Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Nos rêves fous — Chapitre 3 · Trouple diner
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Nos rêves fous
Chapitre 3 · Trouple diner
La nouvelle session de la Cour d'Assises se rapproche et mon doudou est nerveux. Je dois reconnaitre que ça doit toujours être stressant de songer que des hommes ou des femmes comptent sur vous pour les défendre, les représenter en toutes circonstances. J'essaie dans ces périodes où il doute du bienfondé de sa mission, de son travail, de lui rendre les choses plus douces. C'est là que l'amour entre dans sa phase la plus ardue. Épauler l'autre dans les moments difficiles, c'est s'oublier parfois durant le temps nécessaire à un rétablissement d'un équilibre précaire. Puis les évènements digérés, notre chemin redevient plus bleu, pavé de nos intentions les meilleures.
Il a ce soir le sourire des grands jours. Je ne pose jamais de question sur ce qui le rend si joyeux dans son boulot. Non ! Il sait me le raconter sans que ce soit moi qui pose le sujet sur la table. Et comme pour chaque fin de mes longs chantiers, pour faire retomber la pression, nous avons divers moyens à notre disposition. Les sorties ciné, restaurant, théâtre en font partie, au même titre que le sexe. Il arrive souvent que nous mélangions les genres, ce qui n'est pas pour me déplaire. Alors, ce vendredi soir, puisque mon homme est d'humeur gaie, je lui rappelle que nous avons toujours une invitation à rendre.
— Tu te souviens Pierre que nous avons diné chez nos amis Yann et Annabelle…
— Oui… avec leur fameux « cousin » ! Mais pourquoi me parler d'eux aujourd'hui ?
— J'ai l'intention de les inviter demain soir. Puisque la mauvaise période de ton travail est terminée, peut-être que c'est jouable ?
— Oh… mais c'est une bonne idée, ça va me remettre l'esprit à l'endroit. J'en ai besoin. Oui, c'est toujours un plaisir de revoir des amis… tu es une vraie fée. Tu penses toujours à tout ma chérie.
— Reste un point à débattre mon cher maître.
— Lequel, je vous prie, madame la présidente…
— Moque-toi, moque-toi… l'écueil c'est justement « Cousin Hugues ». Il se peut qu'il soit invité chez eux pour le week-end et décemment, on ne peut pas le priver de son couple favori.
— C'est sûr que je n'ai pas vu cela sous cet angle. Après tout, c'est un homme exquis et puis… un de plus ou un de moins, notre lave-vaisselle supportera bien un couvert supplémentaire.
— D'accord ! C'est ce que je voulais entendre… il est donc entendu que s'il est chez eux, il est invité d'office.
— Naturellement, ça tombe sous le sens.
— J'appelle Annabelle… pendant que tu regardes les informations.
— Oui… avec leur fameux « cousin » ! Mais pourquoi me parler d'eux aujourd'hui ?
— J'ai l'intention de les inviter demain soir. Puisque la mauvaise période de ton travail est terminée, peut-être que c'est jouable ?
— Oh… mais c'est une bonne idée, ça va me remettre l'esprit à l'endroit. J'en ai besoin. Oui, c'est toujours un plaisir de revoir des amis… tu es une vraie fée. Tu penses toujours à tout ma chérie.
— Reste un point à débattre mon cher maître.
— Lequel, je vous prie, madame la présidente…
— Moque-toi, moque-toi… l'écueil c'est justement « Cousin Hugues ». Il se peut qu'il soit invité chez eux pour le week-end et décemment, on ne peut pas le priver de son couple favori.
— C'est sûr que je n'ai pas vu cela sous cet angle. Après tout, c'est un homme exquis et puis… un de plus ou un de moins, notre lave-vaisselle supportera bien un couvert supplémentaire.
— D'accord ! C'est ce que je voulais entendre… il est donc entendu que s'il est chez eux, il est invité d'office.
— Naturellement, ça tombe sous le sens.
— J'appelle Annabelle… pendant que tu regardes les informations.
Aussitôt dit, tout de suite fait. Évidemment dès la seconde sonnerie Annabelle décroche. Pas de problème, elle parait très enthousiaste à l'idée de passer une bonne soirée « entre amis » comme elle la nomme. Et Hugues sera bel et bien des nôtres, puisque c'est son week-end « ramonage ». C'est moi qui invente le terme dans ma caboche, pour situer le contexte, mais je me garde bien d'en faire état à mon amie. Au bout d'une petite dizaine de minutes de conversation, nous nous quittons virtuellement en nous souhaitant une bonne soirée. Et je peux aisément imaginer que la sienne sera bien remplie. De retour auprès de Pierre, il me questionne des yeux.
— C'est bon doudou… demain dinette avec nos trois invités… la soirée qui nous attend là est donc à nous !
— Ah ? Tu as prévu quelque chose de spécial ?
— Pas toi ? Les semaines passées ont été stressantes, alors un peu de délassement n'est pas inutile, qu'en dis-tu ?
— Tu penses à quoi par exemple, Agnès ?
— Un petit massage, un bon début, tu ne penses pas ?
— Pour qui le massage ? Toi ou moi ?
— Ben qui de nous deux est le plus contracté ? Je suppose que ça va te faire un bien fou… Allez, en piste mon cher maître.
— Ah ? Tu as prévu quelque chose de spécial ?
— Pas toi ? Les semaines passées ont été stressantes, alors un peu de délassement n'est pas inutile, qu'en dis-tu ?
— Tu penses à quoi par exemple, Agnès ?
— Un petit massage, un bon début, tu ne penses pas ?
— Pour qui le massage ? Toi ou moi ?
— Ben qui de nous deux est le plus contracté ? Je suppose que ça va te faire un bien fou… Allez, en piste mon cher maître.
Il ne se fait pas plus prier que cela et en deux temps et trois mouvements il est en slip sur un drap de bain immense recouvrant le canapé. Entre ses deux épaules, je fais couler une huile essentielle qui embaume la pièce. La soirée chanson à la télé nous accompagne dans la danse des mains que j'entreprends sur le corps noué de mon mari. Je frotte, de la nuque à la naissance de ses fesses, puisque son boxer interdit d'aller plus bas. Et durant de longues minutes, je triture les chairs de ce mari qui râle d'aise. Pour le bas du corps et surtout la partie qui est contre le dossier du sofa, c'est moins simple pour mes bras. Alors, pour faciliter l'accès à tout son corps, je lui demande de s'étendre au sol, sur le tapis.
Ce qui se fait dans la bonne humeur. Et il est de nouveau sous mes doigts, mais cette fois, je tire délibérément sur l'élastique de son slip et ce dernier est vite écarté du lieu où je règne en patronne. Installée à califourchon sur ses jambes, je peux tout à loisir malaxer son derrière. Là encore, je prends tout mon temps, revenant sans cesse sur les deux demi-globes, les écartant pour déverser dans la raie le liquide visqueux d'un flacon. Et mes doigts glissent désormais dans l'endroit, semblant apporter à Pierre des sensations inédites. Il glousse pour de bon, se laisse faire comme un gosse.
Là encore par jeu, par facétie, j'ose porter mon index sur l'œil brun qui se dévoile à chacun des passages de mes mains. Il tressaille, sans pour cela dire un mot. Forte de son absence de refus, j'insiste un brin, sans pour cela pénétrer l'anneau que je masse de manière circulaire et très doucement. Pourquoi est-ce que je me sens obligée de lui poser une question ? Peut-être parce que dans ces cas-là, le consentement est une obligation, voire une sureté.
— Je peux mon chéri ?
— Tu peux quoi, ma belle ?
— Mettre mon doigt… partout.
— Si c'est fait avec délicatesse, pourquoi pas ? J'y ai souvent songé, sans jamais osé te le demander… mais les hommes aiment aussi cela, sans pour cela être assez honnête pour le dire…
— C'est vrai ? Je peux donc… de toute façon mes doigts sont tellement plus fins que les tiens…
— Vas-y, mon amour, fais-toi plaisir.
— Tu détournes un peu les rôles là non ?
— Pourquoi ?
— Disons que c'est pour te faire plaisir que je veux le faire… tu piges la différence ?
— Vu comme ça… mais bon ! Ne philosophons pas sur ce truc… j'aime bien que tu penses le faire.
— Tu aimerais toi être… je ne sais pas trop comment te dire…
— Vas-y franchement, dis-moi ce que tu as dans la caboche !
— Je me demandais si tu irais plus loin avec un homme. Si à la place de mon majeur, un sexe comme celui qui doit bander sur la serviette entrait là…
—… ? Et cette idée saugrenue t'est venue par hasard, d'un seul coup ?
— Pas vraiment. C'est une longue réflexion, un cheminement particulier.
— C'est-à-dire ? Parce que je suppose que tu as quelque chose dans le crâne ?
— C'est du donnant-donnant.
— Explique-toi un peu plus…
— Eh bien, je réalise ton ou tes plus vieux fantasmes et de ton côté… tu me fais ce plaisir.
— Quoi ? Tu es en train de me dire que tu veux faire l'amour avec un autre homme devant moi et que pour cela je dois… me faire…
— J'aimerais bien… au moins une fois vivre cela… mais tu comprends… c'est gagnant-gagnant.
— C'est à voir ! Je te promets d'y réfléchir.
— Tu peux quoi, ma belle ?
— Mettre mon doigt… partout.
— Si c'est fait avec délicatesse, pourquoi pas ? J'y ai souvent songé, sans jamais osé te le demander… mais les hommes aiment aussi cela, sans pour cela être assez honnête pour le dire…
— C'est vrai ? Je peux donc… de toute façon mes doigts sont tellement plus fins que les tiens…
— Vas-y, mon amour, fais-toi plaisir.
— Tu détournes un peu les rôles là non ?
— Pourquoi ?
— Disons que c'est pour te faire plaisir que je veux le faire… tu piges la différence ?
— Vu comme ça… mais bon ! Ne philosophons pas sur ce truc… j'aime bien que tu penses le faire.
— Tu aimerais toi être… je ne sais pas trop comment te dire…
— Vas-y franchement, dis-moi ce que tu as dans la caboche !
— Je me demandais si tu irais plus loin avec un homme. Si à la place de mon majeur, un sexe comme celui qui doit bander sur la serviette entrait là…
—… ? Et cette idée saugrenue t'est venue par hasard, d'un seul coup ?
— Pas vraiment. C'est une longue réflexion, un cheminement particulier.
— C'est-à-dire ? Parce que je suppose que tu as quelque chose dans le crâne ?
— C'est du donnant-donnant.
— Explique-toi un peu plus…
— Eh bien, je réalise ton ou tes plus vieux fantasmes et de ton côté… tu me fais ce plaisir.
— Quoi ? Tu es en train de me dire que tu veux faire l'amour avec un autre homme devant moi et que pour cela je dois… me faire…
— J'aimerais bien… au moins une fois vivre cela… mais tu comprends… c'est gagnant-gagnant.
— C'est à voir ! Je te promets d'y réfléchir.
Comment ne pas être soudain sur des charbons ardents ? Il est certain que Pierre bande et alors que je fais aller et venir mon doigt dans son anus, il se tourne sur le flanc, me présentant de la sorte sa verge en érection. Je continue à lui forer le trou de balle lentement et de ma main libre, je le masturbe délicatement. Il est en extase. Il gémit, rue un peu, tressaille beaucoup, signe de son appréciation. Tout cela finit par un corps à corps où nous prenons un pied d'enfer. Oubliée sa session d'Assises, perdus de vue les mauvais moments, et surtout que de promesses pour un futur que nous allons aborder très sérieusement.
Dans mon esprit je n'arrive pas à assimiler le fait que ce soit moi qui aie proposé ce genre de plan à mon doudou. J'imagine des trucs impensables, je rêve d'une sexualité tout autre que celle qui nous lie Pierre et moi. J'ai bien dit sexualité, pas amour. Celui que j'ai pour cet homme ne peut lui, se partager. Par contre et devant les évènements si particuliers des derniers mois, je suis enfin prête à ouvrir une voie nouvelle dans nos relations sexuelles. Difficile de passer outre à mes tabous, mes interdits. Mais là, alors que je jouis sous les coups de reins de mon Pierre, je sais que je veux aller plus loin, lui donner ce dont il rêve depuis longtemps peut-être.
— oOo —
La réception du trouple est une réussite. Les petits plats dans les grands créent une ambiance assez particulière et les yeux brillent de bonheur. Finalement la pièce rapportée dans le couple ami est du genre sympathique. Hugues sait se montrer fin et spirituel. Yann et lui s'entendent parfaitement et Pierre ne fait pas allusion à quoi que ce soit. Ce qui me préserve de passer pour une menteuse auprès d'une Annabelle qui sourit aux anges à tout bout de champ. Tout se déroule dans le meilleur des mondes et comme pour le diner précédent chez eux, nos gaillards prennent le digestif au salon. Mon amie et moi en profitons pour discuter simplement dans la salle à manger.
— Tu as une mine resplendissante Annabelle… le bonheur te va bien !
— Oui… par contre ton mari lui a une petite mine, non ?
— Ben… c'est toujours comme ça après les Assises. Mais là il se remet plus vite que d'habitude…
— Pas facile son boulot, hein !
— Oui… j'ai une petite question à te poser… sur un sujet, comment dire, épineux.
— N'hésite pas… si je peux t'aider, c'est avec grand plaisir.
— Tu peux m'expliquer… succinctement comment vous avez fait pour dénicher votre complice Hugues ?
— Non ? Vous avez donc l'intention de nous emboiter le pas ?
— Ben… on en discute tous les deux. Rien de bien précis, juste un début de dialogue. Mais sait-on jamais, on voit bien que ça marche pour vous deux, alors…
— Je suis certaine que tu vas adorer.
— Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Je voudrais seulement savoir comment vous avez trouvé votre « cousin ».
— Je t'enverrai l'adresse d'un site internet dédié à ces rencontres… après c'est en fonction des affinités de chacun. Mais tu sais déjà cela… Nous avons eu quelques contacts avant de trouver le bon.
— Tu… tu as couché avec tous ?
— Non ! Je te rassure, quand je dis contact, c'est surtout des rencontres au restaurant, pour bavarder, et voir si… et puis je crois que Hugues m'a paru le plus… adapté à ce que nous espérions. Bonne situation, bonne éducation, enfin je crois que ça va souvent de pair… et puis il a plu d'emblée à Yann… c'est ce qui a sûrement déterminé mon choix. Parce que c'est bien moi qui au final l'ai choisi… puisque mon homme n'est que spectateur… après, chacun envisage sa situation et les évènements qu'il veut de la manière qui lui convient le mieux.
— Mais… ton mari… il ne participe jamais ? Je sais… c'est délicat comme question…
— Participer… tout dépend de ce que ta demande englobe… Il bande mou, mais parfois, il parvient à avoir une érection passable… sans doute due à la vision de… ce qui se passe entre Hugues et moi.
— Et alors…
— Eh bien, comme c'est rarement suffisant pour une véritable pénétration, j'accepte de le sucer pendant que… bon, je ne te fais pas de dessin.
— Je vois… les hommes entre eux… jamais ?
— Jusque-là, non…
— Pourquoi jusque-là ?
— J'aimerais qu'un jour, à un moment ça arrive ! Mais je ne désespère pas d'y parvenir. Mais vous… Pierre lui a toujours des érections…
— Oui… c'est moi qui en parle, pas vraiment lui. Je ne sais pas si un jour je franchirai le cap… j'ai sacrément peur.
— Je sais ce que c'est. La première fois, je te jure que je n'étais pas spécialement fière. Le sentiment d'être une salope aussi les jours suivants, tu ne peux pas savoir… mais aujourd'hui, je n'ai jamais été aussi amoureuse de mon Yann ! Il faut s'aimer pour faire ce genre de chose.
— Oui… merci de tout ce que tu viens de me raconter. Je ne suis pas plus rassurée, disons soulagée tout au plus, de voir comment ça te réussit.
— À vous de voir, c'est votre vie, votre couple.
— Allons voir ces messieurs qui doivent se demander ce que nous fichons.
— Tu parles ! Ils sont encore au boulot à coup sûr !
— Oui… par contre ton mari lui a une petite mine, non ?
— Ben… c'est toujours comme ça après les Assises. Mais là il se remet plus vite que d'habitude…
— Pas facile son boulot, hein !
— Oui… j'ai une petite question à te poser… sur un sujet, comment dire, épineux.
— N'hésite pas… si je peux t'aider, c'est avec grand plaisir.
— Tu peux m'expliquer… succinctement comment vous avez fait pour dénicher votre complice Hugues ?
— Non ? Vous avez donc l'intention de nous emboiter le pas ?
— Ben… on en discute tous les deux. Rien de bien précis, juste un début de dialogue. Mais sait-on jamais, on voit bien que ça marche pour vous deux, alors…
— Je suis certaine que tu vas adorer.
— Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Je voudrais seulement savoir comment vous avez trouvé votre « cousin ».
— Je t'enverrai l'adresse d'un site internet dédié à ces rencontres… après c'est en fonction des affinités de chacun. Mais tu sais déjà cela… Nous avons eu quelques contacts avant de trouver le bon.
— Tu… tu as couché avec tous ?
— Non ! Je te rassure, quand je dis contact, c'est surtout des rencontres au restaurant, pour bavarder, et voir si… et puis je crois que Hugues m'a paru le plus… adapté à ce que nous espérions. Bonne situation, bonne éducation, enfin je crois que ça va souvent de pair… et puis il a plu d'emblée à Yann… c'est ce qui a sûrement déterminé mon choix. Parce que c'est bien moi qui au final l'ai choisi… puisque mon homme n'est que spectateur… après, chacun envisage sa situation et les évènements qu'il veut de la manière qui lui convient le mieux.
— Mais… ton mari… il ne participe jamais ? Je sais… c'est délicat comme question…
— Participer… tout dépend de ce que ta demande englobe… Il bande mou, mais parfois, il parvient à avoir une érection passable… sans doute due à la vision de… ce qui se passe entre Hugues et moi.
— Et alors…
— Eh bien, comme c'est rarement suffisant pour une véritable pénétration, j'accepte de le sucer pendant que… bon, je ne te fais pas de dessin.
— Je vois… les hommes entre eux… jamais ?
— Jusque-là, non…
— Pourquoi jusque-là ?
— J'aimerais qu'un jour, à un moment ça arrive ! Mais je ne désespère pas d'y parvenir. Mais vous… Pierre lui a toujours des érections…
— Oui… c'est moi qui en parle, pas vraiment lui. Je ne sais pas si un jour je franchirai le cap… j'ai sacrément peur.
— Je sais ce que c'est. La première fois, je te jure que je n'étais pas spécialement fière. Le sentiment d'être une salope aussi les jours suivants, tu ne peux pas savoir… mais aujourd'hui, je n'ai jamais été aussi amoureuse de mon Yann ! Il faut s'aimer pour faire ce genre de chose.
— Oui… merci de tout ce que tu viens de me raconter. Je ne suis pas plus rassurée, disons soulagée tout au plus, de voir comment ça te réussit.
— À vous de voir, c'est votre vie, votre couple.
— Allons voir ces messieurs qui doivent se demander ce que nous fichons.
— Tu parles ! Ils sont encore au boulot à coup sûr !
Nous entrons ensemble dans le salon où nos hommes palabrent. Annabelle a encore raison. Pierre se libère sûrement de sa tension professionnelle en écoutant les deux autres lui narrer leurs aventures industrielles. Et notre retour auprès d'eux fait glisser le débat vers mon propre boulot. De plus, Hugues s'adresse directement à moi.
— Agnès, j'ai eu l'occasion d'apprécier votre œuvre chez mes amis… je suis scotché par le remarquable rendu de votre travail… je vais sûrement prendre contact dans la semaine avec votre bureau.
— Si vous voulez… mais est-ce bien le lieu et l'heure de parler de nos métiers ? Annabelle et moi aimerions bien un peu de digestif pour que notre plaisir soit complet…
— Venez ici toutes les deux. Je vous sers un cognac ? Toi aussi Annabelle ?
— Oui… soyons folles… je ne conduis pas ce soir. Je vous souhaite à tous un aboutissement de tous vos projets… allez levons nos verres à notre cordon bleu du soir et nos rêves… rien ne compte plus pour moi.
— Si vous voulez… mais est-ce bien le lieu et l'heure de parler de nos métiers ? Annabelle et moi aimerions bien un peu de digestif pour que notre plaisir soit complet…
— Venez ici toutes les deux. Je vous sers un cognac ? Toi aussi Annabelle ?
— Oui… soyons folles… je ne conduis pas ce soir. Je vous souhaite à tous un aboutissement de tous vos projets… allez levons nos verres à notre cordon bleu du soir et nos rêves… rien ne compte plus pour moi.
Tous nous répondons avec emphase à cet encouragement dont chacun peut tirer une conclusion personnelle. Nous restons encore plus d'une heure et demie avant que nos invités ne nous quittent, après les embrassades d'usage. Au moment de me faire la bise, Annabelle se penche légèrement vers mon oreille et à mots couverts me susurre…
— Merde ma belle… pour que tu oses… parce que je t'assure, ça en vaut la peine… A bientôt, tu me raconteras !
Et notre monde s'en va vers une autre partie de la nuit que je veux imaginer pleine de tendresse à partager. Quant à mon doudou, lui me sourit avec des quinquets qui en disent long sur ces pensées du moment. Ce qui n'est pas pour me décourager, bien au contraire. Je range la bouteille de cognac, emmène les verres au lave-vaisselle et nous nous retrouvons dans notre grand lit… pas spécialement pour y dormir tout de suite. J'ai dans la tête des mots qui chantent, la voix d'Annabelle qui danse. De la bouche et des mains pour nous satisfaire et mon Dieu… beaucoup rêveraient d'être à notre place sûrement.
Lorsqu'à bout de souffle et recru d'une saine fatigue due à des assauts sexuels d'une haute intensité, Pierre sur le dos fixe le plafond, je suis étalée sur le lit pour reprendre mes esprits. Il me parle sans que je capte en totalité ses paroles. Mais il me les redit, sentant sûrement que je n'ai pas compris.
— Qu'est-ce qu'Annabelle t'a susurré avant de partir ?
— Hein ? Annabelle ? Quoi Annabelle ?
— Oui, j'ai bien vu qu'elle te parlait tout bas… alors, raconte ?
— Rien de spécial… elle m'a juste dit « merde ».
—… ? C'est une plaisanterie ?
— Non… pour me souhaiter une bonne réalisation d'un truc qui me tient à cœur. Mais ça ne te ressemble pas de me poser de telles questions sur mes conversations. Il y a quelque chose qui t'embête ?
— Ben… comme tu vas sûrement bosser pour Hugues, j'ai eu un doute…
— Mon Dieu… monsieur l'avocat serait-il jaloux ?
— Non ! Personne n'est assez prudent…
— Rassure toi, Annabelle et moi avons eu une longue discussion sur la façon de chercher une complicité, comment te dire, passagère ou provisoire… mais pour nous deux. Pas pour moi ! Tu me donnes entière satisfaction, c'est promis…
— Hein ? Annabelle ? Quoi Annabelle ?
— Oui, j'ai bien vu qu'elle te parlait tout bas… alors, raconte ?
— Rien de spécial… elle m'a juste dit « merde ».
—… ? C'est une plaisanterie ?
— Non… pour me souhaiter une bonne réalisation d'un truc qui me tient à cœur. Mais ça ne te ressemble pas de me poser de telles questions sur mes conversations. Il y a quelque chose qui t'embête ?
— Ben… comme tu vas sûrement bosser pour Hugues, j'ai eu un doute…
— Mon Dieu… monsieur l'avocat serait-il jaloux ?
— Non ! Personne n'est assez prudent…
— Rassure toi, Annabelle et moi avons eu une longue discussion sur la façon de chercher une complicité, comment te dire, passagère ou provisoire… mais pour nous deux. Pas pour moi ! Tu me donnes entière satisfaction, c'est promis…
Et devant sa mine déconfite, je me mets à rire aux éclats. Il se vexe ou fait semblant de l'être.
— C'est ça, fiche-toi de moi ! Je tiens à toi plus qu'à la prunelle de mes yeux. Tu es et reste Agnès, ce qui m'est arrivé de mieux dans l'existence…
— Ouais ? C'est donc pour préserver ton capital que tu joues les jaloux ? Ne te donne pas cette peine. Je ne cherche qu'à te faire plaisir. Et la solution pour y parvenir, n'est-ce pas de faire comme eux ?
— Eux, ce sont Yann et Annabelle ?
— Oui, mais à mon avis tu peux rajouter leur compagnon du moment… il est heureux également, non, ce Hugues ?
— Il en a l'air en tout cas. Bon… je suis vanné… bonne nuit mon cœur…
— Fais de beaux rêves, doudou…
— Ouais ? C'est donc pour préserver ton capital que tu joues les jaloux ? Ne te donne pas cette peine. Je ne cherche qu'à te faire plaisir. Et la solution pour y parvenir, n'est-ce pas de faire comme eux ?
— Eux, ce sont Yann et Annabelle ?
— Oui, mais à mon avis tu peux rajouter leur compagnon du moment… il est heureux également, non, ce Hugues ?
— Il en a l'air en tout cas. Bon… je suis vanné… bonne nuit mon cœur…
— Fais de beaux rêves, doudou…
Et nous tirons le drap sur lequel nous venons de batifoler. Une fois glissé dans la couche, il ne lui faut guère plus de cinq minutes pour quitter la réalité de la chambre. Pierre s'endort aussi simplement qu'un bébé. Par contre, mon esprit vagabonde et je suis empêtrée dans des images que forge mon cerveau dérangé. Des hommes sans visage, que dis-je, des bites sans corps qui dansent une ronde frénétique autour de mon corps offert dans une nudité absolue. Je ne sais plus si je dors et rêve ou si je suis éveillée dans un songe… c'est… très bizarre puisque la seule voix qui me résonne dans le crâne a la tonalité de celle de mon amie, Annabelle !
— oOo —
Je traine quelques soirs sur le site dont Annabelle m'a aimablement envoyé l'adresse. Ils sont nombreux les hommes seuls en mal de conquête. Pour le moment, je n'ai pas de critères de recherche précis. Disons que je survole des profils qui se veulent tous plus alléchants les uns que les autres. Pierre sait évidemment ce que je fais sur notre PC. Il n'y a pas de cachoterie. Je n'ai pas de décision à prendre sans lui de toute façon. Et je ne suis pas seulement certaine d'aller au terme de ce projet bien vague dans ma tête. Mon avocat de mari reste d'une neutralité désarmante. Il ne me pousse ni dans un sens ni dans l'autre, se gardant bien d'émettre un quelconque avis.
En un mot comme en mille, il me laisse me débrouiller sans intervenir. La meilleure manière de n'être accusé de rien si l'histoire capote… et le mot me fait sourire. C'est bien de cela qu'il s'agit à mon sens. En voyant ces fiches et les descriptions laissées par les uns et les autres, j'arrive à définir une liste de pseudo qui sont à éviter très vite. Tout ce qui a une connotation sexuelle trop ciblée au départ est irrémédiablement écarté. C'est un peu tous les soirs que je me concentre sur ce fameux site, raisonnablement pour ne pas délaisser mon mari.
Au bout d'une bonne heure de lecture de ces descriptions se ressemblants pratiquement toutes, je rejoins Pierre et la plupart du temps je le découvre endormi ou somnolant devant le petit écran. Mais ce soir, sans savoir pourquoi, un pseudo retient particulièrement mon attention. Le type dit avoir cinquante-deux ans, être veuf sans enfant, ne pas avoir d'attache et chose rare, il a mis une photo. Bon ! Ce n'est pas Appolon, mais il semble charmant. Je visite donc un peu sa fiche plus en profondeur. Elle a quelque chose qui m'attire sans que je sache vraiment ce que c'est. J'hésite et finis par ne pas oser lui laisser un message.
Non ! Mieux vaut que j'en parle d'abord avec mon doudou. Et je ferme l'ordinateur, après avoir mentalement relevé pseudo et grandes lignes du profil. Sur le canapé, Pierre ne dort pas.
— Alors ma belle ? Toujours sur ton drôle de site ? Je me demande ce que ça peut t'apporter.
— Ben… tu devrais plutôt te demander ce que ça peut nous apporter ou plus justement à notre couple. C'est bien toi qui quelques mois avant me serinais pour suggérer et peut-être même montrer. Je veux grâce à tes encouragements tacites aller plus loin pour satisfaire tes plaisirs… Bon ! Un peu les miens aussi, soyons honnête, découvrir en ta compagnie ce qui donne une motivation supplémentaire à notre libido.
— Oui ? Ben, rien que le fait d'en parler me donne des frissons…
— Mais je ne peux plus me satisfaire de tes frissons mon amour. Et tu sais aussi bien que moi qu'un jour ou l'autre tu vas revenir à la charge, alors je prends les devants. Comme ça pas de crise…
— Un peu aussi pour imiter ta copine Annabelle et ce bon vieux Yann, allons avoue-le !
— Un peu de tout ceci mélangé, c'est vrai.
— Et ? Parce que si ce soir tu mets sur le devant de la scène tes recherches, je suppose que c'est parce que tu as une idée… ou un profil à me présenter.
— À te présenter virtuellement. Parce que pour la concrétisation d'un vrai projet, nous sommes deux et c'est à deux que ça se fera ou pas…
— Raconte-moi alors ! Tu as l'air enthousiaste… Qui est-il ?
— Aucune idée. Un veuf apparemment, de plus de cinquante piges, avec des mots justes pour écrire une annonce moins crue que celles des trop nombreux demandeurs du site.
— Et tu attends quoi de moi ma chérie ? Que je te dise « banco » ?
— Pas tout à fait ! Je tiens à ce que toi aussi tu t'investisses dans cette affaire. Et puis, de par ton métier, tu as sûrement des mots ou des tournures de phrases plus sophistiqués. Peut-être que tu es aussi à même de démasquer les incohérences que ce type pourrait me coller en douce dans ses messages.
— Tu me demandes donc d'écrire au bonhomme ? J'ai bien pigé. ?
— Oui… mais je veux être à tes côtés… pour voir où ça nous conduit.
— Ce soir ? Là maintenant ?
— Ben si ça peut te permettre de ne pas roupiller devant la télé… je suis prête.
— Amène le portable ici avec nous. On est bien installés sur le sofa…
— Ben… tu devrais plutôt te demander ce que ça peut nous apporter ou plus justement à notre couple. C'est bien toi qui quelques mois avant me serinais pour suggérer et peut-être même montrer. Je veux grâce à tes encouragements tacites aller plus loin pour satisfaire tes plaisirs… Bon ! Un peu les miens aussi, soyons honnête, découvrir en ta compagnie ce qui donne une motivation supplémentaire à notre libido.
— Oui ? Ben, rien que le fait d'en parler me donne des frissons…
— Mais je ne peux plus me satisfaire de tes frissons mon amour. Et tu sais aussi bien que moi qu'un jour ou l'autre tu vas revenir à la charge, alors je prends les devants. Comme ça pas de crise…
— Un peu aussi pour imiter ta copine Annabelle et ce bon vieux Yann, allons avoue-le !
— Un peu de tout ceci mélangé, c'est vrai.
— Et ? Parce que si ce soir tu mets sur le devant de la scène tes recherches, je suppose que c'est parce que tu as une idée… ou un profil à me présenter.
— À te présenter virtuellement. Parce que pour la concrétisation d'un vrai projet, nous sommes deux et c'est à deux que ça se fera ou pas…
— Raconte-moi alors ! Tu as l'air enthousiaste… Qui est-il ?
— Aucune idée. Un veuf apparemment, de plus de cinquante piges, avec des mots justes pour écrire une annonce moins crue que celles des trop nombreux demandeurs du site.
— Et tu attends quoi de moi ma chérie ? Que je te dise « banco » ?
— Pas tout à fait ! Je tiens à ce que toi aussi tu t'investisses dans cette affaire. Et puis, de par ton métier, tu as sûrement des mots ou des tournures de phrases plus sophistiqués. Peut-être que tu es aussi à même de démasquer les incohérences que ce type pourrait me coller en douce dans ses messages.
— Tu me demandes donc d'écrire au bonhomme ? J'ai bien pigé. ?
— Oui… mais je veux être à tes côtés… pour voir où ça nous conduit.
— Ce soir ? Là maintenant ?
— Ben si ça peut te permettre de ne pas roupiller devant la télé… je suis prête.
— Amène le portable ici avec nous. On est bien installés sur le sofa…
Un instant je crois pratiquement qu'il va refuser. Mais non ! Et c'est avec un poids de moins sur le cœur que je cours pratiquement pour récupérer le portable sur son bureau. C'est l'affaire de deux ou trois minutes pour que nous soyons logués au site. Pierre lit alors le profil du bonhomme. Il met un moment avant de réagir.
— Tu suggères que je lui marque quoi exactement… Agnès ?
— La vérité, après tout il n'est pas question de raconter des salades ! Et puis qu'il nous écrive ou nous donne une adresse courriel, afin que les échanges futurs, s'il y en a bien entendu, se fassent hors de ce site qui ne m'inspire qu'une confiance relative…
— D'accord ! Alors, allons-y.
— La vérité, après tout il n'est pas question de raconter des salades ! Et puis qu'il nous écrive ou nous donne une adresse courriel, afin que les échanges futurs, s'il y en a bien entendu, se fassent hors de ce site qui ne m'inspire qu'une confiance relative…
— D'accord ! Alors, allons-y.
Et il commence à taper un message pour nous présenter. Au bout de quelques lignes dont je fais rectifier quelques mots, nous parvenons à dire l'essentiel et il se tourne vers moi, l'air très sérieux.
— Ma chérie, tu es certaine que c'est bien ce que tu veux ?
— Ben oui… pourquoi ?
— Parce qu'une fois envoyé ce message, nous n'aurons plus aucune prise dessus et que tu vas devoir assumer.
— Mais évidemment que je veux assurer. Il me semble que tu es aussi dans le bain, je me trompe ?
— Non ! Non… alors tu l'as voulu…
— Ben oui… pourquoi ?
— Parce qu'une fois envoyé ce message, nous n'aurons plus aucune prise dessus et que tu vas devoir assumer.
— Mais évidemment que je veux assurer. Il me semble que tu es aussi dans le bain, je me trompe ?
— Non ! Non… alors tu l'as voulu…
Et je vois la pression de son index sur la touche « envoi » puis les pointillés qui suivent indiquent que le message chemine par des canaux qui me sont étrangers. Soudain, la mention « message envoyé » apparait clairement. Mon mari me prend dans ses bras et m'embrasse sur le front… il me murmure quelques mots si peu audibles que je dois les déchiffrer. Il me semble bien qu'il me lance :
— Qu'est-ce que tu ne me fais pas faire… mon amour !
—…
—…
Sa phrase n'appelle aucune réponse, c'est seulement une réflexion à voix basse. Mais elle résonne en moi, comme un couperet. Et si… ce message sonnait le glas de notre amour ? La peur panique m'envahit. Je me serre contre cet homme si doux, si bon avec moi, si merveilleusement aimant.
— Oh Pierre ! Comme je t'aime… toi aussi tu es le seul homme de ma vie. Tu as peut-être raison ! Tout cela me fiche une trouille monstrueuse.
— Jamais nos craintes ne sont bonnes conseillères. Nous verrons bien ce qui va arriver. Peut-être que ce gars ne va pas seulement se donner la peine de répondre. Tu sais, sur ce genre de site de rencontre, il y a tout un tas de faux profils. Je veux faire confiance à ton flair. Allez, il fera jour demain…
— Je… doudou, j'ai envie de toi ! Fais-moi l'amour…
— Eh bien ! Je veux bien envoyer un message tous les soirs si ça te fait cet effet-là…
— Idiot… c'est pour me rassurer et pour te montrer que tu es le seul qui compte…
— Jamais nos craintes ne sont bonnes conseillères. Nous verrons bien ce qui va arriver. Peut-être que ce gars ne va pas seulement se donner la peine de répondre. Tu sais, sur ce genre de site de rencontre, il y a tout un tas de faux profils. Je veux faire confiance à ton flair. Allez, il fera jour demain…
— Je… doudou, j'ai envie de toi ! Fais-moi l'amour…
— Eh bien ! Je veux bien envoyer un message tous les soirs si ça te fait cet effet-là…
— Idiot… c'est pour me rassurer et pour te montrer que tu es le seul qui compte…
Mais je ne vais pas plus loin dans mes propos. Déjà ses lèvres sont sur les miennes, m'interdisant toutes paroles inutiles. Je me raccroche à ses baisers pour sauver les apparences. Et ses pattes empaument mes seins, avant de glisser sous la nuisette transparente qui ne cache pas grand-chose. La suite elle, s'inscrit dans une partie de jambes en l'air qui me fait me déconnecter d'une réalité tellement moins glamour. La faute à qui si j'en suis là ? À Annabelle ? À Yann ? À Hughes ? À moi sans doute bien plus prosaïquement.
Le repos du guerrier nous entraine dans les bras d'un sommeil ou si je rêve, je n'en garde aucun souvenir. Lorsque je sors de ma nuit, Pierre est déjà dans la salle de bain. Il se rase, préparation nécessaire avant de se rendre à son cabinet. Il a préparé le café et celui-ci embaume la cuisine. Deux toasts grillés sont prêts sur une assiette à mon intention. Il a sûrement perçu le bruit de mes pas trainants qui me dirigent vers le petit déjeuner. Alors il me crie depuis le lavabo, quelques mots qui achèvent de me tirer de ma torpeur matinale.
— Ça va Agnès ? Bien dormi ? Le café est prêt ! J'arrive dans une minute.
— Mmm !
— Mmm !
Mon grognement fait écho à ses paroles venues du fond de la salle de bain. Je beurre mes tartines un peu au radar et lui débouche dans l'encadrement de la porte. Il me claque sur le front un baiser sonore qui résonne dans mes oreilles. Sa main humide encore se plaque sur mon épaule, en épouse les formes avant de suivre ma nuque et de me donner une chair de poule généralisée.
— Brr ! Tu me hérisses tous les poils avec tes pattes mouillées.
— Oh ! Lala ! Mal lunée ce matin, on dirait ?
— Non ! Pas assez dormi sûrement… et puis je suis un peu diesel, ça m'arrive parfois. Tu t'es levé bien tôt.
— J'ai un rendez-vous important ce matin…
— Ah ! Moi, je fais relâche aujourd'hui…
— Oh ! Lala ! Mal lunée ce matin, on dirait ?
— Non ! Pas assez dormi sûrement… et puis je suis un peu diesel, ça m'arrive parfois. Tu t'es levé bien tôt.
— J'ai un rendez-vous important ce matin…
— Ah ! Moi, je fais relâche aujourd'hui…
Nous prenons notre jus ensemble, sans insister verbalement plus. Et il me quitte pour son bureau, le quotidien nous rattrape aussi. Je débarrasse les reliefs du petit déjeuner et vais faire une toilette soignée. Une fois habillée, pomponnée, je m'accorde une pause et mets en route l'ordinateur, sans but précis. Qu'est-ce qui peut me pousser à retourner sur le site de rencontre, celui-là même ou Pierre et moi avons laissé un message à l'intention de « notre inconnu » ? Là, une enveloppe fermée me saute aux yeux : la réponse vraisemblablement du type. Je n'ose pas l'ouvrir et quitte le site pour ne pas avoir la tentation de lire le mot qui se cache à l'intérieur du pli.
Non ! Nous l'avons écrit ensemble mon homme et moi, c'est donc de cette façon que nous le lirons. Et je veux mettre de la distance entre le PC et moi, pour ne pas succomber à la tentation de revenir ouvrir ce message. Pour cela, il me suffit d'aller faire des courses, cette journée de repos étant souvent destinée à ces dernières. Mais j'avoue qu'il m'est impossible de me sortir du crâne cette réponse non lue. Ça me tarabuste à l'extrême. Qu'est-ce que ce type a bien pu écrire ? Et pour calmer mon anxiété, puisque je suis en ville, je fais un détour par le bureau de mon avocat de mari.
Josiane sa secrétaire me propose un petit noir pour me faire patienter, Pierre est encore avec son « client important », celui qui l'a arraché aux aurores de notre couche. Enfin, Pierre ouvre la porte de l'antichambre de son cabinet et me fait un large sourire. Il marmonne quelques instructions à la femme qui bosse ici depuis des années, et il me fait signe d'entrer.
— Alors ma chérie ? Qu'y a-t-il de si urgent qui me vaille l'honneur de ta visite sur mon lieu de travail ?
— Il me faut un prétexte pour venir te voir ?
— Non, non bien sûr ! Mais c'est si rare…
— Tout va bien mon cœur ? Tu as l'air tout feu tout flamme.
— J'ai un bon feeling avec une grosse boite qui va sans doute me confier sa représentation. De quoi assurer la stabilité financière du cabinet pour quelques années. Je peux donc pavoiser. Nous sommes, Agnès, un vieux couple et je sais à coup sûr que tu n'es pas là par hasard… alors, accouche. Donne-moi le motif de ce passage qui me ravit, mais cache sûrement un loup…
— Fine mouche, mon cher maître… il a répondu !
— Qui ça ?
— Ben… le type d'hier soir, il a répondu à notre message.
—… ? Et ? Je ne pige pas. Tu as fait le trajet de la maison à mon cabinet pour me dire « il a répondu » ? Il raconte quoi dans son retour ?
— Je ne l'ai pas lu… j'estime que nous devons être ensemble pour ouvrir son mot.
— Tu sais que j'ai encore un rendez-vous dans…
— Il me faut un prétexte pour venir te voir ?
— Non, non bien sûr ! Mais c'est si rare…
— Tout va bien mon cœur ? Tu as l'air tout feu tout flamme.
— J'ai un bon feeling avec une grosse boite qui va sans doute me confier sa représentation. De quoi assurer la stabilité financière du cabinet pour quelques années. Je peux donc pavoiser. Nous sommes, Agnès, un vieux couple et je sais à coup sûr que tu n'es pas là par hasard… alors, accouche. Donne-moi le motif de ce passage qui me ravit, mais cache sûrement un loup…
— Fine mouche, mon cher maître… il a répondu !
— Qui ça ?
— Ben… le type d'hier soir, il a répondu à notre message.
—… ? Et ? Je ne pige pas. Tu as fait le trajet de la maison à mon cabinet pour me dire « il a répondu » ? Il raconte quoi dans son retour ?
— Je ne l'ai pas lu… j'estime que nous devons être ensemble pour ouvrir son mot.
— Tu sais que j'ai encore un rendez-vous dans…
Pierre relève légèrement sa manche pour consulter sa montre et laisse tomber…
— Maintenant… tiens tu vois !
Une lampe rouge minuscule clignote sur son bureau.
— Ça, c'est Josiane qui me prévient de l'arrivée de mon rendez-vous. Je t'aime ma chérie, et on regarde cela pendant la pause de midi ? Puis tu peux encore patienter… deux petites heures, que diable ! Allez… je dois travailler… pour nos vacances à venir…
Il rigole et gentiment, me flanque à la porte. C'est l'impression qui ressort de notre entrevue éclair. Il ne me reste donc plus qu'à prendre mon mal en patience. L'heure du déjeuner n'est plus si éloignée après tout. En parlant de déjeuner… encore faut-il que je rentre pour le préparer. Et c'est exactement ce que je me hâte d'aller faire. Je suis contente de savoir que les affaires de mon doudou sont florissantes. Un peu déçue également que nous n'ayons pas encore lu le message de ce gars.
— xxXxx —
À suivre…
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Commentaires ()
L'histoire est bien construite et les personnages attachants.
J'aime la manière dont tu décris l'évolutiom de leurs sentiments.
Je demande même si ce projet est plus au goût de madame plutôt que de don homme.
Elle aime mieux aller au devant du futur. Moi je ne considère pas que changer quelques choses qui va bien est une bonne stratégie.
La façon idéale pour perdre son homme et son mariage.
Je ne suivrai pas ce récit.