Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Colocation sous tension — Chapitre 4 · L'écart
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Colocation sous tension
Chapitre 4 · L'écart
C'était censé être simple. Un corps, du sexe, du silence. J'ai vu Lucie dès le premier jour, et j'ai su. Qu'elle était exactement le genre de mélange que j'évite : nerveuse, jolie, et un peu perdue. Trop de feu dans le regard. Trop d'envie sous la peau.
Je l'ai laissée venir. Et elle est venue. Avec ses yeux qui cherchent. Avec ses soupirs à peine retenus quand je passais torse nu. J'ai tenu. Longtemps. Jusqu'à ce soir-là. Et depuis... on ne s'est plus arrêtés.
On baise. Souvent. Fort. Partout. Et c'est bon. C'est même plus que bon. C'est addictif. Elle a ce truc. Ce putain de truc qui fait que je perds la tête quand elle gémit mon nom, quand elle se tord sous moi, quand elle me regarde avec ce regard de chienne affamée qui me supplie sans parler.
Mais y a un hic. Je ne me détache jamais. D'habitude, c'est mécanique. Du plaisir sans implication. Des règles tacites. Et là, avec elle, je n'y arrive pas. Parce qu'elle me reste sur la peau. Même après la douche. Même après d'autres corps. Elle est là. Dans le creux de ma nuque. Sous mes ongles. Entre mes pensées.
Alors je m'éloigne. Je sors plus. Je passe moins de temps à l'appart. Je rentre tard. Parfois, je la vois me regarder, en silence. Je fais semblant de ne pas capter. Mais je sens son regard sur moi comme un doigt qui glisse le long de ma colonne. Et ça me fout en rogne. Parce que je la veux. Tout le temps. Et que je n'ai jamais voulu comme ça.
Je suis rentré tard ce soir-là. Une bière de trop, quelques regards échangés avec une fille quelconque que je n'ai pas suivie. Parce que j'avais Lucie dans la tête. Elle. Juste elle.
Quand j'ai ouvert la porte, l'appart était plongé dans le silence. Mais sa lumière, à elle, était encore allumée. Sa porte entrouverte. Je me suis arrêté devant. Curieux. Fatigué. Et puis j'ai entendu.
Des soupirs. Lents. Chargés. Le froissement des draps. Une respiration courte. Lucie.
Elle se touchait.
Putain.
Mon sexe s'est tendu en un éclair. J'ai poussé la porte. Elle a sursauté, figée. Nue. Une main entre ses jambes. Les joues en feu. Nos regards se sont croisés. Elle a voulu retirer sa main. J'ai avancé.
J'ai attrapé sa main. Je l'ai reposée entre ses cuisses.
— Continue.
Elle n'a pas bougé. Un battement. Puis elle a obéi. Timide au début. Puis plus assurée. Son bassin s'est mis à onduler. Elle haletait. Ses yeux plantaient dans les miens.
Je me suis assis au bord du lit. Fasciné. Exaspéré. Excité comme jamais. J'avais envie de lui hurler dessus. De lui dire d'arrêter. De lui dire que c'était trop. Mais j'ai regardé. Jusqu'à ce qu'elle tremble, mordant sa lèvre, le corps contracté sous ses propres doigts.
Je l'ai dominée cette nuit-là. Et j'ai aimé ça. Trop. J'ai aimé son obéissance, sa soumission, le fait qu'elle me laisse la guider, sans retenue. J'ai aimé la voir ouverte, offerte, livrée, comme si elle m'appartenait. C'était plus que du sexe. C'était une emprise. Une façon de la garder à moi.
Je l'ai prise brutalement. Sans douceur. Une main dans ses cheveux, l'autre agrippant sa hanche. Je la faisais plier sous moi, la pénétrant à coups lents, mais profonds. Elle gémissait à chaque poussée, ses ongles marquant mes avant-bras.
Je l'ai retournée, l'ai prise à genoux, l'ai plaquée contre la tête de lit, ses seins ballottant sous les secousses. Je la voulais sauvage. Et elle l'était. Mon nom éclatait entre ses lèvres comme un ordre inversé.
Puis je l'ai allongée sur le dos. J'ai attrapé ses poignets, les ai coincés au-dessus de sa tête. J'ai léché son cou, sa gorge, ses tétons durcis. Elle se tordait, implorait. Je suis descendu lentement, jusqu'à son ventre, puis son sexe. Je l'ai goûtée longuement, jusqu'à la sentir jouir contre ma langue, les cuisses tremblantes.
Quand je suis remonté en elle, elle m'a pris à pleine bouche, m'a griffé le dos, m'a mordu l'épaule. Et moi, je voulais plus. Toujours plus.
Je l'ai fait s'asseoir sur moi. Elle m'a chevauché, le dos cambré, les cheveux collés à son cou. Je la guidais par les hanches, l'observant perdre pied, la bouche ouverte. Je voulais qu'elle se brise. Qu'elle explose.
Je l'ai remise debout, accoudée à la fenêtre entrouverte. Le vent glissait sur sa peau. Je l'ai pénétrée là, lentement, jusqu'au fond. Elle criait mon prénom dans l'obscurité. Et moi, je voulais marquer son corps de toutes mes empreintes.
Et là... j'ai eu envie d'aller plus loin. De franchir cette ligne. De prendre ce qu'aucun autre n'avait eu.
Je l'ai fait s'agenouiller, la poitrine contre le matelas. Je l'ai caressée lentement, apaisée. Puis j'ai léché la courbe de ses fesses, doucement, jusqu'à sentir son souffle se couper. J'ai pris de l'huile, chauffée dans ma paume, et l'ai fait couler entre ses fesses. Elle a gémi, surprise. J'ai massé, lentement, un doigt à peine en pression.
— Tu me fais confiance ? ai-je soufflé contre son oreille.
Elle a hoché la tête.
Alors j'y suis allé. Doucement. Lentement. Je suis entré en elle, là où personne n'était jamais allé. Elle s'est arquée, haletante. Je la tenais, fort, guidant ses mouvements. Je la pénétrais par derrière, lentement, profondément. Elle gémissait, surprise par l'intensité, la sensation différente, plus serrée, plus intime.
Je lui murmurais qu'elle était à moi, qu'elle était parfaite. Elle tremblait, soumise, offerte. Et moi, je sentais que je ne pourrais plus jamais me passer d'elle.
Je lui ai tiré les cheveux, mordu la peau, serré les hanches. Et elle me demandait encore. Encore. Elle gémissait mon nom entre deux spasmes. Et je l'ai vue. Soumise, mais puissante. Brisée, mais heureuse. C'était ça, le piège.
J'ai joui en elle en grognant. Lâché. Éteint. Essoufflé.
Je suis resté au-dessus d'elle. Le cœur qui cogne. Les mains encore tremblantes. J'ai fermé les yeux. Une seconde. Deux. Et j'ai su.
J'étais foutu.
Je me suis levé sans un mot. Suis allé à la salle de bain. Me suis éclaboussé le visage. Je voulais me retrouver. Revenir dans mon corps. Pas dans le sien.
Mais quand je suis revenu dans ma chambre, je l'ai trouvée là. Nue. Dans mon lit. Allongée sur le ventre. Comme si de rien n'était.
Je l'ai regardée un moment. Son dos nu. Ses cheveux en désordre. Mon odeur sur elle.
Je me suis couché derrière elle. Je l'ai prise dans mes bras. Et là, elle a dit quelque chose.
— T'étais où ce soir ?
Simple. Doux. Mais ça m'a coupé le souffle.
Je n'ai rien répondu. Mon cœur cognait à mes tempes.
Elle a tourné la tête vers moi. Nos regards se sont accrochés. Et puis elle s'est levée. A enfilé un t-shirt. Et elle est sortie de ma chambre.
Juste comme ça.
Je suis resté là. Nu. Seul. La peau brûlante.
Et j'ai su que le jeu venait de changer.
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Commentaires ()
Ce qui est intéressant, c'est ce rapport de pouvoir sous- jacent. C'est celle qui s'abandonne le plus au plaisir, qui s'y projette complètement, sans distance, qui devient irrésistible, motrice de l'acte, désirante pour deux , c'est elle donc qui prend le pouvoir. Et lui, ... il est foutu, il sait bien qu'il ne pourra pas résister à cette tornade de desir, que sa volonté sera courbée par un sourire ou une minauderie. Merci pour ce chapitre.
Tellement bien décrit, tellement crédible, tellement fort, wouaouh!
Ca se tend de plus en plus.
Merci
Mumu
Bravo