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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

A la flamme d’une bougie incandescente — Chapitre 3

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Charlotte Light
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A la flamme d’une bougie incandescente

Chapitre 3

Chapitre trois
Je m'assois à une petite table où maman et la femme japonaise sont en train de bavasser comme deux oies, reines de la basse-cour, tout en croisant leurs jambes avec mondanité. Un peu plus loin, je vois Juliette et son énorme ventre peiner à s'installer et trouver une position confortable. Dans l'absolu, je me serais volontiers jointe à la table de Keiko, mais avec maman dans les parages, il me serait assurément difficile de parler animation japonaise et pop culture. Maman a cette faculté incontrôlable de monopoliser les conversations à grands coups de sujets pour mémères à chiens et elle est passée grand maître dans les arts de la discussion people et superflue. De toute évidence, si je devais m'incruster entre ces deux femmes que tout semble réunir autant par les politesses que par les personnalités, je n'arriverais jamais à en placer une.
Je me dirige alors en direction de Juliette, dont la condition désastreuse de grosse otarie échouée sur son siège de bar des faubourgs m'a éperdument attendrie.
— Salut ! Je peux t'apporter un coussin ? J'ai l'impression que tu es hyper mal installée ici.
— Oh je... Merci. Je ne sais pas si ce sera la peine. J'attends Stéphane qui ne vient pas. Je ne sais même pas où il a pu passer.
— Attends voir… Ce n'est pas un homme de ton âge, de taille moyenne, brun, les cheveux courts et les yeux à peu près verts.
— Si, si ! Bien entendu, l'on n'évoque pas son menton mal rasé et son horrible tatouage qu'il peine à masquer sous son col… Quelle horreur ce truc-là.
— Et bien, Monsieur se trouve dans une sorte de bibliothèque avec les autres maris de ces dames, j'ai bien l'impression. Et ça fume tout autant que ça boit.
— Bah voyons ! Je souffre le martyre à chaque fois que je m'assois quelque part et Monsieur prend du bon temps à papoter football !
— T'inquiète, je pense que mon père n'est pas en reste.
— Et ta mère est là aussi ? J'imagine que c'est l'une des deux assises à côté ?
— Exactement. Devine laquelle des deux ! Attention, il y a un piège.
Et Juliette, plissant les yeux pour mieux concentrer son esprit se voit contrainte d'admettre que le piège est bien mal affûté. La question du Sphinx ne semble pas très délicate. De ces deux femmes que tout semble opposer physiquement mis à part l'âge se trouve, d'une part, une blonde aux formes généreuses, le visage éclaircit par une couche de maquillage aussi épaisse que la peinture appliquée sur la toile de la Joconde. Et, d'autre part, une femme asiatique aux yeux bridés, d'un noir profond faisant écho à la couleur de ses longs cheveux lisses.
Juliette ouvre les yeux en grand, puis les plisse de nouveau, un peu interloquée. Elle me fixe du regard et cligne des paupières comme pour être certaine d'ajuster sa vue. Mais rien y fait… Il lui semble bien difficile de deviner quelle pourrait être la mère de la jeune femme qui se tient devant elle. Une blonde ? Bah non. Cette jeune fille n'est pas blonde. Au contraire, ses cheveux sont aussi noirs et lisses que ceux de la femme asiatique. Serait donc-elle eurasienne ? Ses yeux, semble-t-il, sont assez allongés en amande, mais Juliette suspecte un effet de maquillage perturbant toute vérité. Juliette tourne son regard encore une fois vers ces deux femmes mûres, toutes deux généreuses, garnies de poitrines avantageuses et de cuisses voluptueuses alors que la petite nana est toute fine et plate comme une sole.
Voyant Juliette fixer mes seins et tenter, manifestement, d'en estimer la taille sous mon pull, je souffle un coup, un peu vexée.
— Oui bon, ma mère et moi, on n'a pas du tout la même poitrine, hein.
— Dis… Tu es certaine que l'une des deux est ta mère au moins ?!
— Regarde mieux. Je ne suis pas née dans une rose non plus, hein !
— Bin écoute, pour être franche avec toi, je vois une blonde et une asiatique… J'ai du mal à croire que…
— Regarde les sourcils de la blonde.
— J'ai pas mes lunettes et j'ai un peu de mal à voir… Ah oui, ok !!!!
Et sursautant sur son siège, prête à voir ses pieds se rompre, Juliette lève la tête et se voit prise d'une révélation digne d'une fin d'enquête de Miss Marple.
— C'est une fausse blonde ! beugle-t-elle au risque d'être entendue. Alors, c'est bien elle ta mère, pas l'asiatique !
— Bingo ! Tu vois, ce n'était pas si difficile.
Mais je n'ai pas le temps de complimenter davantage ma voisine de table que les maris font irruption dans la salle de restauration.
De ma courte expérience, j'ai eu le loisir de souvent étudier les hommes. Leurs gestes, leurs regards. Allant même jusqu'à sonder leurs esprits, tellement ces derniers sont faciles à explorer rien que par une courte observation. Et je suis très surprise, voyant les maris de ces dames arriver, de les constater si souriants, si complices, si enjoués et surtout si peu intéressés par les lieux, desquels on devrait normalement attendre qu'ils proposent un buffet digne de ce nom ou bien au moins une décoration mettant l'eau à la bouche quant aux mets qui seront servis. Mais non, ces trois hommes, dont mon père, semblent totalement hermétiques à toute envie de faire un bon repas. Ils s'avancent tous les trois vers les tables et le plus âgé d'entre eux, le mari de Keiko si je fais confiance à mon esprit de déduction, annonce avec une voix teintée de manipulation masquée :
— Et bien mesdames, et mademoiselle, pourquoi ne pas réunir deux ou trois tables et manger tous ensemble pour faire connaissance ?
— Mais oui, lance maman d'une crédulité sans borne, mangeons ensemble, n'est-ce pas Keiko ?
À ces mots, je croise alors les bras et les cuisses. Le cale mon dos sur le dossier de mon siège et prend une pose d'enquêtrice sagace. De toute évidence, quelque chose de très anormal se joue ici, en ce moment même. Quelque chose de tendancieux, de masculin. Un piège calculé, prémédité et mûrement réfléchi par ces trois hommes qui, avec assez d'assurance pour tromper leurs épouses mais avec trop peu de subtilité pour déjouer ma méfiance, referment lentement sur nous les parois grillagées d'une cellule dont on risque bien de ne jamais pouvoir nous échapper.
Le maître d'hôtel, du haut de son immense silhouette, nous apporte les menus.
Alors non ! Je ne parle ici de beaux menus, comme on en voit la plupart du temps, pliés en trois, en carton plastifié et réservant une liste de plats garnis tous plus ravissants les uns que les autres. Ici, je parle de feuilles A4 coupées en deux aux ciseaux, imprimées avec un matériel amateur bancal et dont les cartouches d'encre avaient manifestement déjà rendu l'âme depuis plusieurs années. Et que dire de la rédaction tout sauf appétissante, mentionnant en gros caractères « sandwichs du soir » et ne laissant pas envisager très longtemps les plats culinaires après lesquels mes parents courent à chaque fois que l'on va à l'hôtel ?
— Avez-vous choisi ? demande le maître d'hôtel en affichant un visage mortuaire bien plus effrayant que l'acteur grimé ayant joué Dracula dernièrement.
— Oui ! lance papa. Sandwich jambon pour moi !
— Pour moi aussi, dit le mari de Keiko.
— Pareil, annonce celui de Juliette.
— Et bien euh… Poulet, s'avance timidement maman.
— Je vais prendre poulet aussi, répond la femme japonaise.
— Je vais prendre poulet aussi, je pense, dit Juliette d'une voix éteinte.
— Et bah pour moi ce sera du homard ! Non, je plaisante… Bien entendu… Je vais prendre un sandwich jambon, sans le jambon. Juste le pain et les petits légumes… S'il y en a.
Et alors que les chefs-d'œuvre culinaires nous sont apportés sans grande considération, sandwichs clubs constitués de tranches de pain de mie plates et sans croûte, dignes des pires émissions de télé où un maître cuisinier est chargé de sauver des restaurants au bord de la faillite, les bavardages et papotages battent leur plein autour des trois tables rassemblées pour l'occasion.
Une soirée bien étrange au cours de laquelle chacun des hommes aura été d'une maladresse comme on en voit uniquement dans les films comiques et aura fait tomber à plusieurs reprises couteau ou fourchette sous la table. Puis, alors que le temps s'égrène et que l'on approche des 22 h du soir, Juliette, qui gesticule sur elle-même, se voit obligée de prendre congé du petit groupe.
— Je suis désolée, je vais devoir monter.
— Déjà ? Vous nous quittez ? demande le mari de Keiko.
— Tu es fatiguée ? s'inquiète Stéphane, son mari.
— Oui, je suis un peu fatiguée et puis… Je dois monter.
Alors Juliette, que j'aide à se lever en la tenant par le bras, me demande timidement, tout bas :
— Cela ne te dérange pas de m'accompagner aux toilettes, s'il te plait ?
— T'inquiète, j'avais fini mes deux tranches de pain et ma tomate cerise de toute manière.
Et alors que je soutiens la femme enceinte qui marche péniblement jusqu'au couloir de l'entrée, Stéphane prend la parole d'une voix assez basse pour ne pas être entendu par son épouse. Il regarde en particulier les maris assis avec lui.
— Excusez Juliette, je pense qu'elle ne pouvait plus se retenir d'aller aux toilettes. Depuis un mois, elle fait pipi partout.
— Ah oui, une vraie gourde percée, haha, répond Bernard d'une lourdeur si graveleuse que maman et Keiko croisent leurs regards gênés l'espace d'un instant.
— Mais ça me rappelle quand Gwenaëlle était enceinte de Charlotte, poursuit papa sans attendre. Tu te souviens, Gwen ? Toi aussi tu faisais pipi partout durant le dernier mois de grossesse. Haha !
— Oui et bien… C'est pas de notre faute… Se justifie maman en rougissant, mal à l'aise.
— On ne pouvait plus faire la moindre sortie en voiture sans que Gwen ne soit obligée de faire pipi dans l'herbe, entre les portières.
— Ah bah oui, je comprends parfaitement, dit Bernard en se léchant les babines. On a pas d'enfant avec Keiko mais comme elle boit du thé japonais, elle a très souvent envie de faire pipi aussi.
— Je crois… Je crois que le thé de Sapporo a bien d'autres qualités, précise la femme japonaise, de peur que l'on prenne le thé traditionnel de sa région pour une vulgaire purge de la vessie.
— D'ailleurs mes amis, rajoute Bernard en prenant soin, avec le pichet d'eau minérale, de bien remplir une fois de plus les verres, n'oublions qu'on a qu'un seul toilette pour tout le monde ici. Haha !
— Ah mais c'est vrai ça, rajoute papa, si ça se trouve, ça va se croiser dans le couloir comme sur un échangeur durant les heures de pointe.
— Priorité aux femmes enceintes ! Annonce Stéphane hilare. Je mettrais une sirène sur la porte pour réserver l'espace. Haha !
Pendant ce temps-là, dans le WC à l'étage, je laisse Juliette prendre place en attendant sagement dans le couloir qu'elle ait fini. Je songe, très pensive, à ce petit cube noir qui ressemble à une caméra, collé au sol près de la porte, bien caché dans le coin. Pourtant, je n'ai pas voulu alerter Juliette, de peur d'être le point de départ d'une psychose générale qui, si ça se trouve, est complètement infondée. Péniblement, elle baisse son petit pantalon et sa culotte et, avec difficulté, elle baisse son lourd bassin pour rapprocher ses fesses de la lunette sans la toucher. Mais l'envie est si pressante, la vessie est tellement remplie, qu'elle n'arrive pas à se vider immédiatement. Juliette est bloquée… Elle tente de pousser mais cet effort, dans cette position, est si inconfortable qu'elle doit abandonner l'idée de forcer pour laisser le temps à ses muscles de se détendre.
Elle reste de longs instants suspendue au-dessus de l'émail blanc et sent enfin une décontraction laisser couler un petit filet d'urine qui se change rapidement en jet violent et éclaboussant.
Assis à son pupitre, devant son écran d'ordinateur, le caleçon baissé et le sexe en main, Gilbert se masturbe en ne manquant rien de ce flot d'urine expulsé depuis l'entre-cuisses de la jeune femme enceinte.
— Alors ça y est ? Ça vient enfin… La grosse pissouse…
Gilbert se régale, il se délecte de regarder ainsi Juliette écarter les cuisses vers le fond de la cuvette. Non seulement l'homme pervers a une vue imprenable sur la future maman et son intimité, mais en plus, il sait à quel point les clichés volés de jeunes femmes en train de faire pipi, enceintes de surcroît, constituent un matériau précieux sur les forums fallacieux d'échanges photos.
Surtout si les images laissent voir un visage sans aucun floutage ! Ce que Gilbert compte bien monnayer plus cher encore.
Juliette prend du temps à faire pipi, à remonter ses vêtements et à sortir des toilettes. Quand la porte s'ouvre, je la retrouve fatiguée, les traits tirés, et son sourire de façade masque peu le sommeil qui la gagne.
— Merci infiniment. Charlotte. J'ai bien besoin de ton aide. Je suis exténuée de la journée. Tu verras si un jour tu es toi aussi enceinte, ce n'est pas évident à gérer, tu sais. Enfin, surtout quand on approche du terme.
— Et bien tu sais quoi, je crois que de te voir peiner autant me donne envie de ne jamais avoir d'enfant !
— Oh, il ne faut pas dire ça, tu sais.
— Je suis déjà tellement occupée à élever mes quarante-quatre Pokémon sur trois jeux différents que pour les enfants, on verra dans une autre vie.
J'accompagne Juliette jusqu'à la porte de sa chambre et, après avoir laissé la baleine s'échouer sur son lit, je m'apprête à redescendre pour étudier les desserts, s'il y en a, avant de croiser tout le monde dans l'escalier en train de remonter.
— C'est… fini ? Les desserts aussi ?
— Les desserts ? Quels desserts ? dit papa avec un sourire narquois. C'est l'heure de se coucher, maintenant.
— Il n'y a pas de dessert, Cha, rajoute maman alors que tous les clients regagnent lentement leurs chambres respectives après quelques tout derniers échanges et éclats de rires complices chez ces messieurs.
— Je grelotte de froid, ici, dit maman en tirant sa jupe vers le bas et la posant sur le grand lit. Je vais dormir en collants cette nuit.
— Pareil ! Je vais dormir en collants. Même si à trois, ce sera mieux que de dormir seule avec une bouillotte percée.
— Oh tiens ! En parlant de bouillotte, poursuit maman, si ça se trouve il y en a dans la penderie ?
— Je n'en vois pas, répond papa en examinant très vaguement les étagères où il ne trouve que des oreillers supplémentaires. Mais si vous dormez en collants, les filles, vous n'aurez pas froid, glisse papa, imaginant déjà la scène.
Et tandis que maman et moi faisons des allers-retours entre le lit et la petite salle d'eau pour faire quelques toilettes avant de dormir, papa se brosse les dents près de la table de nuit. Nous laissant la place pour nous préparer mais se réservant surtout une vue de premier choix sur sa femme et sa fille en tenue intime. Mon père se délecte, comme toujours, je regarde bouger les fesses de maman. Des fesses si généreuses et rebondies qu'elles se frottent l'une contre l'autre à chaque pas. Et que dire de ces deux cuisses pulpeuses qui se frôlent en faisant délicatement bruisser les collants portés ? Mais le spectacle ne serait pas complet pour papa s'il ne pouvait poser les yeux sur sa fille qui, comme à son habitude, n'aura pas trouvé nécessaire de mettre une culotte. Laissant mon père deviner quels soins esthétiques je prends à entretenir mes poils pubiens. Encore une fois, se dit-il, Charlotte aura su porter des collants laissant tout voir sans aucune forme de censure.
Encore une fois, se dit-il de nouveau, elle se dandine le cul quasi à l'air sans voir que son propre père la regarde à en avoir une érection. Cette même érection si gonflée et si brusque qu'il serait, là tout de suite, impossible pour lui de retirer son caleçon et d'enfiler un pyjama sans dévoiler sa réaction masculine si honteuse.
— Jean-Michel, dit maman, tu as ton pyjama dans le sac gris.
— Ah euh... Oui, oui. Je finis de me brosser les dents avant…
Il est 22 h 30 et papa éteint la lumière avant de nous rejoindre, moi et maman, dans le lit. Quand j'étais petite, je dormais avec mes parents. Bien au milieu. Bon, ça aurait pu être drôle de le refaire à nouveau, mais il me semblait plus opportun, quand même, de me placer au bout du lit. Laissant maman au milieu. Je reste néanmoins très attentive aux bruits qui pourraient se laisser entendre. Je sais que papa a les mains baladeuses dès que l'occasion le lui permet. Surtout si maman est en collants ! Je suis certaine qu'il ne faudra pas cinq petites minutes avant que mon père ne trahisse ses gestes lubriques par quelques mouvements de couverture.
Je tends l'oreille comme une louve sur le qui-vive. Prête à bondir sur un lapin égaré.
Mais malgré tous mes efforts de concentration… Je n'entends rien. Rien du tout. À croire que tout le monde s'est endormi. Bon, de la part de ma mère, je ne serais pas surprise qu'elle se soit déjà laissée aller à s'évanouir dans le sommeil. Je la connais, elle s'endort vite et elle a un sommeil si lourd qu'une attaque nucléaire pourrait vaporiser les murs sans qu'elle ne bouge un cil. Mais de la part de mon père, ce silence me semble étrange. L'occasion ferait pourtant parfaitement le larron, ici. Et je ne crois pas que ma présence, en bout de lit, ne le perturbe plus que ça pour aller poser une main indélicate sur les hanches de maman. Alors je reste attentive. Quitte à résister à l'endormissement. Il faut dire que, pour être honnête, je n'ai pas très envie de dormir. J'ai tellement dormi dans la voiture déjà, ce matin même, que mon esprit est vif et que mon corps ne réclame pas de se reposer. Bien au contraire.
Si je pouvais continuer à explorer l'hôtel comme je l'ai fait tout à l'heure, je m'amuserais comme une folle à chercher les plus mystérieux trésors qu'un tel établissement peut receler.
Maman laisse échapper un léger ronronnement entre ses dents. Preuve s'il en fallait qu'elle sombre totalement dans le sommeil le plus profond. Tandis qu'un grand silence, quasi oppressant, dérange mes tympans et mon esprit. Les minutes sont longues. Je ne dors toujours pas. J'ai presque envie de faire pipi, bien que l'idée de me lever et de réveiller mes parents ne m'enchante guère. Et puis... Si je croise quelqu'un dans le couloir, comme ça, en collants ? Et si le petit cube est bien une caméra ?
Mais je n'ai pas le temps de tergiverser plus longuement qu'un mouvement de lit ne se fait ressentir. Un gros mouvement même, lent, délicat mais prononcé. Je tourne la tête et je vois, dans la pénombre, papa se lever du lit puis remettre la couette en place, veillant à ne pas réveiller maman. Papa aurait-il donc envie d'aller aux toilettes ? Déjà ? Je devine, dans l'obscurité, mon père se diriger vers la porte et sortir de la chambre sans bruit. À ce moment-là… Des millions d'hypothèses se bousculent dans ma tête.
La première serait que papa aille naturellement aux toilettes.
Oui parce que faire pipi dans le petit lavabo de la salle d'eau ne fait pas partie de ses habitudes. Et la correction veut également qu'il n'aille pas uriner dans la douche ou dans un coin de la chambre contre le mur.
Une seconde hypothèse serait que papa se voit tiraillé par une faim non rassasiée ou par une soif non étanchée. Peut-être descend-il en cuisine (s'il y a bien une cuisine ici) pour se trouver un bout de pain ou bien un verre d'eau. Ceci dit, on oublie l'eau direct, il pourrait très bien boire au robinet du lavabo. Après tout, moi qui maîtrise l'art de lapper comme les chats, je sais très bien boire au robinet.
Bien entendu, une troisième hypothèse, bien moins probable mais plus appétissante pour mon esprit tordu, serait que papa aille rejoindre une maîtresse. Bon, comme j'imagine mal Juliette et son ventre de baleine se livrer à des parties nocturnes, je commence à me demander si cette femme japonaise est aussi fidèle qu'on pourrait le croire. Surtout que le Japon n'est pas un modèle du genre.
À moins qu'en lieu et place d'une maîtresse, papa soit parti batifoler avec l'immense croque-mort de l'accueil ?! Non… Impossible… Papa n'est tellement pas du genre à… Entre hommes…
Dans ce cas, il doit y avoir des explications bien plus rationnelles…
Papa est sans doute parti dans le jardin pour aller hurler devant la pleine lune avant de voir sa pilosité devenir dense et de changer en loup-garou assoiffé de sang et de chair humaine. Courant à travers champs, en pyjama déchiré, pour débusquer de pauvres campeurs et les mordre à la jugulaire dans des effusions de sang par litres.
À moins qu'il soit sorti pour aller aux champignons… Un loisir qu'il pratiquait encore quand j'étais petite avant qu'il ne soit stoppé dans sa passion, du jour au lendemain, après avoir ingéré un spécimen blanc à chapeau rouge qui lui a valu un séjour de soixante-quinze heures à l'hôpital et des monologues totalement incohérents devant les médecins et les infirmières auprès desquels il réclamait vouloir parler à Napoléon et prétendait savoir jouer du piano avec son sexe.
Bon...
Je crois que la seule manière d'avoir le cœur net et de réussir à dormir avant l'aube, c'est encore de me lever moi aussi avec la discrétion d'une chatte et de suivre mon père dans le couloir.
Je me dirige vers la porte, je rentre dans le couloir sans bruit, mes pieds en collants n'émettant pas le moindre son sur le parquet cramoisi et je vois papa descendre l'escalier de la mort en étouffant ses pas. Je le suis immédiatement sans me faire voir. Autant dire que je n'ai pas chaud en t-shirt… Mais mon cœur est assez emballé et mon sang est assez violemment pulsé pour que je ne me sente pas congeler sur place. À vrai dire, je ne pense même plus au froid ambiant. Mon père marche dans le couloir de l'accueil et se dirige en direction du restaurant. Mais au lieu de tourner vers celui-ci, il continue tout droit vers la porte de la bibliothèque dont le seuil, contre le sol, laisse voir un filet de lumière tamisée. Papa pousse la porte et entre dans la petite pièce alors que des voix d'hommes se font entendre. Il ferme la paroi de bois lentement. Je m'approche en vitesse et je colle mon oreille à celle-ci pour tenter de capter les secrets de cette sorte de réunion secrète.
— Bien, Jean-Michel, dit Gilbert, le maître d'hôtel, de sa voix grave. Toute votre petite famille dort enfin ?
— Oui. Ma femme et ma fille dorment à poing fermé.
— Ma femme aussi, annonce Bernard, le regarde enjoué.
— Pareil de mon côté, répond Stéphane en parlant de sa femme enceinte.
— Dans ce cas, poursuit Gilbert, nous allons procéder à un vote. Nous allons choisir dans quelle chambre nous allons nous organiser ce soir pour jouer les voyeurs. Profitons bien que ces dames dorment pour nous rincer l'œil et, pourquoi pas, nous faire plaisir durant quelques minutes. Pour ceux qui le souhaitent, j'ai du sopalin. Nous allons voter ensemble pour savoir dans quelle chambre, ce soir, nous allons nous amuser. Vous avez le droit de voter pour votre propre épouse, mais je crois que pour jouer le jeu, il serait amusant de voter pour celles des autres. Alors, procédons aux votes. Jean-Michel, comme vous êtes le dernier arrivé, vous allez voter en premier. Dans quelle chambre voudriez-vous vous divertir ce soir ?
— Et bien... Euh... Pour ma part… Je vote pour… (Papa déglutit avant de se donner le courage de laisser s'exprimer ses fantasmes), je vote pour aller voir Juliette.
— Moi, dit Bernard, je vote pour aller mater Gwenaëlle et la gamine.
— Moi aussi, surenchérit Stéphane, je vote pour Gwenaëlle et Charlotte.
— Et bien c'est parfait ça, annonce Gilbert avec le sourire d'un prédateur sexuel, parce que moi aussi je vote pour aller voir la mère et la fille dans leur lit.
Papa, sur l'instant, se sent acculé, piégé, encerclé et même légèrement manipulé par cette troupe d'hommes pervers qui ne lui laisse aucune défense quant au déroulement de la nuit. Mais putain, se dit-il intérieurement, que ce piège est délectable.
Piégées !
Nous sommes piégées !
Moi et maman…
Je décolle mon oreille de la porte, haletante… Le cœur prêt à se rompre sous les effets de l'émotion. Du choc !
Papa est en train de nous vendre maman et moi ! Comme de la viande. Comme des poules. Comme deux dindes que l'on aurait gavées pendant des mois avant de les déplumer pour Noël, les enduire d'huile d'olive et les mettre au four pour bien les sauter !
Je suis horrifiée…
Enfin non…
Quoique si ! Un peu… Quand même…
Mais je ne suis tellement pas surprise que papa se mélange à pareille expérience. En fait, je ne suis pas surprise qu'il ait décidé d'attirer sa femme et sa fille dans une telle situation et je commence à comprendre toute l'articulation de ces jours précédents où papa n'aura jamais cessé de se montrer des plus enthousiastes quant au séjour dans cet hôtel si miteux que même les mouches ont décidé de quitter les toilettes.
Ma gorge se serre en même temps que je sens le piège se refermer sur moi et sur ma mère qui dort innocemment et sans défense sur le lit.
Mais... Ma gorge n'est pas la seule partie de mon corps à se serrer à cet instant. Mon cœur me fait également le même effet. Mon estomac aussi, sans doute. Mes fesses aussi, par réflexe. Mes cuisses également, sans que je puisse le contrôler. Et enfin mon vagin se voit pris, à son tour, de spasmes et de contractions qui finissent d'embrumer mon esprit déjà diaboliquement troublé. J'ai déjà tellement ressenti ce genre de sensations effrénées par le passé. Ces sensations où, machinalement, je remonte ma main vers ma poitrine, comme en ce moment, pour sentir sous la pulpe de mes doigts mes tétons durcir et pointer à travers le tissu de mon t-shirt. Il n'en faut pas plus pour que je sente, depuis mon vagin, couler une sécrétion intime et honteuse qui se perd ensuite sur le gousset de mes collants, entre mes cuisses.
— Allons-y, dit Gilbert avec sa forte voix, passons par le mur, vous verrez, cet hôtel est un véritable terrier à sorties multiples.
Puis, alors que j'entends depuis le couloir des grincements, des coulissements et des couinements mécaniques, un grand silence s'en suit. Ces hommes se sont comme volatilisés. Mais c'est pourtant impossible ! Comment pourraient-ils disparaître de cette bibliothèque tous les quatre ?! Et si… la porte scellée dans la chambre ?! Cette porte qu'on ne peut pas ouvrir ? Et si cette petite bibliothèque était le point de départ d'un vaste réseau menant à chacune des chambres ?!
Je cours dans le couloir en prenant soin de ne pas glisser. Je monte rapidement l'escalier exigu pour arriver dans la chambre avant les hommes.
Je me couche à côté de maman qui dort comme une marmotte hibernerait. En prenant un soin méthodique et parfaitement malsain de nous découvrir toute les deux de l'épaisse couette que je jette au pied du lit.
Puis, un silence profond alourdit immédiatement la chambre alors que seuls ma respiration encore saccadée et le ronronnement de maman se laissent glisser dans mes tympans.
Mais...
Mais j'entends alors des pas effacés raisonner doucement dans la profondeur des murs. Des pas angoissants, inquiétants, comme une troupe de soldats marchant irrémédiablement vers une conquête écrasante. Des chuintements de voix transpirent depuis le mur et bientôt, un étrange cliquetis métallique me fait comprendre que l'on actionne un petit verrou. La porte secrète, située près de la fenêtre, s'ouvre lentement, sans bruit réel sinon un léger son à peine audible. Et d'étranges silhouettes, aux différentes tailles et corpulences, pénètrent dans la petite chambre. Portant chacune une sorte de lampe à huile ancienne au bout desquelles brillent de petites flammes de bougies, orangées et vacillantes.
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Photo de profil de Jinnzo7
Jinnzo7
8 octobre 2026 à 16:40
Les choses sérieuses vont commencer...
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Charlotte Light
30 septembre 2026 à 08:24
Merci à tous :)

(le nombre de like m'importe peu. Vos retours en commentaires ont plus d'importance pour moi)
Soyez respectueux
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Paulocoquin33
29 septembre 2026 à 15:42
Hâte de connaître la suite ! La petite Charlotte est finalement aussi vicieuse que son père haha
Soyez respectueux
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Ero-senin
29 septembre 2026 à 10:08
Toujours aussi plaisant, amusant et bien écrit. La tension monte, dans le récit comme dans mon caleçon.

Je rejoins @Docsevere le nombre de like est décidément complètement décorrélé de la qualité du récit sur ce site…
Soyez respectueux
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Photo de profil de Charlotte Light
Charlotte Light
28 septembre 2026 à 07:56
Merci à tous.
Rendez-vous effectivement au 29 pour connaître la suite.
Une suite... Terrible !

Bande de petits chanceux :)
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Bacou
28 septembre 2026 à 07:06
Vraiment une grande fille espiègle la charlotte, pister son père en pleine nuit jetter la couette au pied du lit et excitée par la situation d être offerte avec sa mère à la vue de tout les participants ,jusqu où va nous mener ton aventure cha , très envie de savoir. Rdv au 29
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Docsevere
27 septembre 2026 à 22:30
En attendant je suis atterré de voir la si faible lisibilité de cette histoire et cette indigence de "j'aime". Mais il est vrai que cette catégorie n'attire jamais les lecteurs, c'est dommage et immérité.
Soyez respectueux
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michel60
27 septembre 2026 à 15:46
Charlotte et sa mère.
Cibles innocentes .............ou pas.
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Tlemcen
27 septembre 2026 à 13:59
L'avantage d'avoir des contraintes professionnelles sur son emploi du temps, c'est qu'on retrouve le récit de Charlotte plus garni à chaque passage sur XStory !
Vivement la suite !
Soyez respectueux
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Charlotte Light
27 septembre 2026 à 08:48
... et d'avoir les paluches baladeuses... :P

Je ne suis pas surprise ! lol
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