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Trois dans la chambre (1) — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Trois dans la chambre (1)
Chapitre 5
Le lendemain, nous devons libérer notre Airbnb avant 10 heures. Le grand appartement est dans un état assez fidèle à ce qu’on peut attendre d’une bande d’étudiants en vacances. Pas question de grasse matinée : chacun se met à l’ouvrage pour sauver les cinq étoiles du profil dont nous utilisons le compte.
J’ai la démarche un peu raide. Une raideur intime, diffuse, presque honteuse. Mais je me dis que l’avantage, au fond, c’est que nous n’avons pas le temps de traîner autour de la grande table. Je sais que rester assise plus de deux minutes serait insupportable pour mon postérieur. Et puis, en m’activant, je pense moins. Moins à mes fesses. Moins à Paul.
Je range, je plie, je fuis. Mon short est trop court, ma culotte me frotte. Chaque mouvement me rappelle la nuit — ses gestes à lui, sa main sur ma nuque, la morsure de sa pénétration, brutale, presque cruelle. J’ai joui, oui. Mais j’en garde un arrière-goût. Quelque chose d’un peu trop fort, un peu trop loin. J’ai laissé faire, j’ai même demandé, et maintenant je marche comme si je portais le secret entre mes jambes.
Paul, lui, est silencieux. Il bouge dans l’appartement, passe d’une pièce à l’autre. Il évite de me croiser, ou c’est moi qui l’évite. Je ne sais plus. Nous jouons à faire comme si rien n’avait eu lieu. Mais je sens, à chacun de ses déplacements, que le fil est tendu. Un faux calme. Une attente.
Quentin, de son côté, fait la vaisselle en chantonnant. Il est de bonne humeur. Il croit peut-être que nous avons enfin retrouvé un peu de normalité. Ou bien il est simplement soulagé que les vacances touchent à leur fin. Je le laisse dans cette illusion confortable.
Je m’éclipse dans la salle de bains. J’ai pris une éponge et du produit nettoyant sous un prétexte quelconque. L’évier est propre, mais je fais semblant de récurer. J’ouvre le robinet pour couvrir les bruits. Je m’agenouille au sol, devant la baignoire, et je frotte la faïence. Le carrelage me mord les genoux. Mon tee-shirt colle à mon dos, ma nuque perle. La scène est absurde. Mais je préfère être là que dehors, dans le salon, à faire semblant avec eux.
C’est à ce moment que j’entends la porte.
Un cliquetis discret. Un frottement.
Je ne me retourne pas tout de suite. Le battant s’ouvre lentement, puis se referme. Et j’entends le bruit sec de la serrure qu’on tourne de l’intérieur.
Je reste immobile, à genoux, l’éponge figée dans la main.
Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir qui vient d’entrer.
Je sais que je devrais me lever.
Me redresser, me retourner, l’affronter.
Ou peut‑être l’embrasser. J’ai terriblement envie de goûter ses lèvres pleines. Et surtout, à genoux dans ce short trop court, sur le carrelage froid de cette salle de bains, j’imagine très bien ce qui peut lui traverser l’esprit. Si je ne me relève pas maintenant, ce n’est pas moi qui irai vers lui. C’est lui qui viendra derrière moi. Entre mes mollets. À portée de souffle.
Me redresser, me retourner, l’affronter.
Ou peut‑être l’embrasser. J’ai terriblement envie de goûter ses lèvres pleines. Et surtout, à genoux dans ce short trop court, sur le carrelage froid de cette salle de bains, j’imagine très bien ce qui peut lui traverser l’esprit. Si je ne me relève pas maintenant, ce n’est pas moi qui irai vers lui. C’est lui qui viendra derrière moi. Entre mes mollets. À portée de souffle.
Je le sais.
Et pourtant je reste figée, comme si un sort m’avait clouée au sol.
Et pourtant je reste figée, comme si un sort m’avait clouée au sol.
Paul s’approche sans hâte. Il ne se presse pas. Il sait qu’il a le temps. Je perçois son ombre avant même de l’entendre s’accroupir derrière moi.
— Oh… quelle surprise de te trouver ici, murmure‑t‑il tout près de mon oreille. Moi qui m’attendais à une corvée de nettoyage.
Sa voix est basse, posée. Trop calme pour être innocente.
Du bout de l’index, il effleure mon mollet tendu. Son ongle, parfaitement lisse, me donne la chair de poule. C’est à peine un contact. Presque rien. Et pourtant tout mon corps réagit.
Je ne le regarde pas. Je mords ma lèvre inférieure malgré moi, tandis que ses doigts remontent lentement, à l’intérieur de ma cuisse. Je ferme les yeux. C’est une reddition silencieuse.
— Tu es vraiment magnifique, Lucie…
— S’il te plaît… non… pas comme ça…
Ma voix est fragile. Ridicule peut‑être. Mais elle sort quand même.
Il souffle un léger rire, sans se moquer.
— Oh… mais tu parles encore, finalement. Ose me dire que tu n’as pas aimé. Que tu n’en as pas encore envie.
Je voudrais répondre. Dire quelque chose de clair. De définitif. Mais les mots se coincent dans ma gorge. Je lève les yeux vers lui, lentement. Suppliante. C’est tout ce que je peux faire. Et je le déteste un peu de comprendre si bien.
Son regard change. Il devient plus doux. Sa voix aussi.
— T’inquiète. Je ne suis pas sadique. La nuit dernière… je sais que tu as aimé. Que c’est ce qu’il te fallait. Mais ce matin, c’est différent.
Il marque une pause. Une vraie. Calculée.
— Ce matin, je sais aussi ce dont tu as rêvé. De ce que tu n’as pas pu faire. Pas encore.
Je l’entends bouger derrière moi. Un froissement. Un pas de plus. Le lavabo en faïence rose contre lequel il s’appuie émet un léger bruit sourd. Je n’ose toujours pas regarder. Mon ventre se serre. Une vague de chaleur monte en moi. De reconnaissance presque. Et aussi un soulagement confus : ce matin, ce n’est pas la brutalité d’hier qui se profile.
Je bouge enfin. Lentement. Toujours à quatre pattes. Je me rapproche, prudemment, pour me placer face à lui, entre ses genoux. Mon front presque à hauteur de son ventre. Le carrelage est froid sous mes paumes. Mon cœur bat trop vite.
Je m’arrête là.
Juste là.
Suspendue à ce qui va suivre.
—Lucie, je crois que je suis en train de tomber amoureux. C’est à ton tour de faire de moi ce que tu veux.
Il est en short, comme moi. Son sexe tendu ne me laisse aucun doute. C’est moi qui le met à nu. Lentement, mes yeux plantés dans les siens cette fois. Je défais un bouton de mon chemisier un seul, pas plus, juste pour qu’il ait envie de mes seins. Je veux qu’il en rêve plus tard, qu’une fois que je l’aurai pompé jusqu’à la dernière goute et que nous serons sortis de cette salle de bain, il n’ait plus qu’une idée en tête. Lover un jour sa queue juste entre mes de seins. Je veux que cette idée le hante, que, malgré tout ce qu’il m’a fait il termine les vacances sur une petite frustration, c’elle de n’avoir pas goûté pour son séjour en péninsule hiberique à la fameuse branlette espagnole.
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