Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Delphine en Périgord — Chapitre 9 · De princesse à catin
Auteur
Delphine en Périgord
Chapitre 9 · De princesse à catin
Ma jolie petite princesse est à cet instant une catin. Le contraste me frappe, me retourne, me fait perdre le peu de retenue qui restait. Je ne me retiens plus. Je la pilonne. Sans douceur. Sans peur de la casser. Mes hanches claquent contre les siennes, fort, profond, chaque coup la transperce jusqu’au fond. La pierre chaude résonne sous son dos. Elle ne se brise pas. Elle s’ouvre. Elle en redemande. Ses mots sales la portent, et les miens maintenant la prennent.
— Petite putain… prends-moi bien…
— Petite putain… prends-moi bien…
Je le dis en m’enfonçant d’un coup. Elle pousse un cri, long, déchiré. Son sexe se serre autour de moi, brûlant, trempé. Elle me répète, la voix rauque, presque suppliante.
— Oui… je suis votre petite putain… je vous prends… défoncez-moi…
— Oui… je suis votre petite putain… je vous prends… défoncez-moi…
Je continue. Plus fort. Plus profond. Je la transperce. Son ventre se soulève à chaque choc. Ses petits seins tressautent, les pointes dures sous mes mains. Je les presse, je les pince un peu, et elle gémit plus fort.
— Cochonne… chienne… tu aimes ça, hein ? Tu aimes quand je te défonce ?
— Oui… je suis votre cochonne… votre chienne… j’aime quand vous me défoncez… oh mon Dieu encore…
— Cochonne… chienne… tu aimes ça, hein ? Tu aimes quand je te défonce ?
— Oui… je suis votre cochonne… votre chienne… j’aime quand vous me défoncez… oh mon Dieu encore…
Elle le répète. Chaque insulte que je lui lance, elle la reprend. Elle se la donne. Elle s’offre. Comme jamais. Ses cuisses s’écartent plus largement. Ses talons s’enfoncent dans la pierre. Elle se cambre, me cherche, me prend plus profond. Sa liqueur coule, chaude, abondante, et chaque fois que je me retire un peu elle gémit de manque, puis crie quand je reviens la transpercer.
— Salope… petite salope… prends toute ma bite… tu es faite pour ça…
— Oui… je suis votre salope… je prends toute votre bite… je suis faite pour ça… défoncez votre salope…
— Salope… petite salope… prends toute ma bite… tu es faite pour ça…
— Oui… je suis votre salope… je prends toute votre bite… je suis faite pour ça… défoncez votre salope…
Sa voix est partout. Rauque. Sale. Elle ne se cache plus. Elle se donne. Elle se dit putain, cochonne, chienne, salope, et chaque mot qu’elle répète me fait la pilonner plus fort. Je la prends sans retenue. Mes mains glissent sous ses reins, la soulèvent un peu, l’offrent encore plus. Je la transperce. Je la démonte. Son sexe me serre, me lâche, me reprend, brûlant, trempé, avide. Elle hurle. Elle supplie. Elle répète.
— Encore… plus fort… je suis votre putain… votre cochonne… votre chienne… transpercez-moi… je veux tout…
— Encore… plus fort… je suis votre putain… votre cochonne… votre chienne… transpercez-moi… je veux tout…
Et moi je lui donne. Sans peur. Sans douceur. Je la baise comme on prend ce qui s’offre entièrement, et elle s’offre comme jamais elle n’a dû le faire : ouverte, criante, répétant chaque mot sale que je lui lance, le ventre qui me cherche, le sexe qui me prend, la voix qui me dit encore et encore qu’elle est exactement ce que je viens de dire, pendant que la chapelle se remplit de nos chocs et de ses cris.
Je ne me retiens plus. Je la pilonne jusqu’au bout. Chaque coup touche le fond de son ventre. Elle est ouverte, trempée, serrée autour de moi, et je sens la vague monter, dense, brutale. Elle aussi. Son corps se tend. Ses cris montent, se brisent, deviennent des hurlements.
— Oui… je suis votre salope… oh mon Dieu… je jouis… je jouis…
Je ne me retiens plus. Je la pilonne jusqu’au bout. Chaque coup touche le fond de son ventre. Elle est ouverte, trempée, serrée autour de moi, et je sens la vague monter, dense, brutale. Elle aussi. Son corps se tend. Ses cris montent, se brisent, deviennent des hurlements.
— Oui… je suis votre salope… oh mon Dieu… je jouis… je jouis…
Elle jouit. Fort. Intense. Son sexe se contracte autour de moi par vagues, me serre, me lâche, me reprend. Elle hurle. Sa voix déchire la chapelle. Ses cuisses tremblent. Son ventre se soulève. Elle se donne entièrement, la fragile princesse devenue animal sous moi, submergée par le plaisir de se dire salope, de se faire défoncer, de se faire prendre jusqu’au fond. Ses mains griffent la pierre. Ses petits seins tressautent. Elle ne contrôle plus rien. Elle hurle son plaisir, long, déchiré, abondant, et son sexe pulse, coule, me prend encore plus fort.
Je grogne. Le mien monte. Je m’enfonce une dernière fois, profond, jusqu’au fond de son ventre, et je me répands en elle. Chaud. Abondant. Je la souille de mon sperme. Je continue de la baiser pendant que je jouis, de toucher le fond, de la remplir. Mes grognements se mêlent à ses hurlements. Je sens mon sperme couler en elle, autour de moi, et je reste enfoncé, la prenant encore, la souillant, la marquant, pendant qu’elle jouit toujours, submergée, criant, se serrant autour de moi comme si elle voulait tout garder.
Elle est là, fragile et animale à la fois. Le corps qui tremble, la voix qui hurle encore « je suis votre salope », le sexe qui pulse autour du mien, et moi qui me vide en elle, profond, sans retenue, jusqu’à la dernière vague. Nos jouissances se mêlent. Fortes. Intenses. Elle hurle. Je grogne. Et dans la chapelle, sous le rayon de soleil, elle s’offre entièrement, submergée, pendant que je la remplis et que je touche encore le fond de son ventre.
Je grogne. Le mien monte. Je m’enfonce une dernière fois, profond, jusqu’au fond de son ventre, et je me répands en elle. Chaud. Abondant. Je la souille de mon sperme. Je continue de la baiser pendant que je jouis, de toucher le fond, de la remplir. Mes grognements se mêlent à ses hurlements. Je sens mon sperme couler en elle, autour de moi, et je reste enfoncé, la prenant encore, la souillant, la marquant, pendant qu’elle jouit toujours, submergée, criant, se serrant autour de moi comme si elle voulait tout garder.
Elle est là, fragile et animale à la fois. Le corps qui tremble, la voix qui hurle encore « je suis votre salope », le sexe qui pulse autour du mien, et moi qui me vide en elle, profond, sans retenue, jusqu’à la dernière vague. Nos jouissances se mêlent. Fortes. Intenses. Elle hurle. Je grogne. Et dans la chapelle, sous le rayon de soleil, elle s’offre entièrement, submergée, pendant que je la remplis et que je touche encore le fond de son ventre.
La dernière vague me traverse. Je reste enfoncé en elle, profond, jusqu’au fond de son ventre. Mon sperme est encore chaud autour de moi. Je ne bouge plus. Elle non plus. Nos corps sont inertes, lourds, collés. La chaleur du soleil tombe dans mon dos, tiède, presque brûlante sur mes épaules. La chaleur de son sexe autour du mien est autre : vivante, serrée encore par petites contractions, trempée de nous deux. Je sens son souffle contre mon cou, court, brisé. Elle tremble un peu. Moi aussi. Nous restons comme ça, sans bouger, dans le silence de la chapelle, le temps que tout redescende.
Lorsque je relève la tête, je la trouve. Ses yeux sont grands, voilés. Elle me regarde, anéantie. La honte est là, claire, sur son visage. Elle se confond en excuses, la voix basse, presque cassée.
— Je… je suis désolée… je n’aurais pas dû dire ça… je ne sais pas ce qui m’a pris… c’est la première fois… vraiment… ce n’était même pas un fantasme… je n’avais jamais… jamais parlé comme ça… jamais pensé… ça sortait tout seul… là… ici… avec toi… je ne comprends pas… pardon…
Lorsque je relève la tête, je la trouve. Ses yeux sont grands, voilés. Elle me regarde, anéantie. La honte est là, claire, sur son visage. Elle se confond en excuses, la voix basse, presque cassée.
— Je… je suis désolée… je n’aurais pas dû dire ça… je ne sais pas ce qui m’a pris… c’est la première fois… vraiment… ce n’était même pas un fantasme… je n’avais jamais… jamais parlé comme ça… jamais pensé… ça sortait tout seul… là… ici… avec toi… je ne comprends pas… pardon…
Elle parle. Elle s’excuse. Elle se réconforte aussi, un peu, en répétant que ce n’était pas prévu, que ça n’avait jamais été dans sa tête, que les mots sont sortis sans qu’elle les cherche. Elle me dit qu’elle ne se reconnaît pas, que ça l’a submergée, que ça lui a fait peur après. Sa voix tremble. Elle baisse les yeux. Elle est fragile à nouveau, la princesse qui vient de se découvrir autre chose et qui ne sait pas quoi en faire.
Je pose un doigt sur ses lèvres.
— Chuuuutttt.
Je pose un doigt sur ses lèvres.
— Chuuuutttt.
Elle se tait. Elle me regarde. Je lui souris, doucement.
— Tu as aimé ?
— Tu as aimé ?
Elle ouvre les yeux en grand. Elle fait oui de la tête. Un petit mouvement, presque honteux, mais clair. Oui.
— Alors sache que je t’aime en petite chienne lubrique.
— Alors sache que je t’aime en petite chienne lubrique.
Je lui souris encore. Plus large.
— Et qui sait… tu seras la première à vouloir en être une grosse.
— Et qui sait… tu seras la première à vouloir en être une grosse.
Elle rougit. Fort. Une larme coule sur sa joue. Elle ne dit rien. Elle se redresse un peu. Ses bras viennent autour de moi. Elle me prend. Elle me serre fort, le visage contre mon cou, le corps encore chaud, encore ouvert, encore plein de moi. Elle me tient. Et dans la chapelle, sous le soleil, elle reste là, contre moi, sans plus parler.
Je me détache d’elle avec tendresse. Lentement. Mon sexe glisse hors du sien, encore chaud, encore humide de nous. Je reste un instant tout près, le souffle contre sa peau. Puis je prends son visage entre mes mains. Doucement. Mes pouces caressent ses joues. Je dépose un baiser sur ses lèvres. Simple. Vrai.
— J’aime ce que tu m’offres, Delphine. J’aime vraiment.
Je me détache d’elle avec tendresse. Lentement. Mon sexe glisse hors du sien, encore chaud, encore humide de nous. Je reste un instant tout près, le souffle contre sa peau. Puis je prends son visage entre mes mains. Doucement. Mes pouces caressent ses joues. Je dépose un baiser sur ses lèvres. Simple. Vrai.
— J’aime ce que tu m’offres, Delphine. J’aime vraiment.
Elle me regarde. Ses yeux sont encore un peu voilés, mais la honte s’est adoucie. Elle est reconnaissante. Reconnaissante que je ne juge rien. Que j’apprécie. Que je prenne ce qu’elle vient de découvrir en l’offrant, sans le réduire, sans le salir davantage. Elle pose sa main sur la mienne, contre sa joue. Elle ne dit rien. Elle n’a pas besoin.
Je l’aide à se relever. La pierre est encore tiède sous elle. Cette pierre qui nous a portés. Qui a servi d’autel à notre union charnelle. Une messe païenne, sans mots, sans prêtre, juste nos corps, la lumière, et ce qui s’est passé entre nous. Elle se redresse. Ses jambes tremblent un peu. Sa mini-jupe est relevée sur ses hanches. Elle ne la rabaisse pas. Je la tiens par la main. Elle me suit.
Je me penche. Je prends sa petite culotte, chaude du soleil, déposée sur la pierre. Le tissu est encore imprégné d’elle. Je la présente devant la source qui coule de la paroi. L’eau claire, fraîche, tombe en filet. J’ouvre la culotte. Je la porte encore une fois à mes narines. Je m’enivre. Son odeur est toujours là, chaude, intime, mêlée maintenant à nous. Puis je dirige le tissu sous l’eau. L’eau fraîche traverse la dentelle. Je l’essore entre mes doigts. Doucement. L’eau coule, claire.
Delphine me regarde. Elle ne comprend pas. Ses yeux suivent mes gestes. Je m’agenouille devant elle. Sur la pierre. Comme un disciple devant sa déesse. Avec sa culotte mouillée, je commence à essuyer son sexe. Délicatement. Avec une infinie précaution. Je le fais comme on le ferait pour une divinité : un linge pour la laver, pour la purifier après l’offrande. Chaque passage est lent. Tendre. Je nettoie. Je rince ce que j’ai laissé en elle. L’eau fraîche et le tissu glissent sur sa peau encore sensible. Elle frissonne. Elle me regarde, ébahie. Ses lèvres sont entrouvertes. Elle ne bouge pas. Elle se laisse faire.
À la dernière passe, je relève la tête. Je la regarde.
— Je peux la conserver ? Ce sera pour te retrouver dans mes pensées, lorsque tu ne seras pas là.
Je l’aide à se relever. La pierre est encore tiède sous elle. Cette pierre qui nous a portés. Qui a servi d’autel à notre union charnelle. Une messe païenne, sans mots, sans prêtre, juste nos corps, la lumière, et ce qui s’est passé entre nous. Elle se redresse. Ses jambes tremblent un peu. Sa mini-jupe est relevée sur ses hanches. Elle ne la rabaisse pas. Je la tiens par la main. Elle me suit.
Je me penche. Je prends sa petite culotte, chaude du soleil, déposée sur la pierre. Le tissu est encore imprégné d’elle. Je la présente devant la source qui coule de la paroi. L’eau claire, fraîche, tombe en filet. J’ouvre la culotte. Je la porte encore une fois à mes narines. Je m’enivre. Son odeur est toujours là, chaude, intime, mêlée maintenant à nous. Puis je dirige le tissu sous l’eau. L’eau fraîche traverse la dentelle. Je l’essore entre mes doigts. Doucement. L’eau coule, claire.
Delphine me regarde. Elle ne comprend pas. Ses yeux suivent mes gestes. Je m’agenouille devant elle. Sur la pierre. Comme un disciple devant sa déesse. Avec sa culotte mouillée, je commence à essuyer son sexe. Délicatement. Avec une infinie précaution. Je le fais comme on le ferait pour une divinité : un linge pour la laver, pour la purifier après l’offrande. Chaque passage est lent. Tendre. Je nettoie. Je rince ce que j’ai laissé en elle. L’eau fraîche et le tissu glissent sur sa peau encore sensible. Elle frissonne. Elle me regarde, ébahie. Ses lèvres sont entrouvertes. Elle ne bouge pas. Elle se laisse faire.
À la dernière passe, je relève la tête. Je la regarde.
— Je peux la conserver ? Ce sera pour te retrouver dans mes pensées, lorsque tu ne seras pas là.
Elle me sourit. Attendrie. Un petit sourire qui monte, qui reste. Elle hoche la tête. Oui. Et dans la chapelle, sous la lumière, avec la source qui coule encore derrière nous, elle reste debout devant moi, la jupe relevée, pendant que je tiens encore le tissu humide entre mes doigts.
Je la prends dans mes bras. Doucement. Elle se laisse porter. Je la dépose sur l’autel de pierre, assise. La pierre est encore tiède sous elle. Je m’assois à côté. Tout près. Nos épaules se touchent. Elle pose sa tête sur mon épaule. Son poids est léger, confiant. Elle prend ma main dans la sienne. Elle la serre. De toutes ses forces. Ses doigts se referment autour des miens, forts, presque tremblants. Elle ne bouge pas. Elle reste là, contre moi, dans le silence de la chapelle, avec la source qui coule derrière nous et le soleil qui continue de tomber.
Elle ouvre la bouche. Sa voix est basse, presque un murmure.
— J’aimerais tant que ça ne s’arrête jamais. J’aimerais tant que nous rentrions chez nous et que tu me fasses l’amour encore et encore.
Je la prends dans mes bras. Doucement. Elle se laisse porter. Je la dépose sur l’autel de pierre, assise. La pierre est encore tiède sous elle. Je m’assois à côté. Tout près. Nos épaules se touchent. Elle pose sa tête sur mon épaule. Son poids est léger, confiant. Elle prend ma main dans la sienne. Elle la serre. De toutes ses forces. Ses doigts se referment autour des miens, forts, presque tremblants. Elle ne bouge pas. Elle reste là, contre moi, dans le silence de la chapelle, avec la source qui coule derrière nous et le soleil qui continue de tomber.
Elle ouvre la bouche. Sa voix est basse, presque un murmure.
— J’aimerais tant que ça ne s’arrête jamais. J’aimerais tant que nous rentrions chez nous et que tu me fasses l’amour encore et encore.
Je reste silencieux un instant. Je sens sa main serrer la mienne. Je ne fais jamais de promesse que je ne saurai tenir. Mais aujourd’hui, ici, avec elle, c’est clair. Un seul mot me vient. Il a du poids.
— Bientôt.
— Bientôt.
Elle ne répond pas tout de suite. Elle pose sa main sur ma joue. Doucement. Elle tourne mon visage vers le sien. Ses yeux cherchent les miens. Elle plisse son petit nez. Ce petit mouvement. Cette moue. Ça me fait craquer. Elle ne comprend pas. Ou elle veut entendre encore. Je la regarde. Je lui souris, très légèrement.
— Bientôt, Delphine.
— Bientôt, Delphine.
Elle reste là, la tête contre mon épaule, la main sur ma joue, les doigts toujours serrés autour des miens. Elle ne dit plus rien. Elle reste. Et moi aussi. Sur la pierre qui nous a portés, dans la lumière, avec ce mot qui reste entre nous.
Au loin, une voiture se gare. Une portière claque. Puis une deuxième. Une troisième. La quatrième. Des cris. Des rires. Des voix trop fortes pour l’endroit. Ce que je redoutais arrive. Heureusement après. Juste après. Delphine se relève d’un bond. Elle baisse sa jupe d’un geste rapide, arrange son débardeur, remet une mèche derrière son oreille. Je remonte mon boxer, mon pantalon, à la hâte. On se regarde. On essaye de prendre un air détaché. Comme si on n’était que deux visiteurs qui se seraient croisés là.
Ils arrivent. Un couple. Trois mioches. Un chien plein de poils, énorme, qui fonce vers nous. Il met sa truffe sous la jupe de Delphine avant même qu’on ait le temps de réagir. Elle sursaute. Le chien renifle, insiste.
— Gustave ! Viens ici !
Au loin, une voiture se gare. Une portière claque. Puis une deuxième. Une troisième. La quatrième. Des cris. Des rires. Des voix trop fortes pour l’endroit. Ce que je redoutais arrive. Heureusement après. Juste après. Delphine se relève d’un bond. Elle baisse sa jupe d’un geste rapide, arrange son débardeur, remet une mèche derrière son oreille. Je remonte mon boxer, mon pantalon, à la hâte. On se regarde. On essaye de prendre un air détaché. Comme si on n’était que deux visiteurs qui se seraient croisés là.
Ils arrivent. Un couple. Trois mioches. Un chien plein de poils, énorme, qui fonce vers nous. Il met sa truffe sous la jupe de Delphine avant même qu’on ait le temps de réagir. Elle sursaute. Le chien renifle, insiste.
— Gustave ! Viens ici !
On se regarde. On éclate de rire. Bas. Contenu. À leur accent pointu, ce sont des Parisiens. Et en plus, ils ont appelé leur chien Gustave. Les mioches grimpent partout. Sur la pierre. Sur le muret. Ils crient. Ils courent. Le père et la mère les laissent faire. La mère hurle après Gustave qui a déjà pris la poudre d’escampette, la truffe encore pleine de ce qu’il a trouvé sous la jupe. Personne ne fait attention à nous. Ou plutôt, ils nous voient sans nous voir. Des touristes. Des gens qui passent. Rien de plus.
Je leur lance un regard. Réprobateur. Clair. Pour leur faire comprendre qu’ils viennent de perturber la quiétude du lieu. Ils ne le voient même pas. Ou s’ils le voient, ça ne les dérange pas. En bons touristes, ils sont là pour eux. Pour leurs photos. Pour leurs enfants qui grimpent sur tout. Pour leur chien qui fouine partout. Expliquer serait perdu d’avance. Ils n’entendraient pas. Ils ne comprendraient pas. Ils sont déjà ailleurs, dans leur bruit.
Delphine me sourit. Un vrai sourire. Intelligent. Elle a compris. Elle a tout compris. Ni vu ni connu. Elle les laisse imaginer ce qu’ils veulent. Deux personnes qui se seraient croisées. Rien d’autre. Elle se penche un peu vers moi. Sa voix est basse, claire, provocante juste ce qu’il faut.
— Vous venez chez moi, monsieur, que l’on termine ce que nous avons si bien commencé.
Je leur lance un regard. Réprobateur. Clair. Pour leur faire comprendre qu’ils viennent de perturber la quiétude du lieu. Ils ne le voient même pas. Ou s’ils le voient, ça ne les dérange pas. En bons touristes, ils sont là pour eux. Pour leurs photos. Pour leurs enfants qui grimpent sur tout. Pour leur chien qui fouine partout. Expliquer serait perdu d’avance. Ils n’entendraient pas. Ils ne comprendraient pas. Ils sont déjà ailleurs, dans leur bruit.
Delphine me sourit. Un vrai sourire. Intelligent. Elle a compris. Elle a tout compris. Ni vu ni connu. Elle les laisse imaginer ce qu’ils veulent. Deux personnes qui se seraient croisées. Rien d’autre. Elle se penche un peu vers moi. Sa voix est basse, claire, provocante juste ce qu’il faut.
— Vous venez chez moi, monsieur, que l’on termine ce que nous avons si bien commencé.
Elle insiste sur le « monsieur ». Elle le dit avec ce petit air. Cette provocation légère qui me plaît. Encore un bon point. Elle ne rougit pas. Elle ne se cache pas. Elle joue. Et eux, là-bas, avec leurs cris et leur Gustave, n’y voient que du feu.
On se dirige vers nos voitures. Elle devant. Moi derrière. Elle ne se retourne pas. Elle sait que je la suis. Et pendant qu’on s’éloigne, les rires des mioches et les appels à Gustave continuent de monter derrière nous, sans jamais nous atteindre.
On s’arrête devant nos voitures. Elles sont garées l’une à côté de l’autre. Delphine ouvre sa portière, me regarde par-dessus le toit. Un petit sourire. Elle ne dit rien. Elle monte. Je fais de même. Je la suis. La route est courte. Je reste derrière elle jusqu’au hameau. Sa maison est la dernière. La plus petite. Un peu à l’écart des autres, basse, claire, entourée de verdure qui la cache presque.
Elle m’ouvre. L’intérieur est calme. Lumière douce. Elle pose ses clés. Se tourne vers moi.
— Tu veux boire quelque chose ?
On se dirige vers nos voitures. Elle devant. Moi derrière. Elle ne se retourne pas. Elle sait que je la suis. Et pendant qu’on s’éloigne, les rires des mioches et les appels à Gustave continuent de monter derrière nous, sans jamais nous atteindre.
On s’arrête devant nos voitures. Elles sont garées l’une à côté de l’autre. Delphine ouvre sa portière, me regarde par-dessus le toit. Un petit sourire. Elle ne dit rien. Elle monte. Je fais de même. Je la suis. La route est courte. Je reste derrière elle jusqu’au hameau. Sa maison est la dernière. La plus petite. Un peu à l’écart des autres, basse, claire, entourée de verdure qui la cache presque.
Elle m’ouvre. L’intérieur est calme. Lumière douce. Elle pose ses clés. Se tourne vers moi.
— Tu veux boire quelque chose ?
— Oui.
Elle prépare deux verres. On s’assoit l’un en face de l’autre. Une table basse entre nous. Elle a gardé la jupe un peu relevée. Pas assez pour que ce soit volontaire. Juste assez. Je ne peux pas m’en empêcher. Mon regard descend. Entre ses cuisses. Là où elle est encore offerte, encore un peu ouverte de ce qui s’est passé. Elle le voit. Elle me sourit. Lentement. Et elle les resserre. Juste un peu. Suffisamment pour que je ne voie plus vraiment. Suffisamment pour que l’invitation reste là, suspendue, entre nous.
Elle pose son verre. Me regarde.
— Guillaume ?
Elle pose son verre. Me regarde.
— Guillaume ?
— Oui, Delphine.
Je sais. Je sais déjà sur quoi elle veut des précisions. Sa voix est calme. Curieuse. Pas pressée.
— Pourquoi tu as dit bientôt ?
— Pourquoi tu as dit bientôt ?
Je souris. Légèrement. Je prends mon verre. Je le pose. Et je lui explique. Isabelle. Notre relation bancale. Les hauts trop rares. Les bas trop longs. Sa méchanceté, parfois froide, parfois calculée. Les mots qui blessent. Les promesses qu’elle ne tenait pas. Mes faux espoirs. Ceux que je me faisais tout seul, en me disant que ça allait changer. Que ça allait s’arranger. Que si j’attendais encore un peu… Je lui dis que j’ai trop souvent dit « bientôt » en y croyant à moitié. Ou en n’y croyant plus. Que cette fois, avec elle, le mot est sorti autrement. Plus clair. Plus vrai. Parce que je le voulais. Parce que je le sentais possible.
Elle m’écoute. Sans m’interrompre. Ses jambes restent serrées. Juste assez. Et son regard ne me quitte pas.
Je pose mon verre. Le silence est léger entre nous, seulement la source qui ne coule plus, et dehors les oiseaux. Je la regarde. Elle n’a pas bougé. Ses jambes restent serrées, juste ce qu’il faut. Ses yeux ne me lâchent pas.
— Bientôt… je l’ai dit souvent. Trop souvent. Avec Isabelle, surtout.
Elle m’écoute. Sans m’interrompre. Ses jambes restent serrées. Juste assez. Et son regard ne me quitte pas.
Je pose mon verre. Le silence est léger entre nous, seulement la source qui ne coule plus, et dehors les oiseaux. Je la regarde. Elle n’a pas bougé. Ses jambes restent serrées, juste ce qu’il faut. Ses yeux ne me lâchent pas.
— Bientôt… je l’ai dit souvent. Trop souvent. Avec Isabelle, surtout.
Je m’arrête une seconde. Elle hoche la tête, très légèrement, pour me dire de continuer.
— Avant, il y a eu une autre histoire. Une jolie. Dans le Tarn. Une femme que j’aimais bien, vraiment. On se parlait, on riait, on se projetait sans trop se le dire. Et puis ça s’est arrêté. Pas de drame. Juste… la fin. Après ça, ma société a coulé. Dépôt de bilan. Tout d’un coup, plus rien. Plus de clients, plus de trésorerie, plus de raison de me lever le matin pour quelque chose qui m’appartenait. J’ai fait des petits boulots. N’importe quoi. Pour manger, pour payer ce qui restait. Un vieux monsieur m’a pris pour des menus travaux chez lui. Il m’observait. Un jour, il m’a dit que j’avais quelque chose dans les mains. Qu’il le sentait. Il m’a poussé à essayer. Sur lui d’abord. Et ça a marché. Je suis devenu magnétiseur, presque sans le vouloir. Il m’a appris ce qu’il savait. Puis il est mort.
— Avant, il y a eu une autre histoire. Une jolie. Dans le Tarn. Une femme que j’aimais bien, vraiment. On se parlait, on riait, on se projetait sans trop se le dire. Et puis ça s’est arrêté. Pas de drame. Juste… la fin. Après ça, ma société a coulé. Dépôt de bilan. Tout d’un coup, plus rien. Plus de clients, plus de trésorerie, plus de raison de me lever le matin pour quelque chose qui m’appartenait. J’ai fait des petits boulots. N’importe quoi. Pour manger, pour payer ce qui restait. Un vieux monsieur m’a pris pour des menus travaux chez lui. Il m’observait. Un jour, il m’a dit que j’avais quelque chose dans les mains. Qu’il le sentait. Il m’a poussé à essayer. Sur lui d’abord. Et ça a marché. Je suis devenu magnétiseur, presque sans le vouloir. Il m’a appris ce qu’il savait. Puis il est mort.
Je prends une gorgée. Le verre est frais contre mes doigts. Delphine n’a pas bougé. Elle écoute vraiment.
— C’est là que j’ai rencontré Isabelle. Elle avait un projet. Quelque chose de grand, pour elle. Elle m’a proposé de la suivre. J’ai tout laissé dans le Tarn. Mes affaires, ce qui restait de moi là-bas. Je suis parti. Et je suis devenu dépendant d’elle. Pour le toit, pour l’argent, pour la suite. Elle le savait. Elle en a profité. Pas toujours ouvertement. Parfois juste assez pour que je me dise que je n’avais pas le choix. Que bientôt, ça irait mieux. Que bientôt, je reprendrais pied. Que bientôt, on serait égaux.
— C’est là que j’ai rencontré Isabelle. Elle avait un projet. Quelque chose de grand, pour elle. Elle m’a proposé de la suivre. J’ai tout laissé dans le Tarn. Mes affaires, ce qui restait de moi là-bas. Je suis parti. Et je suis devenu dépendant d’elle. Pour le toit, pour l’argent, pour la suite. Elle le savait. Elle en a profité. Pas toujours ouvertement. Parfois juste assez pour que je me dise que je n’avais pas le choix. Que bientôt, ça irait mieux. Que bientôt, je reprendrais pied. Que bientôt, on serait égaux.
Je souris un peu, sans joie.
— Le “bientôt” est devenu un mot creux. Un truc que je me répétais pour ne pas craquer. Et puis je t’ai rencontrée. Toi. Et j’ai compris que je n’étais plus à ma place avec elle. Que je ne l’avais peut-être jamais été vraiment. Alors j’ai commencé à chercher. Une maison à louer. Un endroit à moi. Pour rapatrier mes affaires, pour ne plus dépendre. Pour pouvoir dire “bientôt” et que ça veuille dire quelque chose.
— Le “bientôt” est devenu un mot creux. Un truc que je me répétais pour ne pas craquer. Et puis je t’ai rencontrée. Toi. Et j’ai compris que je n’étais plus à ma place avec elle. Que je ne l’avais peut-être jamais été vraiment. Alors j’ai commencé à chercher. Une maison à louer. Un endroit à moi. Pour rapatrier mes affaires, pour ne plus dépendre. Pour pouvoir dire “bientôt” et que ça veuille dire quelque chose.
Je la regarde.
— Sauf que trouver un pied-à-terre en Périgord, à l’année, ce n’est pas simple. Les gens préfèrent louer en saisonnier. Ça rapporte plus. Et moi, je cherche quelque chose de stable. De vrai.
— Sauf que trouver un pied-à-terre en Périgord, à l’année, ce n’est pas simple. Les gens préfèrent louer en saisonnier. Ça rapporte plus. Et moi, je cherche quelque chose de stable. De vrai.
Delphine reste silencieuse un moment. Elle pose son verre. Ses doigts jouent un instant sur le bord, puis elle lève les yeux vers moi. Sa voix est basse, claire, sans pitié ni jugement.
— Oh oui… ta vie n’a pas été un long fleuve tranquille.
— Oh oui… ta vie n’a pas été un long fleuve tranquille.
Elle ne dit rien d’autre. Elle ne cherche pas à consoler avec des mots vides. Elle reste là, en face de moi, les jambes toujours un peu serrées, le regard qui ne fuit pas. Et dans ce silence, je sens que le “bientôt” que j’ai dit tout à l’heure, dans la chapelle, n’a plus le même poids que tous ceux d’avant.
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