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Couverture de Les Pécheresses du confessionnal, par Galaxie rouge
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les Pécheresses du confessionnal — Chapitre 1 · Le presbytère

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Galaxie rouge
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Les Pécheresses du confessionnal

Chapitre 1 · Le presbytère

Note de l'auteur

Avertissement Ce roman est un blasphème érotique.
Il profane le sacré, mêle sexe et religion.
Si cela vous choque, ne lisez pas ces pages
Mais si la tentation de l'interdit vous attire, entrez…

Note de l'auteur

Le père Gabriel, trente-cinq ans, croyait avoir trouvé refuge dans la foi après des années de débauche. Mais son arrivée dans une petite ville du Sud-Est de la France l'expose à des tentations plus fortes que toutes ses prières.
Une jeune veuve aux aveux brûlants, une sœur au passé sulfureux, une élue locale dominatrice et sa secrétaire soumise. Quatre femmes s'enroulent autour de lui comme un piège charnel.
Dans les couloirs du presbytère, au confessionnal, jusque dans la sacristie, Gabriel cède, chute, jouit, jusqu'à devenir l'esclave de leurs désirs. La soutane se déchire, l'autel devient lit, et le saint homme n'est plus qu'un corps offert à la luxure. Un roman érotique sulfureux, cru et troublant, où la religion s'efface devant la chair, et où la damnation prend le visage du plaisir.



Gabriel pousse le portail de fer dont le grincement trouble l'air du soir de la paroisse. Le presbytère surgit devant lui, massif et austère, à proximité de l'église au cœur de la petite ville provençale.

Ses narines captent des effluves plus terriens : la vigne, la terre chauffée du Lubéron, les herbes sèches du jardin, mêlées à la poussière chaude du soir. Au loin, les cigales font entendre leur plainte insistante, comme un souffle continu qui emplit l'air. Sa main se resserre sur la poignée de la valise, moite, presque tremblante. Ses pas résonnent dans la cour étroite.

Sur le seuil, il suspend son souffle, aspire profondément, puis franchit la porte massive qui l'engloutit. Le couloir l'accueille avec son froid minéral, comme une caresse glaciale sur sa peau chauffée par la route. Ses pas claquent, résonnant comme un battement de cœur trop fort, amplifié par le silence.

Un bruit léger rompt le silence : un frottement humide, cadencé, ponctué d'éclaboussures. Gabriel se fige, comme saisi par un battement interdit. L'odeur du savon, âcre et chaud, tranche avec la fraîcheur de la pierre humide et de la poussière ancienne. Intrigué, il avance lentement. À mesure qu'il s'approche du tournant du couloir, ses doigts crispés sur la poignée de sa valise se couvrent de moiteur. Sa bouche s'assèche, sa langue colle à son palais, comme si déjà le désir le bâillonnait.

Il l'aperçoit, là devant lui. Agenouillée sur les dalles, les mains plongeant avec énergie dans un seau d'eau savonneuse, Sœur Magdalena frotte le sol d'un geste ample, appuyé, dont la vigueur souligne la souplesse de ses épaules et la force contenue de ses reins. Chaque mouvement, vif et précis, fait jaillir un éclat d'eau. Sa silhouette brune captive le regard, découpée dans la lumière de la fenêtre ternie, comme une apparition sensuelle et charnelle.

Gabriel s'arrête net, dissimulé dans l'ombre du couloir, son souffle retenu pour ne pas trahir sa présence. Mais Magdalena, avec une malice instinctive héritée de sa vie passée, sent cette ombre qui l'observe. Elle choisit de feindre l'ignorance, un sourire imperceptible effleurant ses lèvres. Croyant être seule ou du moins, prétendant l'être, elle retire le voile qui lui colle à la peau ; aussitôt, sa chevelure brune jaillit, lourde, luisante de sueur, se déversant en cascades sombres sur ses épaules. Les mèches trempées s'agrippent à sa nuque et à son front, dessinant des arabesques brillantes sur sa peau mate.

Dans un geste rapide, presque fébrile, elle rassemble ses cheveux et les enroule en un chignon lâche qui dégage toute sa nuque. La peau y apparaît nue, brillante de sueur, offerte comme une tentation. Chaque mouvement de tête fait onduler quelques mèches échappées, qui glissent comme des caresses le long de ses épaules. Une perle de sueur glisse sur sa tempe disparaît derrière son oreille, et ce miroitement furtif devient une provocation silencieuse, comme si son corps parlait avant ses lèvres. Elle sait qu'il regarde, et ce savoir allume en elle un jeu pervers : elle accentue ses gestes, feignant l'insouciance, mais calculant chaque cambrure pour enflammer l'air autour d'elle.

Son dos se cambre à chaque pression sur le sol, ses reins se creusent avec souplesse, et sa poitrine lourde se soulève, prisonnière de la chemise de coton humide qui colle à sa peau comme une caresse insistante, presque charnelle. Le tissu, épouse chaque courbe avec une indécence involontaire ou est-ce volontaire, révélant la rondeur généreuse de ses seins, les pointes durcies par l'humidité qui percent à travers le coton fin, la ligne de son ventre plat menant à des hanches épanouies. Elle pousse un soupir feint, comme si la tâche l'épuisait, mais ce souffle est une invitation muette, un gémissement bas qui vibre dans l'air, destiné à celui qu'elle ignore ostensiblement.

Sa jupe longue glisse et remonte légèrement, découvrant la naissance de ses mollets, et chaque geste imprime à ses hanches un balancement discret, hypnotique, obscène dans sa lenteur maîtrisée. Elle s'étire un peu plus, feignant d'atteindre un coin éloigné, et sa jupe remonte encore, dévoilant un éclat de chair moite luisant sous la lumière.

Gabriel s'arrête net. Son souffle se brise, comme frappé par une vision interdite qui le cloue sur place. Ses yeux se fixent malgré lui sur le balancement, presque obscène, des hanches agenouillées de Magdalena. Il ne la regarde plus comme un homme d'Église, mais comme un homme affamé de chair, happé par l'érotisme cru de la scène.
Sa gorge se noue, son cœur bat à s'en rompre, ses tempes pulsent avec une violence qui martèle ses pensées. Une chaleur brutale descend en lui, irrépressible, durcissant son bas-ventre malgré la prière qu'il tente d'esquisser. Son membre se tend sous son habit, douloureux, insistant, comme une trahison vivante de sa chair contre son esprit.
La honte monte en lui, brûlante : comment puis-je être serviteur de Dieu, et nourrir de telles pensées ?

Il détourne les yeux, ferme les paupières et cherche à se réfugier dans la foi. Mais c'est trop tard. L'image s'imprime en lui comme une révélation charnelle, brûlante et coupable, qui lui colle à la peau et pulse encore dans ses veines. Il imagine ses mains sur ces hanches ondulantes, sa bouche sur cette nuque offerte, son corps pressé contre le sien dans un abandon total. La culpabilité le ronge, mais elle ne fait qu'attiser le feu : il est prêtre, et pourtant, face à cette femme qui joue l'innocente, il se sent homme, vulnérable, dévoré par une faim primitive qu'il croyait domptée.

Magdalena, sentant son regard peser sur elle comme une caresse invisible, accentue son jeu. Elle plonge les mains plus profondément dans l'eau, éclaboussant volontairement sa poitrine, faisant coller le tissu encore plus étroitement, révélant les contours précis de ses seins gonflés, les tétons érigés comme des invitations muettes. Elle se cambre davantage, feignant un effort. Son jeu est malicieux, pervers : elle feint l'ignorance pour mieux le tourmenter, pour le faire bouillir intérieurement, savourant le pouvoir de son corps sur cet homme de Dieu.

Enfin, comme si elle venait seulement de percevoir une présence, elle lève la tête. Leurs regards s'accrochent, d'abord furtifs, puis plus lourds qu'ils ne devraient l'être. Ses yeux noirs, perçants, brillent d'une lueur indéchiffrable, mi-profonde, mi-joueuse. Elle reconnaît aussitôt ce regard : celui des hommes qui désirent, qui dévorent du regard une chair qu'ils n'ont pas encore touchée.

Elle l'a trop souvent vu dans sa première vie, sur les plateaux : ce regard de faim brute, qui dépouille avant même de toucher. Un frisson d'amusement, mêlé de provocation, traverse son visage, comme une réponse muette. Elle abaisse lentement les paupières, ses joues se teintent d'un rose discret, mais ses lèvres esquissent un pli complice, comme si elle admettait enfin son jeu.

Avant de détourner le regard, Gabriel perçoit l'ombre d'un défi, comme si elle jaugeait son trouble et jouissait déjà de l'effet qu'elle produisait. Elle murmure d'une voix basse, aux intonations douces, mais vibrantes comme une caresse :

— Mon Père… je ne vous ai pas entendu entrer, souffle-t-elle avec un timbre qui glisse comme une caresse, laissant flotter entre eux une ambiguïté troublante, presque charnelle. Mais dans ses yeux, une étincelle malicieuse trahit qu'elle savait, qu'elle jouait.

Sa voix, douce, mais grave, roule comme une onde chaude, glissant en lui comme une caresse impudique. Gabriel sent ses entrailles se contracter, son ventre se nouer et son bas-ventre s'alourdir d'un désir qu'il voudrait nier, son érection pulsant avec une urgence qui le fait trembler.

Son oreille interne vibre à cette intonation, chaque syllabe résonne comme une pulsation charnelle. Honteux, il tente de masquer le trouble qui l'envahit, force un sourire convenu, cherche à retrouver la maîtrise de son ton, mais son regard le trahit déjà, accroché aux lèvres pulpeuses qui viennent de prononcer son nom, imaginant leur douceur sur sa peau.

— Ne… ne vous inquiétez pas, ma sœur… balbutie-t-il, les mots trébuchant sur sa langue comme s'ils se dissolvaient dans le désir. Continuez… je ne voulais pas… vous interrompre.

Sa voix se brise, se fait rauque, trahissant le vertige de son trouble et la honte brûlante de sentir son souffle s'accélérer, son corps se tendre, face à elle. Chaque syllabe qu'il prononce semble plus proche d'un aveu que d'une excuse, son esprit hurlant intérieurement contre cette faiblesse, contre cette chair qui le domine.

Elle hoche la tête, replonge les mains dans le seau. Ses gestes ralentissent volontairement, comme consciente d'être observée, et elle joue de cette lenteur avec une science instinctive, prolongeant le jeu. Elle presse la brosse, ses épaules roulent avec une langueur calculée, accentuant la cambrure de sa poitrine qui se soulève avec ostentation, comme une offrande silencieuse, les seins se pressant l'un contre l'autre dans un mouvement hypnotique. Le silence se charge d'un frisson lourd, saturé d'attente et de tension charnelle.

Chaque éclaboussure résonne comme une provocation, comme si l'eau battait au rythme d'un désir inavoué, un martèlement obscène qui s'accorde au sang de Gabriel. Hypnotisé, il guette le moindre de ses mouvements, perçoit le rythme de ses respirations lentes, profondes, volontairement mesurées, semblables à des soupirs voluptueux destinés à lui seul, comme un murmure de volupté qui l'enserre et le dénude intérieurement. Son trouble intérieur le lacère : il prie en silence pour que Dieu l'épargne, mais son corps crie famine, imaginant déjà les courbes de Magdalena sous ses doigts, sa bouche explorant chaque parcelle de cette peau interdite.

Gabriel s'éclaircit la gorge, détourne le regard vers une statue poussiéreuse dans une niche. Mais ses pensées s'agitent : Seigneur, pourquoi m'éprouves-tu dès maintenant ? Sa foi vacille, assaillie par des visions de péché, de chairs entremêlées dans l'obscurité du presbytère.
Ses mains tremblent légèrement sur la poignée de sa valise. Une goutte de sueur glisse le long de sa tempe.

Il reprend sa marche, le cœur cognant trop fort, et doit la croiser de si près que leurs corps se frôlent presque dans l'étroit couloir.

Alors, un effluve plus dense, plus traître, le frappe de plein fouet.

Derrière l'arôme propre du savon, monte un parfum de femme, lourd, chaud, intime jusqu'à l'indécence. Une odeur animale, profonde, musquée, qui évoque irrésistiblement la moiteur secrète entre des cuisses entrouvertes, la chair humide et palpitante après l'effort, après le désir.

Gabriel n'a jamais touché une femme. Jamais embrassé une bouche autrement que dans des rêves coupables vite étouffés. Jamais approché assez près pour savoir. Et pourtant, cette senteur le percute avec une évidence brutale, comme si son corps, lui, reconnaissait avant son esprit. Est-ce cela… l'odeur d'une femelle en chaleur ?

La question, obscène, fuse dans son crâne sans qu'il puisse la retenir. Il la hait aussitôt, la trouve indigne d'un prêtre, indigne d'un homme qui a prononcé des vœux. Mais elle reste là, vibrante, insistante, et son sexe, déjà douloureusement tendu, se contracte violemment à cette pensée interdite.

L'odeur s'insinue, s'enroule autour de ses narines, descend dans sa gorge comme une liqueur brûlante. C'est une trace de sueur intime, de peau vivante, de sécrétions féminines qu'il n'a jamais goûtées et qu'il imagine pourtant avec une précision terrifiante. Chaque inspiration est une caresse invisible, une langue chaude qui le lèche de l'intérieur.

Il sent son membre durcir encore, devenir presque insupportable sous l'étoffe rêche de son habit. Le frottement à chaque pas est une torture exquise et coupable ; une goutte chaude, traîtresse, perle déjà à son extrémité, trempant le tissu, le marquant de sa faiblesse.

Il voudrait fuir, se réfugier dans la prière, dans le froid de la pierre. Mais son corps, ce traître, ne connaît que cette odeur, que cette faim archaïque qu'il croyait pouvoir dompter par la foi.

Et Magdalena, à quelques centimètres de lui, continue de respirer calmement, comme si elle ne savait pas, comme si elle ne sentait pas l'onde de désir désespéré qui émane de l'homme en noir qu'elle vient de frôler.

Mais au coin de ses lèvres, un infime pli amusé trahit qu'elle sait. Et qu'elle savoure.

Elle s'écarte pour lui laisser passage. Dans son geste, sa jupe glisse un peu plus, révélant une cheville fine, délicate, une peau qui brille sous la lumière comme une promesse. Gabriel baisse immédiatement les yeux, mais l'image s'imprime dans son esprit avec la force d'une morsure : il aurait voulu voir plus, remonter le long de cette jambe, imaginer la chaleur de sa peau sous le tissu, plonger entre ses cuisses offertes.

Cette pensée le hante aussitôt, brutale, coupable. La honte le transperce d'avoir osé désirer si fort pour si peu, mais ce trouble l'envahit, violent, irrévocable, l'obsède comme une faim. Son souffle se brise en passant près d'elle, haletant, et il détourne la tête, rouge de honte, tout en brûlant de ce qu'il a osé entrevoir. L'air chaud semble se refermer sur son cou comme une étreinte invisible, pesante, qui l'enchaîne à son propre corps, son érection battant comme un cœur second.

Il la salue d'un signe bref. Elle incline la tête, reprends son geste, mais un mince sourire s'esquisse au coin de ses lèvres pleines, humides d'effort, presque imperceptible. Ce sourire, fragile et dangereux, a la saveur d'une provocation silencieuse. Gabriel le reçoit comme une morsure intime : il l'imagine sur sa peau, sur sa bouche, et cette pensée lui arrache un frisson coupable. Ce sourire, à peine esquissé, hante déjà son esprit tandis qu'il s'éloigne, prisonnier de ce désir qu'il voudrait fuir, son esprit déchiré entre le vœu de chasteté et l'appel irrésistible de la chair.

Gabriel atteint enfin sa chambre. La porte claque derrière lui. La pièce est nue : lit étroit aux draps rêches, bureau de bois sombre, crucifix accroché au mur, Bible posée en évidence. Il pose sa valise, s'assoit sur le lit. Son souffle est encore irrégulier. Il ferme les yeux. L'image de Magdalena s'impose à lui : ses reins cambrés, sa chemise collée à sa poitrine, son regard fugitif. Même ses doigts se souviennent de la texture invisible de ce qu'il n'a pas touché, imaginant la douceur veloutée de sa peau, la chaleur humide de son intimité.

Il prend le crucifix autour de son cou, serre le métal froid dans sa paume comme pour éteindre l'incendie qui le consume. Il tente de réciter un Pater. Les mots trébuchent, se dissolvent dans sa gorge sèche. Au lieu des prières, ce sont les images qui affluent, lancinantes, charnelles : Magdalena, agenouillée, balançant lentement ses hanches, les mains plongées dans l'eau. La cambrure insolente de ses reins qui l'obsède encore, la poitrine lourde qui se balançait sous le chemisier trempé, chaque tressaillement dessinant l'offrande de ses seins prisonniers du tissu collant, les tétons durcis suppliant d'être pincés.

Sa nuque brillante de sueur, sa bouche pulpeuse entrouverte pour respirer s'impose à lui comme des visions interdites. Il croit entendre sa respiration dans le silence de la chambre, une musique charnelle qui lui caresse l'oreille et embrase son sang. Son ventre se contracte, son bas-ventre se durcit, sa poitrine se soulève trop vite, déchiré entre la honte de ses pensées et la brûlure irrépressible du désir, son membre gonflé exigeant une libération qu'il refuse.

Il secoue la tête et se lève, faisant des allers-retours nerveux. Chaque pas résonne comme un verdict, amplifiant son désir coupable. Il s'arrête devant le crucifix du mur, ferme les yeux plus fort, mais son corps le trahit encore. Ses reins se raidissent, son bas-ventre s'enflamme, et son membre se dresse avec une violence qui l'effraie, heurtant son vêtement comme une preuve brûlante.

Sa peau est en feu, ses paumes moites, il ne sait où poser ses mains ni que faire de cette érection insolente qui le possède comme une faute vivante. Pardonne-moi Seigneur, pardonne-moi, murmure-t-il d'une voix brisée, haletante, presque gémissante. Chaque mot qu'il prononce est empreint de honte et de désir, comme s'il confessait son impuissance à maîtriser ses émotions. Il se sent double : prêtre et homme, esprit et chair, lacéré par deux forces contraires qui l'arrachent à lui-même, écartelées entre la foi et la faim de chair qui le dévore, imaginant Magdalena à genoux devant lui, sa bouche enveloppant son désir.

Dans ce presbytère, il n'a pas encore prié, mais déjà péché.

Gabriel finit par s'agenouiller au pied de son lit, le front posé contre les draps rêches. Son souffle court imprègne le tissu d'humidité, comme s'il déposait là une trace de sa fièvre. Sa prière se heurte à des images charnelles qui reviennent sans cesse, plus précises, plus impudiques, se gravant dans sa chair : il la voit se tourner, offrir son corps, écarter les cuisses dans un abandon total.

Il revoit le balancement de ses hanches, la cambrure de ses reins, la lourde poitrine qui oscillait sous le tissu trempé. Il entend encore le bruit de l'eau pressée entre ses doigts, mais ce qu'il imagine désormais, c'est la chaleur de ce souffle sur sa peau, le frottement de cette poitrine contre sa poitrine, l'odeur du savon mêlée à la sueur intime, ses doigts explorant les replis humides de son désir. Tout son corps vibre, se souvient, comme si déjà il avait goûté à cette femme, comme si elle lui appartenait, et cette possession imaginaire le fait gémir intérieurement.

Alors, pris d'un élan de honte et de désir, il quitte sa chambre, son sexe encore dur sous l'habit, et revient dans le couloir. La lueur des vitraux a changé, jetant sur les murs des teintes rougeâtres, comme si la pierre elle-même se couvrait de fièvre. Le presbytère respire autrement, alourdi d'un souffle secret, d'une vie souterraine qui palpite et semble l'appeler à céder.

Là, il retrouve Magdalena qui, debout cette fois, range ses seaux. Ses gestes sont plus lents, presque cérémoniels, comme s'ils faisaient partie d'un rituel secret. Elle lève les yeux vers lui, et ses prunelles brillent d'un éclat trouble où fatigue et malice se confondent, son sourire malicieux confirmant qu'elle a toujours su.

Son regard s'attarde une seconde de trop, glissant sur lui comme une caresse silencieuse, et son expérience d'autrefois lui révèle aussitôt la bosse prometteuse qui tend l'habit du prêtre, la forme évidente de son excitation. Elle sait lire ce signe, elle l'a trop souvent vu et provoqué dans son premier métier. Un silence troublant s'installe, lourd, saturé de souffle et de désir contenu. Le couloir semble se rétrécir, chaque respiration froisse l'air comme un drap froissé après l'amour. Même le bois ancien paraît craquer plus fort, ponctuant cette tension d'un écho obscène.

Magdalena laisse tomber une brosse dans le seau. Elle s'essuie lentement les mains sur son tablier, un geste anodin qui devient une offrande : il dévoile la souplesse de sa taille, la cambrure de ses reins, la ligne qui appelle le regard, et un effleurement subtil de ses propres courbes, comme pour attiser encore.

Ses lèvres s'entrouvrent, brillantes, hésitant entre sourire, parole ou silence, comme si elles cherchaient la prochaine provocation. Elle reste ainsi un instant, suspendu entre innocence feinte et provocation assumée, statue vivante d'un désir qui se sait observé et reconnu.

— Vous semblez épuisé, mon Père, souffle-t-elle avec une douceur ambiguë. Sa voix glisse, caresse l'air comme une main invisible, chargée d'un sous-entendu érotique.

Elle incline légèrement la tête, ses yeux l'accrochant, puis ajoute, sur un ton feutré où perce un double sens :

— Voulez-vous que je vous fasse visiter les lieux ? Dites-moi… comment puis-je vous aider ?

Gabriel se raidit, la gorge sèche, et balbutie des réponses maladroites, chaque mot trébuchant comme s'il cherchait à dissimuler l'embrasement qui l'habite :

— Ce n'est rien, ma sœur. La route m'a seulement fatigué.

Mais ses yeux se posent sur sa bouche pleine, sur la courbe de ses épaules encore humides. Magdalena incline la tête, et dans ce geste anodin, il lit une invitation voilée. Elle avance d'un pas, se penche pour ramasser un chiffon à ses pieds, sa hanche frôlant son habit noir, un contact furtif qui l'enflamme comme une brûlure, envoyant une décharge électrique à son bas-ventre. Ses yeux brillent d'un éclat troublant lorsqu'elle souffle, presque à voix basse :

— Désirez-vous que je vous soulage… de quelque chose… ? Ma mission est de vous épauler, de vous soutenir, en tout, murmure-t-elle, ses lèvres effleurant presque le mot comme une promesse charnelle, laissant planer l'ambiguïté d'une aide innocente ou d'une offrande sensuelle, ses yeux glissant ostensiblement vers la protubérance de son habit.

Gabriel se raidit, les lèvres sèches, et ses réponses bafouillent, se brisent :

— Je… je vous remercie, ma sœur… la route… enfin… je… la fatigue… bredouille-t-il, les mots se heurtant, incohérents, comme s'il cherchait à recouvrir d'un voile maladroit l'ardeur qui le consume, son esprit criant pour qu'elle arrête, mais son corps suppliant pour plus.

Sa voix tremble, se brise, incapable de cacher le feu qui lui monte au corps. L'air se suspend entre eux, chargé de sel, de savon, et d'un parfum plus profond encore, celui du désir qui les enveloppe et les dénude à la fois, Gabriel luttant intérieurement contre l'envie de la plaquer contre le mur, de céder à cette tentation qui le ronge.

Il fuit de nouveau dans sa chambre, mais son trouble ne s'apaise pas. Il ouvre la fenêtre, cherche l'air de la nuit. Le vent frais caresse son front, mais dans son esprit, c'est encore Magdalena qu'il voit.

Chaque battement de son cœur résonne comme un glas, mais aussi comme le tambour d'un désir qu'il ne parvient plus à refouler, son trouble intérieur le dévorant comme un feu éternel.

Alors que la cloche de l'église sonne l'angélus, Gabriel comprend que ce combat intérieur ne fait que commencer. Sa mission spirituelle vient à peine de débuter, et déjà il vacille. Dans le silence du presbytère, une certitude s'impose : la tentation porte un nom, et ce nom est Magdalena
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Photo de profil de mozart
mozart
10 juin 2026 à 06:06
J'aime le Texte, l'ambiance, ainsi que le questionnement
du prêtre. Va t'il céder?.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
3 juin 2026 à 13:36
Beau début d'histoire, le sentiment de tentations et de lutte contre son vice est très bien retranscrit, on se sent étouffé de chaleurs charnelles dans cette église...
Soyez respectueux
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Photo de profil de Gubbe
Gubbe
2 juin 2026 à 19:57
Wouaw pour un début d’histoire plein d’erotisme et merci pour cette agréable lecture
Soyez respectueux
Répondre
Jondalar
2 juin 2026 à 14:35
Content de vous retrouver
Votre prose et vos récits vont enflammé cet été
Au feu les pompiers !!!
Merci
Soyez respectueux
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Photo de profil de Domat_75015
Domat_75015
1 juin 2026 à 23:01
J'aime beaucoup
Hate de poursuivre pour découvrir les interdits, transgressions à venir.
Merci
Soyez respectueux
Répondre

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