Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'héritier — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'héritier
Chapitre 1
Laurent se demandait encore si ce n'était pas un cadeau empoisonné. Il tournait la nouvelle dans sa tête depuis une semaine. Il devait rencontrer un obscur notaire de province le lundi suivant et avait été contraint de prendre trois jours de congé, trois jours qu'il aurait pu consacrer à d'autres activités bien plus intéressantes et surtout excitantes.
Un huissier lui avait annoncé qu'il héritait d'un oncle dont il ne connaissait même pas l'existence, d'une grande maison bourgeoise perdue en pleine campagne, dans un département encore plus paumé.
Un huissier lui avait annoncé qu'il héritait d'un oncle dont il ne connaissait même pas l'existence, d'une grande maison bourgeoise perdue en pleine campagne, dans un département encore plus paumé.
Laurent était un homme, pas encore rentré dans la quarantaine, célibataire, fils unique de parents tristement décédés dans un accident de voiture. Un sombre connard, ivre, avait brûlé un feu rouge. Ses parents y étaient restés. Le chauffard, condamné à une peine dérisoire, continuait sûrement de boire, et fort probablement de conduire même si c'était sans permis. La vie était injuste.
Et elle persévérait dans l'injustice en lui mettant dans les mains cette bicoque dont il n'avait que foutre. Laurent avait toujours vécu à Paris et n'avait jamais, ô grand jamais envisagé d'émigrer vers la province. Il la traversait pour passer ses vacances sur la Côte d'Azur et c'était déjà bien assez.
Laurent cherchait le bruit, la foule. Le désert, très peu pour lui.
Il était célibataire endurci, fier de l'être et comptait le rester longtemps. Son sport favori : la drague. En live, mais surtout sur les applis de rencontres. Il n'en était pas à une femme différente tous les soirs, mais presque. Parfois, le mari, excité, simple spectateur ou soumis et relégué au rang de lopette dévirilisée, assistait aux ébats.
En clair, Laurent était un épicurien qui profitait de la vie, la brûlant par les deux bouts, en profitant au maximum avant de ne plus en être capable.
Laurent cherchait le bruit, la foule. Le désert, très peu pour lui.
Il était célibataire endurci, fier de l'être et comptait le rester longtemps. Son sport favori : la drague. En live, mais surtout sur les applis de rencontres. Il n'en était pas à une femme différente tous les soirs, mais presque. Parfois, le mari, excité, simple spectateur ou soumis et relégué au rang de lopette dévirilisée, assistait aux ébats.
En clair, Laurent était un épicurien qui profitait de la vie, la brûlant par les deux bouts, en profitant au maximum avant de ne plus en être capable.
Le GPS le guida vers cette petite bourgade sombre et triste que la météo automnale n'égayait pas vraiment. L'office notarial n'était pas plus joyeux. Même si des travaux de réaménagement avaient été réalisés quelques années plus tôt, ils ne suffisaient pas à faire oublier la vieillerie de la bâtisse. Le clerc, plus très jeune, le fit entrer dans le bureau. Quant au notaire, il avait dû être conçu en même temps que la maison.
Une jeune femme attendait. Anachronique et irréelle, tant elle ne cadrait pas avec le lieu. Son âge plutôt jeune, sa tenue trop sexy. Laurent voulait déjà l'ajouter à son tableau de chasse.
— Bonjour Monsieur Germain, commença le notaire. Merci de vous être déplacé.
Laurent s'installa près de la jeune femme, tout en la reluquant sans vergogne.
— Jolie poitrine, pensa-t-il en imaginant déjà ses mains dessus.
— Je vous présente Léa Marigny. Elle n'est pas héritière du défunt, seulement la personne qui partageait sa vie.
— Je n'étais ni sa femme ni sa compagne, précisa l'intéressée. Je m'occupe juste du domaine.
— Mais pourquoi je suis là, grogna Laurent. Je ne connaissais même pas l'existence de cet oncle.
— Aussi étrange que cela puisse paraître, vous êtes le dernier membre de la famille d'André St Germain. D'ailleurs votre nom de famille est une preuve en soi.
— Mon est Germain, pas St Germain.
— En effet. La coïncidence est quand même troublante. Nous avons fait pas mal de recherches et les faits sont là.
— Mouais ... Peut-être que ma branche n'est pas aussi pure que celle de mon oncle. Il ne reste pas un cousin perdu en Amérique ou au fin fond de la brousse ?
— Donc, je vais vous donner lecture du testament, poursuivit le notaire, ignorant la remarque du grossier héritier.
— Je vous présente Léa Marigny. Elle n'est pas héritière du défunt, seulement la personne qui partageait sa vie.
— Je n'étais ni sa femme ni sa compagne, précisa l'intéressée. Je m'occupe juste du domaine.
— Mais pourquoi je suis là, grogna Laurent. Je ne connaissais même pas l'existence de cet oncle.
— Aussi étrange que cela puisse paraître, vous êtes le dernier membre de la famille d'André St Germain. D'ailleurs votre nom de famille est une preuve en soi.
— Mon est Germain, pas St Germain.
— En effet. La coïncidence est quand même troublante. Nous avons fait pas mal de recherches et les faits sont là.
— Mouais ... Peut-être que ma branche n'est pas aussi pure que celle de mon oncle. Il ne reste pas un cousin perdu en Amérique ou au fin fond de la brousse ?
— Donc, je vais vous donner lecture du testament, poursuivit le notaire, ignorant la remarque du grossier héritier.
Le notaire lut la lettre de feu André St Germain. Laurent reluquait les jambes de Léa.
— Des bas ! Cette salope porte des bas ! Putain je bande
— ... le domaine et ma fortune sont donc partagés entre ma gouvernante, Léa Marigny, qui en obtiendra la moitié, et le reste en parts égales entre mes héritiers ...
— ... le domaine et ma fortune sont donc partagés entre ma gouvernante, Léa Marigny, qui en obtiendra la moitié, et le reste en parts égales entre mes héritiers ...
Un silence se fit dans le bureau, le rendant encore plus sinistre.
— En résumé, reprit le notaire, le domaine du défunt vous revient à vous deux, à parts égales.
— Très bien, dit Laurent. En clair, je dois payer quoi ?
— Les droits de succession. A parts égales.
— Très bien, dit Laurent. En clair, je dois payer quoi ?
— Les droits de succession. A parts égales.
Il annonça un montant qui fit bondir Laurent.
— Ça va pas non ? Où voulez-vous que j'aille chercher une somme pareille ? Je peux renoncer à cet héritage ?
— Bien sûr. Mais dans ce cas, vous ne pourrez pas revenir en arrière.
— Et la maison, elle vaut combien ? Car il suffira de la vendre ...
— NON ! s'écria Léa que l'on avait à peine entendue.
— Non ? Et pourquoi non ? demanda Laurent en la toisant avec le rictus de l'homme sûr de lui et dominateur.
— Parce qu'André l'a interdit, répliqua-t-elle, souriant, sûre d'elle et dominatrice.
— En effet, intervint le notaire. Monsieur de St Germain a rédigé un codicille.
— Mais quel enfoiré ! grogna Laurent, après la lecture de celui-ci.
— Bien sûr. Mais dans ce cas, vous ne pourrez pas revenir en arrière.
— Et la maison, elle vaut combien ? Car il suffira de la vendre ...
— NON ! s'écria Léa que l'on avait à peine entendue.
— Non ? Et pourquoi non ? demanda Laurent en la toisant avec le rictus de l'homme sûr de lui et dominateur.
— Parce qu'André l'a interdit, répliqua-t-elle, souriant, sûre d'elle et dominatrice.
— En effet, intervint le notaire. Monsieur de St Germain a rédigé un codicille.
— Mais quel enfoiré ! grogna Laurent, après la lecture de celui-ci.
Léa souriait, satisfaite de son petit effet. Car, si elle n'était pas au courant de la teneur de l'héritage, elle savait pour le codicille et la petite mise en scène qui venait de se jouer.
— Si je comprends bien, je suis propriétaire de la moitié ... de quoi d'ailleurs ? Une maison ? Un château ?
— Un château, répondit Léa.
— La moitié d'un château que je ne peux pas vendre et quelques dizaines de milliers d'euros de droits de succession.
— C'est un bon résumé, concéda le notaire.
— Mais comment je vais faire pour payer une telle somme ?
— Un château, répondit Léa.
— La moitié d'un château que je ne peux pas vendre et quelques dizaines de milliers d'euros de droits de succession.
— C'est un bon résumé, concéda le notaire.
— Mais comment je vais faire pour payer une telle somme ?
Léa, comme le notaire, Maître Folace, restèrent silencieux.
— OK. Je vois le genre ... Bon, du coup, on peut aller voir mon héritage ?
Léa se leva, serra la main du notaire, qu'il garda juste un peu plus que la décence le commandait. Un geste qui intrigua Laurent. Lui se contenta d'une poignée bien ferme. Un peu trop peut-être.
— Des bas à couture en plus ! Et ces talons ! Même à Paris, peu de femmes en porte des comme ça. Mais où peut-elle acheter tout ça, dans ce trou de bouseux ?
Laurent suivait Léa, les yeux rivés entre le ballet de ses jambes et son cul qu'il s'impatientait de tripoter. Une petite voix lui murmurait qu'elle n'apprécierait pas le geste.
— Vous me suivez ? dit-elle en déverrouillant un Range Rover Evoque.
Laurent eut toutes les peines du monde à la suivre. Certes, elle connaissait la région, mais elle ne faisait rien pour l'attendre. « Salope ! » pensa-t-il.
Elle s'arrêta devant un immense portail en fer forgé qui s'ouvrit automatiquement. Elle remonta lentement la longue allée plantée de platanes centenaires. Entre les arbres, Laurent découvrait de vastes étendues herbeuses délimitées par une haie de buis impeccablement taillés.
L'allée était carrossable et un peu boueuse. Laurent comprit le pourquoi du SUV tout-terrain et pesta à l'idée de devoir passer par une station de lavage avant de rendre sa voiture de location. Un des avantages de vivre à Paris et que l'on n'allait pas au-delà du périph' était que la voiture y était totalement inutile. Ici, c'était une question de survie et un 4x4 vous assurait la meilleure place.
L'allée était carrossable et un peu boueuse. Laurent comprit le pourquoi du SUV tout-terrain et pesta à l'idée de devoir passer par une station de lavage avant de rendre sa voiture de location. Un des avantages de vivre à Paris et que l'on n'allait pas au-delà du périph' était que la voiture y était totalement inutile. Ici, c'était une question de survie et un 4x4 vous assurait la meilleure place.
L'allée déboucha enfin sur un espace gravillonné assez vaste pour accueillir une quinzaine de véhicules. Laurent s'arrêta, contempla son héritage. Rien d'extraordinaire. Il s'attendait à trouver une réplique miniature de Versailles. Il ne vit qu'une large bâtisse rectangulaire avec un étage. Une douzaine de fenêtres, dont la taille donnait une idée de la hauteur sous plafond. Les combles semblaient être aménagés, à en juger par les chiens-assis. « Ça doit coûter une blinde à chauffer ». De chaque côté, des dépendances imposantes. Il se gara à côté du Range Rover.
Léa traversa les quelques mètres jusqu'au perron sans la moindre gêne. Talons ou pas, elle se déplaçait avec une élégance que Laurent n'avait jamais vue chez ses conquêtes. Cela dit, ce n'est pas ce qu'il regardait en premier chez elles.
— Bienvenue chez toi, dit-elle en poussant la porte à double battant ouvrant sur un escalier monumental.
— On se tutoie maintenant ?
— On se tutoie maintenant ?
Léa haussa les épaules, dépitée.
— Je vous fais visiter.
— Ah, on se vouvoie.
— Bon, tu commences à m'emmerder sérieusement. Si tu n'es pas content, tu renonces à cet héritage, tu te casses et tu rentres dans ton Paris à la con. C'est clair ? Je ne te connais pas et à voir comment tu te comportes, ça ne donne pas envie. Et arrête de mater mon cul, tu ne l'auras pas.
— Ah, on se vouvoie.
— Bon, tu commences à m'emmerder sérieusement. Si tu n'es pas content, tu renonces à cet héritage, tu te casses et tu rentres dans ton Paris à la con. C'est clair ? Je ne te connais pas et à voir comment tu te comportes, ça ne donne pas envie. Et arrête de mater mon cul, tu ne l'auras pas.
Etonnamment, le château était décoré de façon plutôt moderne. Pas de vieux meubles, pas de tableaux surannés de scènes de chasse, de guerre, de paysages sombres ou de portraits d'illustres inconnus figés dans des poses ridicules.
Une cuisine immense avec un piano digne d'un grand restaurant, deux frigos américains, entre autres, une salle à manger pour ... Laurent n'eut pas le temps de compter les chaises vides. Léa repassa devant l'escalier. L'autre aile se composait d'un grand salon et son immense télé dernier cri accrochée au mur du fond, une salle de jeux avec billard, babyfoot, une autre salle réservée aux jeux de société. Les pièces donnaient sur les deux côtés du domaine. Une grande pièce d'eau, agrémentée d'un jet ornait côté sud. Des toilettes. Laurent s'y arrêta, exaspérant Léa.
Une cuisine immense avec un piano digne d'un grand restaurant, deux frigos américains, entre autres, une salle à manger pour ... Laurent n'eut pas le temps de compter les chaises vides. Léa repassa devant l'escalier. L'autre aile se composait d'un grand salon et son immense télé dernier cri accrochée au mur du fond, une salle de jeux avec billard, babyfoot, une autre salle réservée aux jeux de société. Les pièces donnaient sur les deux côtés du domaine. Une grande pièce d'eau, agrémentée d'un jet ornait côté sud. Des toilettes. Laurent s'y arrêta, exaspérant Léa.
Elle le précéda dans le grand escalier central.
— Mais tu es un putain d'obsédé, cracha-t-elle, sentant le regard concupiscent de Laurent dans son dos.
— Désolé, c'est ma nature.
— Désolé, c'est ma nature.
Léa eut une moue de dégoût et pour elle-même, elle marmonna « Tu vas te plaire ici, connard »
Comme pour le rez-de-chaussée, elle commença par la gauche.
Comme pour le rez-de-chaussée, elle commença par la gauche.
— Ma chambre, dit-elle. Tu rentres sans mon autorisation, tu es mort.
Laurent ne fit aucun commentaire. La menace était des plus réelles. Et s'il ne passerait pas de vie à trépas, la vie sans ses couilles deviendrait ... ennuyeuse.
— La chambre d'André. Tu pourras dormir ici.
— Mais ce que je n'ai rien prévu.
— Pas mon problème.
— Mais ce que je n'ai rien prévu.
— Pas mon problème.
Elle ouvrit les dix portes suivantes. Dix chambres avec chacune leur salle de douche. Simples, mais pratique et efficaces.
Elle redescendit au salon, s'installa dans un fauteuil, croisa ses jambes, montrant volontairement la lisière de ses bas.
Elle redescendit au salon, s'installa dans un fauteuil, croisa ses jambes, montrant volontairement la lisière de ses bas.
— Le spectacle t'a plu ? Parfait, continua-t-elle sans attendre la réponse. Bon, ce château a été transformé il y a une quinzaine d'années maintenant en chambres et tables d'hôtes. André et moi en assurions la gestion. Je te rassure, je n'ai pas besoin de toi pour continuer. Je me débrouille très bien toute seule. En plus de cette activité, on loue le château pour des mariages quand il fait beau en installant une tente sur la pelouse.
— Et ça suffit pour couvrir les frais ? s'étonna Laurent. Une pareille demeure doit coûter un bras en charge.
— André a fait pas mal de travaux. Le chauffage et l'eau chaude sont produits par géothermie. Une partie de l'électricité par des panneaux solaires et un moulin, plus bas. Les légumes et une partie de la viande viennent des fermes avoisinantes. André tenait au circuit court. On fait une dizaine de mariages par an et les chambres sont complètes quasiment toute l'année. On a un cuisinier et sa commise en CDI qui préparent les repas du château, mais aussi des plateaux repas pour les séniors ; une femme de ménage vient tous les matins ; une société extérieure s'occupe l'entretien du domaine ; les agriculteurs alentour nous fauchent les pelouses, récupèrent l'herbe pour les vaches, et paient un loyer pour les terres.
— Les terres ?
— On a une centaine d'hectares.
— Et avec tout ça, vous arriviez à être bénéficiaires. Je suppose que tu es salariée.
— Tu supposes bien.
— Mais tous ces travaux, le crédit doit être énorme.
— André a tout financé sur ses fonds propres. Il a créé une société qui gère le château et ses salariés.
— Il était si riche que ça ? D'où vient sa fortune ?
— Très riche oui, mais il ne m'a jamais dit comment il l'avait gagnée.
— Bon, et moi dans l'histoire ?
— Tu paies les frais de succession et tu récupères la moitié des bénéfices. C'est-à-dire ce qui restera une fois les frais payés.
— En clair ?
— Environ mille cinq cents euros par mois. Mais cela ne comprend pas les investissements ni les gros œuvres.
— Mouais, pas grand-chose au final.
— J'en connais qui ont moins pour vivre.
— Et ça suffit pour couvrir les frais ? s'étonna Laurent. Une pareille demeure doit coûter un bras en charge.
— André a fait pas mal de travaux. Le chauffage et l'eau chaude sont produits par géothermie. Une partie de l'électricité par des panneaux solaires et un moulin, plus bas. Les légumes et une partie de la viande viennent des fermes avoisinantes. André tenait au circuit court. On fait une dizaine de mariages par an et les chambres sont complètes quasiment toute l'année. On a un cuisinier et sa commise en CDI qui préparent les repas du château, mais aussi des plateaux repas pour les séniors ; une femme de ménage vient tous les matins ; une société extérieure s'occupe l'entretien du domaine ; les agriculteurs alentour nous fauchent les pelouses, récupèrent l'herbe pour les vaches, et paient un loyer pour les terres.
— Les terres ?
— On a une centaine d'hectares.
— Et avec tout ça, vous arriviez à être bénéficiaires. Je suppose que tu es salariée.
— Tu supposes bien.
— Mais tous ces travaux, le crédit doit être énorme.
— André a tout financé sur ses fonds propres. Il a créé une société qui gère le château et ses salariés.
— Il était si riche que ça ? D'où vient sa fortune ?
— Très riche oui, mais il ne m'a jamais dit comment il l'avait gagnée.
— Bon, et moi dans l'histoire ?
— Tu paies les frais de succession et tu récupères la moitié des bénéfices. C'est-à-dire ce qui restera une fois les frais payés.
— En clair ?
— Environ mille cinq cents euros par mois. Mais cela ne comprend pas les investissements ni les gros œuvres.
— Mouais, pas grand-chose au final.
— J'en connais qui ont moins pour vivre.
Laurent ne répondit pas. Il avait la chance d'avoir un travail qui lui assurait un train de vie plus que confortable, peu de frais à part le crédit de son appartement qu'il avait quasiment fini de payer. Ses parents, très aisés, lui avaient laissé un confortable matelas pour ses vieux jours qu'il avait eu la bonne idée de l'investir dans la pierre. Ou plutôt des garages qu'il louait à prix d'or et ne demandaient aucun entretien.
Les frais de succession de cet héritage n'entraient pas dans son plan, mais il pouvait leur trouver une place. Malgré tout, il n'avait que foutre d'un château, aussi moderne soit-il, à trois cents kilomètres de la capitale. Et ce n'était pas le peu qu'il lui rapporterait qui changerait sa vision. C'était cette foutue clause qui interdisait la vente qui le mettait en rogne. Encore une lubie de vieille acariâtre à la con. A moins que ce ne fut Léa qui lui imposât cette clause. Et puis, un accident était si vite arrivé. Descendre un escalier avec des talons aussi hauts n'était pas raisonnable.
— La visite n'est pas tout à fait terminée, dit Léa en se levant.
Elle passa derrière l'escalier monumental et descendit une volée de marches tout aussi majestueuses qui s'éclairèrent automatiquement à son arrivée. Laurent entra dans une pièce qui ressemblait à un dressing. Des rangements où s'empilaient des serviettes de bain, des peignoirs. Elle vira vers la gauche où se trouvaient une buanderie avec des machines à laver et des séchoirs professionnels. Léa repassa devant le dressing, avança vers une porte qui coulissa à son approche. Laurent se figea en découvrant une piscine qui n'avait rien d'une pataugeoire. Léa en fit le tour, montra le sauna et le jacuzzi. Elle remonta les volets électriques, offrant le spectacle de la pièce d'eau.
Léa remonta.
— Tu as faim ?
— Oui, j'avoue.
— Oui, j'avoue.
Elle sortit d'un des frigos un plat déjà prêt qu'elle mit au micro-ondes.
— Le cuistot n'est pas là ?
— Non. J'ai fermé le château pour la lecture du testament. Demain, on reprend une activité normale.
— Non. J'ai fermé le château pour la lecture du testament. Demain, on reprend une activité normale.
Léa dressa deux couverts au bout du plan de travail, sortit une bouteille de vin entamée.
— Ch'est délichieux, dit Laurent la bouche pleine.
Il avala sa bouchée, vida son verre.
— J'ai mangé dans des restaurants beaucoup moins bons. Ton cuistot pourrait ouvrir le sien.
— Mais c'est le sien. Tu n'imagines pas comment il s'éclate. Il a toute liberté pour créer ses plats, sans la pression de la clientèle et du bénéfice à la fin du mois. Il a aussi le temps de former des apprentis. D'ailleurs, deux de ses élèves, maintenant diplômés travaillent dans la cantine du collège et tiennent un des restaurants de la ville.
— Parce qu'il y a un collège ?
— Ben oui, répliqua Léa surprise de sa réaction. Tu crois quoi ? Que parce qu'on est à la campagne, on n'a aucune infrastructure ? Mais il faut sortir mon gars !
— Mais c'est le sien. Tu n'imagines pas comment il s'éclate. Il a toute liberté pour créer ses plats, sans la pression de la clientèle et du bénéfice à la fin du mois. Il a aussi le temps de former des apprentis. D'ailleurs, deux de ses élèves, maintenant diplômés travaillent dans la cantine du collège et tiennent un des restaurants de la ville.
— Parce qu'il y a un collège ?
— Ben oui, répliqua Léa surprise de sa réaction. Tu crois quoi ? Que parce qu'on est à la campagne, on n'a aucune infrastructure ? Mais il faut sortir mon gars !
Ils mangèrent une part de tarte et burent le café.
— Viens, je vais te faire visiter la région.
La balade dura presque deux heures. Laurent comprit que ce qu'il avait vu en arrivant n'était que le bout du village. En fait, une petite ville de presque dix mille âmes. Deux écoles primaires, un collège, une zone commerciale, un centre médical et une maison de retraite. L'activité était essentiellement agricole et artisanale. Il visita le moulin qui alimentait le château en électricité, le reste étant revendu à EDF. Il passa devant les fermes qui exploitaient les terres, des fermes modernes, imposantes, de véritables entreprises, bien loin du paysan qui travaillait péniblement son lopin de terre. Laurent réalisa qu'il avait une vue plus qu'étriquée de la vie provinciale, que Paris et ses lumières n'étaient pas tout.
Retour au château. Léa proposa un café.
— Il y a une dernière chose que je dois te montrer.
Elle remonta à l'étage, entra dans la première chambre, toutes sur le même modèle. Télé, minibar, penderie, coffre-fort, bureau. Léa ouvrit les tiroirs. Laurent tomba des nues. Ils contenaient des sex-toys divers et variés. Il y avait même un gode-ceinture.
— Si cet endroit fait le plein, c'est parce que c'est une adresse libertine. Les clients qui viennent ici le savent. Et ceux qui viennent par hasard soit repartent, soit ... On ne fait pas de publicité, on n'est pas référencé sur les sites spécialisés de réservation de chambres d'hôtes ni même sur les sites libertins. Tout se fait par bouche à oreille.
— Mais ... Mais comment vous en êtes arrivés à ... cette activité ?
— Par hasard. André voulait faire des chambres d'hôtes tout ce qu'il y a de plus classique. Il avait fait la publicité qui allait bien, enregistrée sur les gîtes de France. Ça a commencé timidement. Puis un jour, on a eu la visite de deux couples. On a vite compris qu'ils étaient échangistes. André a eu un déclic. Il a longuement parlé avec eux, estimé les débouchés. Avec leur aide, on a tenté le coup. Succès total. André s'est retiré d'Internet et voilà.
— Encore une question. En fait j'en ai plein. En fait, non ... Plus tard. Si. Tu participes aux ...
— Ça m'arrive, oui. Patrice, le cuisinier et Emma, sa commise, aussi.
— Mais le village sait ce qui se passe ici ?
— Etonnamment, non. Ou du moins, je n'ai jamais eu d'écho. Cela dit, dans une petite ville de province, tout se sait. Mais comme André était considéré comme bienfaiteur de la commune, personne ne lui en tient rigueur.
— Je peux poser une question indiscrète ?
— Oui, répondit Léa, agacée.
— Toi et André ?
— Non. André était gay. Très gay même. Il n'était attiré que par les hommes virils et était exclusivement passif.
— Tu as un mec ?
— Non.
— Une copine ?
— Non.
— Mais ... Mais comment vous en êtes arrivés à ... cette activité ?
— Par hasard. André voulait faire des chambres d'hôtes tout ce qu'il y a de plus classique. Il avait fait la publicité qui allait bien, enregistrée sur les gîtes de France. Ça a commencé timidement. Puis un jour, on a eu la visite de deux couples. On a vite compris qu'ils étaient échangistes. André a eu un déclic. Il a longuement parlé avec eux, estimé les débouchés. Avec leur aide, on a tenté le coup. Succès total. André s'est retiré d'Internet et voilà.
— Encore une question. En fait j'en ai plein. En fait, non ... Plus tard. Si. Tu participes aux ...
— Ça m'arrive, oui. Patrice, le cuisinier et Emma, sa commise, aussi.
— Mais le village sait ce qui se passe ici ?
— Etonnamment, non. Ou du moins, je n'ai jamais eu d'écho. Cela dit, dans une petite ville de province, tout se sait. Mais comme André était considéré comme bienfaiteur de la commune, personne ne lui en tient rigueur.
— Je peux poser une question indiscrète ?
— Oui, répondit Léa, agacée.
— Toi et André ?
— Non. André était gay. Très gay même. Il n'était attiré que par les hommes virils et était exclusivement passif.
— Tu as un mec ?
— Non.
— Une copine ?
— Non.
Le ton de Léa n'engagea pas Laurent à continuer.
— Qu'est-ce que tu fais ? Tu restes ?
— Je dois rentrer. Demain, je bosse.
— Tu fais quoi ?
— Je suis directeur commercial dans une grosse boîte qui vend de l'électronique.
— OK. Ceci explique cela.
— Explique quoi ?
— Ta grande gueule !
— Oui, c'est un atout dans mon métier.
— Je n'ai aucun doute sur tes compétences. Tu dragues aussi tes clientes ?
— J'évite de mélanger plaisir et travail. Ce n'est pas bon pour les affaires.
— Parfait alors. Considère-moi comme une de tes clientes.
— Je dois rentrer. Demain, je bosse.
— Tu fais quoi ?
— Je suis directeur commercial dans une grosse boîte qui vend de l'électronique.
— OK. Ceci explique cela.
— Explique quoi ?
— Ta grande gueule !
— Oui, c'est un atout dans mon métier.
— Je n'ai aucun doute sur tes compétences. Tu dragues aussi tes clientes ?
— J'évite de mélanger plaisir et travail. Ce n'est pas bon pour les affaires.
— Parfait alors. Considère-moi comme une de tes clientes.
Le message ne pouvait pas être plus clair.
— Je crois qu'on a fait le tour. Je te laisse réfléchir à la suite. Mais il serait bien que tu reviennes quand le château tourne à plein régime. Aujourd'hui, c'est juste une coquille vide. Ça n'arrive quasiment jamais.
— D'accord. Quand est-ce que je peux venir ?
— Quand tu veux. Tu es chez toi.
— Ce week-end ?
— Très bien.
— D'accord. Quand est-ce que je peux venir ?
— Quand tu veux. Tu es chez toi.
— Ce week-end ?
— Très bien.
Laurent se leva, n'osa pas lui faire la bise. Et repartit pour Paris.
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Commentaires ()
En résumé, une bien belle mise en place pour ces nouveaux héros et, cerise sur le gâteau pour moi, après Stendhal, ce sont Audiard/Simonin qui ont droit à leur clin d'œil.
Je pense que notre protagoniste va finir avec Léa, mais comme il le voudrait dans un premier temps.
Une simple volonté de coucher avec pour son tableau de chasse qui finira en véritable amour ?
Je me demande bien comment ça va se passer.
Léa a un sacré caractère, j'aime beaucoup
Quel fut ma surprise de voir que vous avez repris du service avec cette nouvelle histoire, voyons maintenant comment va se passer cette dernière même si pour le moment j'avoue ne pas savoir comment elle va se dérouler.
Vivement la suite.
Mais méritez au début
Va peut-être changer d’avis sur la province
J'avoue ne pas trop avoir d'idée de la direction que l'histoire va prendre à l'issue de ce premier épisode.
Vivement le prochain :)
C'est avec paisir qu'on lira la suite.