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✦ Durandal71 Le nouveau monde XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le nouveau monde — Chapitre 1 · Avant le départ (première partie)

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Durandal71
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Le nouveau monde

Chapitre 1 · Avant le départ (première partie)

Le Nouveau Monde
Chapitre 1 - Avant le départ (première partie)
Je m'appelle Jean et aujourd'hui j'ai passé la trentaine. Ceci est mon histoire, l'histoire d'un français qui quitte sa terre natale pour migrer aux Amériques. Au fil des jours, après la décision prise par mon père de m'envoyer par delà l'océan, je pris l'habitude de rédiger mon journal. Voici comment tout a débuté.
@@@
Il était attendu depuis de longues semaines. Lorsqu'il se présenta, le soleil commençait à se cacher derrière la ligne d'horizon. Une très longue et très fatigante journée de travail s'achevait et je m'apprêtais à me mettre à table pour manger le ragoût préparé la veille par ma tendre mère. Des choses simples, pommes de terre, carottes, tranches de lard mais cela avait l'avantage de tenir au corps.
-Vous êtes sûr que votre fils Jean est prêt ? Sûr qu'il est de taille pour ce à quoi vous le destinez ? demanda le gros Léon en me fixant sans sourciller.
Mon père, sans mot dire, acquiesça d'un signe de tête.
-Et pourquoi n'y allez-vous pas vous même ?
Mon père, bien que décidait depuis déjà de nombreux mois, se mit à se frotter les mains d'un air gêné avant de répondre :
-Si j'avais vingt-ans de moins croyez bien que c'est moi qui aurait embarqué. Mais ce n'est pas le cas. Mon fils a dix-huit ans, et surtout, la vie devant lui.
La pluie battait les carreaux, le vent semblait vouloir dégonder la porte d'entrée et s'attaquait aux arbres bourgeonnant que le printemps avait copieusement arrosés.
Mon père, propriétaire terrien, comme tous mes aïeux avant lui, n'avait qu'un souci, transmettre son nom sur le nouveau continent où depuis 1870, de nombreux français avaient migré. Lorsqu'il serait trop fatigué pour continuer, la ferme reviendrait à mon frère aîné, l'avenir marital de ma sœur était programmé. Pour moi, mon père avait acheté dix arpents de terre aux Amériques. Ces parcelles se trouvaient sur l'ancien territoire de Jefferson, aujourd'hui Colorado.
Bien que déjà colonisé par les espagnols et quelques anglais, il restait sur place encore de nombreuses tribus Apaches des Grandes Plaines, ainsi que des Cheyennes venus de l'Est qui commençaient à être remplacés par les Utes
. Certaines tribus encore belliqueuses n'hésitaient pas à attaquer sauvagement les colons.

Pour ma part, bien que l'idée de laisser ma famille sur le vieux continent me causait bien du souci, je dois avouer que l'envie d'aventure me tentait encore plus.
Ma mère y était pour beaucoup. Durant des années, au cours de mon enfance, elle me contait des histoires fabuleuses, m'ouvrant ainsi l'esprit sur autre chose. Fille d'un notable de la côte, elle avait permis à mon père d'acheter sa terre, sa ferme et à présents les hectares de terres vierges qui m'attendaient de l'autre côté de l'Atlantique. Là où le bas me blessait c'était de laisser mon amie Louison ici en France.

-Quel âge a-t-il ?
-Mon fils à dix huit ans comme le père vient de vous le dire, il est en âge de partir !
Ma mère avait répondu sèchement au gros Léon.
-N'allez pas imaginer que je doute de ses capacités. Il est grand, fort et beau garçon ! Mais il lui faudra un tempérament bien trempé pour tenter de réussir. L'élevage de chevaux et la culture céréalière n'ont rien à voir avec une ferme comme ici... et puis... il y a les sauvages !

-Il y arrivera, croyez vous que nous enverrions notre fils au-delà des mers si nous n'avions ne serait-ce qu'un petit doute ?
Le gros Léon regarda par la fenêtre comme si son esprit était ailleurs puis, hochant la tête :
-Ce ne sera pas une vie bien facile, même pour un garçon si bien bâti. Maintenant, c'est vous qui voyez, vous le connaissez mieux que moi.
Ma mère répondit une nouvelle fois sèchement :
-Il est grand, fort et ambitieux... Il y arrivera et bien mieux que vous ne le pensez !
Alors le gros Léon sourit. Son visage rougeaud, imberbe, dépourvu d'expression jusqu'à présent s'éclaira. A cet instant je compris que les dés étaient définitivement jetés et que dès lors, je n'avais que quelques jours pour préparer mon modeste paquetage.

Le père reprit la parole pour régler les affaires courantes :
-Combien vous dois-je pour la traversée ? Le bateau est-il sûr ?
On passait effectivement aux choses sérieuses et mon père donnait l'impression de vouloir en finir très vite.
-Douze francs or !
-Ah oui... nous en étions restés à dix francs or lors de notre dernière rencontre !
-Les temps changent mon brave... les temps changent !
-Va pour douze, mais pas un de plus !
-Le bateau est sûr, rassurez vous ! Il est d'ailleurs déjà à quai à La Rochelle.
L'affaire étant entendue, le gros Léon pris congé en lançant :
-Je repasse donc prendre le gamin en fin de semaine, qu'il soit prêt, je n'attendrai pas !
Ma mère me regarda sans même saluer le visiteur :
-C'est une nouvelle et belle vie qui s'annonce pour toi fils ! Termine ton assiette et va te coucher. Demain tu as encore du travail aux champs et après...
Elle semblait soudain triste
-Après tu auras le reste de la semaine pour te préparer et faire tes adieux. Ne t'inquiète pas pour Louison, nous lui donnerons des nouvelles chaque fois que nous en recevrons. Tu n'es plus un enfant, mais tu restes mon garçon.

Quand j'entrai dans sa chambre, France, ma sœur, pleurnichait. Elle était jolie avec sa longue tignasse blonde, ses yeux bleus et sa taille fine. Quand elle entrait quelque part, elle irradiait la pièce de sa beauté. Notre ressemblance pouvait nous faire passer pour des jumeaux. Je dois cependant reconnaître que le parti qui lui avait été choisi n'était pas mal non plus, restait à savoir si il saurait la rendre heureuse.

-Je pars en fin de semaine, il nous reste quelques jours pour profiter France. Ne sois pas triste et pense à tout ce que je vais découvrir. C'est merveilleux l'aventure non ?
Le visage de France ne se dérida pas. Les larmes laissaient une traînée sombre sur ses joues.
-Je sais que tu pars bientôt, mais je ne peux m'empêcher de craindre pour toi. Nous ne connaissons rien de ce continent, le père pense avoir fait une bonne affaire en achetant ces arpents de terre mais qui sait si tout ce projet est viable ? Et puis comment tu feras là-bas, si loin de nous ?

-Moi j'y crois... éleveur de chevaux l'idée m'a plu dès le départ. Imagine tout ce que je vais pouvoir faire, tout ce que je vais pourvoir découvrir !
-Et bien toi... pense à tout ce que tu laisses ici !
Je ris mais elle avait touché juste. Le visage de Louison m'apparaissait soudain dans l'obscurité de la pièce simplement éclairé par la lueur d'une chandelle. Un joli visage, frais, rose, même si elle avait un an de plus que moi. Pour couper court, je souhaitai bonne nuit et filai dans ma chambre.

Une heure plus tard, allongé sur mon lit, le sommeil prit le dessus et m'entraîna dans des rêves érotiques où Louison se donnait à moi sans retenue.

@@@


Au petit matin, j'entrai dans la cuisine où le feu dansait déjà dans la cheminée. Il répandait une agréable chaleur, la nuit avait été fraîche. Tandis que j'attaquais ma tartine trempée dans le café fumant, je fus frappé de voir combien mon père arborait un large sourire, mais combien aussi, les rides marquées son front et ses joues où un poil dru se dressait.

-Dans deux mois tout au plus, tu seras sur place mon fils. Les colons t'aideront à bâtir ta maison, oh ne t'attends pas à une demeure bourgeoise, il faudra du temps pour t'établir, mais j'ai confiance en toi.

Je ne répondis pas. D'un seul coup tout cela me semblait aventureux. Certes, je ne partais pas seul, d'autres aventuriers que mon père connaissait, prenaient le même navire et seraient mes voisins terriens, mais du haut de mes dix huit ans, l'aventure me sembla soudain périlleuse.

Ma mère papotait avec France qui avait toujours le visage triste de la veille. Elle semblait la réconforter. Je n'arrivais pas à saisir le sens de leur échange, mais la main de ma mère posé sur le bras de France m'indiquait qu'elle tentait de la calmer et de la rassurer. Mon père me coupa dans ma réflexion.

-Aujourd'hui, dernier jour de travail à la ferme fils. Il faut rentrer le foin, et labourer le champs du haut. Après, tu auras tout loisir de préparer tes affaires et de faire tes adieux aux voisins et à la famille.

-Ça va père, je suis content de partir mais, j'avoue que de vous laisser ici m'attriste beaucoup. Le temps fera son œuvre mais les séparations sont toujours difficiles et nul ne sait quand je pourrai revenir... tout est si loin !

-Arrête de t'inquiéter. Pense à ton avenir, pense à ce continent magnifique qui va t'offrir de belles et nombreuses perspectives.
Je me souvins des paroles de ma sœur la veille au soir... Le visage de Louison une nouvelle fois m'apparut et une vague de tristesse me submergea à nouveau. Je n'en fis rien paraître, mais mon cœur était lourd.

-Tout ne sera pas facile, je te l'accorde, mais si tu fais ce que je t'ai dit, petit à petit tu trouveras tes marques, tu te feras de nouveaux amis. De plus, tu seras fort occupé, tu n'auras pas trop le temps de t'apitoyer sur ton sort.

-Je sais père... tout cela est excitant, mais il m'arrive de douter... douter de moi ! Est-ce que je serai à la hauteur ?
-Tu le seras et dans le pire des cas, si tu devais échouer, tu sais que tu pourras revenir, tu auras toujours ta place ici.
Sa voix me parut haut-perchée, comme s'il retenait un sanglot. En le regardant droit dans les yeux, j'y vis briller la naissance d'une larme, était-il aussi sûr de lui ? J'en arrivai à douter.
La journée se déroula comme prévu. Après avoir entrer le fourrage pour les bêtes, j'en vins à sortir Igor, le superbe cheval de trait de race Frison. Il serait du voyage avec moi, un autre cadeau de mon père que je ne sus refuser car, Igor et moi nous nous connaissions depuis plus de sept ans. Je venais d'avoir onze ans lorsque le père l'avait ramené d'une foire en pays Chartrain. Dès le premier coup d'œil j'en étais tombé fou amoureux. Sa robe noire à la crinière frisée, son port de tête majestueux et sa musculature se dessinant tout le long de son corps m'avaient fait succomber à son charme. Ajoutez à cela son caractère joueur et son intelligence, il n'en fallait pas plus pour que nous devenions inséparables.

Je passai par conséquent le reste de la journée en compagnie d'Igor à pousser et enfoncer la charrue dans la terre argileuse du champs du haut. Le travail était harassant, tant pour mon compagnon que pour moi et nous fûmes contents d'entendre l'angélus sonner à midi. Je laissai à Igor le temps nécessaire de se reposer tandis que je déjeunai d'un quignon de pain et d'un bout de fromage dont l'odeur me chatouilla les narines. Je décidai qu'après mon ouvrage, dès le bain pris, j'irai retrouver ma douce Louison pour passer, avec elle, une soirée, l'une des dernières avant mon départ.

Le soleil nous avait chauffé la couenne tout l'après midi, et je ne fus pas mécontent de rentrer Igor à l'écurie. Après m'être occupé de lui, fidèle compagnon, je me mis en devoir de m'occuper de ma propre personne après quoi, je retrouvai ma mère.

-Mère ! Je ne serai pas à table avec vous ce soir. Je rends visite à Louison et je ne rentrerai pas de bonne heure. Il me faut la voir, je sais que vous comprenez.
-Fais mon fils, fais. Profite... depuis quelques temps les jours défilent encore plus vite que les heures. On ne retient pas le temps... Ne te contente pas de le regarder passer, profite et amuse toi.

Rasé de près, vêtu de mon costume du dimanche, je rejoignis Louison. Elle m'attendait, blanche, légère, belle, devant la fontaine du village.

...A suivre...



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Photo de profil de Wedreca
Wedreca
20 janvier 2023 à 17:22
Bravo ! Toujours très bien écrit :)
Une mise en place... un départ... des adieux...
L'aventure va bientôt commencer ;).
Direction le chapitre 2...
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Utilisateur supprimé
20 janvier 2023 à 17:12
Une belle histoire qui se présente là , vivement la suite.
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Photo de profil de Ced6782
Ced6782
9 décembre 2022 à 09:49
Très belle entrée en matière vivement la suite je m'en hâte énormément
Soyez respectueux
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