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L'aide-soignant — Chapitre 4 · Fin
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'aide-soignant
Chapitre 4 · Fin
— Arsène. Stop.
Fadi me chope la main. Il la retire de son fute en me fixant droit dans les yeux.
— Quoi ? je lui lance en me marrant. Tu avais l'air de kiffer, pourtant... Que je te caresse...
— Là n'est pas la question, conteste-t-il. On ne doit pas faire ça. C'est tout.
— C'est tout...?
— Là n'est pas la question, conteste-t-il. On ne doit pas faire ça. C'est tout.
— C'est tout...?
Mes dents aggrippent sa gorge. Il frissonne, contre moi.
— Oui, répète-t-il. C'est tout.
Il me repousse gentiment.
Je râle, mais il ignore mes plaintes.
Il déverrouille la porte des chiottes, signe que la discussion est définitivement close.
On sort, direction l'entrée du Macdalle et le parking où on est garé.
Je râle, mais il ignore mes plaintes.
Il déverrouille la porte des chiottes, signe que la discussion est définitivement close.
On sort, direction l'entrée du Macdalle et le parking où on est garé.
Moi, tâchant de dissimuler ma putain d'érection.
...
— Bonjour, Philippe.
Fadi serre la main d'un grand quinquagénaire aux lunettes rondes. Il a l'air sympa, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ce type, avec sa façon de parler et de se tenir, coche tous les critères du cliché du coiffeur gay.
— Tu dois être Arsène ?
Le gars m'envoie un grand sourire et me serre la pince. J'ai du mal à le faire, avec mes spasmes. Mais lui, il s'en fout, on dirait.
— Viens t'asseoir, me propose-t-il en tapotant sur un siège en cuir. Tu veux boire un thé ? Un café ?
— Heu... Non... Rien, je marmonne en y prenant place. Merci.
— Heu... Non... Rien, je marmonne en y prenant place. Merci.
Il me recouvre d'une espèce de robe noire. J'ai l'air d'un corbeau. Ou d'un avocat. Il pose ses mains de chaque côté de mon visage et nos yeux se croisent dans le miroir face à nous.
— Alors. Qu'est-ce-que qu'on fait, Arsène...?
— Je... Je sais pas, je balbutie dans un haussement d'épaules.
— Je... Je sais pas, je balbutie dans un haussement d'épaules.
Mater mon reflet me trouble. Ma gueule respire le handicap et ça me démonte. J'ai la sensation que rien de ce que fera ce foutu coiffeur n'y changera quoi que ce soit.
Mes muscles se tordent brusquement. Une guerre interne douloureuse qui me prend de court et me tape la honte. Mon corps n'est plus qu'un instrument de torture. Je lâche un gémissement de souffrance, et de colère.
— On va trouver, dit Philippe sans être perturbé par ma crise. On va voir ce qui peut t'aller au mieux... Je vois un visage allongé, de grands yeux noirs... Tes cheveux sont épais et bouclés...
Fadi est à côté de moi. Ses yeux gris me soutiennent avec insistance, comme pour me rappeler qu'il est là. Une ancre à laquelle me raccrocher.
Pendant que Philippe tripote ma tignasse, je fixe Fadi et ça me calme. Les tensions s'espacent. S'estompent. Redeviennent latentes.
Pendant que Philippe tripote ma tignasse, je fixe Fadi et ça me calme. Les tensions s'espacent. S'estompent. Redeviennent latentes.
— Allez, lâche Philippe comme un top départ.
Et il coupe la première mèche qui tombe sur ma robe de corbeau.
...
Le cliquetis des ciseaux est un métronome apaisant. Je garde les paupières closes, épuisé.
— Et... Voilà.
La voix de Philippe me tire de mes songes.
— Eh ben ! s'exclame Fadi.
J'ouvre les yeux et me vois dans le miroir. Le dessus de mes cheveux bouclés est long, les côtés sont rasés, net.
Et... Waou...
Je me trouve beau.
Putain de merde, je me trouve vraiment beau...
— Mais qui est ce canon ? demande innocemment Philippe en posant ses mains sur mes épaules.
Je lâche un gloussement.
— Ça te plaît ? me murmure Fadi.
— Au sourire qu'il a, observe le coiffeur. J'ai l'impression que oui.
— Au sourire qu'il a, observe le coiffeur. J'ai l'impression que oui.
...
La fatigue me tombe dessus d'un coup, un plomb qui me liquéfie sur place. Fadi discute un peu avec Philippe, le paie et on le remercie chaleureusement.
Pour le trajet jusqu'à la voiture, mon aide-soignant me propose le fauteuil roulant. J'accepte sans mot dire, trop las pour lutter, trop las pour prétendre que je peux encore tenir debout.
Le retour est calme.
La tête appuyée contre la vie passager, je repense à ce matin.
Pour le trajet jusqu'à la voiture, mon aide-soignant me propose le fauteuil roulant. J'accepte sans mot dire, trop las pour lutter, trop las pour prétendre que je peux encore tenir debout.
Le retour est calme.
La tête appuyée contre la vie passager, je repense à ce matin.
Ma mère. La visite pour vendre la maison. La dispute. Mon pétage de plomb...
Nerveusement, je masse mes mains endolories et recouvertes de plaies et de pansement sanguinolent.
Ses mots, ceux de ma daronne, résonnent encore, un coup de poing dans l'estomac, la sensation d'être éjecté, rendu à la rue comme un vieux truc pété.
Ses mots, ceux de ma daronne, résonnent encore, un coup de poing dans l'estomac, la sensation d'être éjecté, rendu à la rue comme un vieux truc pété.
Comme s'il entendait le fracas de mes songes, Fadi me parle. Il me rassure, sa paume sur ma cuisse, sa voix grave qui promet. Il dit qu'on s'occupe de ça cet après-midi, qu'on va faire un dossier pour un logement social. Que tout va s'arranger. Que je ne suis pas seul pour affronter ça.
Il me réchauffe le cœur. Je lui réponds d'un faible sourire, ma main serrant la sienne.
...
L'après-midi est une paperasse infernale. Fadi et moi, nous passons des heures à remplir des formulaires, à joindre des justificatifs. Il appelle des assistantes sociales, et à chaque conversation, je vois son front se plisser, entendre sa patience mise à rude épreuve. C'est compliqué, très compliqué, un labyrinthe administratif conçu pour qu'on s'y perde.
On comprend qu'on n'est pas au bout de nos peines, et que ce fléau va encore durer des jours.
On comprend qu'on n'est pas au bout de nos peines, et que ce fléau va encore durer des jours.
Ce soir, la fatigue est lourde. Comme d'habitude, ma mère va rentrer tard.
Fadi me fait manger, puis m'aide à faire ma toilette pour me préparer au coucher.
Quand il m'installe dans le lit, je l'incite à se joindre à moi. Pour discuter, comme on le fait souvent, quand il attend un peu que ma daronne donne signe de vie.
Sa chaise étant cassée (ce matin, par mes soins), il hésite un peu et finit par s'assoir sur le bord de mon lit.
Fadi me fait manger, puis m'aide à faire ma toilette pour me préparer au coucher.
Quand il m'installe dans le lit, je l'incite à se joindre à moi. Pour discuter, comme on le fait souvent, quand il attend un peu que ma daronne donne signe de vie.
Sa chaise étant cassée (ce matin, par mes soins), il hésite un peu et finit par s'assoir sur le bord de mon lit.
Sa chaleur si proche de la mienne...
— Tiens, regarde...
Il me montre des photos sur son téléphone. Son voyage au Liban, pour l'enterrement de son frère. Les paysages de pierres et de lumière, sa famille, les visages souriants, heureux des retrouvailles malgré la douleur de la perte. Les plats typiques, les étalages d'épices, dorées comme sa peau.
Nous rigolons ensemble, une détente improbable qui me fait du bien.
Ma main, d'elle-même, trouve sa cuisse, ferme et chaude sous le tissu du pantalon. Le rire s'arrête net. Sa mâchoire se crispe, il déglutit difficilement, le son de sa salive qui descend est bruyant dans le silence dense, chargé, électrique.
Le désir naît là, dans cet espace fragile, une pulsion brutale qui monte aux tripes.
Ma main, d'elle-même, trouve sa cuisse, ferme et chaude sous le tissu du pantalon. Le rire s'arrête net. Sa mâchoire se crispe, il déglutit difficilement, le son de sa salive qui descend est bruyant dans le silence dense, chargé, électrique.
Le désir naît là, dans cet espace fragile, une pulsion brutale qui monte aux tripes.
— Arsène , soupire-t-il.
Fadi râle contre moi, mais... Il cède. Facilement.
Sa main se pose sur ma cuisse, puis mon entrejambe. Elle commence à me caresser à travers le tissu du boxer, et je bande instantanément.
Sa main se pose sur ma cuisse, puis mon entrejambe. Elle commence à me caresser à travers le tissu du boxer, et je bande instantanément.
Une douleur exquise.
Je tourne la tête.
Nos souffles se percutent.
Mes yeux tombent sur ses lèvres, les siens sur les miennes et... Je rapproche mon visage. Il se laisse faire. Alors... je l'embrasse.
Un baiser appuyé. Long. Savoureux. Qui résonne dans ma tête comme une ambiance de carnaval.
Je veux le toucher, sentir sa peau.
Il hésite.
Refuse.
Hésite encore, mais je le prends en otage dans un roulage de pelle qui fait écrouler chacun de ses murs. Un à un. Il lâche ma main. La laisse se poser entre ses cuisses. Pour le branler.
Nos souffles se percutent.
Mes yeux tombent sur ses lèvres, les siens sur les miennes et... Je rapproche mon visage. Il se laisse faire. Alors... je l'embrasse.
Un baiser appuyé. Long. Savoureux. Qui résonne dans ma tête comme une ambiance de carnaval.
Je veux le toucher, sentir sa peau.
Il hésite.
Refuse.
Hésite encore, mais je le prends en otage dans un roulage de pelle qui fait écrouler chacun de ses murs. Un à un. Il lâche ma main. La laisse se poser entre ses cuisses. Pour le branler.
— Fadi.
Mon murmure l'interpelle. Il me mate en silence. Un regard noir qui veut dire "t'es pas sérieux...?"
— Steuplait, Fadi..., je l'implore.
Il capitule et baisse son pantalon en toile. Sa bite sort, déjà dure. Dès lors, on sait ce qu'on a à faire. Nos mains s'activent, sur la queue de l'autre, fébrilement. Enfin... Moi, évidemment, j'ai du mal. Alors ses doigts recouvrent les mains, et il m'aide à le toucher.
Je sens sa chaleur, sa peau, sa douceur qui pulse dans ma paume.
Le plaisir monte, une vague qui me foudroie dans un couinement inévitable.
Fadi se met à respirer fort, lui aussi.
Nous jouissons, presque en même temps. Moi, puis lui. Sa semence est chaude dans nos mains. Blanche. Nacrée. Et foutrement excitante.
Le plaisir monte, une vague qui me foudroie dans un couinement inévitable.
Fadi se met à respirer fort, lui aussi.
Nous jouissons, presque en même temps. Moi, puis lui. Sa semence est chaude dans nos mains. Blanche. Nacrée. Et foutrement excitante.
On vient de sceller notre pacte de sperme.
...
Les semaines passent. Pour moi, c'est le stress constant, l'attente qui ronge. Mais Fadi est là, une présence solide qui me rassure, qui m'aide à gérer l'enfer de l'administratif, et qui me détend souvent d'un petit mouvement de poignet...
Je fais des efforts aussi, j'apprends à me débrouiller seul pour de petites choses. J'essaie de prouver que j'en suis capable. Que je peux faire les tâches du quotidien en autonomie, du moins partiellement, du moins sans ma mère.
Ça va de mieux en mieux. Même si je sais au fond de moi, que je serai toujours handicapé. Toujours dystonique. Toujours un peu cassé.
Ça va de mieux en mieux. Même si je sais au fond de moi, que je serai toujours handicapé. Toujours dystonique. Toujours un peu cassé.
— Tu n'es pas "cassé", me dit souvent Fadi. Tu es juste différent. Et c'est comme tout. Il y a du bon et du moins bon dans la différence.
— Et c'est quoi, le "bon" de cette différence ?
— Ton courage. Ta persévérance. Ta force d'esprit. Tu as un mental d'acier. Tu n'abandonnes jamais. Tu es têtu comme une mule, ça oui, mais tu es prêt à gravir les montagnes pour obtenir ce que tu veux.
— Je n'ai pas bien le choix, Fadi.
— Oh, on a toujours le choix, Habibi. Et toi, tu as choisi de te battre. Tu es un battant.
— Et c'est quoi, le "bon" de cette différence ?
— Ton courage. Ta persévérance. Ta force d'esprit. Tu as un mental d'acier. Tu n'abandonnes jamais. Tu es têtu comme une mule, ça oui, mais tu es prêt à gravir les montagnes pour obtenir ce que tu veux.
— Je n'ai pas bien le choix, Fadi.
— Oh, on a toujours le choix, Habibi. Et toi, tu as choisi de te battre. Tu es un battant.
Battant.
Ses mots m'encourage à m'acharner davantage sur ce projet de vie.
Vivre seul.
Sans ma mère.
Avec toute l'autonomie physique et financière qu'il m'ait possible d'avoir.
Pas grand-chose. Mais plus que tout ce que j'ai pu réussir de concret depuis ma naissance.
Ses mots m'encourage à m'acharner davantage sur ce projet de vie.
Vivre seul.
Sans ma mère.
Avec toute l'autonomie physique et financière qu'il m'ait possible d'avoir.
Pas grand-chose. Mais plus que tout ce que j'ai pu réussir de concret depuis ma naissance.
Mais c'est difficile. Des appartements, avec Fadi, j'en visite. Trop cher, pas handi-équipé, trop loin du secteur de Fadi... Je commence à déprimer. Ça dure des semaines.
Puis un jour, le téléphone sonne. Fadi décroche. J'observe son visage, et je vois ses yeux s'illuminer. C'est une bonne nouvelle. Un logement pour lesquel on a déposé un dossier... M'est accordé.
Un peu vétuste, dans un vieil immeuble, mais c'est en rez-de-chaussée, et il est facilement aménageable.
En vrai, ça va.
Je veux dire... Ça me va.
Un peu vétuste, dans un vieil immeuble, mais c'est en rez-de-chaussée, et il est facilement aménageable.
En vrai, ça va.
Je veux dire... Ça me va.
La joie explose en moi, un feu d'artifice dans ma poitrine. Fadi et moi, nous nous étreignons fort à l'entente de cette nouvelle, si fort que ça me fait mal aux côtes.
— Merci, je lui souffle. C'est grâce à toi...
— Non, Arsène, me dit-il. C'est toi qui a entrepris tout ça. C'est grâce à toi. Et tu peux vraiment être fier de ce que tu viens d'accomplir.
— Non, Arsène, me dit-il. C'est toi qui a entrepris tout ça. C'est grâce à toi. Et tu peux vraiment être fier de ce que tu viens d'accomplir.
Je souris, avant de poser mes lèvres sur les siennes.
Tout ne sera jamais parfait. Mais j'avance, pas après pas. Et je sais qu'il sera là pour moi.
Tout ne sera jamais parfait. Mais j'avance, pas après pas. Et je sais qu'il sera là pour moi.
————————
Eh Salut, c'est Evan !
La série "L'aide-soignant" touche à sa fin.
Si tu as aimé suivre les aventures d'Arsène et Fadi, n'hésite pas à me laisser un commentaire ou venir en message privé ! Ça fait toujours plaisir !
Et si tu as encore envie de découvrir mon univers, vas voir mes autres histoires ;)
La série "L'aide-soignant" touche à sa fin.
Si tu as aimé suivre les aventures d'Arsène et Fadi, n'hésite pas à me laisser un commentaire ou venir en message privé ! Ça fait toujours plaisir !
Et si tu as encore envie de découvrir mon univers, vas voir mes autres histoires ;)
Bise !
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Commentaires ()
Merci pour votre retour, très plaisant à lire ! Ça motive à écrire.
En effet, l'histoire de termine "un peu vite". Peut-etre un autre chapitre serait intéressant à faire, en effet...
Je viens de terminer L'aide soignant et regrette qu'il n'y ait pas une petite suite suplementaire.
Vos histoires sont bouleversantes et s' ancrent dans la vraie vie.
Je suis un homme gay de 71 ans, tres sensible, je vis dans le Var et il y a longtemps que je n'ai pas lu d'aussi beaux récits
jamais vulgaires et parlant de sentiments vrais.
Je suis assidument le récit Boss ,j'attends la suite du 17 Janvier en espérant qu'il ne s'arrette pas trop vite !
Mille mercis je vais devenir un fidèle!!!
Alain
Votre commentaire me touche beaucoup et je vous en remercie. Quel plaisir d'avoir des lecteurs comme vous ! ''L'aide-soignant" s'arrête, en effet, car je manque de temps pour écrire et me focalise sur des récits plus avancés.
Toutefois, je comprends votre regret ! Ces personnages vont me manquer aussi.
Evan