Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon Plaisir d'écrire — Chapitre 3 · Tu me play.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mon Plaisir d'écrire
Chapitre 3 · Tu me play.
Je me sens merveilleusement bien après m'être mis à nu devant Plaisir d'écrire. Après l'avoir découvert nu face à moi. Non pas réellement. Et c'est dommage. Mais virtuellement. C'est déjà un beau voyage.
Ce garçon m'est terriblement sympathique. Ce que je connais de lui me plait. J'ai de plus en plus envie de jouer. De jouir. Il me play. Vraiment.
Nous nous ressemblons, malgré nos différences d'âge. Nous avons un parcours similaire sur le chemin de l'homosexualité. Je suis juste un peu en avance sur lui. Sentir son regard posé dans mon dos sur ma nudité exhibée « m'émoustille ».
Je ne me lasse pas de son mot fétiche…
Notre correspondance évolue vers ce que nous aimons écrire. Je le sens sensible, intelligent. Il sait comme moi que ce que nous écrivons dit quelque chose de nous. Se raconter son écriture, c'est se raconter soi-même, se mettre à nu l'un devant l'autre. C'est merveilleux !
D'autant plus que c'est lui qui nous met sur ce chemin-là : « Moi, j'écris d'abord et avant tout pour moi. Ça fait quatre ans que j'écris de l'érotique. Presque 16 ans en tout que j'écris. Vous l'aurez remarqué, et effectivement, mon écriture érotique est variée. Par contre, il y a toujours des ingrédients qui reviennent tout le temps : confiance, complicité. Plaisir, jouissance. Tendresse, douceur. Sensualité, érotisme. »
Je l'imagine, solitaire, introverti, à quinze ans, écrire en cachette de ses parents, exprimer ainsi ce qu'il ressent et qu'il n'ose pas dire. Cela me touche. J'ai envie de le prendre dans mes bras, de le consoler de son mal être adolescent, de le cajoler, de l'aider à se libérer.
Qu'a-t-il écrit pendant douze ans qui ne soit pas sexuel ? Y-a-t-il là une différence entre lui et moi, moi qui ne « pensais qu'à ça » entre mes quinze et mes vingt-sept ans ? Et bien après encore ?
Son besoin d'exprimer par l'écrit sa sexualité est-il le résultat d'une prise de conscience vers le côté homo de la force sexuelle ? Ou bien le fruit d'une rupture amoureuse qui a déclenché en lui un intolérable manque charnel ?
Transposer son besoin coïtal en des écrits érotiques, n'en sommes-nous pas tous là ?
« Une écriture érotique variée… » L'aveu de la recherche de son identité sexuelle ? Ou bien l'affirmation que son identité sexuelle est, comme la mienne, plurielle ?
Plurielle, mais avec des ingrédients constants : confiance, complicité ; Plaisir, jouissance ; Tendresse, douceur ; Sensualité, érotisme. Comment ne pas me reconnaitre en ces mots ?
Nu, une main me masturbant doucement, j'entre dans une phase d'introspection. A ces mots j'ajoute « désir », la montée du désir qui conduit à la montée du plaisir. Et, fatalement, il me manque ce que j'aime tant : la nudité. La nudité crue, dans tous ses états. Et par conséquent le regard. Car l'érotisme, l'attirance, le désir, le plaisir sont alimentés par les regards. Les regards posés sur la beauté anatomique ou intérieure de l'autre. Les regards guettant les premiers frémissements incontrôlés. Les regards qu'embellissent des soupirs…
Au fil de la publication des chapitres de 'convalescence', les commentaires de Plaisir d'écrire en disent de plus en plus sur lui.
Alors qu'il vient de finir de lire le second chapitre de 'Convalescence' en écrivant qu'il a bien aimé, et bien sûr en précisant que « c'est toujours aussi émoustillant. », il donne des précisions sur ce qu'il a apprécié : « Notamment l'aspect frustration avec Bruce et comment votre protagoniste soulage sa frustration en se godant et en jouissant. Ne dit-on pas que le plaisir est meilleur quand il est différé ? J'avoue que ce second chapitre est bien excitant ! »
La frustration… Le plaisir déclenché par une frustration. Un plaisir différé. Une frustration sexuelle que l'on repousse jusqu'à ce que le soulagement décuple le plaisir. Un soulagement provoqué par un sextoy anal. Mon Plaisir d'écrire sait souffrir, se languir, faire durer le désir, pour mieux jouir plus tard, en passif accueillant le plaisir anal.
Comment ne pas penser que « je suis ton homme, mec ! Quand tu veux je m'occupe de tes petites fesses ! ». Mon sexe peut remplacer ton sextoy. Mes mains peuvent faire hurler ta peau !
Pour le troisième chapitre de 'convalescence' il m'écrit qu'il a à nouveau bien aimé, que « ça reste bien écrit, excitant. Sensuel. La tension sensuelle et sexuelle monte petite touche par petite touche, une fois de plus. Et si Bruce découvrait une facette jusque-là inconnue de lui au contact du protagoniste...? Si c'est le cas, je trouve l'idée intéressante. »
Comment exprimer de manière plus explicite que ce qu'il attend de notre correspondance c'est que je l'amène à découvrir une facette jusque-là inconnue de lui ? Quelle autre facette si ce n'est le plaisir charnel entre hommes ?
Est-ce que je m'emballe ou est-ce que je commence à bien le comprendre ?
Reste à savoir s'il est vraiment prêt à passer de l'idée à l'action…
Pour le quatrième chapitre de 'Convalescence' il se livre davantage en tant que bisexuel. C'était le sujet du chapitre. C'est donc logique qu'il évoque, crument mais bellement, le sujet.
Il exprime à nouveau son plaisir de me lire : « Vos messages et vos textes, comme le quatrième chapitre de votre Convalescence, sont toujours aussi excitants, émoustillants. Et votre imagination frappe dans le mille. Je l'avoue: j'aime lécher un minou pour en savourer la cyprine, titiller la femme pour qu'elle soupire, qu'elle gémisse, qu'elle crie. Qu'elle me parle, qu'elle me supplie. Qu'elle ait du plaisir, qu'elle jouisse. »
Je ne peux m'empêcher de penser que c'est un peu macho comme propos. Moi le mâle dominant, je fais gémir et crier les femmes qui soupirent et me supplient… Me supplient de quoi ? De continuer, d'arrêter, d'amplifier ? Cela ressemble à un film porno de basse extraction. Le corps de la femme au service du mâle. Ce n'est pas mon truc. Ce n'est pas ma conception de la sexualité. Pour la première fois il me déçoit. Ma verge reste flaccide en le lisant. Il suffira d'un signe…
Et pourtant, j'ai beaucoup de mal à croire que c'est lui, ça, le queutard qui bourrine la chatte de sa femelle en chaleur. Je lis et relis le message. Il prétend commencer par un bon cunnilingus, ce qui ne peut que faire soupirer « la » femme.
Il a raison, de mes expériences hétéros, aucune femme ne reste insensible à une douceur buccogénitale. Aucun homme non plus, lors d'une douce fellation. Reste à connaitre l'intention. Dans son message elle est clairement égoïste : savourer sa cyprine. C'est vrai que c'est délicieux, la saveur de la cyprine. Mais c'est pour moi une conséquence du plaisir que je donne, pas le but de mes douceurs.
Lui ce qu'il veut c'est faire crier, gémir, soupirer une femme en la titillant. Bof, bof. Même s'il veut qu'elle ait du plaisir à la fin, qu'elle jouisse. Il ne s'agit pas de partage. Il s'agit de prendre mutuellement son plaisir dans le corps de l'autre.
Non, décidément, ce ne peut pas être lui ! Ce ne peut pas être mon Plaisir d'écrire tel que je l'imagine, tel que je le fantasme. Tel que je le… désire. Il est sur un mauvais chemin. Pourquoi ?
Peut-être qu'il a eu une relation amoureuse de ce type, sexuellement intense, la fille prenant son plaisir à travers son corps, lui prenant du plaisir à travers le corps de la fille ? Cela arrive. Cela existe. Cela ne dure jamais bien longtemps. Le plaisir durable ne se prend pas. Il se donne.
Une hypothèse surgit alors à mon esprit pour devenir peu à peu une évidence. Oui, bien sûr, je commence à le comprendre. Parce que je lis un message d'un tout autre genre. Le message d'un garçon excité qui ne veut rien que de se faire prendre. Un garçon passif qui attend de moi que je joue avec son corps, que je le sodomise longuement.
Mon sexe s'est redressé. Quelle superbe confidence ! « Hier, j'étais sur le dos, les jambes bien écartées et je m'imaginais me faire prendre en missionnaire. Le gode-ventouse collé au mur derrière moi, je me suis imaginé un homme qui serait excité par la scène et qui me présenterait sa queue pour que je le suce. Comme je vous l'ai dit, ça a été trop...bon et j'ai particulièrement apprécié mon orgasme… »
C'est cela : Plaisir d'écrire s'imagine en homme soumis ouvrant ses fesses à un homme, comme une femme ouvre ses cuisses, se faisant coïter intensément. C'est lui la femelle du couple. Il l'est d'autant plus que, tout en se faisant sodomiser, il voit apparaitre et se met à sucer le phallus gluant d'un troisième mâle en rut.
Un passif soumis au milieu de deux mâles actifs. Son fantasme. Son vrai fantasme. Être au centre, receveur et acteur, du plaisir entre hommes.
Comment lui en vouloir de désirer ce que moi-même il m'arrive de désirer ? Une bonne partouze entre mecs, quand on se fait fourrer de tous côtés, les queues toutes plus belles et savoureuses les unes que les autres se soulageant dans mes deux orifices. Un vrai fantasme de gay.
Seulement voilà, Plaisir d'écrire n'est pas gay. C'est un hétéro qui glisse vers la gayttitude. En bon hétéro, il est pour lui difficile de s'accepter en tant que passif, receveur… Il est attiré par ce plaisir-là. Mais a encore du mal à l'accepter. A s'accepter. A accepter cet aspect-là de sa nature.
Alors il surjoue les machos actifs, queutards prédateurs, comme pour s'excuser de vouloir un bon dard bien raide en soi…
Je le comprends. Lors de mon cheminement personnel j'ai longtemps refusé l'idée d'être passif. J'ai moi aussi surjoué l'actif. Et pourtant… Petit à petit… Constatant le plaisir intense que je pouvais donner… De « pas possible » je suis passé à « pourquoi pas », puis à « allons-y ! » et maintenant à « encore ! ». C'est si bon de recevoir un mâle en soi !
Oui, Plaisir d'écrire rêve de se faire sodomiser. Il n'est pas encore prêt à sauter le pas. D'où ses comportements faits d'approche-évitement. Il me l'écrit bientôt, de manière encore plus explicite : « Vous seriez un amant qui me laisseriez sens dessus-dessous. Je serais à votre merci. Et dans le même temps, vous vous soucieriez de mon plaisir, de ma sensualité. De ma jouissance, de mon épanouissement à subir, et dans le temps à apprécier vos assauts en moi. Je soupire. Je gémis. Je couine. Je vous parle. Je halète. Je vous supplie de ne pas me laisser comme ça… Je vous regarde, je crie ma jouissance, mon orgasme anal renversant. Mon cul palpite. Il se contracte. J'ai chaud, à l'intérieur. Je suis liquide. »
Quel texte magnifique ! Quelle allégorie du plaisir anal ! Que d'espérance, que d'attente envers un amant délicieusement mais fermement actif ! Plaisir d'écrire boue littéralement dans l'espoir du plaisir d'accueillir un sexe d'homme dans son rectum.
Je compare sa prose d'hétéro macho avec celle d'homo soumis. Cela confirme mon hypothèse. Les mêmes mots. Dans les situations opposées. Faire soupirer, gémir, crier la femme. Qu'elle lui parle, qu'elle le supplie. Se donner à moi en subissant mes assauts, en soupirant, en gémissant, en couinant, en me parlant, en haletant, en me suppliant, en criant sa jouissance. L'exact inverse. Il se veut femme coïtée par un mâle endurant. Il attend de moi douceur et sévérité.
Cette idée fait jaillir ma semence dans l'air. Depuis un long moment je me masturbe en le lisant et le relisant. Je n'en peux plus. L'idée d'être en lui, entre ses belles petites fesses, de le sodomiser farouchement, de voir son plaisir luire sur tous les pores de sa peau, de le sentir, de le lécher et l'embrasser sans cesser de le coïter ! Mon orgasme somptueux me laisse sans force. Je n'ai qu'une envie. Aller chercher son corps, coller sa peau contre la mienne, nous lover l'un contre l'autre, nous bécoter, le tripoter impudiquement car sa verge moite aura joui en même temps que moi… Du sperme éclaté partout, à s'en lécher les babines…
Plaisir d'écrire poursuit dans la même veine. Ses mots sont pleins d'espérance : « C'est tellement...bon, ce que vous imaginez. Vous en moi. Je vous imagine sensuel et lent, puis bestial et inspiré. Moi, couinant de plaisir, passif, mais pas si passif que ça. Je vous apprécie en moi. Votre sexe tape ma prostate à force. Vous me connaissez... J'aime ces plaisirs. Vous sentez votre jouissance venir ? Je veux que vous jouissiez ! Dans ma bouche. Sur mon visage. Sur mes deux belles petites fesses. »
Un gourmand ! En plus c'est un gourmand ! Un gourmand de sperme. Qu'il a raison ! La saveur mâle, partagée, offerte généreusement ! Jouir dans sa bouche ! Lui offrir une éjac faciale ! Répandre ma semence sur ses superbes petites fesses échauffées, l'étaler sur sa peau, la faire pénétrer en lui massant le cul, l'anus, la croupe !
C'est incroyable comme ses paroles déclenchent chez moi des jouissances impossible à refuser. Plaisir d'écrire m'excite, comme jamais un garçon ne m'a excité. Il met mes sens en feu. Je suis à lui…
Un gourmand de sperme. Il me l'avait déjà écrit, quelques jours plus tôt. Un aveu touchant. Des choses que, probablement, tout homme fait mais ne peut accepter de le dire : se masturber d'abord. Quelle banalité ! Déguster son sperme ensuite. Quelle volupté ! « Et d'un autre côté... J'aime le sperme. Attention. Comme vous le savez, je n'ai pas d'expérience avec un homme. Donc je n'ai jamais goûté le sperme d'un autre homme. Ce que je sais, c'est que quand je me masturbe et qu'au paroxysme de mon plaisir, je jouis, j'éjacule, je récolte le sperme, mon sperme, et je n'en perds pas une goutte. J'aime ça. »
L'imaginer récolter du bout du doigt une perle de sperme pour l'enfourner avec gourmandise entre ses lèvres, le visage rayonnant de bonheur, m'émeut, me met en joie, me fait sourire. C'est un coquin. Tout comme moi.
Puissions-nous faire cela un jour, ensemble !
Pour le chapitre cinq de 'Convalescence' il me flatte et me déçoit. Ses mots sont touchants, sincères, mignons : « J'ai une nouvelle fois beaucoup aimé ce nouveau chapitre de votre Convalescence. C'est toujours aussi bien écrit. Sensuel et viril. Érotique et bestial. Coquin. Sexuel. J'aime de plus en plus votre écriture. »
J'en suis heureux et fier ! Je sais que je le fais bander. Je sais qu'il se masturbe avec mes mots en tête, avec les images qu'ils procurent. Je sais qu'il se donne du plaisir solitaire anal grâce à mon récit. Je souris. Je fais la même chose en le lisant : un gode entre mes lèvres, un autre s'agitant entre mes fesses… Il peut être fier aussi de provoquer cela en moi…
Mais c'est mon écriture qu'il aime. Pas moi. Pas ce que je révèle de moi à travers mes écrits. Tout cela reste épistolaire. C'est beau. C'est triste. Car quand je pense à lui, mon érection, elle, n'est pas épistolaire mais plutôt solaire, surtout au moment de la jouissance.
Mon histoire de convalescent s'achève. Plaisir d'écrire me redit son plaisir de me lire. Des mots simples. Des mots justes. Nous nous sommes déjà tant de fois ouverts l'un à l'autre que plus serait inutile.
« Ce récit est émoustillant. J'ai beau avoir apprécié vos autres histoires, Hector, Brice, votre protagoniste... Cette 'Convalescence', c'est ce que j'aime le plus. ».
Et quelques jours plus tard : « Une jolie histoire, votre 'Convalescence'. J'ai beaucoup, beaucoup, aimé. Et j'avoue que notre relation épistolaire m'excite beaucoup... »
Cette dernière phrase me réjouis particulièrement. Je ne l'ai pas « émoustillé ». Je l'ai excité. En voilà une vraie bonne nouvelle !
Avant de publier autre chose il nous faut trouver un sujet de correspondance. Alors je m'ouvre davantage à lui : « J'étais comme Bruce, plus jeune... Avant que l'évidence de ma bisexualité ne me submerge... Que faire pour lutter contre sa propre nature ? Quand l'attirance est chaque jour plus forte ? Le désir, le besoin, l'addiction à la beauté corporelle d'un homme, le narrateur. A sa beauté intérieure aussi... Comment résister à l'impérieuse nécessité de voir cet homme dans sa belle nudité, dans son intime érection, soi-même nu et excité ? Comment ne pas chercher sa présence sans artifice, en vérité ? L'attirance, le besoin esthétique, la présence, la complicité sportive iront-elles jusqu'à une relation charnelle ? Vous émoustiller, cher Plaisir d'écrire, savoir que vos couilles bouillonnent, que votre pénis se gonfle et peut-être s'élève, quelle récompense pour moi ! ».
Entremêler la relation entre mes personnages, Bruce et la narrateur, avec la nôtre, Plaisir d'écrire et moi. C'est ainsi que je compte l'amener à se livrer encore plus.
Ce garçon m'est terriblement sympathique. Ce que je connais de lui me plait. J'ai de plus en plus envie de jouer. De jouir. Il me play. Vraiment.
Nous nous ressemblons, malgré nos différences d'âge. Nous avons un parcours similaire sur le chemin de l'homosexualité. Je suis juste un peu en avance sur lui. Sentir son regard posé dans mon dos sur ma nudité exhibée « m'émoustille ».
Je ne me lasse pas de son mot fétiche…
Notre correspondance évolue vers ce que nous aimons écrire. Je le sens sensible, intelligent. Il sait comme moi que ce que nous écrivons dit quelque chose de nous. Se raconter son écriture, c'est se raconter soi-même, se mettre à nu l'un devant l'autre. C'est merveilleux !
D'autant plus que c'est lui qui nous met sur ce chemin-là : « Moi, j'écris d'abord et avant tout pour moi. Ça fait quatre ans que j'écris de l'érotique. Presque 16 ans en tout que j'écris. Vous l'aurez remarqué, et effectivement, mon écriture érotique est variée. Par contre, il y a toujours des ingrédients qui reviennent tout le temps : confiance, complicité. Plaisir, jouissance. Tendresse, douceur. Sensualité, érotisme. »
Je l'imagine, solitaire, introverti, à quinze ans, écrire en cachette de ses parents, exprimer ainsi ce qu'il ressent et qu'il n'ose pas dire. Cela me touche. J'ai envie de le prendre dans mes bras, de le consoler de son mal être adolescent, de le cajoler, de l'aider à se libérer.
Qu'a-t-il écrit pendant douze ans qui ne soit pas sexuel ? Y-a-t-il là une différence entre lui et moi, moi qui ne « pensais qu'à ça » entre mes quinze et mes vingt-sept ans ? Et bien après encore ?
Son besoin d'exprimer par l'écrit sa sexualité est-il le résultat d'une prise de conscience vers le côté homo de la force sexuelle ? Ou bien le fruit d'une rupture amoureuse qui a déclenché en lui un intolérable manque charnel ?
Transposer son besoin coïtal en des écrits érotiques, n'en sommes-nous pas tous là ?
« Une écriture érotique variée… » L'aveu de la recherche de son identité sexuelle ? Ou bien l'affirmation que son identité sexuelle est, comme la mienne, plurielle ?
Plurielle, mais avec des ingrédients constants : confiance, complicité ; Plaisir, jouissance ; Tendresse, douceur ; Sensualité, érotisme. Comment ne pas me reconnaitre en ces mots ?
Nu, une main me masturbant doucement, j'entre dans une phase d'introspection. A ces mots j'ajoute « désir », la montée du désir qui conduit à la montée du plaisir. Et, fatalement, il me manque ce que j'aime tant : la nudité. La nudité crue, dans tous ses états. Et par conséquent le regard. Car l'érotisme, l'attirance, le désir, le plaisir sont alimentés par les regards. Les regards posés sur la beauté anatomique ou intérieure de l'autre. Les regards guettant les premiers frémissements incontrôlés. Les regards qu'embellissent des soupirs…
Au fil de la publication des chapitres de 'convalescence', les commentaires de Plaisir d'écrire en disent de plus en plus sur lui.
Alors qu'il vient de finir de lire le second chapitre de 'Convalescence' en écrivant qu'il a bien aimé, et bien sûr en précisant que « c'est toujours aussi émoustillant. », il donne des précisions sur ce qu'il a apprécié : « Notamment l'aspect frustration avec Bruce et comment votre protagoniste soulage sa frustration en se godant et en jouissant. Ne dit-on pas que le plaisir est meilleur quand il est différé ? J'avoue que ce second chapitre est bien excitant ! »
La frustration… Le plaisir déclenché par une frustration. Un plaisir différé. Une frustration sexuelle que l'on repousse jusqu'à ce que le soulagement décuple le plaisir. Un soulagement provoqué par un sextoy anal. Mon Plaisir d'écrire sait souffrir, se languir, faire durer le désir, pour mieux jouir plus tard, en passif accueillant le plaisir anal.
Comment ne pas penser que « je suis ton homme, mec ! Quand tu veux je m'occupe de tes petites fesses ! ». Mon sexe peut remplacer ton sextoy. Mes mains peuvent faire hurler ta peau !
Pour le troisième chapitre de 'convalescence' il m'écrit qu'il a à nouveau bien aimé, que « ça reste bien écrit, excitant. Sensuel. La tension sensuelle et sexuelle monte petite touche par petite touche, une fois de plus. Et si Bruce découvrait une facette jusque-là inconnue de lui au contact du protagoniste...? Si c'est le cas, je trouve l'idée intéressante. »
Comment exprimer de manière plus explicite que ce qu'il attend de notre correspondance c'est que je l'amène à découvrir une facette jusque-là inconnue de lui ? Quelle autre facette si ce n'est le plaisir charnel entre hommes ?
Est-ce que je m'emballe ou est-ce que je commence à bien le comprendre ?
Reste à savoir s'il est vraiment prêt à passer de l'idée à l'action…
Pour le quatrième chapitre de 'Convalescence' il se livre davantage en tant que bisexuel. C'était le sujet du chapitre. C'est donc logique qu'il évoque, crument mais bellement, le sujet.
Il exprime à nouveau son plaisir de me lire : « Vos messages et vos textes, comme le quatrième chapitre de votre Convalescence, sont toujours aussi excitants, émoustillants. Et votre imagination frappe dans le mille. Je l'avoue: j'aime lécher un minou pour en savourer la cyprine, titiller la femme pour qu'elle soupire, qu'elle gémisse, qu'elle crie. Qu'elle me parle, qu'elle me supplie. Qu'elle ait du plaisir, qu'elle jouisse. »
Je ne peux m'empêcher de penser que c'est un peu macho comme propos. Moi le mâle dominant, je fais gémir et crier les femmes qui soupirent et me supplient… Me supplient de quoi ? De continuer, d'arrêter, d'amplifier ? Cela ressemble à un film porno de basse extraction. Le corps de la femme au service du mâle. Ce n'est pas mon truc. Ce n'est pas ma conception de la sexualité. Pour la première fois il me déçoit. Ma verge reste flaccide en le lisant. Il suffira d'un signe…
Et pourtant, j'ai beaucoup de mal à croire que c'est lui, ça, le queutard qui bourrine la chatte de sa femelle en chaleur. Je lis et relis le message. Il prétend commencer par un bon cunnilingus, ce qui ne peut que faire soupirer « la » femme.
Il a raison, de mes expériences hétéros, aucune femme ne reste insensible à une douceur buccogénitale. Aucun homme non plus, lors d'une douce fellation. Reste à connaitre l'intention. Dans son message elle est clairement égoïste : savourer sa cyprine. C'est vrai que c'est délicieux, la saveur de la cyprine. Mais c'est pour moi une conséquence du plaisir que je donne, pas le but de mes douceurs.
Lui ce qu'il veut c'est faire crier, gémir, soupirer une femme en la titillant. Bof, bof. Même s'il veut qu'elle ait du plaisir à la fin, qu'elle jouisse. Il ne s'agit pas de partage. Il s'agit de prendre mutuellement son plaisir dans le corps de l'autre.
Non, décidément, ce ne peut pas être lui ! Ce ne peut pas être mon Plaisir d'écrire tel que je l'imagine, tel que je le fantasme. Tel que je le… désire. Il est sur un mauvais chemin. Pourquoi ?
Peut-être qu'il a eu une relation amoureuse de ce type, sexuellement intense, la fille prenant son plaisir à travers son corps, lui prenant du plaisir à travers le corps de la fille ? Cela arrive. Cela existe. Cela ne dure jamais bien longtemps. Le plaisir durable ne se prend pas. Il se donne.
Une hypothèse surgit alors à mon esprit pour devenir peu à peu une évidence. Oui, bien sûr, je commence à le comprendre. Parce que je lis un message d'un tout autre genre. Le message d'un garçon excité qui ne veut rien que de se faire prendre. Un garçon passif qui attend de moi que je joue avec son corps, que je le sodomise longuement.
Mon sexe s'est redressé. Quelle superbe confidence ! « Hier, j'étais sur le dos, les jambes bien écartées et je m'imaginais me faire prendre en missionnaire. Le gode-ventouse collé au mur derrière moi, je me suis imaginé un homme qui serait excité par la scène et qui me présenterait sa queue pour que je le suce. Comme je vous l'ai dit, ça a été trop...bon et j'ai particulièrement apprécié mon orgasme… »
C'est cela : Plaisir d'écrire s'imagine en homme soumis ouvrant ses fesses à un homme, comme une femme ouvre ses cuisses, se faisant coïter intensément. C'est lui la femelle du couple. Il l'est d'autant plus que, tout en se faisant sodomiser, il voit apparaitre et se met à sucer le phallus gluant d'un troisième mâle en rut.
Un passif soumis au milieu de deux mâles actifs. Son fantasme. Son vrai fantasme. Être au centre, receveur et acteur, du plaisir entre hommes.
Comment lui en vouloir de désirer ce que moi-même il m'arrive de désirer ? Une bonne partouze entre mecs, quand on se fait fourrer de tous côtés, les queues toutes plus belles et savoureuses les unes que les autres se soulageant dans mes deux orifices. Un vrai fantasme de gay.
Seulement voilà, Plaisir d'écrire n'est pas gay. C'est un hétéro qui glisse vers la gayttitude. En bon hétéro, il est pour lui difficile de s'accepter en tant que passif, receveur… Il est attiré par ce plaisir-là. Mais a encore du mal à l'accepter. A s'accepter. A accepter cet aspect-là de sa nature.
Alors il surjoue les machos actifs, queutards prédateurs, comme pour s'excuser de vouloir un bon dard bien raide en soi…
Je le comprends. Lors de mon cheminement personnel j'ai longtemps refusé l'idée d'être passif. J'ai moi aussi surjoué l'actif. Et pourtant… Petit à petit… Constatant le plaisir intense que je pouvais donner… De « pas possible » je suis passé à « pourquoi pas », puis à « allons-y ! » et maintenant à « encore ! ». C'est si bon de recevoir un mâle en soi !
Oui, Plaisir d'écrire rêve de se faire sodomiser. Il n'est pas encore prêt à sauter le pas. D'où ses comportements faits d'approche-évitement. Il me l'écrit bientôt, de manière encore plus explicite : « Vous seriez un amant qui me laisseriez sens dessus-dessous. Je serais à votre merci. Et dans le même temps, vous vous soucieriez de mon plaisir, de ma sensualité. De ma jouissance, de mon épanouissement à subir, et dans le temps à apprécier vos assauts en moi. Je soupire. Je gémis. Je couine. Je vous parle. Je halète. Je vous supplie de ne pas me laisser comme ça… Je vous regarde, je crie ma jouissance, mon orgasme anal renversant. Mon cul palpite. Il se contracte. J'ai chaud, à l'intérieur. Je suis liquide. »
Quel texte magnifique ! Quelle allégorie du plaisir anal ! Que d'espérance, que d'attente envers un amant délicieusement mais fermement actif ! Plaisir d'écrire boue littéralement dans l'espoir du plaisir d'accueillir un sexe d'homme dans son rectum.
Je compare sa prose d'hétéro macho avec celle d'homo soumis. Cela confirme mon hypothèse. Les mêmes mots. Dans les situations opposées. Faire soupirer, gémir, crier la femme. Qu'elle lui parle, qu'elle le supplie. Se donner à moi en subissant mes assauts, en soupirant, en gémissant, en couinant, en me parlant, en haletant, en me suppliant, en criant sa jouissance. L'exact inverse. Il se veut femme coïtée par un mâle endurant. Il attend de moi douceur et sévérité.
Cette idée fait jaillir ma semence dans l'air. Depuis un long moment je me masturbe en le lisant et le relisant. Je n'en peux plus. L'idée d'être en lui, entre ses belles petites fesses, de le sodomiser farouchement, de voir son plaisir luire sur tous les pores de sa peau, de le sentir, de le lécher et l'embrasser sans cesser de le coïter ! Mon orgasme somptueux me laisse sans force. Je n'ai qu'une envie. Aller chercher son corps, coller sa peau contre la mienne, nous lover l'un contre l'autre, nous bécoter, le tripoter impudiquement car sa verge moite aura joui en même temps que moi… Du sperme éclaté partout, à s'en lécher les babines…
Plaisir d'écrire poursuit dans la même veine. Ses mots sont pleins d'espérance : « C'est tellement...bon, ce que vous imaginez. Vous en moi. Je vous imagine sensuel et lent, puis bestial et inspiré. Moi, couinant de plaisir, passif, mais pas si passif que ça. Je vous apprécie en moi. Votre sexe tape ma prostate à force. Vous me connaissez... J'aime ces plaisirs. Vous sentez votre jouissance venir ? Je veux que vous jouissiez ! Dans ma bouche. Sur mon visage. Sur mes deux belles petites fesses. »
Un gourmand ! En plus c'est un gourmand ! Un gourmand de sperme. Qu'il a raison ! La saveur mâle, partagée, offerte généreusement ! Jouir dans sa bouche ! Lui offrir une éjac faciale ! Répandre ma semence sur ses superbes petites fesses échauffées, l'étaler sur sa peau, la faire pénétrer en lui massant le cul, l'anus, la croupe !
C'est incroyable comme ses paroles déclenchent chez moi des jouissances impossible à refuser. Plaisir d'écrire m'excite, comme jamais un garçon ne m'a excité. Il met mes sens en feu. Je suis à lui…
Un gourmand de sperme. Il me l'avait déjà écrit, quelques jours plus tôt. Un aveu touchant. Des choses que, probablement, tout homme fait mais ne peut accepter de le dire : se masturber d'abord. Quelle banalité ! Déguster son sperme ensuite. Quelle volupté ! « Et d'un autre côté... J'aime le sperme. Attention. Comme vous le savez, je n'ai pas d'expérience avec un homme. Donc je n'ai jamais goûté le sperme d'un autre homme. Ce que je sais, c'est que quand je me masturbe et qu'au paroxysme de mon plaisir, je jouis, j'éjacule, je récolte le sperme, mon sperme, et je n'en perds pas une goutte. J'aime ça. »
L'imaginer récolter du bout du doigt une perle de sperme pour l'enfourner avec gourmandise entre ses lèvres, le visage rayonnant de bonheur, m'émeut, me met en joie, me fait sourire. C'est un coquin. Tout comme moi.
Puissions-nous faire cela un jour, ensemble !
Pour le chapitre cinq de 'Convalescence' il me flatte et me déçoit. Ses mots sont touchants, sincères, mignons : « J'ai une nouvelle fois beaucoup aimé ce nouveau chapitre de votre Convalescence. C'est toujours aussi bien écrit. Sensuel et viril. Érotique et bestial. Coquin. Sexuel. J'aime de plus en plus votre écriture. »
J'en suis heureux et fier ! Je sais que je le fais bander. Je sais qu'il se masturbe avec mes mots en tête, avec les images qu'ils procurent. Je sais qu'il se donne du plaisir solitaire anal grâce à mon récit. Je souris. Je fais la même chose en le lisant : un gode entre mes lèvres, un autre s'agitant entre mes fesses… Il peut être fier aussi de provoquer cela en moi…
Mais c'est mon écriture qu'il aime. Pas moi. Pas ce que je révèle de moi à travers mes écrits. Tout cela reste épistolaire. C'est beau. C'est triste. Car quand je pense à lui, mon érection, elle, n'est pas épistolaire mais plutôt solaire, surtout au moment de la jouissance.
Mon histoire de convalescent s'achève. Plaisir d'écrire me redit son plaisir de me lire. Des mots simples. Des mots justes. Nous nous sommes déjà tant de fois ouverts l'un à l'autre que plus serait inutile.
« Ce récit est émoustillant. J'ai beau avoir apprécié vos autres histoires, Hector, Brice, votre protagoniste... Cette 'Convalescence', c'est ce que j'aime le plus. ».
Et quelques jours plus tard : « Une jolie histoire, votre 'Convalescence'. J'ai beaucoup, beaucoup, aimé. Et j'avoue que notre relation épistolaire m'excite beaucoup... »
Cette dernière phrase me réjouis particulièrement. Je ne l'ai pas « émoustillé ». Je l'ai excité. En voilà une vraie bonne nouvelle !
Avant de publier autre chose il nous faut trouver un sujet de correspondance. Alors je m'ouvre davantage à lui : « J'étais comme Bruce, plus jeune... Avant que l'évidence de ma bisexualité ne me submerge... Que faire pour lutter contre sa propre nature ? Quand l'attirance est chaque jour plus forte ? Le désir, le besoin, l'addiction à la beauté corporelle d'un homme, le narrateur. A sa beauté intérieure aussi... Comment résister à l'impérieuse nécessité de voir cet homme dans sa belle nudité, dans son intime érection, soi-même nu et excité ? Comment ne pas chercher sa présence sans artifice, en vérité ? L'attirance, le besoin esthétique, la présence, la complicité sportive iront-elles jusqu'à une relation charnelle ? Vous émoustiller, cher Plaisir d'écrire, savoir que vos couilles bouillonnent, que votre pénis se gonfle et peut-être s'élève, quelle récompense pour moi ! ».
Entremêler la relation entre mes personnages, Bruce et la narrateur, avec la nôtre, Plaisir d'écrire et moi. C'est ainsi que je compte l'amener à se livrer encore plus.
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