Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
A la merci de mon rival — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
A la merci de mon rival
Chapitre 4
Le lendemain, je cours partout. Ce nouveau projet, ajouté à mon boulot habituel, me prend tout mon temps. Exit le petit déjeuner, le jogging du matin, et tout ce que j'avais prévu en dehors, y compris le rendez-vous chez le coiffeur. Tant pis pour les pauses, je dois donner mon maximum pour prouver à Catherine que je suis digne de reprendre ses rênes.
A midi, alors que je peux enfin grignoter un petit encas, tranquillement installée à mon bureau, Martial s'invite sans aucune gêne, déballant son tupperware sur mes documents. Moi qui comptais faire un peu de prospection en mangeant…
— Alors, ça se passe bien le projet ? Me questionne-t-il en commençant à dévorer son plat.
— J'avance bien. Je vais recevoir les plans de l'architecte la semaine prochaine, ça risque d'accélérer un peu les choses.
— Tu as l'air complètement surbookée.
— Je n'ai pas une minute. D'ailleurs je comptais profiter de ma pause déjeuner pour avancer un peu sur le reste, tenté -je de lui faire comprendre que j'aimerais être tranquille.
— Il ne faut pas oublier de décompresser. Tu es toute tendue ! Attends, je connais un truc infaillible pour te relaxer, dit-il en passant derrière moi.
— J'avance bien. Je vais recevoir les plans de l'architecte la semaine prochaine, ça risque d'accélérer un peu les choses.
— Tu as l'air complètement surbookée.
— Je n'ai pas une minute. D'ailleurs je comptais profiter de ma pause déjeuner pour avancer un peu sur le reste, tenté -je de lui faire comprendre que j'aimerais être tranquille.
— Il ne faut pas oublier de décompresser. Tu es toute tendue ! Attends, je connais un truc infaillible pour te relaxer, dit-il en passant derrière moi.
Il commence à poser ses mains sur mes épaules et automatiquement, mon corps se crispe. Ainsi, quand je vois la silhouette de Castier apparaître dans l'embrasure de la porte, j'éprouve un inespéré soulagement. J'en viens même à espérer une de ses prévisibles moqueries pour me sortir de cette embarrassante situation.
— Tout se passe bien ici ? S'enquiert-il. Je vois que vous semblez surchargés de travail…
— En effet oui, en profité-je pour me redresser et m'éloigner de Martial. C'est pour ça que je disais justement à Martial qu'il est temps de s'y remettre.
— Euh… oui, c'est vrai qu'il est déjà tard, rétorque Martial, tout penaud.
— Alors Martial, c'est bientôt ton anniversaire de mariage, le félicite faussement Castier. Combien déjà, vingt ans ?
— Dix-neuf le mois prochain.
— Ah c'est beau ça… Si jamais tu as besoin d'aide pour organiser une surprise à ta femme, n'hésite pas surtout.
— Euh oui, merci Cyril. Au fait, j'étais en train de féliciter Anaïs pour ses exploits, contrattaque-t-il. Il paraît qu'elle a brillamment réussi à vendre le Duplex rue Montand au prix demandé. Catherine a décidément bien choisi son successeur, tu ne trouves pas ?
— Rue Montand ? Une bien jolie signature en effet. D'ailleurs, ça serait très élégant de votre part de nous expliquer comment vous vous y êtes prise.
— Ouais, le Duplex…
— En effet oui, en profité-je pour me redresser et m'éloigner de Martial. C'est pour ça que je disais justement à Martial qu'il est temps de s'y remettre.
— Euh… oui, c'est vrai qu'il est déjà tard, rétorque Martial, tout penaud.
— Alors Martial, c'est bientôt ton anniversaire de mariage, le félicite faussement Castier. Combien déjà, vingt ans ?
— Dix-neuf le mois prochain.
— Ah c'est beau ça… Si jamais tu as besoin d'aide pour organiser une surprise à ta femme, n'hésite pas surtout.
— Euh oui, merci Cyril. Au fait, j'étais en train de féliciter Anaïs pour ses exploits, contrattaque-t-il. Il paraît qu'elle a brillamment réussi à vendre le Duplex rue Montand au prix demandé. Catherine a décidément bien choisi son successeur, tu ne trouves pas ?
— Rue Montand ? Une bien jolie signature en effet. D'ailleurs, ça serait très élégant de votre part de nous expliquer comment vous vous y êtes prise.
— Ouais, le Duplex…
Depuis la fameuse contre-visite, je n'ai plus de nouvelles du couple. Il est clair que l'irruption de Castier a fait capoter la vente. Jamais je n'aurais dû me vanter auprès de Sonia, voilà dans quelle galère je me trouve maintenant… Le petit sourire suffisant sur les lèvres de Castier m'agace : décidément, il adore me tourmenter ! Dire que pendant un instant, j'étais contente de le revoir, j'en viens presque à regretter les massages de Martial. Vite, une parade pour me sortir de là.
— Je ne vais quand même pas vous dévoiler mes petites astuces. On en reparlera quand je serai dans le siège de Catherine, plaisanté-je. En attendant messieurs je vous laisse, j'ai du travail qui m'attend.
Je m'éclipse aux toilettes, leur laissant le temps d'évacuer les lieux. Isolée dans la petite pièce exiguë, je souffle enfin, ravie d'avoir échappé à cette situation très gênante. Martial est un collègue, impossible de le remballer comme je l'aurais voulu. Mais ce qui m'énerve le plus, c'est que Castier m'a sortie de ce pétrin… pour ensuite me planter un couteau dans le dos.
Soudain, alors que je suis en train d'uriner, un coup retentit à la porte.
— Ouvrez, commande la voix de Castier.
— Une minute, je termine.
— Ouvrez tout de suite, Gronde-t-il plus fort.
— Une minute, je termine.
— Ouvrez tout de suite, Gronde-t-il plus fort.
Il risque d'alerter Martial ! Bien obligée, j'ouvre la porte et le laisse entrer dans l'étroite pièce. Son entrejambe est juste sous mon nez, je fais tout mon possible pour éviter de poser mes yeux dessus et toise mon intrus avec dédain.
— Nous en sommes là alors ? Je ne peux même plus aller aux toilettes tranquille ?
— Finissez donc, cela ne me dérange pas.
— Quel grand Prince ! Merci ! Ironisé-je.
— Finissez donc, cela ne me dérange pas.
— Quel grand Prince ! Merci ! Ironisé-je.
Castier attrape mon menton d'une main pour sonder mon regard. Je ne détourne pas les yeux, même malgré l'évidente honte qui m'envahit tandis que les dernières gouttes dorées chutent dans un bruit caractéristique. Lentement, il passe son pouce sur la pulpe de mes lèvres.
Comme je déteste cet effet qu'il a sur moi ! Muette de stupeur comme de désir, je ne peux que me laisser guider par cette main, qui contraint ma bouche à s'ouvrir. Mais, au moment où je ne me tiens plus vraiment sur mes gardes, à cause de son étrange douceur, il me relâche et sort son sexe.
Comme je déteste cet effet qu'il a sur moi ! Muette de stupeur comme de désir, je ne peux que me laisser guider par cette main, qui contraint ma bouche à s'ouvrir. Mais, au moment où je ne me tiens plus vraiment sur mes gardes, à cause de son étrange douceur, il me relâche et sort son sexe.
— Je vois que vous commencez à être plus docile, c'est bien.
Ma réponse n'a pas le temps de franchir mes lèvres : il y présente son membre, à juste quelques millimètres, si proche que je peux sentir la chaleur qui en émane. Impossible de lui balancer une réponse en bonne et due forme, je suis comme hypnotisée par cette colonne de chair qu'il caresse sous mes yeux.
Quant à mon entrejambe, il s'enflamme fatalement, ce qui commence à devenir une habitude avec lui. Ça ne m'enchante pas vraiment, mais je dois bien l'avouer, que je le veuille ou non mon corps est asservi à ce type. Traître de corps, qui ne désire qu'une seule chose, qu'il en prenne enfin possession…
Afin de réfréner mon envie de l'aspirer entre mes lèvres, je me concentre sur ses yeux, dont les pupilles sont si dilatées, qu'on ne distingue presque plus le brun de ses iris. Sa main s'active sur son membre avec vigueur et les petits bruits caractéristiques qui s'en échappent annoncent l'imminence de son orgasme.
Oh non! S'il jouit comme ça sur mon visage, il risque de m'en mettre partout et je n'ai pas de tenue de rechange pour mes visites de l'après midi… Bien décidée à ce que ça n'arrive pas, je mets ma fierté de côté et franchis les quelques millimètres qui nous séparent, absorbant cette alléchante queue entre mes lèvres.
Castier grogne tandis que je suçote délicatement son gland, dégustant le liquide qui y perle. Pourtant, après une délicieuse mais courte seconde, il agrippe mon chignon et me tire brusquement la tête en arrière.
— Qui vous a donné la permission ? Gronde-t-il, le regard luisant de rage.
— Je… je ne voulais pas en avoir partout, balbutié-je, complètement déstabilisée par le retournement de situation.
— C'était pourtant mon intention.
— Oh ça va, maugréé-je. Je suis sûre que vous aviez envie de ça, pas besoin d'être si buté…
— Au contraire, je vous le répète, je n'ai aucune envie de vous toucher. Je ne m'abaisserai pas à ça.
— C'est pas ce que vous disiez hier soir, quand vous m'avez baisé la bouche contre la portière de ma voiture.
— Un simple moment d'égarement, conclut-il sévèrement. Taisez-vous maintenant. Notre ami Martial risque de se demander où nous sommes passés, reprenons.
— Je… je ne voulais pas en avoir partout, balbutié-je, complètement déstabilisée par le retournement de situation.
— C'était pourtant mon intention.
— Oh ça va, maugréé-je. Je suis sûre que vous aviez envie de ça, pas besoin d'être si buté…
— Au contraire, je vous le répète, je n'ai aucune envie de vous toucher. Je ne m'abaisserai pas à ça.
— C'est pas ce que vous disiez hier soir, quand vous m'avez baisé la bouche contre la portière de ma voiture.
— Un simple moment d'égarement, conclut-il sévèrement. Taisez-vous maintenant. Notre ami Martial risque de se demander où nous sommes passés, reprenons.
Quel enfoiré, je n'en reviens pas !
Entre humiliation et colère sourde, je me résous et abdique, le laissant se finir sur mon visage et mon cou, sans attendre plus de sa part. Tandis qu'il me maintient toujours la tête en arrière, il se branle frénétiquement au-dessus de ma gorge. Soudain, dans un râle rauque, il explose enfin et son jus vient se répandre sur mes joues, mon front et mon menton, dégoulinant sur mon cou.
Quand finalement Castier me relâche, j'ai juste le temps de récupérer avec mon doigt une goutte de semence avant qu'elle n'atteigne mon chemisier.
— Vous avez raison, il ne faut pas gâcher. Vous qui souhaitiez tant avaler mon sperme, vous n'avez plus qu'à vous servir. Allez, léchez bien tout ça.
Le regard plein de défi, je garde mes yeux plantés dans les siens tandis que je récolte jusqu'à la dernière trace de sa jouissance, avant de les porter à ma bouche.
— Satisfaite ? Se moque-t-il. Votre tenue est encore propre.
— Allez vous faire foutre.
— Ne soyez pas vulgaire, vous savez à quel point cela me déplaît.
— Allez vous faire foutre.
— Ne soyez pas vulgaire, vous savez à quel point cela me déplaît.
Quand nous sortons enfin de cette étroite geôle, j'arrange tant bien que mal ma tenue tout en essayant de voir si Martial est dans les parages. Personne. Ouf. Il s'en est fallu de peu.
Furieuse, je fusille Castier du regard et pointe un doigt accusateur sur son torse.
Furieuse, je fusille Castier du regard et pointe un doigt accusateur sur son torse.
— Vous aviez promis que ma réputation n'en pâtirait pas, c'était le contrat ! Vous vous rendez compte si Martial nous avait surpris ?
— Quoi ? Je vous ai garanti que personne ne saurait rien sur vos pratiques extra professionnelles et c'est précisément ce que je fais. Pour votre réputation d'allumeuse par contre, je ne peux défaire ce que vous avez commencé.
— Quoi ? Je vous ai garanti que personne ne saurait rien sur vos pratiques extra professionnelles et c'est précisément ce que je fais. Pour votre réputation d'allumeuse par contre, je ne peux défaire ce que vous avez commencé.
Sceptique, je reste silencieuse devant cette réponse qui sonne comme un reproche et tente de refaire correctement mon chignon. Hélas, j'ai les doigts si crispés que l'élastique m'échappe et tombe aux pieds de Castier. Ce dernier le ramasse et me le tend, l'air radouci. Comme pour me rassurer, il continue :
— Martial est un abruti, il ne verrait pas une vache au beau milieu d'un couloir. Il n'y a aucune chance qu'il comprenne ce que nous faisions dans ces toilettes. Le connaissant, il est certainement parti se branler en pensant au moment que j'ai interrompu tout à l'heure.
— Oh…
— D'ailleurs, il doit maudire mon arrivée, plaisante-t-il. Devoir se contenter de sa main alors qu'il aurait pu avoir bien plus…
— Il n'aurait rien eu de plus, qu'est-ce que vous croyez ? Que Martial et moi on couche ensemble ?
— C'est pourtant une évidence… Difficile d'oublier le spectacle que vous nous avez offert lors de cette soirée l'année dernière.
— C'est arrivé juste une fois, j'avais trop bu, soupiré-je. Depuis j'essaie de lui faire comprendre qu'il ne se passera rien de plus.
— Et bien … dit-il en me scrutant d'une manière étrange. Si en tant que spectateur, je n'avais pas saisi que ses avances n'étaient pas les bienvenues, je doute que lui-même l'ait compris.
— C'est justement là le problème. Nous avons de bons rapports professionnellement et je n'ai pas envie que ça change. Si je le remballe, il risque de se vexer. Et croyez-moi, un collègue qui vous déteste, ça suffit amplement.
— Donc vous le laissez faire ? Vous toucher ainsi ?
— Je n'ai pas vraiment le choix…
— Oh…
— D'ailleurs, il doit maudire mon arrivée, plaisante-t-il. Devoir se contenter de sa main alors qu'il aurait pu avoir bien plus…
— Il n'aurait rien eu de plus, qu'est-ce que vous croyez ? Que Martial et moi on couche ensemble ?
— C'est pourtant une évidence… Difficile d'oublier le spectacle que vous nous avez offert lors de cette soirée l'année dernière.
— C'est arrivé juste une fois, j'avais trop bu, soupiré-je. Depuis j'essaie de lui faire comprendre qu'il ne se passera rien de plus.
— Et bien … dit-il en me scrutant d'une manière étrange. Si en tant que spectateur, je n'avais pas saisi que ses avances n'étaient pas les bienvenues, je doute que lui-même l'ait compris.
— C'est justement là le problème. Nous avons de bons rapports professionnellement et je n'ai pas envie que ça change. Si je le remballe, il risque de se vexer. Et croyez-moi, un collègue qui vous déteste, ça suffit amplement.
— Donc vous le laissez faire ? Vous toucher ainsi ?
— Je n'ai pas vraiment le choix…
Il est sur le point de dire quelque chose quand la sonnette de la porte de l'agence retentit, suivie par les rires de Sonia et Catherine, qui rentrent de leur pause déjeuner.
— Je dois y aller, ma première visite est à treize heures, esquivé-je la suite de cette conversation bien trop personnelle.
— J'ai aussi un rendez vous, dit-il en regardant sa montre. Retrouvons-nous ici ce soir. C'est moi qui m'occupe de la fermeture, les autres seront absents.
— Ce soir ? M'écrié-je. Je ne peux pas, j'ai des obligations.
— Et bien décalez-les.
— Qu'est-ce que vous n'avez pas saisi dans le terme Obligations ?
— Bien, alors je vous y accompagne puisque c'est si important.
— Quoi ? Mais non ! Revenez ici !
— Dix-neuf heures trente Mademoiselle Marchal. C'est non négociable.
— J'ai aussi un rendez vous, dit-il en regardant sa montre. Retrouvons-nous ici ce soir. C'est moi qui m'occupe de la fermeture, les autres seront absents.
— Ce soir ? M'écrié-je. Je ne peux pas, j'ai des obligations.
— Et bien décalez-les.
— Qu'est-ce que vous n'avez pas saisi dans le terme Obligations ?
— Bien, alors je vous y accompagne puisque c'est si important.
— Quoi ? Mais non ! Revenez ici !
— Dix-neuf heures trente Mademoiselle Marchal. C'est non négociable.
Et merde…
Tous les vendredis soirs, au lieu de sortir avec mes quelques rares amies pour décompresser de la semaine, je m'adonne à une activité bien plus… illégale. Rien de dangereux ou de malsain, mais qui pourrait me valoir bien des problèmes si quelqu'un venait à l'apprendre. Comment Castier réagirait-il en le découvrant ? Irait-il me dénoncer, fermerait-il les yeux ou bien pire, s'en servirait il pour me faire chanter ? Impossible de savoir avec lui, c'est pourquoi il ne doit absolument pas me suivre ce soir.
Tous les vendredis soirs, au lieu de sortir avec mes quelques rares amies pour décompresser de la semaine, je m'adonne à une activité bien plus… illégale. Rien de dangereux ou de malsain, mais qui pourrait me valoir bien des problèmes si quelqu'un venait à l'apprendre. Comment Castier réagirait-il en le découvrant ? Irait-il me dénoncer, fermerait-il les yeux ou bien pire, s'en servirait il pour me faire chanter ? Impossible de savoir avec lui, c'est pourquoi il ne doit absolument pas me suivre ce soir.
A dix-neuf heures trente, assise dans ma voiture, j'ai un petit pincement d'appréhension en songeant à la prochaine fois où je croiserai Castier. Il l'aura forcément mauvaise. Après tout, j'ai désobéi délibérément et notre contrat stipule que chaque violation entraîne une punition…
Tant pis. J'encaisserai, peu importe. L'essentiel est qu'il ne découvre pas ce que je fabrique les vendredis soirs, sinon qui sait quel nouveau chantage il pourrait inventer…
Tant pis. J'encaisserai, peu importe. L'essentiel est qu'il ne découvre pas ce que je fabrique les vendredis soirs, sinon qui sait quel nouveau chantage il pourrait inventer…
Alors que je me dirige vers l'établissement vétuste qui me fait désormais face, j'entends un bruit de pas précipités derrière moi et me retourne. Avec un mélange de stupeur et d'horreur, je vois Castier avancer dans ma direction, les poings serrés mais avec une lueur de victoire dans le regard.
— Mais qu'est-ce que vous fichez là ? Comment vous avez fait pour…
— Disons que j'ai anticipé votre petite rébellion. Je vous ai suivi tout simplement. A vous de me dire ce que vous venez faire ici, dans cette cité ? L'endroit n'est pas très recommandable à cette heure pour une femme seule.
— Ça ne vous regarde pas.
— Encore une de vos escapades avec un client, c'est ça ?
— Mais pas du tout, m'emporté-je. Il va falloir arrêter avec ces foutus sous entendus. Chaque fois que vous ouvrez la bouche, j'ai l'impression d'être la pire des salopes.
— Il fallait s'attendre à ce qu'on vous traite ainsi, quand on ouvre aussi facilement les cuisses que vous le faites.
— Disons que j'ai anticipé votre petite rébellion. Je vous ai suivi tout simplement. A vous de me dire ce que vous venez faire ici, dans cette cité ? L'endroit n'est pas très recommandable à cette heure pour une femme seule.
— Ça ne vous regarde pas.
— Encore une de vos escapades avec un client, c'est ça ?
— Mais pas du tout, m'emporté-je. Il va falloir arrêter avec ces foutus sous entendus. Chaque fois que vous ouvrez la bouche, j'ai l'impression d'être la pire des salopes.
— Il fallait s'attendre à ce qu'on vous traite ainsi, quand on ouvre aussi facilement les cuisses que vous le faites.
La gifle part toute seule et son éclat résonne avec force dans la cour. Ma main me brûle mais lui reste stoïque, imperturbable. Je m'attends à ce qu'il réplique d'une seconde à l'autre quand soudain, une voix nous interrompt.
— Tout va bien Anaïs ? Ce monsieur t'embête ?
— Oh bonsoir Farouk. Ça va, ne t'inquiètes pas. C'est juste mon collègue. On se chamaille.
— Oh bonsoir Farouk. Ça va, ne t'inquiètes pas. C'est juste mon collègue. On se chamaille.
L'arrivée de Farouk est un soulagement, même si me voilà maintenant contrainte de faire les présentations.
— Farouk, je te présente Cyril Castier, mon collègue. Cyril, voici Farouk El Hamid, le gérant de l'association de quartier dans laquelle je viens donner un coup de main.
— Bonsoir, dit Castier en lui tendant la main.
— C'est gentil de venir donner un coup de main, répond le sympathique sexagénaire. On a toujours besoin de main d'œuvre ici. Venez, suivez-moi.
— Bonsoir, dit Castier en lui tendant la main.
— C'est gentil de venir donner un coup de main, répond le sympathique sexagénaire. On a toujours besoin de main d'œuvre ici. Venez, suivez-moi.
Dès que Farouk nous laisse seuls une seconde, Castier empoigne mon bras et m'accule dans un recoin.
— Vous allez me dire ce qu'il se passe ici. Dans quel traffic vous êtes vous embarqué ?
— Il n'y a aucun traffic, c'est juste une association de quartier qui sert des repas aux démunis.
— Alors pourquoi m'avoir caché que vous faites du bénévolat ?
— C'est ma vie privée, ça ne vous regarde pas.
— Cessez donc cet accès de fausse modestie ! Ce n'est absolument pas votre genre. C'est une activité très louable et vous en êtes consciente. Or, si vous me l'avez dissimulée, c'est bien parce que vous avez peur de ce que j'y découvrirai…
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, il n'y a rien à découvrir, mentis-je. J'ai tout à fait le droit de ne pas vouloir d'un type aussi sinistre que vous dans ce lieu.
— Vous ne dites pas toute la vérité, je le vois dans vos yeux.
— Stop. S'il vous plaît. Pour une fois, mettez de côté vos préjugés à mon égard et arrêtez de poser des questions, dis-je en me libérant de son étreinte pour rejoindre Farouk.
— Il n'y a aucun traffic, c'est juste une association de quartier qui sert des repas aux démunis.
— Alors pourquoi m'avoir caché que vous faites du bénévolat ?
— C'est ma vie privée, ça ne vous regarde pas.
— Cessez donc cet accès de fausse modestie ! Ce n'est absolument pas votre genre. C'est une activité très louable et vous en êtes consciente. Or, si vous me l'avez dissimulée, c'est bien parce que vous avez peur de ce que j'y découvrirai…
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, il n'y a rien à découvrir, mentis-je. J'ai tout à fait le droit de ne pas vouloir d'un type aussi sinistre que vous dans ce lieu.
— Vous ne dites pas toute la vérité, je le vois dans vos yeux.
— Stop. S'il vous plaît. Pour une fois, mettez de côté vos préjugés à mon égard et arrêtez de poser des questions, dis-je en me libérant de son étreinte pour rejoindre Farouk.
Ce dernier revient justement accompagné d'un jeune bénévole et avant que Castier ne s'approche, je lui fais comprendre que j'aurais besoin d'un petit coup de main. D'un clin d'œil complice, il me rassure et apostrophe mon collègue:
— Cyril, voici Loïc, le commis de cuisine de ce soir. Suis-le, il va te donner du boulot. On a récupéré un sacré paquet de pommes de terre invendues, va falloir éplucher tout ça.
Je jette un regard reconnaissant à mon sauveur, avant de rejoindre le petit local dans lequel je travaille habituellement. Un vieil homme à l'allure décharnée m'y attend déjà, le visage éprouvé par une profonde mélancolie.
Lorsqu'il ressort quinze minutes plus tard, le maigre sourire qui orne ses lèvres me réchauffe le coeur et fait s'envoler les doutes qui m'avaient assaillis en ce début de soirée.
La personne suivante prend alors sa place et ainsi de suite, jusqu'à vingt et une heure trente, heure à laquelle les portes de l'association se ferment au public.
Lorsqu'il ressort quinze minutes plus tard, le maigre sourire qui orne ses lèvres me réchauffe le coeur et fait s'envoler les doutes qui m'avaient assaillis en ce début de soirée.
La personne suivante prend alors sa place et ainsi de suite, jusqu'à vingt et une heure trente, heure à laquelle les portes de l'association se ferment au public.
Comme chaque fois après le service, nous partageons un repas tous ensemble. Dans la cuisine, je retrouve un Castier débraillé, la chevelure en désordre, chemise ouverte surmontée d'un tablier souillé. Son air perpétuellement strict et austère a disparu. Il paraît différent. Pire, je le vois même échanger un rire franc avec le jeune Loïc. Je crois bien que c'est la première fois que je le vois rire. Troublée, je l'observe avec curiosité, peu habituée à ce comportement.
Une ambiance légère flotte dans l'air. Le nouvel arrivant semble si bien s'intégrer qu'il est déjà presque minuit lorsque nous quittons enfin les lieux.
Une ambiance légère flotte dans l'air. Le nouvel arrivant semble si bien s'intégrer qu'il est déjà presque minuit lorsque nous quittons enfin les lieux.
— Merci les jeunes, et n'hésitez pas à revenir Cyril, la porte est grande ouverte.
— Comptez sur moi Farouk. Ce sera avec plaisir.
— Anaïs, on se dit à la semaine prochaine !
— A la semaine prochaine Farouk. Bonne nuit.
— Comptez sur moi Farouk. Ce sera avec plaisir.
— Anaïs, on se dit à la semaine prochaine !
— A la semaine prochaine Farouk. Bonne nuit.
Le moment que j'appréhendais depuis tout à l'heure est arrivé : Castier et moi nous retrouvons seuls sur le parking et dans un silence de plomb, nous marchons jusqu'à ma voiture.
— Bon, rompis-je le silence en me tournant vers lui avec détermination. Vous voulez faire ça ici ou bien ailleurs ?
— Faire ça ? Répète-t-il comme s'il n'avait pas saisi le sens de ma phrase.
— Et bien oui, ce que vous aviez prévu initialement. C'est vous qui avez souhaité que nous nous retrouvions ce soir, j'imagine donc que vous aviez envisagé quelque chose en rapport avec notre contrat.
— C'est vrai que j'avais d'autres plans pour cette soirée mais finalement, je l'ai trouvée bien plus instructive. Aussi surprenant que cela soit, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne soirée.
— Ah oui ? Même en ma présence ? Plaisanté-je. Attention je vais finir par croire que vous commencez à m'apprécier.
— Vous appréciez, n'allons pas jusque là. Mais si je dois être honnête, je dois dire que vous me déroutez.
— Je vous déroute ?
— Je pensais avoir saisi le genre de femme que vous êtes, une carrieriste croqueuse d'hommes, superficielle. Mais finalement, je m'aperçois que vous êtes bien plus complexe que cela.
— On dirait presque un compliment venant de vous.
— C'en est un. Bonne nuit Mademoiselle Marchal, à demain.
— Bonne nuit ? Répété-je, stupéfaite. Et le contrat ?
— Nous verrons cela demain. La journée a été longue et vous semblez exténuée. Rentrez vous coucher.
— Faire ça ? Répète-t-il comme s'il n'avait pas saisi le sens de ma phrase.
— Et bien oui, ce que vous aviez prévu initialement. C'est vous qui avez souhaité que nous nous retrouvions ce soir, j'imagine donc que vous aviez envisagé quelque chose en rapport avec notre contrat.
— C'est vrai que j'avais d'autres plans pour cette soirée mais finalement, je l'ai trouvée bien plus instructive. Aussi surprenant que cela soit, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne soirée.
— Ah oui ? Même en ma présence ? Plaisanté-je. Attention je vais finir par croire que vous commencez à m'apprécier.
— Vous appréciez, n'allons pas jusque là. Mais si je dois être honnête, je dois dire que vous me déroutez.
— Je vous déroute ?
— Je pensais avoir saisi le genre de femme que vous êtes, une carrieriste croqueuse d'hommes, superficielle. Mais finalement, je m'aperçois que vous êtes bien plus complexe que cela.
— On dirait presque un compliment venant de vous.
— C'en est un. Bonne nuit Mademoiselle Marchal, à demain.
— Bonne nuit ? Répété-je, stupéfaite. Et le contrat ?
— Nous verrons cela demain. La journée a été longue et vous semblez exténuée. Rentrez vous coucher.
Je reste quelques secondes dans le froid, le regardant s'éloigner, l'esprit complètement embrumé. Son étrange clémence me sidère. Non seulement il ne m'a pas puni pour mon acte de désobéissance de ce soir, mais en plus, il n'a rien exigé de moi alors qu'il en avait l'occasion. Tout comme lui, je commence à penser que je me suis peut-être trompée sur son compte. Et s'il n'était pas le gros enfoiré que j'imaginais ? Ça rendrait sûrement la situation bien plus facile.
Mais je ne dois pas me bercer d'illusions, il me tient en laisse avec cette vidéo. Peu importe qu'il ait été aimable durant une seconde, au final, il reste mon maître chanteur…
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