Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La fréquence du désir — Chapitre 5 · Le contre-test
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La fréquence du désir
Chapitre 5 · Le contre-test
Les semaines suivantes devinrent une ritournelle. Chaque mardi soir, le cabinet se transformait en temple du délitement. Chaque rencontre était une exploration plus profonde, une plongée plus vertigineuse dans nos abysses communs. On avait tout essayé. Sur son bureau, contre la baie vitrée, sur le tapis de sa salle d'attente, et même une fois, risquée, dans la salle de test principale, elle assise à califourchon sur ma chaise pendant que je la prenais, le casque sur les oreilles, le silence ambiant troublé que par nos soupirs et le bruit de nos corps.
Mais quelque chose avait changé. La provocation initiale de Perrine avait laissé place à une dépendance mutuelle. Le jeu n'était plus seulement sexuel, il était devenu émotionnel. Et ça, c'était beaucoup plus dangereux. Un soir, après une séance particulièrement intense où elle m'avait fait l'amour les yeux dans les yeux, une lueur de tendresse pure dans son regard, elle ne se contenta pas de son sourire de prédateur habituel.
-- Mon mari... commença-t-elle, la tête posée sur ma poitrine, nos corps nus encore collés l'un à l'autre. Il rentre plus tôt la semaine prochaine. Mardi. Il doit finir un dossier plus tôt.
Le froid glacial me parcourut, malgré la chaleur de la pièce. Notre sanctuaire était menacé. L'illusion de notre bulle privée venait d'éclater.
-- Ah. Je... je comprends, dis-je, ma voix soudainement rauque.
-- Non, tu ne comprends pas, dit-elle en se redressant pour me fixer. Ça ne change rien. Ça change juste... les règles. Je ne peux plus t'inviter ici un mardi soir. C'est trop risqué.
Une vague de déception, presque de panique, m'envahit. C'était fini.
-- Mais... continua-t-elle, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut plus se voir. Ça veut dire qu'on doit être plus créatifs. Ça veut dire que c'est à toi de m'inviter.
Le message était clair. Le terrain de jeu allait changer. Le risque allait augmenter.
Le lendemain, je recevais un mail. « Contre-test auditif et environnemental. Sujet : réactivité en milieu urbain. Lieu du rendez-vous : votre domicile. Date : Vendredi, 20h. Consigne : soyez prêt à tout. »
Le vendredi, mon appartement était impeccable. J'avais acheté des fleurs, du vin, de la nourriture que l'on pouvait manger avec les doigts. J'avais transformé mon salon en un nid d'amour, un piège doré. À vingt heures, ma sonnette retentit.
J'ouvris. Elle était là. Mais elle n'était pas Perrine l'audioprothésiste, ni Perrine la déesse du délitement. Elle était autre chose. Elle portait un long manteau de cuir noir, fermé jusqu'au cou. Des bottes à talons aiguilles qui ajoutaient dix centimètres à sa taille. Des gants en cuir noir. Et des lunettes de soleil, bien qu'il fasse nuit. Elle avait l'air d'une espionne, d'un assassin venu exécuter un contrat. Et elle était plus excitante que jamais.
Elle entra sans un mot, déposa son sac sur une chaise et fit le tour de mon appartement, l'inspectant, le jugeant. Elle s'arrêta devant la grande baie vitrée qui donnait sur la ville illuminée.
-- Bel appartement. Mais il manque une chose.
-- Quoi ?
-- La tension. L'interdit. Ici, on est chez toi. Tu es dans ta zone de confort. Et moi, je déteste la zone de confort, dit-elle en me tutoyant pour la première fois.
Elle se retourna vers moi, retira ses lunettes. Son regard était dur, impérieux.
-- Le test de ce soir, c'est le contre-test. C'est toi qui prends le contrôle. C'est toi qui me provoques. C'est toi qui me montres que tu n'es pas juste l'homme qui répond à mes invitations. Montre-moi que tu peux me prendre.
Elle défit la ceinture de son manteau, mais ne l'ôta pas. Elle s'approcha de moi, me poussa doucement pour me faire asseoir sur le canapé. Puis elle se mit à quatre pattes devant moi, son visage à la hauteur de mon sexe. Elle me regarda, un défi dans les yeux.
-- Alors, monsieur Dubois. Montrez-moi ce que vous avez appris.
Je compris. Le jeu s'inversait. J'étais celui qui tenait les rênes. Je me levai, la laissant dans cette position d'attente. Je me plaçai derrière elle, et lentement, je glissai ma main sous le tissu de son manteau. Elle était nue. Absolument nue en dessous. La découverte me coupa le souffle. Je laissai ma main courir le long de son dos, sentir sa peau frissonner. Puis je lui donnai une petite fessée. Un claquement sec dans le silence du salon.
Elle sursauta, poussa un petit cri.
-- C'est ça ? C'est tout ce que tu as ?
Je lui en donnai une autre, plus forte cette fois. Puis une autre. Sa peau devint rouge sous mes coups. Elle gémissait, non pas de douleur, mais de plaisir. Je me penchai, écartai son manteau, et ma bouche trouva son sexe, déjà humide. Je la léchai, la suçai, la faisant monter au bord du plaisir, puis m'arrêtant net, la laissant frustrée, haletante.
-- Lève-toi, ordonnai-je.
Elle obéit. Je lui fis enlever son manteau. Son corps était magnifique, baigné dans la lumière de la ville. Je la menai jusqu'à la baie vitrée.
-- Mets les mains contre la vitre.
Elle s'exécuta. Elle était là, offerte, nue, visible pour quiconque dans l'immeuble d'en face aurait eu la curiosité de regarder. Je me plaçai derrière elle, ma verge entre ses fesses.
-- Regarde la ville, Perrine. Regarde comme ils sont tous dans leur bulle. Ils ne nous voient pas. Ils ne nous comprennent pas. Nous, on est vivants.
Je la pénétrai d'un coup, la faisant crier contre la vitre. Je la baisai debout, devant le monde entier, mes mains sur ses seins, la mordant dans le cou. Elle était à moi, totalement. Je la fis jouir comme ça, contre la fenêtre, son corps tremblant, son souffle bu collé sur la vitre.
Quand elle se calma, je me retirai et me laissai tomber sur le canapé.
-- Maintenant, viens, dis-je. Viens finir ce que tu as commencé.
Elle vint, s'agenouilla entre mes jambes, et me prit dans sa bouche. Cette fois, ce n'était plus elle qui menait la danse. C'était moi qui guidais sa tête, qui imposais le rythme. Elle se laissa faire, soumise, avide.
-- Regarde-moi, lui ordonnai-je.
Elle leva les yeux vers moi, et dans son regard, il y avait une nouvelle chose. De l'admiration. Du respect. Elle avait trouvé ce qu'elle cherchait. Un homme. Un vrai.
Quand je fus sur le point de jouir, je la retirai.
-- Je veux être en toi, dis-je.
Elle se releva, vint s'asseoir sur moi, m'enfonçant en elle d'un seul mouvement. On resta comme ça, immobiles, unis, regardant la ville illuminée devant nous.
-- On est fous, murmura-t-elle.
-- On est vivants, corrigeai-je.
Et sous le regard indifférent de la ville, on recommença.
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