Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Belle-sœur, beau-frère — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Belle-sœur, beau-frère
Chapitre 5
Résumé des épisodes précédents :
Émilie et Paul Dorlandier, frère et sœur, délaissent leurs conjoints respectifs qui se sont énormément rapprochés. Et sont sur la voie de toutes sortes de découvertes.
Émilie et Paul Dorlandier, frère et sœur, délaissent leurs conjoints respectifs qui se sont énormément rapprochés. Et sont sur la voie de toutes sortes de découvertes.
Personne à la réception. J'ai sonné. Attendu. Un type – un jeune – est venu s'accouder à mes côtés…
– Il y a bien quelqu'un qui va finir par arriver ! Suffit de pas être trop pressé. Vous l'êtes pas au moins ?
– Sans plus…
– En tout cas merci, hein !
– Pardon ?
– Oui, pour cette nuit. C'était nous, dans la chambre à côté.
– Ah…
– Comme quoi le bonheur des uns fait quelquefois aussi celui des autres.
Il est allé jusqu'à la baie vitrée, s'est longuement absorbé dans la contemplation de quelque chose à l'extérieur.
– Oui, parce que grâce à vous j'ai enfin eu accès, pour la première fois, au petit trou de derrière de ma chérie. Je commençais à désespérer. Comme quoi finalement tout vient toujours à point à qui sait attendre. Ah, ça y est ! Elles s'en vont.
– Qui ça ?
– Votre femme. Et la mienne. Ça fait dix minutes qu'elles discutaient sur le parking et là, maintenant, elles s'en vont.
– Comment ça elles s'en vont ? Elles vont où ?
– Alors ça !
– Il y a bien quelqu'un qui va finir par arriver ! Suffit de pas être trop pressé. Vous l'êtes pas au moins ?
– Sans plus…
– En tout cas merci, hein !
– Pardon ?
– Oui, pour cette nuit. C'était nous, dans la chambre à côté.
– Ah…
– Comme quoi le bonheur des uns fait quelquefois aussi celui des autres.
Il est allé jusqu'à la baie vitrée, s'est longuement absorbé dans la contemplation de quelque chose à l'extérieur.
– Oui, parce que grâce à vous j'ai enfin eu accès, pour la première fois, au petit trou de derrière de ma chérie. Je commençais à désespérer. Comme quoi finalement tout vient toujours à point à qui sait attendre. Ah, ça y est ! Elles s'en vont.
– Qui ça ?
– Votre femme. Et la mienne. Ça fait dix minutes qu'elles discutaient sur le parking et là, maintenant, elles s'en vont.
– Comment ça elles s'en vont ? Elles vont où ?
– Alors ça !
* * *
– Hein ? Mais dans sa chambre je suis allée. Avec elle. Que je te raconte ! Mais d'abord… T'as payé ?
– Oui, j'ai payé, oui. Pourquoi ?
– Parce qu'on pourrait peut-être rester quand même un peu finalement…
– Tu sais ce que tu veux ?
– Non, mais oui. Elle est très très sympa. Et lui aussi, sûrement. Ça nous permettrait de faire un peu plus connaissance. Et peut-être de se revoir après. Parce que tu sais quoi ? Que tu m'aies donné une fessée cette nuit, ça l'a mise dans tous ses états, elle…
– Ça ! On a entendu.
– Elle crève d'envie d'en avoir aussi, mais lui, il lui en a jamais donné. Même qu'elle fasse un peu des allusions, il réagit pas. Et elle ose pas trop insister. Parce qu'il y a pas très longtemps qu'ils sont ensemble et qu'elle se dit que peut-être il a des principes là-dessus ou qu'il a vécu des trucs qu'elle sait pas et qu'il veut pas dire. Alors avec nous à côté ça va finir par débloquer quelque chose si ça tombe. Surtout si on met le paquet. Tout en y allant sur la pointe des pieds quand même…
– C'est du grand art ce que tu demandes là.
– Mais non ! Ça devrait pas être si compliqué.
– Laquelle va y trouver le plus son compte dans l'histoire ? Elle ou toi ?
– Pose pas des questions idiotes comme ça !
– En tout cas s'il persiste à ne pas vouloir en passer par où elle veut, je suis tout prêt à me dévouer.
– Ben, voyons !
– En attendant je ne sais toujours pas ce que vous êtes montées faire toutes les deux là-haut dans la chambre.
– Elle voulait voir.
– Elle voulait voir quoi ?
– A ton avis ? Mon derrière, tiens ! Qu'est-ce tu veux d'autre ? Après la fessée que tu m'avais flanquée…
– Et alors ?…
– Et alors quoi ? Je lui ai montré et puis voilà ! Ton téléphone, il sonne !
– Oui, j'ai payé, oui. Pourquoi ?
– Parce qu'on pourrait peut-être rester quand même un peu finalement…
– Tu sais ce que tu veux ?
– Non, mais oui. Elle est très très sympa. Et lui aussi, sûrement. Ça nous permettrait de faire un peu plus connaissance. Et peut-être de se revoir après. Parce que tu sais quoi ? Que tu m'aies donné une fessée cette nuit, ça l'a mise dans tous ses états, elle…
– Ça ! On a entendu.
– Elle crève d'envie d'en avoir aussi, mais lui, il lui en a jamais donné. Même qu'elle fasse un peu des allusions, il réagit pas. Et elle ose pas trop insister. Parce qu'il y a pas très longtemps qu'ils sont ensemble et qu'elle se dit que peut-être il a des principes là-dessus ou qu'il a vécu des trucs qu'elle sait pas et qu'il veut pas dire. Alors avec nous à côté ça va finir par débloquer quelque chose si ça tombe. Surtout si on met le paquet. Tout en y allant sur la pointe des pieds quand même…
– C'est du grand art ce que tu demandes là.
– Mais non ! Ça devrait pas être si compliqué.
– Laquelle va y trouver le plus son compte dans l'histoire ? Elle ou toi ?
– Pose pas des questions idiotes comme ça !
– En tout cas s'il persiste à ne pas vouloir en passer par où elle veut, je suis tout prêt à me dévouer.
– Ben, voyons !
– En attendant je ne sais toujours pas ce que vous êtes montées faire toutes les deux là-haut dans la chambre.
– Elle voulait voir.
– Elle voulait voir quoi ?
– A ton avis ? Mon derrière, tiens ! Qu'est-ce tu veux d'autre ? Après la fessée que tu m'avais flanquée…
– Et alors ?…
– Et alors quoi ? Je lui ai montré et puis voilà ! Ton téléphone, il sonne !
– Allô… Ah, c'est toi ! Ça va ?
– Non, ça va pas, non ! Figure-toi que Philippe est à l'hôpital. Il s'est cassé la figure dans les escaliers. Trois vertèbres de touchées. Il est immobilisé pour on sait pas trop combien de temps. On avait bien besoin de ça !. Juste au moment où ça tourne plein pot et où on sait plus où donner de la tête. Ah, on est dans de beaux draps, je t'assure !
– On peut faire quoi, nous, à notre niveau ?
– Rien. Absolument rien. Qu'est-ce que tu veux faire ? Non, la seule chose, c'est qu'on risque de ne pas remonter là-haut d'un moment. Débordés comme on est.
– C'est-à-dire ?
– Je sais pas. Un mois ou deux. Peut-être plus. Difficile de prévoir. Mais lui dis pas à elle, hein ! Lui dis pas surtout ! Qu'il lui prenne pas fantaisie de débouler ici sous prétexte qu'elle trouve le temps long et que Paul lui manque. On n'a vraiment pas besoin d'elle par les pieds en ce moment. Retiens-la ! Débrouille-toi comme tu veux, mais retiens-la là-haut. Ça va au moins avec elle ? T'arrives à la gérer ?
– On n'a pas le moindre problème.
– Tant mieux ! Qu'au moins de ce côté-là… Oui, j'arrive ! Excuse-moi, on m'appelle.
– Non, ça va pas, non ! Figure-toi que Philippe est à l'hôpital. Il s'est cassé la figure dans les escaliers. Trois vertèbres de touchées. Il est immobilisé pour on sait pas trop combien de temps. On avait bien besoin de ça !. Juste au moment où ça tourne plein pot et où on sait plus où donner de la tête. Ah, on est dans de beaux draps, je t'assure !
– On peut faire quoi, nous, à notre niveau ?
– Rien. Absolument rien. Qu'est-ce que tu veux faire ? Non, la seule chose, c'est qu'on risque de ne pas remonter là-haut d'un moment. Débordés comme on est.
– C'est-à-dire ?
– Je sais pas. Un mois ou deux. Peut-être plus. Difficile de prévoir. Mais lui dis pas à elle, hein ! Lui dis pas surtout ! Qu'il lui prenne pas fantaisie de débouler ici sous prétexte qu'elle trouve le temps long et que Paul lui manque. On n'a vraiment pas besoin d'elle par les pieds en ce moment. Retiens-la ! Débrouille-toi comme tu veux, mais retiens-la là-haut. Ça va au moins avec elle ? T'arrives à la gérer ?
– On n'a pas le moindre problème.
– Tant mieux ! Qu'au moins de ce côté-là… Oui, j'arrive ! Excuse-moi, on m'appelle.
– Non, mais s'ils s'imaginent que j'aurais rien de plus pressé que de me précipiter là-bas ! Non, mais ils rêvent ! Qu'ils y restent ! Entre eux. Tous les deux. Tant qu'ils veulent. Ils sont quand même trop dans leur genre, avoue ! Paul, c'est exactement la même chose : il m'appelle tous les tournants de lune et il est pas foutu de me parler d'autre chose que de leurs petites affaires qui marchent à merveille. Ce que moi je vis, ce que moi je fais, il s'en tamponne complètement. Du moment que je le trompe pas, le reste… Tu vas pas me dire que c'est normal qu'après à peine un an de mariage un type il se préoccupe aussi peu de sa femme. En fait tu sais ce que je crois ? C'est qu'il m'a épousée, moi, mais que ça aurait pu tomber sur n'importe qui. Il lui en fallait une. On sait pas trop pourquoi d'ailleurs. Pour le statut d'homme marié ? Parce qu'il trouvait ça beaucoup plus gratifiant que de rester un éternel fils à maman ? Que ça lui donnait l'illusion de couper le cordon ? Pour que je lui fasse un gamin ? Qu'on perpétue ensemble l'auguste lignée des Dorlandier ? Encore faudrait-il qu'il en soit plus un lui-même de gamin ! Et qu'il réussisse à bander un minimum. Au moins une fois de temps en temps. Bon, mais allez ! On descend ? Je leur ai dit qu'on mangerait avec eux. Ça te dérange pas ?
– Eux ? Qui ça, eux ?
– Ben, Dorothée et Philibert, tiens ! Les deux jeunes, là. Qui tu veux d'autre ?
– Eux ? Qui ça, eux ?
– Ben, Dorothée et Philibert, tiens ! Les deux jeunes, là. Qui tu veux d'autre ?
* * *
Elles se sont penchées l'une vers l'autre par-dessus la table, se sont chuchoté quelque chose à l'oreille. Ont éclaté de rire.
– Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?
– Rien. Non, rien.
Elles ont repris leur sérieux. Et leur repas. Et lui, le cours de son exposé sur la variabilité des indices boursiers…
– T'es chiant, mon pauvre Philibert. Tu peux pas décrocher cinq minutes ?
Il a semblé ne pas entendre, a imperturbablement poursuivi.
– Prends par exemple les obligations américaines…
Alors elles l'ont singé. Toutes les deux. Ses mimiques. Ses expressions. Ses gestes de la main. En grands fous rires.
– Ça suffit, Zélia ! Ça suffit !
Elles ne se sont pas interrompues.
– Méfie-toi bien ! Tu sais ce qui t'est arrivé hier soir ? Ça pourrait bien recommencer. Et sans tarder…
– J'm'en fous !
Et elle m'a tiré un petit bout de langue tout rose.
– File ! Monte immédiatement dans ta chambre ! Et je le répéterai pas deux fois.
Elle s'est aussitôt levée, engouffrée sans un mot dans l'escalier.
– Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?
– Rien. Non, rien.
Elles ont repris leur sérieux. Et leur repas. Et lui, le cours de son exposé sur la variabilité des indices boursiers…
– T'es chiant, mon pauvre Philibert. Tu peux pas décrocher cinq minutes ?
Il a semblé ne pas entendre, a imperturbablement poursuivi.
– Prends par exemple les obligations américaines…
Alors elles l'ont singé. Toutes les deux. Ses mimiques. Ses expressions. Ses gestes de la main. En grands fous rires.
– Ça suffit, Zélia ! Ça suffit !
Elles ne se sont pas interrompues.
– Méfie-toi bien ! Tu sais ce qui t'est arrivé hier soir ? Ça pourrait bien recommencer. Et sans tarder…
– J'm'en fous !
Et elle m'a tiré un petit bout de langue tout rose.
– File ! Monte immédiatement dans ta chambre ! Et je le répéterai pas deux fois.
Elle s'est aussitôt levée, engouffrée sans un mot dans l'escalier.
– Vous allez vraiment lui faire ?
– Évidemment que je vais lui faire ! Elle l'a cherché, non ?
– Oui, mais moi aussi, si on va par là, j'ai mérité. Autant qu'elle.
– S'il ne tenait qu'à moi… Mais ce n'est pas à moi de juger de ce que vous méritez ou pas.
Il n'a pas réagi, absorbé dans la contemplation attentive de quelque chose au loin. Elle, elle a imperceptiblement haussé les épaules.
– Évidemment que je vais lui faire ! Elle l'a cherché, non ?
– Oui, mais moi aussi, si on va par là, j'ai mérité. Autant qu'elle.
– S'il ne tenait qu'à moi… Mais ce n'est pas à moi de juger de ce que vous méritez ou pas.
Il n'a pas réagi, absorbé dans la contemplation attentive de quelque chose au loin. Elle, elle a imperceptiblement haussé les épaules.
– On y va ?
– Tu es sûre ? Tu es sûre de pas le regretter ?
– Oui. De toute façon je lui ai promis à Dorothée ce matin.
– Eh bien alors, allez !
– Tu es sûre ? Tu es sûre de pas le regretter ?
– Oui. De toute façon je lui ai promis à Dorothée ce matin.
– Eh bien alors, allez !
– Entrez !
Ils étaient assis tous les deux, côte à côte, sur le bord de leur lit.
– Désolés de vous déranger, mais Zélia tenait absolument à venir présenter ses excuses à Philibert pour la façon inadmissible dont elle s'est comportée tout à l'heure.
– Pardon… Je suis navrée. Je sais pas ce qui m'a pris. Cela ne se reproduira plus, je vous promets !
– Tu n'es pas quitte pour autant. Parce que tu sais ce qu'on avait dit après l'épisode de Mont-de-Marsan… Que si tu recommençais, tu n'y couperais pas. Et que je n'hésiterais pas à sévir devant la personne même à qui tu aurais manqué de respect. On l'avait dit ou pas ?
– Oui. Si ! On l'avait dit.
– Alors tu sais ce qui t'attend.
J'ai tiré la chaise, me suis installé, l'ai fait pivoter face à eux.
– Allez !
La jupe elle se l'est laissé dégrafer sans opposer la moindre résistance. Mais la petite culotte de nylon blanc elle a voulu la retenir en s'agrippant, des deux mains, à l'élastique.
– N'aggrave pas ton cas !
Elle a lâché prise. C'est tombé à ses pieds et elle s'est dissimulée, d'instinct, de ses mains ramenées devant elle en coquille.
– Enlève-les ! Eh bien ? Tu comprends ce qu'on te dit ?
Elle a obéi. Philibert l'a fixée en bas. Dorothée au visage. Longtemps. Jusqu'à ce que je la fasse basculer enfin, derrière offert, en travers de mes genoux.
Ils étaient assis tous les deux, côte à côte, sur le bord de leur lit.
– Désolés de vous déranger, mais Zélia tenait absolument à venir présenter ses excuses à Philibert pour la façon inadmissible dont elle s'est comportée tout à l'heure.
– Pardon… Je suis navrée. Je sais pas ce qui m'a pris. Cela ne se reproduira plus, je vous promets !
– Tu n'es pas quitte pour autant. Parce que tu sais ce qu'on avait dit après l'épisode de Mont-de-Marsan… Que si tu recommençais, tu n'y couperais pas. Et que je n'hésiterais pas à sévir devant la personne même à qui tu aurais manqué de respect. On l'avait dit ou pas ?
– Oui. Si ! On l'avait dit.
– Alors tu sais ce qui t'attend.
J'ai tiré la chaise, me suis installé, l'ai fait pivoter face à eux.
– Allez !
La jupe elle se l'est laissé dégrafer sans opposer la moindre résistance. Mais la petite culotte de nylon blanc elle a voulu la retenir en s'agrippant, des deux mains, à l'élastique.
– N'aggrave pas ton cas !
Elle a lâché prise. C'est tombé à ses pieds et elle s'est dissimulée, d'instinct, de ses mains ramenées devant elle en coquille.
– Enlève-les ! Eh bien ? Tu comprends ce qu'on te dit ?
Elle a obéi. Philibert l'a fixée en bas. Dorothée au visage. Longtemps. Jusqu'à ce que je la fasse basculer enfin, derrière offert, en travers de mes genoux.
– Là ! C'est tout. C'est fini. Tu seras sage à l'avenir ? Tu ne feras plus ton écervelée ? Jamais ? Promis ?
Elle a fait signe que oui. Oui.
– C'est bien. C'est très bien. Tu peux te rhabiller, ma chérie. En attendant il y en a une autre…
Sur un ton d'extrême courroux d'un seul coup. Et en regardant Dorothée. Philibert m'a fixé, ahuri, sans comprendre.
– Qu'est-ce qu'il y a eu ?
– Et il demande ce qu'il y a eu ! Vous n'avez rien remarqué ?
– Non.
– Évidemment vous pouviez pas. Vous étiez beaucoup trop occupé. Mais vous auriez gardé un œil sur votre femme vous vous seriez rendu compte qu'elle jubilait. Elle jubilait littéralement de voir Zélia en si mauvaise posture.
Elle, elle baissait la tête d'un petit air coupable.
– Et elle se moquait d'elle. Ouvertement. Reconnaissez avec moi que c'est pas joli-joli comme comportement. Et je peux vous dire que ce serait de moi je laisserais sûrement pas passer une chose pareille sans réagir.
Elle a fait signe que oui. Oui.
– C'est bien. C'est très bien. Tu peux te rhabiller, ma chérie. En attendant il y en a une autre…
Sur un ton d'extrême courroux d'un seul coup. Et en regardant Dorothée. Philibert m'a fixé, ahuri, sans comprendre.
– Qu'est-ce qu'il y a eu ?
– Et il demande ce qu'il y a eu ! Vous n'avez rien remarqué ?
– Non.
– Évidemment vous pouviez pas. Vous étiez beaucoup trop occupé. Mais vous auriez gardé un œil sur votre femme vous vous seriez rendu compte qu'elle jubilait. Elle jubilait littéralement de voir Zélia en si mauvaise posture.
Elle, elle baissait la tête d'un petit air coupable.
– Et elle se moquait d'elle. Ouvertement. Reconnaissez avec moi que c'est pas joli-joli comme comportement. Et je peux vous dire que ce serait de moi je laisserais sûrement pas passer une chose pareille sans réagir.
* * *
– Eh ben dis donc ! Il en a fallu du temps pour le décider.
– Oui, mais une fois que ça a été fait.
– Ça, on peut pas dire qu'elle ait boudé son plaisir. Ni lui, le sien.
– Ni toi, le tien.
– Faut reconnaître qu'elle a une façon de se trémousser quand ça tombe. À faire damner un saint.
– Tiens, écoute-les ! Ça repart. Et pas qu'un peu !. Ils vont réveiller tout l'hôtel.
– Chacun son tour.
– Je sens qu'on va bien s'entendre tous les quatre.
– Ce qui veut dire – si je sais lire entre les lignes – que tu espères bien pouvoir lui en coller une sans tarder, non, c'est pas ça ?
– C'est toi qui en mériterais une pour me prêter des intentions pareilles ! Je me demande si tu vas pas l'avoir d'ailleurs. Il y a pas de raison de leur laisser le monopole à côté.
– Oui, mais une fois que ça a été fait.
– Ça, on peut pas dire qu'elle ait boudé son plaisir. Ni lui, le sien.
– Ni toi, le tien.
– Faut reconnaître qu'elle a une façon de se trémousser quand ça tombe. À faire damner un saint.
– Tiens, écoute-les ! Ça repart. Et pas qu'un peu !. Ils vont réveiller tout l'hôtel.
– Chacun son tour.
– Je sens qu'on va bien s'entendre tous les quatre.
– Ce qui veut dire – si je sais lire entre les lignes – que tu espères bien pouvoir lui en coller une sans tarder, non, c'est pas ça ?
– C'est toi qui en mériterais une pour me prêter des intentions pareilles ! Je me demande si tu vas pas l'avoir d'ailleurs. Il y a pas de raison de leur laisser le monopole à côté.
* * *
Ils ont traversé la salle du petit déjeuner au bras l'un de l'autre. Lentement. Rayonnants. Indifférents aux regards qui pesaient lourdement sur eux. Regards narquois ou complices. Réprobateurs ou envieux. Toutes les conversations se sont interrompues.
– On vous demandera pas si vous avez bien dormi.
– Nous non plus…
Dorothée s'est penchée sur Zélia, lui a murmuré quelque chose à l'oreille. Elles ont éclaté de rire.
– Attention ! Attention ! Si vous recommencez, nous aussi.
– Chic alors !
– On vous demandera pas si vous avez bien dormi.
– Nous non plus…
Dorothée s'est penchée sur Zélia, lui a murmuré quelque chose à l'oreille. Elles ont éclaté de rire.
– Attention ! Attention ! Si vous recommencez, nous aussi.
– Chic alors !
* * *
– Ah, enfin ! Mais qu'est-ce qui se passe ? Vos deux portables éteints. Pas de signe de vie. On est morts d'inquiétude, nous… Qu'est-ce que vous fabriquez ?…
– Elle, je sais pas, mais moi…
– Comment ça, elle tu sais pas ? Tu la surveilles au moins ? Tu la laisses pas faire n'importe quoi ?
– Mais oui ! Mais non !
– Parce qu'on a déjà assez de soucis comme ça. Alors si en plus… Bon, mais tu crois pas que t'aurais quand même pu prendre des nouvelles de Philippe ? C'était un minimum. Seulement tout te passe à cent mille lieues au-dessus de la tête. Comme d'habitude. Il y a que ta petite personne qui compte. Et ton bouquin. Dont personne verra d'ailleurs jamais la couleur. Et moi, pendant ce temps-là, je suis bonne pour tout gérer. Me battre sur tous les fronts. Est-ce que tu t'es seulement préoccupé des travaux à la maison ? Est-ce que tu sais où ça en est ?. Non. Je suis sûre que non. Hein ? Eh bien réponds !
– J'avoue que…
– Que t'es même pas allé voir. C'est quand même fort de café, reconnais ! T'es sur place. Je suis à des centaines de kilomètres de là. Et c'est quand même moi qui suis obligée de superviser les travaux.
– J'y passerai dans la semaine.
– C'est plus la peine. Ils sont finis, les travaux. Tu peux retourner te réinstaller quand tu veux. Vous réinstaller. Parce qu'il est hors de question de la laisser toute seule rue Claude Debussy, l'autre.
– C'est quand même chez elle. Et elle a peut-être le droit de donner aussi son avis, non ?
– C'est d'abord et avant tout chez Paul. Quant à son avis… Tu m'excuseras, mais c'est sûrement pas une gamine d'à peine vingt-cinq ans qui va nous dicter sa loi. Elle fera ce qu'on lui dira de faire. Un point, c'est tout. Et je n'ai pas du tout l'intention de la laisser continuer à nous pourrir la vie comme elle le fait maintenant depuis des mois et des mois. Parce que tu l'entends pas, Paul. Tu le vois pas. Il s'en rend malade de pas savoir ce qu'elle fabrique quand il a le dos tourné.
– Elle, je sais pas, mais moi…
– Comment ça, elle tu sais pas ? Tu la surveilles au moins ? Tu la laisses pas faire n'importe quoi ?
– Mais oui ! Mais non !
– Parce qu'on a déjà assez de soucis comme ça. Alors si en plus… Bon, mais tu crois pas que t'aurais quand même pu prendre des nouvelles de Philippe ? C'était un minimum. Seulement tout te passe à cent mille lieues au-dessus de la tête. Comme d'habitude. Il y a que ta petite personne qui compte. Et ton bouquin. Dont personne verra d'ailleurs jamais la couleur. Et moi, pendant ce temps-là, je suis bonne pour tout gérer. Me battre sur tous les fronts. Est-ce que tu t'es seulement préoccupé des travaux à la maison ? Est-ce que tu sais où ça en est ?. Non. Je suis sûre que non. Hein ? Eh bien réponds !
– J'avoue que…
– Que t'es même pas allé voir. C'est quand même fort de café, reconnais ! T'es sur place. Je suis à des centaines de kilomètres de là. Et c'est quand même moi qui suis obligée de superviser les travaux.
– J'y passerai dans la semaine.
– C'est plus la peine. Ils sont finis, les travaux. Tu peux retourner te réinstaller quand tu veux. Vous réinstaller. Parce qu'il est hors de question de la laisser toute seule rue Claude Debussy, l'autre.
– C'est quand même chez elle. Et elle a peut-être le droit de donner aussi son avis, non ?
– C'est d'abord et avant tout chez Paul. Quant à son avis… Tu m'excuseras, mais c'est sûrement pas une gamine d'à peine vingt-cinq ans qui va nous dicter sa loi. Elle fera ce qu'on lui dira de faire. Un point, c'est tout. Et je n'ai pas du tout l'intention de la laisser continuer à nous pourrir la vie comme elle le fait maintenant depuis des mois et des mois. Parce que tu l'entends pas, Paul. Tu le vois pas. Il s'en rend malade de pas savoir ce qu'elle fabrique quand il a le dos tourné.
– Il a de bonnes raisons pour ça, non ? T'en connais beaucoup, toi, des femmes qui, dans la situation où je suis et à mon âge, tromperaient pas un mari comme lui ? Et encore ! Qu'il vienne pas se plaindre. Dix fois plus cocu qu'il n'est je serais en droit de le faire si je voulais. C'est peut-être bien ce qui va se passer d'ailleurs. Oui, sûrement. Qu'il s'inquiète ! Qu'il se ronge les sangs ! Ça lui fera pas de mal. Parce que… ce que je ressens. De quoi je peux bien avoir envie. Mes désirs. Mes espoirs. Mes projets. Il en a strictement rien à battre. Il m'aime à ce qu'il paraît. Tu parles ! Il sait seulement pas ce que c'est. Il y a qu'eux qui comptent dans cette famille. Eux et uniquement eux. C'est à celui qui sera plus égoïste que l'autre. Non, mais attends ! Ça te nie d'une force un truc pareil. La « petite dinde », on a décidé qu'elle irait là. Elle va là et elle la ferme. C'est un meuble. On objet qu'on déplace comme on veut. S'ils savaient ! Non, mais qu'est-ce qu'ils se figurent ? Qu'on en passe systématiquement par où ils ont décidé, toi et moi. Oui, évidemment que c'est ce qu'ils s'imaginent ! Ça leur vient seulement pas à l'idée qu'il puisse en aller autrement. Va-t-on contre la volonté d'un Dorlandier ? C'est inimaginable. Inconcevable. Mais en réalité qui c'est qui tire les ficelles depuis le début ? C'est nous. On n'en fait qu'à notre tête. On mène notre petite vie à notre façon et on leur laisse croire ce qu'ils ont envie de croire. Ce qu'il les arrange de croire. Ça t'a un petit côté savoureux. Délectable, si t'y réfléchis bien. Non ? Tu trouves pas ? Alors oui, elle va aller bien sagement là où on veut qu'elle aille la « petite dinde ». Oui. Mais elle va leur en rajouter une couche. Elle sait pas encore comment, mais elle trouvera. T'inquiète pas qu'elle va trouver.
– On vous attendait pour vous dire au revoir.
– Vous partez ?
– Oui. Faut absolument qu'on soit à Bruxelles ce soir.
– On garde le contact, hein ? Et dès qu'on a l'occasion…
– Oui. Bien sûr. On se fait signe. Mais dans l'immédiat n'y comptez pas trop ! On a une foule de choses à régler en rentrant. Pendant un bon moment on va pas savoir où donner de la tête.
– C'est pas grave. Quand vous pourrez. Ou quand vous voudrez.
– Vous partez ?
– Oui. Faut absolument qu'on soit à Bruxelles ce soir.
– On garde le contact, hein ? Et dès qu'on a l'occasion…
– Oui. Bien sûr. On se fait signe. Mais dans l'immédiat n'y comptez pas trop ! On a une foule de choses à régler en rentrant. Pendant un bon moment on va pas savoir où donner de la tête.
– C'est pas grave. Quand vous pourrez. Ou quand vous voudrez.
Ils ont agité la main par la portière, disparu derrière le rideau de peupliers.
– On les reverra pas.
– Je crois pas, non.
– Il y a quelque chose qui leur a pas plu.
– Pas forcément. Il leur fallait un déclic. Ils l'ont eu. Ils ont plus besoin de nous.
– Tout le monde se sert de tout le monde finalement.
– C'est un peu ça, oui.
– C'est moche. Heureusement que je t'ai, toi, parce que sinon…
– On les reverra pas.
– Je crois pas, non.
– Il y a quelque chose qui leur a pas plu.
– Pas forcément. Il leur fallait un déclic. Ils l'ont eu. Ils ont plus besoin de nous.
– Tout le monde se sert de tout le monde finalement.
– C'est un peu ça, oui.
– C'est moche. Heureusement que je t'ai, toi, parce que sinon…
Dans la chambre elle est venue habiter mes bras.
– Non, bouge pas ! Fais rien ! Reste comme ça ! On est bien. Je suis bien. Enfin, non ! Pas tant que ça finalement. J'ai envie de pleurer. Comment ça m'a vexée ce truc de l'appartement, tu peux pas savoir !
– Faut pas y attacher trop d'importance. Qu'on soit ici ou là c'est pas vraiment l'essentiel au fond, tu sais.
– C'est pas la question. La question, c'est qu'on s'est même pas préoccupé de savoir ce que j'en pensais. Qu'on s'en fout. Royalement. Que j'ai pas à en penser quoi que ce soit. Et que des années en arrière ça me ramène. À quand j'étais gamine. Tout ce qu'on voulait on me faisait faire. Absolument tout. Il y avait même pas besoin d'exiger. Suffisait de demander. Je protestais jamais. Je me rebellais jamais. Tu crois qu'on m'en savait gré ? Penses-tu ! « - Elle a aucune personnalité. Elle a pas de caractère. » C'est tout ce qu'on trouvait à dire. Ça fait mal. Tu peux pas savoir comment ça fait mal. Et comment ça t'en fait faire des conneries. Pour te prouver à toi, même si personne le sait, même si personne veut le reconnaître, que tu en as de la personnalité justement. Plus que n'importe qui. Seulement tu te prouves jamais rien en réalité. Et t'as pas d'autre solution que de mettre la barre plus haut. Toujours plus haut. Et de te faire courir des risques. Toujours plus de risques. Pour rien. J'ai fini par en sortir. Il était temps. Avant que ça tourne mal. Très très mal. Avant que je fasse vraiment du grand n'importe quoi. J'ai fini par en sortir. En fichant le camp. Loin d'eux. Le plus loin d'eux possible. Et pour faire quoi au final ? Pour me retrouver exactement dans la même situation. Avec des gens qui me traitent exactement comme eux. Comme si j'existais pas. Comme si je comptais pas. Comme si j'avais tellement peu de personnalité qu'il fallait décider de tout à ma place. À croire que je suis condamnée à me retrouver toujours, quoi que je fasse, dans la même situation. Bien sûr que je pourrais partir. Divorcer. Tu crois que j'y ai pas pensé ? Ça m'avancerait à quoi ? Déjà ça compliquerait singulièrement les choses pour nous deux. On pourrait plus se voir aussi facilement qu'on fait là. Et ça, j'en ai besoin. De plus en plus. Parce qu'à tes yeux à toi j'existe. J'existe vraiment. Et puis il y a quelque chose au fond de moi qui sait pertinemment que ce serait de toute façon un coup d'épée dans l'eau. Que j'échapperais à ceux-là pour les retrouver ailleurs. Exactement les mêmes. Ça n'a pas de sens. Ça n'a aucun sens. C'est pas comme ça du tout qu'il faut aborder le problème. Il faut les affronter en face. Sur mon terrain à moi. Celui que j'aurai choisi. Tu m'aideras ?
‒ Bien sûr que je t'aiderai.
– Non, bouge pas ! Fais rien ! Reste comme ça ! On est bien. Je suis bien. Enfin, non ! Pas tant que ça finalement. J'ai envie de pleurer. Comment ça m'a vexée ce truc de l'appartement, tu peux pas savoir !
– Faut pas y attacher trop d'importance. Qu'on soit ici ou là c'est pas vraiment l'essentiel au fond, tu sais.
– C'est pas la question. La question, c'est qu'on s'est même pas préoccupé de savoir ce que j'en pensais. Qu'on s'en fout. Royalement. Que j'ai pas à en penser quoi que ce soit. Et que des années en arrière ça me ramène. À quand j'étais gamine. Tout ce qu'on voulait on me faisait faire. Absolument tout. Il y avait même pas besoin d'exiger. Suffisait de demander. Je protestais jamais. Je me rebellais jamais. Tu crois qu'on m'en savait gré ? Penses-tu ! « - Elle a aucune personnalité. Elle a pas de caractère. » C'est tout ce qu'on trouvait à dire. Ça fait mal. Tu peux pas savoir comment ça fait mal. Et comment ça t'en fait faire des conneries. Pour te prouver à toi, même si personne le sait, même si personne veut le reconnaître, que tu en as de la personnalité justement. Plus que n'importe qui. Seulement tu te prouves jamais rien en réalité. Et t'as pas d'autre solution que de mettre la barre plus haut. Toujours plus haut. Et de te faire courir des risques. Toujours plus de risques. Pour rien. J'ai fini par en sortir. Il était temps. Avant que ça tourne mal. Très très mal. Avant que je fasse vraiment du grand n'importe quoi. J'ai fini par en sortir. En fichant le camp. Loin d'eux. Le plus loin d'eux possible. Et pour faire quoi au final ? Pour me retrouver exactement dans la même situation. Avec des gens qui me traitent exactement comme eux. Comme si j'existais pas. Comme si je comptais pas. Comme si j'avais tellement peu de personnalité qu'il fallait décider de tout à ma place. À croire que je suis condamnée à me retrouver toujours, quoi que je fasse, dans la même situation. Bien sûr que je pourrais partir. Divorcer. Tu crois que j'y ai pas pensé ? Ça m'avancerait à quoi ? Déjà ça compliquerait singulièrement les choses pour nous deux. On pourrait plus se voir aussi facilement qu'on fait là. Et ça, j'en ai besoin. De plus en plus. Parce qu'à tes yeux à toi j'existe. J'existe vraiment. Et puis il y a quelque chose au fond de moi qui sait pertinemment que ce serait de toute façon un coup d'épée dans l'eau. Que j'échapperais à ceux-là pour les retrouver ailleurs. Exactement les mêmes. Ça n'a pas de sens. Ça n'a aucun sens. C'est pas comme ça du tout qu'il faut aborder le problème. Il faut les affronter en face. Sur mon terrain à moi. Celui que j'aurai choisi. Tu m'aideras ?
‒ Bien sûr que je t'aiderai.
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