Gays
Orientation principale dans ce chapitre
L'aide-soignant — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'aide-soignant
Chapitre 1
/!\ Cette histoire est entièrement fictive et met en scène des situations qui ne doivent en aucun cas être reproduites dans la réalité. Les relations décrites ne reflètent pas l'éthique professionnelle des métiers du soin et ne constituent ni un exemple ni une incitation.
—————
— Debout, là-dedans ! Il est déjà sept heures !
Quoi, “déjà” sept heures ? Il est dingue, lui.
— Laisse-moi tranquille..., je marmonne dans mon oreiller.
J'essaie de me rendormir, mais les œillets en métal du rideau de ma chambre grincent et la lumière du soleil me claque en plein visage.
— Putain, Fadi !
— Pas de “poutain” avec moi, dit-il avec son vieil accent libanais. C'est l'heure de se lever.
— Pas de “poutain” avec moi, dit-il avec son vieil accent libanais. C'est l'heure de se lever.
À son ton, je comprends qu'il ne me laisse pas vraiment le choix. Fadi n'est pas toujours très tendre avec moi.
— Allez, Arsène.
Il a cette voix grave, remplie d'une autorité douce qui me motive à faire ce qu'il me demande. Enfin, essayer, du moins.
Je grogne, je bouge à peine. Mon bras se tend violemment malgré moi. Le reste de mon corps suit dans une torsion abominable. Avant-bras, cou, dos… La douleur se propage comme une vague électrique incontrôlable.
Mon corps me trahit encore.
Je grogne, je bouge à peine. Mon bras se tend violemment malgré moi. Le reste de mon corps suit dans une torsion abominable. Avant-bras, cou, dos… La douleur se propage comme une vague électrique incontrôlable.
Mon corps me trahit encore.
— Put… putain…, je grimace. Fa… Di…!
— Respire, Arsène. Relâche.
— Respire, Arsène. Relâche.
Fadi est déjà là, sa main ferme sur mon épaule.
Il appuie, masse lentement, murmure encore :
Il appuie, masse lentement, murmure encore :
— Relâche, allez…
Il sait que je ne le fais pas exprès. Mes muscles font leur petite vie sans que je ne leur demande rien et c'est bien ça le problème. La seule chose sur laquelle je peux agir, c'est mon stress et ma fatigue, qui ont tendance à grave accentuer les symptômes de cette connasse de dystonie.
Alors “je respire”. Je “relâche” mon souffle et j'attends que cette énième crise passe.
Alors “je respire”. Je “relâche” mon souffle et j'attends que cette énième crise passe.
— Là…, sourit Fadi. On y arrive.
Le haut de mon corps capitule et mes muscles lâchent prise un à un. J'ai encore mal, mais je m'estime heureux que cette fois, ça n'a duré que deux minutes au lieu de trente.
— Comment s'est passé le weekend ? m'interroge Fadi en continuant ses manipulations. Ça a été…?
Je lève les yeux au ciel. Il troque ses massages par de légers étirements. La nuque. Les épaules. Les bras… Ce qui compose tous mes débuts de journée.
— Si mal que ça…? ricane-t-il.
— Tu as parlé avec ma mère, non ? Tu as lu le cahier de transmission rempli par Françoise, non ?
— Tu as parlé avec ma mère, non ? Tu as lu le cahier de transmission rempli par Françoise, non ?
Françoise, l'aide-soignante de ce weekend.
Il sourit. Passe à mes mains pour les décrisper. Les siennes sont chaudes.
— Oui, admet-il. Mais je préfère te demander à toi. C'est quand même mieux d'avoir l'avis du principal concerné, tu ne crois pas…? On passe au bassin.
— Moui.
Je fais mon désintéressé, mais c'est pour ça que je kiffe Fadi : de tous mes intervenants à domicile, c'est le seul qui ne me traite pas juste comme un “patient malade” mais comme une personne.
Il mobilise un peu mes hanches, puis descend sur mes jambes.
Il mobilise un peu mes hanches, puis descend sur mes jambes.
— Beaucoup de crises…? m'interroge-t-il.
— Ouais… Plusieurs fois par jour.
— Et la nuit ?
— La nuit a été merdique à souhait.
— Ouais… Plusieurs fois par jour.
— Et la nuit ?
— La nuit a été merdique à souhait.
Il rigole, et passe à l'autre jambe.
— D'accord. Tu dois être épuisé.
Il est sincère. Les crises fatiguent énormément.
— Mm, je lâche pudiquement.
— Alors on va y aller doucement, ce matin.
— Alors on va y aller doucement, ce matin.
On se tait et je le laisse se concentrer, mes yeux vagabondant entre le plafond blanc, les posters de ma chambre et le visage sérieux de Fadi, occupé à détendre un mollet trop contracté à son goût.
Ce type a quoi… Cinquante-deux ans ? Pourtant, il a toujours la classe : cheveux blancs, plus longs sur le dessus, coiffés vers l'arrière ; nuque rasée, barbe blanche bien taillée qui contraste avec sa peau mate et légèrement dorée. Comme il sourit tout le temps, il a plein de rides — mais des belles, au coin des lèvres et de ses yeux gris pétillants.
Ce type a quoi… Cinquante-deux ans ? Pourtant, il a toujours la classe : cheveux blancs, plus longs sur le dessus, coiffés vers l'arrière ; nuque rasée, barbe blanche bien taillée qui contraste avec sa peau mate et légèrement dorée. Comme il sourit tout le temps, il a plein de rides — mais des belles, au coin des lèvres et de ses yeux gris pétillants.
— Allez, c'est bon. On va faire la toilette.
Il me claque la jambe comme un point final et, tandis que je râle, se place à côté de moi en gloussant. Il m'aide à basculer sur le côté, puis à m'asseoir au bord du lit. Face à moi, mes bras reposant sur les siens, il se met à compter.
— 1… 2… 3.
Il m'accompagne pour me lever et attend quelques secondes que je me stabilise.
— Ça va ?
— Oui.
— Oui.
Il me soutient, à peine, quand on commence à marcher vers ma salle de bain privée. Eh oui, j'ai droit à ce luxe : une douche pour moi tout seul, avec des barres d'appui dernier cri.
On avance lentement, à petits pas, mes mains crispées sur ses avant-bras. Mes orteils atteignent le carrelage anti-dérapant et ma main chope une des barres fixées au mur.
On avance lentement, à petits pas, mes mains crispées sur ses avant-bras. Mes orteils atteignent le carrelage anti-dérapant et ma main chope une des barres fixées au mur.
— Tiens-toi bien, hein, s'inquiète Fadi.
— Oui, oui.
— Oui, oui.
Il allume l'eau pour la faire chauffer, le temps de m'aider à me déshabiller. À enlever mon t-shirt, à baisser mon short…
Je finis à poil devant lui, mais Fadi garde toujours ce même respect : celui du soignant qui n'est pas là pour me mettre mal à l'aise en observant avec pitié mon corps cabossé. Non. Lui, il est avec moi, mais sait rester discret malgré la pénibilité de l'instant. Il me laisse faire ce que je peux seul, et me guide pour le reste.
Je finis à poil devant lui, mais Fadi garde toujours ce même respect : celui du soignant qui n'est pas là pour me mettre mal à l'aise en observant avec pitié mon corps cabossé. Non. Lui, il est avec moi, mais sait rester discret malgré la pénibilité de l'instant. Il me laisse faire ce que je peux seul, et me guide pour le reste.
Ma jambe se bloque d'un coup, et m'empêche de tenir l'équilibre. Je me rattrape à la barre, mais mon bras fait des siennes et je n'arrive pas à me retenir. Fadi se colle à moi pour m'éviter la chute, rabat le siège de douche et m'y assoit. Je soupire, dégoûté d'avoir encore échoué une simple toilette seul, et serre les dents en silence le temps que tensions et douleurs fassent leur bonhomme de chemin.
— Respire, mon grand, me murmure Fadi, accroupi devant ma jambe contractée. Détends-moi ce visage. On dirait que t'es constipé.
Je lâche un éclat de rire, amusé par sa remarque, et rapidement, je m'apaise et mes muscles avec. Ma jambe retrouve son axe normal. Mon bras retombe le long de ma cuisse. J'expire, soulagé, mais encore engourdi par l'électricité constante qui m'habite.
— Ça va ?
Je sens sa main chaude se poser sur ma cuisse nue. J'ouvre à peine les yeux et mate cette main du coin de l'œil. J'ai l'habitude que Fadi me touche, mais là, je sais pas. Ce contact est plus que… Plaisant.
Je me contente de hocher la tête pour lui répondre.
Je me contente de hocher la tête pour lui répondre.
On finit la douche, l'habillage et rendez-vous au salon pour prendre place sur mon trône : le canapé. Sur la table basse devant moi, Fadi récupère la télécommande de la télé et celle de la box, perdues sous un tas de documents administratifs.
— C'est quoi, tout ça ? me questionne-t-il.
— Mon dossier MDPH. Enfin… une partie, je réponds en haussant les épaules. Ils veulent me sucrer des aides. Je dois prouver que je ne peux toujours pas travailler. Comme si une dystonie de naissance pouvait disparaître du jour au lendemain…
— Mon dossier MDPH. Enfin… une partie, je réponds en haussant les épaules. Ils veulent me sucrer des aides. Je dois prouver que je ne peux toujours pas travailler. Comme si une dystonie de naissance pouvait disparaître du jour au lendemain…
Il me lance un regard silencieux et compatissant. Des cas comme le mien, des dossiers comme le mien, il a dû en voir passer des dizaines à la pelle. L'organisme dédié au handicap flique tout le monde, sous prétexte que des petits malins s'amusent à frauder des aides non méritées. On paie toujours pour des connards qui en plus de taxer des sous qui nous sont destinés pour améliorer notre vie, nous compliquent justement cette dernière en rendant l'accès aux aides plus difficiles. Parce qui dit “monter des dossiers”, dit aussi “pouvoir trouver ce dossier, l'imprimer, le remplir, le poster”.
Allô ! Je peux même pas me torcher tout seul, par moment ! Comment tu veux que je fasse tout ça ? Avec l'aide d'une assistance ? Mais faut la payer, cette assistance ! Et comment on la paie… ? Avec les aides, bordel à queue !
Enfin bref. C'était mon moment coup-de-gueule interne. Fadi pose devant moi mes médocs de la journée (des antispasmodiques), et mon petit-dej.
Comme le matin, j'ai rarement faim, j'ai droit à un de ces yaourts hyperprotéinés achetés la peau des couilles en pharmacie. Assez dégueu, à force.
D'ailleurs, en parlant de couilles, les miennes me font un mal de chien. En ce moment, je suis assez stressé, et fatigué, puisque le stress augmente les crises, qui me fatiguent, et ça augmente… Les crises. Un cercle vicieux.
Dès que j'essaie de faire des trucs normaux (genre me branler, le seul plaisir possible de ce corps déglingué), une crise survient et m'envoie au tapis avant même que j'ai pu lâcher la sauce. Et se titiller plusieurs fois par jour pendant plus d'une semaine sans pouvoir finir ? Mes burnes ne me remercient pas, et mon moral non plus. J'ai envie de buter tout le monde.
Dès que j'essaie de faire des trucs normaux (genre me branler, le seul plaisir possible de ce corps déglingué), une crise survient et m'envoie au tapis avant même que j'ai pu lâcher la sauce. Et se titiller plusieurs fois par jour pendant plus d'une semaine sans pouvoir finir ? Mes burnes ne me remercient pas, et mon moral non plus. J'ai envie de buter tout le monde.
— Bonne journée, Fadi. Arsène, à ce soir.
Ma mère passe en coup de vent devant moi, sac à main sur l'épaule, talons hauts et démarche pressée. J'ai à peine le temps de voir sa chevelure blonde flotter dans le salon qu'elle n'est déjà plus là.
— Bonne journée, Claire, répond machinalement Fadi.
Moi, je ne réplique pas. Elle est partie et je n'ai pas d'énergie à gaspiller à parler dans le vide.
Difficile d'imaginer que cette cinquantenaire apprêtée, c'est ma mère. On n'a rien à voir ensemble : elle est blonde aux yeux bleus et aux cheveux lisses. Moi, j'ai pris le côté espagnol de mon père : peau mate, yeux noirs, cheveux bruns et bouclés.
Elle est plutôt grande, moi… Aussi, mais la plupart du temps, je suis plié en deux par les contractions musculaires, alors ça ne compte pas vraiment.
Elle aime se faire belle, séduire, bosser dur. Moi… je n'en ai pas vraiment l'occasion. La force des choses m'a plutôt conduit à une vie des plus simples. Mon challenge de la journée se résume à une seule chose : faire ce que tout le monde fait, sans me retrouver à danser le Mia par terre contre ma volonté.
Difficile d'imaginer que cette cinquantenaire apprêtée, c'est ma mère. On n'a rien à voir ensemble : elle est blonde aux yeux bleus et aux cheveux lisses. Moi, j'ai pris le côté espagnol de mon père : peau mate, yeux noirs, cheveux bruns et bouclés.
Elle est plutôt grande, moi… Aussi, mais la plupart du temps, je suis plié en deux par les contractions musculaires, alors ça ne compte pas vraiment.
Elle aime se faire belle, séduire, bosser dur. Moi… je n'en ai pas vraiment l'occasion. La force des choses m'a plutôt conduit à une vie des plus simples. Mon challenge de la journée se résume à une seule chose : faire ce que tout le monde fait, sans me retrouver à danser le Mia par terre contre ma volonté.
— Tu veux que je t'aide à le compléter ? m'interroge Fadi.
Sa voix grave teintée de son léger accent me sort de mes pensées. J'avale mon yaourt gélatineux à la pistache sans trop de convictions. Mes spasmes ont au moins le mérite d'en foutre partout et m'évitent d'avoir à tout manger.
— Nan, t'inquiète, je lâche. C'est pas ton taff. Tu fais déjà bien plus que nécessaire.
Il me sourit, place une couverture sur mes genoux, s'assure que j'ai mon téléphone, à boire et de quoi m'occuper à disposition.
— À ce soir, alors. Passe une bonne journée.
— Yep. À ce soir, Fadi.
— Yep. À ce soir, Fadi.
Il me jette un regard souriant, mais inquiet. Je peux comprendre. C'est mon aide-soignant principal depuis quatre ans, maintenant. Il sait quand ça va, et quand ça va pas. Et en ce moment, ça va pas vraiment.
Je l'entends claquer la porte et démarrer sa voiture. Pendant ce temps, je me lance un épisode de Stranger Things, série que j'ai vu mille fois, mais bon. Comme j'écume Netflix toute la journée, j'ai vite fait le tour.
La série se lance, mais très vite, mes yeux se ferment. La nuit a été courte pour moi. J'ai mal partout.
Tout le temps.
Et même quand je n'ai plus mal, j'attends la prochaine vague.
J'ai vingt et un ans et j'ai l'impression d'en avoir cinquante.
Je m'endors dans le canapé super vite.
Tout le temps.
Et même quand je n'ai plus mal, j'attends la prochaine vague.
J'ai vingt et un ans et j'ai l'impression d'en avoir cinquante.
Je m'endors dans le canapé super vite.
...
— Arsène.
J'ouvre un œil. Une odeur de poulet flotte dans l'air et fait grogner mon estomac. La faim termine de me réveiller, et je lance aux yeux gris devant moi un regard de merlan fri.
— Ça va ?
J'essaie de me redresser. Fadi se penche vers moi pour me soutenir. Son badge, accroché à la poche de poitrine de sa tunique bleue marine, valdingue devant moi.
“Fadi Nars - Aide-soignant SSIAD”.
Et… L'odeur de son déo mélangée à celle de sa peau m'envoie tout droit dans le cerveau une décharge de… Plaisir…? Une effluve envoûtante qui me trouble et me donne envie de me coller à lui.
— Oui…, je réponds à moitié, encore dans le coltard. C'est déjà le soir…?
— Non, dit Fadi sérieusement en s'asseyant à mes pieds sur le canapé. Mais il est plus de 13h. Je t'ai envoyé des SMS pour savoir si ça allait. Je n'ai pas eu de réponse. J'ai préféré passer.
— C'est gentil, je souris en baissant les yeux. Je me suis juste endormi. Désolé si je t'ai inquiété. Avec tous tes patients de la journée, je t'ai fait courir dans toute la ville.
— Non, dit Fadi sérieusement en s'asseyant à mes pieds sur le canapé. Mais il est plus de 13h. Je t'ai envoyé des SMS pour savoir si ça allait. Je n'ai pas eu de réponse. J'ai préféré passer.
— C'est gentil, je souris en baissant les yeux. Je me suis juste endormi. Désolé si je t'ai inquiété. Avec tous tes patients de la journée, je t'ai fait courir dans toute la ville.
Il sourit, ennuyé, mais finit par hocher la tête.
— Non, t'inquiète.
Avec son accent, ça ressemble plus à “t'anquiek”.
— Je n'avais que madame Groseille, ce matin, et une autre personne qui s'est décommandée au dernier moment. Tu ne m'as pas fait courir.
J'explose de rire, en laissant retomber ma tête dans les coussins.
— Quoi ? s'étonne Fadi. J'ai dit une bêtise ?
— Non, mais… “Madame Groseille”...? je réplique. Je ne m'en remets jamais, de ce nom de famille…
— C'est une petite mamie très gentille, observe-t-il.
— Ça n'empêche pas d'avoir un nom de famille chelou.
— Non, mais… “Madame Groseille”...? je réplique. Je ne m'en remets jamais, de ce nom de famille…
— C'est une petite mamie très gentille, observe-t-il.
— Ça n'empêche pas d'avoir un nom de famille chelou.
On se regarde dans le blanc des yeux, sans rien dire.
— Fadi. Tu sais ce que c'est, une groseille, rassure-moi…?
— Oui. C'est un petit fruit.
— Oui, je ricane encore. C'est ça. Un “pitit froui”.
— Oui. C'est un petit fruit.
— Oui, je ricane encore. C'est ça. Un “pitit froui”.
Il me fixe silencieusement, et je comprends, à son air impassible, qu'il a très bien saisi que je me foutais de sa gueule.
— Eh ben… Tu m'as l'air en meilleure forme que ce matin, sourit-il en m'observant essuyer des larmes de rires au coin de mes yeux.
— C'est parce que je retrouve mon aide-soignant préféré, je lui largue. C'est pour ça.
— C'est gentil, ça.
— C'est parce que je retrouve mon aide-soignant préféré, je lui largue. C'est pour ça.
— C'est gentil, ça.
Il se lève dans une inspiration, sa main sur ma jambe.
— Je t'ai préparé à déjeuner, pendant que tu dormais, m'annonce-t-il en disparaissant dans la cuisine. Tu as faim…?
— Je crève la dalle, je marmonne. T'as réchauffé un de ces plats industriels que m'achète ma mère…? Ça sent bizarrement bon.
— Rez a djej, me lance alors Fadi en apparaissant avec une assiette. Poulet à la libanaise.
— Je crève la dalle, je marmonne. T'as réchauffé un de ces plats industriels que m'achète ma mère…? Ça sent bizarrement bon.
— Rez a djej, me lance alors Fadi en apparaissant avec une assiette. Poulet à la libanaise.
Je cligne des yeux, stupéfait. Il dépose devant moi un plat de riz parsemé de petits morceaux de viande blanche et d'amandes grillées.
— Tu as cuisiné ça ?
— Ma femme, Mira. Elle en a préparé pour vingt personnes. Je me suis dit que ça te remonterait un peu le moral.
— Ma femme, Mira. Elle en a préparé pour vingt personnes. Je me suis dit que ça te remonterait un peu le moral.
Là, je sais pas. Déstabilisé par l'attention, mon corps parle tout seul. Mais pas comme quand il a une crise. Plus… Naturellement. Je laisse tomber ma tête contre le torse de Fadi quand il se rassied à côté de moi. Il est un peu surpris par mon geste, mais l'accueille avec pudeur, et me caresse tendrement l'épaule avant de mettre fin à ce câlin.
— Désolé, je lâche. Tu… Enfin, ça me touche que tu aies préparé ça pour moi. Et… Ta gentillesse, ça fait du bien. Toi, j'ai vraiment l'impression que tu me vois.
Il baisse les yeux et esquisse un bref sourire peiné. Il ne dit rien et m'écoute.
— Les autres aides-soignants sont pas comme toi. Ils sont… Déjà, j'ai quasiment que des femmes. Elles sont sympas, mais moi j'aime pas. J'ai l'impression d'être une sous-merde devant elles, surtout quand je suis à la douche. Je me dis que les soignantes sont les seules meufs à qui je peux me montrer et… Ça me fout le seum, tu comprends…?
— Je comprends, acquiesce Fadi.
— Et l'autre gars, “Charles”, c'est un gros bourrin. Il prend pas le temps pareil. Il parle pas autant. On rigole pas comme avec toi.
— Tu ne l'as pas beaucoup vu, me fait remarquer Fadi. Il faut laisser le temps créer le lien.
— Ouais…
— Je comprends, acquiesce Fadi.
— Et l'autre gars, “Charles”, c'est un gros bourrin. Il prend pas le temps pareil. Il parle pas autant. On rigole pas comme avec toi.
— Tu ne l'as pas beaucoup vu, me fait remarquer Fadi. Il faut laisser le temps créer le lien.
— Ouais…
Je hausse les épaules.
— Un tas de personnes viennent ici, je murmure. Médecin, infirmières, kiné, assistante sociale… J'en ai marre. J'aimerais juste… Pouvoir vivre sans demander des comptes à tout le monde.
— C'est pour ça qu'on fait ça, dit Fadi. Pour que tu trouves les outils qui t'aident à te débrouiller tout seul.
— Mm…
— Je ne vis pas ce que tu vis, Arsène, mais j'entends ta souffrance. Je ne peux que te promettre de faire au mieux pour que tout ça te soit le moins pénible possible. J'y travaille. Françoise, Charles, Perrine et Anne-Lise, et le kiné, l'infirmière, le médecin… On y travaille tous, en équipe, avec toi. Pour que tu te sentes bien, comme quand tu rigolais, il y a cinq minutes. Pour que ces moments durent le plus longtemps possible.
— C'est pour ça qu'on fait ça, dit Fadi. Pour que tu trouves les outils qui t'aident à te débrouiller tout seul.
— Mm…
— Je ne vis pas ce que tu vis, Arsène, mais j'entends ta souffrance. Je ne peux que te promettre de faire au mieux pour que tout ça te soit le moins pénible possible. J'y travaille. Françoise, Charles, Perrine et Anne-Lise, et le kiné, l'infirmière, le médecin… On y travaille tous, en équipe, avec toi. Pour que tu te sentes bien, comme quand tu rigolais, il y a cinq minutes. Pour que ces moments durent le plus longtemps possible.
Il me sourit. Je bad sur son sourire, et détourne les yeux, gêné, et ému par ses mots.
— Mm…, j'approuve dans un hochement de tête. Tu as raison.
— Allez. Mange, temps que c'est chaud.
— Tu bouffes avec moi ? je lui propose.
— Allez. Mange, temps que c'est chaud.
— Tu bouffes avec moi ? je lui propose.
Il hésite, oscille un peu comme s'il pesait le pour et le contre, et finit par céder.
— J'ai pris une salade entre deux visites, mais le rez a djej de ma femme…
“Je n'y résiste pas”.
...
Fadi est reparti et me revoilà tout seul. Enfin, jusqu'à ce soir — jusqu'à ce qu'il revienne pour le coucher, et que ma mère rentre du travail. Parfois il arrive avant elle, parfois après, parfois elle ne rentre pas du tout.
Drôle de relation, que j'ai avec ma daronne. On s'entend plutôt bien, pourtant. Elle s'occupe un peu de moi, mais je vois bien que tout ce qui touche à mon handicap — ou tout ce qui devient trop contraignant à ses yeux — elle le fuit. Elle est passionnée par son travail. Elle n'a pas de temps à perdre à s'occuper de son fils de vingt et un ans atteint de dystonie généralisée. Déjà, c'est chiant et lourd, comme soins, et puis… C'est psychologiquement particulier, je suppose, de voir son enfant se tordre d'un coup comme un possédé lors d'une crise.
Je comprends. En tout cas, je tolère davantage sa réaction que celle de mon père : lui, quand il a vu que sa femme avait accouché d'un bébé en mode paralympiques, il a claqué la porte et est allé fonder une famille “digne de ce nom” ailleurs, ce gros lâche. Le pire, c'est qu'il n'habite pas loin. Je le croise parfois en ville. Il fait semblant de ne pas me voir (alors que, franchement, j'attire assez facilement l'attention).
Il demande de mes nouvelles à ma mère, parfois, mais n'a jamais le temps de me parler. Ma présence dans sa vie se résume à : « Et Arsène, ça va ? Ok. » Et à un chèque de pension alimentaire.
C'est déjà ça, je suppose.
Il demande de mes nouvelles à ma mère, parfois, mais n'a jamais le temps de me parler. Ma présence dans sa vie se résume à : « Et Arsène, ça va ? Ok. » Et à un chèque de pension alimentaire.
C'est déjà ça, je suppose.
En général, je ne fais pas grand‑chose de mes journées. Je dors… Je vais pisser — en mettant vingt minutes pour y aller, avec beaucoup de précautions —, je mate des films, je lis des webtoons…
Là, ça fait trente minutes que je scrolle sur TikTok. Mais je m'ennuie un peu. Et puis, il y a toujours cette histoire de couilles douloureuses qui me travaille…
Là, ça fait trente minutes que je scrolle sur TikTok. Mais je m'ennuie un peu. Et puis, il y a toujours cette histoire de couilles douloureuses qui me travaille…
Comme je suis seul et que je n'ai aucun rendez‑vous médical cet après‑midi, j'en profite et me lance un petit porno. Niveau thème, je suis pas difficile : homme/femme, trio bi, gang bang… Il m'arrive de mater du gay aussi. Mais en fait, ce qui m'attire le plus, ce n'est pas tant le sexe que la tendresse entre les acteurs. C'est pour ça que je me dirige souvent vers les vidéos amateurs, plus “réalistes”. Ça me fait davantage rêver. M'imaginer faire ce que je ne peux pas faire.
Bon, c'est devenu plus compliqué depuis qu'ils ont mis cette loi de merde sur la vérification d'identité pour virer les mineurs des sites x. Sérieux… Qui va vouloir livrer sa carte d'identité pour mater du cul ? C'est justement le genre d'endroit où tu navigues en privé et où tu effaces ton historique dix fois pour que ta mère ne tombe pas dessus. Et maintenant ils veulent que tu donne ton blase ?! N'importe quoi.
Heureusement, y a toujours moyen de contourner.
Heureusement, y a toujours moyen de contourner.
Je me lance une petite vidéo straight, la femme en levrette, le gars à l'arrière, et bande déjà vraiment fort. Je me désape comme je peux, sors ma queue et commence à m'astiquer le manche un peu maladroitement avec mes spasmes. Mais ça passe. Mon gland coule à mort, chaque remontée de peau me tend un peu plus. Je sens la vague venir. J'accélère le rythme en priant de pouvoir finir à temps avant d'avoir une nouvelle…
TCHAC !
Crise…
Mon bras se plaque au dossier du canapé d'un coup, entraînant dans la foulée le haut de mon dos, une partie de mon bassin et une jambe.
Mon bras se plaque au dossier du canapé d'un coup, entraînant dans la foulée le haut de mon dos, une partie de mon bassin et une jambe.
— PU… TAIN…!! je hurle.
Je suis bloqué, paralysé comme pas possible, et j'essaie de respirer pour me relâcher, mais rien à faire. Me voilà en posture de superman défoncé, la queue à l'air et coulante sur le canapé du salon.
...
J'entends la porte s'ouvrir, après qu'un “toc toc” ait retenti.
Putain… Pas maintenant…
Je ferme les yeux en priant pour que si moi je ne vois personne, alors personne ne me voit.
— Arsène…? Re.
Silence. Des pas se rapprochent. Je n'aperçois pas Fadi, mais j'entends sa voix.
— Relâche, dit-il. Souffle.
Sa main se pose sur mon épaule. L'autre, sur ma hanche. J'essaie de me détendre, mais je n'y arrive pas. J'ai trop honte, à moitié nu devant Fadi, et ça me crispe encore plus.
— Arsène, me reprend-il. Allez. Souffle.
— Dé… so… lé…, j'essaie d'articuler.
— Désolé de quoi ?
— J… je… v…
— Dé… so… lé…, j'essaie d'articuler.
— Désolé de quoi ?
— J… je… v…
Je ne parviens pas à parler.
— D'accord. Tu me dirais après, comprend Fadi. Concentre-toi sur ta respiration. Calme-la.
Ses doigts massent les muscles en tension. Je m'applique à faire ce qu'il me demande, mais ça prend du temps.
Comme des élastiques qui pètent un a un, mes muscles se relâchent peu à peu et mon corps revient dans l'axe. Je suis encore animé de tension et de spasme, mais le plus gros de la crise est passé.
Comme des élastiques qui pètent un a un, mes muscles se relâchent peu à peu et mon corps revient dans l'axe. Je suis encore animé de tension et de spasme, mais le plus gros de la crise est passé.
J'ai mal partout.
Tous mes membres sont crampés et je n'arrive plus à bouger. Je suis exténué. J'ai l'impression d'avoir couru un marathon de six heures. Mes fringues sont trempées de sueur.
— Ça fait longtemps que tu es comme ça…? me demande Fadi avec inquiétude.
— Je sais pas…, je soupire en fermant les yeux. Plus de la moitié de l'épisode.
— Je sais pas…, je soupire en fermant les yeux. Plus de la moitié de l'épisode.
Netflix s'est relancé au moment où ma jambe a tapé dans la télécommande. Fadi l'attrape et met sur pause. Le timer affiche 24 minutes.
Le regard qu'il me lance me dévaste. Mais je comprends pourquoi : c'est une grosse crise, et c'est rare que j'en ai des aussi longues.
Le regard qu'il me lance me dévaste. Mais je comprends pourquoi : c'est une grosse crise, et c'est rare que j'en ai des aussi longues.
— Comment tu te sens ? me questionne-t-il.
Je ricane au lieu de répondre. Puis… Je me mets à chialer. Ça sort, comme ça. D'un coup.
Fadi me dit rien. Il me laisse verser ma petite larmes tranquillement.
Fadi me dit rien. Il me laisse verser ma petite larmes tranquillement.
— Arsène… Qu'est-ce qu'il y a ?
— Arrête de faire comme si t'avais rien vu, je lui lance d'une voix brisée. Tu sais très bien ce que j'étais en train de faire. La vidéo tourne en boucle sur mon téléphone !
— Arrête de faire comme si t'avais rien vu, je lui lance d'une voix brisée. Tu sais très bien ce que j'étais en train de faire. La vidéo tourne en boucle sur mon téléphone !
Des “Ah ! Ah ! Ah !” de l'actrice porno résonne en fond sonore dans le salon.
— J'en peux plus de l'entendre gémir comme ça, Fadi, arrête-moi ça s'il te plaît…
Il me regarde longuement, et se met à rire. Il n'est pas en train de se moquer. On dirait qu'il compatit, sans pour le moins du monde être choqué.
— Ton téléphone, je dois le prendre avec des gants ? me lance-t-il en me regardant du coin de l'œil.
— Non, t'inquiète. Il est propre. J'ai pas eu le temps de finir, de toute façon. Comme à chaque fois.
— Non, t'inquiète. Il est propre. J'ai pas eu le temps de finir, de toute façon. Comme à chaque fois.
Fadi ferme la vidéo, et m'aide à me rhabiller en silence.
— Bon. Tu as faim…? m'interroge-t-il en se levant en direction de la cuisine.
...
Bouffe, toilette du soir, soins, massages…, Fadi m'escorte jusqu'à mon lit et m'accompagne pour me faire m'allonger. Ma mère n'est toujours pas rentrée ; tel que je le connais, il va sûrement attendre un peu plus que son heure prévue pour s'assurer que je ne reste pas seul très longtemps.
— Voilà. Tu es prêt pour te reposer, me dit-il. Tu as besoin de quelque chose d'autre…?
— L'histoire du soir ? je lui renvoie pour plaisanter. Non, ça va, merci.
— Tu es sûr…?
— L'histoire du soir ? je lui renvoie pour plaisanter. Non, ça va, merci.
— Tu es sûr…?
Ce n'est pas un “tu es sûr” de politesse qu'on réplique un peu machinalement pour être sympa. Là, Fadi voit clairement que je ne me sens pas très bien moralement.
— Mm, je réponds simplement.
— Arsène.
— Quoi ? Je t'ai dit “ça va”, alors “ça va”.
— Pourquoi tu pleures, si “ça va”...?
— Arsène.
— Quoi ? Je t'ai dit “ça va”, alors “ça va”.
— Pourquoi tu pleures, si “ça va”...?
Il a raison. De grosses larmes roulent dans ma barbe. J'essaie de les essuyer, mais une tension diffuse se manifeste dans ma nuque ; ma tête vrille d'un côté, mon bras de l'autre, et je ne peux même pas effacer ces perles d'eau qui me bouffent la peau.
— Eh eh eh ! intervient Fadi. Parle-moi.
— N… non !
— N… non !
La crise ne dure pas, cette fois. Pas même une minute. Ma nuque se relâche. Je retrouve possession de mon satané corps.
— Arsène, insiste-t-il.
— Quoi ?!
— Quoi ?!
Il saisit une chaise et vient calmement s'asseoir en face de moi. Ses yeux gris se plantent dans les miens et il me fixe en silence.
— Mais quoi ?! je m'affole. Tu… Tu veux que je te dise quoi ?!
— Je ne sais pas, répond-il calmement dans un haussement d'épaules. Toi, qu'est-ce que tu as envie de me dire ?
— Je ne sais pas, répond-il calmement dans un haussement d'épaules. Toi, qu'est-ce que tu as envie de me dire ?
Sa question me déstabilise.
— Rien, je sanglote.
— Ah bon ?
— J'ai passé un weekend de merde, c'est tout, je largue à voix basse.
— Ah bon ?
— J'ai passé un weekend de merde, c'est tout, je largue à voix basse.
Fadi reste muet. Je sais qu'il ne s'en fout pas. Il me laisse juste l'espace dont j'ai besoin pour m'exprimer.
— C'est Françoise qui est venue samedi.
Il le savait déjà.
— Elle est sympa. Mais c'est pas toi. Malheureusement, je peux pas choisir mes intervenants. Ça bouge tout le temps. En ce moment, mon kiné que j'aimais bien est parti dans une autre ville, du coup, j'en ai un nouveau, et puis les infirmières, c'est pareil. Ophélie est en congé pour son bébé, c'est une vieille pas très sympa qui passe pour le check-up de la semaine.
Puis ma mère, elle ne me calcule plus depuis qu'elle a eu sa promotion à son taf. J'ai l'impression que tout le monde construit sa vie, sauf moi. Moi, je reste à la ligne de départ en regardant les autres faire la course. Et ça fait une semaine que j'essaie de me taper la queue, mais j'y arrive pas. J'ai une crise à chaque fois.
Puis ma mère, elle ne me calcule plus depuis qu'elle a eu sa promotion à son taf. J'ai l'impression que tout le monde construit sa vie, sauf moi. Moi, je reste à la ligne de départ en regardant les autres faire la course. Et ça fait une semaine que j'essaie de me taper la queue, mais j'y arrive pas. J'ai une crise à chaque fois.
Long silence. Fadi continue de m'observer.
— Il y a de quoi en avoir gros sur la patate, observe-t-il.
Il me fait rire. Les larmes reviennent de plus belle.
— J'en sais rien mais le seul truc sur lequel j'ai un pouvoir, j'y arrive pas. J'ai trop mal, Fadi. Je sais pas comment faire.
Il me regarde, ennuyé.
— La seule chose que je peux te proposer, c'est des massages pour t'apaiser avant, et de te laisser faire ce que tu as à faire.
— Je n'y arrive pas, je te dis. Je… Je stresse à chaque fois, et ça foire. Tu m'as bien vu, quand tu es arrivé, non ?
— À chaque fois…? Mais… Pourquoi tu stresses ? C'est sensé être agréable de faire ça ! rit-il.
— Oui, en théorie. Mais avec les spasmes, c'est chaud, du coup je me dépêche pour essayer de finir avant de faire une crise.
— Et ça te stresse et donc provoque une crise.
— Ouais…
— Je n'y arrive pas, je te dis. Je… Je stresse à chaque fois, et ça foire. Tu m'as bien vu, quand tu es arrivé, non ?
— À chaque fois…? Mais… Pourquoi tu stresses ? C'est sensé être agréable de faire ça ! rit-il.
— Oui, en théorie. Mais avec les spasmes, c'est chaud, du coup je me dépêche pour essayer de finir avant de faire une crise.
— Et ça te stresse et donc provoque une crise.
— Ouais…
Il m'adresse un sourire empathique. Mais il ne dit rien. Il n'a pas de solution miracle. À part un coup de main (et j'entends pas là un vrai “coup de main" au sens littéral), il ne peut pas faire grand-chose.
Silence. Je cale mon bras sur mon visage, déjà embarrassé par ce que je m'apprête à dire.
Silence. Je cale mon bras sur mon visage, déjà embarrassé par ce que je m'apprête à dire.
— Fadi…?
— Oui.
— J'ai un service à te demander.
— Quoi…?
— Oui.
— J'ai un service à te demander.
— Quoi…?
Je me tais, le temps de formuler la phrase dans ma tête.
— C'est un vrai service. Je te demanderai pas si j'avais pas confiance en toi. Tu sais que j'ai confiance en toi ? Genre… Vraiment.
— Oui, Arsène. Dis-moi…?
— Ok…
— Oui, Arsène. Dis-moi…?
— Ok…
J'expire pour me donner du courage.
— Tu veux pas… M'aider, toi…?
Ses yeux gris se baissent en direction de mon entre-jambe que je désigne d'une main tremblotante.
— Et puis quoi, encore…? rit-il. Tu veux pas non plus que je te ramène une fille…?
— Quoi, tu pourrais…?
— Quoi, tu pourrais…?
Je plaisante, lui, à moitié. Il me fixe impassiblement.
— Fadi.
— Je ne peux pas faire ça, Arsène, refuse-t-il fermement. Je suis là pour les soins. Ce que tu me demandes, c'est de la folie.
— C'est pas de la “foulie”, je conteste. Je te demande pas un câlin avec des bougies et des pétales de roses, juste… T'as qu'à voir ça comme un soin. Juste un geste libérateur de ta part. En plus, t'as déjà fait plus hard. T'as bien dû me faire la toilette au gant alors que je m'étais chié dessus, non ? Ça peut pas être pire.
— Faire un change n'a rien à voir avec la sexualité, Arsène.
— Mais je te parle pas de “sexe”, là, juste de détendre le seul truc de mon corps qui peut être détendu ! C'est pas compliqué, si ?!
— Une branlette, Arsène…? Ce n'est pas “du sexe”...?!
— Je ne peux pas faire ça, Arsène, refuse-t-il fermement. Je suis là pour les soins. Ce que tu me demandes, c'est de la folie.
— C'est pas de la “foulie”, je conteste. Je te demande pas un câlin avec des bougies et des pétales de roses, juste… T'as qu'à voir ça comme un soin. Juste un geste libérateur de ta part. En plus, t'as déjà fait plus hard. T'as bien dû me faire la toilette au gant alors que je m'étais chié dessus, non ? Ça peut pas être pire.
— Faire un change n'a rien à voir avec la sexualité, Arsène.
— Mais je te parle pas de “sexe”, là, juste de détendre le seul truc de mon corps qui peut être détendu ! C'est pas compliqué, si ?!
— Une branlette, Arsène…? Ce n'est pas “du sexe”...?!
MAIS MERDE ! IL CASSE LES COUILLES AVEC… !
— MMFPH !
Ma jambe se crispe d'un coup, entraîne mon bassin et mon épaule dans une douloureuse torsion. Je suis en train de m'énerver et ça n'arrange rien à ma fatigue physique.
— PU… PUT… TAIN…! je hurle en me crispant.
— Respire, me dit gentiment. Tu te mets dans un état pas possible. Calme-toi.
— MAIS C'EST TOI QUI… QUI ME SAOULES ! TU TE DIS “SOIGNANT” MAIS TU SOIGNES RIEN ! POURQUOI TU ME LAISSES DANS CET ÉTAT, PUTAIN ?!
— Respire, me dit gentiment. Tu te mets dans un état pas possible. Calme-toi.
— MAIS C'EST TOI QUI… QUI ME SAOULES ! TU TE DIS “SOIGNANT” MAIS TU SOIGNES RIEN ! POURQUOI TU ME LAISSES DANS CET ÉTAT, PUTAIN ?!
Je crie, vraiment fort. J'ai tellement la rage, et mal avec la crise que je suis en train de subir, que je me frappe la tête dans l'oreiller, qui s'inonde de mes larmes.
— Ok, ok ! me retient Fadi. Calme-toi, maintenant ! ARSÈNE !
Ses mains me maintiennent immobile sur le lit pour pas que je me blessé. Il me fixe, désemparé par ma détresse, en essayant d'apaiser le gosse furax que je suis.
— Respire, me répète-t-il. Allez. Essaie. Tu te fais du mal pour rien.
Il n'a pas tord, et je n'aime pas la lueur de tristesse que je vois scintiller dans ses iris gris. Il ne me le dira pas, mais mes mots lui ont fait de la peine.
Je souffle doucement, en même temps que Fadi me masse le corps. Je me détends progressivement. Mes yeux fixent le plafond, les siens le sol, et pendant quelques longues secondes, personne ne parle.
Je souffle doucement, en même temps que Fadi me masse le corps. Je me détends progressivement. Mes yeux fixent le plafond, les siens le sol, et pendant quelques longues secondes, personne ne parle.
— Pardon pour ce que je t'ai dit, je lui lance. Tu es un super soignant , Fadi. Mon préféré. Je ne pensais pas ce que je disais. Je suis un connard. J'ai été super méchant. Pardon.
Il hoche la tête, comme pour refuser des excuses qu'il ne croit pas mériter.
— Tu souffres, me défend-il. La souffrance fait parfois dire des choses qu'on regrette. C'est rien.
— Non, c'est pas rien, je réplique. C'est juste… Que t'as une vie normale, toi. Tu ken quand tu veux avec Mira. Tu te touches quand tu veux, parce que c'est normal de pouvoir faire ça. C'est ce que tout le monde fait. Comme dormir, manger et chier. Et dormir, manger et chier, on m'aide à me faire. Pourquoi pas ça, alors que ça fait partie des besoins naturels ? Ça m'aiderait à aller mieux, dans ma tête et dans mon corps. On peut m'aider à faire ça. À cause de quelle morale on me laisse dans cet état ?! J'ai pas assez mal chaque jour ? Les crises, c'est pas suffisant ? Il faut en plus que je sois dans la frustration quotidienne…?!
— Non, c'est pas rien, je réplique. C'est juste… Que t'as une vie normale, toi. Tu ken quand tu veux avec Mira. Tu te touches quand tu veux, parce que c'est normal de pouvoir faire ça. C'est ce que tout le monde fait. Comme dormir, manger et chier. Et dormir, manger et chier, on m'aide à me faire. Pourquoi pas ça, alors que ça fait partie des besoins naturels ? Ça m'aiderait à aller mieux, dans ma tête et dans mon corps. On peut m'aider à faire ça. À cause de quelle morale on me laisse dans cet état ?! J'ai pas assez mal chaque jour ? Les crises, c'est pas suffisant ? Il faut en plus que je sois dans la frustration quotidienne…?!
Long silence. Fadi me regarde, puis baisse les yeux. Son mutisme, lui qui a toujours une parole réconfortante, me sidère et me montre à quel point il peut être démuni face à l'intensité de mon mal-être.
— Tu as raison, murmure-t-il.
Je cligne des yeux, incrédule.
— Ah bon…?
— Je n'ai pas envie de te laisser comme ça. Sur le principe, je suis d'accord avec toi.
— Ah bon…?
— Mais… C'est illégal, Arsène, m'avoue-t-il embêté. Je n'ai pas le droit de faire ça. Même si je le voulais. C'est une transgression professionnelle grave. Mon devoir est de te protéger.
— Tu as officiellement fini de bosser depuis dix minutes, je lui fais remarquer. Tu n'es plus mon aide-soignant, là. Donc il n'y a pas de “droit” à avoir. Et c'est moi qui te le demande. Et me protéger ? C'est pas "me protéger", que de m'aider à aller mieux ?
— Je n'ai pas envie de te laisser comme ça. Sur le principe, je suis d'accord avec toi.
— Ah bon…?
— Mais… C'est illégal, Arsène, m'avoue-t-il embêté. Je n'ai pas le droit de faire ça. Même si je le voulais. C'est une transgression professionnelle grave. Mon devoir est de te protéger.
— Tu as officiellement fini de bosser depuis dix minutes, je lui fais remarquer. Tu n'es plus mon aide-soignant, là. Donc il n'y a pas de “droit” à avoir. Et c'est moi qui te le demande. Et me protéger ? C'est pas "me protéger", que de m'aider à aller mieux ?
Il soupire lourdement, son front dans sa main. Je mate son alliance sans rien dire.
— D'accord, finit-il par accepter.
Je bugue. Je fixe Fadi, incrédule.
— C'est vrai ? T'es ok ?
Un énorme sourire traverse ma tronche.
— Mais… C'est comme un soin, me prévient-il de son index menaçant. C'est juste pour que tu te sentes mieux. Et personne d'autre ne doit savoir.
— Et tu veux que je raconte ça à qui ? Ma mère ? “Eh maman, Fadi m'a branlé, aujourd'hui !”
— Et tu veux que je raconte ça à qui ? Ma mère ? “Eh maman, Fadi m'a branlé, aujourd'hui !”
Je me marre. Lui non.
— Oui, t'inquiète, je réponds sérieusement. Je vais pas t'attirer des problèmes alors que tu me rends service.
Il baisse les yeux, hésitant. Il n'est pas sûr de prendre la bonne décision. Pas sûr que ce soit moralement bien.
— C'est parce que j'ai confiance en toi, que je te le demande, je lui assure. C'est parce que je sais que tu seras bienveillant, même en faisant ça.
Il acquiesce.
— Oui.
Il va me masturber… J'en tremble…
— Installe-toi comme tu es à l'aise, me propose-t-il alors en enfilant une paire de gants.
— Ouaip. Ça marche.
— Ouaip. Ça marche.
Je m'allonge, le dos calé par un coussin. Je baisse mon short et dévoile à Fadi ma demi-molle, qu'il habille d'une serviette de toilette pour plus d'intimité.
Il met de l'huile dans ses mains. Une neutre. Jojoba. Il la fait chauffer entre ses paumes, un rituel habituel avant chaque massage. Je suis un peu décontenancé de me dire que ce qu'il va “détendre” ce soir est une partie de moi qu'il n'a jamais touché, hormis pour l'hygiène.
Il met de l'huile dans ses mains. Une neutre. Jojoba. Il la fait chauffer entre ses paumes, un rituel habituel avant chaque massage. Je suis un peu décontenancé de me dire que ce qu'il va “détendre” ce soir est une partie de moi qu'il n'a jamais touché, hormis pour l'hygiène.
— Tu es prêt…? me demande-t-il gentiment comme avant toute manipulation de sa part.
— Yep.
— Yep.
Je réponds, le visage caché par mes bras. Cette situation me déroute un peu et j'ai très peur qu'elle embarrasse Fadi, mais… Sa voix grave me rassure. Et je le sais honnête. S'il me dit qu'il est d'accord pour le faire, c'est qu'il est vraiment d'accord.
— Si tu doutes ou si tu changes d'avis pendant “le soin”, tu me le dis et on arrête.
— Oui, Fadi, je lâche rapidement, toujours planqué sous mes bras. Je te dis. Pour l'instant, je suis sûr de moi.
— Bien. Je pose ma main sur toi.
— Oui, Fadi, je lâche rapidement, toujours planqué sous mes bras. Je te dis. Pour l'instant, je suis sûr de moi.
— Bien. Je pose ma main sur toi.
J'ai un léger soubresaut quand sa paume touche mon sexe. Un peu de sensibilité. Un peu de surprise.
Celle d'être effleuré à ce genre d'endroit. Celle de constater qu'être effleuré à ce genre d'endroit est divinement bon.
Malgré le gant, je sens la chaleur de sa peau se répandre en moi et ça me fait frissonner. Je tremblote. De curiosité, de peur, d'excitation, de spasmes récalcitrants.
Fadi se tourne légèrement. Du coin, de l'œil, je le vois monter légèrement le chauffage électrique fixé au mur. Il me connaît bien. Il sait quand j'ai besoin de quelque chose. Il sait que je suis en train de me refroidir, à moitié à poil et dans tous mes états émotionnels.
Fadi se tourne légèrement. Du coin, de l'œil, je le vois monter légèrement le chauffage électrique fixé au mur. Il me connaît bien. Il sait quand j'ai besoin de quelque chose. Il sait que je suis en train de me refroidir, à moitié à poil et dans tous mes états émotionnels.
Il y va doucement. Super doucement. Comme quand il fait les étirements, ou les massages. Il est attentif à mes réactions, que ce soit mes mots, mes grognements, les crispations de mon visage, ou les réponses physiques de mon corps. Là, c'est pareil. Quand sa main descend sur ma queue et remonte lentement, il m'observe, non pas par perversité, mais par attention. Il veut s'assurer que ce qu'il fait corresponde à mon souhait et qu'il le fait bien.
Et du bien, putain, il m'en fait…
Ses doigts serrent la base de ma bite et accompagnent lentement ma peau, jusqu'en haut. Quand il revient en bas, je me crispe un peu, mais pas de douleur. De plaisir. Il vient de faire glisser mon prépuce sous mon gland, m'arrachant au passage une coulée de liquide pré-séminal.
J'ai envie de gémir, quand il recommence. De lui signifier que “c'est super bon”. Mais… Comme je l'ai déjà dit, je ne veux pas gêner Fadi dans ce “soin”. Je reste silencieux du mieux que le peux et tâche, moi aussi, de rester aussi “professionnel” que nécessaire.
— Ça va…? me murmure-t-il.
— O… Oui, je couine.
— Tu me guides, Arsène. Si tu as besoin que je fasse différemment…
— O… Oui, je couine.
— Tu me guides, Arsène. Si tu as besoin que je fasse différemment…
J'ai la chair de poule. La chaleur de sa peau me fait frissonner et la mienne palpite. Par moment, la fraîcheur de la chambre me fait frémir, mais elle est ébranlée par les courants d'air chauds qui émanent du radiateur électrique.
Mon aide-soignant me donne beaucoup de plaisir. Physiquement, évidemment, mais au niveau psycho, c'est démentiel. Je veux dire… Jamais je n'aurais cru un jour lui demander de me palucher, et encore moins qu'il l'accepte. Et le voir là, à m'astiquer le manche avec la même minutie que s'il m'étirait l'ischio-jambier… Vraiment troublant.
Mon aide-soignant me donne beaucoup de plaisir. Physiquement, évidemment, mais au niveau psycho, c'est démentiel. Je veux dire… Jamais je n'aurais cru un jour lui demander de me palucher, et encore moins qu'il l'accepte. Et le voir là, à m'astiquer le manche avec la même minutie que s'il m'étirait l'ischio-jambier… Vraiment troublant.
Et vous savez ce qu'il y a d'encore plus troublant, dans l'histoire ? Que Fadi me fout une trique de malade mental. Je le sais, que c'est à cause de lui. Parce qu'à chaque fois qu'il se penche un peu vers moi, les effluves de son parfum épicé me retournent la tête et me font juter encore plus.
Fadi. M'excite.
À chaque allers-retours, sa main sur ma queue me fait dégorger une rasade supplémentaire de lubrifiant et un “Splich… Splich… Splich” accompagne ses coups de poignets délicats.
— Plus… Plus vite, s'teuplait…, je marmonne, toujours caché sous mes bras. Je… Je crois que ça va pas tarder…
— Mm.
— Mm.
Fadi accélère un peu le rythme, et les “splich” deviennent plus nombreux et plus sonores. Un concert délectable. Un bon bruit de branlette hyper hot.
Je me tends, quand une chaleur me consume de l'intérieur. Dans mon ventre, tout se crispe, comme si une lumière intense était en train de me fissurer les entrailles. Sous la montée du plaisir, ma main se raccroche fermement à l'avant-bras de Fadi. Et là… Ce lien crépitant ultime entre ma paume, sa peau brûlante et ses poils… Me fait littéralement décoller.
Je me tends, quand une chaleur me consume de l'intérieur. Dans mon ventre, tout se crispe, comme si une lumière intense était en train de me fissurer les entrailles. Sous la montée du plaisir, ma main se raccroche fermement à l'avant-bras de Fadi. Et là… Ce lien crépitant ultime entre ma paume, sa peau brûlante et ses poils… Me fait littéralement décoller.
J'éjacule brusquement, dans un “MPHF…!” que je n'arrive pas à réfréner. L'orgasme me secoue dans tous les sens, creuse mes abdos, cisaille chacune de mes fibres musculaires, contractant violemment mon corps, mais pour une fois… C'est très bon.
Mon coeur est prêt à péter ma cage thoracique tant il bat vite et fort au moment où j'atteins le Whallala. J'ai l'impression de toucher les nuages, de valdinguer comme une feuille morte avant de redescendre, tout doucement, jusqu'à toucher terre.
Je lâche quatre jets de sperme dans la serviette - signe que mes couilles étaient vraiment pleines. Je reste inerte et silencieux, profitant jusqu'au bout de ces derniers instants de détente totale que vient de m'offrir mon aide-soignant.
D'ailleurs, je ne me suis même pas rendu compte qu'il s'était volatilisé de sa chaise. Je le capte quand il revient de la salle de bain. Avec un gant chaud, il me nettoie en prenant soin de ne pas trop frotter mon gland devenu super sensible. Il termine ma toilette rapide et m'aide à me revêtir. Il a un peu du mal à me faire bouger quand il veut me foutre sous la couette.
Mon coeur est prêt à péter ma cage thoracique tant il bat vite et fort au moment où j'atteins le Whallala. J'ai l'impression de toucher les nuages, de valdinguer comme une feuille morte avant de redescendre, tout doucement, jusqu'à toucher terre.
Je lâche quatre jets de sperme dans la serviette - signe que mes couilles étaient vraiment pleines. Je reste inerte et silencieux, profitant jusqu'au bout de ces derniers instants de détente totale que vient de m'offrir mon aide-soignant.
D'ailleurs, je ne me suis même pas rendu compte qu'il s'était volatilisé de sa chaise. Je le capte quand il revient de la salle de bain. Avec un gant chaud, il me nettoie en prenant soin de ne pas trop frotter mon gland devenu super sensible. Il termine ma toilette rapide et m'aide à me revêtir. Il a un peu du mal à me faire bouger quand il veut me foutre sous la couette.
— Ça y est ? ricane-t-il. Tu n'as plus d'énergie ?
— “Plou d'énergie”, je valide en levant mon pouce en l'air.
— “Plou d'énergie”, je valide en levant mon pouce en l'air.
Il rit encore, tout bas, dans un sourire pudique.
— Allez. Il faut te reposer, maintenant.
J'expire longuement et baisse les bras, toujours sur ma tronche jusque là, pour lui jeter un regard serein.
— Merci, Fadi…, je chuchote amorphe.
Il me fait rouler sur un côté, puis l'autre, pour dégager la couette coincée sous mon corps et me recouvrir avec.
— Je t'en prie. Besoin d'autre chose pour la nuit ?
— Non, merci.
— D'accord. Je te laisse t'endormir. Je reste un peu dans la maison en attendant ta mère.
— Elle rentre tard…? je l'interroge d'une voix faible.
— Non, merci.
— D'accord. Je te laisse t'endormir. Je reste un peu dans la maison en attendant ta mère.
— Elle rentre tard…? je l'interroge d'une voix faible.
Ça y est. Je suis en train de sombrer. Fadi me répond, mais je n'entends pas grand-chose à part un “oui”.
— Arsène ?
J'ouvre un œil. Sa main est posée sur ma cheville.
— Je te dis à demain ?
— À demain. Bonne nuit, Fadi.
— Bonne nuit à toi.
— À demain. Bonne nuit, Fadi.
— Bonne nuit à toi.
Il éteint la lampe de chevet et quitte la chambre.
Mais sa chaleur sur mon corps, elle, reste encore longtemps après son départ.
Mais sa chaleur sur mon corps, elle, reste encore longtemps après son départ.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()