Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trois dans la chambre (1) — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Trois dans la chambre (1)
Chapitre 3
Quand je repense à ces jours, à ces nuits de chaleur et de confusion, je réalise combien ils ont façonné mon rapport aux hommes — et au sexe. Vous penserez peut-être que j'étais infidèle, ou légère. Ce n'est pas faux. Mais ce n'est pas toute l'histoire.
J'ai un copain. Je l'aime. Et pourtant, j'ai laissé son meilleur ami me baiser dans son dos, littéralement. Pourquoi ? J'ai mis des années à le comprendre. Ce n'était pas l'infidélité qui me troublait le plus. C'était ce que j'y avais trouvé.
Mais, à ce moment-là, l'étudiante que je suis aime encore son petit ami. Elle le trouve d'ailleurs très beau. Il est tout le contraire de Paul : sportif, musclé comme il faut, sociable et plein d'humour. Tout le monde aime Quentin. Moi la première.
Paul, lui, n'a ni carrure, ni prestance. Taille moyenne, silhouette quelconque. Rien de remarquable. Il n'est pas timide, mais il n'a pas non plus ce charisme naturel qui fait que mon copain devient, sans effort, le centre de l'attention. Paul est là, il participe, il sourit… mais c'est le type qu'on oublie quand on raconte l'histoire quelques mois plus tard.
Pourtant, il exerce sur moi un magnétisme quasi magique. Est-ce naturel ? Ou simplement lié à ce qui s'est passé entre nous ces deux dernières nuits ? Je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, au troisième jour, il me semble impensable que ce ne soit qu'une aventure sans lendemain.
Dès le réveil, Paul me hante. Son odeur, son sexe, sa main entre mes cuisses. Je revis l'orgasme volé de la nuit comme une brûlure douce, prise en sandwich entre deux corps si différents. Chaque quart d'heure, il revient — en flash, en frisson, en appel.
Alors, quand il est question dans notre groupe d'amis de rester encore quelques jours dans ce Airbnb légèrement exigu ou de changer pour un logement plus grand, je me range, au désespoir de mon copain, dans le camp de ceux qui votent pour le statu quo. Je sais que si nous restons là, il y aura une autre nuit. Peut-être la dernière. Peut-être la pire.
La journée me semble interminable, suffocante. Bien sûr, il y a la chaleur caniculaire qui trempe ma robe légère de sueur, malgré les arrêts fréquents aux terrasses ombragées des bodégas. Mais surtout, il y a les œillades de Paul. Ses regards complices me font rougir à un point tel que tous nos amis se moquent de moi sans en comprendre la vraie raison. Ils croient que c'est l'attitude câline de mon copain qui me gêne et me taquinent sur ma prétendue pudibonderie. S'ils savaient…
Paul, lui, sait. Et il sourit en coin chaque fois que mon petit ami pose sa main sur ma cuisse ou m'embrasse dans le cou. Et plus je rougis sous l'œil narquois de Paul et les plaisanteries de nos amis, plus mon copain croit que la situation m'excite, et qu'il pourra en récolter les fruits ce soir — dans notre chambre, sous la couette. Ou plutôt sous le drap, seule chose que nous supporterons sans climatisation.
Chaque heure, presque chaque minute, me traverse comme une lame. Je peux frissonner de dégoût au contact pourtant tendre de mon copain… puis me sentir brûlante de désir en croisant un simple sourire de Paul, jamais très loin. Incapable de masquer mon trouble, mes seins pointent sous le tissu mouillé de ma robe, et je ne peux rien y faire. Évidemment, cela gonfle l'orgueil masculin de mon copain, dont je suis sans doute la seule à trouver la suffisance déplacée.
Pire que tout, le soir, à la grande tablée du restaurant à paëlla où nous avons réservé, mon copain décide de bien moins boire que la veille. Il me glisse à l'oreille :
— Ce soir, je ne tiens pas à m'écrouler comme hier…
Je rougis de plus belle. Et je me demande si les autres ont entendu. Ou deviné.
De son côté Paul, peut être découragé ou frustré par mon attitude complaisante vis-à-vis de Quentin, semble se désintéresser de moi et discute à l'autre bout de la table avec Sylvie et Frank. Désespérée je me ressers sangria sur sangria.
De son côté Paul, peut être découragé ou frustré par mon attitude complaisante vis-à-vis de Quentin, semble se désintéresser de moi et discute à l'autre bout de la table avec Sylvie et Frank. Désespérée je me ressers sangria sur sangria.
La nuit est tombée, lourde et collante. Le retour jusqu'à notre location se fait dans un silence alangui. La chaleur, l'alcool et les rires dissipés nous enveloppent d'une fatigue étrange, celle qui suit les longues journées saturées de tension.
Dans la chambre, les gestes sont mécaniques. Quentin ouvre grand les fenêtres, soulève les draps. Paul pose son sac contre le mur, sort son matelas et s'installe comme les nuits précédentes, sans un mot de plus. Il nous tourne le dos, un bras replié sous sa tête, l'autre le long de son corps. Il a bu un peu ce soir — suffisamment pour que son souffle s'alourdisse très vite.
Quentin s'étire, torse nu, son short glissant sur ses hanches. Il s'allonge contre moi, me tire doucement à lui.
— Tu es chaude, murmure-t-il en posant ses lèvres sur mon épaule.
Je ne réponds pas. Mon corps, lui, répond déjà. La moiteur, l'épuisement, le vin… et Paul, même à distance. Je ne l'entends plus, je ne le vois plus, mais je sais qu'il est là. Et ce simple fait, malgré moi, m'excite.
Les caresses de Quentin sont tendres, familières. Ses mains glissent sur mes cuisses, puis sous le tissu de ma robe que je n'ai pas encore retirée. Je ne bouge pas. Je le laisse faire.
Je pourrais dire que je suis passive. Mais ce serait mentir. En moi, quelque chose brûle. Un souvenir, un manque, un vertige. Et ce soir, l'envie d'être prise, mais par lui cette fois — Quentin — pour ne pas devenir folle.
Je pourrais dire que je suis passive. Mais ce serait mentir. En moi, quelque chose brûle. Un souvenir, un manque, un vertige. Et ce soir, l'envie d'être prise, mais par lui cette fois — Quentin — pour ne pas devenir folle.
Je ferme les yeux. L'odeur de la pièce, la sueur de la journée, le froissement du drap… Je me laisse envahir par la sensation, par l'idée que je pourrais jouir là, maintenant, en silence. Que ce serait un mensonge utile, presque nécessaire.
Il se glisse contre moi, son souffle chaud dans mon cou. Il croit que c'est à lui que je pense. Et peut-être que je le crois aussi, pendant un instant.
Ses gestes deviennent plus précis, plus pressés. Je me suis couchée sans me dévêtir et il glisse sa main dans ma culotte. Je mouille malgré moi. Pire, je me cambre, légèrement, pour l'inviter à basculer sur moi. Du coin de l'œil je constate que Paul n'a pas bougé, tourné vers le mur. Quentin aussi l'a vu et il pose l'index sur mes lèvres comme pour me faire taire. Je suis incapable de dire si son sourire complice me dégoute ou s'il m'excite.
Ses gestes deviennent plus précis, plus pressés. Je me suis couchée sans me dévêtir et il glisse sa main dans ma culotte. Je mouille malgré moi. Pire, je me cambre, légèrement, pour l'inviter à basculer sur moi. Du coin de l'œil je constate que Paul n'a pas bougé, tourné vers le mur. Quentin aussi l'a vu et il pose l'index sur mes lèvres comme pour me faire taire. Je suis incapable de dire si son sourire complice me dégoute ou s'il m'excite.
Il me pénètre sans même enlever ma culotte qu'il a juste repoussée sur le côté pour accéder à ma chatte trempée.
Dans le silence de la pièce, seuls nos souffles se répondent. Nous devons rester discrets, silencieux Quentin ondule avec une lenteur à laquelle il ne m'a pas habituée. Mon corps trahit tout. Mes reins, mes hanches, ma main qui s'agrippe à ses fesses. Mon plaisir, cette fois, n'a rien d'interdit — mais il n'en est pas moins étrange. Je sens que quelque chose déborde, échappe. Que l'empreinte de Paul reste tapie quelque part, même dans cette étreinte.
Dans le silence de la pièce, seuls nos souffles se répondent. Nous devons rester discrets, silencieux Quentin ondule avec une lenteur à laquelle il ne m'a pas habituée. Mon corps trahit tout. Mes reins, mes hanches, ma main qui s'agrippe à ses fesses. Mon plaisir, cette fois, n'a rien d'interdit — mais il n'en est pas moins étrange. Je sens que quelque chose déborde, échappe. Que l'empreinte de Paul reste tapie quelque part, même dans cette étreinte.
Je retiens un soupir. Je mords l'intérieur de ma joue. Quentin gémit à peine, se crispe contre moi. Pourtant il ne jouit pas tout de suite. Il continue à me limer langoureusement, prolongeant mon orgasme muet.
Il finit par jouir à son tour, étouffant son râle contre mon sein. Quand tout s'apaise, je reste là, nue, collée à lui. Mais je n'arrive pas à dormir. Je guette le silence du matelas au sol. Aucun mouvement. Aucune réaction.
Paul dort. Ou feint de dormir. C'est pire encore.
Et moi, je me demande ce qu'il a entendu. Ce qu'il a compris. Et surtout… s'il a été jaloux.
Et moi, je me demande ce qu'il a entendu. Ce qu'il a compris. Et surtout… s'il a été jaloux.
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