Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
Seule — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Seule
Chapitre 3
Le chocolat fondait dans sa bouche. Elle ferma les paupières. Lentement, il se déformait, se contractait, se liquéfiait peu à peu au contact chaud de son palais et de sa langue.
Il était 1h03. Il n’y avait pas de bruit.
Parfois, à cette heure, le voisin d’en face, un jeune homme trapu, faisait grincer la porte du corridor pour pénétrer dans son appartement. Daria se précipitait alors à l’œilleton, et les yeux rivés sur lui, attendait qu’il sorte ses clés, les tourne dans la serrure. Puis, la porte s’ouvrait et se refermait sur le jeune homme.
C’était fini.
C’était fini.
Parfois, à cette heure, mais souvent bien plus tard, elle recevait de la visite. Quand il était de mauvaise humeur, Abdel ne la saluait pas en entrant dans la pièce.
Mais ce n’est rien. Aujourd’hui, il ne viendra pas.
Mais ce n’est rien. Aujourd’hui, il ne viendra pas.
Ce soir-là, des jeunes - elle les appelait des jeunes quoiqu’ils eussent très probablement son âge - avaient hurlé dans le métro, et Daria avait souri.
— PA-RIS, PA-RIS, PA-RIS.
La clameur avait presque duré tout le temps du trajet, bien qu’amoindrie lorsqu’on eut quitté les tunnels sombres de Paris intra-muros.
Ce soir-là, accroupie sur sa chaise, elle aurait voulu qu’il passe lui faire un petit coucou.
Je ne lui écrirai pas.
Je ne lui écrirai pas.
Elle aurait pu taper : « Elle me manque. J’espère que tes autres putes s’occupent bien d’elle. Prends soin de toi. »
Ou : « Salut. J’espère que tu vas bien. Je te souhaite une bonne nuit. »
Ou encore : « Ton ami Rayan me doit 60€. Aurais-tu l’obligeance de le lui rappeler, s’il te plaît ? ».
Ou : « Salut. J’espère que tu vas bien. Je te souhaite une bonne nuit. »
Ou encore : « Ton ami Rayan me doit 60€. Aurais-tu l’obligeance de le lui rappeler, s’il te plaît ? ».
Mais Daria n’écrirait pas. Il n’avait qu’à venir, s’il le voulait. Et il était inutile de le supplier s’il ne voulait pas.
J’ai envie.
Elle avait chaud, si chaud en bas, et doucement, elle frottait sa jambe droite contre l’autre, d’un mouvement régulier.
J’ai envie.
Elle avait chaud, si chaud en bas, et doucement, elle frottait sa jambe droite contre l’autre, d’un mouvement régulier.
J’ai envie.
Ce jour-là, au sport, elle avait vu deux hommes se jeter dans l’eau depuis le grand plongeoir. Ils étaient beaux. De tels hommes l’auraient saisie, prise durement contre les parois de la piscine. Peut-être se serait-elle étouffée contre le rebord. Peut-être se serait-elle évanouie sous la pression de leurs doigts autour de son cou. Peut-être aurait-elle joui comme la dernière des salopes et les aurait suppliés de la martyriser encore avec leurs queues.
J’ai envie.
Abdel, viens, je t’en supplie, j’ai envie, je n’ai que toi.
Abdel, viens, je t’en supplie, j’ai envie, je n’ai que toi.
Elle aurait pu baiser un autre. Chaque jeune femme, aussi banale qu’elle puisse être, avait acquis le droit de se faire baiser par qui voulait bien d’elle.
Mais elle ne voulait pas.
Mais elle ne voulait pas.
Daria voulait dormir. Elle voulait qu’il lui défonce le vagin jusqu’à ce que le sommeil l’emporte et qu’elle s’assoupisse, sereine, pénétrée, jusqu’à l’épuisement.
Elle voulait qu’il l’insulte, qu’il la marque, qu’il la frappe de sorte à lui laisser des traces. Elle voulait qu’il la prenne si bien qu’elle se sente enfin là où elle devait être.
Au pied.
Elle voulait qu’il l’insulte, qu’il la marque, qu’il la frappe de sorte à lui laisser des traces. Elle voulait qu’il la prenne si bien qu’elle se sente enfin là où elle devait être.
Au pied.
Elle voulait être un chien, son petit toutou fidèle qui lui lapait les couilles quand il partait au travail.
Daria plaqua sa main sous sa vulve et, d’un mouvement incontrôlé, fit onduler son bassin sur ses doigts.
J’ai envie.
J’ai envie.
Au fond, peut-être aurait-il été content de savoir. Peut-être aurait-il souri de la frénésie avec laquelle sa petite chienne frottait son sexe contre sa main en songeant à sa place à genoux, le visage enfoncé dans ses couilles d’homme.
Peut-être l’aurait-il traitée de pute et, à cette pensée, ses hanches accentuèrent encore le mouvement, et l’humidité de sa vulve, par un frottement ininterrompu, se mêlait à la chaleur de sa main.
Peut-être l’aurait-il traitée de pute et, à cette pensée, ses hanches accentuèrent encore le mouvement, et l’humidité de sa vulve, par un frottement ininterrompu, se mêlait à la chaleur de sa main.
Daria avait ses chaleurs. Elle n’était plus qu’une petite femelle en chaleur. Et elle suppliait le destin de la délivrer de ses souffrances.
Cela finirait par passer.
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Commentaires ()
Ça fait tellement écho en moi en raison d'une relation toxique à 21 ans (à laquelle j'ai mis rapidement fin, heureusement... Mais ça fait mal...)