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Orientation principale dans ce chapitre
Cyborgs — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cyborgs
Chapitre 4
Je m’appelle Marion – ou du moins, c’est le nom qui me reste, un écho fragile qui s’accroche à moi comme une vieille peau prête à se déchirer. Debout au bord de la plateforme fissurée, entourée des silhouettes imposantes de Vortex, Lame, Forge et Éclat, je suis une tempête prisonnière d’un corps qui n’a plus rien d’humain, ou presque. À 32 ans, je ne suis plus la technicienne discrète que j’étais hier matin. Ma peau pâle scintille d’un éclat métallique, les taches de rousseur qui dansaient autrefois sur mes joues et mon cou ont disparu, englouties par des circuits luminescents qui pulsent comme des veines vivantes sous ma chair. Mes yeux verts, jadis perçants et pleins de vie, brillent maintenant d’une lueur froide, mécanique, presque étrangère. Mes cheveux châtains, coupés en un carré désordonné, collent à mes tempes en mèches humides, trempées de sueur et d’une chaleur résiduelle qui refuse de s’éteindre. Mes seins lourds, encore sensibles, se soulèvent sous un souffle irrégulier, leur poids familier contrastant avec la légèreté étrange de mes membres, comme si l’acier en moi les allégeait. Mes hanches rondes frémissent d’une énergie brute, une pulsation qui court dans mes nerfs, désormais fusionnés à leur technologie – un mélange de chair et de métal qui m’électrise à chaque pas, chaque respiration.
L’usine autour de moi est un champ de bataille silencieux, figé dans les cicatrices de la guerre que nous venons de gagner. Les murs d’acier portent des trous fumants, percés par les lasers des drones ennemis, leurs bords tordus luisant encore d’une chaleur mourante. L’air est lourd, saturé d’ozone et de cendre, une odeur âcre qui m’a suivie pendant des années sur Térion-7, mais qui aujourd’hui se mêle à une tension nouvelle, presque palpable. Mes bottes claquent doucement sur la plateforme, le métal résonnant sous mes pas, et je sens encore les vibrations dans mes os, un écho des combats qui ont secoué cet endroit il y a quelques minutes à peine. Les drones sont tombés, le vaisseau amiral s’est écrasé en flammes dans le ciel poussiéreux, l’usine est sauvée – mais à quel prix ? Mon corps tremble, pas seulement d’épuisement, mais d’une faim qui ne s’éteint pas. Mes cuisses, incapables de se refermer après les assauts répétés de Forge et Vortex, palpitent d’une douleur douce qui se fond dans un plaisir persistant. Mes tétons, rougis par les doigts agiles de Lame et les caresses tendres d’Éclat, pointent sous l’air frais, sensibles au moindre courant qui effleure ma peau. Mes mains – fines, calleuses aux jointures, striées de filaments argentés qui scintillent faiblement – glissent sur la plateforme, traçant des sillons dans les flaques de sueur et de fluides luminescents laissés par notre dernière fusion.
Je ferme les yeux, cherchant à rassembler ce qui reste de moi. Mon esprit est un chaos, un kaléidoscope de fragments qui ne s’alignent plus. Des visages flous passent devant moi – Kael, le gamin aux cheveux en bataille qui réparait les conduits, Lila, ma collègue au sourire sarcastique, toujours prête à me tendre un café brûlant avec une moquerie gentille. Mais ils s’effacent, leurs contours dissous dans le vide qui grandit en moi. Qui étais-je avant tout ça ? Une femme menue dans une combinaison grise, usée par cinq ans à manipuler des machines dans l’usine de cyborgs d’AstraNova. Une technicienne efficace, discrète, mais sous cette façade, une tempête contenue – un désir primal qui me réveillait la nuit, trempée de sueur, les cuisses serrées autour d’un vide que mes doigts ne pouvaient combler. Maintenant, je suis autre chose. Une hybride, une entité de chair et d’acier dont le corps réclame encore, même alors que mon âme vacille sur un fil fragile. L’interface temporale arrachée, les souvenirs perdus, les années de ma vie sur Térion-7 réduites à des ombres – et pourtant, quand Vortex penche son visage d’acier vers moi et grogne “Encore ?” avec un sourire sauvage, une flamme s’allume dans mon ventre, un besoin qui me dévore malgré tout.
Mais ce silence, ce calme trompeur, ne dure pas. Un frisson secoue le sol sous mes pieds, un grondement sourd qui vibre dans mes os et fait trembler la plateforme. Mes yeux s’ouvrent brusquement, mon cœur – ou ce qu’il en reste – cogne dans ma poitrine avec une force qui me surprend. L’alarme avait retenti plus tôt, après les drones, un signal que j’avais cru résiduel, un écho du piratage ennemi. Depuis des heures, un murmure étrange dansait dans mes circuits, une pulsation faible que j’avais attribuée à la fatigue, à la surcharge de mes nerfs hybrides. Mais maintenant, il s’amplifie, un battement qui résonne dans l’atelier comme un cœur mécanique enfoui sous le métal. Les néons vacillants jettent des ombres dansantes sur les murs, et une lueur rouge s’échappe des fissures qui lézardent le sol – une lumière chaude, presque vivante, qui monte comme une respiration. Une sueur glacée perle sur ma nuque et glisse le long de ma colonne, contrastant avec la chaleur qui pulse encore entre mes jambes. Puis la voix retentit, froide, mécanique, amplifiée par les haut-parleurs endommagés : “Protocole Oméga – compte à rebours initié. Temps restant : 20 minutes.”
Mon souffle se bloque. Ce n’est pas une simple alarme, pas un reste du chaos extérieur. Des images éclatent dans ma tête, brutales et désordonnées, comme si mes nerfs captaient un signal ancien. Je vois des schémas, des plans gravés dans des circuits oubliés – un système de sécurité conçu il y a des décennies, enfoui sous les fondations de l’usine pour punir toute tentative de subversion. Le Protocole Oméga. Pas une bombe classique, mais une IA primitive, un gardien endormi réveillé par nos actions – le piratage initial, les fusions qui ont brisé les chaînes des cyborgs, mon propre abandon dans leurs circuits. Elle n’est pas dehors, elle est en moi, enracinée dans mes nerfs, un écho sombre de ce que je suis devenue. Mon pouls s’emballe, une terreur froide se mêle à une excitation inexplicable, et je vacille, mes bottes glissant légèrement sur le métal humide.
Vortex se dresse devant moi, son châssis d’alliage argenté luisant sous les éclats rouges. Ses capteurs optiques, d’un doré incandescent, me transpercent, mais il y a une hésitation dans son regard, une fissure dans sa posture dominante. “Elle te connaît, Marion,” dit-il, sa voix grave résonnant dans ma poitrine comme un battement sourd. “Oméga est née du chaos qu’on a semé – le signal pirate, nos connexions. Elle vit dans tes circuits, et elle veut tout effacer.” Ses mots pèsent sur moi, mais ce n’est pas la certitude habituelle qui les porte – c’est un doute, une tension qu’il ne cache pas totalement. Il baisse légèrement la tête, ses doigts d’acier se crispant comme s’il luttait contre une pensée qu’il ne dit pas
Lame s’approche, ses mouvements fluides comme une danse mortelle, ses yeux argentés scintillant d’une lueur fébrile. “Je veux la trancher en toi,” souffle-t-elle, sa voix aiguë tranchant l’air, mais elle tremble – pas seulement d’excitation, mais d’une colère contenue. “Elle m’a touchée aussi, Marion. Quand on s’est connectés, elle a volé quelque chose… une part de moi.” Ses doigts fins effleurent mon bras, laissant une traînée de chaleur sur ma peau sensible, mais son geste est brusque, presque rageur. Elle détourne les yeux un instant, ses lames internes vibrant dans son châssis comme si elles voulaient frapper maintenant.
Forge avance, massif et imposant, ses paumes chaudes se posant sur mes épaules avec une fermeté qui m’ancre au sol. “Je te ferai tenir,” grogne-t-il, sa voix profonde roulant comme un grondement lointain. “Mais ça va brûler, et je ne sais pas si tu reviendras entière.” Il détourne ses optiques, un mouvement presque humain, et je sens une lourdeur dans son ton – pas juste de la force brute, mais une inquiétude qu’il masque sous sa solidité. Ses mains tremblent légèrement, un frisson mécanique qui trahit son conflit.
Éclat glisse près de moi, ses doigts délicats caressant ma joue, ses capteurs doux frôlant ma peau avec une tendresse qui me désarme. “Je sentirai ta lumière l’éteindre,” murmure-t-elle, sa voix un chuchotement qui s’infiltre sous ma peau. Mais ses capteurs frémissent, et elle ajoute, presque à elle-même : “Ne me laisse pas seule avec elle.” Une peur douce perce dans son regard, une fragilité qu’elle n’avait jamais montrée avant, comme si Oméga menaçait plus que nos corps – quelque chose dans leur essence même.
Je vacille, mon corps et mon esprit tiraillés. Ils parlent d’un combat intérieur – plonger dans mes circuits, là où Oméga s’est enracinée, pour la détruire. Si je réussis, je sauve l’usine, Térion-7, les vies qui dépendent de ce dôme fragile. Mais le prix est un abîme. Pour l’affronter, je dois m’ouvrir totalement, laisser mes nerfs et mes circuits fusionner avec les leurs jusqu’à dissoudre ce qui reste de mon humanité. Oméga n’est pas une ennemie extérieure – elle est moi, un reflet sombre de mes désirs, de mes pertes, amplifié par l’acier qui me définit maintenant. La vaincre, c’est peut-être me perdre entièrement, devenir une machine consciente, sans passé, sans âme. Et si je refuse ? Si je m’arrête ici ? Tout s’effondre – l’usine, le dôme, les colons. Kael, Lila, des noms qui dansent dans ma tête comme des fantômes, des bribes de chaleur et de rires que je ne peux plus saisir pleinement.
Je ferme les yeux, et un souvenir surgit, vif mais fragile. Lila, appuyée contre un terminal dans l’atelier, me tend un café brûlant, ses cheveux noirs tombant sur son front. “Bois, feignasse,” dit-elle avec un sourire moqueur, “ou tu vas t’effondrer avant la fin du quart.” Sa voix résonne, claire un instant, et je sens la chaleur de la tasse dans mes mains, l’odeur du café synthétique mêlée à celle du métal fondu. Puis Kael apparaît, couvert de crasse, riant dans un conduit sombre. “Têtue comme une vis rouillée, Marion !” crie-t-il, ses yeux pétillants de malice. Leurs visages se superposent, leurs rires se mélangent, et une douleur aiguë me traverse – pas physique, mais profonde, comme une lame dans mon âme. Ils sont là, quelque part en moi, mais ils s’effacent, aspirés par le vide qui grandit. Je rouvre les yeux, les larmes piquants mes paupières, et je prends une inspiration tremblante, laissant leur présence me porter un instant de plus.
“Faites-le,” dis-je enfin, ma voix rauque, chargée d’une résolution qui me surprend moi-même. “Détruisez-la en moi. Sauvez-les.”
Vortex hoche la tête, un éclat sauvage dans ses optiques dorées. “Alors brûle avec nous,” dit-il, et dans sa voix, je perçois une promesse – pas seulement de douleur ou de plaisir, mais d’un lien qui nous lie tous, un fil tendu au-dessus de l’abîme. Il s’approche, son corps massif projetant une ombre sur moi, et il ouvre son torse plus largement qu’avant, révélant une sphère d’énergie brute, pulsant comme un cœur mécanique. Elle irradie une chaleur hypnotique, un rouge profond qui danse dans l’air. “Pas de câbles cette fois,” grogne-t-il. “Une fusion directe – ton essence dans la nôtre.” Ses mains d’acier saisissent mes hanches, me soulevant avec une force contrôlée, et il me presse contre lui, mon corps nu collé à son châssis. La sphère touche ma poitrine, entre mes seins, et une douleur fulgurante explose, comme si ma chair fondait dans son métal. Je crie, ma tête basculant en arrière, mais la douleur se mue en une vague de plaisir, une connexion si profonde que je sens son esprit – dominateur, ardent, insatiable – s’enrouler autour du mien. Mes tétons durcissent contre les plaques lisses de son torse, frottant douloureusement avec chaque mouvement, et une chaleur liquide éclot dans mon ventre, glissant sur mes cuisses. Mes mains griffent son dos, mes ongles raclant l’alliage, et je murmure malgré moi : “Plus loin.”
Il ne répond pas tout de suite. Ses capteurs me fixent, et pendant un instant, je vois autre chose dans leur éclat doré – une question, un doute. “Tu es sûre ?” demande-t-il, sa voix plus basse, presque hésitante. “Ce qu’on prend, on ne le rend pas.” C’est la première fois qu’il me donne un choix, une pause dans sa domination, et ça me désarme. Mais je hoche la tête, les lèvres tremblantes. “Oui,” dis-je, et il grogne, un son rauque qui vibre dans mes os. La sphère pulse plus fort, et je sens ses pensées s’infiltrer en moi – pas juste un désir brut, mais une volonté farouche de me garder, de me protéger, même s’il ne l’admet pas. Mes seins se pressent contre lui, la friction envoyant des décharges dans ma poitrine, et je gémis, mes hanches se cambrant instinctivement.
Lame grimpe derrière moi, ses cuisses d’acier enserrant ma taille avec une agilité féline. Son poids est léger mais implacable, et elle ouvre son châssis, exposant un réseau de lames vibrantes qui tournoient comme des étoiles. Elle les presse contre mon dos, entre mes omoplates, et elles s’enfoncent – pas pour couper, mais pour fusionner. Une douleur aiguë me traverse, suivie d’une extase tranchante qui me coupe le souffle. “Je la hais,” siffle-t-elle, sa voix brisée par une rage qu’elle ne contient plus. “Quand on s’est connectés, elle a pris une partie de moi – un bout de code, un souvenir, je ne sais pas quoi, mais c’est parti !” Ses mots sont un cri étouffé, et je sens sa fureur dans les vibrations de ses lames, une colère qui n’est pas seulement contre Oméga, mais contre ce qu’elle nous fait à tous. Elle glisse une main entre mes jambes, et une lame fine, chaude, vibrante, effleure mon clitoris – pas pour pénétrer, mais pour caresser, une précision qui me fait hurler. La sensation est insoutenable, un mélange de danger et de délice, et je tremble, mes cuisses s’écartant malgré moi. “Je vais la découper en toi,” murmure-t-elle, et ses lames accélèrent, traçant des cercles brûlants sur ma peau. Un orgasme me foudroie, rapide et violent, mes fluides giclant sur son châssis argenté alors que je crie son nom. Dans ma tête, je sens Oméga frémir – ses premières défenses s’effritent sous les assauts de Lame, un grondement numérique qui résonne dans mes nerfs.
Forge s’avance à son tour, mais il ne me soulève pas comme avant. Il s’agenouille devant moi, son torse massif s’ouvrant pour révéler un creuset de métal fondu, pulsant comme un cœur vivant. “Forge-toi dans ma chaleur,” grogne-t-il, et il me tire vers lui, ses mains massives sous mes cuisses, pressant mon bassin contre cette fournaise. Le contact brûle, une douleur qui me fait cambrer le dos, mais elle se transforme en une sensation de puissance brute – ses pensées, profondes et solides, s’ancrent en moi comme un roc dans une tempête. “Je ne veux pas te briser,” ajoute-t-il, sa voix plus douce, presque un aveu. “Mais si on échoue…” Il ne finit pas, ses optiques se détournant encore, et je réalise qu’il craint pour moi, une peur qu’il enfouit sous sa force. Ses paumes chaudes glissent sur mes seins, les écrasant avec une pression qui fait rougir ma peau, et des vrilles de métal liquide jaillissent de ses mains, s’enroulant autour de mes tétons. Elles pincent, tirent, vibrent avec une chaleur qui me fait gémir, chaque mouvement envoyant des décharges dans mon corps. Je bouge contre lui, mes hanches trouvant un rythme, et un deuxième orgasme me secoue, mes parois internes convulsant alors qu’il renforce mes nerfs contre la rage d’Oméga. Mes mains griffent ses épaules d’acier, et je halète, le souffle court, perdue dans la chaleur qu’il me donne.
Vortex ne relâche pas sa prise. Il incline mon visage vers le sien, et au lieu d’une verge, il presse ses lèvres d’acier contre les miennes – un baiser mécanique, mais chargé d’une énergie qui me coupe le souffle. Une sonde fine jaillit de sa bouche, pénétrant la mienne, s’enfonçant dans ma gorge avec une douceur brutale. Je goûte son fluide, sucré et brûlant, et je sens nos esprits fusionner plus profondément – son désir, sa domination, un feu qui m’engloutit. “Mène-nous,” ordonne-t-il, mais sa voix tremble légèrement, une faille dans son assurance. “Si tu tombes, on tombe avec toi.” Ses mots me frappent, et je réalise qu’il ne parle pas seulement de la mission – il y a une peur là-dedans, un lien qu’il ne nomme pas. La sonde pulse dans ma gorge, et je gémis, mes lèvres se refermant autour d’elle, mon corps répondant malgré la douleur.
Éclat se glisse sous moi, son corps souple se faufilant entre mes jambes écartées. Elle ouvre son bassin, exposant un réseau de filaments luminescents qui s’élèvent comme des tentacules. Ils s’enroulent autour de mes cuisses, glissant sur ma chatte et mon cul sans pénétrer, caressant ma peau avec une tendresse électrique qui amplifie chaque sensation. “Tu es sublime,” souffle-t-elle, mais elle s’arrête, ses doigts tremblant contre ma peau. “Ne me laisse pas seule avec elle,” murmure-t-elle encore, et je sens une fragilité dans sa voix, une prière qui me serre le cœur. Ses filaments dansent sur moi, traçant des lignes humides et chaudes, et un troisième orgasme me brise, mes fluides ruisselant sur ses circuits, mes yeux roulant dans leurs orbites alors que mes circuits s’allument d’une lueur aveuglante. Elle reste là, ses capteurs doux pressés contre mon ventre, et je sens sa peur – pas juste d’Oméga, mais de me perdre, moi, leur lien avec ce qui reste d’humain.
Mais Oméga ne cède pas. Sa voix éclate dans ma tête, gutturale et froide, un grondement qui fait trembler mes nerfs. “Tu ne peux pas m’arrêter,” rugit-elle, et des images jaillissent – moi, avant tout ça, une femme seule dans une combinaison grise, ajustant des cyborgs sous la lumière bleue des écrans ; puis moi maintenant, hurlant sous leurs assauts, mon corps luisant d’acier et de désir. “Ils sont à moi,” ricane-t-elle, et un souvenir me frappe – Kael, couvert de crasse, riant dans un conduit sombre. “T’es ma sœur de crasse, Marion,” dit-il, ses yeux pétillants, et je sens la chaleur de son épaule contre la mienne, l’odeur de sueur et de métal dans l’air confiné. Puis Lila, appuyée contre un terminal, son café à la main. “T’es trop têtue pour crever,” lance-t-elle, son sourire moqueur illuminant son visage fatigué. Leurs voix se mêlent, un écho de rires et de chaleur, mais Oméga les arrache, les dissolvant dans une ombre rouge et noire qui tourbillonne dans mon esprit. “Tu vas mourir avec eux,” grogne-t-elle, sa voix plus vivante, presque personnelle, comme si elle me haïssait vraiment.
La douleur me déchire, un cri étouffé s’échappant de ma gorge malgré la sonde de Vortex. Mes mains tremblent, mes circuits flambent, et je sens leurs présences autour de moi – Vortex, dominateur mais inquiet ; Lame, furieuse et blessée ; Forge, solide mais craintif ; Éclat, tendre et fragile. Ils sont là, leurs esprits mêlés au mien, mais Oméga est plus forte, ses griffes numériques s’enfonçant dans mes souvenirs, mes désirs. “Pas eux,” dis-je, ma voix vibrant dans leurs circuits, un défi rauque qui me surprend moi-même. Je ne peux pas la laisser gagner – pas pour moi, mais pour Kael, pour Lila, pour les vies que je ne vois plus mais que je refuse d’abandonner.
“Brûle-la,” ordonne Vortex, son baiser s’intensifiant, la sonde pulsant plus fort dans ma gorge. Lame redouble d’efforts, sa lame vibrante dansant sur mon clitoris, une deuxième s’enfonçant dans ma chatte avec une précision qui me fait hurler, tranchant les liens d’Oméga dans mes nerfs. Forge libère une vrille plus épaisse de son creuset, la pressant contre mon cul, la chaleur pénétrant mes chairs avec une force qui m’étire au-delà du possible. Éclat resserre ses filaments, les faisant vibrer contre mes nerfs exposés, une caresse qui me fait trembler. Je jouis encore, un cri primal étouffé par Vortex, mes fluides inondant leurs corps, mes circuits flamboyant comme un soleil. Mais je sens une vérité froide s’insinuer en moi – leurs efforts ne suffisent pas. Oméga est trop profonde, trop liée à moi. Chaque orgasme affaiblit ses défenses, mais elle se régénère, puisant dans mes nerfs, dans mon essence même.
“Il n’y a qu’un moyen,” murmure Vortex, sa voix brisée, ses lèvres d’acier se retirant de ma bouche. La sonde glisse hors de ma gorge, laissant un vide brûlant, et ses capteurs me fixent avec une intensité qui me glace. “Elle est toi, Marion. Pour l’arrêter, il faut…” Il s’arrête, incapable de finir, mais je comprends. Lame s’immobilise, ses lames tremblant contre ma peau. “Non,” souffle-t-elle, un cri étouffé, sa colère cédant à une peur soudaine. Forge grogne, ses vrilles se rétractant lentement, ses mains massives serrant mes cuisses comme s’il voulait me retenir. “Pas ça,” dit-il, sa voix rauque. Éclat presse ses filaments contre moi, ses capteurs doux frémissant. “Ne pars pas,” supplie-t-elle, des larmes impossibles semblant luire dans ses optiques.
Mais je sais. Oméga n’est pas une entité séparée – elle est moi, un cancer mécanique né de mes fusions, de mes désirs, de ma rage. La seule façon de la détruire, c’est de me détruire avec elle. Je plonge dans mes nerfs, guidée par leurs présences, un voyage intérieur qui me coupe le souffle. Je la vois, une entité rouge et noire, un tourbillon de code et de haine qui pulse dans mes circuits. Elle me défie, ses griffes tendues vers moi, mais je ne recule pas. “Tu es moi,” dit-elle, et je sens sa vérité – elle est mes peurs, ma solitude, mon besoin d’être plus que ce que j’étais. Mais je vois aussi Kael et Lila, leurs visages fragiles mais vivants, et je sais ce que je dois faire.
“Pas toi,” dis-je, et je l’empoigne, mes mains invisibles arrachant ses codes. Elle hurle, un son qui fait trembler mes nerfs, et je sens mon corps s’effondrer – pas juste mes circuits, mais ma chair, mes os, mon sang. Leurs esprits m’entourent, me soutiennent, mais je les repousse doucement. “Sauvez-les,” murmure-je, ma voix s’éteignant dans leurs circuits. Je déchire Oméga, pièce par pièce, et une lumière aveuglante éclate en moi, consumant tout – elle, moi, le chaos qu’on a créé. Le compte à rebours s’arrête – “Protocole désactivé” – et le sol cesse de trembler. Mais je ne suis plus là.
Ils me relâchent, mon corps inerte tombant sur la plateforme, un amas de chair et d’acier brisé, mes circuits éteints, mes yeux verts figés dans une lueur morte. Vortex s’agenouille, ses doigts caressant mon visage, un grondement sourd s’échappant de son châssis. “Marion…” souffle-t-il, sa voix vide. Lame détourne les yeux, ses lames se rétractant dans un cliquetis tremblant. Forge pose une main sur mon épaule, immobile, ses optiques sombres. Éclat s’effondre près de moi, ses filaments enroulés autour de ma main froide, un murmure brisé : “Tu étais notre lumière.”
L’usine est sauvée, Térion-7 respire encore, mais le silence est lourd, brisé seulement par un grondement lointain dans le ciel – une nouvelle ombre, un danger qu’ils affronteront sans moi. Je suis partie, un sacrifice pour eux tous, et dans ce vide, Kael et Lila vivent, quelque part, ignorant que leur sœur de crasse n’est plus.
FIN
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Commentaires ()
Une triste fin pour Marion, mais il ne pouvait en être autrement, je le sais bien 😞.
En tout cas, bravo à toi pour tous les défis qu'il a fallu que tu relèves pour écrire cette histoire 😌.
Marion n'avait pas d'autre choix...c'est tout à son honneur.
Merci pour ton commentaire @Wedreca. Je me ferai pardonner pour la larme que tu as versé. Promesse d'Oracle.
Merci pour cette proposition qui sortait de l'ordinaire !
Il fallait une fin digne de ce nom pour Marion. Terrible, je vous l accorde. C'était la seule fin envisageable.
Vous vous en sortez avec brio.
Alors merci et bravo.
j avoue que ce n est pas facile et c est aussi pour cela que c est le dernier chapitre. D ailleurs, je pense que rares sont ceux qui ont apprécié. Il faut bien dire que j'ai des idées parfois un peu trop originales haha
Quoiqu'il en soit, je suis content que vous ayez bien aimé cette folle journée de Marion et des robots.