Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Seule — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Seule
Chapitre 5
Le train était prévu à 15h12.
« Nastya, c’est pas trop lourd ?
— Non, pas pour l’instant, répondit sa sœur en contrebas.
Daria sourit, reconnaissante. Elle cheminait doucement, deux gros sacs de voyage affaissés sur ses épaules, vers la gare de la petite ville où elle avait grandi. Une petite ville de province qu’elle quittait de nouveau. Heureuse.
« Nastya, c’est pas trop lourd ?
— Non, pas pour l’instant, répondit sa sœur en contrebas.
Daria sourit, reconnaissante. Elle cheminait doucement, deux gros sacs de voyage affaissés sur ses épaules, vers la gare de la petite ville où elle avait grandi. Une petite ville de province qu’elle quittait de nouveau. Heureuse.
Plus tard, Nastya lui ferait des gestes d’adieu par la fenêtre, que sa sœur lui rendrait, quoique plus discrètement peut-être, tandis que le train s’élancerait vivement sur les rails.
Plus tard, le TGV roulerait dans un élan véloce, pénétrant les terres vertes de la province, les forêts de pin des landes et du bordelais, s’enfonçant plus profondément dans les « territoires » si chers à un ancien premier ministre, traversant les agglomérations dans un roulement de tonnerre.
Il avait pour destination Paris.
Plus tard, le TGV roulerait dans un élan véloce, pénétrant les terres vertes de la province, les forêts de pin des landes et du bordelais, s’enfonçant plus profondément dans les « territoires » si chers à un ancien premier ministre, traversant les agglomérations dans un roulement de tonnerre.
Il avait pour destination Paris.
Paris, aux yeux de la jeune femme, était la ville de sa liberté.
Première fellation, premier rapport pénétratif, premier baiser, première sodomie. Elle les y avait testé dans cette ordre, avec des hommes qui ne l’aimaient pas et qu’elle, dans sa hâte de grandir et sa soif de plaire à tous, n’avait ni vraiment connu, ni réellement aimé.
Paris était la première ville qu’elle avait explorée seule, où elle était sortie en jupe et les cheveux défaits ; la première ville où elle sortait du métro pour s’engouffrer encore dans le tram ou dans le RER.
Libre. Heureuse, ou presque.
À Paris, elle marchait seule, petite, invisible, cachée par les grands immeubles du centre et les bâtisses grises de la périphérie. À Paris, elle avait connu les hommes, les avait rencontré, s’était rétractée à la fin, recluse chez elle, les méprisant tous, les haïssant comme jamais elle n’avait haï quiconque.
À Paris enfin, elle avait connu l’amour, incapable qu’elle était de le distinguer de l’attachement pathologique d’un malade à son mal, tant ils lui semblaient similaires, croisés, dans son esprit jeune.
« Notre rat des villes », avait dit Anastasia.
Et Daria d’acquiescer avec un sourire rêveur. Nastya, à l’inverse, avait tous les caractéristiques du rat des champs.
Première fellation, premier rapport pénétratif, premier baiser, première sodomie. Elle les y avait testé dans cette ordre, avec des hommes qui ne l’aimaient pas et qu’elle, dans sa hâte de grandir et sa soif de plaire à tous, n’avait ni vraiment connu, ni réellement aimé.
Paris était la première ville qu’elle avait explorée seule, où elle était sortie en jupe et les cheveux défaits ; la première ville où elle sortait du métro pour s’engouffrer encore dans le tram ou dans le RER.
Libre. Heureuse, ou presque.
À Paris, elle marchait seule, petite, invisible, cachée par les grands immeubles du centre et les bâtisses grises de la périphérie. À Paris, elle avait connu les hommes, les avait rencontré, s’était rétractée à la fin, recluse chez elle, les méprisant tous, les haïssant comme jamais elle n’avait haï quiconque.
À Paris enfin, elle avait connu l’amour, incapable qu’elle était de le distinguer de l’attachement pathologique d’un malade à son mal, tant ils lui semblaient similaires, croisés, dans son esprit jeune.
« Notre rat des villes », avait dit Anastasia.
Et Daria d’acquiescer avec un sourire rêveur. Nastya, à l’inverse, avait tous les caractéristiques du rat des champs.
Au qualificatif de rat des villes, Abdel en préférait un autre.
« Ah, t’es une chienne de guerre, toi, hein ? lançait-il quand Daria se penchait entre ses jambes frêles pour attiser son erection.
Allez, suce. »
Elle acquiesçait mollement. Sans l’exciter, l’appellation lui apparaissait hautement comique et, tandis qu’elle s’acharnait à humidifier le tronc de sa bite, elle s’imaginait être un gros pitbull avec une armure et un heaume marchant à la guerre pour bouter les anglais hors de France.
Abdel, il était vrai, avait pour caractéristique - à ses yeux, pour le moins - d’être un individu peu distingué.
Elle en voulait pour preuve la quasi-déception qu’elle avait lu sur son visage tandis qu’elle affirmait ne pas
voter Marine LePen. Sans doute ce cher jeune homme rêvait déjà de grandes parties de sexe en compagnie de Marion Maréchal ou Thaïs D’escuffon.
L’idée - celle allait sans dire - était profondément désagréable à Daria, d’abord parce qu’elle ne possédait pas le quart de la beauté de ces deux dames, ensuite parce que cela lui confirmait que l’élu de son cœur était un pervers beaufisé et vaguement ahuri (il fallait bien se l’avouer).
Un soir, en voiture, les mains engoncées dans sa queue de cheval, il avait déclaré :
« Regarde ce que je lui fais, à la France. »
Et Abdel d’enfoncer profondément le visage pâle de sa victime sur son membre tendu, appuyant de sorte à ce qu’elle ne puisse échapper au supplice de sa queue qui grossissait douloureusement dans sa gorge.
Il y avait quelque chose de gratifiant à représenter son pays en pareilles circonstances, quoique, lui fit remarquer la petite voix dans sa tête, si elle avait été choisie pour interpréter la France dans ce début de mauvais porno, c’était probablement que les volontaires ne s’étaient pas pressées au casting.
Du reste, Daria, par fierté patriotique, tint à faire savoir que la France ne désertait pas le champs de bataille et mit un point d’honneur à supporter la chose sans vomir ni pleurer jusqu’à ce que son bourreau se souvienne qu’elle était un être vivant avec des voix respiratoires.
Il y avait quelque chose de touchant à le voir s’enthousiasmer comme un enfant de sa victoire imaginaire sur la France. Daria aurait voulu le prendre dans ses bras en l’appelant « mon petit lapin guerrier » mais elle doutait qu’il fût réceptif à ce genre d’approche.
« Ah, t’es une chienne de guerre, toi, hein ? lançait-il quand Daria se penchait entre ses jambes frêles pour attiser son erection.
Allez, suce. »
Elle acquiesçait mollement. Sans l’exciter, l’appellation lui apparaissait hautement comique et, tandis qu’elle s’acharnait à humidifier le tronc de sa bite, elle s’imaginait être un gros pitbull avec une armure et un heaume marchant à la guerre pour bouter les anglais hors de France.
Abdel, il était vrai, avait pour caractéristique - à ses yeux, pour le moins - d’être un individu peu distingué.
Elle en voulait pour preuve la quasi-déception qu’elle avait lu sur son visage tandis qu’elle affirmait ne pas
voter Marine LePen. Sans doute ce cher jeune homme rêvait déjà de grandes parties de sexe en compagnie de Marion Maréchal ou Thaïs D’escuffon.
L’idée - celle allait sans dire - était profondément désagréable à Daria, d’abord parce qu’elle ne possédait pas le quart de la beauté de ces deux dames, ensuite parce que cela lui confirmait que l’élu de son cœur était un pervers beaufisé et vaguement ahuri (il fallait bien se l’avouer).
Un soir, en voiture, les mains engoncées dans sa queue de cheval, il avait déclaré :
« Regarde ce que je lui fais, à la France. »
Et Abdel d’enfoncer profondément le visage pâle de sa victime sur son membre tendu, appuyant de sorte à ce qu’elle ne puisse échapper au supplice de sa queue qui grossissait douloureusement dans sa gorge.
Il y avait quelque chose de gratifiant à représenter son pays en pareilles circonstances, quoique, lui fit remarquer la petite voix dans sa tête, si elle avait été choisie pour interpréter la France dans ce début de mauvais porno, c’était probablement que les volontaires ne s’étaient pas pressées au casting.
Du reste, Daria, par fierté patriotique, tint à faire savoir que la France ne désertait pas le champs de bataille et mit un point d’honneur à supporter la chose sans vomir ni pleurer jusqu’à ce que son bourreau se souvienne qu’elle était un être vivant avec des voix respiratoires.
Il y avait quelque chose de touchant à le voir s’enthousiasmer comme un enfant de sa victoire imaginaire sur la France. Daria aurait voulu le prendre dans ses bras en l’appelant « mon petit lapin guerrier » mais elle doutait qu’il fût réceptif à ce genre d’approche.
Le train avait dépassé la gare de Bordeaux. Daria somnolait un peu. Elle songeait à son gode, entreposé quelque part au fond d’un de ses sacs et avec lequel elle s’était remplie régulièrement durant son séjour. Elle songeait à Paris, brillante de lumières et de libertés. Elle songeait au chemin qu’elle ferait, une fois sortie du train, avant de parvenir au studio qu’elle occupait là-bas. Daria appréhendait un peu. Elle sourit.
Elle songeait à la maison.
Elle songeait à la maison.
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