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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

A la flamme d’une bougie incandescente — Chapitre 7

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Charlotte Light
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A la flamme d’une bougie incandescente

Chapitre 7

Chapitre sept
Maman ne s'arrête plus de parler. Elle bavasse, elle jacasse, elle glousse même ! Elle caquette au fil des remarques bien senties que Keiko, droite sur sa chaise, peut lui laisser en réponse. Je connaissais ma mère bavarde, mais là, je commence sérieusement à lui imaginer des origines génétiques ornithologiques ! Les hommes descendent du singe, mais ma mère, elle, descend de la pie.
Tous les sujets y passent. La politique, la société, la couture, la cuisine, le vélo, les transports en commun, le travail, les impôts, les étourneaux et la galette des rois. Maman est inarrêtable. Et l'épouse asiatique affiche une expression comme les Japonais en ont le secret. Un regard attentionné, quelques mouvements de la tête pour dire oui et un demi-sourire qui laisse imaginer que l'on est entièrement d'accord avec son interlocuteur. Mais tandis que je suis assise en face de Keiko, je peux deviner sans peine qu'elle semble totalement noyée d'ennui alors que maman continue de déverser des sujets tous plus stupides les uns que les autres. Papa, lui, n'ose rien dire. Restant figé devant un verre de jus d'orange qu'il n'a même pas entamé.
— Mais moi qui préfère le soleil, poursuit maman, je ne me vois pas aller m'enfermer dans un chalet de montagne pendant les vacances de Noël. N'est-ce pas Jean-Michel ?
— Hein ? Tu disais ? relance papa, perdu dans ses pensées.
— Je disais que je préfère passer l'hiver au chaud. Pour les prochaines vacances.
— Ah oui… Oui, si tu veux…
— Vous savez, Gwenaëlle, répond Keiko, au Japon il fait très froid l'hiver, mais il ne faut pas hésiter à venir visiter. C'est magnifique.
— Ouiiiii, trop ! Et puis au Japon il y a plein de mangas ! Et plein de Pokémon ! Et des peluches kawaii et puis des…
— Mais Cha enfin ! coupe maman, tu ne peux pas réduire le Japon à tout ça. Surtout devant Keiko, quand même.
— Oh vous savez, votre fille a raison. Ça fait partie du Japon aussi.
Et la Japonaise se met à sourire en adressant un regard tout particulier à l'attention de mon père, qui sursaute à en faire trembler la table. Il baisse immédiatement les yeux comme un enfant que l'on aurait grondé.
Mais cet échange entre eux deux, mon père et Keiko, aussi discret soit-il, n'échappe pas à mon attention. Et je comprends bien vite que l'affaire d'hier soir, passée dans la chambre du couple franco-japonais et dont j'ai été l'espionne, ne va sans doute pas en rester là.
Maman se lève de table avec son assiette. Enjouée.
— Cha, tu viens avec moi, on va ramener d'autres mignardises. Jean-Michel, Keiko, souhaitez-vous des choses, tant qu'il en reste ?
— Oh merci, mais je pense que je vais retourner dans la chambre, répond la Japonaise avec un œil plissé et un ton un peu sec.
Papa, lui, ne dit rien. Il reste le nez figé vers son plat qu'il n'a pas touché. Pris d'une honte rouge mais surtout d'une peur palpable que toute cette histoire finisse par faire s'écrouler sa vie de famille comme un château de cartes en plein courant d'air. Maman et moi nous éloignons le temps de regarnir nos plateaux au buffet. L'épouse asiatique se lève à son tour et, profitant que personne d'autre que papa ne puisse l'entendre, lui parle discrètement.
— Au Japon, nous avons un jeu très ancien, datant de l'époque Edo. Cela s'appelle Owa reta josei, que l'on pourrait traduire par… (Keiko réfléchit quelques instants pour trouver les mots justes)… Par « les femmes sont poursuivies ».
— Ah… Ah bon ? glisse mon père d'une voix totalement niaise.
— À l'époque, les riches nobles organisaient des soirées festives avec leurs amis. Et à la fin de celles-ci, alors que la nuit avait complètement remplaçé le jour, ils proposaient parfois ce type de jeu où les maris invitent leurs épouses à se cacher dans l'habitation. Elle peuvent rester ensemble ou bien se cacher séparément. Les règles sont ouvertes. Mais la seule chose qui est commune à toutes ces soirées qui ont pu être organisées à l'époque est que si les femmes ne sont pas découvertes par leurs maris au lever du soleil, la tradition veut qu'elles se feront offrir de magnifiques kimonos bleu noble aux liserés cousus dans le fil d'or pour parader comme des reines lors des fêtes annuelles.
— Et… Et si…
— Si elles sont découvertes avant que le soleil ne se lève ? (Keiko approche son visage vers papa pour mieux lui chuchoter ses mots.) Alors, poursuit-elle, la tradition ne sera pas tendre avec elles.
A ces derniers mots, mon mère oscille entre l'effroi que le ton glaçant de la femme japonaise lui a laissé entrevoir et un début d'excitation maladive qu'il ne peut endiguer. Surtout en imaginant une pareille soirée dans cet hôtel miteux. Maman et moi revenons du buffet et, tandis que ma mère pose quatre assiettes qu'elle portait avec l'adresse d'une acrobate de cirque, je tourne la tête vers le couloir où j'aperçois au loin Keiko s'en aller et croiser le chemin du maître d'hôtel. Ils semblent tous deux échanger quelques mots.
Keiko arrive à la hauteur de l'immense Gilbert, habillé d'un complet à l'ancienne lui offrant une allure de croque mort aussi inquiétante qu'un membre de la Famille Adams. Les regards se coupent, les yeux se fixent puis la petite épouse japonaise, fait un premier pas, sans rien oublier des crimes perpétrés la veille durant la nuit.
— Bonjour, dit-elle avec un sourire tendu.
— Bonjour Keiko. Avez-vous bien dormi ma chère? Et Gilbert ? Est-il au moins réveillé ?
— Bien dormi serait exagéré. La nuit a été dure avec moi et j'en ressens encore les conséquence ce matin.
— Oh… Je vois. Je suis certain que notre établissement saura vous permettre de vous reposer au calme cette nuit-même.
— Les réponses détournées, à la française, ont véritablement tout leur charme dans vote bouche, Monsieur. Mon mari a décidément bien choisi le séjour. En tous cas pour lui. Je ne suis pas surprise qu'il s'entende si bien avec vous. Tout comme avec les autres clients.
— Mais je m'efforce de me rendre serviable avec tous mes clients, chère Madame, lance Gilbert avec le sourire mesquin.
— Mon mari dort sans doute encore. La nuit l'a épuisé. Alors je profite qu'il ne soit pas là pour vous proposer, en fin de journée, une soirée à thème.
— Une soirée à thème ? Je n'ai pas l'habitude d'en proposer à mes clients. Qu' votre idée exactement ? demande-t-il avec curiosité.
— Je voudrais vous proposer une soirée Owa reta josei. Mais… Avant de tout vous expliquer, j'ai une condition. Une condition que j'impose sans condition si vous voulez que je vous aide à mettre en place la meilleure soirée que vous pourriez imaginer organiser dans votre hôtel grotesque aux allures illégales.
Gilbert est piqué au vif. Tant par l'aplomb de la Japonaise que par ses mots qui suscitent chez lui une curiosité grandissante.
— Je vous accorde cette requête sans condition, lance-t-il sans même imaginer la nature de celle-ci. Trop enthousiaste à l'idée de s'amuser à un jeu qu'il imagine déjà dépravé.
Le début d'après-midi n'est pas ce que l'on appelle un bel après-midi ensoleillé. La brume entoure l'hôtel d'un voile opalin dont seule la végétation semble en apprécier la douceur moite. Moi, en shorty, je me gèle les cuisses alors que j'enfonce mes petites chaussures dans l'herbe grasse. Mes parents, pourtant, profitent de cette petite sortie en prenant quelques photos. Des photos ? Je me demande bien ce que l'on peut photographier dans un coin aussi perdu que celui-ci. Même les vaches n'ont pas, semble t-il, souhaité sortir de leur abri. De peur sans doute de se mouiller les cornes. Papa et maman regardent à droite et à gauche puis s'enchantent du calme de la campagne, loin du tumulte citadin auquel je suis accro. Il y a des fleurs, oui. Mais je n'aime pas les fleurs. Il y a des arbres, oui. Mais leurs feuilles mortes qui ne demandent qu'à nous tomber dans les cheveux. Il y a des odeurs de nature aussi, c'est vrai.
Mais aussi des fragrances de bouse de vache que papa défend comme étant le meilleur engrais qui soit. Maman, elle, s'émerveille de voir un couple de tourterelles en rappelant à quel point ces oiseaux sont animés d'une fidélité à toute épreuve.
Mais cette discussion m'a déjà perdue. Et j'imagine facilement que parler de fidélité à papa sera ici le moment le plus ironique de toute la journée. Mais le moment plus croustillant aussi alors que papa n'ose pas rebondir sur ce dernier sujet évoqué par ma mère. Pourtant, elle vient amoureusement prendre le bras de son mari et marche à ses côtés, enchaînant les faux pas et les déséquilibres imposés par les creux dont la terre molle est criblée. Mais maman fait bientôt revenir l'ambiance bucolique et romantique à des idées plus terre à terre.
— J'ai un peu envie de faire pipi, glisse-t-elle entre ses lèvres.
— Tu peux faire où tu veux, il n'y a personne ici, propose papa.
— Cha ? Tu veux faire pipi, demande maman en scrutant les environs.
— Non. Enfin… Puisque tu en parles.
Maman se désenlace du bras de mon père et fait quelques pas sur le côté, vaguement positionnée entre deux arbres. Je la rejoins au même endroit, dans ce petit coin improvisé alors que papa, à deux mètres, nous observe avec un naturel nonchalant. Il laisse ainsi ses yeux traîner sur maman qui remonte sa jupe sur ses généreuses cuisses et dévoile ses fesses rebondies. Elle baisse ses collants puis fait glisser sa culotte du bout des doigts avant de s'accroupir, les cuisses légèrement écartées. Je descends la fermeture éclair de mon shorty et fais descendre à mon tour celui-ci le long de mes jambes. Je baisse mes collants et m'accroupis à côté de maman.
Est-ce le froid ou bien cette petite pointe de culpabilité de faire pipi de manière aussi sauvage, en pleine nature, mais ni ma mère ni moi n'arrivons à nous libérer immédiatement ? Sans doute l'envie n'est-elle pas suffisamment pressante pour moi et au contraire beaucoup trop pesante chez ma mère. A moins que les seuls yeux observateurs qui nous regardent ne soient finalement un peu gênants pour nous.
— Dis papa, peut-être devrais-tu te tourner, non ?
— Qui ça ? Moi ? tance papa comme si on voulait donner des ordres à un roi divin.
— Ça a raison, Jean-Michel, tu pourrais te tourner quand même, rebondit maman en souriant.
— Ah bon ? Je veux dire… Ah oui oui ! Pardon !
Et papa, sans bouger les pieds, détourne simplement la tête d'un geste vers la gauche. Un peu vexé qu'on lui interdise de regarder les deux femmes qu'il considère comme étant ses propriétés de droit. Il se dit pourtant que sa femme n'aurait sans doute rien relevé si elle avait été la seule à baisser culotte en pleine nature. Attendant quelques secondes et écoutant attentivement les jets se répandre sur les herbes en quelques éclaboussures intimes, il repositionne les yeux, sans rien bouger de sa tête, vers le spectacle qui s'offre à lui. Croisant les bras comme un pacha devant son harem. D'un coup, la perversité revient au galop alors qu'il espionne sans en avoir l'air la « marchandise » qu'il peut partager à souhait dans cet hôtel. Maman est la première à se redresser et, les cuisses encore écartées, à remonter sa culotte.
Encore accroupie en train de faire pipi, je croise alors le regard de mon père qui ne se rend même pas compte que je le surprends à m'observer tant ses yeux sont rivés sur mon entre-cuisses. Comment aurait-il pu en être autrement avec un cochon pareil ? Je vous le demande.
Je prends alors un plaisir subtil à prendre tout mon temps, laissant les dernières gouttes perler entre mes poils pubiens, laissés à découvert entre mes cuisses ouvertes. Je reste dans cette position de longues secondes alors que maman a déjà renfilé ses collants et ajuste sa jupe. Je reste accroupi si longuement que je sens un filet de glaire blanche et visqueuse suivre les ultimes gouttes d'urine et couler entre mes lèvres. Cette substance intime si honteuse qui trahit au mieux l'état très avancé de mon cycle hormonal. Vous savez, ce cycle féminin orchestré par les ovaires qui, il y a deux soirs encore, me hissait au niveau « en chaleur » pour me voir atteindre désormais le rang de « petite salope ».
Je me redresse à mon tour et prends tout mon temps pour remonter mes collants sur mon pubis. En prenant surtout soin de bien jouer les idiotes de première.
— J'espère que je n'ai pas fait pipi dans mes bas…
Il n'en faut pas plus pour que, à ces mots, une injection de sang pulsatile gonfle d'un coup la verge de papa et qu'il décroise les bras sous la surprise de sentir son slip devenir tout à coup très serré et très inconfortable. Je remonte la fermeture éclair de mon shorty et reviens à hauteur de mon père en lui souriant.
— Alors, me demande-t-il à voix discrète et sur un ton taquin, tu as fait pipi dans tes bas ?
— Je ne crois pas. Enfin… Il ne me semble pas.
Nous continuons notre promenade. Maman agrippe de nouveau le bras de son tendre époux et lance en sa direction des regards amoureux pleins de bons sentiments. Mon père lui répond par un sourire de façade, masquant tout des idées lubriques qui s'agglutinent dans son esprit comme une nuée de criquets voraces ravageant un magnifique rosier fleuri.
À 20 h pile, nous nous dirigeons vers la salle de restauration. Il est épatant de voir à quel point tout ce petit monde, en train de prendre place comme des Playmobil sur une aire de jeu, semble réglé comme du papier à musique. Maman rejoint Keiko en sautillant presque sur ses talons hauts, guillerette de pouvoir faire la conversation avec sa nouvelle copine. Juliette et son gros ventre, quant à elle, lâche le bras de son mari pour s'asseoir. En me voyant, elle me fait signe de la rejoindre. Et prenant place à ses côtés, j'observe mon père entamer déjà de longs échanges avec Bernard et Stéphane qui le rejoignent rapidement. Tout le monde s'entend bien. Ce petit monde, ces marionnettes orchestrées selon le schéma d'un jeu de dupes sur une scène des plus dangereuses.
Les trois hommes parlent entre eux, devant le buffet, alors qu'aucun ne prête réellement attention au menu proposé. Ils plaisantent, semblent ricaner et partager des idées aux allures fort amusantes. Amusantes, tout du moins si l'on est un homme, j'imagine. Puis les trois paires d'yeux survolent en douce la salle de restauration pour regarder maman et Keiko. J'observe les hommes poursuivre leurs regards sur moi et Juliette. Je baisse immédiatement les yeux… Mais les relève aussitôt pour mieux soutenir cette inquisition vorace. Je leur fais face alors que la jeune femme enceinte, à côté de moi, ne remarque rien de nos échanges au loin. Mais les trois hommes insistent et me fixent lourdement. Je leur répond conservant la tête haute, dirigée vers eux sans bouger. Voilà qu'ils sourient tous les trois…
Papa leur parle et les deux autres ricanent en se retournant pour mieux saisir les menus posés sur le buffet.
Mon cœur s'est emballé. Je me suis sentie visée comme une élève de fond de classe interrogée par un professeur autoritaire et mesquin. Le genre de prof qui sait mettre les collégiens mal à l'aise quand ils se font prendre en train de bailler aux corneilles. Mais je ne ressemble pas à un mauvais élève. Bien au contraire. Coiffée de cheveux lisses, maquillée comme une Japonaise, habillée de mon court shorty dévoilant tout de mes cuisses et portant des collants que les hommes mûrs trouvent d'ordinaire affriolants, j'ai tout de la petite princesse première de classe. La princesse que l'on dévisage, que l'on envisage, que l'on désire. La princesse que l'on prend sans permission. Je le sais, je le sens, ce soir… Je suis visée. Je suis en danger.
Les maris viennent prendre place autour des quelques tables que nous avons réunies pour manger tous ensemble. L'immense Gilbert vient apporter les sandwichs agrémentés de quelques pincées de basilic séché semées sur les pains de mie. Mais si les plats sont, ce soir encore, particulièrement indignes d'un restaurant d'hôtel, les clients semblent n'en avoir que faire. L'essentiel est bien ailleurs. Tout le monde discute, sourit, rigole, chante même ! Ma mère poussant la voix sur un air Céline Dion et prouvant encore une fois au monde entier que son talent vocal ne peut que faire tomber la pluie à grosses gouttes. Ces messieurs dévorent à plein, comme des prédateurs affamés. Ces dames soupent avec davantage de raffinement. Maman mange lentement, Keiko, à côté d'elle, ne prend une bouchée que de temps en temps. Juliette, en revanche, siffle son sandwich d'une traite et demande à son mari d'en commander un second. Il faut dire que Juliette compte pour deux.
Quant à moi, je picore approximativement la moitié de mon met. Ne goûtant que peu à cette spécialité très locale qui laisse mon palais indifférent. À moins que mes hormones, en ce moment, ne me coupent un peu la faim ?
Une bouteille de rosé est descendue en flèche par mon père et ses deux acolytes. Mais vers la fin du repas, Gilbert se joint aux festivités en apportant un côte du Rhône étiqueté de trois ans d'âge. Et les quatre larrons n'ont pas l'intention de laisser cette bouteille s'enfuir ! Maman reprend d'ailleurs une petite louche elle aussi. Keiko ne refuse pas un dernier verre où elle se contente simplement d'y tremper les lèvres. Juliette, qui n'a plus touché une goutte d'alcool depuis neuf mois, me regarde avec insistance comme pour me signifier que je ne dois pas me retenir par solidarité pour elle.
— Ah nan, t'inquiète, je ne bois jamais d'alcool.
— Tu es sûre, Charlotte ? Moi en ce moment je me porte sur l'eau, mais il ne faut pas te retenir pour moi.
— La seule boisson à laquelle je peux prétendre être accro, c'est le café.
— Du café ? Il doit y en avoir, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée d'en boire aussi tard. Tu risques de ne pas pouvoir dormir.
— Avec ou sans café, je risque d'avoir du mal à trouver le sommeil.
Et Juliette me regarde avec des yeux pleins de curiosité.
Mais maman, voulant se lever de table pour aller prendre une serviette en papier, retombe lourdement, les fesses sur sa chaise.
— Oh la la… Je crois que j'ai trop bu moi.
— Déjà ? surligne papa en voyant maman se tenir le front. Tu n'as quasiment rien bu pourtant.
— Et c'est déjà trop pour moi…
— Je vous comprends, moi aussi je crois que j'ai trop bu, lance Keiko en se tenant la tempe avec l'index et massant son crâne en fermant les yeux. Je peux vous raccompagner à votre chambre si vous le souhaitez.
— Je ne sais pas si ce sera nécessaire mais… (maman sent sa tête tourner en voulant se remettre sur ses pieds)… J'ai un peu le vertige.
Alors Keiko, qui feint avoir trop bu elle aussi alors qu'elle avait pris soin de limiter sa consommation d'alcool durant la soirée, soutient le bras de ma mère en souriant.
— Je vais vous aider, Gwenaëlle. Je vous raccompagne à votre chambre, propose Keiko. Avant de poursuivre : Bernard, s'il te plaît mon chéri, peux-tu nous accompagner ? Je ne voudrais pas trébucher. J'ai la tête lourde.
— Ah bon ? Je… Oui, oui bien sûr, répond Bernard, quelque peu interloqué mais ne voulant pas refuser de jouer les maris attentionnés devant tout le monde.
— Tout va bien, Gwen ? demande papa alors que sa femme avance péniblement entre les tables.
— Ne vous tracassez pas, Jean-Michel, répond Keiko qui soutient ma mère sous le bras. Elle est entre de bonnes mains, dit-elle alors en jetant à mon père un œil mystérieux.
À quelques assiettes de là, voyant la Japonaise adopter un comportement trop vif et directif pour être honnête, je ne peux que constater le subterfuge. Une manipulation comme nous seules, femmes de tout âge, de toute couleur ou de toute culture, avons le secret. Je regarde avec une admiration palpable Keiko emmener ma mère titubant à moitié alors que Bernard les suit au pas. L'instinct me dicte que maman se voit piégée. Collée à une toile d'araignée dont elle ne pourra pas se dégager. À la merci, pour la soirée, d'une fort belle araignée mais aux projets troubles.
Bernard suit les deux femmes en prenant soin, derrière elles, de bien regarder leurs jambes et il imagine déjà, sous la jupe de l'épouse de Jean-Michel, les collants moulant de si belles formes. N'hésitant pas à comparer les cuisses de maman avec celles de sa compagne asiatique. Ces dames montent une à une les marches de l'escalier de la mort tandis que Bernard ralentit le pas pour leur laisser tout le temps dont elles ont besoin afin de trouver leur équilibre. Puis, à l'étage, Keiko guide ma mère jusqu'à la chambre de mes parents.
Mais à ce moment-là, elle continue son chemin jusqu'à la porte voisine. Tirant maman dans son sillage. Bernard s'en voit surpris !
— Mais… N'est-ce pas la porte de votre chambre à vous ? questionne maman en ouvrant grand les yeux.
— Si, tout à fait, vous avez raison, répond Keiko avec un grand sourire. Je voulais juste vous proposer, si vous êtes d'accord bien entendu, un petit remède traditionnel de ma région. J'en ai toujours avec moi. Cela aide à surmonter les effets de l'alcool, y compris les plus forts.
— Oh c'est adorable, dit maman en fixant Keiko avec tendresse.
Et alors que Keiko tourne la grosse clef métallique dans la serrure, elle ouvre la porte de la chambre et y pousse délicatement ma mère comme on ferait entrer une perruche dans la cage qui sera désormais sa dernière demeure. Sournoisement, la Japonaise tourne la tête en arrière où, croisant le regard de son mari, elle affiche un sourire plein de non-dits et d'éloquence malveillante.
Bernard se voit dépassé par les idées soudaines de sa femme. Mais malgré ses interrogations, une chose est certaine. Il bande déjà comme un âne.
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Ero-senin
8 octobre 2026 à 18:17
Les sites changent, les habitudes restent 😉

Merci @Charlotte Light pour ce nouveau chapitre qui n’augure que du bon pour la suite 😈
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Photo de profil de Chrisis
Chrisis
8 octobre 2026 à 10:36
Il est bien difficile de retrouver la suite de ton histoire avec ce nouveau site... Cela aurait été dommage de passer à côté.
Un chapitre plus soft que le précédent, mais pas pour autant dépourvu d’une certaine perversité sous-jacente. J’ai bien aimé ton analyse, dès le début, du comportement de nombreux hommes qui n’hésitent pas à assouvir leur besoin primaire, avant d’en éprouver une certaine honte et, surtout, de craindre que cela se sache et détruise l’harmonie de leur couple.
J’adore le contraste entre l’attitude naïve, presque candide, de la mère de famille et celle, beaucoup plus ambiguë et perverse, de sa fille. Cela nous réserve certainement encore de très bons moments de lecture !
Bien sûr, j’attends également avec impatience de découvrir le jeu que Keiko va proposer. Bravo pour cette histoire @Charlotte Light
Soyez respectueux
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