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✦ Blablablah Une fois franchies les lignes rouges XSTORY
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Une fois franchies les lignes rouges — Chapitre 6

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Blablablah
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Une fois franchies les lignes rouges

Chapitre 6

L’appartement à Bangkok sent le renfermé et la poussière. Un deux-pièces anonyme, loué au mois avec l’argent volé à Somsak. Les murs sont nus, le sol carrelé de froid. Le seul luxe est un grand matelas posé à même le sol, une tache blanche dans la pénombre. C’est notre aire de jeu. Notre laboratoire.
Mali est assise dessus, les jambes repliées contre sa poitrine. Elle observe la ville qui grouille en contrebas, ses néons qui commencent à s’allumer, teintant sa peau de lueurs bleutées et rouges. Depuis notre fuite, une tension nouvelle est née. Elle n’est plus la villageoise naïve. Elle a goûté au fruit, et le poison lui plaît. Son regard, quand il se pose sur moi, est plus sombre, plus direct. Elle attend la suite. Elle réclame la prochaine étape.
Je termine une bière, le liquide tiède coulant dans ma gorge. Je pense soudainement à l'avenir. On va baiser un moment dans cet hôtel, puis quoi ? Il faudra bien que je me rende à l’ambassade. Puis, je ne sais pas encore comment je vais pouvoir m’arranger avec ma banque pour recouvrir mes accès. J’ai envie de rester ici, en Thaïlande, avec elle. J’ai assez d’argent pour tenir plus d’une année, si je remets la main dessus. Bien plus que les maigres économies de son père. Cela me laisserait du temps pour tenter bien des choses avec elle… Et explorer aussi des choses avec d’autres thaïlandaises, qui sait.
– Ce soir, on sort, dis-je en me levant.
Elle se retourne, un sourcil levé.
– Où, maître ?
Son deuxième mot résonne encore étrangement à mes oreilles. Synonyme d’un pouvoir que je n’aurais jamais cru posséder sur une femme. Cependant, je suis déterminé à tenir fermement mon rôle. Je lui réponds :
– Dans un endroit où tu pourras mettre en pratique ce que tu as appris. Où tu pourras montrer à quel point tu es devenue une bonne petite salope.
Un frisson visible parcourt son corps. Le mien aussi. C’est certainement enivrant d’être soumise. Ça l’est aussi d’être le maître.
– Je suis prête.
Je souris.
– Oh, non. Tu ne l’es pas encore. Mais tu vas l’être.
Je m’approche d’elle. Je prends son menton. Ma voix se fait douce, persuasive, un contraste calculé avec la brutalité de mes intentions.
– Tu vois ces vêtements ? Ces shorts, ces hauts ? Ils sont… ordinaires. Ils cachent ce que tu es vraiment. Ce soir, tu ne porteras rien qui te cache. Tu vas exposer ta nouvelle nature.
Ses yeux s’écarquillent, une lueur d’inquiétude fugitive. Je la caresse doucement, apaisant.
– Ce n’est pas pour t’humilier, Mali. C’est pour te libérer. Pour que tout le monde voie la femme puissante et libre que tu es devenue avec moi. Tu n’as plus à avoir honte.
Je sors de mon sac un morceau de tissu noir, minuscule, à peine plus qu’un string, acheté dans l’après-midi. Tout cela est prémédité. Et un haut, si transparent qu’il ne cacherait même pas une ombre.
– Mets ça.
Elle hésite une seconde, ses doigts tremblant légèrement sur le tissu. Je la regarde, patient. Je ne force pas. J’attends que son désir de me plaire, son addiction naissante à cette liberté perverse, l’emporte.
– Personne ne te verra comme ça avant l’endroit que j’ai choisi, je promets. C’est un endroit spécial. Tout le monde est comme toi, là-bas. Libre.
Elle finit par enfiler les vêtements. Le string disparaît entre ses fesses, le haut transparent laisse ses seins, ses tétons durs, parfaitement visibles. Elle se tient là, vulnérable et excitante, les bras croisés sur sa poitrine.
– Laisse tomber les bras, Mali. Regarde-toi. Tu es magnifique.
Elle baisse les yeux sur son corps à peine vêtu, une rougeur lui montant aux joues. Mais dans ses yeux, il y a autre chose que de la honte. Une fascination. Une audace nouvelle.
– Maintenant, la dernière chose, dis-je en sortant une petite boîte. Un cadeau.
J’en sors un plug anal en métal, discret, élégant. Je le lui montre. Dire que j’ai dépensé presque toutes les économies du vieux pour ces trucs. Il faut quand même que je pense à garder assez pour nous rendre à l’ambassade. Ou alors, au pire, on ira trouver des français. Ils m’aideront.
– Tu vas le porter. Tout au long de la soirée. Personne ne le verra. Mais toi, tu le sentiras. Tu te souviendras qui est ton maître, même quand je ne serai pas à côté de toi. Même quand d’autres hommes te regarderont.
Elle avale sa salive, son regard fixé sur l’objet luisant.
– Ça… ça va faire mal ?
– Au début, peut-être un peu. Mais ensuite, ça deviendra… excitant. Une petite pression constante. Un rappel. Tu acceptes ?
Je ne force jamais. Je propose. Je persuade. Je rends le vice désirable.
Elle hoche lentement la tête.
– Oui, maître.
Je l’aide à se pencher, j’enduis le plug de gel. J’écarte son string puis ses fesses pour placer l’objer en elle. Elle retient son souffle quand je le pousse doucement en elle. Son anus se contracte, puis cède. Elle pousse un petit souffle.
– Voilà. Maintenant, tu es parfaite.
Je la couvre d’un manteau long (j’ai fait beaucoup de commissions) et nous sortons.
Le club est un endroit étouffant, enfumé, niché au bout d’une ruelle sombre. La musique électronique martèle les tympans. Sur une piste exiguë, des corps se trémoussent, certains à peine vêtus. L’air est chargé de sueur, de parfum bon marché et de désir brut. C’est exactement ce qu’il me fallait.
Je défais le manteau de Mali. Elle se fige un instant, exposée sous les lumières stroboscopiques. Des regards se tournent vers elle, masculins, insistants, voraces. Elle se rapproche de moi, instinctivement.
– N’aie pas peur, chuchoté-je à son oreille. Ils te regardent parce que tu es belle. Parce que tu as ce qu’ils désirent. Mais tu es à moi. Souviens-toi du plug. Souviens-toi de qui te possède.
Je la guide vers la piste. D’abord raide, elle se laisse peu à peu gagner par le rythme. Ses hanches commencent à bouger, d’abord timidement, puis avec plus d’assurance. Le haut transparent, le string minuscule, la rendent centre de tous les regards. Je vois l’excitation grandir en elle, mêlée à la peur. L’adrénaline. C’est exactement ce que je voulais.
Un homme, européen, la quarantaine, s’approche. Il lui sourit, lui parle en anglais. Elle me regarde, inquiète.
– Tu vois ? dis-je. Il te veut. Mais c’est à toi de décider. Tu es libre. Tu peux danser avec lui si tu le souhaites. Tu peux lui parler. Montre-lui à quel point tu es désirable.
Je recule d’un pas, la laissant seule. Mon cœur bat la chamade. C’est un risque. Mais c’est le jeu. La pousser au bord du précipice, lui faire croire qu’elle a le choix, sachant que je tiens la laisse.
– Le français ! Eh ! Oh ! Toi !
Je me retourne. Un homme vient m'agripper, visiblement ivre.
– Je… je suis occupé. Je…
Il me tire fermement et je tombe à la renverse.
– Putain ! Mais fais attention !
Je me relève et toise ce connard qui m’a bousculé. Il me regarde en ricanant. Je comprends qu’il cherche la bagarre. Je ne dois surtout pas entrer dans son jeu. Il s’approche. Je recule d’un pas, alerte, ne quittant pas le poivrot des yeux. Est-ce qu’il va essayer de me frapper ? Merde. Finalement, il parvient à se faufiler vers moi et à me tapoter la joue. Je ne sais pas pourquoi ni comment c’est arrivé, mais je n’ai pas réagi à temps. C’est arrivé. Enfin, il s’éloigne en riant. Quelle humiliation. Je suis en colère. Je le regarde s'éloigner mais ne fais rien. Putain !
– Bon… Mali ?
Je la cherche dans la foule qui danse. Elle ne peut pas être loin. Puis, le DJ change soudain de musique et c’est la folie. Je suis bousculé. Tout le monde est en feu. Bordel ! Je… Laissez-moi… chercher… ma… Putain, barrez-vous, merde ! Laissez-moi passer ! Je me faufile, mais je ne sais pas où je vais. Putain, Mali, tu es où ?
Il me faut bien une heure pour réaliser qu’elle n’est juste plus sur la piste de danse. Je cherche dans les alcôves. Je me fais rembarrer. Je… merde, Mali, tu es où, putain ?! Je panique. Je cherche pendant des heures avant de me rendre à l’évidence. Elle a disparu d’ici. Je sors et me poste à l’entrée du club, dans l’espoir que si j’attends assez longtemps, elle réapparaîtra. Non. C’est complètement con. Je dois attendre à l'intérieur. Je retourne là-dedans. Puis, je ressors. Puis… Je fais ça jusqu’à la fermeture. Je… Non. Si. Je l’ai perdue. J’ai perdu Mali. Et je n’ai aucune idée d’où elle se trouve. Merde, merde, merde !
Je rentre finalement à l'hôtel, à la tombée du jour. La porte de l’appartement claque derrière moi, un son sec qui résonne dans le vide. Silence. Poussière qui danse dans un rai de lumière crue. Le matelas blanc, taché. Son parfum, encore, qui flotte. Partout.
Je reste planté là, les poings serrés. Ma propre respiration me suffoque. Le cerveau, un tourbillon de boue et de verre pilé. J’ai cherché toute la nuit. J’ai couru comme un dingue dans ces ruelles puantes, hurlant son nom. Rien. Elle s’est volatilisée. Évaporée. Ou alors elle est partie. Volontairement. Elle a profité de la bagarre, de ma distraction de merde, pour se casser. Pour me quitter.
Un rire me sort de la gorge, glaireux, mauvais. Bien fait. Bien fait pour ma gueule. L’apprenti sorcier qui se brûle avec son propre feu. J’avais cru la modeler, la posséder. C’était moi, le jouet. Le dernier pigeon. Encore. Toujours.
La colère monte d’un coup, blanche, aveuglante. Elle explose. Je balaye la table basse d’un coup de pied. La bouteille de bière vole en éclats, le liquide jaune et la mousse se répandent sur le carrelage comme du pus. Je frappe le mur. La cloison grésille, le plâtre s’effrite sous ses jointures. La douleur est vive, nette. Bonne. Je recommence. Encore. Ma main saigne. Je m’en fous.
Putain ! Mais putain de merde !
Je m’effondre à genoux au milieu des débris. Les larmes viennent, brûlantes, salées. De rage. D’impuissance. Je suis une merde. Une vraie merde pathétique. J’ai tout perdu. Kelly. Vincent. Maintenant Mali. Tout ce que je touche se transforme en cendre. Je suis maudit. Ou alors je suis juste un con. Un grand con prétentieux qui croit dominer le monde alors qu’il ne sait même pas se dominer lui-même.
Je reste là, longtemps. Le soleil tourne, la pièce s’assombrit. La rage se tasse, laissant place à un vide immense, un froid de glace dans les entrailles. La résignation. C’est ça, mon destin. Être le dindon. Le perdant. À quoi bon lutter ?
Je me relève. Mes muscles sont lourds. Je marche jusqu’au frigo, j’en sors une nouvelle bouteille. Je la descends d’un trait, sans respirer. L’alcool coule dans mes veines, n’engourdit rien. Il attise le feu.
C’est à ce moment-là que ça bascule.
Non.
Pas cette fois.
Je ne vais pas me laisser crever ici, comme un rat dans son vomi. Si je suis une merde, alors je vais l’être jusqu’au bout. Si je n’ai plus de lignes rouges, alors je vais marcher droit dans la merde, m’y vautrer, m’y noyer. Je vais devenir pire que tout. Pire que Christelle. Pire que Vincent. Pire que cette pute de Niran. Je vais embrasser le vide. Lui donner mon âme.
Un sourire se dessine sur mes lèvres. C’est un rictus, rien d’humain. La décision est prise. Calme, froide, définitive.
Je sors. La nuit est tombée sur Bangkok. Les néons crépitent, agressifs. Je marche d’un pas décidé, mon sang séché sur les jointures. Je sais où je vais. Un endroit que j’ai repéré, plus bas sur Sukhumvit. Un endroit qui ne fait même pas semblant. Un trou.
L’enseigne clignote, une lumière violette malade. Pas de nom. Juste un rideau de perles noires. J’écarte les perles. L’odeur me frappe de plein fouet : sueur aigre, javel, sexe et encens pourri. La musique est un bourdonnement sourd, un cœur malade qui bat contre les murs. Des filles sont assises sur des banquettes de skaï déglingué, sous des spots qui les éclairent comme de la viande. Leurs regards sont vides, leurs sourires en plastique. Elles ont quinze, vingt, trente ans. On ne sait plus. Leurs corps sont des marchandises. Point.
Un type, gros, suant, se lève et s’approche. Il parle un anglais approximatif.
– Tu veux quoi ? Du show ? De la fille ? Du garçon ? Tout est possible.
Je le regarde droit dans les yeux. Mon regard doit être étrange. Il recule d’un imperceptible recul.
– Je ne veux pas regarder, dis-je.
Ma voix est un gravier.
– Je veux participer.
Il me détaille, méfiant.
– Participer à quoi ?
Je sors les derniers billets de la liasse volée à Somsak. Je les pose sur la table basse graisseuse.
– Je veux la pire de tes salopes. Celle qui est au fond. Celle que personne ne veut. Et je veux un public.
Le gros type regarde l’argent. Puis il me regarde, moi. Il doit voir quelque chose dans mes yeux. La folie. Le néant. Il hoche la tête, un lent sourire aux lèvres. Il comprend. Ici, on comprend ce langage.
– Attends ici.
Il revient quelques minutes plus tard avec une fille. Elle est jeune, trop jeune, le visage mangé par un maquillage agressif. Ses yeux sont deux trous noirs, vitreux. Droguée. Elle porte une robe en latex déchirée qui laisse voir des marques, des bleus sur ses cuisses. Elle tremble légèrement.
– Là, dit le gros, en poussant une porte dérobée.
La pièce est petite, carrelée de blanc, avec un drain au milieu. Comme une salle de bain, ou un abattoir. Une dizaine d’hommes sont assis sur des bancs le long des murs. Leurs visages sont dans l’ombre. Je ne les vois pas. Je les sens. Leur respiration collective. Leur attente.
La fille se tient au milieu, les bras croisés sur sa poitrine, le regard perdu.
Je m’avance. Je ne la regarde même pas. Elle n’est pas une personne. Elle est un objet. Un exutoire. Le miroir de ma pourriture.
Je la pousse. Pas brutalement. Juste assez pour qu’elle trébuche et tombe à genoux sur le carrelage froid. Un murmure parcourt la pièce.
– Lèche.
Elle me regarde, incompréhensive.
– Lèche le sol. Ici.
Elle baisse la tête. Sa langue, rose pâle, sort et vient lécher la surface crasseuse du carrelage. Un son de dégoût étouffé. Quelqu’un ricane.
C’est là que ça commence. Vraiment. Je la tire par les cheveux, je la plaque contre le mur. Mais, je suis troublé. Alors, avant de faire ce que je m'apprête à lui faire, je la tourne pour mieux voir son visage. Putain. Elle est jeune. Si jeune. Je suis pris d’effroi. Je suis pris de dégoût. Comment ces gens peuvent faire ça ? Comment est-ce que, moi, j’ai pu m'apprêter à faire aussi, quelque chose d’aussi horrible ? Non. Ce n’est pas possible. Je suis dans un cauchemar. Tout ça car une fois, j’ai franchi les lignes rouges. Tout ça car, une fois franchies les lignes rouges, quand j’ai trompé Kelly, ma douce et tendre Kelly, tout est parti en couilles. Je dois mettre fin à tout ça.
Je mate une dernière fois le décor sordide. Ces hommes qui me dégoutent. Ces pauvres filles qui vivent l’horreur ici. Moi. Ce que je suis devenu. Puis je cours. Je fonce vers une bouteille d’alcool qui traîne. Un mec hurle quelque part :
– Oh, le français, qu'est-ce que tu fous ?!
Je casse la bouteille. Elle devient une arme.
– Calme-toi, mon gars… Tout va bien se passer..
– Non. Rien ne se passera plus jamais bien pour moi. C’est bien ça, le problème.
Alors, je dirige la bouteille cassée tranchante vers mon cou. Je n'hésite pas. Je donne de grands coups secs dans ma gorge jusqu’à perdre connaissance, perdre mon sang, perdre ma vie et enfin, mettre un terme, un terme à tout cela, toutes ces choses qui font que cela ne valait plus la peine de continuer.
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bovarius3
5 novembre 2025 à 03:58
Quel texte magnifique!
Je n'ai pas lu le début ,je le ferai plus tard, ou pas...
Mais ce dernier épisode tient tout seul, c'est digne d'Arthaud!
Et j'ai été magnifiquement surpris de la descente soudaine aux enfers du héros.
J'ai aussi retrouvé l'ambiance dégueulasse des bars à putes de Bangkok, que je n'ai vus qu'à la TV, j'y ai été , mais pour voir les temples et le musée, il y a 50 ans
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Blablablah
Blablablah
4 novembre 2025 à 16:19
Merci @OlivX ! Oui en effet... C'est peut-être un peu radical et rapide mais je voyais les choses finir de cette façon...

Merci @Exorium si on veut oui :lol:
Soyez respectueux
Répondre
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Exorium
3 novembre 2025 à 20:14
Tout est bien qui finit bien (si on veut)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
3 novembre 2025 à 19:47
Épilogue plutôt trash
Soyez respectueux
Répondre

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