Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le vieux Cowboy et le jeune homme — Chapitre 1 · Introduction et début
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le vieux Cowboy et le jeune homme
Chapitre 1 · Introduction et début
1- LA RENCONTRE
Le vent soufflait ce matin-là, charriant la poussière sur Main Street. John avait attaché sa monture devant la petite pension au bord de la ville. Une maison modeste, mais propre, avec un grand porche en guise d'entrée.
Il avait 70 ans, la voix encore pleine, le regard franc et noir. 1m90, carrure imposante, le genre d'homme qu'on ne peut pas louper. Il voulait juste une chambre tranquille, loin des balles, des femmes qui réclament, et des hommes qui provoquent.
C'est lui qui a ouvert la porte. Le jeune homme.
Tristan.
À peine 20 ans. Fin, pas fragile. Le genre de beauté jeune et brute qui ne sait pas encore ce qu'elle est. Cheveux sombres en bataille, chemise trop grande, mains déjà calleuses. Il a relevé les yeux, croisé ceux de John... et il s'est figé une demi-seconde. Juste assez pour que quelque chose passe. Quelque chose qu'aucun des deux n'a compris. Pas encore.
— Vous cherchez une chambre ?
— C'est écrit dehors, non ? a répondu John, sec, mais sans méchanceté.
— C'est écrit dehors, non ? a répondu John, sec, mais sans méchanceté.
Tristan a esquissé un sourire. Et John l'a vu. Il a vu ce sourire. Pas provocant, pas séducteur – mais vivant. Curieux.
**
Les jours ont passé. John lisait sous le porche. Tristan passait, trouvait toujours une excuse pour s'arrêter. Lui apporter un café. Une assiette. Un journal. Un rien.
— Bonjour M'sieur, comment allez-vous ?
— Bien, merci.
— Bien, merci.
Ni plus ni moins. Il ne lui demande même pas en retour.
Mais Tristan revenait. Persistant. Pas par idolâtrie. Par fascination. John observait. Ce corps jeune, ces épaules encore incertaines, cette voix qui n'était pas encore stable. Ce garçon qui ne craignait pas son regard, au contraire. Qui le cherchait.
Et ça l'agaçait. John ne regardait pas les hommes. Jamais. Il aimait les femmes. En chair, en voix, en hanches. Il avait toujours été l'homme qu'on regarde, pas celui qui regarde. Mais là, il regardait.
**
Un soir, il faisait chaud. Trop chaud. John était torse nu, sous le porche, un whisky entre les doigts, un cigare aux lèvres. Tristan est sorti, torse couvert, mais pieds nus, comme s'il avait oublié d'être prudent.
— J'peux m'asseoir ?
— Tu fais comme tu veux, gamin.
— Tu fais comme tu veux, gamin.
Silence.
— Vous n'avez pas de femme ?
— J'en ai eu. Trop.
— Et maintenant ?
— J'ai envie de paix, comme à cet instant. Et toi, tu poses trop de questions.
— J'en ai eu. Trop.
— Et maintenant ?
— J'ai envie de paix, comme à cet instant. Et toi, tu poses trop de questions.
Tristan ne savait pas quoi dire, il était à la fois admiratif de cet homme viril, mais aussi vexé de ce manque d'ouverture dont ce Monsieur faisait preuve. “Pas agréable du tout cet homme”, se dit-il. Ce dernier se leva et sortit du porche pour ranger des affaires qui traînaient, John quant à lui en profita pour détailler ce jeune homme. Il se perdait dans ses pensées jusqu'au moment où son regard s'attardait sur son fessier. Et pour la première fois, John a senti quelque chose dans son ventre. Un poids. Un désir pas clair, pas propre, pas simple. Le genre de truc qu'on enterre à coups de whisky.
— Je vais me coucher, gamin. Bonne nuit.
**
Les jours suivants, John a évité Tristan. Mais Tristan, lui, cherchait toujours une raison d'être là. De traîner. D'aider à panser les chevaux. D'essayer le vieux fusil de John. Le vieux a cédé, un matin, à force de demande à répétition.
— Tu veux tirer ? Tire. Mais fais attention, je ne veux pas me prendre une balle perdue !
Le fusil était lourd dans les mains du garçon. John s'est mis derrière. Trop près. Il l'a corrigé d'une main large sur la hanche.
— Pas comme ça. Tu tiens comme une gonzesse. Redresse-toi.
Et là, les deux ont compris. Le silence entre eux était trop dense. Le souffle de l'un entrait dans le dos de l'autre. Le trouble a fait surface. Pas un mot. Mais leurs regards ont duré une seconde de trop.
**
C'est deux hommes. Un vieux lion et un jeune loup. Un maître qui se pensait invulnérable. Un garçon qui ne savait pas ce qu'il éveillait. Et dans le désert, là où tout est sec, parfois, quelque chose brûle.
2 - LE CUIR ET LE SILENCE
Au départ, Tristan n'avait rien remarqué. Il l'avait vu comme un vieux bonhomme parmi d'autres. Imposant, oui. Mais vieux. Étranger. Solitaire. Il était entré dans la pension avec ce pas lourd qui faisait vibrer les lattes du sol, le chapeau baissé sur les yeux, les bottes noires qui frappaient le bois comme un métronome autoritaire.
Mais c'était le soir, que ça avait commencé. John s'était installé dans le fauteuil du salon, celui au cuir usé, mais noble, qu'on n'osait jamais prendre. Il y restait immobile, les jambes écartées, le chapeau posé à ses pieds, ses bottes croisées l'une sur l'autre, brillantes, puissantes, sous la lumière jaune.
Tristan passait souvent par-là, un plateau à la main. Il jetait des coups d'œil sans y penser. Puis il s'est surpris à ralentir en entrant dans la pièce. À regarder un peu plus longtemps. À suivre du regard le mouvement lent de John qui croisait une jambe, ou tirait sur la boucle de sa ceinture avant de se pencher, mains larges sur ses genoux.
Il ne comprenait pas ce qu'il regardait. Ce qui l'appelait.
Ce n'était pas sexuel – pas encore. C'était plus profond. Une attirance vers quelque chose de fort, de dangereux, d'interdit. Une autorité naturelle. Une odeur aussi. Le cuir chauffé, le tabac, la poussière du désert qu'il ramenait dans ses bottes... Tout un ensemble de choses qui faisait de cet homme quelqu'un de viril, fort avec une prestance incroyable. Tristan se surprit lui même à écouter quand John se déplaçait dans la maison, le son de ses bottes sur le sol était comme une mélodie érotique pour lui. Il savait exactement quand il arrivait. Il reconnaissait son pas.
Et sans s'en rendre compte, il attendait ce bruit, impatient, ça l'excitait.
Il y avait aussi ce cigare. John en fumait souvent, surtout le soir. Et la maison gardait l'odeur toute la nuit. Une fumée lourde, presque douce parfois, comme du bois brûlé.
Il y avait aussi ce cigare. John en fumait souvent, surtout le soir. Et la maison gardait l'odeur toute la nuit. Une fumée lourde, presque douce parfois, comme du bois brûlé.
Ce soir là, Tristan eut sa première jouissance en pensant à cet homme, et tout ce qu'il dégage. Mais il avait envie de plus, mais quoi ?
*****
Ceci est le début de ma première histoire, très calme pour le début, mais cela va monter petit à petit. L'histoire est assez longue, très cérébrale, il n'est pas là question uniquement de sexe, mais aussi et surtout de la puissance des mots. Pour celle et ceux à qui cela pourrait parler, n'hésitez pas à mettre cette histoire dans vos favoris, je publie la suite dès que possible. :-)
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Commentaires ()
Levez l'ancre.
J'ai hâte de connaître la suite
Tu plantes très bien le décor et belle montée en tension
Hopopop, favoris ;-)