Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Moi, Éloïse, en train de tomber amoureuse? — Chapitre 5 · Premier rapprochement
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Moi, Éloïse, en train de tomber amoureuse?
Chapitre 5 · Premier rapprochement
— Abbie ? Qu'est-ce que tu fais ?
— Éloïse ! Tu n'étais pas censée rentrer maintenant !
— C'est qui, ce type ?
— Ça ne te regarde pas. Nate, rhabille-toi et pars, qu'est-ce que tu attends ?
— C'est bon, je m'en vais, poupée. Tu m'envoies un texto.
Non, non, non… Je ne veux pas revivre ça. Non !
Je me réveille en sursaut, mon lit trempé de sueur. Encore ce mauvais rêve. Abbie. Mon premier amour. On avait 16 ans quand on s'est mises ensemble, et 18 ans quand on a emménagé dans ce petit appart. Trois longues années de relation, avant que je ne la surprenne à me tromper. Et il paraît que ce n'était pas la première fois.
Tous nos amis communs me l'ont avoué après. Les rumeurs allaient bon train : on l'avait vue flirter avec d'autres, parfois même dans des situations plus... intimes. Mais personne ne s'est dit qu'il serait bon de m'en parler.
J'ai été la fille la plus naïve du monde de lui faire confiance. Pourtant, avec mes parents comme modèle, j'aurais dû me douter que ça finirait ainsi. Dans ma famille, on n'est pas faits pour l'amour.
J'allume mon téléphone et, instinctivement, je souris en voyant le message qui m'attend :
"Olivia : Alors, mes vidéos t'ont plu ? J'espère que tu t'es bien relaxée ;-)"
Je lui réponds immédiatement, un sourire au coin des lèvres :
"Moi : Tu as un véritable don, toi ! Tu as d'autres talents cachés ? Non, parce que là, ça devient presque surnaturel pour un être humain XD"
Je reçois un nouveau message, bien plus sérieux cette fois.
"Olivia : Éloïse, je te contacte ce matin car j'ai un problème assez… urgent. Je sais qu'on est dimanche et que tu ne travailles pas, mais mon chat, Mistigri, refuse de s'alimenter depuis hier. Est-ce que ça t'embêterait de passer à la maison ?"
Mon cœur se serre légèrement. Je ne vais quand même pas la laisser dans cette situation, surtout un dimanche. Il y a si peu de cliniques ouvertes aujourd'hui. Elle devrait parcourir des kilomètres pour en trouver une…
"Moi : Bien sûr ! Laisse-moi juste m'habiller et manger un truc, j'arrive !
Je pose mon téléphone et regarde l'heure. Mince. Il est déjà 13 h. J'ai dormi si longtemps ? Je me lève en vitesse, enfile la première tenue qui me tombe sous la main, un jean et un pull confortable, puis je file dans la cuisine. Je me prépare un sandwich aux crabes que j'avale à toute allure.
Quelques minutes plus tard, je suis déjà dans ma voiture. Mon empressement me surprend. Moi qui m'efforçais de maintenir mes distances avec elle, je me rends compte que je suis… contente. Pas seulement de pouvoir aider Mistigri, mais aussi de la revoir.
Je secoue la tête pour chasser mes pensées. Ce n'est pas le moment de réfléchir à tout ça. Mistigri a besoin de moi, et Olivia aussi.
J'arrive devant la charmante maison d'Olivia. Elle est entourée de plantes grimpantes, avec des fleurs qui débordent des jardinières. La façade est accueillante, pleine de vie, comme la femme qui y habite. Je toque doucement à la porte, et Olivia m'ouvre presque immédiatement, comme si elle m'attendait derrière. L'odeur enivrante de jasmin me frappe dès l'entrée, un parfum à la fois apaisant et vivifiant.
Elle me serre la main avec douceur, et nos regards se croisent un instant. Je peux voir l'inquiétude dans ses yeux malgré son sourire.
— Alors, comment tu vas depuis la dernière fois, Olivia?
— Je vais bien et toi? On peut se tutoyer, bien qu'on se voie dans un cadre professionnel?
Sa question me fait sourire. Cela semble naturel de lui parler comme à une amie.
— Bien sûr. Nous sommes amies, nous avons tissé des liens. Et si je peux être honnête… ça me fait vraiment plaisir. Ça faisait très longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi proche de quelqu'un.
Je sens mes joues s'enflammer. Pourquoi ai-je dit ça si spontanément? Je baisse les yeux, un peu embarrassée. Cela faisait des années que je ne m'étais pas ouverte comme ça à quelqu'un. Olivia, cependant, ne semble pas surprise. Son sourire devient plus tendre, plus sincère.
— Je te remercie, Éloïse. Tu connais également mon histoire. Mis à part toi, je ne vois pas vraiment de monde. Ça me fait plaisir d'avoir une confidente, et que ce soit toi. Tu es mon plus beau cadeau de cette année. Tu es aussi le plus beau cadeau de Mistigri, d'ailleurs. Il t'attend sur le canapé. Il n'a pas l'air en forme, il bouge peu et respire assez fort.
— Je vais aller voir ça. Mais pour être honnête avec toi, j'espère que tu es assez forte au cas où on doive s'attendre au pire.
— Je m'en doute, tu sais. Mais c'est gentil d'être honnête avec moi.
— Il n'a pas fait d'autres crises d'épilepsie?
— Non, pas que je sache.
Je m'approche de Mistigri, allongé sur le canapé. Sa fourrure est douce sous mes doigts, mais je sens une certaine raideur dans son corps. Il respire rapidement, ses flancs se soulèvent de façon irrégulière. Je me désinfecte les mains et prépare une seringue dans mon sac.
— Je vais prélever un peu de son sang pour faire des analyses. Tu peux prendre un rendez-vous pour demain à la clinique pour passer une IRM. J'ai de la place à 15h ou 17h30.
— 17h30, ça m'ira.
— Parfait. Prends ce bocal et essaie dans la journée de récolter son urine, si tu y arrives.
— J'essaierai.
— Très bien, c'est fini. Je vais lui injecter un stimulant d'appétit et j'ai apporté quelques pâtés dont les chats raffolent. Ça devrait aller pour aujourd'hui. Veille à ce qu'il reste hydraté, et viens demain à la clinique. On parlera ensuite des résultats. Ça peut aussi bien être une méningite qu'une tumeur, malheureusement… Espérons que ce ne soit rien de grave.
Je sens Olivia se tendre un peu à mes mots, mais elle me remercie sincèrement.
— Merci infiniment d'être venue, Éloïse. Je peux t'offrir un verre avant que tu ne repartes?
— Oh, oui, merci. Tu as du soda?
— Je vais te chercher du Sprite, ça te dit?
— Parfait.
Pendant qu'elle s'éclipse dans la cuisine, je me promène dans le salon, admirant la décoration. Chaque plante semble avoir été choisie avec soin, et l'air est saturé d'un parfum naturel et apaisant. Je m'arrête devant un mur couvert de photos encadrées. Olivia enfant, avec deux adultes souriants, probablement ses parents. Elle était adorable… Elle l'est toujours, en fait. Enfin… bref. Oui, elle est mignonne, mais comme une amie peut être mignonne. Voilà.
Je sens mes joues chauffer bêtement. Je secoue la tête pour chasser ces pensées. Olivia revient avec un plateau.
— Tout va bien?
— Oui, tout va très bien. Dis-moi, ce sont tes parents sur les photos?
— Oui, ce sont eux. Je les vois peu souvent, mais je les aime tellement.
— Ils habitent loin?
— À environ 200 km. Mais bien que je sois casanière et que je n'aime pas polluer, je fais une exception chaque année à Noël pour aller les retrouver.
— Je vois. Et tu fais quoi de tes animaux pendant ce temps-là?
— J'embauche des jeunes du coin qui cherchent à se faire un peu d'argent de poche. Et je pars moins de 24 heures, donc les animaux survivent sans problème, haha. Et toi, tu as de la famille?
— Oh oui… Mes parents habitent à 20 minutes de chez moi, mais je ne les vois qu'aux repas de famille, pour les anniversaires, etc.
— Ce n'est pas la joie entre vous?
— Ça ne l'a jamais été, pour être honnête. Enfin… Bref.
Je change de sujet en voyant une assiette sur la table basse.
— C'est toi qui as fait ces gâteaux?
— Oui! Vas-y, goûte. Ce sont des brownies au chocolat et aux orties. Ils sont super bons.
Je prends une bouchée, intriguée. Le goût sucré du chocolat est relevé par une légère amertume herbacée, mais c'est étonnamment délicieux.
— Wow! C'est… original, mais j'adore. Tu es pleine de surprises, toi.
— Haha, je prends ça comme un compliment.
Son rire léger remplit la pièce, et pour une fois, je me sens à ma place.
Elle sourit, et un silence agréable s'installe. Puis, prenant mon courage à deux mains, je décide de briser la glace :
— J'aime beaucoup passer du temps avec toi, Olivia. Et je dois avouer que je me suis beaucoup retenue, tu sais. Disons que je n'ai pas l'habitude d'être proche des autres, par peur d'être blessée.
Elle pose son verre et se tourne vers moi, ses yeux remplis de compréhension.
— Confie-toi, Éloïse. Moi, je t'ai parlé de mes blessures. Je te promets que je ne te jugerai pas pour les tiennes.
Je prends une profonde inspiration.
— La plupart des amis que j'avais quand j'étais jeune étaient des hypocrites bien trop centrés sur eux-mêmes. Ils m'ont caché des choses… Parfois juste pour se moquer de moi, parce que j'étais trop naïve pour m'en rendre compte. Être trop gentille, vulnérable… Ça les faisait rire. Moi, j'en ai souffert. Alors je me suis construit une carapace.
Je baisse les yeux, un peu honteuse de m'ouvrir autant.
— Mais toi… toi, je vois bien que tu n'es pas comme eux.
Olivia semble touchée. Elle pose une main légère sur la mienne, et son regard devient encore plus intense.
— Je suis vraiment désolée pour toi, Éloïse… Et non, jamais, au grand jamais, je ne te ferais souffrir intentionnellement. Te voir triste, même un peu, me rend encore plus triste. Tu es une personne si… vraie, si lumineuse. Aujourd'hui, tu vis ta vie comme tu l'entends, et c'est ta force. Mais j'espère qu'à partir de maintenant, nous pourrons partager cette vie… en tant qu'amies.
Ses mots me touchent profondément. Un sourire tendre s'étire sur mes lèvres, et mon cœur bat plus vite.
— Bien sûr que je le veux… Je veux partager ma vie avec toi, Olivia. Même si…
Je m'interromps, hésitante, sentant mes joues rougir.
— Même si quoi?
— Même si parfois, je souhaite… plus.
Je détourne les yeux, troublée par l'intensité de ses prunelles qui semblent lire en moi. Olivia se rapproche légèrement, sa main effleurant mon bras.
— Éloïse…
Elle s'arrête, comme si elle craignait d'aller trop loin. Mais avant qu'elle ne puisse dire autre chose, je me lève brusquement, incapable de gérer ce que je ressens.
— Je dois y aller. À demain, Olivia.
Je fais un pas vers la porte, mais elle me rattrape doucement. Ses bras m'enveloppent dans une étreinte chaude et réconfortante.
— Attends.
Je ferme les yeux, profitant de la sensation de ses bras autour de moi. Puis elle se recule juste assez pour plonger son regard dans le mien. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Elle se penche légèrement, et pendant un instant, je crois qu'elle va m'embrasser.
Mais je détourne la tête au dernier moment, incapable de me laisser aller, même si j'en rêve.
— Je… Désolée, Éloïse. Je n'aurais pas dû.
— Non, c'est rien, je t'assure. Ça ne change rien. J'ai juste… besoin de temps, c'est tout.
— Je t'apprécie vraiment.
— Moi aussi, Olivia. Mais je ne suis pas prête pour ça. Si tu avais été quelqu'un d'autre, n'importe quelle autre femme, je t'aurais probablement laissée m'embrasser. Peut-être même plus… Et je t'aurais oubliée le lendemain. Mais toi, c'est différent.
Je marque une pause, cherchant mes mots.
— Je te respecte. Et… j'ai des sentiments beaucoup trop forts pour toi. Alors je préfère réfléchir avant d'aller trop vite.
Elle hoche doucement la tête, un sourire triste mais sincère sur les lèvres.
— Je comprends. Et moi aussi, j'avais du mal à accepter ce que je ressens pour toi après tout ce que j'ai vécu. Mais tu en vaux tellement la peine, Éloïse. Je te laisserai tout le temps du monde.
Je lui souris à mon tour, plus rassurée.
— Merci… À demain, Olivia.
Avant de partir, je me penche et dépose un baiser léger sur sa joue. Je la vois rougir, un éclat de surprise dans ses yeux.
— À demain, Éloïse.
Je me retourne et repars vers ma voiture, le cœur battant encore à tout rompre. Une fois derrière le volant, je me prends à sourire, repensant à ses bras autour de moi et à son regard. Peut-être que demain, tout changera.
Une fois rentrée chez moi, je m'effondre sur le canapé, le cœur encore en vrac. Mes mains tremblent légèrement, comme si elles ressentaient encore la chaleur de son étreinte. Je fixe le plafond, cherchant à reprendre mes esprits, mais Olivia occupe chaque recoin de ma tête.
Je ferme les yeux et me remémore son sourire, ses yeux si profonds, sa voix qui semble capable d'apaiser tous mes doutes. Cette femme… Elle m'attire d'une manière que je ne pensais plus possible.
"Qu'est-ce que je fais? Je suis en train de perdre le contrôle."
Depuis des années, je me suis promis de ne plus jamais ressentir sa pour une femme. Abbie m'a brisée, et avec elle, mes soi-disant amis m'ont trahie. Alors pourquoi Olivia? Pourquoi elle me fait-elle cet effet?
Je me redresse, mal à l'aise.
"Elle n'est pas comme les autres."
Cette pensée s'impose à moi, claire comme de l'eau de roche. Olivia est différente. Elle ne joue pas de rôle, elle ne cherche pas à me manipuler. Elle est honnête, douce, et quelque chose dans ses yeux me dit qu'elle ne me ferait jamais de mal.
Mais c'est justement ça qui me terrifie. Si je la laisse entrer dans ma vie, vraiment entrer, et qu'elle finit par me décevoir comme les autres… Est-ce que je serais capable de m'en relever?
Je soupire et me passe une main dans les cheveux.
"Et pourtant, quand elle m'a prise dans ses bras…"
Je sens encore la chaleur de son étreinte, le poids rassurant de ses bras autour de moi. C'était si naturel, si réconfortant. Comme si c'était là que je devais être.
Je me lève pour faire les cent pas dans mon petit salon, essayant de chasser cette boule d'émotions qui me serre la gorge. Mais rien à faire. Elle est là, dans mes pensées, dans mon cœur, et même dans l'air que je respire.
Je prends mon téléphone, tentée de lui envoyer un message. Juste pour m'assurer qu'elle va bien, pour la remercier de son accueil. Mais je m'arrête avant de taper quoi que ce soit.
"Non. Laisse-lui de l'espace. Laisse-toi le temps."
Je repose le téléphone sur la table et me dirige vers la fenêtre. La nuit est tombée, et la ville semble apaisée, presque endormie. Je regarde les lumières danser au loin et me surprends à sourire.
"Demain. Demain, je la verrai. Peut-être que je trouverai le courage de lui dire tout ce que je ressens. Peut-être que je me laisserai aller, juste cette fois."
Une douce chaleur s'installe en moi à cette pensée. Peu importe ce que demain réserve, je sais que, pour la première fois depuis longtemps, je ne suis plus seule.
Je me glisse finalement dans mon lit, mon cœur un peu plus léger. Et avant de sombrer dans le sommeil, un dernier murmure me traverse l'esprit :
"Olivia, tu es peut-être ma seconde chance."
_______
Fin du chapitre
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Commentaires ()
J'avais bien raison, comme j'ai pu le formuler : c'est une armure que Éloïse revêt pour se protéger car elle ne veut plus souffrir.
Les choses se dessinent petit à petit, avec Olivia.
J'espère qu'Olivia est sa perle rare...
Rendez-vous pris pour le prochain chapitre !
Merci encore ! J'adore vous lire.
Heureusement que de temps à autre on croise des personnes lumineuses comme ça.
Vivement la suite