00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Elissalabrune Première fois avec une beach-volleyeuse XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Première fois avec une beach-volleyeuse — Chapitre 15 · Benjamin

18 minutes
14.3k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Elissalabrune
Elissalabrune
Histoires publiées
19
Abonnés
131
J'aime cumulés
4.6k

Première fois avec une beach-volleyeuse

Chapitre 15 · Benjamin

Les jours ont glissé, d'abord timides, puis plus francs, plus chargés de nous. Les tournois se succédaient, défaites amères et victoires euphoriques, mais tout cela s'effaçait dès que je refermais la porte de chez Clémence. Là, dans cet appartement baigné de lumière et d'odeur de café, c'était une autre dimension : la nôtre. Une réalité suspendue entre son rire au petit matin et ses gémissements étouffés dans l'obscurité.
Depuis que nous nous étions dit « je t'aime », presque par accident mais avec une vérité nue, tout avait changé. Le sexe, déjà électrique, était devenu incandescent. Une sorte de dialogue muet entre deux corps qui se reconnaissent, qui n'ont plus rien à cacher, plus rien à feindre.
Quand elle me chevauchait, ses yeux plantés dans les miens, je la sentais me dire ces mots-là encore, sans parler. Quand elle jouissait, c'était mon prénom qui sortait de sa bouche comme une prière, tremblante et brûlante. Et toujours, toujours après, elle glissait sa tête contre mon cou, s'y blottissait comme si mon corps seul pouvait l'ancrer.
Ma bouche avait exploré chaque recoin d'elle. Chaque pli, chaque frisson, chaque trace sur sa peau : j'avais tout aimé. Elle était devenue une géographie intime que je connaissais par cœur, mais qui m'émerveillait encore. J'étais amoureuse de tout : de ses soupirs au creux de mon oreille, de la douceur de sa nuque, du goût de son plaisir.
Et pourtant, notre amour était encore à l'ombre. Pas défini, pas nommé. Mais il suintait de chaque objet de son appartement. Ma brosse à dents trônait dans un verre près du lavabo. Mes culottes s'empilaient dans un coin de son tiroir. Elle achetait mes céréales préférées sans que je le lui rappelle. Et puis il y avait notre profil Netflix : “Éli♥Clém”, avec un petit cœur maladroitement ajouté.
Le jour où elle m'a tendu un double de ses clefs, c'était presque banal. Aucun grand discours. Juste :
— Tiens. Ce sera plus simple.
J'avais fermé les doigts dessus sans parler, le cœur serré de gratitude et d'un peu de vertige. Parce que c'était ça, en fait : on vivait ensemble. On s'aimait comme on respire. Alors à quoi bon mettre des mots là où tout était déjà écrit partout autour de nous ?
Quelle naïve j'étais.
Avec le recul, je revois tous ces petits silences, ces zones floues que Clémence évitait. Les discussions sur ses anciennes relations se terminaient toujours dans une pirouette, un sourire vague, un changement de sujet. Elle savait se faire insaisissable. Mais moi, j'avais choisi de ne pas insister. J'étais amoureuse, et c'était plus facile de me raccrocher à ce qu'on vivait, à notre complicité, à cette passion brûlante qui nous enveloppait chaque fois qu'on se retrouvait. Je me disais : si elle m'ouvre son corps avec autant de tendresse, alors son cœur doit être à moi aussi.
Le tournant a eu lieu un vendredi. Un jour tout à fait banal.
Enfin, presque.
J'arrivais à l'entraînement avec un retard monstrueux, les nerfs en vrac à cause d'un bouchon interminable sur le chemin. J'étais déjà de mauvaise humeur. En descendant de la voiture, je me presse vers le terrain, pensant rater tout juste la fin de l'échauffement.
Mais un détail me frappe immédiatement : Clémence n'est pas là.
Elle qui ne manque jamais un entraînement sans prévenir, qui est toujours la première sur le terrain... Rien. Je l'avais pourtant quittée ce matin, encore trempées de notre douche commune, les lèvres collées, les doigts emmêlés. Elle était bien, rieuse, presque collante. On s'était dit à ce soir, l'air de rien, avec ce petit clin d'œil qu'on se réservait.
L'entraînement passe dans un flou. Mon corps bouge, mais ma tête est ailleurs. Je n'arrive pas à me concentrer. Mon regard glisse sans cesse vers l'entrée du stade, comme si elle allait surgir d'un instant à l'autre, un peu essoufflée, en s'excusant. Mais non.
Dès le dernier ballon, je sors mon téléphone et compose son numéro. Boîte vocale. Je réessaie. Deux fois. Toujours la même voix robotique. Mon cœur se serre un peu plus à chaque tonalité. Je finis par lui envoyer un message, bref, inquiet :
« Tu vas bien ? T'as pas pu venir ? Appelle-moi vite s'il te plaît. »
Je respire un coup et tente de garder la face. Je m'approche du groupe avec un sourire figé, comme pour reprendre le fil d'un quotidien qui me glisse déjà entre les doigts.
— Euh… les filles, vous savez pourquoi Clémence n'était pas là ce soir ?
Je tente un ton détaché, mais ma voix sonne déjà un peu faux.
Sarah me répond du tac au tac, avec un sourire léger :
— Ah ouais, Antho (son copain, qui joue dans l'équipe masculine) m'a dit que Benjamin est rentré aujourd'hui, il lui a fait une surprise… donc j'imagine qu'ils sont ensemble.
Benjamin ?
Ma bouche s'ouvre mais aucun son ne sort. Mon esprit refuse de comprendre.
— Benjamin ? Je répète, la gorge serrée, comme si je testais ce prénom sur ma langue pour la première fois.
— Bah ouais Ben, son mec ! Celui qui était en voyage à l'étranger... Je pensais que tu savais, vu le temps que vous passez ensemble toutes les deux.
Je reste muette. Les mots flottent autour de moi comme dans un mauvais rêve.
Son mec ?
Le mec de Clémence ?
Mon cœur tambourine dans ma poitrine, brutalement. Un poids se pose sur ma langue, sur ma poitrine, partout. Je n'arrive plus à respirer.
— Pardon, je suis… un peu fatiguée.
Ma voix est blanche, vidée.
Julie, insouciante, ricane :
— À mon avis, ils sont en train de rattraper le temps perdu... Elle aura fait son sport ce soir, tkt !
Sarah éclate de rire à son tour.
Mais moi, je ne ris pas. Je suis figée, noyée dans un silence intérieur.
Fatou me regarde, perplexe :
— Elissa… ça va ?
Je ravale ma salive, tente un hochement de tête maladroit. Mais Eva, elle, a déjà compris. Elle m'attrape doucement par le bras.
— Mais oui, elle va bien. Viens Elissa, on va remplir nos gourdes, j'ai super soif.
Je la suis mécaniquement, incapable de parler. Mes doigts tremblent autour de ma bouteille. Eva me fixe, sérieuse. Elle voit mes yeux rougis, mon souffle court.
— Tu ne savais pas pour Benjamin ?
Je baisse les yeux. Je ne dis rien.
— Tu sais… Je vous avais entendues, toi et Clémence, dans les douches. C'était pas… équivoque. Je pense comprendre pourquoi t'es pas bien. Si t'as besoin d'en parler, je suis là.
Je secoue la tête. Pas maintenant. Pas encore.
— Non… y'a rien. Juste la fatigue, c'est tout.
Je m'éloigne, le cœur en feu, les jambes tremblantes. Je file du stade sans même prendre le temps de me doucher. J'ai besoin de réponses. D'explications. De vérité.
Je monte en voiture. Je compose encore son numéro. Une fois. Deux fois. Toujours rien. Je conduis sans réfléchir, chaque battement de cœur plus douloureux que le précédent. Mon corps tout entier est tendu, prêt à exploser.
Arrivée devant son immeuble, je monte les marches quatre à quatre, comme poussée par une rage sourde.
Et puis je m'arrête.
Parce que j'entends. Derrière la porte de son appartement.
Des éclats de voix. Ceux d'une dispute...de couple.
Mon souffle se coupe net. Mes doigts frôlent la poignée mais je n'arrive pas à la tourner. Je reste là, figée, le front collé contre le bois tiède de la porte.
Et j'écoute.
Je colle mon oreille contre la porte. Les voix sont claires. Trop claires.
— Je veux dire que c'est toi qui m'as trompée, Ben. Alors ouais, je suis passée à autre chose. Tu t'attendais à quoi ? Que je t'attende sagement pendant que tu te tapais toute l'Amérique latine ?
La voix de Clémence tremble, mais elle garde ce ton cinglant, cette dignité douloureuse que je lui connais.
— Putain Clem… je te l'ai dit mille fois, c'était en voyage. Ça comptait pas. J'me rappelle même plus de leurs noms…
La voix grave qui lui répond est celle d'un homme. Benjamin. Ça ne peut être que lui.
— Ah donc y'en a eu plusieurs ?
Sa voix se brise un instant.
— Tout à l'heure, tu m'as dit que c'était une erreur, “UNE (seule) fille”. Et là tu me parles de “leurs noms”…
Elle crie presque. Mon cœur s'emballe. Je sens la panique grimper.
— Mais les autres, c'était après ! Après que tu m'as envoyée chier quand je t'ai dit pour l'Argentine… répond Benjamin, comme s'il justifiait l'injustifiable.
— T'es qu'un pauvre con. Un menteur. Tu baises des filles à l'autre bout du monde, et tu penses pouvoir revenir comme si de rien n'était ?
— On avait dit qu'on pourrait s'amuser un peu, c'est toi qui oublies ça maintenant. Tu veux les détails ? Quatre. Une en Argentine, bourré. Une autre après que t'as coupé les ponts. Et un plan à trois, voilà.
— Putain mais t'as couché avec pleins de filles pendant qu'on était encore ensemble et t'oses me faire la morale ?
— Arrête Clem, c'est toi l'hypocrite. J'ai pensé à toi tout du long. Et toi ? Hein ? T'étais avec qui ces derniers mois ? Tu m'as dit texto que t'avais tourné la page !
Un silence. Court.
Puis elle crache :
— T'as mis fin à notre couple la seconde où t'as ouvert la braguette devant une autre !
— Ah ouais ? Donc c'est fini entre nous ?! hurle-t-il soudain.
Et puis plus rien.
Le silence retombe comme un rideau de plomb. Mais pour moi, il est assourdissant.
Mon cerveau tourne à toute vitesse. Elle lui a dit qu'elle avait tourné la page... donc c'était moi. C'est moi qu'elle a choisi. C'est avec moi qu'elle fait l'amour, qu'elle rit, qu'elle partage ses nuits. Je suis ce “quelqu'un d'autre”...
Mais alors, pourquoi ce silence ? Pourquoi cette tension palpable derrière la porte ?
Quelque chose en moi cède. Je sors le double de ses clefs, ce petit bout de métal qu'elle m'a confié sans un mot, comme un serment discret.
Je l'enfonce dans la serrure.
J'entre dans l'appartement, le torse bombé, le cœur déchiré. Je veux affirmer ma place. Mais ils ne sont pas là. Enfin... pas dans le salon.
Des bruits. De la chambre. Des soupirs, des chuchotements.
La porte est entrouverte.
Et là, je la vois.
Clémence. Ma Clémence. Allongée sur le lit, comme brisée. Son mascara a coulé sur ses joues, son regard est éteint, mais sa bouche entrouverte trahit une forme de résignation.
Elle porte cette robe à fleurs que j'adore, celle qu'elle avait il y a quelques jours lors d'une de nos étreintes passionnées. Ses jambes sont tendues, presque figées, et Benjamin est debout à ses pieds, le regard rivé sur elle.
Je m'avance d'un pas. Puis je recule. La panique me serre la gorge.
Je me cache.
Je ne peux pas entrer. Je veux hurler, tout casser. Mais mes jambes flanchent. Alors je reste là, spectatrice de ma propre déchirure.
— Ma Clem… t'es trop belle. Tu m'as manqué comme un fou. Y'en a pas une qui t'arrive à la cheville.
Sa voix est plus douce maintenant, presque tendre. Il la rejoint sur le lit, s'allonge sur elle, remonte lentement la robe, ses mains glissant sur ses cuisses nues.
— Je sais pas si je peux, Benjamin... souffle-t-elle, presque inaudible.
— Tu sais pas si tu peux quoi ? Il murmure en descendant ses lèvres contre sa peau.
Et puis il l'embrasse.
Je sens mon cœur se briser. J'étouffe.
Il baisse les bretelles de sa robe, fait glisser son soutien-gorge. Ses seins apparaissent, parfaits, connus, aimés.
Il les prend en bouche. Longuement.
Clémence ferme les yeux.
Et moi je reste là. Paralysée. Le ventre en feu. La gorge nouée.
Je devrais hurler, entrer, les séparer. Crier que c'est moi qu'elle aime.
Mais je ne fais rien.
Je reste.
Je regarde.
Et malgré la douleur, malgré la rage, une part de moi, honteuse, douloureuse, est en train de s'exciter.
Benjamin, grand, massif, blond cendré, s'impose comme une présence animale. Ses cheveux longs noués en chignon, sa barbe de baroudeur, son torse large marqué par le soleil et les kilomètres… Il ressemble à un cliché de virilité, de ceux qu'on croise dans les pubs de parfum ou les rêves inavouables.
Il est là, devant elle, et ses mains puissantes malaxent les seins de Clémence, mes seins, ceux que j'ai embrassés mille fois, que j'ai faits frissonner rien qu'en soufflant dessus. Ses lèvres se referment sur ses tétons comme les miennes la veille encore, et Clémence gémit… un son que je croyais être le nôtre, un son que j'entends là, comme volé, profané.
Et puis… sa main descend. Lentement. Un geste sûr. Il écarte délicatement le tissu de sa culotte et glisse ses doigts entre les cuisses que j'ai tant aimées. Le soupir qu'elle laisse échapper me transperce.
Il la touche.
Là.
Et elle l'accueille.
Là.
Comme elle m'a accueillie hier soir, quand son dos s'arquait contre les draps, quand son plaisir ruisselait sur mes doigts.
Je sens mes tripes se contracter. Mon ventre, lui, se tend d'un feu étrange, entre la colère et… quelque chose d'autre. Quelque chose de plus obscur, de plus honteux.
Benjamin fait glisser sa robe plus haut encore, la débarrasse de sa culotte, et se redresse. Il se dénude sans pudeur : t-shirt, pantalon, caleçon. Tout tombe. Je le vois de profil. Son corps est puissant, tanné par le soleil, nerveux. Et son sexe… dressé, épais, impudique.
Je me sens ridicule. Petite. Fragile.
Comment lutter contre ce monument de chair brute ? Et pourtant... c'est moi qu'elle a aimée. C'est moi qu'elle a choisie. N'est-ce pas ?
Il murmure quelque chose. Sa voix est rauque, presque animale.
— Viens… viens, Clem.
Je n'entends pas tout, mais elle secoue la tête.
— On fait une connerie… j'ai quelqu'un maintenant… Sa voix est basse, brisée.
Et lui, implacable :
— Allez. Dis pas ça. Tu sais que t'en meurs d'envie. Moi aussi.
Elle ne répond pas tout de suite. Et puis elle cède.
Elle bascule.
Et je la vois s'approcher de lui, les yeux mi-clos, la bouche entrouverte. Elle ne le repousse pas. Elle ne se détourne pas. Elle le regarde avec une intensité qui me glace.
Elle le touche. Ses mains remontent lentement le long de ses cuisses. Ses lèvres frôlent sa peau. Puis… elle s'incline. Sa langue s'avance, curieuse, presque timide, et elle enveloppe enfin son sexe érigé.
Je n'entends plus que des bruits mouillés, des sucions, des souffles courts, et cette voix masculine que je hais de toute mon âme.
— Putain, Clem… Suce-moi bien… 
Des mots crus, intimes, étouffés par le rythme qu'il lui impose, alors que ses mains se perdent dans ses cheveux, ces cheveux que j'aime caresser quand elle dort contre moi.
Je voudrais hurler. Casser quelque chose. Me jeter entre eux.
Mais je ne bouge pas.
Je regarde.
Je brûle.
Chaque mouvement de sa tête, chaque frisson de son corps me renverse. Et pourtant je reste là, paralysée, le cœur en charpie, le ventre en feu.
À un moment, il se retire brutalement. Il fouille dans la table de nuit. Je ne vois pas ce qu'il cherche. Ni ce qu'il espère trouver.
Et moi, je suis toujours là, incapable de détourner les yeux.
T'as plus de capotes ? demande Benjamin en fouillant nerveusement dans le tiroir de la table de nuit.
— Non… j'en ai pas, répond Clémence en se recoiffant rapidement, tirant sur sa robe pour recouvrir ses cuisses, l'air soudain mal à l'aise, comme si la gravité de ce qu'elle venait de faire lui tombait dessus d'un seul coup.
— Et ton “je suis passée à autre chose” ? Tu vas pas me dire que tu couches avec lui sans capote ? insiste Benjamin, le ton chargé de reproche, d'un égo blessé plus que d'un véritable souci.
Clémence inspire profondément, s'assoit à la tête du lit, remonte la couette sur ses jambes nues et regarde un instant ses doigts entremêlés.
— C'est pas un “lui”, Benjamin…
Un silence s'installe.
— Attends, quoi ? fait Benjamin, suspendu dans son geste.
— C'est pas un homme, reprend-elle calmement. Donc non, y'a pas besoin de préservatif.
Benjamin reste interdit, puis éclate d'un rire un peu nerveux.
— Mais t'es pas gouine…
— Tais-toi, Ben. Tu sais pas qui je suis. Sa voix est ferme, presque grave. Une tension monte.
Il hausse les sourcils, mi-sérieux, mi-provocateur.
— C'est ça ton grand move de vengeance ? Tu t'es tapé une fille ? T'sais… ça me dérange pas, hein…
— C'était pas pour me venger. Enfin… peut-être au tout début. Mais maintenant… je suis amoureuse, Ben.
Ces derniers mots tombent comme une enclume. Lourds. Irrévocables.
Et c'est là, dans cet instant suspendu, que mon corps agit avant ma tête.
Je franchis la porte.
Je suis entrée, droite, glacée, tremblante, le cœur battant à me rompre les côtes.
Clémence sursaute, ses yeux s'arrondissent, la panique éclot dans ses pupilles comme une onde.
— Merde… Élissa. Qu'est-ce que tu fais là ? souffle-t-elle, comme si elle venait d'être prise en flagrant délit du pire crime.
— Clémence… comment tu peux… Comment tu peux me faire ça ? Avec lui ? dis-je, la voix brisée, les larmes me montant aux yeux si vite que je ne peux plus les contenir. C'est dégueulasse…
Benjamin, toujours debout, se retourne vers moi, sa silhouette nue presque provocante dans la lumière tamisée.
— Attends… c'est elle, la “meuf” ?
Je le dévisage. Il est immense. Encore en érection. Une absurdité obscène. Un rival démesuré.
Et je hurle. D'un cri qui vient de loin, de l'estomac, de mes tripes
— Vous êtes dégueulasses ! Tous les deux ! Et toi, comment t'as pu me mentir comme ça, Clémence ?!
Benjamin tente de calmer le jeu.
— Tranquille, hein…
Mais Clémence le coupe :
— Ben… s'il te plaît. Laisse-nous seules.
— Tu veux que je parte ? Maintenant ? Sérieusement ? On est ensemble depuis deux ans, et là je découvre que tu me trompes avec une fille ? Et j'devrais m'effacer gentiment ?
Ce qui suit, c'est une scène surréaliste, chaotique. Un triangle d'accusations, de colères, d'incompréhension. Je l'accuse de trahison, lui aussi. Clémence, elle, se recroqueville entre nous deux, nue sous la couette, au bord des larmes. Et malgré moi, malgré cette brûlure en moi, je finis par m'approcher d'elle. Ses épaules tremblent. Son visage s'effondre. Je tends les bras. Je la serre.
Sa peau est chaude contre la mienne. Son odeur familière. Son cœur bat vite, trop vite. Et sans comprendre pourquoi, mes lèvres trouvent naturellement le creux de son cou, là où elle frissonne toujours. Je l'embrasse. Tendrement. En silence.
— Non mais franchement, lâche Benjamin, amer. Vous croyez vraiment qu'il peut se passer un truc sérieux entre vous deux ? Rien de tout ça n'est comparable.
Je me redresse, glacée, et me tourne vers lui.
— Tu sais pas le nombre de fois où elle m'a dit que c'était mieux qu'avec les mecs. Mieux que TOI, Benjamin. 
Il ricane, mais une ombre passe dans son regard.
— Ouais, elle t'a peut-être dit ça… mais jamais tu pourras lui donner ce qu'elle aime vraiment. 
Il hésite puis ajoute: 
— Elle aime trop ma queue.
— Ben ! Tais-toi ! s'écrie Clémence, presque honteuse.
Elle me regarde, bouleversée, perdue, comme si elle cherchait dans mes yeux une réponse à sa propre confusion.
Et dans ce regard, dans cette hésitation, dans cette infime fissure… je vois tout.
Je vois qu'elle m'aime.
Mais je vois aussi qu'elle a aimé ça.
Lui.
Ce moment.
Ce pouvoir qu'il exerce encore sur elle.
Benjamin, de son côté, croit voir un feu vert. Il s'avance un peu, son sourire carnassier retrouvé, le torse bombé.
Et moi, je reste là. Les bras autour d'elle. À sentir son souffle haletant sur mon épaule. À me demander si je peux encore lui faire confiance. Si je dois me battre. Ou fuir.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 16 · Lui ou moi ?
11 minutes
17.4k
156
9
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 5 commentaires
Photo de profil de Monplaisir71
Monplaisir71
2 août 2025 à 16:11
Quel bonheur de retrouver Eli et Clem. Ce chapitre est aussi joliment écrit que les précédents. Que de montagnes russes dans les sentiments d'Eli pendant son "voyeurisme" ; j'espère vraiment que Benjamin ne viendra pas mettre fin aux très délicieuses amours des deux belles.
Modifié 2 août 2025 à 16:13
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Semyaza
Semyaza
2 août 2025 à 11:03
Ouille, ouille, ouille ! Cette longue absence m'avait presque fait oublier à quel point j'aime cette histoire.........
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Sylvie la sissy
Sylvie la sissy
2 août 2025 à 08:43
Très beau passage, très dur aussi. J'espère que l'amour gagnera.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Step27
Step27
2 août 2025 à 07:24
Super agréable à lire , merci c'est merveilleux
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
2 août 2025 à 03:00
Encore un joli chapitre pleins de tention. J' ai hâte de lire la suite.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Darkminou Léa, ma copine XSTORY
Léa, ma copine
Chapitre 1
Par Darkminou
243
4
37.2k
Hétéro
✦ oniroscapitolin mon amour, ses amours. XSTORY
mon amour, ses amours.
Chapitre 3
Par
63
6
7.1k
Bi
✦ Sunstone Une histoire impossible, deux histoires impossibles... XSTORY
Une histoire impossible, deux histoires impossibles...
Chapitre 3
Par Sunstone
173
8
3.9k
Hétéro
✦ Xaviernnrs Cure de jouvence XSTORY
Cure de jouvence
Chapitre 3
Par Xaviernnrs
76
4
2.8k
Hétéro
✦ Eden_R L'ex-fiancé de ma meilleure amie XSTORY
L'ex-fiancé de ma meilleure amie
Chapitre unique
Par Eden_R
168
0
10.9k
Hétéro
✦ tounet777 Le libraire et le gendarme XSTORY
Le libraire et le gendarme
Chapitre 6
Par tounet777
36
3
3.4k
Gays
✦ Jane Does Les âmes mentent ! XSTORY
Les âmes mentent !
Chapitre 2
Par Jane Does
45
2
2k
Hétéro
✦ Sunstone Une histoire impossible, deux histoires impossibles... XSTORY
Une histoire impossible, deux histoires impossibles...
Chapitre 2
Par Sunstone
115
4
10.6k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio