La semaine
Chapitre 1 · collègues : snaps, défis, appel qui change tout.
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La semaine — Chapitre 1 · collègues : snaps, défis, appel qui change tout.

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MidnightFlashes
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Le rythme, d'abord : les horodatages qui s'enchaînent comme des petites déflagrations, le temps qui passe vite et lentement à la fois. Et puis cette façon de tout raconter en creux — ce qu'on ne dit pas au bureau, ce qu'on cache sous le tailleur, ce qu'on entend dans une respiration au téléphone. Le ton du narrateur est juste, ni trop lyrique ni trop clinique, et les dialogues sonnent vrai à chaque échange.

La semaine

Chapitre 1 · collègues : snaps, défis, appel qui change tout.

Le premier snap arrive un lundi soir de juillet, à vingt et une heures treize.
Pas de message. Juste une photo postée sur sa story. Une plage de galets, une eau turquoise, des bateaux au loin. Et au premier plan, vue de dos, une femme en maillot blanc. Blonde, les cheveux qui tombent sur les reins nus, la cambrure du bas du dos qui plonge vers le tissu tendu.
Je connais ce dos. Je le vois tous les jours au bureau, caché sous des chemises et des tailleurs. Mais là, sous le soleil, sans rien —
Je screenshot.
— Croatie ? ;-)
— Grèce. Les copines m'ont traînée de force.
— La preuve que si, t'es en train de m'écrire.
— T'as vu la photo alors.
— J'ai vu surtout ton dos.
— :'D
— Je suis sérieux. Cette chute de reins, Clara. Tous les jours au bureau je me dis « putain » et là tu me la sors en maillot blanc.
— C'est une story, tout le monde a vu.
— Tout le monde a vu une plage. Moi j'ai vu ton dos.
Les trois points. Ils apparaissent, disparaissent, réapparaissent.
— T'as rien vu encore.
Snap privé. Même plage, mais elle s'est retournée à moitié, un bras qui cache ce qu'il faut, un sourire en coin, et le maillot baissé à la taille. Topless. Le soleil dans les cheveux, la peau dorée, un sein à moitié caché par le bras, l'autre complètement visible — petit, rond, le mamelon rosé durci par le vent.
Pas de message avec.
— T'es sérieuse là ?
— T'as dit que t'avais rien vu. J'ai corrigé.
— T'es dangereuse.
— ;-) Bonne nuit.
Mardi, quatorze heures vingt-deux.
— On a fait bateau aujourd'hui. J'ai cru vomir trois fois.
— T'es pas un pirate alors.
— Très peu. Par contre on a croisé un yacht de ouf. Les mecs à bord étaient à chier.
— Mais t'as regardé quand même.
— ... ouais. :'D
Vingt-deux heures trente.
— Fais-moi rêver.
C'est elle qui écrit ça.
— C'est-à-dire ?
— Décris-moi un truc. Ce qui te passe par la tête.
— Si t'étais là, là, maintenant, dans mon salon, je te ferais asseoir sur mes genoux, face à la baie vitrée. Tu verrais les lumières de la ville. Et je te dégraferais la chemise lentement, sans te regarder — mes mains sur tes seins, mes pouces qui dessinent des cercles. Tu pourrais pas me voir le visage. Tu sentirais juste mes mains et ma respiration dans ton cou.
— Putain.
— Trop ?
— Ma main est exactement là où tu dis.
— Montre-moi.
Snap. Elle sur le lit, les draps en désordre. En dessous — la main dans son string, le tissu tendu entre ses cuisses. Pas explicite. Juste assez.
Pas moi qui ai demandé. Elle.
Mercredi, douze heures quatre.
— J'ai trouvé la meilleure glace du monde. Pistache. Je t'en ramènerai pas.
— T'es un monstre.
— ;-)
Vingt-trois heures quinze.
— OK j'ai un défi con. Demain, tu m'envoies une photo de toi dans un endroit où t'es pas censée te déshabiller.
— Genre ?
— Les toilettes du restau. Le balcon de l'hôtel.
— Le balcon donne sur la rue.
— Et alors ?
Jeudi, vingt et une heures trente.
Snap. Le balcon. La nuit grecque, les lumières en contrebas, et elle, debout contre la rambarde, en string et soutien-gorge noir. Le balcon est éclairé, la rue est en dessous. N'importe qui qui lève les yeux la voit.
— T'es complètement folle.
— Un mec en face a fermé ses volets assez vite. :'D
— Clara. Putain.
— Ton tour. Demain tu m'envoies un truc.
— Demain alors.
— ;-)
Vendredi, vingt heures quinze.
— T'as oublié ton défi d'hier.
Merde. J'avais oublié.
J'envoie un snap. Torse nu, allongé sur mon lit, le drap qui descend juste assez.
— Pas mal. Mais tu peux faire mieux.
— Genre ?
— La main plus bas.
Je prends la photo. Main à l'intérieur du drap, posée sur mon sexe, le tissu qui dessine la forme.
— Mmm... oui. T'en auras besoin ce soir.
— C'est une menace ?
— C'est une promesse.
Vingt-deux heures. Dernière nuit.
— Les copines sont sorties. Je suis seule.
— Et ?
— Et j'ai été patiente toute la semaine.
Un snap vidéo. Trente secondes.
Elle est dans le lit d'hôtel. Nue. Les draps blancs repoussés, la lumière tamisée de la lampe de chevet. Elle tient le téléphone au-dessus d'elle. Ses cheveux sont éparpillés sur l'oreiller. Ses cuisses sont entrouvertes.
Sa main droite descend sur son ventre, passe le nombril, glisse entre ses jambes. Elle se touche — pas pour la caméra, pas pour jouer. Pour de vrai. Les yeux qui se ferment, les lèvres qui s'entrouvrent, un gémissement à peine audible, étouffé dans l'oreiller. Le son est humide, intime, celui qu'on entend que quand on est tout près.
La vidéo s'arrête.
Mon téléphone est déjà sur l'icône appel. Audio seulement.
Elle décroche au premier ring. Pas de « allô ». Juste sa respiration — déjà coupée, déjà rapide.
— T'as continué ?
— Oui.
— Dis-moi ce que tu fais. Exactement.
— Je... mes doigts sont sur mon clito. Je tourne, comme t'as dit l'autre jour. Tes pouces en cercle.
— T'es trempée ?
— Oui. Putain, oui.
— Glisse un doigt en toi.
J'entends le bruit — mouillé, franc. Elle gémit. Pas petit. Un vrai gémissement qui sort sans qu'elle le retienne.
— Et maintenant ?
— Deux doigts. Je... putain...
— Baisse le téléphone. Près de toi. Que j'entende tout.
Un frottement, le téléphone qui bouge, et le son devient plus clair — plus proche, plus intime. J'entends chaque battement de ses doigts, le rythme qui s'accélère, le souffle qui coupe. Et par-dessus tout, le bruit mouillé de sa chatte, trempée, qui claque à chaque mouvement.
— Clara.
— Mmm...
— Lundi, au bureau, quand tu passeras devant mon bureau avec ton tailleur...
— Oui ?
— Je saurai que sous la jupe t'es comme ça. Mouillée. En pensant à moi.
— Putain, arrête, je vais —
— J'ai pas dit d'arrêter.
Elle jouit. Pas progressif — d'un coup. Un cri court, coupé, qui vient du ventre. Le son devient un gémissement long, guttural, qu'elle étouffe dans l'oreiller. J'entends le moment où ça la traverse — le souffle qui se bloque, le silence d'une seconde, puis le cri qui sort. Ses doigts ralentissent pas — ils accélèrent, et elle vient une deuxième fois, juste derrière, le corps qui la trahit.
Puis le silence. Juste sa respiration. Lourde, chaude, qui met une minute à redevenir normale.
— T'as joui ? elle demande, la voix cassée.
— Y'a un moment.
— Désolée. J'aurais dû appeler plus tôt.
— Pour quoi ?
— Pour que tu jouisses en même temps.
Un silence. Pas gêné — repu.
— Florian ?
— Ouais ?
— J'ai jamais fait ça. Avec personne.
— Moi non plus.
— Lundi on fait genre rien ?
— On fait genre rien.
— ;-) Bonne nuit.
— Bonne nuit, Clara.
Elle raccroche.
Samedi. Un snap. Le ciel depuis l'avion, les nuages en dessous. Pas de légende.
J'ai tout sauvegardé.
Lundi matin, elle arrivera au bureau avec son tailleur, ses escarpins, son café. Elle me dira « salut, bon week-end ? » avec son sourire poli. Trois travées plus loin. Comme si rien.
Et moi, je la regarderai. Et je saurai.
Et le pire — c'est qu'elle le sait.
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