Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
S2 : Philippe, Papa ! Je peux avoir du jus d’orange ? — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
S2 : Philippe, Papa ! Je peux avoir du jus d’orange ?
Chapitre 1
Philippe, Papa ! Je peux avoir du jus d’orange ?
25 novembre 2023 (quartier de la Plaine, Fontenay-le-Fleury)
25 novembre 2023 (quartier de la Plaine, Fontenay-le-Fleury)
« Ce qui fait de vous un homme, ce n’est pas la capacité de faire un enfant, c’est le courage d’en élever un. » (Barack Obama, ancien Président des Etats-Unis)
Être père c’est quoi ? C’est chanté « mon plus beau millésime » comme Obispo ou « et un jour une femme » comme Pagny ? Faire quelques biberons, changer des centaines de couches ? Transmettre des valeurs, essayer de faire de son enfant quelqu’un de bien, pas un terroriste, un assassin ou un acteur porno de préférence. C’est se montrer autoritaire parce que c’est le rôle qu’on dévolue au père, là où maman est toujours pleine de tendresse. C’est s’engueuler avec sa moitié parce qu’on a des désaccords sur l’éducation. Assister à quelques matchs de foot, de basket, de rugby ou autres et crier comme les autres parents ? Venir aux réunions parents-profs et s’entendre dire que son enfant a un potentiel, qu’il ne l’exploite pas parce qu’il ou elle préfère draguer son ou sa camarade de table ?
Philippe Rousseau n’a pas toujours été porté sur la parentalité. Depuis sa Sarthe natale il est monté à Paris pour réussir et finalement y est parvenu dans son domaine du contrôle de Gestion. Le jeune homme est rapidement monté en grade, privilégiant sa carrière et préférant les relations éphémères. Sa chambre à coucher s’est transformée en hall de gare au grand dam de ses parents et surtout sa mère qui désespère vraiment de voir son petit dernier se marier un jour et lui faire un petit-fils ou petite-fille. Pourtant ses ainés (ses deux frères Gaspard et Raphaël ainsi que sa sœur Romy) lui ont déjà donnés des petits-enfants. Philippe s’est donc dit qu’il peut bien laisser sa part aux autres. Pourquoi changer ses habitudes, sa routine, bouleverser son quotidien ? Tous ses amis se marient et font des enfants, dont ses meilleures amis Léon et Rose, heureux parents d’une petite Alba. Lui continue à dire que ce n’est pas pour lui et puis il a rencontré Géraldine.
La jeune femme, qui a trois ans de moins que lui, semble pourtant au départ être encore une relation sans lendemain. Pourtant, de nouveaux rencarts en rencarts, ils vont vers une relation suivie. C’est déjà un exploit mais étonnement il ne s’est pas encore barré, finalement c’est peut-être l’âge de raison pour lui. Il lui faut quand même six mois pour présenter Géraldine à la famille. Elle est vite intégrée surtout par la maman de Philippe, Pénélope. Son papa Léon a toujours été plein de bon sens, il comprend que son petit dernier ait voulu continuer à profiter de sa vie, sans se mettre la corde au cou trop vite. A leur époque, c’était inconcevable pour lui et Pénélope mais lui comprend qu’il faut vivre avec son temps, là où son épouse a plus de mal et veut absolument que son fils se range. Bon s’il est heureux avec cette fille, peut-être que ce sera la bonne, on verra bien.
Pour Philippe, les choses vont assez vite finalement, il vient de passer la trentaine et finit par se dire « et si Géraldine était la bonne », pourquoi passer à côté encore une fois. Il a souvent laissé partir des femmes qui auraient pu le rendre heureux. A peine trois mois après la présentation à la famille, ils se marient sur le domaine familial de Saint-Saturnin au nord du Mans. Le couple ne passe même pas par la case appartement et achète tout de suite une maison à Rennemoulin au sud-ouest de Paris. Géraldine, qui a des relations conflictuelles avec sa famille, rêve d’avoir des enfants et après avoir profité quelques temps de leurs vies de jeunes mariés, le trentenaire se laisse séduire par l’idée d’avoir des enfants et puis concevoir un enfant c’est simple et amusant. Si on voit le côté trivial de la chose, cela augmente le nombre de rapports sexuels et de cela Philippe ne va pas s’en plaindre.
Finalement Géraldine tombe enceinte pour son plus grand bonheur et pour celui de sa maman aussi mais étonnement Philippe se fait une joie de devenir papa, surtout il rêve d’un petit garçon qui lui ressemble, qu’il pourrait habiller comme lui et avec qui il partagerait ses passions, comme la course automobile (quand on est né à quelques kilomètres du circuit Bugatti du Mans c’est un peu normal), enfin le sport en général mais aussi et surtout l’Histoire. Pour Philippe transmettre une histoire, celle de son pays, de sa région mais aussi celle du monde est quelque chose qu’il rêve de partager avec son fils. Il va aussi beaucoup se renseigner dans les livres ou auprès de ses amis Rose et Léon mais c’est connu on n’apprend pas à être père sur des conseils et aux travers de ses lectures. C’est comme d’être un bon mari, cela s’apprend sur le tas, avec la pratique.
La grossesse se passe très bien mais un évènement sur une seule journée heureusement va amener des interrogations auxquelles il n’avait pas pensé. Lors de la première échographie, une clarté nucale un peu trop épaisse est détectée, cela n’est peut être rien mais le médecin-échographe préfère les avertir que cela peut être le signe d’une trisomie et leurs proposent des tests tel que l’amniocentèse, qui permettra d’écarter cette hypothèse. Mais en attendant les résultats du test pour le lendemain, Géraldine et lui vont avoir une grande discussion à l’initiative de la future mère :
— On fait quoi mon amour si cela se confirme, je ne crois pas que je pourrai élever un enfant trisomique. C’est trop de travail, je préfèrerai avorter.
Philippe est assez mal à l’aise avec ce sujet, on parle quand même de la vie de leur futur enfant. Le futur père ne sait pas trop, il est vrai qu’effectivement il redoute de devoir prendre ce genre de décision mais lui, ce qui l’inquiète, c’est l’avenir de cet enfant dans cette société qui ne sait pas accepter les différences, il faut être dans le même moule sinon on est rejetée.
— Je ne sais pas trop, je redoute la décision qu’il faudra prendre mais bon soyons positifs demain à cette heure-ci on saura et peut-être que cette journée ne sera qu’un mauvais souvenir, positive le futur père.
Philippe a finalement raison de positiver, la possibilité est écartée. Ils n’auront pas de décision difficile à prendre. Par une douce matinée de septembre aux premières lumières du jour, Geraldine met au monde leur fils, c’est un moment que Philippe ne pourra jamais oublier, qui restera gravé à tout jamais dans sa mémoire. Il se souvient de ces longues heures d’attentes, le courage de son épouse puis cette attente interminable et si angoissante avant que son petit bonhomme ne pousse son premier cri. Son immense soulagement en entendant le cri libérateur, son fils est en vie et, apparemment il a déjà de bons poumons. Ce jour-là Philippe et Géraldine ont accueilli dans leur vie leurs fils Pierrick.
Que de souvenirs durant ses trois premières années avec plein de souvenirs, de bons moments, de petits bobos, de cris, de nuits compliquées, de douleurs aux gencives parce qu’il y a les dents qui sortent qu’on ne peut calmer qu’avec du Camélia ou du Dolodan. Leur vie n’est pas différente de celles d’autres parents avec les rendez-vous chez le pédiatre, les vaccinations où ils doivent réussir à distraire leur petit Pierrick et les dimanches en famille.
C’est là après coup se dit Philippe que les premiers doutes commencent à poindre, Pierrick marche à partir de quatorze mois, ses dents sortent toutes (le jeune papa s’en souvient bien), des mots par ci par là mais toujours aucune phrase alors que tous les enfants de leurs entourages parlent déjà. Mais aussi des petites choses bien déroutantes pour les jeunes parents : un manque d’interaction avec les autres enfants ou adultes, le fait qu’il ne regarde jamais dans les yeux, une marche sur la pointe des pieds mais surtout ses crises par moment très longues quand on lui dit non et surtout quand on a changé une petite chose dans son quotidien.
Léon tente de le rassurer comme il peut afin qu’il ne s’inquiète pas trop ; Avec l’école il va plus se sociabiliser avec les autres enfants et les phrases viendront toutes seules. C’est aussi ce que lui disent sa sœur et ses frères, Gaspard prend l’exemple de son ainé Lucas qui était toujours dans son coin comme Pierrick mais une fois à l’école le jeune homme s’est ouvert aux autres et aujourd’hui c’est le premier à initier des jeux avec les autres et puis il ne peut plus s’empêcher de parler.
Premier jour de rentrée scolaire, rentrée particulière car c’est la première après le début de la crise sanitaire, toutes les maitresses, les ATSEM et les parents d’élèves portent des masques. Cela fait un peu psychose et doit être si traumatisant pour les enfants, ils doivent avoir l’impression d’être à l’hôpital. Philippe a pris sa journée pour faire la première rentrée de son petit homme qui est beau dans ses nouveaux habits. Arrivé dans la classe, Pierrick est un peu perturbé par tous ces enfants qui pleurent mais lui ne pleure pas et préfère aller aligner des voitures bien en ligne et bien droit.
La matinée se passe, 11h30 arrive, c’est le moment de récupérer Pierrick. La maitresse qui est aussi la directrice de l’école Sainte Julitte à Saint-Cyr-l’Ecole est un peu embarrassée en leurs rendant le petit.
La matinée se passe, 11h30 arrive, c’est le moment de récupérer Pierrick. La maitresse qui est aussi la directrice de l’école Sainte Julitte à Saint-Cyr-l’Ecole est un peu embarrassée en leurs rendant le petit.
La matinée s’est à peu près bien passée mais ils devraient demander l’aide d’une AVS auprès de la MDPH car cela peut aider Pierrick. Les parents tiquent un peu à l’évocation d’un éventuel statut d’handicapé, surtout dès le premier jour. C’est quelque chose dont ils ne veulent pas entendre parler, la possibilité de le changer d’école et de le mettre dans une autre école privée est même évoquée. Mais au bout de plusieurs semaines, le père se décide à s’en ouvrir à son épouse, qui fait toujours la sourde oreille sur ce sujet :
— Tu ne veux pas savoir et puis ce pourrait bien être pour le bien de Pierrick. Cela peut l’aider peut-être. On ne perd rien à vouloir savoir.
— Et s’entendre dire que notre fils est anormal, pas question ! Notre fils a un peu de retard mais il n’est pas handicapé, tu ne lui fais pas assez confiance, il peut encore nous surprendre.
— Tu ne peux pas dire anormal, on parle tout de même de notre fils. S’il est handicapé on fera avec car on est ses parents et on l’aime.
— Je parle comme je veux, ce n’est pas à toi de me dire comment je peux parler de mon fils. Tu l’accepteras peut-être, moi jamais.
Finalement au bout de quelques jours, le père de famille parvient enfin à convaincre son épouse qui est bien mal disposée quand ils se rendent au CAMSP (Centre d’Action Médico-Social Précoce) de Versailles, situé dans un bâtiment en pierre de taille Rue Berthier au sein de la maison Despagne. C’est la pédopsychiatre qui les reçoit. Divers tests sont faits à Pierrick, avant de poser un premier diagnostic qui ne pourra être confirmé qu’avec une batterie de tests mais, pour la spécialiste, il y a une forte de suspicion de Trouble du Spectre Autistique (TSA) avec trouble de la communication et de l’interaction. Philippe accuse le coup, Géraldine ne semble pas mieux mais elle se décide s’il y a des méthodes pour le rendre « normal ». La pédopsychiatre leur explique que ce n’est pas une maladie mais un handicap, qu’en fonction du degré d’autisme ils pourront l’atténuer avec le temps mais il sera autiste à vie. Elle les rassure sur le fait que beaucoup d’autistes vivent une vie normale, sans avoir nécessairement besoin d’une aide extérieure et même sans que cela ne se remarque.
A partir de cela c’est un marathon de rendez-vous avec des spécialistes en tout genre que consulte leur fils : Psychomotricienne, Psychologue, orthophoniste, puéricultrice, ergothérapeute.
Pendant ce temps, ses relations avec son épouse se détériorent de plus en plus, sa femme lui reprochant de ne plus voir que les intérêts de leur fils et d’oublier ses besoins à elle. Ils ne font plus de cinéma comme ils le faisaient souvent avant car il est impossible de confier Pierrick, ils ont bien essayé une fois mais sont revenus au bout de dix minutes, les parents de Philippe ne parvenant pas à contrôler la détresse de leur petit-fils en ne voyant plus ses parents, seul le retour de son papa et de sa maman a pu le consoler. Pas question non plus de se faire des restaurants à deux, mais étonnement par rapport à d’autres de leurs amis, les restaurants avec Pierrick se passent très bien, à condition que les parents préviennent leurs fils bien avant, comme leurs ont conseillés les spécialistes et en choisissant un restaurant qui sert des choses que mangent leur petit homme. Philippe comprend la frustration de son épouse mais il est lui de plus en plus agacé parce qu’elle le cache bien mal même en public. Même leurs câlins, autrefois si torrides, s’en ressentent, comme beaucoup de parents ils ne peuvent plus le faire à toute heure et partout dans leur maison. Sa femme lui reproche d’arrêter leurs ébats dès que le petit fait un cauchemar, pour elle ce sont des comédies alors que les spécialistes leurs ont bien dit de ne rien négliger car c’est très important dans son développement. Un enfant autiste évoluera plus vite s’il se sent soutenu par ses parents.
Le test sensoriel quelques mois plus tard va encore aggraver les choses entre les deux parents. Il s’agit d’un test d’au moins deux cents questions sur les perceptions sensorielles de leur enfant avec des enfants sur comment il se comporte face à lumière du jour ou d’une ampoule et même des questions sur ses habitudes alimentaires tel qu’aliments mous ou durs. Géraldine semble peu concernée, c’est donc Philippe qui répond tant bien que mal aux questions de la psychologue de leurs fils. Le père ne peut s’empêcher de faire remarquer qu’elle aurait pu plus donner de sa personne et répondre aux questions car c’est pour le bien de leur fils et que cela sert aux diagnostics finaux.
Celui-ci sera finalement rendu au mois d’octobre suivant, Pierrick est bien autiste, mais avec de bonnes perspectives d’évolution dans le temps ce qui donne de l’espoir au papa.
Toute la famille et les amis se réjouissent d’apprendre que cela peut s’atténuer avec le temps mais Philippe savait qu’il pouvait compter sur leur soutien indéfectible. ., Ils ont toujours fait en sorte de faciliter les choses, même quand Pierrick a quitté très vite la fête d’anniversaire de ses quatre ans car il y a trop de monde et trop de sollicitation pour le petit bonhomme. Là encore la frustration et l’agacement de son épouse est perceptible mais le père de Pierrick a choisi depuis quelques temps d’ignorer cela. Il ne veut se concentrer que sur le positif pour son fils.
Sa vie maritale déjà bien bringuebalante va voler en éclat au début du printemps 2023 à son retour d’un voyage d’affaires du côté de Nice. Quelle n’est pas sa surprise de ne pas voir Géraldine avec son fils mais une autre femme, Pierrick le voyant arriver, court se jeter dans les bras de son papa complètement paniqué. Le père de famille regarde la jeune femme et s’adresse à elle d’une façon peu amène
— Qui êtes-vous ? Que faîtes-vous chez moi ? Et où est mon épouse ?
— Bonjour monsieur Rousseau, je suis Bérangère la nounou de Pierrick. Madame ne vous a pas prévenu ? lui répond la jeune femme, l’air totalement embarrassée
— Pardon excusez-moi mademoiselle mais ma femme ne m’a pas prévenu et de toute façon je ne l’aurai pas autorisé. Ma femme vous a-t-elle prévenu pour l’autisme de notre fils ? Sur le fait qu’il ne supporte pas le changement et qu’il a du mal à faire confiance aux inconnus.
— Je suis sincèrement désolée, Monsieur, non votre épouse ne m’a rien dit vis-à-vis de Pierrick, elle m’a juste dit qu’il n’avait pas l’habitude d’être gardé mais qu’il fallait bien qu’il s’y fasse.
Philippe enrage vraiment contre son épouse, sa légèreté et son absence de considération pour la condition de leur fils.
— Ecoutez Bérangère je n’ai rien contre vous, c’est plutôt après ma femme que j’en ai. Je vous remercie d’avoir veillé sur mon fils. Je suis rentré, donc vous pouvez partir, je vais m’occuper de Pierrick.
Il a passé toute la soirée avec Pierrick, collé à lui mais ils passèrent de très bons moments père-fils, préparant le repas ensemble puis Philippe le fit manger avant de dérouler la routine de la soirée : brossage de dent, douche puis petit jeu (son petit bonhomme aime beaucoup le jeu des émotions en ce moment) avant le coucher toujours dans le rituel : mise en route de la veilleuse musicale, installation du visiophone, Pierrick qui lui grimpe sur le dos comme tous les soirs pour jouer encore un peu avec papa, qui le dépose doucement ensuite dans son lit, le petit bisou et le je t’aime du papa envers son fils et enfin l’extinction des lumières.
Depuis le départ de Bérangère, le papa de Pierrick a essayé de joindre sa femme a de nombreuse reprise sans succès, il lui a écrit une trentaine de SMS tous sans réponse. Il commence même à se demander si la maman de Pierrick n’a pas fait ses bagages avant de partir mais toutes ses affaires sont bien là. Aux alentours de 23h, la voiture de sa femme se gare enfin dans l’allée. Philippe préfère attendre ses explications avant d’en tirer des conclusions. En le voyant, Géraldine s’exclame :
— Ah tu es rentré de ton voyage on dirait ?
— Toi aussi apparemment lui rétorque-t-il avec dureté
— Oh non, ne commence pas !
— Que je commence quoi ? Je ne dois pas prendre mal que tu t’en vas sans rien dire en laissant ton fils à la maison avec une inconnue. Tu es totalement inconséquente, il aurait pu arriver n’importe quoi, on aurait pu l’enlever ou le tuer et on dirait que cela t’indiffère.
— Il n’est rien arrivé non ? Et puis qu’est-ce que tu veux que cela me fasse ? Ce gosse me pourrit la vie depuis sa naissance ! Pas fichu d’être normal comme tous les autres gosses ! Je n’ai pas voulu d’un enfant comme ça !
— Comment tu peux parler comme ça de ton fils ? C’est notre fils, c’est notre sang on doit l’aimer comme il est, sans condition aucune. C’est notre rôle de parents de le protéger et de veiller sur lui. On doit l’accepter tel qu’il est, c’est comme ça. Je parie que tu as encore vu ta copine Cassandra, celle qui ne supporte pas les enfants et encore moins ceux qui sont différents. Laisse-moi deviner elle ne voulait pas de Pierrick chez elle, c’est bien ça ?
— Il faut la comprendre, elle et son mari viennent d’acquérir des meubles qui arrivent tous droit d’Italie et qui valent très cher. Tu sais aussi bien que moi que ce gosse ne fait attention à rien.
— Ce gosse, comme tu dis, avait besoin de sa mère aujourd’hui et pas d’une inconnue mais tu n’en as eu que faire. Il y en a toujours eu que pour toi, tu es d’un tel égoïsme Géraldine c’est hallucinant.
— Moi égoïste ? Toi plutôt qui m’as privé de tout depuis sa naissance et surtout depuis qu’on sait pour son putain de handicap !!! J’en ai marre de faire ma vie en fonction de celle de mon fils. Va falloir qu’il s’adapte sinon…
— Sinon quoi ? Tu vas abandonner ton fils et partir ?
— Cela va dépendre de ta réponse, il va falloir que tu fasses un choix : soit tu choisis ton fils, soit tu acceptes enfin de me donner la priorité.
— Quoi tu n’es pas sérieuse, tu te mets en concurrence avec ton fils. Je n’ai aucunement envie de faire un choix entre ma femme et mon fils.
— Donc tu as choisi ! Je m’en vais, je vous souhaite une belle vie à toi et à ton fils.
Géraldine le quitta donc ce soir-là et demanda le divorce, elle ne réclama même pas la garde de son fils, elle faisait une croix sur Pierrick. Il allait falloir qu’il se reconstruise et pour cela il fallait qu’il change tout dans sa vie professionnelle pour être à plein temps à la maison. En parlant de maison, il devait trouver une nouvelle maison pour lui et son fils. Si son ex ne lui réclamait pas la garde de leurs fils en revanche elle voulait la moitié de la valeur de la maison de Rennemoulin, montant que Philippe n'avait pas. Et puis il voulait repartir sur de nouvelle base avec son petit bonhomme, pas trop loin non plus pour ne pas perturber Pierrick. Rose le mit en contact avec l’agence immobilière qui leur a vendu leur maison.
**************
Pour Flora Leclercq la vie a toujours été faite de joie, sans aucune prise de tête ou du moins elle sait soigneusement les éviter. Elle adore son métier d’agente immobilière qui lui permet de rencontrer une multitude de personnes tout en aidant à trouver le futur nid d’amour d’un jeune couple, la petite maison familiale plein de rire d’enfants ou la dernière maison d’un vieux couple qui va y vire ses dernières années et qui seront tout heureux de le céder à leurs enfants. Côté vie privée la jeune femme ne se prend pas la tête, son métier passe avant donc ce sont très souvent des relations sans lendemain et sans conséquence avec des collègues et même assez souvent avec des clients. Il faut dire que des maisons vides sans autre personne qui peuvent venir les interrompre c’est assez aphrodisiaque, Cal est loin d’avoir été son coup d’essai. Elle se rappelle bien un homme qui l’avait sodomisé à même le sol pendant au moins une heure dans la maison qu’elle venait de lui faire visiter, un homme qu’elle a revu quelques jours plus tard avec sa femme enceinte pour la signature du contrat de vente. Comme avec Calvin, elle sait aussi utiliser son corps pour conclure une vente comme la fois où elle a sucé jusqu’au bout un homme âgé d’au moins soixante-cinq ans pour qu’il accepte la très bonne proposition d’achat d’une famille pour sa propriété à Villepreux. Le papy n’avait pas dû éjaculer depuis longtemps car il a lâché une sacrée quantité de foutre sur le visage, la bouche et ses seins.
Elle a eu aussi l’opportunité de se faire un prince, en l’occurrence celui d’Oman, il faut dire que le mariage de Cal et Béa était un vrai lupanar. Leur proposition d’orgie le lendemain du mariage avait vraiment émoustillé tous ceux qui étaient invités à la petite sauterie, ils avaient aussi, comme elle, bien profité de l’enterrement de vie de jeune fille à Milan en mars. Les agents de sécurité s’étaient montrés tous très endurants, c’était d’ailleurs la première fois qu’elle avait eu droit à une double anale, elle ne savait même pas que c’était possible. Mais bon la maman de Cal venait de montrer cinq minutes son immense expérience dans ce domaine, c’est vraiment une sacrée famille les Liénard. Cela lui donnait vraiment envie de rencontrer papa et tonton aussi. Et donc le soir du mariage elle s’est partagé le prince Marwan avec Pauline. Si Flora est perverse, la vietnamienne d’origine est carrément dépravée et totalement insatiable. Elles l’ont presque vidé si bien qu’il a demandé grâce car il voulait garder des forces pour le lendemain. Ce fut aussi une première ce jour-là pour Flora, aucun dentiste ne faisait encore partie de son tableau de chasse, fort quand même d’un généraliste, d’un kiné, un urgentiste mais aussi un gastroentérologue. Le mari de l’ex-femme de Cal s’est montré très adroit et très endurant. C’est un souvenir qu’elle n’est pas près d’oublier d’autant qu’elle a bien rempli son carnet d’adresse lors de ce week-end, il n’est pas interdit de penser au travail non plus.
Retour au quotidien avec des visites et des dossiers à préparer. Fin juillet, sa collègue Thérèse part en congés et lui demande de s’occuper d’un dossier, celui d’un père célibataire qui s’est adressé à eux sur la recommandation d’un couple d’anciens clients .Apparemment c’est un homme en instance de divorce qui a la garde de son fils, ils vont quitter leur maison de Rennemoulin et cherchent une nouvelle maison dans un périmètre de cinq kilomètres autour de Saint-Cyr-l’École, où est scolarisé le petit garçon (ça pour être précis c’est précis). Les horaires de visite devront être bien définis à l’avance sans changement de dernière minute. Sa demande concerne aussi des espaces verts et des aires de jeux pour enfants à proximité, il faudra aussi que la maison soit raccordée au réseau de fibre optique. Bon avec toutes ces demandes, elle espère avoir des maisons dans son catalogue, la jeune femme rentre donc tous ces critères dans son logiciel qui va lui sortir la liste des maisons qui peuvent correspondre aux exigences du monsieur. Trois maisons correspondent et la jeune femme envoie donc par mail à ce monsieur Rousseau leurs propositions. Après quelques heures, elle reçoit une réponse de sa part : refus pour celle du Bois d’Arcy car trop proche de la N12, même refus pour Saint-Quentin-en-Yvelines mais acceptation de visite pour Fontenay-le-Fleury. Elle cale donc avec le propriétaire une visite et s’assure qu’il n’y aura pas de changement de dernière minute avant de prévenir monsieur Rousseau.
Elle espère que la maison va lui convenir, c’est une belle demeure située dans le secteur de la Plaine, rue de la Demenerie en bout de rue juste à côté de l’aire de jeu pour enfants. C’est une maison avec un étage dont la chambre parentale repose sur des colonnades et sort totalement au-dessus de l’entrée. Cette chambre a une salle de bain privative ainsi qu’un très grand dressing. Trois autres chambres se trouvent dans la maison, il y a aussi un vaste bureau situé juste en face de la chambre principale, avec vue sur le jardin. Le rez-de-chaussée est tout équipé avec notamment une cuisine à l’américaine donnant sur le séjour en plus d’un salon où se trouve une très importante bibliothèque. Sur les extérieurs en plus du grand jardin, il y a un garage, une cave mais aussi un établi accolé au garage.
Le jour J, Flora a revêtu en cette journée très chaude mais un petit moins que les jours précédents, une petite robe légère blanche légèrement transparente au soleil mais non vulgaire avec des petites sandales blanches. Pile à 15h45, comme convenu, un Renault Kadjar se gare juste devant la propriété. Un homme d’une trentaine d’année, les cheveux poivre et sel en sort, lunettes de soleil sur les yeux, il porte un costume gris avec une chemise bleue claire dont les deux premiers boutons sont ouverts. Il lui adresse un superbe sourire tellement Colgate puis un geste de la main avant de se diriger vers la porte arrière qu’il ouvre pour détacher son fils qu’il prend dans ses bras. Le petit garçon porte un polo léger couleur bleu ciel avec un short gris, les mêmes couleurs que son papa. Il lui ressemble comme deux gouttes d’eau, la même chevelure mais les cheveux poivre et sel en moins. Des magnifiques yeux bleus bien profonds, elle se demande si monsieur Rousseau a les mêmes yeux.
Le trentenaire s’avance vers l’entrée de la maison avec son fils sur ses épaules, il retire ses lunettes de soleil et les glisses en haut de sa chemise. Flora peut voir donc que le fils tient ses yeux de son père qui a un regard très expressif. Visiblement il apprécie ce qu’il voit, elle ne sait pas si c’est la maison ou elle qu’il admire.
— Bonjour madame Leclercq, Philippe Rousseau. Enchanté de faire votre connaissance, je vous présente mon fils Pierrick. Tu dis bonjour à la madame mon petit bonhomme.
Le jeune garçon la regarde et lève sa main gauche pour la saluer tout en affichant un très beau sourire un peu taquin puis il serre le poing et le tend vers elle pour un Check. La jeune femme un peu surprise tend aussi son poing aussi et lui rend son Check et recueille de nouveau un beau sourire en retour.
— Bonjour Pierrick, moi c’est Flora et je vais vous faire visiter votre nouvelle maison à ton papa et à toi. Bonjour monsieur Rousseau, moi aussi je suis enchantée. Venez, nous allons passer le portail.
La jeune femme commence son laïus et explication sur tous les avantages de la maison mais ils sont souvent interrompus par le petit garçon qui courre un peu partout tout en battant des bras comme s’il pouvait s’envoler :
— Pierrick vient ici s’il te plaît, arrête de courir partout ! Veuillez m’excuser mon fils est autiste.
— Mais monsieur Rousseau, ne vous excusez surtout pas, votre fils n’a rien fait de mal, il est comme il doit être. Ce sont les personnes qui ont un regard différent sur ce charmant petit garçon qui devraient s’excuser. Pourquoi on n’irait pas lui montrer sa future chambre au petit bonhomme et puis comme ça il pourra jouer avec les jouets du petit garçon qui habitait ici.
— Merci madame Leclercq mais je vous en prie appelez-moi Philippe. Vous êtes sûr pour les jouets, Pierrick va probablement tout sortir.
— Eh bien Philippe, ne vous inquiétez pas je m’occuperai de tout ranger, appelez-moi Flora ce sera beaucoup mieux.
Le regard qu’ils ont échangé à ce moment-là en dit long sur l’attirance qu’ils ont déjà.
La jeune femme installe des petits jeux avec Pierrick dans la chambre et commence un peu à jouer aussi avec le bonhomme qui curieusement ne semble pas dérangé par cette jeune femme qu’il connaît à peine. Une fois en confiance, Pierrick joue tout seul et Flora peut continuer a expliquer ce qu’il y a savoir sur la maison. Philippe est conquis autant par la maison que par la jeune femme. Ils ont avec Pierrick trouver leur nouveau foyer où il espère revoir la jeune femme qui lui a tapé dans l’œil. La réciproque est partagée, la fragilité de ce père célibataire l’a profondément touché et puis il a une classe folle. Rarement elle n’a été autant attirée par un homme.
Ils se revoient le jour de l’emménagement, la jeune femme profitant d’une journée off est venue avec une bouteille de champagne pour fêter cette nouvelle vie. Avant d’entrer elle a demandé à Philippe si cela ne perturbera pas trop Pierrick, cette attention le touche vraiment beaucoup. Il lui dit qu’ils vont essayer mais le papa est surpris de voir son fils sautiller tout partout en poussant des cris d’excitation. Il attrape la femme par le poignet et l’entraîne déjà dans ses jeux. Après quelques minutes elle peut enfin venir saluer les meilleurs amis de Philippe ainsi que son frère Gaspard et son épouse Laurence. Personne dans l’assistance n’est dupe sur l’alchimie qu’il y a déjà entre Philippe et Flora.
Pourtant, même après la rentrée, les deux continuent de jouer au chat et à la souris sans que l’un ni l’autre n’ose faire le premier pas. Un matin c’est Philippe, après avoir déposé le petit à l’école, fait un crochet vers l’agence immobilière où travaille Flora pour lui offrir des fleurs : des lys blanc pour la remercier pour ce qu’elle a fait pour eux, un autre jour c’est Flora qui est passé ramener un Calathea (une plante qui symbolise l’espoir et le nouveau départ), ils ont pris un café ensemble puis joué avec Pierrick que Philippe récupère le midi parce que le petit garçon est encore trop fatigué pour réussir à faire une journée complète d’école. Rien non plus encore là malgré des regards qui en disent long. Un jour Thérèse demande à sa collègue pourquoi elle ne tente rien, elle qui pourtant n’est pas connue pour avoir froid aux yeux, Flora lui a répondu qu’elle sent que c’est peut-être le bon mais elle ne veut rien brusquer car elle le sent, Philippe a beaucoup souffert de l’échec de son mariage, il n’en parle jamais par pudeur mais elle ne veut pas tout gâcher en allant trop vite.
C’est finalement Rose, voyant que ces deux là tournent en rond sans jamais rien tenter, qui décide de faire accélérer un peu les choses mais elle va quand même faire les choses à sa façon. Un samedi après-midi de novembre, le 25 précisément comme ils le font souvent, Rose et Léon invite Philippe et Pierrick à la maison du côté de Guyancourt pas très loin du lavoir de Bouviers et là encore en bout de rue. La maison en pierre de taille est magnifique surtout avec la vue qui donne sur la campagne environnante. Le petit jardin en pente bien clôturé est un excellent terrain de jeu pour les enfants. Flora, qui a aussi été invitée, se présente devant la maison à 14 heures précise, Rose et Léon les accueillent dans leur salon et lui présente leurs deux enfants : Alba et Rémi. Le couple est conquis par l’aisance de la jeune femme avec les enfants et commence un peu à l’interroger sur sa vie, ils apprennent notamment qu’elle est la grande sœur de deux garçons, ce qui explique ses facilités avec les jeunes pousses. Rose préfère aller droit au but comme toujours :
— Bon Flora on ne va pas tourner autour du pot encore longtemps, je crois que tout le monde sait pour l’attirance qu’il y a entre Philippe et toi.
— Quoi on est si transparents ? lui répond l’agente immobilière
— Euh ! Comment dire commence Léon, vous êtes aussi discrets que des éléphants dans un magasin de porcelaine
— Autant pour Phil je sais mais pour toi Flora on ne sait pas pourquoi tu sembles si hésitante enchaine Rose
Flora entreprend de leur expliquer ses hésitations surtout au regard de l’histoire si difficile de Philippe qu’elle pressent plus qu’elle ne sait.
Le couple se regarde et d’un mouvement de tête, Léon conseille à sa femme d’expliciter les choses :
— Bon Phil n’aimerait pas que je t’en parle mais on dira que c’est pour la bonne cause, il ne se plaint jamais, il n’expose jamais ses états d’âmes, ses douleurs mais il a le cœur sur la main. Il mérite largement qu’on l’aide un peu de temps en temps.
Rose entreprend avec l’aide de son époux, d’expliquer l’histoire de Philippe à Flora pour qu’elle comprenne ses réserves et ses hésitations. A la fin du récit, Flora est au bord des larmes et surtout elle a le poing serré :
— Excusez-moi l’expression, mais quel sale connasse cette Géraldine, qui a rejeté son propre fils et abandonné son époux. Comment peut-on faire cela, Pierrick mérite d’avoir une maman qui l’aime et qui le protège mais surtout qui l’accepte pour ce qu’il est. Et pauvre Philippe et puis pendant tout ce temps il ne s’est jamais plaint, quelle grande force morale. Mais il a besoin de quelqu’un soit là pour lui, heureusement il vous a mais aussi sa famille. Il ne doit pas porter ses souffrances seul au quotidien.
— On t’a bien observé Flora, reprend Léon et on est convaincu que tu es la femme qu’il lui faut. Il faudra juste l’aider un peu je pense. Mais tu as bien compris que vouloir Philippe c’est aussi accepté Pierrick et être prêt à agir comme une maman pour lui. C’est pour cela je pense que Philippe ne s’est pas relancé dans une relation depuis Géraldine, il n’imposera pas n’importe qui à son petit bonhomme, c’est l’être qui compte le plus dans sa vie. Je sais que c’est beaucoup te demander Flora mais nous devons être certains que tu es prête à accepter cette situation. On ne veut pas que notre ami souffre encore.
— Si je peux me permettre, je vais vous raconter à mon tour mon histoire, j’arriverai peut-être à vous convaincre, lui répond Flora.
La jeune femme explique notamment que son frère cadet Dylan est bègue de naissance, ce n’est rien de comparable par rapport à l’autisme mais le regard des autres a été très dur pour Dylan, surtout à l’école. Combien de fois a-t-elle du consoler son petit frère, combien de fois elle s’est battue pour le défendre mais elle a l’a fait sans regret malgré les problèmes qu’elle a pu avoir parce c’est son petit frère et qu’elle l’aime. Aujourd’hui elle est fière de l’homme qu’il est devenu, certes il bégaie encore un peu quand il s’énerve mais plus personne n’ose se moquer de lui, surtout avec ses près de deux mètres et cent dix kilos.
Il n’en fallait pas plus pour convaincre les meilleurs amis de Philippe. Ils apprennent un peu plus à se connaître en attendant l’arrivée de Philippe et Pierrick toujours à quinze heures quarante-cinq précises. Le père de famille mis au courant en amont de la présence de la jeune femme, rougit un peu quand même en sa présence d’autant que Flora se montre un peu plus entreprenante dans sa façon de l’abordée. C’est finalement Léon qui va le pousser à inviter la jeune femme à la maison ce soir parce qu’il est grand temps « qu’il se mette un coup de pied au cul » et qu’il reparte de l’avant. La demoiselle se montre plus qu’enchantée à venir en tout bien tout honneur et puis cela fera plaisir à Pierrick comme elle dit.
En début de soirée, aux alentours de 18h00, ils repartent tous les trois. Rose et Léon espère que cela va enfin avancer entre eux. Au bout d’un quart d’heure de route comme prévu, ils arrivent et tout de suite Philippe se met au fourneau pendant que Flora joue avec Pierrick. Au menu ce soir pour son petit homme, piccolini et nuggets comme les aime son fils. La jeune femme s’étonne devant la minutie du petit garçon, la serviette de table à droite de sa cuillère, le verre de sirop juste devant son assiette. Il va ensuite sortir son pesto rouge qu’il met lui-même dans son assiette puis place déjà sur la table au milieu les petits suisses. Philippe laisse faire son fils car qu’il soit en recherche d’autonomie est une très bonne chose pour son évolution. Il pense bien aussi à déposer son doudou en forme de Dumbo juste derrière lui sur le buffet comme d’habitude. Les deux adultes discutent tout en répondant aux demandes pas totalement verbales du petit garçon.
Puis c’est le moment de la routine du soir et là encore Philippe laisse Pierrick débarrasser puis mettre ses couverts et son assiette dans le lave-vaisselle, il n’oublie pas de récupérer doudou bien entendu, tout en montrant bien à Flora le doudou et en disant « Il est là ». C’est l’une des phrases qu’il a déjà réussi à dire distinctement lui explique Philippe. Le déroulement de la routine est sans accroc, parfaitement ordonné. Après l’avoir couché et fait un bisou, de la part de Flora aussi, il se couche tout contre son doudou au milieu de toutes ses peluches dans son lit cabane.
Philippe revient à la cuisine avec Flora, il allume le visiophone et le pause face à lui sur le bar, met un peu de musique à la radio et commence à préparer le repas. La jeune femme est subjuguée par cet homme qui a dû apprendre à s’occuper de son enfant tout seul, elle est vraiment en train de tomber amoureuse. La chanson qui passe ne va pas l’aider, c’est un duo entre Kelly Clarkson et Justin Guarani intitulé Timeless :
“In a whisper my heart says you know it too, baby we both share a secret wish, and you feel my love reaching out to you.”
Oui elle le sait et elle est sûre que lui aussi, il partage tout les deux ce souhait secret. Elle voudrait lui tendre la main et lui murmurer son amour pour lui.
“I see it all baby in your eyes, when you look at me, I know I feel it too (yes I do).”
Elle le voit dans ses yeux quand il la regarde, elle le sait aussi que c’est de l’amour qu’il ressent pour elle, Flora doit juste lui laisser le temps de s’exprimer.
“We shouldn’t let the moment pass”
Ne laissons pas passer ce moment car il ne reviendra peut-être pas.
Ce sera un peu le thème de la soirée, la jeune femme tente des approches discrètes, tend des perches à Philippe mais ce dernier continue à hésiter jusqu’au bout de la soirée pourtant l’entente est parfaite entre eux. Si bien qu’au moment de raccompagner la jeune femme à la porte aux alentours de vingt-trois heures, c’est la frustration qui domine chez les deux amoureux transis. Flora décide de jouer son va-tout, alors qu’elle sort sur le perron, la jeune femme se tourne légèrement et dépose un doux baiser sur les lèvres de Philippe qui reste interdit. Y voyant son absence de réaction, la jeune tourne les talons pour cacher ses quelques larmes traitresses.
*****************
Philippe a beaucoup hésité depuis ce que lui a dit son meilleure ami Léon mais il veut aller pas à pas. Il a tellement souffert avec Géraldine, il ne veut pas souffrir de nouveau mais surtout infliger cela de nouveau à Pierrick. Toute la soirée il mourrait d’envie de se jeter sur ses lèvres si tentatrices et lui montrait à quel point il veut être avec Flora. Mais il n’a rien fait, se contentant d’hésiter. Il hésite encore alors qu’elle vient de prendre l’initiative de lui déposer ce baiser, le père de famille se rend compte que s’il ne réagit pas maintenant, il ne fera jamais. Alors que la jeune femme esquisse le mouvement du départ, Philippe mu par une inspiration qui vient de ses trippes la rattrape et l’embrasse comme si sa vie en dépendait. Flora répond avec ardeur à son baiser comme si elle attendait ce moment depuis si longtemps.
Philippe a beaucoup hésité depuis ce que lui a dit son meilleure ami Léon mais il veut aller pas à pas. Il a tellement souffert avec Géraldine, il ne veut pas souffrir de nouveau mais surtout infliger cela de nouveau à Pierrick. Toute la soirée il mourrait d’envie de se jeter sur ses lèvres si tentatrices et lui montrait à quel point il veut être avec Flora. Mais il n’a rien fait, se contentant d’hésiter. Il hésite encore alors qu’elle vient de prendre l’initiative de lui déposer ce baiser, le père de famille se rend compte que s’il ne réagit pas maintenant, il ne fera jamais. Alors que la jeune femme esquisse le mouvement du départ, Philippe mu par une inspiration qui vient de ses trippes la rattrape et l’embrasse comme si sa vie en dépendait. Flora répond avec ardeur à son baiser comme si elle attendait ce moment depuis si longtemps.
La fougue prend vite le dessus, leur passion trop longtemps retenue se déchaine, les vêtements sont retirés à la hâte, presque arrachés. Ils ne peuvent attendre les préliminaires, ils vont faire l’amour là contre le mur de l’entrée. Philippe relève le bas de sa robe pendant que Flora baisse légèrement son pantalon et son boxer pour le découvrir dans toute sa splendeur. Il lui écarte sa petite culotte et s’enfonce dans une moiteur brulante et commence à l’aimer comme il se doit. La jeune femme passe ses mains dans ses cheveux et l’attire à elle pour un baiser enivrant qui est tout autant un besoin impérieux qu’une nécessité pour cacher le cri de leurs passions, il ne faut pas réveiller Pierrick non plus. Au bout de quelques minutes, Philippe la porte jusqu’à sa chambre, c’est un sacré défi de continuer à faire l’amour tout en montant les escaliers pendant que la jeune femme dépose des baisers partout sur son visage, ses lèvres, son cou et ses épaules. Après la montée des escaliers la plus longue de toute sa vie, il peut donc déposer sa belle sur le lit et vient vite la rejoindre pour continuer à lui faire l’amour comme elle le mérite.
La jeune femme le retourne ensuite et vient le chevaucher avec force, elle s’appuie des deux mains sur son torse pendant que lui savoure le touché de sa peau satinée, la texture parfaite de la pointe de ses seins avec sa langue et sa bouche ainsi que le galbe parfait de ses fesses.
Il passe ensuite sur le côté, où la femme contrôle là encore le rythme de pénétration en posant la main droite sur sa fesse, tantôt un rythme rapide endiablé puis un rythme plus lent où elle peut et lui aussi profiter de chaque centimètre de son bout de chair. Elle lui demande finalement de la prendre avec plus de vigueur pour les porter à la jouissance. Philippe ne se fait pas prier pour prendre plus d’amplitude et mettre des coups plus profonds, le claquement de leurs deux peaux est d’un érotisme fou. Le père de Pierrick sent monter la sève au moment où les parois de Flora se contractent, prouvant qu’elle vient de jouir, il se laisse donc aller dans le préservatif qu’il a pris le temps de revêtir avant de commencer à lui faire l’amour.
Leur histoire est née ce soir-là, deux mois plus tard Philippe propose à sa belle de venir vivre avec lui et son fils pour former une vraie famille. La jeune femme a tout de suite plu à tous les membres de la famille et surtout à la maman de Philippe. Le papa trouve son fils plus apaisé après les dernières années très compliquées avec son ex, Flora l’apaise d’autant que Pierrick l’aime beaucoup et ça c’est le plus important.
Mais d’autres combats restent à mener, surtout pour Pierrick. Maintenant en couple avec Philippe, la jeune femme assiste aux réunions d’école pour décider de l’orientation du garçon (et dire qu’il n’a que six ans). Malheureusement l’équipe enseignante, l’enseignante référent mais aussi l’inspection académique ont une vision trop académique et conseillent au père de famille d’orienter son petit garçon soit en Institut Médico-Légal (Apparemment cela fait deux ans qu’ils essaient de le convaincre), soit dans des classes d’insertion tel que l’UEEA ou ULIS mais le père, soutenu par le CAMSP et les spécialistes qui suivent son fils tel que son éducatrice, son orthophoniste et même l’ergothérapeute choisit de se battre pas à pas pour maintenir son fils dans le système classique. Même si ces classes lui donnerait le temps d’apprendre et d’évoluer, il perdrait ce qui lui permet d’évoluer depuis trois ans, l’émulation avec des élèves non handicapés, en fait Pierrick apprend beaucoup par imitation.
Le soir après la réunion très tendu, Philippe s’est écroulé dans ses bras, ne sachant plus où il en est :
— Tu crois que j’ai raison de me battre, peut-être qu’il restera non verbal toute sa vie et que ce qu’il a acquis est le maximum qu’il pourra atteindre.
— Ne pense pas cela mon chéri, j’admire ton courage et ton abnégation. Tu as toujours tout fait pour offrir ce qu’il y a de mieux pour ton fils et si ta conviction profonde est de continuer à te battre alors je me battrai à tes côtés. Ton fils mérite qu’on lui laisse sa chance dans la vie, qu’on le voit comme toi tu le vois, comme le petit garçon intelligent et charmeur qu’il est.
— Notre fils, j’aimerai qu’une fois mariés, nous entamions les démarches pour que tu deviennes officiellement sa maman.
— Attend quoi ? C’était quoi ça ? Une demande en mariage déguisé, ce n’est pas très subtil, tu peux faire mieux. En tout cas rien ne me fera plus plaisir que de devenir la maman de Pierrick.
— Promis je vais faire les choses comme il faut avec le resto, la bague. Tu verras mon amour.
Un dimanche matin de mars 2024 alors qu’il pleut abondamment, la petite famille qui est en mode cocooning à la maison est en train de prendre son petit déjeuner, Philippe dépose le café de sa compagne avec le lait et ses deux sucres s’apprête à aller chercher les toasts quand il entend :
— Papa, je peux avoir du jus d’orange ? Venant de la petite voix fluette de Pierrick
Philippe regarde Flora et en un instant ce sont des larmes de joies et de soulagement qui coulent de ses joues, Flora tout aussi émue le prend dans ses bras. Gagné par l’excitation, le petit garçon vient se blottir dans les bras de ses parents en demandant ce qu’il se passe.
— Oui parle mon fils lui répond Philippe, la voix étreinte par l’émotion, ne t’arrêtes jamais de parler, s’il te plaît ne laisse jamais personne te dire que tu n’as pas le droit de t’exprimer. Mais surtout ne laisse jamais personne te dire que tu n’es pas normal, c’est eux qui sont anormaux parce qu’ils n’ont pas compris que ta façon de voir le monde te rend bien plus spécial qu’eux ne le seront jamais.
*************
Salle Johnny Halliday à l’Olympia, vingt ans plus tard
Le jeune homme, après avoir reçu son César du meilleur espoir masculin, s’avance sur l’estrade, place les feuillets de son discours bien au milieu, réajuste les micros devant lui et renoue sa cravate pour qu’elle soit bien alignée par rapport aux deux bords de sa veste. Celle-ci a été conçue spécialement pour lui dans une matière qui ne le gênerai pas et où il serait à l’aise. Il commence à raconter la genèse du film, remercie les équipes techniques, la réalisatrice et la productrice pour leurs confiances, son agent de toujours, ses amis avant enfin de remercier sa famille :
— Bon cela fait très exactement deux minutes et dix-huit secondes que je n’arrête pas de parler et je n’ai même pas encore remercié ma famille. Je vois déjà là-bas madame Leïla Bekhti notre maîtresse de cérémonie qui s’arrache les cheveux parce que je dépasse largement mon temps de parole, il faut m’excuser car depuis que je sais parler, je ne sais pas m’arrêter. Un immense merci à ma très grande famille qui a toujours été là dans les bons comme dans les mauvais moments, je vois d’ailleurs là-haut que tonton Raphaël est vraiment déchaîné, faisant bien rire le public. Un immense merci à mon épouse Noor qui m’a toujours soutenu depuis le début de ma carrière et qui va me faire bientôt entrer dans le grand monde avec ma première paternité. J’en viens ensuite à ma sœur Jade et à mes deux frères Adam et Félix qui m’ont permis de ne jamais prendre la grosse tête et rappeler où était mes priorités. A ma maman Flora qui m’a donné ce qui est le plus important pour une mère, un amour inconditionnel. Merci maman pour ta patience et ta force de caractère qui m’inspire chaque jour.
Flora dans le public est très émue par les mots de son fils (Il n’a jamais voulu renouer avec Géraldine même quand elle est revenue à son adolescence, seul l’amour de sa maman de cœur lui suffisait), à côté de Flora, Philippe lui serre tendrement la main lui aussi très ému par les mots de son fils pour celle qui est devenu sa maman par la force des choses et qu’il a aimé comme si c’était elle qui l’avait conçu. Il regarde vers l’estrade, où son fils dont il est tellement fier le regarde fixement.
— Pour terminer, mes mots les plus forts de la soirée seront pour la personne qui m’a tout donné, sans qui je ne serai pas là devant vous. Celui qui s’est battu bec et ongles pour me donner une chance dans la vie, celui qui même alors que tout le monde était contre lui et que tout espoir semblait perdu n’a jamais faibli parce qu’il savait que je ferai de grande chose malgré mon handicap. Il a vu au-delà de mon autisme, il a fait énormément de sacrifice pour que cet instant se réalise. J’espère être un aussi bon père que mon papa ne l’a été pour moi. Alors s’il vous plait mesdames et messieurs, je vous demande une ovation pour mon papa, monsieur Philippe Rousseau.
C’est un tonnerre d’applaudissement qui accueilli cette demande, Philippe très ému se leva pour remercier le public avant d’envoyer des baisers à son fils.
— Merci de tout mon cœur papa, Je t’aime. Tu n’es pas seulement mon père parce que tu m’as conçu mais aussi parce que tu m’as élevé et construit en tant qu’homme. Merci Papa ! Et désolé pour la longueur excessive de ce discours madame Bekhti, faisant encore bien rire le public. Rassurez-vous je n’ai pris que six minutes et trente-quatre secondes du temps de soirée.
— Un grand merci pour ce très beau discours de la part de l’un des plus grands espoirs du cinéma Français enchaîne Leïla Bekhti, des chauds applaudissements s’il vous plaît pour Pierrick Rousseau.
C’est donc encore sous un tonnerre d’applaudissement que le jeune homme descendit de l’estrade mesurant tout le chemin parcouru jusqu’ici. D’un TSA jusqu’au César de meilleur espoir masculin.
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Commentaires ()
Ce qui fait la force des textes de Stan23JR, ce sont les messages qui sont passés, en particulier au cours de cette seconde saison.
Ce texte-là est exceptionnel, car il est exemplaire de ce que peut faire l'amour paternel surtout quand il est soutenu par une compagne qui le comprend
Oui, on a les larmes aux yeux quand on lit de tels textes, qui ont toute leur place ici.
J'en profite pour m'excuser de mon retard dans les commentaires, lié à deux semaines de vacances, loin du monde virtuel.
Mais c'est un vrai plaisir que de retrouver les textes de Stan23JR!
Balancer du cul à la chaîne c’est marrant au début mais on se lassera vite. Sur ce texte, la scène entre Philippe et Flora est comme suspendu dans le temps, certes Philippe sera toujours le père de Pierrick mais c’est aussi un homme qui a le droit de refaire sa vie et Flora est la personne idéale pour le comprendre. Merci du fond du cœur Olga.
Jessica commence à avoir des crépitements devant ses yeux tellement son plaisir est grand mais elle parvient à voir l’Ukrainienne s’enfoncer presque jusqu’à la garde le manche de pioche de Babacar qui semble déjà bien loin, ses longs doigts enfoncés dans les trous de la blonde, sa robe bleu relevée sur son dos, le string écarté et les bas bien apparents. Elle tourne la tête et voit Francis qui présente son membre bien gros lui aussi à sa bouche. Jessica ne se pose pas de question et l’avale tout entier, lui procurant déjà une gorge profonde. Au bout de quelques minutes, le couple plus âgé décide de passer aux choses sérieuses. Sandra grimpe sur Babacar et s’enfonce sa pine dans son fondement directement après lui avoir revêtu d’une capote. Francis en fait de même et impose à Jessica de s’enfoncer elle-même sur sa belle queue, le vieil homme se place d’une bonne façon afin que le Malien puisse admirer son vit écarter les muscles fessiers de sa jeune épouse.
Publication aujourd’hui
Babacar reconnait la pâte à chou qui badigeonne tout simplement l’un de ses mamelons. Le jeune homme se met donc à lécher et à aspirer le sein avant de pouvoir le prodiguer également au sein jumeau, une fois fini le jeune Malien tend vers lèvres en attendant la suite. C’est une framboise qui arrive mais juste derrière il peut sentir la langue de Jessica qui demande le passage, ce qu’il lui accorde sans délai et il peut donc échanger pour la première fois un baiser, tendre au début puis de plus en plus vorace. Dans le même temps, la jeune femme a remonté le tablier de Babacar et passé sa main dans son pantalon pour se saisir fermement de son paquet :
- Putain ! Elle est magnifique ! Si longue avec toutes ses veines. Je vais bien me régaler avec ma poutre de Bamako. Comme tu as tout devinés, tu mérites bien ta récompense, une bonne petite gâterie. Tu aimes, quand je dis ça on dirait, ta belle bite grandit encore et il y a du liquide pré-séminal qui en sort.
J-1
Magnifique
En tout cas merci infiniment.
Nous avons abordé beaucoup de récit fort ces temps ci donc je pense que cela vous fera plaisir de revenir sur un sujet plus léger.
Ce sera donc avec Qiao et Qian : Double drageonne, un récit entre la région parisienne, le restaurant au Bon Morbier à Arcueil, le Japon et Macao en Chine. Un récit où il sera beaucoup question de mariage et d’après mariage si vous voyez ce que je vais dire. Ceux qui râle parce que mes récits manquent de sexe et d’érotisme vont être servis.
Un récit qui verra le retour des irremplaçables Francis et Oleksandra (récit Négociation en Lombardie de la saison 1) qui vont se faire un malin plaisir de pimenter la lune de miel de Jennifer et Babacar (récit Dana de la saison 1). Ça va être complètement fou et déjanté. J’espère que vous allez beaucoup l’apprécié.
J-2