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Couverture de Laure : chapitre zér0, par Semyaza
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Laure : chapitre zér0 — Chapitre 11 · Une fin, un autre début

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Semyaza
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Laure : chapitre zér0

Chapitre 11 · Une fin, un autre début

UNE FIN , UN AUTRE DEBUT
Septembre 2006
Aujourd'hui est un grand jour. Nous fêtons les un an de notre petite princesse dans notre nouvelle maison. Les invités sont attendus pour midi, mais à 10h, Sophie n'est toujours pas levée. Je vais la réveiller.
Elle émerge, l'esprit embrumé. Elle a l'air encore plus épuisée que quand elle s'est endormie la veille au soir.
Je la regarde se lever lentement, comme si le moindre mouvement lui demandait un effort surhumain.
Lorsque je compare avec les photos qui décorent le bureau, je réalise qu'elle a perdu beaucoup de poids. Au début, je trouvais ça normal : elle se débarrassait petit à petit des kilos qu'elle avait accumulés au cours de sa grossesse, mais là, il serait temps qu'elle freine un peu.
Elle se prépare rapidement, mais soigneusement : elle tient à se faire belle pour la circonstance. Ceci fait, elle concentre tous ses efforts vers notre petite fée qui gazouille gaiement dans son berceau.
Une fois assurée que Laure va bien, qu'elle n'a plus soif, plus faim, elle vient me donner un coup de main pour les derniers préparatifs.
Les invités arrivent aux alentours de midi. La météo toujours extrêmement clémente, nous avons installé une grande tablée dans le jardin, devant la maison.
Tous sont là pour s'émerveiller devant notre petite merveille. Ils sont venus les bras chargés de cadeaux. Elle, toujours dans son berceau se contente de babiller gaiement, captant l'attention de tous, sans véritablement se rendre compte de leur présence. Nous faisons office de porte-parole de Laure, remerciant chaleureusement tous les convives individuellement pour les présents qu'ils ont apportés. Nous les ouvrons nous-mêmes. Un festin de jouets et habits s'empilent autour de la reine de la fête.
— Tiens, ma chérie... Regarde ce que maman a trouvé.
D'un gros emballage coloré, Sophie extirpe une sublime poupée élégamment habillée. Elle a un visage en porcelaine aux traits très délicats et de beaux yeux bleus. Elle l'agite devant sa fille pour tenter d'attiser son intérêt.
Mercos exprime à haute voix mon interrogation :
— Elle est pas un peu petite pour un si bel objet ? C'est un peu fragile pour un enfant en bas âge, non ?
— Ouais, mais je la trouvais tellement jolie. Et puis, c'est plus un objet de déco qu'un jouet à proprement parler. Regarde autour d'elle : elle manquera pas d'autres joujous pour s'amuser.
Puis, en s'inclinant sur le berceau, elle ajoute :
— Celle-là, de poupée, on va l'installer bien confortablement sur une étagère dans ta chambre. Comme ça, elle veillera toujours sur toi, même quand on sera pas là, d'accord, ma petite fée ?
Elle n'obtient pour réponse qu'un gazouillis guilleret, ce qui lui convient tout à fait.
Toute l'assemblée se détourne provisoirement de la petite princesse pour se retrouver à table. Nous mangeons, buvons à satiété. Les invités tiennent leur rôle, faisant semblant de nous croire lorsque, défaut classique de jeunes parents, nous leur assurons que notre fille est la plus belle, la plus intelligente, et bien évidemment, largement en avance sur son âge.
— Ouais, ouais, on sait... Elle a dit « Kapwé ! », soupire Mercos, simulant un excès de lassitude, qui laisse l'assemblée perplexe, sauf nous deux, hilares, qui sommes seuls à saisir la référence à un certain humoriste québecois qui a marqué nos jeunes années.
Nous poursuivons en nous projetant dans un hypothétique futur utopique. Laure aura un beau métier, un mari aimant avec lequel elle sera la plus heureuse des femmes. A son tour, elle donnera vie à de magnifiques enfants. Ses vieux parents, eux, deviendront papy et mamy, complètement gagas de leurs petits-enfants. Un tableau de rêve, en somme.
La fête se termine dans la bonne humeur. Petit à petit, les invités nous rendent notre liberté. Seul Mercos est encore présent pour nous aider à débarrasser la table.
Au bout de plusieurs allers-retours entre le jardin et la cuisine, il s'aperçoit que nous ne sommes plus que tous les deux à être affairés.
— Elle est passée où, ta femme ?
Je fronce les sourcils. Maintenant qu'il le dit, ça fait un bon quart d'heure qu'on ne l'a pas vue.
Je l'appelle à travers la maison à plusieurs reprises : Pas de réponse. J'entre dans notre chambre : elle est affalée sur le lit, profondément endormie sans avoir pris la peine ni de nous prévenir, ni de se déshabiller.
Je remonte la couverture sur elle, dépose un baiser sur son front, avant de retourner vers mon ami. Nous nous posons dans le canapé du salon. Désormais en tête à tête, nous nous ouvrons l'un à l'autre comme deux vieux amis en confiance. C'est lui qui ouvre le bal.
— Tu sais, je veux pas t'inquiéter, Ritchie, mais Soph', elle a vraiment pas l'air en forme.
Je confirme, avant de lui avouer qu'entre sa perte de poids croissante et son manque de tonus quasi permanent, des plaintes récurrentes concernant des douleurs diverses, je commence à beaucoup m'inquiéter. Je compte la forcer à prendre un rendez-vous chez le médecin dans les jours à venir, espérant qu'elle ne s'est pas chopée une saloperie non identifiée. Elle passe son temps à me dire que ce n'est rien et que ça va passer. Non seulement ça ne passe pas, mais en plus ça empire.
De fil en aiguille, la conversation dévie. Je me focalise sur mon ami, qui lui non plus, n'a pas l'air au mieux depuis quelques temps :
— Et toi ? Sans te vexer, ça fait un moment que je trouve un peu tristoune. Tout va bien, pour toi ?
Ses épaules s'affaissent, comme écrasées par un soudain abattement. Il secoue la tête, dépité.
— je sais pas, mec... C'est... Quand je te vois comme ça, avec ta femme, ta gosse... Je t'envie. J'aimerais bien être à votre place. Je trouve que vous avez de la chance d'être posés, heureux et tout..
Je tente de réconforter mon vieux copain comme je peux.
— Rhoo ! Ça va, t'es pas non plus à plaindre. T'as personne en ce moment ?
Il secoue la tête mollement. Je tente comme je peux de dédramatiser.
— T'en fais pas, ça va venir. T'as du succès avec les filles, en plus. Tu es pas encore complètement au bout de ta vie.
Il émet un petit ricanement.
— Justement. J'en ai enchaîné un certain nombre. Ça va jamais. C'est pas de leur faute. C'est moi. Je sais pas pourquoi, à chaque fois, il me manque un truc... Je sais pas... Bref, ça le fait pas...
Je lui tapote l'épaule pour le rassurer.
— Allez, t'inquiète ! T'es encore jeune ! Je suis sûr que tu vas finir par trouver la bonne.
— J'ai de sérieux doutes, conclut-il, certes maussade, mais également empreint d'un ton que je trouve un peu mystérieux.
Notre conversation se reporte vers des sujets plus joyeux, lorsqu'en milieu d'après-midi, il jette un œil à sa montre. Celle-ci lui indique qu'il n'a déjà que trop tardé. Il prend congé à son tour, non sans m'avoir fait promettre d'embrasser Sophie de sa part quand elle sera réveillée.
Une fois Mercos parti, je retourne auprès de mon épouse. Elle est assise au bord du lit, vaseuse.
J'en profite pour lui annoncer mon intention de lui prendre un rendez-vous chez le toubib le plus tôt possible. Elle ne cherche pas à tergiverser et accepte sans négocier.
Une fois un peu de force retrouvée, elle me demande ce qu'elle a raté. Je lui raconte ma conversation avec Mercos, concernant ses doutes sur sa vie personnelle.
Elle m'écoute attentivement, se pince les lèvres des doigts en signe de réflexion puis déclare :
— Peut-être qu'il cherche pas l'amour au bon endroit...
Dubitatif, je rétorque :
— Pourtant, les nanas, elles lui tombent toutes dans les bras.
— C'est bien ce que je dis. Il cherche peut-être pas au bon endroit...
Je fronce les sourcils. Je ne comprends pas ce qu'elle essaie de dire.
— Comment ça ?
— Tu m'as dit qu'il t'avait dit qu'à chaque fois, les filles avec qui il était, il leur manquait un truc, non ?
— Ouais. Et alors ?
— C'est peut-être ça, le problème... Il leur manque un truc.
Je lève les mains en signe de reddition. Lorsque Sophie cherche à être cryptique, je ne peux pas lutter. Il faut que j'attende qu'elle s'exprime clairement, sinon, je ne comprends définitivement rien. Elle précise :
— Un truc qu'il trouvera chez aucune fille...
Comme pour expliciter son propos, elle fait un signe de tête, portant un regard très insistant vers mon entre-jambe. La lumière s'allume au fond de mon cerveau. Ma tête à cet instant doit certainement mériter d'être prise en photo tellement je dois paraître ahuri.
— Tu penses que Mercos est...
Je ne sais même pas comment finir ma phrase. De toute façon, on s'est parfaitement compris.
— Ça te poserait un problème ?
Je bats des paupières à plusieurs reprises, tentant sans grand succès de mettre de l'ordre dans mes pensées qui se bousculent.
— Euh... Non... Enfin... Je crois pas... Après tout, ce serait plus son problème que le mien. C'est juste que j'avais jamais envisagé cette option. Tu es vraiment sûre de toi ?
Elle hausse les épaules tout en tordant les lèvres d'une façon qui laisse planer un manque de certitude évident.
— Absolument pas. C'est juste une idée comme ça, d'après ce que tu m'as dit de votre conversation...
— Mais si c'était le cas... Pourquoi il passerait son temps à sortir avec des filles pour se plaindre que ça marche pas ?
Nouveau haussement d'épaules.
— Tu m'avais bien dit qu'il savait que t'étais amoureux de moi avant que tu le saches toi-même, non ?
— Ouais. Et alors ?
— Bin, peut-être qu'on a découvert quelque chose sur lui qu'il ne sait pas encore lui-même.
Je ne sais pas quoi répondre. Tout ça me paraît bien tiré par les cheveux. D'un autre côté, c'est pas complètement inenvisageable non plus.
Ça me donne matière à réfléchir pour le reste de la journée.
Le soir, Sophie se couche tôt et s'endort aussitôt.
Nous sommes réveillés tôt le lendemain matin par les pleurs de Laure.
— Bouge pas, j'y vais, marmonne Sophie.
Je la laisse faire. Elle traîne les pieds jusqu'à la porte. Quelques dizaines de secondes s'écoulent après qu'elle a disparu dans le couloir lorsque soudain, j'entends un grand choc sourd.
Paniqué, je saute sur mes pieds et pars comme une flèche en direction du bruit. Je trouve Sophie effondrée au milieu du salon.
— Sophie !
Je viens de hurler de terreur, relançant les cris encore plus bruyants de notre fille qui réclame sa part d'attention parentale.
Arrivé auprès de ma femme, je lui passe un bras autour de la taille pendant qu'elle est déjà en train d'essayer de se relever.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qu'il y a ?
L'air hagard, elle hésite un peu avant de bredouiller :
— Euh... Je... Je sais pas... J'ai eu comme...Ca m'a... Euh... Je sais pas... Enfin... C'est bon...Ça va !
— Bordel, non, ça va pas ! Maintenant, ça suffit les conneries ! Je t'emmène voir un docteur, maintenant !
Je lui hurle dessus, pourtant ce n'est pas la colère, mais la peur qui me fait crier.
Elle se dégage de mon emprise en opinant du chef.
— Okay... Okay... T'as raison... Mais reste ici. Tu t'occupes de Laure. Moi, j'y vais. Trois minutes de marche à l'air frais, ça me fera du bien.
Quinze minutes plus tard, lorsqu'elle agrippe la poignée de la porte pour sortir de la maison. Je la retiens un instant. Je la prends dans mes bras. Je la serre très fort. Tout en l'embrassant, je lui murmure à l'oreille.
— Je t'aime, Chaton. Fais attention !
Je ne sais même pas à quoi je veux qu'elle fasse attention, mais mon angoisse est au maximum. Je crois que je dis un peu n'importe quoi.
L'attente de son retour me paraît infiniment longue. Pourtant, au bout d'un moment que je juge beaucoup trop long, elle reparaît enfin.
Je lui saute presque dessus dès que la porte s'ouvre.
— Alors ?
— Assieds-toi, Richard. Faut que je te parle !
Je m'exécute. J'ai un petit sourire en coin. Je me souviens de la dernière fois qu'elle m'a fait ce coup. Elle ne m'aura pas deux fois de suite. C'était donc simplement ça, alors ? Et moi qui m'inquiétais pour si peu.
Taquin, je veux la prendre de court en lui ruinant son effet. Je dis :
— Tu es enceinte ?
Mon sourire fond instantanément quand je réalise qu'elle est pâle, le visage grave, les yeux humides et les mains tremblantes.
Dans ma gorge une boule se forme. Mon estomac se serre. Une envie de crever s'abat sur chaque atome de mon âme, de mon cœur, de mon corps. Je sens mes yeux me picoter lorsque ses lèvres vibrent pour former le mot le plus douloureux que j'ai à entendre de ma vie :
— Non...
EPILOGUE
Aujourd'hui.
Blottie dans les bras d'Emma, Laure Lamarne peinait grandement à contenir son émotion en refermant l'épais carnet relié.
Quelques semaines plus tôt, son père lui avait demandé :
— Dis-moi, chérie, c'est bientôt ton anniversaire. Qu'est-ce que tu voudrais comme cadeau ?
Laure avait réfléchi un instant, puis mue par une impulsion soudaine avait répondu :
— Je voudrais savoir d'où je viens.
— Pardon ? Avait répondu Richard, pas vraiment certain d'avoir compris la réponse de sa fille.
Elle avait alors explicité sa requête :
— Je voudrais bien connaître mon histoire : comment je suis née. Comment c'était avec maman, comment vous vous êtes rencontrés, ce genre de choses. Je voudrais que tu me racontes tout ça.
Richard était resté longtemps pensif. Il avait fini par acquiescer en silence.
Le jour venu, Laure avait fêté son anniversaire entourée de trois des personnes qui comptaient le plus à ses yeux. Il y avait d'abord Emma, avec qui elle était désormais mariée. Ensuite, il y avait Richard, son père, bien sûr. Enfin, il y avait Ghjulia, la nouvelle compagne de son père. Ils étaient tous attablés devant un bon repas. L'assiette de Laure était encombrée de cadeaux. Elle les ouvrit un par un, remerciant les personnes qui les lui avaient offerts.
Une fois le déballage terminé, Richard lui tendit un dernier paquet. Elle avança les mains pour s'en emparer, mais il le ramena vers lui.
— Avant de te le donner, laisse-moi juste t'expliquer : tu m'as demandé de te raconter ton histoire. Plutôt que de me lancer dans un long et laborieux monologue embrouillé dont j'oublierais certainement la moitié des éléments cruciaux et qui ennuierait celles qui n'ont pas de liens directs avec, – Il indiqua Emma et Ghjulia de la main – je préfère te remettre ça.
Cette fois, il lui remit le paquet. Laure en déchira le papier cadeau pour découvrir un épais carnet avec une reliure en cuir. C'était le journal intime de son père.
Avant qu'elle ait le temps de l'ouvrir, il la prévint.
— Laure, si tu décides de le lire... Il faudra que tu fasses preuve d'une certaine... maturité... Tu y découvriras sans doute ce que tu cherches, mais aussi des choses plus... Intimes... Sur la vie de tes parents que tu n'as peut-être pas envie de visualiser... Je n'ai pas filtré le contenu, tu te doutes bien.
Il se tourna vers Emma.
— Emma, je sais qu'il est totalement inutile que je te le demande, mais je le fais quand même par principe : Je connais assez ma fille pour savoir que parmi les choses qu'elle va trouver, certaines risquent de l'émouvoir. Je compte sur toi pour être près d'elle dans ces moments.
Richard avait eu raison sur toute la ligne. Son journal était très erratique. Il s'étendait sur de nombreuses années, avec souvent des mois entiers, voire des années d'ellipses. Il ne contenait en fait que les moments importants de sa vie et s'arrêtait lorsqu'il avait cru que sa vie à lui s'était arrêtée : c'est à dire lorsque celle de son épouse s'était arrêtée.
Les dernières lignes avaient été très difficiles pour Laure, lorsqu'elle les avaient lues. Le passage où sa mère revenait de chez le médecin, que son père lui demandait plein d'espoir si elle était enceinte, qu'elle répondait simplement « non », et que le journal s'arrêtait abruptement sur ces trois petites lettres lourdes de sous-entendus, c'était déjà beaucoup, mais ce qui l'avait achevée, c'était ce « non » presque effacé, dilué, sur du papier gondolé par l'humidité des larmes qui s'étaient écrasées dessus. Ces larmes, ce n'étaient pas les siennes. Elles étaient anciennes. Elles avaient eu le temps de sécher pendant les presque 25 ans pendant lesquelles le journal était resté à l'abandon dans les cartons de Richard, qui n'avait plus trouvé la force de continuer à le rédiger.
Lorsqu'elle avait revu son père, la fois suivante, elle l'avait matraqué de questions et notamment une qui l'intriguait plus que toutes les autres : qu'était devenu « Tonton Mercos » ? Était-il toujours vivant ? Pourquoi ne l'avait-elle jamais rencontré ? Son père et lui étaient-ils fâchés ?
Richard avait répondu que non, ils ne s'étaient jamais fâchés, mais qu'il ignorait ce qu'il était devenu. La vie avait suivi son cours. La vie professionnelle et personnelle les avaient éloignés de plus en plus et après le triste destin de Sophie, Richard s'était replié sur lui-même et n'avait plus vécu que pour sa fille. Il espérait cependant que son ami était heureux où qu'il soit et conservait le désir secret de le retrouver un jour.
Un soir, Laure qui était encore toute retournée par sa lecture avait demandé à Emma avec une vraie inquiétude dans la voix.
— Dis, ma puce, tu crois que si elle était encore là, elle serait fière de moi ? Qu'elle approuverait mes choix ? Qu'elle t'approuverait toi ?
Emma se lança dans une entreprise de tortillage frénétique de sa mèche rebelle, signe d'une intense réflexion, puis répondit :
— Je sais pas, mon cœur. Je ne peux pas parler à la place d'une personne que je n'ai pas connue. Il n'y a qu'une seule chose dont je suis absolument certaine : du trio qui compose ta famille, je ne connais que deux membres : ton père et toi. Tout ce que je sais, c'est que ce sont les gens les plus extraordinaires que j'ai rencontrés de ma vie. Alors, j'ai vraiment, mais alors vraiment une incapacité totale à m'imaginer que le troisième membre puisse être différent...
Laure sourit. Elle se serra plus fort contre l'amour de sa vie.
Après plusieurs années passées ensemble, Emma parvenait toujours à la surprendre. Elle savait toujours trouver les bons mots au bon moment... Elle n'oubliait jamais la chance qu'elle avait de l'avoir auprès d'elle.
FIN.
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Photo de profil de Monplaisir71
Monplaisir71
6 juin 2026 à 13:11
Que cela a dû être émouvant et très dur pour Laure de lire ce carnet ! Heureusement qu'elle a pu compté sur le soutien de sa puce.
J'espère bien vous relire pour de nouveaux moments de vie de cette famille à laquelle vous avez su nous attacher avec un immense talent.
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Photo de profil de Semyaza
Semyaza
18 avril 2026 à 08:12
Merci d'avoir suivi ledit parcours :)
A la prochaine pour de nouvelles aventures..... Peut-être... ;)
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Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
18 avril 2026 à 07:11
J'ai enfin rattrapé tout mon retard de lecture...
Merci pour cette belle histoire qui retrace avec justesse un parcours amoureux des plus touchants.
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Photo de profil de Osensuel
Osensuel
15 avril 2026 à 15:39
Histoire magnifique, du début à la fin. J’apprécie énormément votre sensibilité qui vous permet de créer des personnages tout à fait crédibles et des scénarios totalement réalistes. Je n’ai pas commenté les autres chapitres, mais je les ai tous dévorés. Si vous écrivez l’histoire de Mercos je me ferai un plaisir de lire une histoire d’homosexualité masculine (enfin peut-être), ce que je ne fais généralement jamais, par manque d’intérêt. J’ai des amis gay que j’apprécie énormément et je n’ai rien contre eux. Je vous remercie pour ces moments d’intenses émotions.
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Photo de profil de Iznogood
Iznogood
15 avril 2026 à 15:39
Je savais que ce serait dur. 😥
C'est délicatement fait, on visualise ces tranches de vie.
Toute la série aura été un excellent moment de lecture, merci à toi. ☺️
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Photo de profil de Semyaza
Semyaza
15 avril 2026 à 13:32
Eh bien, merci de les lire.
Pour la prochaine, si prochaine il y a, j'ai envie d'essayer autre chose....
Je voudrai mélanger ce que j'ai tenté dans ma toute première avec une tonalité horreur/fantastique.....
On verra ce que ça donnera.....
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Photo de profil de Ornix45
Ornix45
15 avril 2026 à 13:12
Merci pour ces histoires.
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