Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
Seule — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Seule
Chapitre 2
Sa mère l’avait appelée Daria.
Elle était plutôt grande, plutôt fine, plutôt pâle. Étudiante, calme, insignifiante. Douce ? Peut-être. On le lui avait déjà dit. Elle avait 20 ans.
On ne l’aimait pas particulièrement, en dehors de son cercle proche. Et elle n’aimait pas grand monde, et ne s’aimait pas non plus.
Daria avait de petites formes, une vulve marquée.
Elle était plutôt grande, plutôt fine, plutôt pâle. Étudiante, calme, insignifiante. Douce ? Peut-être. On le lui avait déjà dit. Elle avait 20 ans.
On ne l’aimait pas particulièrement, en dehors de son cercle proche. Et elle n’aimait pas grand monde, et ne s’aimait pas non plus.
Daria avait de petites formes, une vulve marquée.
— Tu as des lèvres généreuses.
On le lui avait dit ainsi.
Dans le métro, Daria avait parfois envie de se faire prendre. Envie que le monsieur en face d’elle baisse son pantalon, lui attrape la tête et la colle contre sa queue. Elle le regardait de temps à autre, les yeux baissés, avec une pointe de culpabilité qui lui serrait le ventre.
Il était avec sa femme, avec ses jeunes enfants. Il n’était pas beau. La quarantaine. Mais il avait quelque chose de dur dans le visage qui lui donnait envie de connaître le contact de sa bite.
Ne le fixe pas.
Il était avec sa femme, avec ses jeunes enfants. Il n’était pas beau. La quarantaine. Mais il avait quelque chose de dur dans le visage qui lui donnait envie de connaître le contact de sa bite.
Ne le fixe pas.
Si seulement elle avait été plus belle. Il l’aurait prise par les hanches, entraînée sous l’escalator, aurait frotté son sexe contre ses fesses. Elle se serait cambrée.
Comme une chienne.
Comme une chienne.
Pourtant, Daria s’était déjà fait violer. Elle n’avait pas aimé ça. Contrairement à ce que pensent les hommes, les amatrices du sexe brutal ne fantasment pas le viol lui-même : elles veulent se faire violer quand elles le veulent, où elles le veulent et par qui elles le veulent. Et dans la vraie vie, cela n’arrive jamais. Parce qu’on ne choisit pas.
Elle pensait parfois au papa des enfants qu’elle gardait à ses heures perdues. Un homme italien, petit, au visage doux et très colérique. Elle aimait le voir s’énerver, retirer son pull lorsqu’il avait chaud. Elle le trouvait beau, admirable, triomphant lorsqu’il prenait l’un des petits dans ses bras pour lui dire qu’il l’aimait.
Elle aurait voulu qu’il l’embrasse un jour, qu’il agrippe ses fesses de ses mains larges en la mordant dans le cou. Cela n’arriverait pas. Mais il était doux d’y penser.
Elle aurait voulu qu’il l’embrasse un jour, qu’il agrippe ses fesses de ses mains larges en la mordant dans le cou. Cela n’arriverait pas. Mais il était doux d’y penser.
Quand Daria se touchait, c’était en fonction de son humeur. Dans les pires moments, elle allumait une vidéo pornographique. Du sexe lesbien. Toujours. Elle culpabilisait déjà, sachant qu’il s’agissait là de contenu volé, pour lequel les actrices avaient été payées au lance-pierres et parfois abusées durant le tournage. C’est pourquoi elle se tournait de préférence vers le contenu amateur.
Dans ces moments-là, elle aimait voir les actrices honteuses, cachées, ne pouvant se retenir malgré l’interdit. Il était dur de trouver de tels contenus au milieu des minauderies de deux prétendues adolescentes qui s’embrassaient faussement en poussant de hauts cris. Daria voulait voir de vraies lesbiennes, de vraies femmes, leurs poitrines tombantes et leurs vulves frottées frénétiquement l’une contre l’autre. Elle imaginait alors qu’elle aussi frottait sa vulve, contre celle d’une femme forte, plus âgée, avec des seins énormes dans lesquels elle pouvait enfouir son visage. Elle mouillait alors. Elle mouillait dans sa culotte de ce plaisir proscrit.
Sa vidéo préférée était celle d’une jeune femme dans la vingtaine, blonde, de son âge ou un peu plus âgée, punie de son insolence par l’épouse de son père, une femme plus âgée, dont les énormes seins noirs se dissimulaient à peine sous son maillot de bain. Elle l’enviait, cette petite pute, de profiter de ces seins qu’elle aurait aimé avoir pour elle, de cette vulve de femme accomplie qu’on lui donnait à explorer de sa bouche.
Daria n’avait jamais eu d’expérience avec une femme.
Je refuse de mourir sans en avoir eu une.
Parfois, il lui semblait préférer les femmes presque plus que les hommes. Elle avait pendant plusieurs années pensé être lesbienne.
Peut-être le suis-je vraiment ?
Je refuse de mourir sans en avoir eu une.
Parfois, il lui semblait préférer les femmes presque plus que les hommes. Elle avait pendant plusieurs années pensé être lesbienne.
Peut-être le suis-je vraiment ?
Et puis, il y avait Abdel. Abdel, le grand. Abdel, le beau. Quoiqu’il ne fût ni grand ni beau, si ce n’est à l’échelle sa bite. Grande, marron, circoncise, elle était embellie de deux grosses couilles qui attendaient derrière elle.
Daria les aimait comme ses filles. Les prunelles de ses yeux.
Pourtant, Abdel n’était pas vieux. Ou du moins, il ne dépassait pas les trente ans, âge au-delà duquel l’on était à ses yeux un monsieur vénérable. Il faisait même plus jeune qu’il ne l’était en réalité, avec sa peau douce, lisse, ses petits pieds fins, ses couilles qui ne pendaient pas, ses poils taillés. Abdel n’était pas beau. Mais il était le meilleur coup de sa vie.
Daria les aimait comme ses filles. Les prunelles de ses yeux.
Pourtant, Abdel n’était pas vieux. Ou du moins, il ne dépassait pas les trente ans, âge au-delà duquel l’on était à ses yeux un monsieur vénérable. Il faisait même plus jeune qu’il ne l’était en réalité, avec sa peau douce, lisse, ses petits pieds fins, ses couilles qui ne pendaient pas, ses poils taillés. Abdel n’était pas beau. Mais il était le meilleur coup de sa vie.
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"Elle ne s'aimait pas non plus" : la clé de bien des destins, l'explication de beaucoup de choses.