00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Nivekstorm Celle que je devais devenir XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trans & QIA+ Orientation principale dans ce chapitre

Celle que je devais devenir — Chapitre 3 · Le point de non-retour

17 minutes
7
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Nivekstorm
Histoires publiées
18
Abonnés
0
J'aime cumulés
1

Celle que je devais devenir

Chapitre 3 · Le point de non-retour

Le générique défilait depuis déjà un moment lorsque Chanelle réalisa qu'elle fixait encore l'écran.
Elle n'entendait presque plus la musique.
Elle ne voyait même plus réellement les noms qui montaient lentement devant elle.
Quelque chose venait de se produire.
Pas dans la chambre.
En elle.
Une heure et demie.
Pendant près de quatre-vingt-dix minutes, elle était demeurée devant ce film sans parvenir à détourner les yeux. Elle qui, quelques heures auparavant encore, aurait probablement prétendu que ce genre d'images ne la concernait pas, venait de regarder cette histoire avec une concentration presque troublante.
Et le plus étonnant était peut-être qu'elle ne s'était même pas touchée.
Pas une fois.
Le petit jouet rose était toujours là. Le plug que Marco lui avait fait porter continuait de lui rappeler sa présence au moindre mouvement. Pourtant, contrairement à ce qu'elle aurait imaginé, ce n'était pas l'excitation physique qui avait monopolisé son attention.
C'était Julie.
Julie l'avait complètement fascinée.
Chanelle avait observé cette femme apparaître à l'écran et quelque chose dans son cerveau s'était immédiatement mis à protester contre tout ce qu'elle croyait jusque-là savoir.
Julie possédait encore un sexe masculin.
Et pourtant...
Lorsque Julie était habillée, lorsque ses cheveux encadraient son visage, lorsqu'elle marchait, souriait ou simplement existait devant la caméra, Chanelle ne voyait pas un homme déguisé.
Elle voyait une femme.
Une vraie femme.
Cette constatation revenait sans cesse dans son esprit.
Une femme.
Et plus le film avançait, plus Chanelle avait cessé d'observer Julie comme une curiosité pour commencer à l'observer comme une possibilité.
Une possibilité terriblement proche.
Jules avait réussi à devenir Julie.
Pas nécessairement parce qu'un miracle avait changé instantanément son corps, mais parce qu'il avait fini par permettre à cette partie de lui-même d'exister.
Et Julie semblait paisible.
C'était peut-être cela qui avait le plus bouleversé Chanelle.
La quiétude.
Cette impression qu'après avoir passé des années à combattre quelque chose, Julie avait simplement cessé de lutter contre elle-même.
Chanelle baissa les yeux vers son propre corps.
Ses jambes.
Ses bras.
Les poils qui les recouvraient encore.
Tout cela lui parut soudain terriblement masculin.
Quelques heures auparavant, elle n'y aurait peut-être accordé aucune importance.
Maintenant, elle ne voyait pratiquement plus que cela.
Elle passa lentement une main sur sa cuisse.
Puis sur son avant-bras.
Une idée s'imposa avec une force presque absurde :
Il faut que tout ça disparaisse.
— Allez, ma jolie.
La voix de Marco la ramena brutalement dans la pièce.
Elle releva les yeux.
Il avait observé une bonne partie de ses réactions pendant le film. Cette façon qu'elle avait eue de se rapprocher progressivement de l'écran. Ses expressions. Ses silences.
Il tapota l'endroit près de lui.
— Assieds-toi. On doit discuter de ce que tu viens de voir.
Chanelle se leva.
Elle avait presque oublié le plug.
Presque.
Au moment où elle se rassit, son mouvement produisit une pression inattendue et un petit cri lui échappa.
— Ah !
Marco éclata de rire.
— La petite cochonne a le feu au cul, on dirait bien.
Chanelle lui lança un regard partagé entre gêne et amusement.
Quelques jours auparavant, elle aurait probablement été mortifiée d'entendre quelqu'un lui parler ainsi.
Maintenant ?
Quelque chose avait changé.
Elle ne savait simplement pas encore quoi.
— Tu sais, Marco...
Elle hésita.
— Quoi ?
— Pendant tout le film, je pensais toujours à la même chose.
— Je t'écoute.
Chanelle regarda encore une fois ses jambes.
— Je dois faire disparaître tous ces poils.
Marco arqua un sourcil.
— Tous ?
— Tous.
Elle passa rapidement une main sur ses bras.
— J'en veux plus. Nulle part. Je veux avoir la peau complètement douce.
Elle releva les yeux vers lui.
Et maintenant que les mots sortaient, elle n'arrivait plus à les retenir.
— Et je veux des vêtements.
— Ah oui ?
— Des vrais vêtements. Pas juste prendre quelque chose au hasard pour jouer cinq minutes devant un miroir. Je veux de jolies fringues comme Julie avait dans le film.
Elle sourit malgré elle.
— Et ses cheveux...
Elle soupira.
— Mon Dieu, ses cheveux.
Marco la regardait parler avec une attention presque clinique.
Chanelle continua :
— Si seulement je pouvais trouver une belle perruque pendant que mes cheveux poussent...
Elle toucha instinctivement sa propre chevelure.
— Je veux les laisser pousser. Longtemps. Mais ça va prendre une éternité.
— Quelques années si tu veux quelque chose de vraiment long.
— Justement !
Elle soupira encore.
— Je veux pas attendre trois ans avant de savoir ce que ça fait de me regarder dans un miroir avec de beaux cheveux.
Elle marqua une pause.
Puis ajouta beaucoup plus doucement :
— J'ai surtout regardé Julie et... elle avait l'air bien.
Marco ne répondit pas immédiatement.
— Bien comment ?
Chanelle chercha ses mots.
— Paisible.
Elle regarda l'écran désormais noir.
— Comme si Jules avait passé sa vie à essayer d'être quelqu'un et que Julie avait simplement arrêté d'essayer.
Cette fois, Marco ne plaisanta pas.
Chanelle poursuivit :
— J'arrivais pas à arrêter de la regarder parce que... quand elle avait ses vêtements...
Elle avala difficilement.
— Je voyais une femme, Marco.
Silence.
— Même en sachant ce qu'elle avait entre les jambes ?
— Oui.
La réponse avait été immédiate.
Cela troubla Chanelle elle-même.
Elle répéta :
— Oui.
Puis, presque dans un murmure :
— C'était une femme.
Marco se leva brusquement.
— Bon.
Chanelle sursauta.
— Bon quoi ?
— Si ça presse autant que ça de commencer tous ces changements, va remettre tes fringues de mec puceau.
— Mes quoi ?
— Tes fringues de mec puceau.
— T'es vraiment un enfoiré.
Marco éclata de rire.
— Dépêche-toi.
Il désigna ses vêtements.
— On va faire quelques courses.
Le visage de Chanelle s'illumina.
— Sérieusement ?
— Sérieusement.
Elle allait se lever lorsqu'il ajouta :
— Par contre, deux règles.
Elle se retourna.
— Quoi ?
— Ton joujou rose reste où il est.
Chanelle ouvrit la bouche.
— Marco...
— Et ton petit cul reste bien rempli aussi.
Elle rougit immédiatement.
— Tu veux que j'aille magasiner comme ça ?
— Exactement.
— Mais...
Marco regarda sa montre.
— Chaque minute que tu perds maintenant est une minute que je pourrai ajouter à ta prochaine leçon.
Chanelle le fixa.
Il sourit.
— Alors ?
Elle attrapa immédiatement son pantalon.
— Connard.
— Plus vite, Chanelle.
Elle enfila ses vêtements.
Cette sensation était étrange.
Terriblement étrange.
Elle remettait exactement les mêmes vêtements masculins qu'elle avait portés auparavant, mais quelque chose les rendait maintenant différents.
Ils ressemblaient presque à un costume.
Un costume qu'elle avait porté pendant des années sans savoir qu'il s'agissait d'un costume.
Lorsqu'elle fut prête, Marco attrapa ses clés.
— On prend ma voiture.
Ils quittèrent discrètement le sauna.
À chaque pas, Chanelle sentait la présence du plug.
Elle essayait de marcher normalement.
Marco, évidemment, le remarqua.
— Arrête de marcher comme si tu transportais un vase Ming entre les fesses.
— Facile à dire pour toi !
— Tu vas t'habituer.
Cette phrase resta étrangement longtemps dans la tête de Chanelle.
Tu vas t'habituer.
Elle ne savait pas encore à combien de choses Marco faisait réellement référence.
La première destination fut une pharmacie.
Marco stationna la voiture.
— Première mission : peau douce.
Ils entrèrent.
Pour Chanelle, cette simple visite prit rapidement une dimension disproportionnée.
Elle avait fréquenté des pharmacies toute sa vie.
Mais jamais ainsi.
Jamais avec l'impression de franchir une frontière invisible.
Ils arrivèrent devant les produits dépilatoires.
Marco prit plusieurs boîtes.
— On commence avec ça.
Chanelle regarda les emballages.
Des jambes parfaitement lisses.
Des silhouettes féminines.
Des produits parfumés.
Tout semblait insignifiant.
Et pourtant elle avait l'impression d'acheter les premières pièces d'une nouvelle identité.
Elle prit une boîte entre ses mains.
— Ça marche vraiment ?
— Oui.
— Partout ?
Marco la regarda.
— Pas n'importe comment. Tu lis les instructions et tu fais attention aux zones sensibles. On ne transforme pas ton envie de peau douce en brûlure chimique.
Chanelle hocha la tête.
Ils ajoutèrent quelques produits pour la peau.
Hydratant.
Nettoyant.
Quelques accessoires.
Chanelle commençait déjà à imaginer le résultat.
Ses jambes sans aucun poil.
Ses bras doux.
Son torse lisse.
Elle voulait rentrer immédiatement.
Mais Marco avait manifestement autre chose en tête.
Une dizaine de minutes plus tard, il bifurqua dans une autre rue.
Chanelle regarda les vitrines.
Puis aperçut l'enseigne.
Un sex-shop.
— Marco...
Il se stationna.
— Quoi ?
— Pourquoi on est ici ?
— Surprise.
Il détacha sa ceinture.
— Tu restes dans la voiture.
— Pourquoi ?
— Parce que je l'ai décidé.
— Mais je veux voir !
— Non.
Il ouvrit sa portière.
— Marco !
Il se retourna.
— Oui, ma jolie ?
— Qu'est-ce que tu vas acheter ?
Il sourit.
— Des choses qui vont rendre jeudi intéressant.
Puis il referma la portière.
Chanelle resta seule.
Jeudi.
Pourquoi jeudi ?
Elle regarda Marco disparaître dans la boutique.
Une partie d'elle était frustrée.
Une autre était terriblement curieuse.
Elle imaginait ce qu'il pouvait acheter.
Des jouets ?
Des vêtements ?
Des accessoires ?
Quelque chose pour elle ?
Elle essaya de regarder à travers la vitrine, mais la disposition intérieure l'empêchait de distinguer quoi que ce soit.
Cinq minutes passèrent.
Puis dix.
Enfin Marco réapparut.
Chanelle ouvrit de grands yeux.
Il transportait deux grands sacs.
Pas deux petits sacs discrets.
Deux sacs franchement remplis.
Il ouvrit le coffre et les déposa à l'intérieur.
Lorsqu'il remonta, Chanelle se tourna immédiatement vers lui.
— Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
— Ta facture.
— Ma facture ?
— Elle commence à devenir longue.
Il démarra.
— Mais je suis certain que tu sauras me remercier tout à l'heure.
Chanelle sentit son ventre se contracter.
— On va où maintenant ?
— Retour au sauna.
— Déjà ?
— Mon collègue pouvait seulement me remplacer une heure.
Chanelle regarda l'heure.
Tout avait été incroyablement rapide.
Pourtant elle avait l'impression que plusieurs journées s'étaient écoulées depuis le début de l'après-midi.
Ils retournèrent dans la chambre privée de Marco.
Celui-ci verrouilla la porte.
Il posa les deux grands sacs dans un coin.
Chanelle les regardait avec obsession.
— Non.
— Quoi ?
— Je connais ce regard.
— Quel regard ?
— Celui qui dit : « Marco tourne-toi trente secondes pendant que je fouille dans les sacs. »
Chanelle sourit.
— J'aurais jamais fait ça.
— Menteuse.
Il prit les produits achetés à la pharmacie.
— Allez. Enlève tout.
Cette fois, Chanelle hésita beaucoup moins.
Elle retira ses vêtements.
Marco prépara la crème.
— On va commencer correctement.
Il prit son temps pour respecter les indications du produit et éviter les zones où il ne devait pas être appliqué.
Lorsque le temps nécessaire fut écoulé, Chanelle entra dans la petite douche attenante.
Elle s'arrêta sur le seuil.
— Attends...
Elle regarda Marco.
— T'as une douche ici ?
— Oui.
— Depuis quand ?
— Depuis toujours.
— Je croyais qu'il y avait juste les douches publiques !
— Normal.
Il sourit.
— Le dis pas aux autres. C'est la seule pièce avec une douche privée.
Chanelle leva les yeux au ciel.
— Évidemment que monsieur a son petit appartement cinq étoiles caché dans le sauna.
Elle entra.
L'eau chaude coula sur son corps.
Puis vint le moment de retirer le produit.
Chanelle passa une main sur sa jambe.
Elle s'immobilisa.
Encore une fois.
Sa main remonta.
Puis redescendit.
Doucement.
La sensation était complètement différente.
— Marco !
— Quoi ?
— Viens voir !
— Je vais te laisser terminer avant.
Chanelle ne l'écoutait déjà plus.
Elle touchait ses jambes.
Ses bras.
Son ventre.
Chaque nouvelle surface lisse lui procurait une satisfaction presque enfantine.
Lorsqu'elle sortit finalement de la douche avec une serviette autour d'elle, elle ne put s'empêcher de sourire.
Marco l'examina.
— Wow.
Chanelle attendit.
— Quoi ?
— Là, ça commence à ressembler à quelque chose.
Elle sourit davantage.
Marco passa doucement sa main sur son bras.
— Tout lisse.
Puis sur son épaule.
— Comme une jolie femme se doit de l'être.
Chanelle baissa les yeux.
Elle passa encore une fois ses propres mains sur ses jambes.
C'était un changement minuscule.
Personne dans la rue ne remarquerait probablement quoi que ce soit.
Mais pour elle...
C'était gigantesque.
Elle se regarda dans le miroir.
Pour la première fois, elle essaya mentalement de retirer de son reflet tout ce qui appartenait encore à Kevin.
Les vêtements masculins étaient par terre.
Les poils avaient disparu.
Elle imagina les cheveux de Julie.
Puis une robe.
Du maquillage.
Des chaussures.
Et quelque chose apparut fugitivement dans son esprit.
Une silhouette.
Pas encore parfaitement définie.
Mais elle portait un nom.
Chanelle.
Elle sourit à son reflet.
Marco interrompit ce moment.
— Bon.
Elle se retourna.
— Quoi ?
Il désigna les grands sacs.
Marco désigna les deux grands sacs.
— Bon. Maintenant vient l'heure du premier paiement, ma petite cochonne.
Chanelle regarda les sacs, puis Marco.
Depuis leur retour, elle mourait d'envie de découvrir ce qu'ils contenaient. Elle avait beau essayer de deviner leur contenu, Marco refusait obstinément de lui donner le moindre indice.
— Alors, mon chéri... comment est-ce que je commence mon paiement ?
Le sourire de Marco changea.
— À genoux devant moi.
Chanelle sentit immédiatement son cœur accélérer.
Marco ajouta néanmoins, beaucoup plus sérieusement :
— Et écoute-moi bien. Si tu me demandes réellement d'arrêter, j'arrête. Tout. Immédiatement. Mais dans ce cas-là, tu me rembourses tes achats toi-même. Compris ?
Chanelle soutint son regard.
— Compris.
— Alors ouvre grand la bouche. Daddy va te donner ta collation.
Elle aurait probablement rougi jusqu'aux oreilles quelques jours auparavant.
Cette fois, elle s'agenouilla.
Ce premier « paiement » devint rapidement beaucoup plus intense que Chanelle ne l'avait imaginé. Elle découvrit pour la première fois ce que signifiait réellement abandonner une partie du contrôle à quelqu'un en qui elle avait décidé d'avoir confiance. Marco surveillait ses réactions et elle savait qu'elle pouvait mettre fin au jeu, mais elle s'obstina à continuer.
Elle voulait savoir.
Elle voulait découvrir jusqu'où cette nouvelle Chanelle était capable d'aller.
Les minutes passèrent.
Lorsqu'enfin Marco lui permit de reprendre son souffle, Chanelle resta quelques secondes agenouillée, complètement étourdie par l'expérience.
Marco la regarda avec une satisfaction évidente.
— Pas mal pour une première leçon.
Chanelle essuya rapidement ses yeux.
— C'est tout ?
Marco éclata de rire.
— Oh non, ma jolie. Certainement pas.
Il désigna le lit.
— À quatre pattes.
Chanelle comprit immédiatement.
Elle se releva et prit place sur le lit.
Le petit plug était toujours là.
Marco posa les doigts sur le bijou qui l'ornait.
— Tu te rappelles pourquoi je t'ai demandé de le garder pendant le film et pendant nos courses ?
Chanelle tourna légèrement la tête.
— Pour me préparer.
— Exactement.
Il commença alors à le retirer.
La sensation arracha immédiatement un gémissement à Chanelle.
Marco s'arrêta une seconde.
— Ça va ?
Elle acquiesça.
— Continue.
Il termina lentement de retirer le plug.
Chanelle ferma les yeux.
Après l'avoir porté aussi longtemps, son absence produisait presque une sensation aussi étrange que sa présence.
Marco observa le résultat de cette longue préparation.
— Eh bien...
Chanelle regarda derrière elle.
— Quoi ?
— Le plug a parfaitement fait son travail.
Elle rougit.
Marco posa une main sur sa hanche.
— Alors, ma petite... toujours certaine de vouloir découvrir ce que ça fait d'être avec un homme comme tu en rêves ?
Cette fois, Chanelle ne répondit pas immédiatement.
Pas parce qu'elle voulait reculer.
Parce qu'elle comprenait que ce « oui » serait différent des précédents.
Le film.
Julie.
Sa peau désormais lisse.
Le prénom Chanelle.
Les vêtements qu'elle voulait acheter.
Et maintenant Marco.
Tout semblait converger vers cette seconde.
Elle inspira profondément.
Puis répondit :
— Oui.
Marco attendit.
Chanelle comprit qu'il voulait davantage qu'un murmure hésitant.
Elle tourna la tête vers lui.
— Allez, Daddy. Prends-moi comme ta poupée. Je te donne mon corps pour ce soir. Arrête de me faire attendre.
À cet instant, quelque chose céda en elle.
Pas physiquement.
Mentalement.
Kevin aurait réfléchi.
Kevin aurait probablement paniqué en se demandant ce que cela signifiait.
Chanelle, elle, venait de choisir.
Marco accepta son invitation.
Leur rapport fut intense, beaucoup plus physique que tout ce que Chanelle avait anticipé. La préparation n'empêcha ni le choc de la nouveauté ni les moments où elle dut retrouver son souffle. Marco vérifia néanmoins ses réactions et Chanelle lui confirma qu'elle voulait continuer.
Alors elle cessa progressivement de lutter contre chacune des sensations nouvelles.
Elle se laissa vivre l'expérience.
Et plus les minutes passaient, plus ses paroles devenaient audacieuses.
Elle encourageait Marco.
Le provoquait.
L'appelait Daddy.
Elle-même n'aurait pas reconnu la personne qui parlait ainsi quelques jours auparavant.
Mais lorsqu'elle prononçait ces mots, ils ne lui semblaient étrangement pas étrangers.
C'était Chanelle qui parlait.
Et Chanelle découvrait qu'elle possédait une facette dont Kevin avait ignoré l'existence.
Lorsque l'intensité atteignit finalement son sommet, Chanelle s'agrippa au lit et abandonna complètement le contrôle qu'elle avait encore essayé de conserver.
Puis tout retomba.
Le silence sembla immense.
Elle resta immobile.
Essoufflée.
Les cheveux en désordre.
Marco recula finalement.
Chanelle pensa que son « paiement » était terminé.
Elle se trompait.
— À genoux.
Elle tourna la tête.
— Encore ?
— Encore.
Elle se repositionna devant lui.
Marco lui indiqua ce qu'il attendait pour terminer leur jeu.
Chanelle comprit et eut immédiatement un mouvement d'hésitation.
— Marco... tu viens juste de...
— Je sais.
Elle le fixa.
— Et tu veux vraiment que je...
— Oui.
Chanelle resta silencieuse une seconde.
Cette dernière demande lui semblait presque plus intimidante que ce qu'ils venaient de faire.
Marco ne la força pas.
Il attendit sa décision.
Chanelle finit par accepter et accomplit ce dernier geste intime, avec une hésitation évidente au début. Lorsqu'elle constata que la situation était propre, une partie de son appréhension disparut.
Marco lui caressa alors doucement les cheveux.
— Bravo, ma chérie.
Chanelle leva les yeux.
— C'est bon ? J'ai fini de payer ?
— Pour aujourd'hui.
— Pour aujourd'hui ?!
Marco sourit.
— Tu as été splendide.
Elle se rassit sur le bord du lit, encore complètement sonnée.
Marco reprit :
— Maintenant, je veux te voir ici jeudi soir après tes cours.
— Jeudi ?
— Jeudi.
— Je travaille pas ce soir-là. Je travaille seulement les matins du lundi, mardi et mercredi avant mes cours. Des petits trois heures. Après ça, j'ai terminé pour le reste de la semaine.
— Parfait.
Marco désigna les sacs.
— Alors jeudi, on poursuit.
Chanelle regarda immédiatement dans leur direction.
— Et j'aurai enfin droit à ça ?
— Si tu es sage.
— Après tout ce que je viens de faire, j'espère bien !
Marco rit.
Puis son expression reprit cette autorité qui fascinait autant Chanelle qu'elle l'irritait.
— Une dernière chose. Jeudi, je veux ta peau aussi douce qu'elle l'est maintenant.
Chanelle passa instinctivement une main sur sa cuisse parfaitement lisse.
— Ça, aucun problème.
Marco lui releva doucement le menton.
— Bien. Parce que maintenant tu es ma petite femme à moi, Chanelle.
Elle arqua un sourcil.
— J'ai pas mon mot à dire ?
— Tu viens de me donner ta réponse pendant toute cette soirée.
Chanelle resta silencieuse.
Puis un sourire apparut au coin de ses lèvres.
Elle n'allait certainement pas lui offrir le plaisir d'admettre qu'une partie d'elle adorait entendre ces mots.
— T'es vraiment prétentieux, Daddy.
— Et toi, tu seras ici jeudi.
— Oui.
Marco sourit.
— C'est bien ce que je pensais.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 4 · La naissance de Chanelle
Chanelle a passé des semaines à imaginer ce que Marco lui avait préparé. Ce soir-là, dans la chambre du sauna, les sacs sont enfin là. Derrière les robes en latex rose, les talons vertigineux et la perruque auburn se cache quelque chose de bien plus grand qu'une transformation de façade. Marco a organisé toute la soirée autour d'elle — et il a visiblement une idée en tête qui dépasse largement le contenu des sacs. La vraie question n'est pas ce qu'il lui offre. C'est jusqu'où Chanelle est prête à aller.
16 minutes
4
0
0
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ ClarisseTV Ma transition XSTORY
Ma transition
Chapitre unique
Par ClarisseTV
104
6
19.5k
Trans & QIA+
✦ Mlle_Helened Corinne et Laurence XSTORY
Corinne et Laurence
Chapitre 2
Par Mlle_Helened
109
2
8.1k
Trans & QIA+
✦ jlf071 L'INCONNU DU CINEMA XSTORY
L'INCONNU DU CINEMA
Chapitre 6
Par jlf071
73
7
18.9k
Bi
✦ Manekenpiss Lucile amoureuse salope XSTORY
Lucile amoureuse salope
Chapitre 6
Par Manekenpiss
50
2
5.3k
Trans & QIA+
✦ willaspi La culotte de bain XSTORY
La culotte de bain
Chapitre 5
Par willaspi
161
5
19.5k
Trans & QIA+
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 27
Par Exorium
232
6
7.9k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio