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✦ Jane Does Nos rêves fous XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Nos rêves fous — Chapitre 2 · Séance de cinéma

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Nos rêves fous

Chapitre 2 · Séance de cinéma

En plus des plans que je fais pour deux autres de mes clients, je boucle le devis d'Annabelle juste avant la fermeture de mon bureau pour le week-end. Pierre lui est déjà à la maison lorsque j'y reviens. Il est douché, rasé de près et presque sapé pour sortir. Donc, je file et passe rapidement sous le jet d'eau domestique, avant d'attaquer un ravalement de façade qui me prend un bon moment. Le résultat me plait et au regard de mon mari alors que je sors à poils de la salle de bain pour m'habiller dans notre chambre, je sais qu'il est conquis.
Une paire de bas « dim-up », un ensemble neuf, culotte et soutien-gorge, que viennent cacher une jupe relativement courte ainsi qu'un chemisier cintré et me voici également présentable. Un dernier trait de gloss, avant d'enfiler des talons aiguilles qui me grandissent exagérément et j'entends le claquement de langue de mon doudou dans mon dos.
— On devrait sortir plus souvent ma chérie… c'est très, comment dire, agréable, ce que je vois…
— Tu sais par cœur ce qui se planque sous mes fringues, alors comment ça peut encor te donner envie, hein, mon chéri ?
— Dommage que nous n'avons plus le temps pour…
— Ah non ! Tu ne veux tout de même pas foutre en l'air tout mon boulot. J'ai passé un sacré moment à me faire « belle ».
— C'est réussi, crois-en un vieux connaisseur…
— Facile celle-là ! Tu as déjà tellement tripoté tout ceci que seuls mes vêtements te font de l'effet, c'est ça ?
— Follette… je t'aime… j'ai droit à un bisou tout de même ?
— Sur la joue… seulement sur la joue. J'ai mis du rouge…
— Ouais… je suis déjà privé, quoi !
— Plains-toi ! Je parie que beaucoup d'hommes…
— Oui ? Ben, finis ta phrase. Beaucoup d'hommes quoi ? Aimeraient être à ma place, c'est bien ce que tu veux dire ?
— Si tu le sais, il est inutile de me faire revenir sur le sujet.
Nous rions, puis j'emballe les tiges du bouquet que j'ai ramené de chez la fleuriste proche de mon bureau et Pierre sort de la cave un de ses précieux nectars. Un Bourgogne millésimé dont il a le secret et nous prenons la route pour honorer notre rendez-vous. Lui conduit à l'aller et je présume que c'est moi qui serai au volant pour le retour. Le trajet dure quelque trente minutes et nous sommes devant la demeure dont l'intérieur va m'être confié pour en changer le look. Avant même que l'un de nous ne sollicite le bouton de la sonnette, Annabelle nous ouvre la porte.
— Entrez ! Nous vous attendions. Bonsoir Pierre… toujours aussi élégant… et toi Agnès… tu es ravissante.
— Bonsoir ! Merci Annabelle ! Tiens, pour te remercier de votre invitation…
— Oh, il ne fallait pas ! Avance Pierre, Yann est au salon avec son cousin, Hugues. Allez les rejoindre, je mets votre bouquet dans un vase.
— J'ai ceci pour Yann…
— Oh ! Vous êtes incorrigibles ! Nous vous invitons de bon cœur, pas pour que vous arriviez les mains pleines… Ne restez pas dans l'entrée… tu connais la maison Agnès.
Le salon ! Yann est là en compagnie d'un homme qui se lève à notre arrivée. Et le mari d'Annabelle fait les présentations.
— Ah Agnès, Pierre ! Ça fait bougrement plaisir de te revoir. Voici Hugues… Hugues, je te présente Pierre avocat, et son épouse Agnès, qui est décoratrice d'intérieur. Elle va se charger des travaux de cette maison…
Les hommes se serrent la main, et Yann m'embrasse bien entendu. Le nommé Hugues lui hésite de son côté, ne sachant pas trop qu'elle attitude adopter envers moi. Je lui tends la main, histoire de le mettre à l'aise.
— Enchantée de vous connaitre Hugues…
— Asseyez-vous, Anna arrive avec l'apéro… on se fait une petite soirée décontractée…
— Bien sûr…
C'est mon Pierre qui vient de répondre. Il sait y faire et s'engage alors une conversation entre tous, alors que ma cliente nous rejoint avec des verres et une bouteille de bulles. De quoi réjouir nos palais et briser la glace. J'écoute distraitement les hommes qui se lancent sur ce qui leur plait le plus, leur boulot. J'ouïs vaguement que l'invité mystère est banquier ou un truc de ce genre. Et Annabelle et moi papotons surtout « chiffon ». Elle semble apprécier mon chemisier et me demande où je l'ai dégoté. Pas de souci particulier, les verres s'entrechoquent dans une bonne ambiance, entre gens bien élevés. Enfin, nous passons à table.
Là, Annabelle s'est surpassée. Elle nous a concocté un repas digne de la table d'un grand chef. Chacun dine avec appétit et nous sommes entre personnes de bonne compagnie. La bouteille de bulle de l'apéritif est remplacée pour le diner par un rouge dont je ne goutte qu'une larme. Il nous faudra rentrer après la soirée et… je suis le « Sam » de Pierre. Je note au fil des minutes les drôles de regards que s'échangent Hugues et Annabelle. En fait, c'est surtout lui qui la couve des quinquets. Bon ! Je n'ai rien à objecter à cela, c'est une jolie femme et puis elle est chez elle. Finalement à l'issue du repas, je prête la main au débarras de la table.
Nous allons elle et moi à la cuisine pour y déposer les assiettes et les couverts. Les messieurs quant à eux sont repassés au salon pour un digestif. Nous sommes donc légèrement isolées, Annabelle et moi. Elle place sa vaisselle dans la machine chargée de la laver et je ne peux m'empêcher de lui poser une question. Bien sûr, je sais que c'est indiscret, mais elle me démange.
— Il te regarde bizarrement le cousin de ton Yann, non ?
— Hein… ? Ah ! Tu crois ? Je n'ai pas remarqué !
— Ben ! Pourtant, chaque fois qu'il en a l'occasion il te déshabille du regard… tu n'as rien vu ni senti ?
Elle se tait, la tête baissée dans son lave-vaisselle, mais en se redressant, je peux constater qu'elle est toute rouge. Elle pose sa main sur mon avant-bras et se yeux plongent dans les miens…
— Il faut que je t'avoue quelque chose, mais promets-moi que ça restera entre toi et moi.
— Mon Dieu… un secret… mais évidemment que je ne dirai rien…
— Tu sais Yann a eu une sale passe, il a été secoué par la Covid et depuis, il a quelques absences…
— Absences ? Je ne te suis pas. Tu veux me faire comprendre quoi ?
— Ben… disons que physiquement, il y a des moments ou malgré toute la meilleure volonté du monde, il n'arrive plus à… être un homme.
Je secoue la tête, sans vraiment saisir ce qu'elle veut dire et ma moue l'oblige sans doute à aller plus loin dans ses explications.
— Disons que pour le « devoir conjugal… », tu vois ?
— Ah mince, je devine donc. Mais qu'est-ce que son cousin a à voir là-dedans ?
— Cousin… c'est pour la façade et la bienséance. En fait, Hugues n'est pas parent du tout, et disons qu'il est notre invité quand… j'en ai besoin. C'est une manière aussi de sauver notre couple d'un naufrage possible.
— Tu veux dire que toi et Hugues… et que Yann est d'accord ?
— C'est exactement ça !
— Hugues est ton amant ? Mince alors ! Mais ton mari n'est pas jaloux… il ne dit rien ?
— Nous en avons discuté des heures et des nuits, tu sais. Et il est là, il a aussi un autre plaisir.
— Un autre plaisir ? Mais il n'est pas jaloux, il accepte que tu couches avec cet homme sans sourciller ?
— Nous l'avons choisi ensemble. Hugues vient seulement à notre demande et il passe le week-end avec nous. Nous faisons l'amour ensemble, tous les trois. Disons que mon Yann est candauliste… c'est pour nous une façon de ne pas nous séparer. J'ai toujours eu un gros appétit de ce côté-là et j'aime Yann.
— Mon Dieu… mais je n'arrive pas à croire ce que tu me racontes…
— Hugues est cultivé, courtois et très respectueux. Au fil du temps il est devenu notre ami, un intime. Il est le seul, tu vois ?
— Le seul ?
— Oui ! Je n'ai pas d'amant, à part lui et seulement quelques fois dans le mois. Jamais sans Yann, pour qu'il ne se sente pas floué ou délaissé.
—…
Je ne sais plus trop sur quel pied danser. Quelle confession ! Nous en avons terminé avec les reliefs de notre dinette et nous allons retrouver les trois hommes au salon. Devant eux, la bouteille d'eau de vie de mirabelle dont le maître des lieux nous en propose de suite un dé à coudre. Je refuse puisque je conduis pour rentrer. Nous prenons donc la conversation en marche et l'inconnu s'adresse à moi.
— Votre mari et Yann m'ont raconté votre métier. J'ai quelques appartements en centre-ville que je loue à des vacanciers, peut-être que vous pourriez me les remettre au gout du jour. Certains ont des peintures un peu défraichies, des meubles aussi vétustes.
— Je vais m'occuper de cette maison, mais si vraiment vous voulez avoir une idée de ce que je réalise, vous aurez tout loisir de voir si ce que je vais faire ici vous plait ou non. Ensuite, mon bureau est ouvert à toutes et tous…
— C'est vrai que nous les hommes ne savons pas décrocher. Faire un break entre repos et travail. Vous avez raison Agnès… nous trouverons un autre moment pour en discuter…
— Bon, messieurs… une petite mirabelle pour la route ?
C'est Yann qui vient de lancer cette idée et elle recueille tous les suffrages. Donc mon doudou lève le coude et s'envoie, comme les deux autres sa ration d'alcool. Je suis bien loin de tout cela. L'étrangeté de la situation, ce drôle de triangle entre Yann, Hugues et Annabelle me trotte dans le crâne. C'est dingue, mais je ne parviens pas à me sortir ce qu'elle vient de me raconter de l'esprit. Je n'imagine pas Yann ne bandant plus, parce que le fond de l'histoire, c'est bien ce problème qu'elle soulève, cette amie. Merde alors ! Et si ça m'arrivait à moi ? Je ne parviens pas à concevoir le truc.
Je sens peser sur moi désormais, les quinquets affolés de ma cliente. Peur que je dévoile son secret ? Crainte que je ne sache pas tenir ma langue ? Mais dans mon métier, je suis comme Pierre, tenue un peu au secret professionnel. Ce que je peux voir ou savoir d'un client ne doit jamais être divulgué. Mais c'est bien autre chose qui me trouble et me rend perplexe. C'est que je ne donne sûrement pas tort à Annabelle de vouloir ainsi sauver son amour. Par extension son couple bien sûr, et ça m'oblige à me poser la bonne question… si c'était à moi que ça arrivait, que ferais-je du coup ?
— oOo —
Pierre et moi passons un nouveau week-end agréable. Nous ne reparlons pas de la soirée chez nos amis. Mais je garde dans un tiroir de ma mémoire les paroles d'Annabelle. Sa façon aussi d'envisager les choses me trouble bien plus que je ne veux le dire. Puis il y a aussi ce fantasme de mon mari qui se met en filigrane de tout ceci. Comme si je n'étais pas assez déboussolée par la confession de ma cliente et amie. Pourquoi est-ce que chaque fois que mon homme me fait l'amour et c'est quasiment journalier, je ne peux m'empêcher d'imaginer… le triangle dont m'a fait part la femme de Yann.
Ça me perturbe au plus haut point, et chose bien plus inattendue, je prends un pied magistral en songeant à tout cela alors que mon doudou me caresse ou me lime délicatement. C'est spontané, impossible à juguler ces images qui défilent sous ma tignasse et mon Dieu, lui n'est pas plus idiot que cela. Il se sent pousser des ailes ce Pierre amoureux. Le sexe et la jouissance appellent forcément encore plus de cul. Dans ce que je veux décrire, c'est qu'il y a forcément un rapport entre le film que je me fais dans ma caboche et mon comportement au lit… ou ailleurs du reste. Bien évidemment que peu d'endroits de la maison ne nous voient pas les fesses à l'air.
Nous sommes le mercredi soir, celui suivant la dinette chez le couple ami. Et pourquoi la discussion d'après-sexe dévie-t-elle soudain sur Yann et son épouse ? Sûrement parce que mon mari fait une allusion au début de mon chantier chez nos amis, prévu en début de semaine suivante. Et de fil en aiguille il en arrive à parler du « cousin ».
— Il est sympa ce Hugues que nous avons rencontré chez Annabelle, non ? Tu en penses quoi de ce gars Agnès ?
— Hein… ?
Un peu la tête à l'envers encore par le raz-de-marée qui vient de me submerger, je ne suis pas tout à fait redescendue de mon nuage.
— Ben… je te parle du cousin de Yann… je l'ai trouvé sympa et très cultivé, ce qui ne gâche rien, pas toi ?
— Le cousin… ? Ah oui ! Hugues. Mais je n'en sais rien, je n'en pense rien. Il est banquier et ces gens-là ont toujours de sérieux bagages, enfin je crois…
— Bien sûr, mais c'est sur le plan humain que je t'en parle, moi.
— Le plan humain… pour ce qu'ils en font Annabelle et Yann du bonhomme…
— Quoi ? Pourquoi tu me dis ça ? Je n'arrive pas à comprendre ce que tu veux me faire passer comme message…
—… !
Zut ! Je me mords les lèvres. La boulette ! Moi qui ai promis de ne rien divulguer de cette confession. Pierre me rezieute avec des billes qui lui sortent des orbites. Il sent la patate, c'est sûr. Du reste la phrase suivante me le démontre.
— Tu sais des choses que je ne sais pas ? Qu'est-ce que tu me caches Agnès ?
— Mais rien… je t'assure…
— Allons ! Ne me prends pas pour un idiot, je sais bien que tu n'aurais jamais avancé de telles paroles sans biscuit. Je suis avocat et j'analyse souvent bien les éléments. Là… certain que tu en as trop dit… ou pas assez. Nous sommes entre nous ! Alors… ?
Je pèse le pour et le contre. Après tout, il est mon mari et confident depuis longtemps. Alors est-ce trahir la confiance de mon amie que d'en parler avec lui qui j'en suis certaine sera muet comme une tombe. J'hésite encore quelques secondes sous le feu de son regard sombre et puis tant pis… je ne tiens pas à risquer une scène de ménage pour si peu.
— Tu… tu sais ce qu'est le candaulisme, Pierre ?
— Ben j'imagine que oui… mais qu'est-ce que ça vient faire dans notre discussion ?
— Laisse-moi t'expliquer. Annabelle m'a raconté que Yann avait eu la Covid et que depuis sa forme physique… n'était plus spécialement aux performances.
— En clair ma belle ?
— Patience mon doudou, je viens à l'essentiel, mais c'est pour te situer les choses…
— Bon je t'écoute…
— Alors, aux dires d'Annabelle, son mari serait plus ou moins impuissant ou un truc du genre.
— Et c'est ce que vous vous racontez quand vous vous voyez ?
— Mais non ! Elle m'en a touché deux mots dans sa cuisine lors de notre diner… parce que j'avais surpris quelques regards assez « chauds » entre Hugues et elle.
— Tiens donc ! Je n'ai rien vu de tel, moi !
— Vous étiez Yann et toi, bien trop occupés à parler boulot. Et elle m'a confessé que pour sauver son mariage, eh bien… ils faisaient appel à cet homme.
— Au cousin de Yann ? C'est plutôt malsain ou tordu comme plan ?
— Il n'est pas, n'a jamais été le cousin de Yann. Je crois qu'elle m'a raconté qu'ensemble, ils avaient cherché sur internet… un candidat potentiel pour… enfin tu sais ce que je veux dire.
— Je vois… mais, dis-moi, de ton côté, cette affaire ne t'émoustille-t-elle pas outre mesure ? C'est peut-être un peu pour cela ce regain d'énergie dans nos ébats, non ?
— Quoi ? Tu vas te plaindre que j'ai envie de toi ? C'est le monde à l'envers là.
— Je ne me plains pas comme tu dis, je constate… après tout, ce n'est pas une si mauvaise idée que cette solution. Si elle est librement consentie. Tiens, tiens, il est plus malin que moi le bon Yann…
— Pourquoi tu racontes ça ?
— Ben avec mon petit fantasme d'exhibition, je fais pâle figure, ou bien de novice, de gagne-petit dans mes attentes. Mais il est vrai que j'en profite largement de cette situation glauque de nos amis.
— Comment ça ?
— Plus tu imagines le truc et plus j'ai l'impression que tes sens débordent et ma foi… je suis béni et toujours le mieux servi.
— Tu sais… je me suis demandée, posée mille fois la question : et si ça nous arrivait, que ferais-je dans ce cas de figure ?
—… vu sous cet angle… tu as une réponse ?
— Non. Il est bien évident que ce dont nous venons de parler reste ici, dans cette maison. Je lui ai fait la promesse de n'en parler à personne. Là c'est sur toi que je compte pour rester muet, mon cœur.
— Allons ! Comme si j'allais aller chanter ça sur les toits du bled… Mais j'ai également un peu de difficultés à imaginer Yann sans jalousie, suivant les ébats de sa femme avec ce Hugues.
— Il parait pourtant que ça lui procure un sacré plaisir. Différent bien sûr, mais apparemment, il y a pris gout.
— C'est une idée ça mon cœur… tu aimerais de ton côté que je te regarde faire l'amour avec un inconnu ?
— Hugues n'est plus pour eux un total inconnu, si j'ai bien tout retenu de ce qu'elle m'a raconté. C'est au fil du temps devenu un ami. Courtois et poli, respectueux de ce que lui réclame l'un et l'autre. Je trouve ça assez beau d'oser ce genre de partage pour garder la femme qu'il aime. Tu le ferais toi ?
— Moi, ma chérie… je bande encore plutôt pas trop mal. Et j'espère que ça va durer longtemps, longtemps… d'abord je crois que nous devrions… entretenir la flamme et tu n'as pas comme une petite envie là… au creux de tes reins…
— Idiot… pourquoi poses-tu des questions auxquelles tu as déjà la réponse… allons… viens !
Et pour venir, ça il vient. Un peu aussi pour me prouver qu'il est toujours aussi raide ? Aussi dur ? Je le soupçonne de vouloir me faire une démonstration dont je n'ai nul besoin pour être convaincue. Et le couvert est remis sans pour cela que ce ne soit du réchauffé. J'adore sa manière de venir fourrer son museau entre mes cuisses, en gardant très éloignée de mes pattes la partie gonflée de lui. Il me lèche en se gardant bien de se laisser tripoter, histoire de faire durer plus longuement un suspens qui n'en est plus vraiment un ? J'ai une autre vision de cette pratique qu'il emploie très couramment.
Je pense que comme il est très au fait de notre vrai partage, il tient à me laisser toutes les sensations à ressentir, sans interférence d'aucune sorte. Je ne savourerais pas autant toutes les émotions distillées par sa minette si mon esprit devait être occupé par des caresses que je lui prodiguerais. Que ce soit du reste une pipe ou des câlins différents. Je suis tout entière prise là dans la tourmente de mes émotions puisque je n'ai pas à songer à ce que je lui fais. De plus, gageons qu'il est bien conscient que la parité entre nous est totale. Qu'il allait avoir dans quelques instants toutes les promesses de ce qu'il m'offre, seulement pour son usage unique également !
— oOo —
Comment expliquer ces moments fabuleux qui succèdent à la fête de nos sens ? Je suis transportée sur un univers parallèle dont Annabelle sans le savoir, sans le vouloir a ouvert une porte close. Ma vision des choses du sexe change insensiblement sans que j'en définisse de vraies raisons, sans non plus que j'en devine les limites. Je suis folle, ou en train de le devenir ? C'est insensé, impensable. Pierre qui ce soir me conduit au restaurant pour fêter notre anniversaire de mariage n'a rien d'autre en tête qu'un bon repas, une soirée en tête à tête. Moi ? Je suis perdue dans un monde qui n'a jusque-là jamais été le mien, dont j'ai toujours seulement refusé d'entendre qu'il puisse exister.
Et comment pourrait-il se douter cet homme que j'aime de toute mon âme, de toute mes forces que je suis sur le point de lui offrir un morceau de son rêve ? J'ai mis la moitié de l'après-midi à pomponner mon corps, et à la dernière seconde, sans qu'il soit au courant, j'ai opté pour le « tout sans rien ». Par-là, il est sous-entendu que c'est du « ni culotte ni soutien-gorge », et la sensation procurée par mes seins libres sous le tissu de mon chemisier, ne peut pas se comparer à celle plus sournoise de mon minou qu'aucune barrière ne cache. Et ça occupe toutes mes pensées depuis que je suis assise dans notre véhicule.
Inutile de préciser que c'est un sentiment incroyable de liberté alors que dans la salle du restaurant, des regards inconnus se posent sur moi. Si aucun de ceux-ci ne peut imaginer ma nudité partielle, c'est bien moi qu'elle rend folle. Pierre ne sait pas quoi faire pour me faire plaisir. Et il est là qui dine en toute quiétude, sans songer une seule seconde que je suis exactement comme il me l'a demandé ce fameux soir ou matin, peu importe.
— Tu as envie de quelque chose de spécial mon amour ? Ce soir, tout est permis, autorisé… je veux que tu saches que je t'aime comme au premier jour, plus sans doute parce que je sais ce que tu donnes quand tu te donnes. Tu es… la femme de ma vie, mais ça, tu le sais déjà.
— Je… moi aussi, je t'aime Pierre.
— Alors Agnès… qu'est-ce que tu veux faire de notre soirée ? À toi l'honneur de choisir. Rien n'est trop beau pour la femme que j'aime.
— Oh ! Je me contente de peu. Une toile peut-être ? Un film dans une salle de cinéma, c'est tout bête, tout con !
— À ta guise. Je vais payer et on y va. Tu veux un film spécifique ?
— Non ! Seulement que nous soyons juste dans un petit coin tous les deux… Je me sens comme une midinette qui va à son premier rendez-vous… Oh mon Pierre…
J'ai une drôle d'idée. Et nous franchissons les portes du cinéma où tout est encore suffisamment vide pour que nous dégotions une place dans la rangée la plus haute de la salle. Deux fauteuils en bordure de la travée, mon homme se posant sur le premier siège et j'occupe celui immédiatement à sa droite. J'espère que personne n'aura la bonne idée de venir nous coller de trop près. Lentement la salle se remplit, et les informations débutent, comme dans toutes les salles obscures de France. La publicité aussi pour les artisans et commerces locaux défile, précédent le film.
La lumière se rallume quelques minutes pour qu'une ouvreuse vende ses confiseries. Cette fois le générique de début est projeté sur l'immense rectangle de toile blanche. Je me pelotonne contre mon homme et lui retire sa veste, la met en travers de ses genoux. Attend-il autre chose que la projection du film ? En tout cas peut-être l'espère-t-il, après tout c'est aussi l'anniversaire de son mariage également. La salle est quasiment pleine et je ne cherche pas à savoir qui est assis à ma gauche. Nonchalamment, ma main se pose sur le genou de Pierre, cachée par son vêtement. Je me fiche complètement de ce qui se diffuse sur l'écran.
Ma joue est sur le haut de l'épaule de mon homme et je ferme les yeux, insensible à tout ce qui nous entoure. C'est là que je laisse glisser ma main de sa cuisse vers l'intérieur de son entrejambe. Il ne bronche pas et il me parait que le boucan fait par l'ouverture du zip de la fermeture de sa braguette va faire se retourner tous les rangs que nous surplombons. Il n'en est rien bien sûr, c'est seulement dans mon esprit. Et mes doigts farfouillent dans l'espace étroit pour libérer ce que je sais trouver à cet endroit. Lui se raidit sur son siège et recule la base de son corps le plus possible dans le fond du fauteuil.
Elle est dans ma paume, déjà toute tendue et si chaude. Lentement, je viens frotter du bout de mes doigts, cette peau mobile qui recouvre son gland. Il ne cherche aucunement à se soustraire à ma caresse. Au contraire, il tente de remuer légèrement les hanches pour que j'aie un meilleur accès à sa queue bandée. Il tourne juste son visage vers mon oreille. Son chuchotement en dit long sur ses attentes.
— Humecte un peu tes doigts mon cœur !
C'est dit dans un souffle. Comme si cette prière lui brulait les lèvres. Mais il va être satisfait puisque sans faire un grand geste, j'extrais ma main de la braguette et en faisant mine de me gratter le nez, je viens saliver les phalanges qui replongent vers le nid de l'oiseau. Une fois cette mission accomplie, je me remets à l'ouvrage. Pincé entre majeur et index, je fais coulisser le prépuce qui petit à petit, sans à coup, délivre le gland que je sens chaud et lisse. Sûr que mon doudou retient sa respiration. Je rouvre les paupières de temps en temps pour voir si d'aventure dans la salle, personne ne devine, personne n'est offusqué. Mais non, tout va pour le mieux.
Je branle désormais tout délicatement la poupée au garde à vous. Lui reste de marbre, stoïque malgré tout, se comportant le plus passivement du monde. Nous avons l'air de ce que nous sommes, un couple amoureux qui chouffe un film. Il commence pourtant à se trémousser et à se crisper trop fortement pour que ça soit naturel. Et sa voix glisse de nouveau dans mon esgourde.
— Arrête ! arrête s'il te plait. Je vais éjaculer dans ma veste et ça va faire négligé…
—…
Bon… je diminue l'intensité de ma branlette, sans pour autant la stopper complètement. Il m'attrape par le poignet et fait refluer la branleuse pour la ramener sur mon genou, sans pour autant rapporter sa louche sous sa veste. Il la fait aller sur le bas de ma jupe. Elle retrousse celle-là sans se préoccuper de savoir si mon voisin ou voisine peut s'apercevoir de quoi que ce soit. Et là… force lui est de constater que rien ne vient perturber la progression de sa paluche. Le sous-vêtement qui d'habitude couvre la place n'est ce soir pas là. Je le sens qui se raidit sur son fauteuil. Sa voix revient, faible, mais perceptible.
— Assieds-toi plus droite sur ton siège ma chérie.
— Quoi ?
Ce mot m'échappe de surprise. Il insiste et me redit doucettement les mots qu'il vient de m'envoyer.
— Oui… assieds-toi normalement sur ton siège. On va jouer un peu, tu veux ?
—…
— C'est bien. Tourne discrètement la tête vers la place près de la tienne.
—…
— Dis-moi ! C'est un mec ou une nana ?
Bizarre cette demande saugrenue. Mais je fais comme il vient de me le suggérer. C'est un voisin dont je ne devine que partiellement les traits.
— Alors ? Homme ou femme ?
— Jeune homme, mon cœur… je crois !
— Tu vas gentiment, dans un mouvement « involontaire » faire coller ta cuisse à celle de ce garçon…
— Mais…
— Chut… rappelle-toi, c'est notre anniversaire de mariage, non ?
—…
Et la bécasse que je suis fait exactement ce qu'il m'indique. Au premier frôlement, je devine la caboche du garçon qui se détourne de l'écran. Il cherche sûrement à savoir si c'est le hasard ou si c'est voulu. Il retire sa canne de la mienne. J'attends quelques secondes et bouge sur mon siège. Mon genou revient donc à la charge et je sens la patte de Pierre qui se crispe dans la mienne. Il sait que je touche l'autre. Oh ! D'une si petite partie de moi que ça en parait fortuit. L'autre ne peut plus décaler sa guibolle, sous peine de déranger l'autre spectateur. Pierre insiste.
— Ta main… tu veux me faire plaisir ? Ta main… fais la effleurer sa cuisse aussi… peut-être qu'il
bande déjà !
C'est dit dans un souffle comme s'il voulait ne pas croire qu'il vient de prononcer ces mots. Je suis tremblante, avachie dans mon fauteuil. Hésitante aussi sur la marche à suivre. J'ai droit à une nouvelle supplique de la part de mon doudou.
— S'il te plait… touche-le vraiment… tu ne veux pas le masturber ? Juste un peu, juste une seconde, pour que je prenne un plaisir fou à imaginer…
— Je… j'ai peur. S'il se met à crier… tu imagines le scandale ?
— On dira que tu n'as fait que le frôler par inadvertance… et puis qui ne risque rien n'a rien mon cœur…
— Pff !
Elle est moite cette patte qui vient se placer au niveau de l'accoudoir et dont l'auriculaire tressaute lentement sur le pantalon de cet inconnu. Il fait comme si de rien n'était. Mais je sais qu'il ne l'a pas repoussé violemment et ça me rassure. Je m'enhardis donc légèrement et cette fois j'y vais plus carrément. Pas trop non plus, assez pour lui toucher le dos de sa main posée sûrement sur sa braguette. Là, j'ai une surprise de taille. Ce que je touche d'un coup, je suis certaine, je sais que ça n'a plus du tout la consistance d'une patte. Le type me happe le poignet et je suis directement au contact de son sexe, déballé pour de bon.
Je dois rougir jusqu'à la racine des cheveux tellement j'ai honte. Mais le mouvement pour attraper ma louche me fait plus ou moins basculer le buste vers l'individu et Pierre, s'il ne voit pas, se doute bien qu'il se passe exactement ce qu'il attendait. Il est tellement convaincu que lui également fait pivoter son tronc et qu'il vient me caresser les fesses qui se trouvent décollées de l'assise de mon fauteuil. Directement son majeur vient me pénétrer et je laisse faire sagement. Je ne tente pas d'accentuer ma pression sur la queue du gars. Ça doit lui suffire puisqu'il ne moufte pas. Et je sens les allées et venues dans ma chatte, qui me font grimper des soupirs que je dois retenir le plus possible.
Je ne calcule rien, mais d'un coup, j'ai la patte poisseuse. J'y suis ! Le loustic vient de me cracher son foutre dans les doigts. Pierre lui me fait toujours autant mouiller et je vois le garçon qui rajuste son pantalon, se lève et fiche le camp, comme s'il avait le feu aux trousses. Alors je me tourne vers Pierre. Lui ne peut plus faire ses mouvements d'avant en arrière et se voit dans l'obligation de cesser son activité lubrique. Je me tourne vers lui et porte ma menotte à ses lèvres. Il veut l'embrasser et se trouve pris à son propre piège. Ainsi il ne peut plus douter. Je n'ai fait qu'obéir à sa demande et il n'a d'autre choix que de dénicher dans ses poches un paquet de mouchoirs jetables.
— xxXxx —
À suivre…
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Chapitre 3 · Trouple diner
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rtx42
5 mai 2023 à 21:45
C'est un récit délicieux, à la fois tendre et troublant.
J'aime beaucoup la manière dont tu décris leur vie quotidienne et le glissement insensible mais bien réel de l'esprit d'Agnès vers autre chose.
Soyez respectueux
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Fredhdf
5 mai 2023 à 16:38
Merci pour ce fantasme agréable à parcourir.
J’aurais apprécié être votre voisin au ciné….mais j’aurais su me retenir pour mieux profiter de vous et de ce moment à trois…et éviter de vous souiller bêtement !
Soyez respectueux
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