Vendredi 12 avril 2019, Lyon.
Aux termes d'une soirée particulièrement riche en émotions, chez Mathilde et Sylvain, j'étais heureuse de les voir tous les deux si rayonnants et épanouis. Installée dans leur salon, en compagnie d'une poignée d'amis proches, dont Hugo, ma meilleure amie et son compagnon nous avaient réuni pour nous annoncer une grande nouvelle : Mathilde était enceinte !
Après des mois d'essais, de doutes et d'échecs, ils avaient enfin réussi à concrétiser le projet de leur vie. Une formidable nouvelle qui tombait à point nommé, tant cette situation pesait de plus en plus sur leurs morals… mais également sur leur couple. Depuis un moment déjà, je voyais mon amie dépérir, sans rien pouvoir faire d'autre que lui apporter mon soutien moral. Un an de tentatives infructueuses et son optimisme naturel avait progressivement laissé place à une forme de résignation amère…
— La nature ne veut pas que j'aie d'enfant… c'est sûrement parce que je serais une mauvaise mère… m'avait-elle lancé, dépitée, quelques semaines plus tôt.
Mais tout ceci n'était plus qu'un mauvais souvenir, puisque Mathilde avait retrouvé toute sa joie de vivre à la simple lecture des résultats de sa prise de sang, réalisée dans la foulée de son test de grossesse positif. Enceinte d'à peine plus de six semaines et malgré les recommandations de sa gynéco l'invitant à la prudence, elle n'avait pas résisté à l'envie de partager son immense bonheur avec ceux qui comptaient pour elle…
Si cette annonce surprise n'en était pas une pour moi… puisque mon amie m'avait donné l'information en avant-première lors de notre déjeuner entre filles, quelques jours plus tôt, je fis semblant de ne pas être au courant comme elle me l'avait demandé. Sylvain avait souhaité garder le secret jusqu'à la soirée qu'ils avaient organisée pour l'occasion et il n'était pas question de créer le moindre malaise entre nos deux tourtereaux, en trahissant la confidence de celle qui était pour moi « ma sœur de cœur »…
— Je suis trop trop trop contente pour vous deux… murmurai-je à Mathilde, en lui adressant un sourire complice, alors que Sylvain poursuivait sa discussion avec les autres invités.
— Merci ma belle ! J'ai beau avoir la gerbe tous les matins depuis quelques jours… je suis tellement heureuse, tu ne peux pas imaginer… Et toi, tu fais à l'idée d'être bientôt marraine ? me répondit-elle, les yeux pétillants.
— Arrête, je commence déjà à flipper ! Imagine… il ou elle m'aime pas ! Nan, en vrai… je crois que je serai le genre de marraine bien relou pour les parents… celle qui fait faire toutes les conneries interdites à la maison ! Tu vas me maudire ma poulette… m'exclamai-je en riant.
À minuit passé de quelques minutes, la fatigue commença à se faire sentir et trois des cinq invités présents quittèrent tour à tour les lieux, en prenant soin d'embrasser chaleureusement les deux futurs parents. Quelques minutes d'échanges supplémentaires, en compagnie d'Hugo, puis je décidai à mon tour de rentrer chez moi…
— Allez, je me sauve… La future maman doit se reposer ! lançai-je avec entrain.
— Oui, c'est clair, on va vous laisser dormir… profitez-en… dans quelques mois, les nuits risquent d'être... plus courtes ! renchérit Hugo, un large sourire sur le visage.
Le temps de nous diriger vers l'entrée, de récupérer nos vestes, puis je pris Mathilde dans mes bras... pour un dernier gros câlin rempli de sentiments aussi profonds que sincères. Des gestes de tendresse et d'affection que mon amie et moi avions gardés de nos jeunes années, à l'époque où nous étions étudiantes, et qui resurgissaient lors de moments forts pour l'une d'entre nous...
— Toi aussi, tu as besoin de te reposer… Tu as une petite mine depuis quelques jours. Déjà mercredi dernier, je t'ai trouvée… commença à me murmurer mon amie à l'oreille, en me serrant fort contre elle.
— Non ça va, t'inquiète… J'ai juste trop de boulot en ce moment… mais ça va... l'interrompis-je pour la rassurer.
Même si cette super soirée m'avait permis de mettre partiellement de côté le sentiment de mal-être qui m'habitait depuis quelque temps… mon amie me connaissait suffisamment bien pour lire entre les lignes et percevoir dans mon regard une partie de mes tourments intérieurs. Pourtant, j'avais le sentiment d'avoir donné le change, me faisant aussi joviale et rigolote que je pouvais l'être en public. Un masque, une façade... que mon métier de « commerciale » m'avait permis de parfaire au fil des années, mais qui ne trompait pas celle qui me connaissait par cœur…
— Quand vous saurez pour le sexe et que vous aurez choisi le prénom… je veux savoir ! Hors de question que ma ou mon filleul(e) ait un prénom de merde ! Et vous connaissant, mieux vaut se méfier ! lançai-je avec humour.
Ma blague foireuse fit rire ma petite assemblée, avant que Mathilde et moi validions la date de notre prochain déjeuner entre filles. Tombant d'accord pour nous retrouver dans l'un de nos deux restaurants habituels, dans 4 jours, j'embrassai son homme chaleureusement, avant de quitter les lieux en compagnie d'Hugo.
Comme un couple… que nous n'étions pas… Hugo et moi prîmes la direction de l'ascenseur, en silence…
— Ils ont l'air super heureux, ça fait plaisir à voir… commenta mon compagnon de route lorsque les portes métalliques se refermèrent devant nous.
Placé dans mon dos, dans un geste rempli de tendresse, Hugo en profita pour poser ses deux mains douces sur mes épaules…
— Oui c'est clair… C'est tellement génial pour eux deux ! Je suis trop contente… répondis-je à mon « sex-friend », tout en savourant son petit massage improvisé, les yeux fermés.
— Tu passes boire un verre chez moi ? me murmura-t-il à l'oreille, d'une voix pleine de désirs.
Même si mon corps autant que mon cœur m'invitaient à accepter sa délicieuse proposition... mes « engagements »… aussi stupides qu'illégitimes, m'obligèrent à la décliner…
— Désolée, mais pas ce soir… je suis vraiment trop claquée. Mais on se voit lundi soir, si tu es dispo ? lui répondis-je d'une voix trahissant ma gêne.
— Après si tu n'en as pas envie, ne te sens pas obligé… me répondit Hugo, en retirant brusquement ses mains de mes épaules.
Une fois de plus, mon refus crispa mon « ami ». Moins disponible qu'il ne l'aurait souhaité, depuis trois semaines, j'étais « contrainte » de refuser toutes les soirées en sa compagnie lorsqu'elles tombaient un jeudi ou un vendredi soir. Ce n'était pas par manque d'envie, bien au contraire, mais c'était l'une des dernières putains de règles de Victor, l'homme avec lequel j'entretenais une relation étrange et totalement déséquilibrée. Celui que j'avais laissé devenir « mon maître »... bien au delà des seuls jeux de soumissions dans lesquels je le laissais m'entrainer, une fois par semaine... prenait toujours plus de plaisir à étendre son emprise sur moi...
Il avait décidé de m'interdire d'avoir le moindre rapport sexuel avec un autre homme, dans les 48h précédant nos entrevues. Si j'avais le droit de me masturber, en échange de l'envoi de photos de mon intimité, c'était pour lui une manière d'entretenir ma frustration... de jouer avec mon hypersexualité en décuplant mon sentiment de manque... mais surtout de faire de moi son jouet, celui qu'il contrôlait, y compris à distance.
Évidemment, j'avais la possibilité de ne pas respecter son exigence, de l'envoyer se faire foutre ou de lui mentir lorsqu'il m'interrogerait sur le sujet. Mais pour une raison aussi obscure qu'absurde, je m'astreignais à respecter les consignes de cet homme, y compris lorsqu'elles allaient à l'encontre de mes envies, ce qui était de plus en plus fréquemment le cas…
Telle marionnette sans âme dont il avait pris le contrôle, je me soumettais à ses désirs, lui concédant toute forme de libre arbitre, comme un vulgaire objet dont il était devenu l'heureux propriétaire.
Tout ceci n'avait aucun sens et j'en avais conscience… Mais pourtant…
En silence et dans une ambiance pesante, Hugo et moi quittâmes l'ascenseur, puis traversâmes le hall de la résidence de Mathilde et Sylvain…
— Promis, on se voit lundi soir ? insistai-je en plongeant mon regard dans celui d'Hugo, une fois arrivé sur le trottoir, au moment de nous quitter.
— Si tu veux… demain, dimanche, lundi, mardi… de toute manière, c'est toi qui décides… comme toujours… me répondit-il avec une pointe de dépit dans la voix.
Un sourire crispé sur le visage, je déposai un long et tendre baiser sur sa joue, avant de lui souhaiter un bon week-end, puis de prendre la direction de mon appartement, plus seule que jamais. A contrecœur, j'avais réussi à refreiner mon envie de l'embrasser langoureusement... car dans le cas contraire, je n'aurais pu résister à l'envie de passer la nuit à ses côtés. Une décision idiote... comme tant d'autres.
À cette heure tardive, emmitouflée dans mon manteau, j'avais grand besoin de marcher, de sentir l'air frais fouetter mon visage. Alors que le claquement sec des talons de mes bottines rompait le silence à chacun de mes petits pas rapides, mon bref échange avec Hugo… rempli de mélancolie et de non-dits… me fit monter les larmes aux yeux.
Cet homme... dont j'étais amoureuse, mais avec lequel je refusais de m'engager, par peur de ne pas être à la hauteur, par peur de tout gâcher, une fois encore… souffrait de plus en plus de mes errements et de mes comportements irrationnels. Alors même que ses sentiments à mon égard ne faisaient aucun doute, je m'astreignais stupidement à le maintenir à distance, refusant catégoriquement l'idée que je puisse être la source de son bonheur. Intérieurement, j'en étais convaincue : aucun homme ne pouvait être heureux avec une femme comme moi...
— Je suis qu'une merde… pensai-je, emportée par un profond sentiment de tristesse.
Même s'il m'arrivait de penser que j'avais besoin d'aide pour me sortir du néant dans lequel je m'étais moi-même plongée, comme j'en avais l'habitude depuis ma plus tendre enfance, je préférais me faire secrète, cachant mes états d'âmes et mes errances à ceux qui comptaient pour moi. Un mode de fonctionnement qui m'avait déjà couté cher, mais une manière de me protéger du regard des autres, de leurs jugements sur mes comportements en lien avec mon hypersexualité...
Car si Hugo et moi avions validé ensemble le fait de rester « libres » en matière de rencontres, il ignorait tout de mes entrevues avec Victor, celui dont j'étais devenue la plus docile des soumises. Mon « sex-friend » savait que je fréquentais d'autres hommes… mais sans plus de précision et sans le moindre détail sur la nature perverse de ma relation avec cet homme à qui j'avais donné les pleins pouvoirs…
Et à chaque semaine qui passait… Victor m'entrainait un peu plus dans les abymes, m'isolant de mes proches... accroissant patiemment et méthodiquement son emprise sur moi. Si, dans de rares moments de lucidité, une partie de mon cerveau m'invitait à arrêter mes conneries... avant qu'il ne soit trop tard... une autre me poussait de manière incontrôlée à poursuivre cette relation toxique et destructrice, comme si c'était la seule chose que je méritais.
Une forme de fuite en avant, voire d'autodestruction… plus forte que moi… plus forte que ma raison. Victor obtenait tout ce qu'il voulait, sans aucune exception, même lorsque ses initiatives me plongeaient dans l'embarras, la gêne ou encore la honte. Mais si mon sentiment de mal-être avait atteint son paroxysme depuis quelques jours… ce n'était pas simplement parce qu'il avait fait de moi sa docile partenaire de jeux en exigeant deux jours d'abstinence avant nos rendez-vous hebdomadaires...
En réalité, une semaine plus tôt, je l'avais laissé repousser mes limites encore plus loin, beaucoup plus loin… et probablement trop loin.
Lors de notre précédente entrevue, mon hôte s'était proposé de me faire découvrir le « chem-sex ». Un nom barbare dont j'ignorais autant le sens que l'existence, mais qu'il s'était fait un plaisir de m'expliquer avec engouement et conviction…
Sous mon regard sidéré, je l'avais écouté me vanter les mérites du produit stupéfiant qu'il souhaitait me voir prendre, m'expliquant en détails les « bénéfices » que celui-ci m'offrirait. Avec insistance… et même si pour une fois il ne s'agissait pas au sens propre d'une obligation... Victor m'avait expliqué les nombreux plaisirs d'une séance de baise sous l'emprise d'ecstasy.
Une proposition excessivement perturbante pour moi qui n'avais jamais pris de drogue, hormis quelques lattes tirées sur les joints de mes copains, dans ma jeunesse. Mais de longues minutes durant, Victor avait répondu à chacune de mes objections, tel un expert ayant réponse à tout…
Insistant à plusieurs reprises sur son envie de « me voir totalement lâcher-prise », j'avais fini par m'offusquer…
— Parce que tu ne trouves pas que je te laisse déjà tout faire ??? Tu penses que je ne m'abandonne pas assez à toi ??? lui avais-je alors répondu avec agacement.
Comme il en avait l'habitude, face à mes refus successifs, Victor fit preuve d'une grande ténacité, déployant toutes ses capacités de conviction, voire de manipulation, pour obtenir ma validation. Il prit le temps de me rassurer sur les risques d'accoutumance, car bien au-delà des aspects moraux… en totale opposition avec mes principes… il avait bien compris que c'était ce point qui cristallisait l'essentiel de mes inquiétudes…
— J'en prends occasionnellement depuis 5 ans, juste pour certaines soirées… et je peux très bien m'en passer pendant des mois, sans aucun problème… Ça n'a rien à voir avec la cocaïne. J'ai des amis qui en prennent et c'est totalement différent. Crois-moi, tu peux tester sans le moindre risque… Franchement, j'ai l'air d'un drogué ? m'avait-il indiqué en plongeant son regard perçant dans le mieux.
Sans surprise, je finis par céder, me convainquant qu'il ne s'agirait que d'une expérience comme les autres… Comme toutes celles que je n'aurais jamais réalisées, si Victor ne m'avait pas poussé à le faire… Comme toutes celles qui m'avaient procurées un plaisir coupable, mais d'une puissance incroyable… du moins dans la plupart des cas.
Pour être honnête... et ce, malgré mes grandes réticences initiales, une petite trentaine de minutes après avoir avalé son cachet « magique », j'avais découvert un sentiment de bien-être incroyable. Une étrange mais extraordinaire impression d'euphorie… difficile à décrire tant celle-ci était profonde, puissante et délicieusement enveloppante.
Mon mal-être, celui que Victor contribuait à entretenir, disparut comme par enchantement, me permettant de renouer avec mes envies d'abandon entre ses mains, celles qu'il m'avait fait découvrir au début de notre relation et qui se faisaient de moins en moins présentes avec le temps...
Renforcée par des sensations corporelles démultipliées, mes envies de luxure envahirent progressivement tout mon esprit, comme jamais auparavant. Avec l'impression que chaque millimètre carré de ma peau était devenu hyper-réactif, j'avais laissé Victor jouer librement avec mon corps, m'offrant à lui sans la moindre restriction… et savourant les quatre orgasmes consécutifs qu'il m'offrit en à peine plus d'une heure et demie de jeux… avant que l'épuisement ne finisse par avoir raison de mon irrépétible envie de jouir…
Comme me l'avait indiqué Victor, cette substance chimique m'avait transformée en machine à orgasmes, chaque contact, même les plus rugueux, devenant une invitation à l'extase. Et objectivement, j'avais passé la plus incroyable des soirées entre ses mains aussi habiles que perverses…
Aux termes de cette folle et inédite entrevue, et alors que j'étais toujours sous l'emprise de la MDMA contenue dans le comprimé que j'avais avalé, Victor me fit part de ses intentions pour notre prochain rendez-vous. Lui qui prenait un malin plaisir à ne jamais rien me révéler à l'avance... il dérogea pour la première fois à sa propre règle…
— Le week-end prochain, je souhaite t'organiser une soirée spéciale… une soirée « offrande »… m'avait-il lancé en toute décontraction, avec un large sourire sur le visage... et alors même qu'il essuyait son sexe encore luisant à l'aide de mouchoirs en papier.
L'une de ses fameuses soirées en groupe dont il m'avait déjà parlé… qui semblaient plus proches du « gang-bang » que d'autre chose… et au cours desquels il offrait ses « meilleures » soumises à un groupe « d'amis », selon ses propres termes. Victor le savait parfaitement, l'idée de participer à une soirée entourée de males en ruts à ma disposition avait toujours été la source d'une formidable excitation pour moi… et ce bien avant notre rencontre.
Mais ce qui relevait jusqu'alors du fantasme devenait subitement très concret…
— Je sais que tu es prête… Et je t'offre la possibilité de réaliser ton fantasme. J'en suis convaincu… tu vas adorer… m'avait-il indiqué alors que j'étais restée muette face à son annonce.
Portée par « l'euphorie chimique » des amphétamines qui circulaient en abondance dans mon organisme, je lui avais donné mon accord, sans prendre le temps de réfléchir, trop excitée à l'idée de me jeter dans l'inconnu.
Dans un instinct de protection… plus que partiel… je n'avais formulé qu'une seule et unique exigence : l'absence de violence de la part des hommes qu'il déciderait d'inviter…
— Pas de martinet, pas de pinces à tétons… En gros, pas de trucs qui font mal… juste du sexe, plein de sexe… et c'est OK pour moi ! lui avais-je indiqué en remettant mon string, épuisée... autant que défoncée par la drogue qui entamait grandement mes capacités de réflexion et ma lucidité.
Un accord de principe de sa part et une validation hâtive de la mienne… que j'avais regretté dès le lendemain, alors qu'à mon réveil... totalement lessivée... j'avais été en proie à un grand moment de doute et de déprime…
Mais lorsque j'avais fait part de mon hésitation à Victor par message, il m'avait convaincu de ne pas revenir sur ma décision, m'expliquant que je « raterais quelque chose d'inoubliable » et qu'il serait particulièrement déçu de me voir « manquer à ce point d'audace »... alors même qu'il avait « toute confiance en moi »…
Avec le sentiment de le laisser me manipuler, une fois encore, j'avais fini par lui confirmer mon accord, malgré mes grandes inquiétudes et mes innombrables questionnements intérieurs…
Depuis une semaine, ces angoisses ne m'avaient pas quitté et elles étaient à l'origine de « la petite mine » à laquelle mon amie Mathilde venait de faire référence, aux termes de notre soirée...
— Faut que je dorme et que j'arrête de flipper... Ça va être bien… pensai-je en arrivant devant mon immeuble, toujours perdue dans mes pensées.
En entrant dans ma résidence, après de longues minutes de marche, je sortis mon portable de ma poche pour envoyer un message via WhatsApp à Mathilde, afin de lui dire que j'étais bien rentrée et la féliciter une fois de plus pour cette formidable nouvelle. Puis, machinalement j'ouvris mon fil de discussion avec Hugo, sans pour autant lui envoyer un message…
— Pardonne-moi Hugo… pensai-je, en regrettant de ne pas avoir accepté sa proposition.
Le temps de rentrer chez moi, de me libérer de mes chaussures et de mon manteau, puis je m'affalai sur mon canapé, téléphone toujours en main et décidée à lui écrire…
Je viens d'arriver chez moi. Gros bisous beau brun ! Passe une bonne nuit et un bon WE. :)
Je t'embrasse fort… Et vivement lundi soir… :P.
Alors même que dans quelques heures, j'allais laisser Victor m'offrir à de sombres inconnus… c'était avec Hugo que j'avais envie d'être. Le regard dans le vague, anxieuse et perdue, j'attendis durant quelques minutes une réponse de mon « ami »…
— Pourquoi je ne suis pas comme les autres… murmurai-je les yeux humides.
Alors que ma meilleure amie réalisait ses projets, construisant la vie dont elle avait toujours rêvé… moi j'avais l'impression de n'être qu'une pauvre fille, incapable de prendre les bonnes décisions, incapable de construire quoi que ce soit, incapable de dire non à cet homme dont j'étais sous l'emprise…
Peu avant 2h du matin, et alors que mes messages à l'attention d'Hugo étaient restés non-lus… je finis par rejoindre ma chambre pour aller dormir… désespérément seule.
Commentaires ()
C'est ce que je me disais mais comme il s'est passé plusieurs semaines entre mes lectures, je voulais être sûre
C'est presque un récit sans sexe. Au final, c'est agréable.
Le sexe sous influence n'est jamais une bonne chose. Drogue, alcool, médicaments...
C'est un non catégorique pour moi. Je sais ce que c'est et il ne passe jamais rien bon sous influence.
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Ah ben non, même pas de S.O.S. envoyé.
La personne nage vers le large sans appeler au secours. Donc forcément, personne ne peut venir à son secours.
Après, ne dit-on pas qu'il faut avoir touché le fond pour espérer rebondir? Je pense que tu paies encore les conséquences d'un certain 4 juillet.
Il y a une histoire comme ça, avec un certain Victor qui crée une créature.
A-t-il fait de toi sa créature ?
C'est peut-être d'ailleurs pour cela que tu lui as prêté ce prénom de Victor: car il t'a "créaturisée", déshumanisée, "viandisée".
Autant je comprends une envie de HHF avec deux partenaires tendres et bienveillants, autant ce genre de soirée.....
Tu as lu la suite, donc tu as la réponse à ta question (la créature). Pour ce qui du prénom, c'est le vrai. C'est l'un des rares que je n'ai d'ailleurs volontairement pas modifié. Donc non, pas de lien avec la référence que tu évoques...
Merci pour ton commentaire @cocolst ! :)
"Ok, central, vous m'entendez ?... agent cocolst... intervention immédiate... gros pervers narcissique qui pousse une jolie femme à se droguer pour abuser d'elle... ouais, faites intervenir le RAID et tant pis pour la bavure policière, on a l'habitude...".
En toute politesse : quel gros connard !
J'aimais pas Raph, on est à un niveau au-dessus là !
J'aime toujours beaucoup Hugo.
La suite est prévue pour le 28/05.
Pour les récits imaginaires, ce n'est pas encore pour tout de suite (même si j'y pense), mais le prochain tome n'aura rien de déprimant/glauque, bien au contraire. Il s'agit du début de ma vie actuelle... Heureuse et amoureuse. 🥰
J'adore et attends la suite avec impatience. Tu décris tellement bien ce que tu vis qu'on sent très clairement ce que tu ressens, tes joies, tes peines, ta souffrance surtout et ça en fait peur de voir les travers que ce prédateur te fait prendre, en tant qu'homme j'ai du mal à concevoir qu'on emmène une femme dans ces travers malsains. Il y a tellement de façon pour se faire plaisir sans manipuler les gens... J'ai hâte de lire la suite et surtout de savoir comment tu vas retrouver, la joie de vivre et l'amour pour de bon...
On ne tombe pas toujours sur des gens bienveillants et quand on manque de "prudence" et de lucidité comme j'ai pu le faire par le passé, on augmente les risques de tomber sur des salauds comme Victor. S'il a clairement profité de mon état d'esprit de l'époque, autant que de mon hypersexualité... je dois aussi admettre que je l'ai laissé tout faire avant d'ouvrir les yeux et d'arrêter mes conneries.
J'étais paumée et comme bien souvent dans ces cas là... on ne fait pas que des choses intelligentes... :/
C'est hélas une dure leçon de la vie à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre.
Un exemple banal:
Bien des gens fument en toute connaissance de cause et tombent des nues quand le cancer arrive.
- Ben je comprends pas, je connais quelqu'un dont le grand-père a fumé jusqu'à 83 ans...,
Ont-ils été aveugles ? malhonnêtes avec eux-mêmes, leurs proches, leurs enfants ?
Et pourtant, ce n'est pas une pathologie de fumer.
Ils ne peuvent pas prétendre ne pas avoir été informés.
Alors... quand on souffre d'un réel problème de contrôle et que le barrage craque puis cède, cela tient du personnel, de l'intime et il est fichtrement difficile d'en parler, même (et peut-être surtout) au partenaire, et sans doute par crainte de l'incompréhension et du rejet.
Plus on tient à la personne et plus on a peur de la perdre.
Jusqu'à envisager de perdre... sa propre vie.
C'est ce qui donne tant de valeur à ce témoignage qui met parfois mal à l'aise de par sa franchise directe et le côté cru et sombre que Lucie met en évidence, courageusement (amha) et avec talent.
Comme je l'ai dis je ne pense pas être plus courageuse qu'une autre... Je livre simplement mon parcours chaotique, y compris ces phases les moins reluisantes, et mon chemin pas toujours simple vers le bonheur.
Bizzz 😉
Voilà un peu long mais toujours a mon bureau, la machine a café a la température idéale et les lumières qui se reflètent sur le Lac Leman le magnifie ! Dernier point, ne voyait en aucun cas mes commentaires comme une marque de jugement., des éléments de votre vie que je condamnerais ou non … loin de moi cette pensée c’est votre vie et non la mienne. En vous lisant par hasard cet après-midi, ce sentiment d’amour profond que vous éprouviez pour Raphael , le sentiment que tôt ou tard vous feriez le pas de trop, que vous vous saviez victime de cette addiction, votre stratégie de tout nier en bloc et lui mentir en face a face, j’avoue ne pas avoir compris d’ou mon commentaire.
Annoncer à un homme qui nous plaît qu'on a ce genre de problème est impensable, hormis a vouloir le faire fuire avant même le début d'une relation. Peu d'hommes reagiraient bien, face à ça.
Ensuite, quand les sentiments sont là, on se dit qu'on arrivera à gérer, à résister à ses propres démons, parce qu'on l'aime, parce qu'il en vaut la peine... À ce moment on y croit sincèrement, et on a aucune raison de tout gâcher en annonçant quelque chose qui peut tout ruiner.
Puis, les pulsions se font plus fortes, plus incontrôlables. On se bat à l'intérieur, en silence, seule avec soit même.
On finit par faire de la merde, une fois, puis deux... Puis avec malhonnêteté on se dit que "c'est pas si grave", que personne n'en souffre... À ce moment là, parler n'est plus une option mais un simple suicide du couple. On s'enferme dans son mensonge quitte à nier devant l'évidence... Car on a pas d'autres issues.
La mécanique intérieure qui se met en place est redoutable pour celle ou celui qui vie la chose de l'intérieur. La honte, la peur, l'auto conviction... tout conduit à mentir pour éviter le regard de l'autre, l'incompréhension, le mépris...