Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La rédemption — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La rédemption
Chapitre 6
Chapitre 6
L'atmosphère du salon, lourde de la confrontation avec Julien et de mes pleurs, change de nature en un instant. Alix, les mains toujours posées sur mon visage, réduit à nouveau l'espace entre nous. Il m'embrasse, mais ce n'est plus un baiser de consolation ou de pardon ; c'est un baiser de feu, une étreinte affamée où nos langues se mêlent avec une passion brute, dévastatrice, qui balaie instantanément mes doutes et ma tristesse. Moi, d'abord surpris, je laisse échapper un gémissement sourd et je m'abandonne totalement, mes mains s'ancrant dans le dos d'Alix.
Alix se détache de quelques millimètres, son souffle court venant mourir contre mes lèvres. Ses yeux sont sombres, dilatés par une envie qu'il ne cherche plus à cacher.
— François... murmure-t-il, j'ai envie de toi. Là, tout de suite.
Je me redresse brusquement, le souffle coupé, et je le regarde avec une intensité mêlée de vertige. Alix soutient mon regard sans ciller, ses doigts caressant ma nuque.
— Est-ce que toi aussi, tu as envie de moi ? demande-t-il doucement.
— Oui, je réponds d'une voix rauque, presque méconnaissable. Mais... Alix, je n'ai jamais fait quoi que ce soit avec un homme. Je ne sais pas... j'ai peur de mal faire.
— Oui, je réponds d'une voix rauque, presque méconnaissable. Mais... Alix, je n'ai jamais fait quoi que ce soit avec un homme. Je ne sais pas... j'ai peur de mal faire.
Alix ne répond pas par des mots. Il attrape le bas de son propre pull et le retire d'un geste fluide, suivi de son t-shirt, révélant son torse fin et pâle dans la lumière déclinante. Puis, il glisse ses mains sous mon pull, ses paumes fraîches remontant sur la peau brûlante et musclée de mon torse tatoué. Il m'aide à retirer le vêtement, me laissant torse nu, imposant et vulnérable à la fois. Alix me prend alors la main, entrelaçant ses doigts aux miens.
— Suis-moi, dit-il simplement.
Nous entrons dans la chambre, une pièce sobre et apaisante. Nous nous allongeons sur le lit, moi sur le dos, me laissant guider par celui que j'ai autrefois terrorisé. Alix vient se placer au-dessus de moi, à califourchon sur mes hanches, et l'embrasse à nouveau. Ce n'est plus de la tendresse, c'est un baiser langoureux, presque animal, une exploration fiévreuse. Alix descend le long de mon cou, déposant des baisers brûlants sur mon torse, suivant avec ses lèvres les lignes de mes tatouages, comme s'il voulait en effacer la symbolique par le plaisir. Je sens mon sang battre avec une violence inouïe. Je bande si fort dans mon boxer que cela en devient douloureux, une tension insupportable qui irradie dans tout mon bas-ventre.
Alix pose sa main sur mon entrejambe, caressant la bosse imposante à travers le tissu, puis il s'attaque au bouton de mon jean pour le retirer totalement. Lorsqu'il voit l'érection massive qui tend mon boxer, Alix s'arrête un instant pour me regarder droit dans les yeux, un sourire mystérieux aux lèvres. Il se met debout au-dessus de moi, dominant la scène, et retire le reste de ses propres vêtements avec une lenteur calculée, voulant que je voie chaque centimètre de son corps, ses cicatrices, sa finesse, sa nudité totale.
Il se remet à genoux entre mes jambes. Je le regarde avec de grands yeux éperdus, le souffle court. Alix fait glisser mon sous-vêtement, libérant ma grosse bite qui jaillit, pulsante et tendue. Alix la caresse d'abord du bout des doigts, admirant ma puissance, puis il dépose de petits baisers humides sur le bout du gland avant de le lécher d'un coup de langue expert. Je tressaille, parcouru de frissons électriques, mes mains agrippant les draps.
Alix m'englobe alors de sa bouche, me suçant longuement tout en me branlant d'une main ferme. Il s'enfonce, essayant les gorges profondes, provoquant chez moi des râles de plaisir que je ne peux plus contenir. Après plusieurs minutes de ce traitement torride, Alix se redresse. Il attrape un tube de lubrifiant sur la table de nuit, en enduit généreusement mon sexe, puis en met sur son propre cul, se préparant avec soin.
Il se positionne au-dessus de ma queue et commence à s'asseoir dessus, millimètre par millimètre, tout doucement pour s'habituer à la grosseur. Il ferme les yeux, grimaçant de plaisir.
— Putain... Alix... je grogne, les hanches agitées de spasmes.
Alix sourit en laissant échapper des gémissements aigus. Une fois totalement enfoncé, j'attrape les hanches d'Alix avec mes mains puissantes et je commence à imprimer des allers-retours, tandis qu'Alix bouge son cul sur ma queue en même temps, créant une friction parfaite.
— Laisse-toi faire, François... murmure Alix d'une voix de commandement mâtinée de désir. Laisse-moi prendre le dessus.
Alix redouble d'intensité, montant et descendant sur ma queue de plus en plus rapidement. Je sens mes sens vaciller. Mes mains voyagent frénétiquement dans le dos d'Alix, descendant sur ses fesses fermes, le ramenant contre moi à chaque choc. La sensation est trop forte, trop nouvelle. Je sens que je vais jouir et je le dis à Alix dans un souffle rauque. Au lieu de ralentir, Alix accélère encore, s'asseyant de tout son poids sur moi pour prendre ma queue bien au fond, la verrouillant en lui.
J'essaie de me retirer par réflexe devant la violence du plaisir, mais il reste assis sur moi, provoquant une jouissance énorme et forte au fond de ses entrailles. Je crie de plaisir alors qu'un flot de sperme abondant jaillit. Le sperme coule même de ses fesses tellement il y en a. Alix, toujours assis sur moi, se masturbe rapidement et finit par jouir sur mon torse.
Il vient ensuite s'écrouler dans mes bras pour m'embrasser, épuisé, le cœur battant à tout rompre. Nous restons ainsi, enlacés et moites. Le silence de la chambre est maintenant paisible.
— Qu'est-ce que tu as ressenti ? me demande Alix après un long moment, la tête posée sur ma poitrine.
Je caresse les cheveux d'Alix, mes yeux fixés sur le plafond.
— Je n'ai jamais rien connu de tel, je murmure. Ce n'était pas juste du sexe. J'ai eu l'impression que pour la première fois, je ne faisais pas de mal avec mon corps. J'ai eu l'impression de donner quelque chose, et d'être accepté entièrement, avec mes tatouages, mon passé, ma force. C'était... c'était une libération. J'avais peur de te casser, Alix. J'ai toujours peur de ma propre force quand il s'agit de toi.
Alix se redresse sur un coude et m'embrasse tendrement sur la joue.
— Tu ne m'as pas cassé, François. Tu m'as rempli. Tu as rempli un vide que je traînais depuis cette nuit sur le trottoir. Ce qu'on vient de faire, c'est la preuve que nos corps peuvent se parler sans violence. Ne regrette rien.
Nous restons à discuter ainsi, nus sous les draps, évoquant la sensation de nos peaux et cette étrange alchimie. La tendresse qui suit l'acte est aussi forte que la passion qui l'a précédé.
Le reste de l'après-midi s'étire dans une lumière dorée qui baigne la chambre. Nous sommes encore un peu étourdis par ce qui vient de se passer, par cette décharge d'intimité qui a balayé des années de douleur. Je caresse l'épaule d'Alix, sentant sa peau contre la mienne, quand il se redresse légèrement sur le coude pour me regarder.
— Reste avec moi ce soir, François. Ne retourne pas dans ton studio tout de suite.
— J'aimerais tellement, Alix... mais je n'ai pas d'affaires de rechange. Je ne peux pas rester comme ça, sans rien.
— J'aimerais tellement, Alix... mais je n'ai pas d'affaires de rechange. Je ne peux pas rester comme ça, sans rien.
Alix esquisse un sourire malicieux, celui qui semble effacer chaque jour ses anciennes terreurs. — Ce n'est pas un problème. On prend la voiture, on passe chez toi récupérer quelques affaires, et on revient ici. Qu'est-ce que tu en penses ?
J'accepte sans hésiter. L'idée de retrouver la solitude de mon studio me pèse déjà. Nous nous rhabillons avec une sorte de complicité nouvelle, presque domestique, loin de la tension dramatique du parking.
Lorsque nous arrivons dans mon studio, l'espace me paraît encore plus exigu et froid qu'à l'ordinaire. Alix entre et, comme s'il était chez lui, s'allonge directement sur mon petit lit recouvert de sa couverture sombre. Je reste debout un instant, un sac de sport à la main, à l'observer. Le voir ici, dans mon antre, c'est comme voir une fleur pousser au milieu du béton. Je lâche mon sac et je le rejoins. Je me place entre ses jambes, mes mains encadrant son visage, et je viens l'embrasser avec une intensité renouvelée.
Alix se détache doucement, un éclat rieur dans les yeux alors qu'il passe ses mains derrière ma nuque.
— On dirait que tu prends goût à tout ça, François...
Je plonge mon regard dans le sien, le souffle court, le cœur battant la chamade. — Non, Alix. Je prends goût à toi. Uniquement à toi.
Nous nous embrassons langoureusement, ses bras me serrant avec une force étonnante pour sa stature fine. C'est un baiser de possession douce, de reconnaissance. Puis, je finis par attraper mon sac, j'y jette quelques vêtements, ma brosse à dents, et nous repartons vers sa maison.
De retour dans son sanctuaire, l'ambiance est plus apaisée. Alix prend mon sac, le pose dans sa chambre, marquant ainsi mon territoire dans sa vie, puis il revient vers moi dans la cuisine.
— Est-ce que tu as faim ? On pourrait préparer quelque chose ensemble.
Nous passons l'heure suivante à cuisiner un dîner simple. C'est étrange et magnifique à la fois : moi, avec mes mains massives, épluchant des légumes à côté de lui. On se frôle, on se sourit, on goûte la sauce à la même cuillère. C'est une normalité dont j'ai été privé pendant si longtemps que chaque geste me semble précieux.
Après le repas, nous allons nous installer sur le canapé. Alix se niche naturellement dans mes bras, son dos contre mon torse. Je glisse ma main sous son pull pour caresser la peau douce de son ventre et de ses côtes, un contact qui nous fait frissonner tous les deux. La discussion dévie inévitablement vers l'avenir, vers ce qui nous attend.
— Qu'est-ce qu'on va faire, François ? Pour l'association ? Marc et Mme Verdier ne vont pas nous lâcher.
— Je ne sais pas, Alix. On attend leur réponse pour savoir s'ils nous autorisent à revenir aux séances. Mais au fond, est-ce que ça compte vraiment ? On a trouvé notre propre chemin de réparation, loin de leurs protocoles.
— Je ne sais pas, Alix. On attend leur réponse pour savoir s'ils nous autorisent à revenir aux séances. Mais au fond, est-ce que ça compte vraiment ? On a trouvé notre propre chemin de réparation, loin de leurs protocoles.
Alix soupire contre moi, se laissant bercer par les battements de mon cœur.
— J'ai besoin de sortir d'ici. De sortir de cette ville où tout le monde nous juge, où chaque coin de rue me rappelle la nuit. On devrait partir pour le week-end. Juste nous deux, quelque part où personne ne nous connaît.
L'idée m'enchante, mais la réalité me rattrape aussitôt. Je baisse les yeux, un peu gêné.
— J'aimerais tellement t'emmener au bout du monde, Alix. Mais financièrement... entre ma sortie récente et mon petit boulot, je ne peux pas trop me permettre de folies. Je ne veux pas être un poids pour toi.
Alix se retourne dans mes bras pour me faire face, ses yeux brillant de détermination.
— Ne t'inquiète pas pour ça, François. Jamais. J'ai ce qu'il faut, et s'il y a bien une chose que je veux faire de mon argent, c'est acheter un peu de paix avec toi. C'est mon choix. Ne laisse pas ta fierté gâcher ce moment.
Nous entamons alors une longue conversation qui dure une partie de la nuit. Nous parlons de nos peurs, de la difficulté d'assumer ce lien face à nos familles, face à la société qui ne verra jamais en nous qu'une victime et son agresseur. On se demande si on sera assez forts pour supporter les insultes comme celles de Julien, ou les regards de pitié des médiateurs.
— Ils diront que c'est malsain, je murmure dans ses cheveux.
— Ils diront ce qu'ils veulent. La seule chose qui compte, c'est que quand je suis dans tes bras, je ne tremble plus. C'est ça, ma seule vérité.
— Ils diront ce qu'ils veulent. La seule chose qui compte, c'est que quand je suis dans tes bras, je ne tremble plus. C'est ça, ma seule vérité.
On finit par s'endormir là, sur le canapé, enlacés sous un plaid. La conversation a été longue, parfois triste, mais elle a consolidé ce pont fragile que nous jetons chaque jour un peu plus loin au-dessus de l'abîme. Je sais que demain sera difficile, mais ce soir, pour la première fois, je me sens à ma place.
Le lendemain matin, une excitation fébrile remplace l'abattement de la veille. Nous préparons nos sacs rapidement, comme si nous devions fuir avant que la réalité ne nous rattrape. Alix a choisi une petite station balnéaire sur la côte normande, un endroit un peu hors du temps, loin des regards familiers de notre ville. Je charge mon sac de sport et son petit sac de voyage dans le coffre de ma vieille voiture. Chaque geste semble chargé d'une importance solennelle.
Le trajet dure plusieurs heures. À mesure que nous quittons le béton et les zones industrielles, je sens mes épaules se détendre. Alix a passé une partie du voyage la main posée sur ma cuisse, ses doigts jouant avec le tissu de mon jean. On ne parle pas beaucoup, mais ce silence est plein de nous, de cette complicité neuve qui se renforce à chaque kilomètre. De temps en temps, je jette un regard vers lui et je le vois observer le paysage, un léger sourire aux lèvres. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il est là, avec moi, volontairement.
Quand l'air commence à sentir le sel et que l'horizon s'élargit pour laisser place à ce bleu infini, je sens un nœud se desserrer dans ma poitrine. On arrive dans la petite ville en fin d'après-midi. Les rues sont étroites, bordées de maisons en briques et de boutiques de souvenirs fermées pour la saison. C'est calme, presque désert. C'est exactement ce qu'il nous fallait.
Alix me guide vers l'hôtel qu'il a réservé. C'est une bâtisse ancienne qui surplombe la mer, un endroit avec beaucoup de charme et un peu de vécu. En me garant sur le parking, je ressens soudain une pointe d'appréhension. Ici, nous ne sommes plus dans le cocon de sa maison. Nous sommes des clients, un couple aux yeux du monde.
— Tout va bien ? me demande Alix en remarquant ma main qui serre un peu trop le volant.
— Oui... c'est juste que... c'est la première fois que je fais ça. Un hôtel, avec toi. J'ai peur que mon passé soit écrit sur mon front.
— Oui... c'est juste que... c'est la première fois que je fais ça. Un hôtel, avec toi. J'ai peur que mon passé soit écrit sur mon front.
Alix vient poser sa main sur ma joue, m'obligeant à le regarder.
— Ici, François, tu es juste un homme en week-end avec celui qu'il aime accompagner. Personne ne connaît ton nom, personne ne connaît mon histoire. On va juste être nous.
On descend de voiture. Je porte les deux sacs, refusant qu'il s'encombre, et nous entrons dans le hall. L'odeur de cire et de vieux tapis m'accueille. La réceptionniste nous sourit, nous tend une clé à l'ancienne avec un gros pompon rouge, et nous indique l'ascenseur. Chaque seconde me paraît irréelle. Nous montons au troisième étage dans un silence respectueux.
Le couloir est long, étouffé par une moquette épaisse. Arrivés devant la porte 304, Alix me laisse ouvrir. La chambre est spacieuse, baignée par la lumière orangée du soleil couchant. Mais ce qui me coupe le souffle, c'est la vue. Une immense fenêtre s'ouvre sur la Manche, où les vagues viennent s'écraser doucement sur le sable gris.
Je pose les sacs sur le porte-bagages et je reste là, au milieu de la pièce, un peu gauche. Alix, lui, s'approche de la fenêtre et l'ouvre en grand. Le bruit de la mer et le vent frais s'engouffrent dans la chambre, faisant voler les rideaux de dentelle. Il se retourne vers moi, les cheveux ébouriffés par la brise, et son regard est d'une tendresse qui me bouleverse.
— On y est, François. Rien que nous deux.
Je m'approche de lui, attiré comme un aimant. Je l'entoure de mes bras, sentant la fraîcheur du vent sur sa peau et la chaleur de son corps contre le mien. On reste là, face à l'immensité de l'eau, tandis que le ciel passe de l'orange au violet. La chambre d'hôtel, avec son grand lit blanc et son silence protecteur, devient notre nouveau sanctuaire. Tout ce qui s'est passé avant, la prison, le procès, la douleur, semble soudain appartenir à une autre vie. Ici, au bord de cet abîme liquide, on commence enfin à respirer vraiment.
La fraîcheur du vent marin qui s'est engouffrée dans la chambre nous laisse un frisson sur la peau. On se regarde, encore un peu étourdis par le voyage et par cette vue sur l'infini. Je sens que j'ai besoin d'évacuer le sel du trajet et la tension qui me noue les épaules. Alix me devance et se dirige vers la salle de bain, une pièce carrelée de blanc avec une grande douche à l'italienne.
— On se décrasse avant de descendre manger ? me lance-t-il avec un clin d'œil.
Je le rejoins. L'espace est restreint, l'intimité immédiate. Je règle la température de l'eau, laissant la vapeur envahir lentement la pièce, brouillant le miroir. On se déshabille dans un silence chargé d'une électricité nouvelle. Une fois sous le jet brûlant, l'eau ruisselle sur mon dos musclé et sur la silhouette fine d'Alix. C'est moi, cette fois, qui prends l'initiative. Mes mains massives, encore un peu hésitantes, viennent se poser sur ses épaules mouillées.
Je commence à le caresser, mes paumes glissant sur sa peau savonnée avec une douceur que je ne me connaissais pas. Je dépose des baisers partout. Je commence par sa nuque, sentant ses cheveux trempés contre mon visage, puis je descends le long de sa colonne vertébrale, chaque vertèbre étant une étape de ma dévotion. Alix soupire, la tête renversée en arrière sous le jet d'eau, ses mains s'appuyant contre les parois carrelées.
Je le retourne pour lui faire face. L'eau nous aveugle à moitié, mais je ne peux détacher mes yeux de lui. Je l'embrasse avec passion, ma langue cherchant la sienne dans un ballet humide et chaud. Mes mains descendent vers ses fesses, le ramenant fermement contre moi. Je sens son érection presser contre ma cuisse, et la mienne ne tarde pas à répondre avec une vigueur qui me fait grogner. Je descends encore, mes lèvres parcourant son torse, ses mamelons durcis par le contraste de l'eau, puis j'arrive à son entrejambe.
Je m'agenouille sous la douche, l'eau me tombant directement sur le crâne. Je prends son sexe entre mes lèvres, le goût de l'eau et de sa peau se mélangeant. Je le suce avec une ferveur presque désespérée, voulant lui donner tout le plaisir que j'ai en moi. Alix gémit mon nom, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux, me guidant, me pressant contre lui. Je sens qu'il est proche, ses muscles se tendent, alors je me relève brusquement.
Je le plaque contre la paroi froide de la douche. Le contraste entre le carrelage frais et la chaleur de nos corps nous fait frémir. Je saisis ses hanches, je soulève une de ses jambes pour l'entourer autour de ma taille. Avec un peu de gel douche pour faciliter l'entrée, je me guide. Je pénètre Alix avec une lenteur prudente, sentant chaque centimètre de son étroitesse m'accueillir.
— Putain, François... halète-t-il, ses bras noués autour de mon cou.
Je commence mes mouvements, des coups de reins lents puis de plus en plus saccadés, rythmés par le bruit de l'eau qui s'écrase sur nous. Alix bouge avec moi, ses gémissements se perdant dans le fracas de la douche. Je le serre contre moi, ma force trouvant enfin un exutoire magnifique dans ce don de soi. On finit par jouir ensemble, un cri synchronisé, nos semences se mêlant à l'eau qui s'écoule vers la bonde, nous laissant vidés, tremblants et incroyablement proches.
Une heure plus tard, nous descendons vers le restaurant de l'hôtel. J'ai troqué mon jean usé pour un pantalon plus propre et une chemise sombre que j'ai du mal à ajuster à cause de mes bras trop larges. En entrant dans la salle de restaurant, je me fige. C'est un endroit guindé, avec des nappes blanches, de l'argenterie et une lumière tamisée. Il y a quelques couples, des gens d'un certain âge, qui discutent à voix basse.
Une heure plus tard, nous descendons vers le restaurant de l'hôtel. J'ai troqué mon jean usé pour un pantalon plus propre et une chemise sombre que j'ai du mal à ajuster à cause de mes bras trop larges. En entrant dans la salle de restaurant, je me fige. C'est un endroit guindé, avec des nappes blanches, de l'argenterie et une lumière tamisée. Il y a quelques couples, des gens d'un certain âge, qui discutent à voix basse.
Je me sens comme une bête sauvage dans un salon de thé. Je tire sur le col de ma chemise, mes mains moites. On nous installe à une table un peu à l'écart, mais j'ai l'impression que chaque client a les yeux fixés sur moi, sur mes tatouages qui dépassent de mes poignets, sur ma carrure qui jure avec le décor. Je suis horriblement gêné. C'est la première fois que je sors "officiellement" avec un homme, et le poids du regard social me retombe dessus comme une chape de plomb.
— Alix, je ne suis pas à ma place ici, je murmure en fixant la carte sans rien voir. Ils nous regardent. Ils savent.
Alix pose sa main sur la mienne, bien en vue sur la nappe blanche. Son geste est calme, assuré.
— François, regarde-moi, dit-il d'une voix douce mais ferme. Personne ne nous connaît ici. Pour eux, nous sommes juste deux touristes qui profitent de la mer. Personne ne sait d'où l'on vient, ni ce qu'on a traversé.
— Mais je me sens... anormal. Je n'ai pas l'habitude de tout ça, de cette mise en scène.
— Il n'y a rien d'anormal à vouloir manger avec l'homme qu'on apprécie, François. Détends tes épaules. Tu as le droit d'être ici. Tu as le droit d'être heureux, même dans un restaurant avec des nappes blanches. Respire l'air du large, et oublie le reste de la salle. Il n'y a que toi et moi.
— Mais je me sens... anormal. Je n'ai pas l'habitude de tout ça, de cette mise en scène.
— Il n'y a rien d'anormal à vouloir manger avec l'homme qu'on apprécie, François. Détends tes épaules. Tu as le droit d'être ici. Tu as le droit d'être heureux, même dans un restaurant avec des nappes blanches. Respire l'air du large, et oublie le reste de la salle. Il n'y a que toi et moi.
Ses paroles, et surtout la pression de sa main sur la mienne, finissent par m'apaiser un peu. Je lève les yeux et je croise son regard encourageant. Il a raison. Ici, les ombres du passé n'ont pas d'invitation à notre table. Je finis par commander un verre de vin, laissant la chaleur du moment remplacer peu à peu ma gêne.
Fin du chapitre 6.
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