses camarades, sous ses yeux, et le pire : ces quelques moments où ses balles avaient touché leur cible et où il avait été à l'origine de la mort d'autres êtres humains.
— Le plus terrible, conclut-il, c'est que j'ai l'impression d'y être allé pour rien. Les horreurs ont continué, pendant qu'on faisait juste attention à ce que les massacres respectent bien les conventions de l'ONU, et, ici, tout le monde s'en fout. J'ai servi à rien. J'ai tué pour rien. Un de mes copains de chambrée est mort pour rien. Tout ça pour rien.
***
Lorsqu'il eut terminé son récit, les yeux de David étaient rouges. Alexandra comprit qu'il se retenait de pleurer.
Quand elle lui demanda s'il avait déjà raconté tout cela à quelqu'un, le garçon, d'un simple signe de tête, lui répondit que non.
Elle comprenait qu'il n'aille pas bien. Garder tout cela pour soi, c'était destructeur. Elle-même en aurait été bien incapable.
Elle comprenait qu'il n'aille pas bien. Garder tout cela pour soi, c'était destructeur. Elle-même en aurait été bien incapable.
Derrière la fenêtre du petit studio de David, le soleil se couchait. La lumière orangée se reflétant dans le regard humide de l'ancien militaire donnait à la scène une beauté triste qui émut la jeune fille, sur le point d'éclater à son tour en sanglots.
Poussée par un élan soudain, elle le prit dans ses bras. Visiblement surpris par cette initiative, son corps se raidit durant plusieurs secondes avant de se détendre et répondre à son accolade.
Poussée par un élan soudain, elle le prit dans ses bras. Visiblement surpris par cette initiative, son corps se raidit durant plusieurs secondes avant de se détendre et répondre à son accolade.
— Pourquoi ? demanda-t-il.
— Parce que je me suis dit que tu avais besoin d'un câlin, mais surtout parce que je crois que je vais pleurer et que, comme ça, tu ne le verras pas.
— Parce que je me suis dit que tu avais besoin d'un câlin, mais surtout parce que je crois que je vais pleurer et que, comme ça, tu ne le verras pas.
Un ange passa. Les seuls bruits qui brisaient le silence absolu présent dans le petit studio parisien étaient leurs reniflements respectifs.
— Merci, glissa enfin David.
— Je n'ai rien fait !
— Si. Je me rends compte que j'avais besoin de parler, d'être écouté...
— Je n'ai rien fait !
— Si. Je me rends compte que j'avais besoin de parler, d'être écouté...
Ils se séparèrent enfin. Alexandra eut un ricanement nerveux. Tous deux avaient les yeux rouges et gonflés. Ils devaient faire peine à voir.
— Bon, je crois que je vais rentrer chez moi, dit-elle en se levant. Je bosse tôt demain, et je ne voudrais pas me coucher trop tard.
David se leva également, et la raccompagna à la porte. Sur le seuil, elle lui demanda :
— Si je te demande si on peut se revoir, tu me répondras toujours non ?
Il sourit comme seule réponse. Elle se pencha alors vers lui, et lui fit une bise à la commissure de ses lèvres. Elle lui tourna ensuite le dos et s'éloigna dans le couloir de l'immeuble. Sans se retourner, elle lui lança :
— Je t'appelle demain, alors !
***
Alexandra le rappela effectivement le lendemain soir. Elle proposa d'aller au cinéma le vendredi suivant, pour voir un film sorti la semaine précédente, palme d'or à Cannes, paraissait-il.
Toute la semaine, il s'interrogea. Tout cela était-il bien raisonnable ? Était-il prêt ? Ne fallait-il pas annuler ce rendez-vous ? Jamais de sa vie il ne s'était posé ce genre de questions, mais il n'était plus le même homme. Malgré tout, elle le fascinait et l'attirait. Ce fut pour ces raisons qu'il se rendit finalement à ce rendez-vous, la peur au ventre.
Dès le début de la séance, elle posa la tête contre son épaule, et ne bougea plus avant le générique de fin. Ce geste le surprit, mais il finit par s'y faire, sans pour autant porter, de son côté, un quelconque geste d'affection à l'égard de la jeune fille. Encore et toujours, il était en proie au doute.
— Je ne sais pas si j'ai aimé ou pas. Il est un peu bizarre, ce film, commenta David en sortant du cinéma.
— J'ai trouvé ça génial, moi ! Un film avec de l'action, des vrais dialogues, et une réelle originalité dans la mise en scène, on n'en voit pas tous les jours ! Je te le prédis : Pulp Fiction deviendra un classique du cinéma !
— J'ai trouvé ça génial, moi ! Un film avec de l'action, des vrais dialogues, et une réelle originalité dans la mise en scène, on n'en voit pas tous les jours ! Je te le prédis : Pulp Fiction deviendra un classique du cinéma !
Ils continuèrent ainsi de discuter du film en déambulant dans la nuit parisienne, en direction de la bouche de métro la plus proche que devait emprunter le jeune homme pour rentrer.
Soudain, ils furent interrompus. Des bruits, trop familiers aux oreilles de David, venaient du trottoir opposé. Des coups de feu ! Il sentait également l'odeur, si caractéristique de la poudre.
Par réflexe, il saisit Alexandra par le bras, la colla contre lui, et se réfugia derrière une poubelle, située à un mètre d'eux.
Par réflexe, il saisit Alexandra par le bras, la colla contre lui, et se réfugia derrière une poubelle, située à un mètre d'eux.
— Du calme ! Ce ne sont que des gamins qui ont fait exploser des pétards ! lui dit Alexandra en se redressant.
Lui ne se releva pas. Il resta assis par terre, adossé à la poubelle. Il hyperventilait.
— David, ça ne va pas ?
Il essaya de répondre, mais les mots étaient coincés dans sa gorge. Il avait chaud, tremblait et n'arrivait pas à apaiser sa respiration.
Alexandra s'accroupit à son niveau, prit ses mains, et se mit à lui parler paisiblement :
Alexandra s'accroupit à son niveau, prit ses mains, et se mit à lui parler paisiblement :
— Tout va bien. Respire ! Ce n'était que des pétards !
Elle l'aida à se relever, mais il n'arrivait néanmoins pas à se reprendre. La peur ressentie quelques secondes plus tôt était la même que celle qu'il avait déjà vécue quand les balles sifflaient autour de lui. Il ne s'en remettait pas.
Alexandra continuait d'essayer de le calmer en lui adressant des mots rassurants, sur un ton serein et apaisé.
Tremblant, il chercha dans les poches de sa veste et en sortit une boîte d'anxiolytiques, attrapa une gélule et l'avala.
Tremblant, il chercha dans les poches de sa veste et en sortit une boîte d'anxiolytiques, attrapa une gélule et l'avala.
Au bout d'un moment, les mots de son amie, conjugués aux cachets qu'il venait de prendre, commencèrent à le détendre. Cependant, il demeurait fébrile.
— Ça va mieux ? Tu sens que tu peux aller jusqu'à chez toi ?
— Je... Je ne sais pas trop...
— Je... Je ne sais pas trop...
Alexandra réfléchit quelques secondes, puis proposa :
— Si tu veux, j'habite à trois rues d'ici. On peut aller se poser là en attendant.
***
Alexandra avait eu la peur de sa vie. Arrivés dans le petit studio, elle l'invita à s'asseoir sur le canapé trônant au milieu de la pièce et lui avait apporté un verre d'eau, qu'il but d'un trait.
— Je suis désolé pour tout ça, glissa David, encore essoufflé par sa crise d'angoisse.
— Tu n'as pas à être désolé ! Ça peut arriver à tout le monde !
— Ça ne m'était encore jamais arrivé. En tout cas, pas comme ça. Pas dehors... Pas avec quelqu'un... Pas aussi fort...
— Parce que ça t'est déjà arrivé avant ?
— La nuit, surtout, répondit-il en hochant la tête. Mais ça passe assez vite, d'habitude.
— Tu n'as pas à être désolé ! Ça peut arriver à tout le monde !
— Ça ne m'était encore jamais arrivé. En tout cas, pas comme ça. Pas dehors... Pas avec quelqu'un... Pas aussi fort...
— Parce que ça t'est déjà arrivé avant ?
— La nuit, surtout, répondit-il en hochant la tête. Mais ça passe assez vite, d'habitude.
Tout cela inquiétait Alexandra. Mais elle se dit que ce n'était pas le moment de lui faire remarquer que tout cela n'était pas normal. Elle se contenta donc de relativiser, en souriant :
— En tout cas, sur le coup, tu m'as foutu une peur bleue ! Tu m'en dois une !
— Sans toi, je serais sans doute encore prostré sur le trottoir. Je t'en dois donc plus qu'une ! J'ai une sacrée dette envers toi !
— Sans toi, je serais sans doute encore prostré sur le trottoir. Je t'en dois donc plus qu'une ! J'ai une sacrée dette envers toi !
Ils continuèrent ainsi à discuter de tout, mais surtout de rien. David avait l'air de se remettre de toutes ses émotions si bien qu'après une demi-heure, il se leva et déclara qu'il n'allait pas la déranger plus longtemps, qu'il était tard et qu'il avait un long chemin à parcourir pour rentrer.
Malgré la vigueur retrouvée affichée par son ami, Alexandra n'était pas sereine. Elle se leva à son tour du canapé et lui demanda :
— Tu es sûr que tu es en état de rentrer tout seul ? Tu m'as quand même fait peur, ce soir !
— Je ne vais pas m'arrêter de vivre pour une crise de panique.
— C'est juste que... Imaginons que ça arrive de nouveau. Que tu te retrouves tout seul, dans la nuit, tu ferais quoi ?
— Ça n'arrivera pas, je te dis !
— Je ne vais pas m'arrêter de vivre pour une crise de panique.
— C'est juste que... Imaginons que ça arrive de nouveau. Que tu te retrouves tout seul, dans la nuit, tu ferais quoi ?
— Ça n'arrivera pas, je te dis !
Décidément, ce garçon était une vraie tête de mule ! Soudain, la jeune fille eut une illumination :
— Tu m'as dit que tu avais une dette envers moi ! Dors ici, s'il te plaît. Je ne serais pas rassurée de te savoir dehors à cette heure-ci.
Elle avait gagné la partie.
Ils déplièrent ensemble le canapé-lit. Faute de place, ils dormiraient dans le même lit, mais avaient convenu, d'un commun accord, que cette nuit se passerait, évidemment, en tout bien tout honneur.
Néanmoins, en voyant le jeune homme sortir de la salle de bain, en simple tee-shirt et caleçon, Alexandra regretta quelques instants cette promesse. L'armée semblait avoir légèrement sculpté sa silhouette et elle aurait bien fait de ce beau brun musclé son quatre heures.
Après avoir fait sa toilette à son tour, elle réfléchit à la tenue qu'elle allait porter pour la nuit. Elle voulait essayer d'émoustiller son colocataire de fortune, sans pour autant être provocante à outrance. Elle porta finalement son dévolu sur un tee-shirt long et blanc, qui lui arrivait à mi-cuisse et qui exposerait ses jambes, sous lequel elle ne serait vêtue que d'une simple culotte.
Après avoir fait sa toilette à son tour, elle réfléchit à la tenue qu'elle allait porter pour la nuit. Elle voulait essayer d'émoustiller son colocataire de fortune, sans pour autant être provocante à outrance. Elle porta finalement son dévolu sur un tee-shirt long et blanc, qui lui arrivait à mi-cuisse et qui exposerait ses jambes, sous lequel elle ne serait vêtue que d'une simple culotte.
Lorsqu'elle parcourut le court chemin séparant la salle de bain du lit, elle sourit intérieurement en voyant le regard de David glisser vers ses gambettes nues.
Il n'était pas totalement indifférent à son charme et elle en était ravie.
Il n'était pas totalement indifférent à son charme et elle en était ravie.
***
Les balles sifflaient autour d'eux. Leur poste d'observation était attaqué par l'armée serbe. Il jeta un coup d'œil vers Kamel qui s'était, lui aussi, protégé contre un mur. A tour de rôle, ils ripostaient, mais savaient leur position précaire. Seuls, ils ne tiendraient pas longtemps.
Ils avaient demandé des renforts quelques minutes plus tôt et tentaient de se défendre comme ils pouvaient. Jouer la montre, c'est bien tout ce qu'ils pouvaient faire dans leur situation.
Alors que son compagnon défendait l'avant, il se rendit vers l'arrière voir où en étaient les renforts. Il fixa le paysage quelques secondes, attentif au moindre mouvement.
Ils avaient demandé des renforts quelques minutes plus tôt et tentaient de se défendre comme ils pouvaient. Jouer la montre, c'est bien tout ce qu'ils pouvaient faire dans leur situation.
Alors que son compagnon défendait l'avant, il se rendit vers l'arrière voir où en étaient les renforts. Il fixa le paysage quelques secondes, attentif au moindre mouvement.
Enfin, il les vit arriver. Un peloton entier qui débarquait pour les sortir de là !
L'ennemi les avait également vus, car les tirs cessèrent et les soldats d'en face se replièrent. Un sentiment de victoire l'envahit.
Alors il tourna la tête vers Kamel. Il était allongé sur le sol, inerte, le regard vide. Un liquide carmin s'écoulait entre les lèvres entrouvertes du militaire.
L'ennemi les avait également vus, car les tirs cessèrent et les soldats d'en face se replièrent. Un sentiment de victoire l'envahit.
Alors il tourna la tête vers Kamel. Il était allongé sur le sol, inerte, le regard vide. Un liquide carmin s'écoulait entre les lèvres entrouvertes du militaire.
***
Alexandra fut réveillée par un long hurlement terrifié. A côté d'elle, David, bien qu'encore endormi, suait à grosses gouttes, et gesticulait en hurlant.
À moitié assoupie, mais paniquée, elle le secoua pour le sortir de ce qui semblait être un affreux cauchemar. Il ouvrit enfin les yeux, mais semblait perdu et effrayé.
S'il ne s'agitait plus, sa respiration était toujours laborieuse. Elle posa sa main sur la poitrine du jeune homme et sentit son cœur battre beaucoup trop vite et trop fort.
Elle blottit alors la tête de David contre sa poitrine, lui caressant affectueusement les cheveux, et lui murmurant des mots rassurants à l'oreille. Cela semblait fonctionner, car, au bout de plusieurs minutes, où dans le silence absolu de la nuit ne résonnaient que les murmures de la jeune femme et les halètements de l'ancien militaire, il finit par retrouver une respiration normale.
Cependant, le visage caché, blotti contre le corps d'Alexandra, il semblait sangloter.
Elle blottit alors la tête de David contre sa poitrine, lui caressant affectueusement les cheveux, et lui murmurant des mots rassurants à l'oreille. Cela semblait fonctionner, car, au bout de plusieurs minutes, où dans le silence absolu de la nuit ne résonnaient que les murmures de la jeune femme et les halètements de l'ancien militaire, il finit par retrouver une respiration normale.
Cependant, le visage caché, blotti contre le corps d'Alexandra, il semblait sangloter.
Elle lui demanda alors si tout allait bien.
— Je ne sais pas... Je ne sais plus... J'ai l'impression d'être encore bloqué là-bas, de ne pas réussir à en revenir. Tout à l'heure, quand je me suis réveillé, je ne faisais pas un cauchemar. Toutes les nuits, je revis ce que j'ai connu de pire dans cet enfer. Je n'en peux plus !
Elle ne trouva pas les mots pour le réconforter. Elle se contenta alors des gestes et, toujours allongée dans le lit, le prit dans ses bras pour le serrer contre elle. Il poursuivit :
— Tu veux que je sois honnête avec toi ? Si, au début, je t'ai dit que je ne pouvais pas sortir avec quelqu'un, c'est que... j'ai peur. Je crève de trouille à l'idée de perdre encore des gens autour de moi.
La jeune femme était émue par tant de franchise spontanée. Elle comprenait que c'était aussi, et avant tout, un signe de la confiance que le jeune homme lui accordait désormais. Sans desserrer son étreinte, elle écarta son visage pour le regarder dans les yeux, et lui répondit avec la voix la plus douce possible.
— David, tu ne peux pas t'empêcher de vivre parce que tu as peur de la mort !
— Facile à dire.
— Je sais. Mais tu n'es pas tout seul ! Tu as une famille, des amis... Et moi aussi ! Je veux t'aider ! Tu le mérites !
— Facile à dire.
— Je sais. Mais tu n'es pas tout seul ! Tu as une famille, des amis... Et moi aussi ! Je veux t'aider ! Tu le mérites !
Elle déposa une bise sur sa joue, puis le regarda tendrement. Ses yeux habitués à l'obscurité de la pièce distinguaient chez lui un regard semblable.
Elle n'avait, à cet instant, qu'un désir : déposer ses lèvres sur les siennes. Mais, compte tenu de ce qu'il venait de lui dire, c'était à lui de faire ce geste, s'il s'y sentait prêt.
Elle n'avait, à cet instant, qu'un désir : déposer ses lèvres sur les siennes. Mais, compte tenu de ce qu'il venait de lui dire, c'était à lui de faire ce geste, s'il s'y sentait prêt.
***
Le cerveau de David était en ébullition, tiraillé entre deux sentiments contradictoires. Le visage d'Alexandra à quelques centimètres du sien l'attirait, mais ses peurs refrénaient ses ardeurs. Il cherchait en lui le courage de faire un choix. Les secondes s'égrenaient, mais elle continuait à soutenir son regard avec bienveillance. Il fallait trancher, il le savait. Et l'absence de choix serait un choix.
Poussé par une force invisible, il rapprocha, millimètre par millimètre, son visage de celui de la jeune fille. Ses yeux, dont le vert ne pouvait plus se distinguer dans l'obscurité, étaient de plus en plus proches. Leurs nez glissèrent l'un contre l'autre. Il sentait le souffle chaud d'Alexandra se heurter à ses lèvres. Il ferma lentement les yeux. Il avait choisi de vivre.
Leur baiser engendra une explosion de félicité dans la tête de David. Il était fier d'avoir fait un choix, content d'avoir fait le bon, heureux d'être tout simplement à cet endroit, à ce moment.
Leur chaste bisou gagna rapidement en ardeur. La tension accumulée entre ces deux jeunes gens explosait maintenant en une passion folle. Très vite, ils se dévorèrent mutuellement les lèvres, dans un combat qui, ils le savaient d'avance, n'aurait pas de vainqueur. Rapidement, leurs langues vinrent se rencontrer, pour entamer à leur tour un ballet féérique.
Une des mains du garçon passa sous le long tee-shirt d'Alexandra, pour aller caresser son dos. Elle réagit sans décoller ses lèvres des siennes, par un très léger gémissement de satisfaction.
Une des mains du garçon passa sous le long tee-shirt d'Alexandra, pour aller caresser son dos. Elle réagit sans décoller ses lèvres des siennes, par un très léger gémissement de satisfaction.
Ils s'embrassèrent ainsi durant plusieurs minutes. Au fur et à mesure, leurs gestes devenaient plus exaltés, aventureux et sexuels. Ils prenaient leur temps, profitant de l'instant, et découvrant leurs corps respectifs, mais brûlaient d'impatience d'aller plus loin. L'ondulation de leurs bassins traduisait cette envie. Ils se frottaient l'un à l'autre, animés par une sorte de frénésie, plus instinctive et animale que réellement consciente.
David sentait son sexe se gorger de sang, et durcir, collé entre leurs deux corps. Elle l'avait senti également. C'était une évidence. Sans doute même appréciait-elle de sentir cette expression de l'excitation masculine contre son pubis.
David sentait son sexe se gorger de sang, et durcir, collé entre leurs deux corps. Elle l'avait senti également. C'était une évidence. Sans doute même appréciait-elle de sentir cette expression de l'excitation masculine contre son pubis.
La jeune fille coupa court à ce baiser, pour lui souffler, en retirant son haut d'un geste vif, qu'elle voulait sentir sa peau nue contre la sienne. Son amant se plia volontiers à ses désirs en retirant à son tour son tee-shirt.
Cette parenthèse fut courte, car, sitôt le tissu retiré, leurs corps et leurs langues, comme aimantés, se retrouvèrent bien vite.
Cette parenthèse fut courte, car, sitôt le tissu retiré, leurs corps et leurs langues, comme aimantés, se retrouvèrent bien vite.
Leurs poitrines nues se frottaient désormais l'une à l'autre. David sentait même les tétons de la belle, qu'il devinait pointés d'excitation, effleurer ses pectoraux.
Dans un geste téméraire, et guidé par sa fougue, il glissa sa main sous l'élastique de la culotte d'Alexandra pour la poser sur une de ses fesses. Pour autant, elle attendait visiblement de sa part plus de hardiesse, et saisit son bras pour guider cette main ailleurs, mais toujours sous le seul morceau de tissu qu'il lui restait. Vers un endroit plus intime et, le jeune homme le réalisa alors, bien plus chaud et humide.
Dans un geste téméraire, et guidé par sa fougue, il glissa sa main sous l'élastique de la culotte d'Alexandra pour la poser sur une de ses fesses. Pour autant, elle attendait visiblement de sa part plus de hardiesse, et saisit son bras pour guider cette main ailleurs, mais toujours sous le seul morceau de tissu qu'il lui restait. Vers un endroit plus intime et, le jeune homme le réalisa alors, bien plus chaud et humide.
Il passa un doigt sur la fente brûlante de son amante, ce qu'elle accueillit en gémissant, et en serrant le garçon un peu plus fort contre elle. Face à une telle réaction, il répéta l'opération plusieurs fois, puis enfonça un doigt un peu plus profondément, d'à peine un ou deux centimètres, aux portes de cette caverne inondée. Une nouvelle fois, elle eut une vive réaction, et, dans un geste incontrôlé, mordit la lèvre de celui qui lui procurait tant de plaisir.
Elle mit alors de nouveau fin à leur baiser et d'une voix laissant paraître son excitation, lui susurra simplement à l'oreille :
— J'ai envie de toi.
D'un geste rapide et maîtrisé, elle baissa alors sa culotte, et fit de même avec le caleçon d'un David presque pantois devant une telle initiative. Elle tendit le bras pour saisir, dans un petit meuble à côté du lit, un préservatif qu'elle tendit au jeune homme et, le temps qu'il l'enfile, s'allongea sur le dos.
Il se positionna alors au-dessus d'elle et, la regardant dans les yeux, passa son gland encapoté sur ses lèvres trempées. Elle soutint son regard, le fixant avec, dans les yeux, un mélange d'excitation folle et de douceur absolue.
Alors, il enfonça lentement son sexe dans celui d'Alexandra, jusqu'à ce que les deux amants ne fassent plus qu'un.
Après être resté immobile plusieurs secondes, profitant de la chaleur accueillante de la jeune femme, il entama un lent mouvement, qui provoqua chez la jolie brune un soupir de contentement.
Après être resté immobile plusieurs secondes, profitant de la chaleur accueillante de la jeune femme, il entama un lent mouvement, qui provoqua chez la jolie brune un soupir de contentement.
Le moment était d'une rare intensité. La passion dévorante des premières minutes avait laissé place à un moment plus apaisé. Leurs corps nus, collés l'un à l'autre, se frottaient au rythme du coulissement tout en retenue de la queue de David en Alexandra.
Ils ne baisaient pas. Ils faisaient l'amour, sans effusion, mais avec une infinie tendresse. Ils se regardaient l'un l'autre.
Ils ne baisaient pas. Ils faisaient l'amour, sans effusion, mais avec une infinie tendresse. Ils se regardaient l'un l'autre.
Durant plusieurs minutes, ils gardèrent ce tempo retenu, profitant de cet instant qui n'appartenait qu'à eux et qu'ils avaient tant désiré. Leurs soupirs ponctuaient leur étreinte, au même rythme lent que le balancement gracieux de leurs corps...
Le jeune homme avait presque l'impression que ce fourreau si sensible qu'il explorait était fait pour lui. Il avait le sentiment qu'il aurait pu y passer le restant de son existence tant il s'y sentait à sa place.
Le jeune homme avait presque l'impression que ce fourreau si sensible qu'il explorait était fait pour lui. Il avait le sentiment qu'il aurait pu y passer le restant de son existence tant il s'y sentait à sa place.
Finalement, elle lui murmura à l'oreille d'aller plus vite. Il obtempéra et, rapidement, la jeune fille exprima des râles sourds, témoins du plaisir engendré par ce changement d'allure...
— Parle-moi, s'il te plaît, lui chuchota-t-elle. Dis-moi ce que tu ressens.
David ouvrit la bouche, mais ne prononça aucun mot. Il ne savait pas ce qu'il pouvait lui dire. Elle insista néanmoins :
— Est-ce que ça te fait du bien ?
Il grogna simplement "oui", sans stopper son va-et-vient en elle.
— Est-ce que c'est bon ?
— C'est bon, oui, souffla-t-il en haletant.
— Qu'est-ce qui est bon ?
— D'être en toi. D'être contre toi.
— De faire l'amour ?
— De te faire l'amour, oui.
— Dis-m’en plus... J'aime sentir ton bassin venir cogner contre le mien, voir ton corps tendu au-dessus de moi, deviner cette chaleur qui monte depuis mon bas-ventre... Dis-moi ce que tu aimes... Parle-moi de tes sensations.
— C'est bon, oui, souffla-t-il en haletant.
— Qu'est-ce qui est bon ?
— D'être en toi. D'être contre toi.
— De faire l'amour ?
— De te faire l'amour, oui.
— Dis-m’en plus... J'aime sentir ton bassin venir cogner contre le mien, voir ton corps tendu au-dessus de moi, deviner cette chaleur qui monte depuis mon bas-ventre... Dis-moi ce que tu aimes... Parle-moi de tes sensations.
Il n'avait pas l'habitude de se livrer. Parler de ses failles lui avait demandé un énorme effort sur lui-même. Il n'avait pas plus l'habitude de parler pendant l'amour. Aucune partenaire ne lui avait jamais demandé de se livrer ainsi. Cependant, comprenant que c'était important pour elle, il ferma les yeux, tant pour se concentrer sur ses émotions que pour ne pas affronter son regard, et se lança :
— Je... J'aime la sensation de ta peau contre la mienne... J'aime aussi entendre tes réactions, quand je suis en toi, que ce soit tes soupirs, tes gémissements ou ta respiration qui s'accélère... J'aime cette chaleur, entre tes jambes. Même si elle n'entoure qu'une partie de mon corps, j'ai l'impression de la sentir tout autour de moi. Je... Je voudrais que ça ne s'arrête jamais, tellement je me sens bien en toi, et tant j'aime faire l'amour avec toi, Alex.
Ces mots étaient sortis naturellement. Il les avait débités presque sans les réfléchir. Il avait simplement dit sa vérité.
Quand il rouvrit les yeux, elle lui souriait, visiblement consciente de tout cela, et comblée qu'il se soit ainsi livré.
Quand il rouvrit les yeux, elle lui souriait, visiblement consciente de tout cela, et comblée qu'il se soit ainsi livré.
Elle colla ses lèvres aux siennes, et enfonça sa langue dans la bouche du jeune homme. Celui-ci, sans ralentir ses coups de reins, répondit à ce baiser et leurs langues entamèrent une nouvelle danse infernale.
Brusquement, après une dizaine de secondes de ce manège, Alexandra y mit fin, empêchée par ses émotions, qu'elle extériorisa par de petits cris sourds.
— Plus fort ! Continue !
Elle posa ses mains sur les fesses de son amant pour accompagner et amplifier ses allées et venues dans son antre.
David, sentant que sa partenaire était à quelques mètres du septième ciel, s'appliqua à la pénétrer toujours plus vite, et à la posséder avec toujours plus de force. Les yeux de son amante concentrée sur son désir égoïste étaient clos. Lui, tentait, dans le plus grand des bonheurs, de la faire grimper toujours plus haut, à grands coups de hanches.
David, sentant que sa partenaire était à quelques mètres du septième ciel, s'appliqua à la pénétrer toujours plus vite, et à la posséder avec toujours plus de force. Les yeux de son amante concentrée sur son désir égoïste étaient clos. Lui, tentait, dans le plus grand des bonheurs, de la faire grimper toujours plus haut, à grands coups de hanches.
Soudain, elle le prit dans ses bras et le serra contre elle.
— Ouiiiiii ! C'est bon, bordel !
Ils restèrent immobiles durant quelques secondes, serrés l'un contre l'autre. Lorsque David se redressa légèrement, il la regarda. Elle était belle dans son orgasme, cherchant à retrouver de l'air après une telle émotion. Une mèche de cheveux était collée contre son front transpirant et, radieuse, elle souriait, les yeux toujours fermés.
Lorsqu'elle décolla ses paupières, Alexandra commença à mouvoir très lentement ses hanches, l'enjoignant ainsi à reprendre l'exploration de son intimité.
David obéit à l'injonction silencieuse qui lui avait été faite et, dans un soupir exprimant le fait qu'il agissait de bon cœur, il reprit son va-et-vient à un rythme moins soutenu. Cependant, il savait qu'il finirait par le mener, lui aussi, à l'orgasme libérateur. Il sentait d'ailleurs que ce dernier n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Il commençait à ressentir la pression de la jouissance prochaine envahir son bas-ventre.
David obéit à l'injonction silencieuse qui lui avait été faite et, dans un soupir exprimant le fait qu'il agissait de bon cœur, il reprit son va-et-vient à un rythme moins soutenu. Cependant, il savait qu'il finirait par le mener, lui aussi, à l'orgasme libérateur. Il sentait d'ailleurs que ce dernier n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Il commençait à ressentir la pression de la jouissance prochaine envahir son bas-ventre.
Il se retint aussi longtemps qu'il put, ne voulant pas mettre fin à l'étreinte qui l'unissait à sa partenaire. Cependant, son souffle se fit rapidement plus court, et son amante sentit à ce moment-là que la fin n'était pas loin.
— Jouis ! À ton tour ! Jouis pour moi ! Je veux sentir en moi les contractions de ta bite qui se vide ! Viens !
David accéléra alors la cadence, au plus grand bonheur d'Alexandra qui miaulait de plaisir. Enfin, dans une plainte sans fin, la tête enfouie dans le cou de son amante, il planta sa verge au fond du vagin trempé dans lequel il se sentait si bien.
Une impression de bien-être parcourut sa colonne vertébrale, partant de son sexe, d'où il sentit jaillir son sperme, jusqu'à son cerveau, qui fût touché par un soudain sentiment de bien-être extrême. Ce dernier se propagea alors dans tout son corps, jusqu'à ses extrémités, avant de laisser place à un rare sentiment de plénitude
Alexandra lui caressait tendrement les cheveux alors qu'il sentait que tout le poids qu'il avait sur le cœur s'était évacué en même temps que son sperme.
Il demeura longtemps collé à elle, son sexe enfoncé dans son antre. Cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas senti aussi bien.
Il demeura longtemps collé à elle, son sexe enfoncé dans son antre. Cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas senti aussi bien.
***
Alexandra ouvrit les yeux, réveillée par les premières lueurs du jour. Elle sentit, collé à elle, le corps nu de celui qui lui avait offert, au cœur de la nuit, ce moment de volupté inoubliable. Elle le regarda. Il dormait profondément. Il était beau dans son sommeil, l'air serein.
Il avait réussi à combattre une de ses peurs. Elle était fière de lui. Au fond d'elle-même, mais elle ne se l'avouait pas encore, elle était même un peu amoureuse.
Le chemin de l'ancien militaire serait long et semé d'embûches. Cependant, il ne serait pas seul sur cette longue route. Elle se tiendrait à ses côtés, pour l'aider à se battre, pour l'encourager, pour le pousser. C'était pour elle une évidence.
Le chemin de l'ancien militaire serait long et semé d'embûches. Cependant, il ne serait pas seul sur cette longue route. Elle se tiendrait à ses côtés, pour l'aider à se battre, pour l'encourager, pour le pousser. C'était pour elle une évidence.
Elle posa la tête sur son épaule, et caressa doucement son torse.
Oui, elle l'aiderait à affronter ses peurs. Elle savait que le combat contre les traumatismes du jeune homme était loin d'être terminé.
Mais pour l'heure, tout ce dont elle avait envie, c'était de le sentir de nouveau en elle.
Oui, elle l'aiderait à affronter ses peurs. Elle savait que le combat contre les traumatismes du jeune homme était loin d'être terminé.
Mais pour l'heure, tout ce dont elle avait envie, c'était de le sentir de nouveau en elle.
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Commentaires ()
Je découvre cette guerre de Bosnie en imaginant des scènes semblables à celle d'Ukraine.
Merci pour cette histoire très bien racontée.
C'est très réaliste, et c'est rare
C'est aussi efficace
Comme quoi pas besoin de bites de plus de 20cm ni de seins 120G ni de jets de cyprine (kezako ?) dans tout les sens, ni d'animaux, ni d'incestes ni de fouets pour te donner envie....
Il suffit d'une jolie plume !
Fort heureusement pour moi, je n'ai jamais connu de PTSD, d'événement traumatique ou de guerre. Même si on met toujours un peu de soi-même dans ses histoires, tout n'est que fiction (pour tout dire, la partie érotique est sans doute celle la plus inspirée de mon vécu). Mais si je fais illusion, c'est que j'ai réussi ce que je voulais faire. Merci sincèrement !
À la base, le personnage de David est, de manière très lointaine, inspiré d'un roman de littérature jeunesse, qui m'avait profondément marqué et que j'ai redécouvert récemment (comme quoi la littérature jeunesse peut inspirer des auteurs amateurs d'histoires érotiques sans tomber dans des kinks respectant à la lettre la règle 34 d'internet...).
De tels compliments de la part de l'auteur des Récits d'un puceau, qui constitue à mes yeux une vraie pépite sur ce site (j'attendais le point final à cette histoire pour laisser un commentaire élogieux), ça me va droit au cœur, vraiment !
Suite ou pas, peu importe, l'essentiel est ailleurs !
Merci pour cette belle parenthèse
Bravo, continuez vous avez une belle plume, ne la laissez pas dormir dans l'encrier.
Merci pour le partage.