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✦ Etrenu Mon Plaisir d'écrire XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Mon Plaisir d'écrire — Chapitre 9

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Etrenu
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Mon Plaisir d'écrire

Chapitre 9

A peine la porte refermée et close, nous nous embrassons suavement en nous déshabillant mutuellement avec fébrilité. Plus d'une heure de repas sans nous être touchés : nous sommes déjà en manque. Et nous avons le même désir, nous laver ensemble, malgré le doux balancement du train.
Nous alternons brossage de dents et soulagement pour nous retrouver ensemble sous la douche. Le rideau refermé, nos lèvres s'unissent.
La température de l'eau est parfaite. La puissance du jet correcte. Nous sommes collés l'un contre l'autre, à nous mouiller, à nous savonner ensemble, à frotter la peau amante, parfois avec son propre épiderme quand les mains sont occupées ailleurs.
La compagnie de chemin de fer a-t-elle fait exprès de mettre une savonnette parfumée au citron et non un gel douche ? Alors que nous sommes en train de nous rincer suavement, Plaisir d'écrire tente de reposer le savon dans le lavabo. Mais il glisse et s'échappe de ses doigts.
Instinctivement il se penche en avant pour le rattraper. Ce faisant, nos corps s'écartent légèrement. Il me présente un beau fessier au centre duquel s'écoule un filet savonneux. 
Je termine de le rincer. Il ne bouge pas, penché en avant, se retenant avec les mains, m'offrant toute liberté pour reluquer ses fesses et pour passer ma main sur elles afin d'enlever le savon. Surtout dans son sillon. Ce n'est plus instinctif. C'est totalement instructif de son désir profond.
Quand il n'y a plus de trace de savon, je m'affaisse lentement contre la cloison de la douche. Accroupi, je repose mes mains sur son fessier pour le malaxer. Mon Plaisir d'écrire est en plein plaisir de séduire, de se languir, de s'enhardir. J'écarte ses petites fesses rondes et blanches. Son anus frétille, sa corolle s'ouvrant et se fermant mécaniquement. Rosée à souhait, contrastant avec la blancheur de sa peau.
Mon majeur vient la masser. J'entends un grognement de satisfaction. Il aime cela, le cochon. Comme je le comprends, cochon moi-même !
Je ne résiste pas longtemps au besoin d'approcher mon visage de cet épiderme moelleux. J'embrasse ses fesses. J'y donne des coups de langue. Je les mords avec mes lèvres.
Et peu à peu ma langue s'approche de son petit trou qui se dévoile tellement il se contorsionne afin d'ouvrir le compas de ses cuisses.
J'embouche enfin sa corolle anale, si douce, si belle. Avant d'y percuter un coup la langue. 
Il gémit fortement. Je souris.
– Gémissez, couinez, criez ! Mon cher Plaisir de se faire butiner la rondelle ! Dans ce train bruyant, nul autre que moi ne vous entendra !
Je démarre alors un anulingus de plus en plus intense, de plus en plus profond. C'est délicieux ! Sa douceur anale est une gourmandise de grande classe ! Mon butinage anal aussi, semble-t-il, tant il exhale son plaisir bruyamment.
Je suis surpris de la rapidité avec laquelle son anus se détend, s'ouvre, laisse passer ma langue enroulée. Ce n'est pas le premier anulingus que je fais, loin de là. Mais je n'ai pas souvenir d'un effet aussi véloce.
Ma main vient machinalement s'emparer de ses jolies couilles bien pleines qui pendent et ballotent. Ce coup-là c'est moi qui gémis en exprimant tout mon bonheur de les sentir dans ma main…
Un mouvement latéral brusque du train nous fait basculer. Nous évitons de justesse de nous effondrer au sol. Dans un effort surhumain il réussit à reprendre sa posture soumise, comme si sa vie en dépendait. C'est animé d'une pulsion puissante que ma langue replonge en lui.
Jusqu'au basculement suivant.
Je passe alors ma main le long de sa hampe et finis de le décalotter. Son gland ruisselle de sécrétions gluantes. Je le branlotte quelques instants avant de lui offrir ma paume à lécher. 
Il ne se le fait dire deux fois…
Des derniers coups de langue tout le long de son sillon, des dernières pénétrations linguales, je finis par me redresser, le corps endolori par l'inconfort de ma position, en caressant d'abord ses flancs et ses fesses avant de les claquer.
Il se relève en un bond pour se jeter dans mes bras et m'embrasser farouchement. Nos sexes raides s'écrasent entre nos ventres. Nous manquons deux fois de tomber par un balancement inattendu du train mais nous accrochons à ce que nous pouvons en riant. En riant de plus en plus fort. Jusqu'au fou rire incontrôlable. Un fou rire régulièrement étouffé dans nos bouches liées par de nouveaux baisers maladroits.
Quand le bonheur de la situation fait à nouveau place à la pulsion, Plaisir d'écrire me dit, en déposant des dizaines de baisers sur mes lèvres et en me pelotant le fessier, tout le bonheur qu'il a ressenti à se faire déguster la rondelle.
– Voulez-vous maintenant me sodomiser ? demande-t-il.
– Vous y tenez ?
– Plus que jamais ! Je n'en ai jamais eu autant envie. Votre langue… C'est tellement meilleur que mes doigtages et godages solitaires…
– Alors séchons-nous !
 
C'est joyeusement que je frotte sa peau pour la sécher tandis qu'il passe une serviette sur la mienne. Je le sens excité comme une puce, juvénile, comme un ado qui sait qu'une crêpe au nutella l'attend dans la cuisine. Son innocente impatience me fait fondre. Il est beau. Il est doux. Il est chaud… C'est pourtant de sodomie qu'il s'agit ! Sa première !
Il m'arrache la serviette des mains pour la jeter avec la sienne sur une patère avant de se précipiter dans la cabine et de se jeter sur le lit. Aussitôt il se met sur le dos, écarte et lève les jambes, me présente sa rondelle en soumis fébrile.
 Ses fesses ! Une beauté mâle si blanche, si lisse ! Son anus ! Une affriolante œuvre d'art toute rose ! Rose et ouverte…
La vision de sa verge, ses couilles, ses fesses, son trou dilaté… Ma gorge exprime un gémissement aigu signe de mon émotion et de mon désir de faire couiner ce corps si pur…
Le besoin de me jeter sur lui est intense. Pourtant ma pulsion animale reste, de justesse, sous contrôle. Je fouille dans mon sac pour en sortir des étuis de préservatifs et du lubrifiant anal que je dépose sur le lit. En même temps que mes lèvres retrouvent la douceur de la peau de ses fesses. Ma langue replonge bien vite dans son conduit merveilleux.
 Elle s'y enfonce, elle tourne autour, elle vagabonde le long de la raie avant de replonger dans le puits.
Ses gémissements reprennent de plus belle. Je m'en moque. J'ai bien l'intention de déguster son orifice jusqu'au bout de la nuit !
Je dois même chasser sa main qui tente de se saisir de son dard baveux pour le branler.
– Je vous interdis de vous caresser ! Votre corps m'appartient cette nuit ! Abandonnez-vous à mes caresses en vous concentrant sur le plaisir ressenti ! Et en vous retenant longtemps, très longtemps !
Une voix sourde et désespérée me répond :
– C'est impossible…
– Si, chère muse ! C'est justement cela le plaisir entre hommes : savoir résister, encore et toujours ! Vous vouliez connaitre cela ? Résistez à mes assauts ! Le plus viril est à venir ! 
– Oui… Enculez-moi ! Pitié !
– Pas de pitié pour les braves ! Du plaisir, uniquement du plaisir ! Anal le plaisir ! Vous vouliez savoir ce que ça fait d'être enculé ? Vous allez bientôt le savoir !
Je déchaine ma langue dans sa rondelle maintenant baveuse et ouverte. J'y enfonce doucement mon majeur pour le masser de l'intérieur. Des couinements ! Je n'entends que des couinements de sa part !
Bientôt ce sont deux doigts que j'enfourne sans aucune difficulté. J'attrape machinalement son sexe pour avoir sa dureté chaude en main. Concentré, je le travaille du fion avec la plus grande attention : je veux que sa première sodomie soit un délice !
 Il se laisse faire, ne quittant pas mon visage des yeux, le regard aussi enflammé que son corps ruisselant de sueur, la bouche ouverte, hagarde, à gémir et râler sans arrêt. Mes yeux brillent. Je sais qu'il m'offre le spectacle de son plaisir, qu'il veut que je n'en rate rien.
Effectivement, je suis en totale admiration face à sa fougue anale, face à son abandon, face à sa détermination. Je me régale de cette indécente préparation. Je suis admiratif de l'ampleur de la dilatation.
Je n'ai pas encore mis de gel anal. Seule ma salive lubrifie son conduit. Mes lèvres en ont encore une folle envie. Je ne suis pas prêt, quand bien même lui l'est, de toute évidence.
Je décide de me faire plaisir.
Je retire mes doigts. Il hulule en murmurant un « encore » qui en dit long sur son état de fièvre. Il ne repose pas ses jambes. Au contraire il soulève son bassin et le tend vers moi. Je souris. Probablement un sourire vicieux, goguenard : le beau garçon est tout à moi ! Il m'offre son cul ! Il veut que je le prenne !
Un beau garçon qui me supplie du regard.
Je suis un tendre. Aussitôt je caresse ses fesses, je le pelote et le palpe partout. Pour finir par une petite fessée douce qui lui fait crier un « ouiii » qui, cette fois, pourrait s'entendre du compartiment d'à côté malgré le fond sonore du train.
Je m'empare de ses jambes, le tire vers moi, l'oblige à sortir du lit, à se tenir debout.
– Accrochez-vous aux barreaux du lit du haut ! Je n'ai pas fini de vous bouffer le cul, de vous préparer intérieurement… C'est debout que je vais vous prendre pour la première fois. Debout que vous allez recevoir votre première sodomie, accueillir entre vos fesses votre premier phallus…
– J'avais rêvé en cuillère…
– Vous verrez, debout c'est cent fois meilleur… Dans votre état… Vous êtes en rut, ma muse. Tout votre corps frémit, supplie que je le prenne ! La cuillère, c'est pour des moments tendres au lit. Ce soir, c'est animal…
Il ne répond rien. Mais le regard de feu, plein de confiance et de reconnaissance qu'il me lance me prouve que j'ai vu juste : nous ne sommes pas là pour une sodomie tendre et amoureuse. Cela viendra un autre jour. Nous sommes là pour un rut bestial, pour assumer notre état animal de mammifères surexcités ! Rien à voir avec la brutalité ou la douleur : on peut être animal et vivre un plaisir total.
Je m'agenouille derrière lui. Combien de fois ai-je joui en rêvant de ce moment-là ? Lécher l'anus de mon amant épistolaire, accroupi derrière lui, le tenant solidement par les hanches pour qu'il ne s'échappe pas à la douceur chatouilleuse de ma passion linguale pour son orifice anal !
Il déguste tellement qu'il tente de s'échapper. Trois fois je l'en empêche. A la quatrième il m'échappe pour se précipiter face à la fenêtre du compartiment. C'est à quatre pattes que je le rejoins, telle une otarie balourde, pour replonger ma langue entre ses fesses qu'il n'a pas pu s'empêcher de rouvrir en grand.
 Je suis tellement occupé à le dévorer que je le laisse se tenir la queue en gémissant.
C'est face au paysage qui défile que j'achève ma gourmande préparation. Bien que bringuebalés par les mouvements du train, j'alterne langue et doigts. Il est totalement dilaté. Son conduit est merveilleusement souple. Il ne me reste plus qu'à le lubrifier.
Il comprend que le moment tant attendu est enfin venu quand mes mains viennent caresser ses cuisses puis ses flancs tandis que je me redresse. Je lis dans ses yeux une profonde reconnaissance pour ce que je lui ai déjà offert ; et pour ce qui va venir maintenant.
Nous nous embrassons avec une passion contenue, comme si nous dansions sur un volcan. Alors que mes mains se sont posées sur le haut de son dos, je fais une légère pression vers le bas. Ses yeux lancent des flammes. Il s'affaisse lentement pour, avec un grognement gourmand, porter mon sexe gluant en bouche. 
C'est avec un mélange de bruit de succion et de râle satisfait qu'il nettoie le membre qu'il attend si impatiemment en lui.
Il ne s'y attarde pas, se relevant pour m'embrasser, aussitôt la toilette achevée. Ses yeux enfiévrés désignent alors son propre sexe, tout aussi sirupeux que le mien, tant nos excitations sont similaires. Je souris, je plie les genoux, je m'abaisse, j'ouvre la bouche, je referme mes lèvres sur son intimité savoureuse que je déguste à mon tour en exprimant mon bonheur par un léger feulement animal.
C'est tout naturellement qu'il reprend sa place debout contre le lit, ses mains se refermant sur la barre de sécurité de la couchette du haut, son bassin se reculant, ses jambes s'écartant pour assurer une bonne stabilité malgré les cahots du train.
Je caresse ses fesses tandis que je me penche sur le lit pour attraper le flacon de gel anal et un préservatif. Nos regards se croisent. Nous nous sourions. Nous sommes tous deux prêts.
Après un nouveau bisou je lui tends l'étui.
– Je vous en prie. C'est à vous d'emballer la marchandise…
Il sourit, se décale, me prend l'étui des mains, l'ouvre, en sort le préservatif qu'il vient délicatement dérouler sur ma hampe. C'est intime, complice… Ses gestes sont vifs, brefs, précis. Son souffle est court. Mon sexe est à lui ; pour lui ; bientôt dans lui. C'est à lui d'en prendre soin.
D'ailleurs, aussitôt la capote mise amoureusement en place, il me flatte les bourses, comme pour me dire silencieusement qu'il les espère bien pleines.
Il n'a pas besoin de plus d'explication quand je lui tends le flacon. Il fait gicler une grosse perle de lubrifiant sur ses doigts et aussitôt en enrobe mon sexe emballé. A nouveau un léger gémissement de plaisir sort de sa gorge : sa main de mâle expert qui passe et repasse tout autour de mon phallus dur comme le bois est un délice. Il ne fait pas que lubrifier mon sexe. Il le caresse. Il le cajole. Il l'honore. Il le flatte !
Il comprend tout autant où je veux en venir quand je lui tends deux doigts. Il y dépose une autre perle de gel, referme le flacon qu'il jette sur le lit et reprend sa position, écartant davantage encore les jambes, reculant davantage encore son fessier.
Il grogne sourdement en exprimant tout son bonheur quand mes doigts s'enfoncent dans son conduit, dépassent sa corolle anale, pour venir enduire son intérieur tout en le massant encore. Je grogne en écho : la souplesse de son conduit est un délice.
Enfin il est prêt. Enfin je suis prêt.
Je me place derrière lui. Mon gland trouve tout naturellement l'entrée du défilé. Quelques secondes pour se figer face à son anus. Une légère poussée. Ça y est, je suis en lui. Une intromission qui déclenche un sourd gémissement aigu alors que sa tête se relève et qu'il se met à regarder le plafond comme pour remercier le ciel de l'avoir enfin comblé.
C'est pourtant bien mon sexe qui comble son orifice anal. Qui le complète. Qui le colmate. Son corps se met à bouger, de haut en bas, de droite à gauche, comme pour se défaire de ce corps étranger ; comme pour attirer plus profondément en lui ce corps étranger. Etrange contradiction humaine qui veut qu'une partie de vous désire une chose quand une autre en désire l'opposé…
Mon plan est de ne pas bouger. De lui laisser le temps. De permettre à son rectum de s'accoutumer à mon phallus. A mon tour je lève les bras pour poser mes mains sur la barre de sécurité, juste à l'extérieur des siennes. Unis par mon tenon sexuel. Unis par la même assiette pour se tenir, alors que les mouvements du train provoquent de légères vibrations ainsi qu'un doux balancement.
Je réalise alors que mon Plaisir d'écrire, avec son mètre soixante-dix a la taille idéale pour notre posture : il peut se tenir fermement en reculant juste ce qu'il faut son bassin, ni trop, ni trop peu, une position qu'il peut tenir naturellement pendant des heures s'il le faut. Une position qui me permet également, moi qui suis plus grand que lui, de l'entourer de mes bras pour me tenir à la même barre.
Je ne peux m'empêcher de déposer des dizaines de baisers dans son cou, de le lécher, de mordiller son oreille. Je sursaute pourtant quand je réalise que mon sexe s'enfonce en lui. Ce n'est pas moi qui pousse. C'est lui qui se recule. C'est lui qui s'encule.
J'exulte brusquement de joie. Je me souviens de toutes ces fois où, moi aussi, j'ai dirigé la manœuvre enculatoire quand mon partenaire était inerte et que seule ma pulsion guidait l'intromission. Extase suprême de la sodomie ! Ne pas se faire prendre par l'homme qui vous encule, mais prendre son enculade par le truchement de l'homme que l'on a choisi pour exulter.
Un soubresaut ferroviaire me fait reculer, et donc déculer. J'entends un « oh non… » en réalité plein d'espérance. Je reprends mon sexe en main et le replace devant son orifice magnifiquement ouvert. 
 A nouveau il pousse vers l'arrière pour retrouver le bonheur absolu d'être pénétré, d'être possédé.
Cette première sortie semble avoir détendu davantage son conduit. En un rien de temps mon ventre se trouve collé contre ses fesses. Je me colle dans son dos pour embrasser son cou et lui dire :
– Cher Plaisir d'écrire, sentez-vous ma toison pubienne contre vos fesses ?
– Oui ! C'est doux ! C'est… 
Il sursaute et tourne la tête vers moi pour clamer :
– Ça y est ? Vous êtes entièrement en moi ? Je suis totalement enculé ? Enfilé jusqu'à la garde ?
– Oui mon mignon ! Ça y est, vous êtes totalement enculé. C'est bon, hein ?
– Oui ! Encore ! Bourrinez-moi le cul ! Prenez-moi !
Tout en le traitant de gourmand, je me recule, je pose une main sur sa fesse pour l'écarter, et je me réenfonce en lui.
 
Mes va et vient sont d'abord d'une extrême lenteur. C'est le moment de la sodomie que je préfère, celui où, après avoir percé le mystère anal, après que le corps ait crié sa souffrance et son besoin entremêlés, après avoir laissé les chairs se détendre, on ressent la plus divine des sensations en allant et venant lentement dans des chairs qui maintenant chantent leur bonheur de vous accueillir, qui ne cessent de s'écarter pour vous faciliter le travail, qui aspirent votre dard au fond des entrailles. Merveilleuse souplesse, tant anale que rectale…
Après de douces minutes de plus en plus actives, alors que son souffle ne cesse de se raccourcir bruyamment, que tout son corps exulte de plaisir, je m'arrête brusquement pour me pencher à nouveau à son oreille et lui dire crument mon humeur du moment.
– Vous êtes un enculé, hein ? Vous savez que vous êtes un enculé ? Vous aimez cela, hein, vous faire mettre ? Petit enculé !
– Oui ! Encore !
– Vous le savez maintenant, hein, ce que savent tous les pédés du monde… Vous savez que se faire traiter d'enculé n'est pas une insulte. C'est le plus beau des compliments. Parce que vous savez. Vous savez que c'est la plus somptueuse des expériences sexuelles ! Il n'y a pas de plaisir plus extrême que ce qu'on ressent quand on se fait enculer ! 
– Oh oui ! C'est divin !
– Nous seuls, les hommes qui assumons notre homosexualité, nous savons combien c'est bon… Ils croient nous insulter, ces médiocres crétins d'homophobes. Ils nous honorent en vérité ! S'ils savaient ce qu'ils ratent !
Les yeux de mon petit enculé de Plaisir d'écrire se retournent vers moi et me lancent des flammes avant de m'embrasser sauvagement. La sodomie reprend, plus sensuelles que jamais, alors que nos langues se dégustent ardemment.
C'est lui qui se retire le premier pour venir percuter mon ventre avec son postérieur occupé. Je sais ce qu'il ressent. La tendresse anale n'a qu'un temps. Le corps a besoin de plus de sauvagerie. Je dois lui offrir ce qu'il attend ! Un pilonnage en règle !
Mon ventre percute plus sèchement son fessier au fur et à mesure de mes coups de boutoir. Il crie, il rit, il râle, il me supplie d'aller plus fort, plus vite, plus profond ! Il a besoin d'être bourriné, il a besoin d'être secoué, il a besoin d'être pistonné à la même vitesse que notre train.
Je m'exécute avec autant de joie que de concentration, tous mes sens guettant les réactions de son corps. Je sais que le besoin animal de l'enculé, s'il est systématique, peut être fugace. Mais lui en veut encore. Encore et encore. Il est gourmand. Il est affamé de coups de queue.
Je m'inquiète. Serai-je à la hauteur ? Suis-je capable de résister, d'endurer ?
Heureusement le rythme de son balancement arrière ralentit. Comme une locomotive à vapeur qui perd de la vitesse, nos mouvements s'apaisent. Mes mains peuvent venir caresser ses flancs, son torse, son ventre. Je soupèse ses petites couilles bien pleines, sans cesser le balancement doux de mon bassin. Je passe la main le long de son sexe toujours bandé à fond et dégoulinant de sperme. Je lui offre mes doigts à lécher. Il grogne joyeusement en dégustant le fruit de son plaisir. Je maintiens le rythme lent de l'enculade. Un rythme sensuel, alors que ma main retourne récolter son dû, l'offre à ses lèvres avant qu'il ne tourne la tête pour un partage buccal.
Merveilleuse saveur séminale qui me donne un sursaut d'énergie. Pourtant je sens qu'il fatigue. La position est rendue inconfortable par les mouvements du train. Je tente à plusieurs reprises de me redresser en levant mes bras au-dessus de ma tête pour continuer à le chevaucher librement, mon seul bassin bougeant d'avant en arrière.
Un soubresaut brusque du wagon m'arrache de lui. Il se retourne aussitôt pour rire, se moquer, m'invectiver dans mon incapacité à tenir la distance. 
Je joue l'offusqué. Je lui promets de lui faire payer son effronterie. Il clame qu'il ne demande que cela…
Je m'assois alors sur le bord du lit. Il me regarde, l'air d'abord inquiet, craignant que je ne renonce à notre copulation. Je souris. J'écarte les cuisses. Son œil s'allume. Il comprend enfin. Il jubile en se jetant sur moi, aidé par un balancement du train, me tourner le dos, reculer son fessier en l'abaissant, venir positionner son anus grand ouvert juste au-dessus de mon dard emballé.
Je le repousse pourtant. J'ai trop besoin de peloter ce fabuleux petit cul ouvert, de le fesser, de le caresser. Il le remue spontanément devant moi, lubrique à souhait.
Cette vision est fantastique ! Un nouveau mouvement brusque. Son superbe cul entre en contact avec mon sexe qui retrouve l'entrée.
C'est un puissant souffle d'expiration qui résonne sur les cloisons du compartiment alors qu'il s'empale complètement. Il gémit. Il se penche en arrière. Il pivote son beau visage extatique. Il m'offre le plus beau des sourires crispés. Un sourire teinté de reconnaissance. Il ouvre la bouche, sort sa langue et vient lécher la mienne venue à sa rencontre.
 Notre corps à corps est à la fois tendre et animal. Il me dit son bonheur de sentir mon sexe en lui, de se faire dépuceler ainsi. Nos épidermes en nage ruissellent de nos efforts physiques. Nos mains ont du mal à s'accrocher. Sans doute la nature veut-elle qu'à ce stade de notre ébat la tendresse épidermique s'exprime. Je caresse sa peau. Je le laisse me lécher le visage. Je masse ses couilles, maintenant remontées. Je caresse sa hampe aussi dressée que la mienne. Je suis fou de joie : son corps aime ! Il bande à bloc ! Il aime être pris, comme moi j'aime le prendre !
 Nous prenons tout notre temps. Par moments il monte et descend lascivement pour varier les sensations de l'empalement. Pour mieux me baiser et me lécher le visage aussi. Totale sensualité... Luxure absolue… Inflexible sodomie…
Je ne me lasse pas de sentir ses fesses s'écraser sur mon ventre. Je ne me lasse pas de caresser sa peau moite. Il ne se lasse pas de faire un, avec tout mon être !
– C'est bon… susurre-t-il.
– Je sais… Toute la nuit…
– Je ne tiendrai pas…
– Inconfort ?
– Besoin de plus ! 
Joignant le geste à la parole il commence à monter et descendre vigoureusement en gémissant le long de ma hampe. L'inconfort est total. Un mouvement latéral et la douleur dans mon sexe est fulgurante.
 Désolé, paniqué, il s'extrait d'un coup pour s'emparer de mon sexe et le cajoler en s'excusant. Plus de mal que de peur. Je retrouve vite mon sourire salace.
– Vous m'avez fait mal jeune maladroit !
– Cela mérite une punition ! clame-t-il en se jetant à terre, en levrette. Punissez-moi ! Maltraitez-moi !
A nouveau sa verve anale m'émeut et m'amuse. Je sais ce qu'il ressent. Il a tant besoin d'être possédé ! Moi-même, j'aimerais tant qu'un troisième mâle vienne me prendre !
Je reste assis sur le lit. L'inquiétude se lit sur son visage. Il scrute mon phallus qui ne faiblit pourtant pas. Je souris. Je veux le faire bouillir. J'avance un pied. 
C'est bien avec les doigts de pied que je me mets à caresser son corps. Son flanc, ses épaules, son ventre, son sexe, ses couilles remontées, l'intérieur de ses cuisses… Il ronronne comme un chat sacré de Birmanie en cambrant ses reins, en remuant sa croupe pour m'exciter. Jamais je n'aurais imaginé qu'il se lâcherait, qu'il s'exhiberait comme ça, si librement, si lascivement, devant moi. Sans compter les murmures « prends-moi… » prononcés sous tous les tons, peu à peu appuyés par des regards de plus en plus salaces…
Je finis par me lever, passer derrière lui, subjugué par sa croupe, son cul si fier et si ouvert, ses couilles, son dard à peine visible tant il est durement dressé vers l'avant. Ce n'est pas de la beauté, c'est de la magnificence !
Je lève un pied, je le passe entre ses jambes, je caresse ses bourses et son sexe. Un merveilleux frisson parcourt simultanément nos deux corps. Tout est si bon !
Mon pied se retire, caresse ses fesses, son sillon, son anus… Il y fait pression. Le pouce entre presque. Il gémit. C'en est trop pour moi. Je m'accroupis, je me rapproche et, sans plus d'attention, je le pénètre à nouveau. C'est un véritable hululement qui sort de sa gorge tant il avait un absolu besoin d'être à nouveau possédé. C'est un grognement satisfait qui sort de la mienne : mon sexe est à la maison, chez lui, dans ce fion en chaleur. Je me couche sur son dos. Je m'empare de son visage et l'embrasse. Nos corps se fondent dans la pénombre du compartiment.
 Je bourre placidement son merveilleux petit cul si généreux. Il roucoule en se cambrant, tout en anticipant mes coups de boutoir. C'est le summum de notre copulation. Nos corps trempés de sueur exhalent le parfum du mâle en plein effort. J'adore. Avec un zest de fragrance séminale, c'est un délice ! Subtiles épices…
Ce n'est plus une fornication sauvage, c'est une danse animale. Nous sommes en rythme avec les mouvements du train. C'est comme si tout notre environnement était au service de notre intense plaisir.
Comment résister ?
Ne pas jouir !
Tenir !
Je sais que je vais faillir. Il tourne la tête et scrute mes yeux. Il sait que je suis au bord de l'orgasme. Je sais que lui aussi, à force de chasser sa main de son sexe. Nous nous sourions, le visage crispé par l'effort.
En finir… Se faire une raison…
Je me retire de lui. Je me redresse, m'adosse brutalement à la cloison pour reprendre mes sens, mon souffle, le contrôle de mon plaisir.
Il reste encore un instant, à mes pieds, à remuer son petit cul d'avant en arrière comme pour chercher ma queue, à se cambrer excessivement pour m'exciter. Totalement soumis. Totalement lubrique. Merveille de la luxure !
Peine perdue.
Il se relève difficilement, titubant à moitié avant de se retrouver entre mes bras. Moment de tendresse entre amants. Parenthèse magique…
– Vous ne tenez plus ? finit-il par me demander.
– Non… Et vous ? votre cul ? Pas de douleur ?
– Un peu… Je m'en moque… J'en veux encore… Je sais que ce n'est pas raisonnable…
– On en termine ?
– Vous n'êtes vraiment pas très endurant, cher Etrenu… Puisqu'il le faut…
– Pas très endurant ? Vous rigolez ! Cela fait des…
Je ne termine pas ma phrase. Ses lèvres se sont collées aux miennes. Il m'embrasse avec une exubérance nouvelle. Avant de murmurer :
– C'était mille fois meilleur que le plus fou de mes espoirs ! C'était divin ! Putain que c'est bon ! Vous aviez raison… Pourquoi ai-je attendu si longtemps ?
– Pour que ce soit moi qui percute en premier votre adorable petit cul, voyons…
– Je vous en serai éternellement gré… Mais ce n'est pas fini… 
– Vous avez raison ! m'exclame-je en le repoussant sur le lit.
Il tombe à la renverse, sur le dos, fessier au bord du lit. Ma bouche fond sur son sexe maculé de sperme et l'avale, récoltant son miel, le dégustant en grondant.
Il attend la fin de ma becquée pour écarter ses cuisses et relever ses jambes. Alors que je lèche ses adorables boules bien fermes, j'admire son anus grand ouvert qui frétille de joie en attendant le final de notre symphonie anale.
Je n'ai plus qu'à me pencher sur lui, à l'embrasser savoureusement tout en l'enculant à nouveau. Nous ne sommes à nouveau plus qu'un seul corps parcouru des mêmes frissons de plaisir.
 Démarre alors une intense lutte menée en commun. Tenir ! Ne pas s'emballer. Jouer encore avant de jouir ! Butiner son fondement pour lui offrir des vagues de plaisir sans provoquer le mien. Sans provoquer le sien.
Nous nous encourageons. Mutuellement. Nous nous disons ce que nous ressentons. Nous nous épaulons quand il faut s'arrêter, se concentrer, s'empêcher, se retenir. Et puis nous repartons. Jusqu'à ce que les sensations soient à l'unisson. Se retenir ensemble de jouir. Ne pas faillir. Se soutenir. Résistants solidaires. Combattants solaires, illuminés par l'évidence crue du plaisir de l'amant.
– Redressez-vous ! dit-il. Jouissez !
Je ne me fais pas prier.
 Et je libère toute ma passion pour Benoit, mon Plaisir d'écrire, mon plaisir de jouir, ma muse enfin déflorée. Un feulement montant crescendo. Je jouis tant et peu, déversant tous ces mois de désir entre ses fesses. L'inonder de sperme. Le féconder. Féconder notre relation. L'ensemencer, capote ou pas, ma manière à moi de l'encenser pour la passion qu'il a osé libérer avec moi sans aucun tabou.
J'ouvre les yeux. Ses yeux débordants de passion me scrutent. Je lis de la reconnaissance, de la tendresse, de l'admiration, de l'adoration.
Comment ne pas lui rendre ces sentiments ?
Je m'affaisse sur lui, l'embrasse comme je ne l'ai encore jamais embrassé. Un torrent de vénération, de dévotion même… qui, après de longues minutes, nous laisse sans souffle.
Nos yeux se rouvrent. Nous nous sourions. Il est temps. Pour lui. Le libérer. Il le mérite.
Mon sexe encore encastré entre ses fesses, mon buste se redresse, ma main s'empare de son sexe… Le branle. Avec une ferme tendresse. Nos yeux noyés les uns dans les autres. Abandon total de sa part. Main derrière la nuque. Il se laisse traire. Il geint, roucoule, et subitement décharge un impressionnant flot de sperme qui vient percuter son ventre, son buste et son visage, sa lance bien guidée par ma main…
 Le spectacle de sa jouissance est grandiose ! Plaisir d'écrire est beau. C'est certain. Mais Plaisir d'écrire en train de jouir est absolument magnifique ! Le râle aigu qui sort de sa gorge est la plus harmonieuse des mélodies. Les soubresauts de son corps accompagnant les répliques séminales sont d'une félinité sans nom. Ses petits poils fins qui se hérissent comme pour accueillir sa semence qui s'y étale est un somptueux spectacle de la nature, de sa nature, de sa nature profonde, de sa nature mâle dans la plus splendide de ses expressions.
Alors que son esprit s'est envolé dans l'Olympe orgasmique, je commence à lécher son fruit déposé sur sa poitrine. 
 
Il se laisse faire, sans vraiment reprendre conscience. Le bout de ma langue récupère une nouvelle perle claire de son jus délicieux. Le contact de mon organe sur sa peau le fait enfin frémir, sourire, redescendre de son paradis, ouvrir la bouche. Nos langues entrent en contact. Il grogne de bonheur au contact de la saveur. Il prend le temps de la déguster tout en chahutant ma langue avec la sienne. Son visage rayonne. Ses yeux se rouvrent. Nos regards emmourachés se fondent, sans plus se quitter, dans un muet dialogue enjolivé par la saveur mâle. Son souffle s'apaise.
Je commence à me retirer de lui. Il m'arrête immédiatement en posant ses mains sur mes fesses pour, par une pression ferme, me réenfoncer complètement.
– Restez… Sa place est en moi… Entre mes fesses… Cela a été divin ! Je ne pensais pas que c'était aussi bon !
– Je vous l'ai dit, petit enculé. Il n'y a rien de meilleur que d'être enculé…
– Quand c'est fait avec délicatesse, respect, progressivité… Vous êtes un amant merveilleux, Etrenu…
– J'essaie ! Pour vous je veux me transcender !
– C'est réussi !
– Et je vous renvoie le compliment : vous êtes un amant merveilleux, Plaisir d'écrire… Vous êtes beau ! Chaud ! Le corps plein de fougue !
– Le cul…
– Non. Pas seulement… Même si vos fesses sont un régal ! Tout votre être se donne sans compter ! Vous êtes une ode au plaisir ! Vous êtes un véritable appel à la fornication !
– Tout ça !
– Et plus encore.
– Ce qui veut dire qu'on remet cela ?
– J'en suis bien incapable… Sentez-vous comme je débande ?
– Lentement… C'est sympa de sentir votre sexe mollir en moi… Occupant encore toute sa place… Moins dur… Mais toujours là…
– Je sens bien que vous mollissez aussi, très cher…
– Vu comment vous m'avez fait décharger ! Vous m'avez mis les couilles en ébullition ! Pour les vider intégralement, d'un coup !
– Plusieurs coups ! Vous avez bien éjaculé une dizaine de répliques…
– Il semble que j'en ai mis partout…
Son petit air égrillard… Sa voix androgyne. Son beau visage. Ses yeux. Son cou… Ma langue va chercher une autre délicieuse perle. Nous grognons ensemble en la partageant, avant de glousser joyeusement.
Nous n'avons pas besoin de nous parler. Nous voulons la même chose. Nous aspirons à la même récolte. Vu la moiteur de nos épidermes, vu la tension à peine calmée dans nos muscles, nous l'avons bien mérité.
Je lèche d'abord son visage, le nettoyant méticuleusement en le faisant rire sous les chatouilles linguales. J'attaque son cou qui râpe merveilleusement ma langue, provoquant moult frissons. Et toujours ces baisers tendres et savoureux qui nous définissent en tant qu'amants, bien davantage que notre frénésie charnelle. Oui, c'est bien le délicat partage en bouche de sa semence qui fait de nous des amants, pas seulement des mammifères exprimant leur pulsion sexuelle…
 Lécher son torse sans déculer est plus difficile. Je me contorsionne douloureusement, maltraitant mes abdominaux alors qu'il met une pression croissante sur mes fesses pour que je ne sorte pas de lui. Une pression chaude qui réveille mon ardeur. Jusqu'à ce que se pose le choix cornélien.
– Mon plaisir d'écrire… Deux solutions. Soit nous abandonnons notre récolte et nous nous endormons ainsi, mon dard toujours en vous… Soit je me retire pour poursuivre notre délicieux souper… Dites-moi, que préférez-vous ? Le goût ou le toucher ?
– Choisir… Quel supplice… Renoncer… Ne peut-on passer deux jours ainsi, votre sexe en moi, votre langue léchant ma peau pour que nous dégustions ce que nous avons de plus masculin ? Cependant… Puis-je vous l'avouer ?
– Dites. Dites-moi tout.
– Je ne suis qu'un trop récent enculé… Je n'aime pas ce mot… J'adore cette sensation ! Ou plutôt j'adorais cette sensation. Avant… Parce que là, maintenant que vous m'avez si divinement fait jouir, je ressens une douleur croissante… Mon conduit… Une sourde douleur qui me tiraille de l'intérieur…
– C'est normal, beau mâle. Vos chairs se referment. Vous n'y êtes pour rien. Ce n'est pas une question d'habitude. C'est physique…
– Cela vous est déjà arrivé ?
– Qu'un homme reste en moi longtemps après m'avoir fait jouir ? Rarement. Trop rarement. Vous le savez, je vous l'ai écrit, mes copulations entre mâles ne sont pas amoureuses… n'étaient pas amoureuses… Elles sont animales… Un besoin. Plus fort que tout. Alors, sitôt l'orgasme passé, mon amant se retire, va se nettoyer, disparait pour se laver, s'habiller, me quitter… Souvent avec un arrière-goût âpre dans la bouche. Une once de culpabilité. Ou plutôt de gêne. Je ne sais pas trop… C'est bien la première fois que je prolonge l'éjaculation… Une conclusion nouvelle. Un délicieux épilogue. Un post-scriptum…
– Post scrotum plutôt… Vous êtes incroyable ! Je vous dis que j'ai de plus en plus mal au cul et vous, vous vous lancez dans une longue tirade sur le plaisir post-orgasmique…
– Oh pardon ! Vous avez raison : après une longue tirade anale, pas de longue tirade verbale !
Pris de pitié autant que de remord, alors qu'il me lance un regard aussi amusé que de reproche pour mon mauvais jeu de mot, je me retire délicatement de son fondement. Notre petit jeu m'a suffisamment fait rebander pour que je n'aie pas besoin de retenir la capote pleine. Je m'assois néanmoins à ses pieds, le réservoir alourdi pendant vulgairement au bout de mon sexe, pour l'ôter.
– Faites voir ? demande-t-il.
Je souris, élève la capote pleine et l'approche de lui. Son expression de contentement en dit long sur ma performance séminale. Sa remarque me laisse sans voix : 
– Jolie quantité pour votre âge ! 
Moquerie antivieux ou sincère admiration ? Je n'ai pas le loisir de le sonder à ce sujet. Car il s'empare du préservatif difforme, l'approche de son visage pour en respirer le parfum, et, surtout en déverse le contenu sur son ventre, son torse, son menton, ses lèvres.
Le gourmand ! J'exulte de joie en me précipitant sur lui pour lécher mon miel et le partager goulument entre amants. Le bruit de nos succions est plus fort que le vacarme continu du train. Cela nous empli d'aise. Nous sommes fous de joie de nous donner à fond dans ce jeu cochon !
Une fois son visage et son torse à nouveau nettoyés, il s'exprime d'une voix rauque :
– Nous avons bu mon sperme… Nous avons bu votre sperme… Il ne reste maintenant que nos semences mélangées… Unies… Associées… sur mon ventre… Pour le meilleur… 
– Pas tout de suite ! Réponds-je, une idée salace me traversant l'esprit. Je suis désolé mais, couché sur vous, j'ai étalé notre récolte sur nos deux dermes… Il va falloir…
– Se lécher mutuellement ! Génial !
– Et d'abord finir de nettoyer ce qui n'appartient qu'à vous…
Je me recule, me plaçant à ses pieds, pour replonger mon visage vers son sexe moite qui, après s'être rétracté, a repris une bonne vigueur. Ma langue part à l'assaut de son promontoire, le lèche avidement sans partage, lui redonnant au passage toute sa dureté.
Il se laisse lécher et sucer en grognant de plaisir, yeux fermés. C'est tout juste s'il se rend compte que j'ai bougé et que j'approche mon propre sexe nappé de semence de ses lèvres. La position est inconfortable pour moi, tellement je suis cambré sous le lit du haut. Mais elle est merveilleuse pour lui qui a juste à ouvrir la bouche pour me lécher le sexe, me téter, me sucer avec une joie bruyante.
Nous finissons par nous coucher tête-bêche l'un contre l'autre, nous suçant d'abord en soixante-neuf avant de glisser vers l'arrière pour finir de nettoyer notre plaisir en léchant simultanément les traces de nos semences mélangées sur nos ventres.
Le nettoyage vire à la gourmandise, nos corps se reculant instinctivement, une fois toute trace disparue, pour reprendre notre fellation mutuelle, simple passion buccale partagée, simple attirance mâle irrépressible, simple besoin de prolonger nos douceurs. Il lui est aussi impossible qu'à moi de se passer du phallus amant en bouche. Le téter ! Si naturelle pulsion ! Se laisser téter… Délicieux…
Ce n'est qu'après une longue séance ne débouchant finalement sur rien, nos testicules sont bien vides, que nous nous retrouvons lovés l'un contre l'autre, moi derrière lui en chien de fusil, mon bras protecteur posé au-dessus de son flanc, ma verge bien calée contre sa raie, afin de trouver un doux repos réparateur.
 
C'est un claquement sec contre la porte du compartiment suivi d'une annonce directe « arrivée dans une heure à Barcelone ! » qui nous réveille. Spontanément nos lèvres se retrouvent, nos mains foncent sur le corps amant pour le caresser et le pétrir.
Nous prenons une douche commune d'une totale sensualité, toujours aussi ballotés par les mouvements erratiques de balancier du train.
Chacun de nous se rase sous le regard de l'autre. Et surtout sous les caresses tactiles incessantes, ni Plaisir d'écrire ni moi ne pouvant se retenir de retrouver la chair amante. Passer un doigt entre ses fesses bien reculées alors qu'il passe son rasoir dans le cou… Me cambrer lascivement pour le laisser jouer avec mon corps… Merveilleuse complicité des amants mâles…
Nous sommes en complète érection. Nos doigts n'ont cessé de parcourir nos sillons fessier, de s'y enfourner avec délicatesse, de jouer avec nos intimités encore ensommeillées.
Alors que je suis le premier à avoir enfilé mon slip, il s'agenouille devant moi, me bisoute, écarte le tissu, me lèche, me suce le sexe tout en me déshabillant. Il se relève pour l'enfiler sur lui et me tendre son boxer. 
Je rouspète, pour la forme.
– Un boxer… Quelle horreur !
– Un slip… Quelle horreur ! réplique-t-il, amusé. C'est une manière de vous sentir encore contre moi, sur moi, en moi… Votre slip c'est un peu de vous… Le partage…
– C'est un ébat que je veux partager avec vous ! Pas un sous-vêtement !
– C'est un début ! Plus tard nous partagerons la lingerie coquine que j'ai amenée…
– Humm, joli programme ! Pour une introduction…
– Avant une nouvelle introduction ! Est-ce que cela se dit à son amant que je suis déjà en manque de votre belle queue dans mon petit cul ?
– Peu importe que cela se dise ou non. Je vois bien que vous en avez envie…
– Ah oui ? Qu'est qui vous fait dire cela ?
– Mon majeur tout entier enfoncé en vous, tout à l'heure, quand vous vous rasiez…
– Ah oui… C'était bon… Vous vous êtes contenté d'une phalange…
– Deux !
– Peut-être… Vous semblez être moins gourmand du cul que moi…
– Ne croyez pas cela ! C'est juste que je vous ai quelque peu… échauffé, hier soir !
– Pour m'avoir échauffé, vous m'avez échauffé ! Complètement chauffé, même ! je suis chaud bouillant pour recommencer !
– Je le sais. Je le vois. Je le sens…
– Olfactif ?
– Non. Sensitif… Mon doigt entre vos fesses… On va manger ?
– J'offrirai bien mon corps à votre appétit d'ogre ! Vous étiez beau, en érection, ce matin…
– Un homme qui bande est toujours beau… Surtout quand il est mignon comme vous… Je vous ai déjà dit que vous êtes mignon ?
 
Attablé devant notre petit déjeuner, Plaisir d'écrire plonge dans la lecture du journal du jour. Il tourne plusieurs pages avant de lever la tête vers moi, l'air désespéré.
– C'est dingue, je ne comprends rien ! J'ai pourtant fait de l'espagnol ! Pendant plusieurs années !
J'éclate de rire. Il ne comprend pas. Il me regarde, l'air intrigué. Puis fait semblant d'être vexé.
– Où allons-nous, cher Plaisir d'écrire ? demande-je.
– A Barcelone, pourquoi ? Non. Ne me dites pas que vous avez détourné ce train pendant que nous copulions !
– Mais non… Barcelone est dans quelle région d'Espagne ?
– Catalogne, pourq…
– Catalogne, Catalan ! J'ai compris, c'est un journal écrit en langue catalane et non en espagnol, en castillan !
– Bingo !
– Que je suis bête ! C'était évident !
– Je me suis fait avoir également, la première fois que je suis allé à Barcelone…
– Ah ? Vous y êtes déjà allé ?
– Jardin secret ! Il y a longtemps toutefois. Et vous ?
– Oui, je connais un peu Barcelone. J'y suis allé en 2006, j'avais quinze ans, dans le cadre d'un voyage scolaire. Le parc Guell... Le palais de la musique classique... Le musée du Chocolat... Les ramblas... Le centre commercial Mare magnum... L'aquarium... Entre autres... J'y ai connu d'ailleurs mon premier râteau avec une fille. J'ai beaucoup aimé !
– Quoi donc ? Le râteau ou Barcelone ?
– Plutôt Barcelone ! Quoique… Un râteau cela forge le caractère… Cela a sans doute fait partie de mon éducation sentimentale. Finalement c'était amusant…
– Education sentimentale…
Je plonge des yeux langoureux et chantonne : 
« Ce soir, à la brume, nous irons, ma muse, cueillir des serments,
Cette fleur sauvage qui fait des ravages dans les cœurs d'enfants,
Pour vous, mon beau prince, j'en ferai des tresses et dans vos cheveux
Ces serments, ma muse, vous rendront cruel pour vos amoureux !
Demain, à l'aurore, nous irons encore, glaner dans les champs,
Cueillir des promesses, des fleurs de tendresse et de sentiments.
Et sur la colline, dans les sauvagines, vous vous coucherez,
Dans mes bras, bel homme, éclairé de lune, vous vous donnerez ! »
– Qu'est-ce que c'est que cette jolie chanson ?
– « éducation sentimentale » de Maxime le Forestier. Vous connaissez ?
– Le chanteur. Pas cette chanson. Ce n'est pas de ma génération… Mais cela m'étonnerait qu'il ait écrit cela.
– Pourquoi ? C'est pourtant de lui.
– « Mon beau prince », « ma muse », « bel homme »…
– Ah ? D'accord. J'avoue. J'ai adapté le texte à l'être qui me fait… Qui m'émoustille…
– Qui vous fait bander ! Dites-le ! Vous aviez préparé cette ritournelle pour votre beau ?
– Non. C'est une inspiration spontanée. C'est vous qui avez parlé d'éducation sentimentale. Je me suis souvenu qu'adolescent j'aimais chanter cette chanson en la grattant sur ma guitare… Vous m'inspirez, très cher…
– Je vois cela ! J'entends cela. Je ressens cela… dit-il avec quelques trémolos dans la voix. Vous n'êtes donc pas que bête de sexe, pas que poète, pas qu'écrivain, aussi musicien ?
– C'est beaucoup dire. Cela fait vingt ans que je n'ai pas touché à ma guitare…
 
Nous sommes interrompus par le serveur qui nous annonce que le restaurant doit fermer car nous arrivons dans dix minutes. Une soudaine agitation fend l'air autour de nous. L'arrivée prochaine. Le niveau sonore qui s'élève. Nous retournons à notre compartiment. Nous refermons nos sacs de voyages, vérifions que nous n'avons rien oublié.
Je jette un œil sur les draps. Les traces de notre accouplement sont visibles. Le préservatif dans la poubelle aussi. Qu'importe. Le personnel doit avoir l'habitude.
Un mouvement brusque. Nous nous heurtons. Le train ralentit sèchement. Nous nous embrassons. Le train s'arrête. Nous nous sourions. Un dernier baiser. Une dernière palpation fébrile de Plaisir d'écrire sur mon entrejambe me fait sourire. Nous ouvrons la porte du compartiment. Nous nous calons dans la queue. Nous descendons enfin du train, nous plongeons dans l'excitation de la foule. Nous ne comprenons rien aux annonces des haut-parleurs. Peu importe. Nous y voilà, nous sommes à Barcelone, l'hiver.
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