Un rôle dangereux
Chapitre 1
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✦ tounet777 Un rôle dangereux XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Un rôle dangereux — Chapitre 1

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tounet777
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Ce qui accroche d'emblée, c'est la progression — rien ne bascule d'un coup. On regarde Tim se débattre avec ses propres résistances pendant que Greg avance à tâtons, maladroit et sincère dans sa gêne. Les bières qui tièdissent, le t-shirt qui se coince au-dessus des yeux, les baisers ratés qu'on recommence : tout ça rend la montée en tension absolument crédible. La voix intérieure de Tim, hésitante et honnête, donne au récit une couleur rare pour le genre.

Un rôle dangereux

Chapitre 1

L'après-midi s'étire déjà trop lentement. Je suis allongé sur mon canapé, le téléphone posé sur mon ventre, et je regarde le plafond comme s'il allait me donner une bonne excuse. Il est presque quinze heures. Dans moins d'une demi-heure, je dois être chez Solenne et Greg. J'ai promis. Et je déteste promettre des choses que je n'ai pas vraiment envie de faire.
Ce n'est pas que je n'aime pas Greg. Au contraire. On s'entend super bien, lui et moi. On rigole facilement, on parle de tout et de rien, et il a ce côté détendu qui me met à l'aise. Solenne aussi. Ma sœur est cool, elle a toujours été cool avec mon orientation, jamais un regard de travers, jamais une remarque bizarre. Tout le monde sait que je suis gay. C'est clair, c'est assumé, et personne dans cette famille ne fait de drame là-dessus. Pourtant, aujourd'hui, l'idée d'aller les aider me pèse.
Greg prépare un rôle. Une pièce de théâtre. Il doit jouer un type gay, et il m'a demandé de l'aider à « sentir » la chose. Pas juste les répliques. Le corps, le regard, la proximité, le jeu romantique. Il a insisté poliment, en riant un peu, en disant qu'il ne voulait pas être ridicule sur scène. Solenne a ajouté que ce serait « juste un exercice », que ça resterait entre nous, et que je serais le mieux placé pour l'aider. J'ai dit oui. Parce que c'est ma sœur. Parce que Greg est sympa. Parce que j'ai du mal à dire non quand on me demande de rendre service.
Mais maintenant que l'heure approche, mon estomac se noue un peu. Pas de panique, juste cette petite résistance intérieure. Je me dis que j'aurais préféré passer l'après-midi à ne rien faire, à scroller, à écouter de la musique, à attendre le moment où je rejoindrai mes copines en fin de journée. On a prévu de se retrouver vers dix-neuf heures. Un verre, des rires, peut-être un resto. Quelque chose de simple. Au lieu de ça, je vais devoir jouer au coach d'intimité pour mon beau-frère.
Je me redresse. Je passe une main dans mes cheveux blonds. Ils sont un peu en bataille. Mes yeux verts me regardent dans le miroir de l'entrée pendant que j'enfile un t-shirt propre, un jean clair, des baskets. Rien de spécial. Taille moyenne, corps normal, rien d'impressionnant. Greg, lui, c'est autre chose. Trente-quatre ans, grand, sportif, épaules larges, bras solides, tatouages qui courent le long de ses avant-bras, qui remontent sous ses manches, qui s'étalent sur ses pectoraux et son dos. Je l'ai déjà vu torse nu l'été dernier, à la plage. C'était… impossible à ignorer. Brun, yeux marrons, cette présence physique qui occupe l'espace sans effort. Et maintenant je vais devoir le regarder dans les yeux, de près, et lui montrer comment un homme regarde un autre homme quand il y a du désir.
Je souffle.
— Allez, Tim. Tu as promis.
Je prends mon téléphone, mes clés, et je sors.
Le trajet jusque chez eux n'est pas long. Quinze minutes à pied. Le soleil de l'après-midi est encore chaud, l'air sent un peu la poussière et l'herbe coupée. J'arrive devant leur immeuble, je sonne. La porte s'ouvre presque immédiatement.
Solenne m'accueille avec un grand sourire. Cheveux attachés en chignon négligé, t-shirt ample, short. Elle m'enlace chaleureusement. Je l'embrasse sur la joue. Derrière elle, Greg apparaît. Il est en t-shirt gris moulant, short de sport noir. Les tatouages de ses bras sont bien visibles : lignes noires, formes géométriques, quelques motifs plus organiques qui s'enroulent autour de ses biceps. Il me serre la main, puis me tire un peu vers lui pour une accolade rapide. Je l'embrasse aussi sur la joue, comme d'habitude.
— Merci d'être venu. Vraiment, dit Solenne. Greg est un peu stressé, même s'il ne le montre pas.
— Ce n'est rien, je réponds. On va faire ça tranquillement.
— Salut, Tim, enchaîne Greg. Content que tu sois là. Je me sens un peu con de te demander ça, mais… bon. Tu sais.
— T'inquiète. On va improviser.
Solenne disparaît un instant dans la cuisine et revient avec deux bières déjà ouvertes. Elle les pose sur la table basse du salon.
— Voilà. Je ne peux vraiment pas rester. Je dois être à l'hôtel pour seize heures trente. Service de réception, le grand palace du centre. Ils sont stricts sur les horaires en ce moment, surtout le week-end. Et ce soir c'est une nuit complète, je ne rentrerai que demain matin. Je voulais juste vous apporter ça et vous laisser travailler tranquillement.
Elle récupère son sac et sa veste déjà prêts près de l'entrée, s'approche de nous une dernière fois. Elle m'embrasse sur la joue, ses lèvres chaudes contre ma peau.
— Merci encore, Tim. Vraiment. T'es un amour d'avoir accepté.
— De rien, je réponds.
Elle se tourne vers Greg, l'embrasse plus longuement, un vrai bisou de couple, la main posée un instant sur sa poitrine.
— À demain matin, mon chéri. Ne sois pas trop dur avec mon frère. Et respire.
— Promis, répond Greg avec un sourire un peu crispé.
Elle nous fait un dernier signe de la main, ouvre la porte et s'engouffre dans le couloir. La porte se referme avec un clic doux. On entend ses pas s'éloigner vers l'ascenseur.
Nous restons seuls dans le salon. Grand canapé en L, table basse, lumière qui entre par les baies vitrées. Les deux bières sont posées devant nous. Greg se frotte les mains, un peu nerveux malgré son sourire. Il attrape un dossier posé sur la table basse, quelques feuilles imprimées, et le fait glisser vers moi.
— Bon. Le scénario, c'est simple. Mon personnage et celui de l'autre type se retrouvent dans un appartement après une soirée. Il y a de la tension depuis un moment. Ils se parlent, ils se rapprochent, et à un moment… ben, ça bascule. Bisou, contact, tout ça. Le metteur en scène veut que ce soit crédible. Pas caricatural. Pas trop soft non plus. Juste… vrai. Mais on va y aller étape par étape. D'abord on lit les répliques ensemble, posés. Sans geste. Juste pour que je m'habitue aux mots. Après seulement on ajoutera les regards, les mouvements, tout le reste.
Je hoche la tête. Je prends une gorgée de bière. L'amertume me réveille un peu.
— Ça me paraît plus sage. On commence par le texte.
Greg ouvre le dossier, feuillette jusqu'à la scène concernée, et me tend une copie. On s'installe côte à côte sur le canapé, les feuilles entre nous. Sa cuisse frôle légèrement la mienne. Je sens la chaleur de son corps à travers le short de sport, mais je ne bouge pas.
On commence à lire à voix haute. Greg prend d'abord la parole de son personnage. Sa voix est un peu trop neutre, trop posée, comme s'il récitait une liste de courses. Moi je réponds avec les répliques de l'autre. Les phrases tournent autour de la soirée qui vient de se terminer, d'un regard trop long échangé plus tôt, d'une tension que personne n'a encore nommée. Greg marque les silences indiqués, mais on sent qu'il force un peu.
Au bout de deux pages, il s'arrête, passe une main dans ses cheveux bruns et pose le texte sur ses genoux.
— Putain… C'est plus dur que ce que je pensais.
Je le regarde.
— Qu'est-ce qui bloque ?
Il soupire, prend une gorgée de bière, puis me fixe franchement.
— Les mecs, c'est pas mon truc. Enfin, tu sais ce que je veux dire. Je suis avec Solenne depuis des années, j'ai jamais regardé un homme comme ça. Même pour un rôle, mon cerveau refuse de se brancher. Je lis les mots, je comprends la situation, mais je n'arrive pas à me concentrer vraiment. C'est comme si une partie de moi restait en dehors. Du coup je suis trop tendu, trop conscient que c'est du faux. Et plus je force, plus ça sonne creux.
Je hoche lentement la tête.
— C'est normal. On n'est pas obligés de forcer. On reste sur le texte tant que tu veux. Quand tu te sentiras plus à l'aise, on ajoutera les regards. Rien d'autre pour l'instant.
Il me regarde un instant, puis reprend le dossier.
— Ok. On reprend depuis le début. Juste la lecture.
On recommence la scène. Voix posées, sans bouger. Les mots tournent entre nous, encore un peu maladroits de son côté, plus naturels du mien. Petit à petit, sa respiration se calme. Il reste concentré sur la page, mais je sens qu'il écoute vraiment ce que je dis, qu'il commence à laisser les silences exister.
Quand on arrive à la fin de la première partie, il pose le dossier et me regarde.
— Ok. Maintenant… on essaie avec les regards ? Sans toucher encore. Juste les yeux. Pour voir si j'arrive à rester dedans.
Je hoche la tête.
— D'accord. On y va doucement.
Et cette fois, quand il lève les yeux vers moi, il n'y a plus personne d'autre. Juste nous deux, le silence de l'appartement, le texte encore ouvert entre nous, et le début d'un travail qui va devoir passer par le corps.
Nous restons un moment silencieux, les yeux l'un dans l'autre. Greg détourne le regard le premier, se frotte la nuque, puis se lève.
— Attends. Je vais chercher d'autres bières. Celles-là sont déjà tièdes.
Il disparaît dans la cuisine. J'entends le frottement de la porte du frigo, le cliquetis des bouteilles, le bruit sourd d'un tiroir qu'on ouvre. Il revient avec quatre bières fraîches coincées entre ses doigts. Il en pose deux sur la table, dévisse les deux autres et m'en tend une.
— Santé.
On trinque. Le verre est froid contre mes lèvres. La bière coule, amère et pétillante. Greg s'assoit de nouveau à côté de moi, un peu plus près qu'avant. Sa cuisse touche maintenant franchement la mienne. Je ne recule pas.
On reprend le texte. Cette fois, il lit avec un peu plus d'assurance. L'alcool commence déjà à faire son effet : ses épaules se détendent légèrement, sa voix perd une partie de cette rigidité qu'elle avait tout à l'heure. Les silences deviennent un peu plus naturels. Quand mon personnage dit une phrase un peu trop intime, Greg ne détourne plus immédiatement les yeux. Il les garde sur moi, juste le temps d'une seconde de trop, avant de redescendre sur la page.
On finit la première scène. Il pose le dossier, boit une longue gorgée, puis feuillette jusqu'aux didascalies.
— Attends… regarde ça.
Il me montre un passage. Je me penche. Son doigt tatoué suit les lignes.
— Il retire son t-shirt. Reste torse nu. La lumière de la lampe dessine les ombres sur sa peau. Il s'approche.
Greg relève la tête. Un sourire en coin, un peu gêné.
— Le metteur en scène a insisté. Il veut que mon personnage soit torse nu dès ce moment-là. Pour que le contact soit plus… direct. Plus sensuel. Si on veut coller au texte, je devrais le faire aussi.
Je sens mon cœur battre un peu plus fort. La bière dans mon estomac chauffe déjà.
— Tu veux… le faire maintenant ?
Il hésite plusieurs secondes, passe une main dans ses cheveux, regarde le t-shirt comme s'il s'agissait d'un obstacle trop grand.
— Ouais… Autant essayer. Sinon je vais encore me crisper pour rien.
Il se lève, pose sa bière, attrape le bas de son t-shirt gris. Le geste est maladroit. Le tissu se coince un instant sous un bras, il tire trop fort, le col lui passe devant les yeux. Enfin le t-shirt passe au-dessus de sa tête et tombe en boule sur le canapé.
Greg reste debout devant moi, torse nu. La lumière de l'après-midi frappe sa peau. Je vois le bas de son ventre, plat, musclé, une fine ligne de poils sombres qui descend sous le short. Les abdos nets. Les pectoraux larges, traversés de tatouages noirs. Les bras, les veines, les motifs qui s'enroulent autour des biceps. Une goutte de sueur perle déjà au creux de sa gorge.
Il a l'air soudain très conscient de sa nudité. Il croise les bras un instant, les décroise, ne sait plus quoi faire de ses mains.
— Alors ? demande-t-il d'une voix un peu trop haute. Ça change quelque chose ?
Oui. Ça change quelque chose. Mais je ne le dis pas clairement.
— Ouais… Ça rend le truc un peu plus réel.
Il se rassoit, toujours torse nu, un peu raide. La chaleur de sa peau irradie. Je sens l'odeur de sa peau, un mélange de savon, de sueur légère et de quelque chose de plus personnel. On reprend le texte. Cette fois, quand il lit les répliques de son personnage, sa voix est un peu plus grave, mais elle reste hésitante. Il regarde encore trop souvent la page. Par moments il lève les yeux vers moi, puis les baisse tout de suite.
On arrive à la partie où les deux hommes se rapprochent. Greg se tourne vers moi. Son genou touche le mien. Sa main, large, se pose sur le dossier du canapé derrière mon épaule, mais trop loin. Son torse est proche, pourtant il garde une distance maladroite.
— Je n'arrête pas de penser à toi depuis tout à l'heure, lit-il. Puis il lève les yeux. — C'est ce que je dois dire. Mais… putain, j'y arrive toujours pas. C'est bizarre de le dire en te regardant. Je sens que ça sonne faux.
— Continue, je dis calmement. Ne t'arrête pas. On va y aller doucement.
Il reprend. Sa respiration s'est un peu accélérée. La mienne aussi. L'alcool tourne dans mes veines. Je sens mon sexe durcir très lentement dans mon jean. Ça me trouble. Je ne devrais pas. C'est Greg. Le mari de Solenne. Mais Solenne n'est pas là. Elle ne rentrera que demain matin. Et là, maintenant, il n'y a que nous deux, sa peau nue, mon regard qui ne sait plus tout à fait où se poser, et cette tension qui monte très progressivement, presque malgré nous.
Il pose le texte.
— Les didascalies disent que je dois poser ma main sur ton visage. Comme ça.
Sa main droite se lève. Les doigts, un peu rudes, hésitent avant de toucher ma joue. Le contact est maladroit, trop appuyé d'un côté, trop léger de l'autre. Le pouce glisse de travers le long de ma pommette. Sa paume est chaude, mais le geste reste raide.
— Comme ça ? demande-t-il, la voix un peu crispée.
— Presque. Un peu plus doux. Laisse juste reposer ta main.
Il ajuste. Ça reste maladroit, mais un peu mieux. Ses yeux marrons sont plus sombres. Ses lèvres sont entrouvertes. Je vois la pointe de sa langue qui humecte brièvement sa lèvre inférieure. Mon propre sexe est maintenant plus présent dans mon jean. Je suis presque certain qu'il le remarque. Mais il ne dit rien. Il continue.
— Ensuite, je dois me pencher. Lentement. Jusqu'à ce que nos fronts se touchent.
Il se rapproche. Le mouvement est trop brusque au début, puis il se reprend. Son front chaud s'appuie contre le mien. Son souffle caresse ma bouche. L'odeur de bière et de peau chaude m'envahit. Je ferme les yeux une seconde. Quand je les rouvre, son regard est collé au mien, mais il a l'air perdu.
— Tim… murmure-t-il. J'y arrive toujours pas. C'est comme si mon corps refusait.
Ce n'est plus tout à fait le prénom de mon personnage. C'est mon vrai prénom. Sa voix a changé. Plus basse. Plus incertaine.
Ma main bouge, très lentement. Mes doigts touchent à peine son torse. La peau est brûlante. Je sens le battement de son cœur sous ma paume. Les muscles se contractent légèrement sous mon contact. Un tatouage passe sous mes doigts. Je m'arrête tout de suite. Je ne descends pas plus bas.
Greg laisse échapper un souffle tremblant.
— Putain… Même ça, c'est déjà trop bizarre.
Il ne recule pas complètement. Sa main reste sur ma joue. Ses doigts s'enfoncent un peu dans mes cheveux, mais le geste est maladroit, trop fort. Nos nez se frôlent. Nos bouches sont à quelques centimètres l'une de l'autre.
Je devrais m'arrêter. Je devrais penser à Solenne. Mais l'alcool, la chaleur de son corps, l'odeur de sa peau, la tension qui monte tout doucement, tout ça rend le moment plus trouble. Je ne pense plus tout à fait clairement.
— On essaie le baiser ? demande-t-il d'une voix rauque. Juste pour voir.
Je hoche la tête.
Il se penche. Ses lèvres touchent les miennes. Le contact est sec, trop appuyé, mal placé. Sa bouche reste fermée trop longtemps, puis s'ouvre d'un coup, trop large. Sa langue cherche la mienne de façon maladroite, trop rapide, trop hésitante. Le baiser dure à peine quelques secondes. Il se redresse, le visage rouge.
Je souffle.
— Non. Ça ne fait pas réel. Du tout. C'est trop raide. Trop forcé. On dirait deux potes qui essaient de jouer à quelque chose qu'ils ne comprennent pas.
Greg passe une main sur sa bouche, l'air frustré.
— Je te l'avais dit. J'y arrive pas. Les mecs, c'est vraiment pas mon truc. Même avec l'alcool, même torse nu, même avec les didascalies… mon cerveau bloque.
Il se rassoit un peu plus loin, toujours torse nu, les épaules un peu voûtées. La tension n'a pas disparu. Elle est juste là, plus sourde, plus gênante, plus troublante. Mon corps réagit encore. Le sien aussi, je le vois. Mais rien n'a vraiment basculé.
Je le regarde un long moment. Puis je dis, calmement :
— Tu n'as qu'à imaginer Solenne à ma place.
Greg lève les yeux vers moi. Il ne répond rien tout de suite. Sa pomme d'Adam bouge. Il reprend sa bière, boit une longue gorgée, et reste silencieux, le regard perdu quelque part entre le texte tombé sur le canapé et mon visage.
La lumière de l'après-midi a encore baissé. Les bières restantes sont à moitié vides. Le silence entre nous est plus lourd qu'avant. Rien n'a vraiment commencé. Et pourtant, quelque chose a déjà un peu changé.
Greg reste silencieux un long moment. Il finit sa bière d'un trait, pose la bouteille vide, puis attrape la suivante. Le bruit du bouchon qui saute résonne dans le salon. Il boit une longue gorgée, les yeux fixés quelque part devant lui, avant de se tourner à nouveau vers moi.
— Tu as dit d'imaginer Solenne…
Sa voix est plus basse. L'alcool a clairement commencé à faire son travail. Ses épaules sont moins crispées. Il pose la bouteille sur la table, se rapproche un peu. Sa cuisse touche de nouveau la mienne. La chaleur de sa peau nue irradie contre mon bras.
— On réessaie le baiser, dit-il. Sans forcer. Juste… on recommence.
Je hoche la tête. Mon cœur bat déjà plus vite. La suggestion que j'ai faite flotte encore entre nous, mais ni l'un ni l'autre ne la reprend. On est juste là, face à face, lui torse nu, moi encore habillé, l'odeur de bière et de peau chaude qui tourne dans l'air.
Il se penche. Ses lèvres touchent les miennes. Le premier essai est encore maladroit. Trop sec. Trop rapide. Il se redresse presque tout de suite.
— Merde. Encore raté.
— Recommence, je murmure. Plus lentement.
Il s'approche une deuxième fois. Cette fois, il laisse ses lèvres reposer un instant contre les miennes sans bouger. Le contact est chaud, hésitant. Je sens son souffle. Puis il appuie un peu plus. Sa bouche s'ouvre légèrement. Sa langue effleure ma lèvre inférieure, juste un passage rapide, comme un test. Je réponds. Ma langue rencontre la sienne. Le contact est encore maladroit, trop timide, trop court. Il se retire.
— Toujours pas… souffle-t-il. Ça fait bizarre.
Mais il ne s'éloigne pas. Sa main se pose sur le dossier du canapé derrière moi. Son torse est tout près. Je sens la chaleur de sa peau sans même le toucher. Mon regard glisse sur les tatouages qui s'étalent sur ses pectoraux, sur la ligne de ses abdos, sur la fine traînée de poils qui descend vers le short. Mon sexe est déjà dur dans mon jean. Ça me trouble encore plus qu'avant.
— Encore, dis-je.
Il obéit. Troisième essai. Cette fois, il ne se retire pas tout de suite. Ses lèvres s'ouvrent davantage. Sa langue glisse contre la mienne, plus assurée. Le jeu devient plus réel. Sa langue explore la mienne, lente au début, puis un peu plus insistante. Je sens le goût de la bière, le goût de sa bouche. Ma main bouge presque seule. Mes doigts touchent son torse. La peau est brûlante sous ma paume. Je sens les muscles se contracter. Je caresse lentement, du pectoral gauche jusqu'à l'épaule, suivant la ligne d'un tatouage. Greg laisse échapper un souffle tremblant dans ma bouche.
Il n'arrête plus le baiser. Au contraire. Il s'enfonce davantage. Sa langue devient plus vive, plus curieuse. Elle tourne autour de la mienne, la suce légèrement, la pousse. Le baiser prend de la profondeur. Sa main gauche quitte le dossier et se pose sur ma nuque. Les doigts s'enfoncent dans mes cheveux blonds. Il me tire un peu vers lui. Son autre main trouve mon épaule, glisse le long de mon bras, remonte, s'arrête sur mon flanc.
Je continue de caresser son torse. Mes doigts passent sur un téton, le sentent durcir légèrement. Greg gémit bas contre ma bouche. Le son vibre entre nous. Sa langue devient plus exigeante. Il embrasse maintenant avec une vraie vigueur, comme s'il avait enfin trouvé le rythme. Ses lèvres pressent les miennes, les ouvrent, les reprennent. Sa langue plonge plus profond, se retire, revient. Le jeu de langues est humide, chaud, de plus en plus appuyé.
Pourtant, quelque chose bloque encore. Le canapé nous maintient dans une position un peu tordue. Je sens qu'il force encore un peu.
Je me retire juste assez pour parler, le souffle court.
— Attends… Peut-être qu'en se mettant debout, on y arrivera mieux. Plus d'espace. Moins de contrainte.
Greg hoche la tête sans un mot. On se lève. Le mouvement nous rapproche déjà. Debout, face à face, la différence de taille se fait plus nette. Il me domine d'une tête. Sa peau nue est juste devant moi. L'odeur de sa sueur légère et de la bière m'envahit.
Il se penche de nouveau. Cette fois, le baiser part plus directement. Sa bouche trouve la mienne avec plus d'assurance. Sa langue s'invite tout de suite, plus hardie. Je réponds. Mes deux mains se posent à plat sur son torse. Je le caresse vraiment, lentement, en suivant les lignes des tatouages, en sentant les muscles jouer sous mes doigts. Greg laisse échapper un gémissement rauque dans ma bouche.
Ses propres mains glissent sous mon t-shirt. Les paumes chaudes rencontrent ma peau. Les doigts s'étalent sur mon dos, remontent le long de ma colonne, descendent, pressent. En même temps qu'il me caresse, il m'attire contre lui. Nos torses se rapprochent. Puis se collent. Peau contre tissu d'abord, puis, à mesure que ses mains remontent mon t-shirt, peau contre peau.
Le contact est brûlant. Ses pectoraux pressent les miens. Les tatouages frottent ma poitrine. Je sens chaque respiration de son corps contre le mien. Sa langue devient plus vorace. Elle explore ma bouche en profondeur, tourne, suce, pousse. Le jeu de langues est maintenant ouvertement érotique, humide, insistant. Ses hanches s'avancent. Je sens la dureté de son sexe contre mon ventre, même à travers le short.
Mes mains ne quittent plus son torse. Je le caresse avec plus d'assurance, passant sur les tétons, descendant le long des abdos, remontant. Greg répond en collant encore plus son corps au mien. Torse contre torse. Chaleur contre chaleur. Ses mains, sous mon t-shirt, explorent mon dos, mes flancs, remontent jusqu'à mes aisselles, redescendent.
Le baiser ne s'arrête plus. Il change juste d'intensité. Par moments il ralentit, goûte, lèche mes lèvres une à une, suce ma langue avec une lenteur presque douloureuse. Puis il repart plus fort, plus profond, presque agressif. Ses mains pressent mon dos pour me coller encore plus fort contre lui. Je sens son cœur battre contre ma poitrine. Le mien répond au même rythme.
Sans vraiment comprendre ce qu'il fait, ou peut-être sans vouloir le comprendre, Greg attrape le bas de mon t-shirt. Ses doigts le tirent vers le haut pendant qu'il continue de m'embrasser avec la même faim. Le tissu glisse le long de mon ventre, de mon torse. Il faut que je lève les bras. Je les lève. Le t-shirt passe au-dessus de ma tête et disparaît quelque part sur le canapé.
Maintenant nous sommes torses nu l'un contre l'autre, debout, collés. Sa peau brûle contre la mienne. Les tatouages frottent ma poitrine à chaque respiration. Ses mains, libres de tout obstacle, s'étalent complètement sur mon dos, me pressent contre lui. Son sexe dur presse le mien à travers les vêtements. Le baiser est devenu vorace. Sa langue ne me laisse presque plus respirer. Ses mains descendent le long de ma colonne, s'arrêtent juste au-dessus de mon jean, pressent mes fesses à travers le tissu.
Je gémi dans sa bouche. Il répond par un son rauque. On continue de s'embrasser, de plus en plus fort, de plus en plus longtemps, torses collés, mains qui explorent, langues qui se cherchent sans relâche.
Après un long moment, Greg se retire juste assez pour parler. Son front reste appuyé contre le mien. Son souffle est chaud, irrégulier. Ses mains sont toujours sur mon dos, ses hanches toujours pressées contre les miennes.
— Tim… on est toujours dans le rôle ?
Sa voix est rauque, presque cassée. Il y a quelque chose d'incertain dedans, comme s'il avait besoin d'entendre la réponse pour continuer.
Je sais que non. Je sais très bien que ça n'a plus rien à voir avec le texte, ni avec le théâtre, ni avec l'exercice. Mais je sens encore la dureté de son sexe contre moi, la chaleur de sa peau, le goût de sa bouche, et je ne veux pas que ça s'arrête.
— Oui, je mens d'une voix basse. On est toujours dans le rôle. Continue.
Greg reste immobile une seconde, comme s'il pesait le poids de ma réponse. Puis il hoche à peine la tête, replonge sa bouche sur la mienne, et m'embrasse de plus belle, plus profond, plus affamé encore, comme si mon mensonge lui avait donné la permission qu'il attendait.
Greg ne me laisse pas le temps de reprendre mon souffle. Tout en continuant de m'embrasser avec cette faim nouvelle, ses mains glissent sous mes cuisses. D'un seul mouvement puissant, il m'attrape, me soulève. Mes jambes s'enroulent instinctivement autour de sa taille. Je sens ses bras solides me porter sans effort. Le salon disparaît. Le couloir défile. La porte de la chambre s'ouvre sous son épaule. Il m'allonge sur le lit sans jamais détacher sa bouche de la mienne.
Je comprends. Je comprends parfaitement ce qui va se passer. Et je ne veux plus rien d'autre.
Ma main descend entre nos corps. Je trouve le short de sport, le renflement dur et chaud sous le tissu. Je le caresse à travers l'étoffe. Greg grogne dans ma bouche, un son rauque, animal. Ses hanches poussent contre ma paume. Je tire sur le cordon, fais glisser le short et le boxer d'un seul geste. Sa queue ressort, lourde, épaisse, déjà luisante au gland. Elle est légèrement courbée vers le haut, veinée, d'un rouge sombre, et ses couilles pendent, lisses, pleines, serrées contre la base.
Je n'hésite pas. Je me jette dessus.
Ma bouche s'ouvre tout autour. Je prends le gland d'abord, le goûte, le suce. Puis je descends. Centimètre par centimètre. La chaleur, le goût salé, la texture des veines sous ma langue. Je force un peu. Ma gorge s'ouvre. Je le prends jusqu'à la base. Mon nez touche son pubis. Greg laisse échapper un râle de plaisir, les mains plongées dans mes cheveux blonds.
— Putain… Tim… oh putain…
Il pousse doucement. Je prends encore. Ma gorge se contracte autour de lui. Je le suce lentement d'abord, en remontant jusqu'au gland, en léchant le frein, en tournant ma langue autour de la tête, puis je redescends d'un coup, jusqu'au fond. Ses couilles cognent mon menton. Je les prends dans une main, les pétris, les tire légèrement. Greg gémit plus fort, les cuisses tremblantes.
Je le suce plus vite. Mes lèvres glissent, salivent, font un bruit obscène. Je le regarde. Ses yeux sont mi-clos, la bouche ouverte, les abdos contractés. Les tatouages dansent sur sa peau à chaque respiration. Je descends une main entre mes propres jambes, ouvre mon jean, sors mon sexe déjà douloureux, et me branle en même temps que je l'avale.
Greg me tire par les cheveux, me fait lâcher sa queue avec un bruit mouillé.
— Enlève ça… tout.
Je me redresse sur les genoux. Il m'aide. Mon jean et mon shorty glissent le long de mes cuisses, de mes mollets, disparaissent. Nous sommes nus. Complètement. Sa queue pointe vers moi, brillante de ma salive. La mienne bat contre mon ventre.
Il me renverse sur le dos. Ses mains écartent mes cuisses. Une paume chaude se pose sur mon cul, le caresse, écarte les fesses. Un doigt glisse le long de mon sillon, s'arrête sur mon trou, appuie sans entrer. Je gémis. Il se penche, m'embrasse encore, tout en continuant de me caresser là.
— Tu veux que je te baise ? demande-t-il d'une voix cassée.
— Oui. Maintenant.
Il crache dans sa main, s'étale sur sa queue, puis sur mon entrée. Le gland pousse. Lentement. La pression. L'ouverture. Je me force à me détendre. Il entre. Centimètre après centimètre. La brûlure, puis la plénitude. Quand il est entièrement en moi, il s'arrête, le front contre le mien, respirant fort.
— Putain… t'es si serré…
Il commence à bouger. Des coups de hanches lents d'abord, profonds. Sa queue frotte exactement où il faut. Je gémi à chaque va-et-vient. Mes jambes s'accrochent à sa taille. Ses mains plaquent mes poignets au-dessus de ma tête. Il me baise plus fort. Le bruit de peau contre peau remplit la chambre. Ses couilles claquent contre mon cul.
Il change de position sans sortir. Me retourne sur le ventre, me relève sur les genoux. Me prend par-derrière, plus profond encore. Une main dans mes cheveux, l'autre sur ma hanche. Il me tire en arrière à chaque coup. Je crie dans l'oreiller. Il accélère. Le lit grince. Sa queue s'enfonce jusqu'à la garde, ressort, ressort, ressort.
Il me bascule sur le côté, soulève une de mes jambes, me pénètre de biais. Sa main trouve mon sexe, le branle en rythme. Je jouis le premier, violent, en arrosant les draps, en me contractant autour de lui. Il grogne, continue, ne s'arrête pas.
Il me remet sur le dos, replie mes genoux contre ma poitrine, s'enfonce encore plus loin. Ses yeux sont noirs. Sa bouche ouverte. Il me baise comme un fou, sans retenue, les abdos contractés, les tatouages brillants de sueur.
— Je vais jouir… annonce-t-il d'une voix rauque.
Il sort d'un coup. Se met à califourchon sur ma poitrine. Sa queue, rouge, luisante, pulse juste au-dessus de mon visage. Il se branle rapidement. Deux, trois coups. Puis il jouit. Des jets épais, chauds, qui m'atteignent les lèvres, les joues, le menton, le front. Je rouvre la bouche. Il envoie encore. Je lèche. Je prends le gland entre mes lèvres, je suce les dernières gouttes, je nettoie sa queue avec ma langue, gourmand, pendant qu'il gémit au-dessus de moi.
Il s'effondre à côté, hors d'haleine. Nos corps sont trempés, tachés, collés. L'odeur du sexe emplit la chambre. Dehors, la nuit est tombée.
Greg tourne la tête vers moi. Ses yeux sont encore troubles.
— On… on n'est plus dans le rôle depuis un moment, hein ?
Je lèche une dernière goutte sur ma lèvre inférieure et souris, le souffle court.
— Non. Plus du tout.
Il ne dit rien. Sa main trouve la mienne. Nos doigts s'entrelacent. Ni l'un ni l'autre ne parle de Solenne. Ni l'un ni l'autre ne parle de demain matin.
Pour l'instant, il n'y a que ça.
Je me redresse lentement sur le lit. Mon corps est encore lourd, marqué, un peu endolori. La chambre sent le sexe et la sueur. Greg est allongé sur le dos, un bras sous sa tête, les yeux mi-clos. Je commence à ramasser mes affaires. Mon jean, mon shorty, mon t-shirt quelque part près de la porte. Je m'apprête à glisser une jambe hors du lit quand sa main attrape la mienne.
Il ne dit rien. Il tire. Doucement, mais sans laisser de place au refus. Je me laisse ramener contre lui. Son corps est encore chaud. Il m'enlace par-derrière, une jambe passée par-dessus la mienne, un bras solide autour de ma taille. Sa queue, encore à moitié dure, se loge naturellement entre mes fesses. Il soupire contre ma nuque, un son profond, presque soulagé, et s'endort immédiatement. Son souffle devient régulier en quelques secondes. Je reste immobile, le cœur un peu trop serré, et finis par fermer les yeux moi aussi.
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Le narrateur et Greg — son beau-frère, le mari de sa sœur — partagent un secret que personne dans la famille ne soupçonne. Derrière les dîners ordinaires et les sourires de circonstance, quelque chose résiste, silencieux et tenace. Quand la maison se remplit pour une grande fête de famille, l'atmosphère change. Entre deux pièces, loin du bruit et des regards, la distance soigneusement entretenue entre eux pourrait bien se réduire à rien.
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