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✦ Nivekstorm Celle que je devais devenir XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trans & QIA+ Orientation principale dans ce chapitre

Celle que je devais devenir — Chapitre 17 · Vers la fin de la saison

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Nivekstorm
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Ce chapitre réussit quelque chose de rare : raconter des mois en quelques scènes sans que rien ne semble précipité. La magie vient des détails accumulés, de ces petits signes qui changent tout sans qu'on s'en aperçoive vraiment. Et puis il y a les répliques, souvent courtes, souvent drôles, qui font mouche à chaque fois. On croit vraiment à ces deux-là.

Celle que je devais devenir

Chapitre 17 · Vers la fin de la saison

Du vertige des débuts à la veille du dernier match
Au début, ils comptaient encore les semaines.
Puis ils avaient commencé à compter les victoires.
Ensuite étaient venus les voyages, les anniversaires, les soupers, les soirées où personne ne voulait rentrer, les lendemains où tout le monde jurait qu'il ne boirait plus jamais, les matchs décidés dans les dernières secondes, les textos envoyés à trois heures du matin, les photos ridicules accumulées dans une conversation de groupe devenue pratiquement impossible à suivre.
Et quelque part au milieu de tout ça...
ils avaient cessé de compter.
La saison avait continué.
Le temps aussi.
Et sans que personne ne décide officiellement de quoi que ce soit, les Fatal 5 étaient devenus bien davantage que cinq joueurs évoluant sous le même uniforme.
Ils étaient devenus une famille.
Et Chanelle?
Chanelle avait découvert qu'on pouvait entrer dans la vie de quelqu'un comme une tornade...
et finir par devenir son chez-soi.
?
1 — UN MOIS PLUS TARD
— CARTER!
Malik se retourna dans le corridor du centre d'entraînement.
Darius arrivait derrière lui.
— Quoi?
— T'as oublié quelque chose.
Malik baissa les yeux vers son sac.
Téléphone.
Clés.
Écouteurs.
Tout était là.
— Non.
Darius leva son propre téléphone.
— Ton service de localisation personnel.
Malik fronça les sourcils.
— De quoi tu parles?
Darius lui montra l'écran.
Le groupe de discussion des Fatal 5.
Chanelle : Malik est encore là?
Jade : Pourquoi?
Chanelle : Parce qu'il m'a dit « j'arrive dans vingt minutes » il y a quarante-cinq minutes.
Naomi : :'D
Sofia : RIP Malik.
Elena : Nous nous souviendrons de lui.
Puis Trey avait ajouté :
Trey : Il est à côté de moi. Je peux lui dire adieu pour vous.
Malik ferma les yeux.
— Trey...
À quelques mètres, Trey éclata de rire.
— Quoi? J'aide ton couple.
— Tu viens de me dénoncer.
— Exactement. Communication saine.
Jamal passa derrière eux.
— Moi j'appelle ça de la survie collective.
Andre ajouta :
— Rentre chez toi, Malik.
Darius lui donna une tape dans le dos.
— T'as une femme qui t'attend.
Malik corrigea immédiatement :
— Ma copine.
Les quatre autres s'arrêtèrent.
Silence.
Puis Jamal se retourna lentement.
— Oh.
Malik connaissait ce ton.
— Quoi?
— Rien.
— Brooks.
— J'ai rien dit.
Darius souriait déjà.
— Il a simplement remarqué que t'as corrigé vite.
— Parce que c'est ma copine.
Trey leva les mains.
— Absolument.
Andre acquiesça gravement.
— Une copine.
Jamal poursuivit :
— Qui habite pratiquement chez toi.
— Elle n'habite pas chez moi.
Darius leva un doigt.
— Elle a combien de tiroirs dans ta chambre?
Malik ne répondit pas.
— Combien?
— Quelques-uns.
— Combien, Carter?
— Six.
Explosion de rire.
— SIX?!
— Fermez vos gueules.
Andre comptait déjà.
— Elle a une salle de bain?
— On utilise la même.
Deuxième explosion.
Jamal posa une main gigantesque sur l'épaule de Malik.
— Mon frère...
— Quoi encore?
— Ta maison est occupée.
— C'est toujours ma maison.
— Bien sûr.
Trey ajouta :
— Et Napoléon contrôlait toujours la Russie.
Malik secoua la tête et partit vers le stationnement.
— Vous êtes idiots.
Darius cria derrière lui :
— DIS BONSOIR À LA PROPRIÉTAIRE!
Malik leva son majeur sans se retourner.
Les quatre éclatèrent de rire.
Mais dans la voiture, cinq minutes plus tard, Malik regarda le message de Chanelle.
Chanelle : ?
Il sourit.
Malik : Je pars.
Trois petits points apparurent immédiatement.
Chanelle : Tu avais dit ça il y a une heure.
Malik : Réunion vidéo.
Chanelle : Excuse refusée.
Malik : Comment puis-je me faire pardonner?
Pause.
Puis :
Chanelle : Ramène des sushis.
Malik éclata de rire.
Malik : C'est tout?
Chanelle : Non. Mais c'est le début.
Il démarra.
Un mois.
Cela faisait à peine un mois que Chanelle était véritablement entrée dans sa vie.
Et Malik avait déjà oublié comment la maison sonnait lorsqu'elle n'était pas là.
?
Il la trouva dans le salon.
Pas en robe de gala.
Pas en talons aiguilles.
Pas dans l'un de ces ensembles qui avaient initialement réussi à lui faire perdre toute capacité de former une phrase cohérente.
Ce soir-là, Chanelle était roulée dans un coin du canapé, les jambes repliées sous elle.
Petit caraco rose satiné.
Short assorti bordé de dentelle.
Cheveux remontés négligemment.
Télécommande dans une main.
Une tasse portant l'inscription GOOD GIRL dans l'autre.
Malik resta quelques secondes dans l'entrée.
Chanelle regardait la télévision.
Puis elle sentit sa présence.
Elle tourna la tête.
— Enfin.
Malik leva le sac.
— Offrande de paix.
Elle posa sa tasse.
— Approche.
Il avança.
Elle lui tendit la main.
Malik la prit.
Chanelle le tira jusqu'à elle.
— Plus proche.
Il se pencha.
Elle l'embrassa.
Un vrai baiser.
Long.
Puis elle recula.
— Tu es pardonné à trente-sept pour cent.
— Pourquoi trente-sept?
— Parce que j'ai faim.
— Et les soixante-trois autres?
Petit sourire.
— Je vais improviser.
Malik secoua la tête.
— T'es dangereuse.
— Et pourtant tu reviens toujours.
Cette fois, Malik ne répondit pas immédiatement.
Il la regarda.
— Ouais.
Le sourire de Chanelle changea légèrement.
Plus doux.
— Toujours.
?
2 — CARTER 18
Au fil des semaines, une tradition s'était installée.
Les jours de match à domicile, Chanelle envoyait systématiquement une photo dans le groupe des filles.
Pas nécessairement pour demander leur avis.
Plutôt pour annoncer :
Voilà la Chanelle que vous aurez ce soir.
Ce vendredi-là, la réponse de Jade arriva immédiatement.
Jade : NON.
Naomi suivit.
Naomi : Oh Seigneur.
Sofia :
Sofia : Malik va oublier le système offensif.
Elena :
Elena : :'D:'D:'D
Chanelle regarda son reflet.
Elle avait choisi le look Lakers Babe.
Crop top violet aux couleurs des Lakers, mini-jupe violette assortie, chaîne dorée à la taille et bas noirs retenus par des attaches visibles. Aux pieds, les talons violets et dorés qui étaient devenus l'une de ses signatures.
Puis elle attrapa la veste.
CARTER
18
Elle la passa sur ses épaules.
Son sourire apparut immédiatement.
Quelques mois auparavant, porter le nom d'un homme dans son dos lui aurait semblé presque étrange.
Maintenant?
Elle adorait ça.
Pas parce qu'elle appartenait à Malik.
Parce qu'elle était fière de lui.
Nuance importante.
Elle prit une nouvelle photo.
Chanelle : Et maintenant?
Jade répondit :
Jade : encore pire.
Naomi : Je donne 4 minutes à Malik avant de regarder vers la loge.
Sofia : 2.
Elena : 90 secondes.
Chanelle :
Chanelle : Pari accepté.
?
Il fallut cinquante-huit secondes.
À la première interruption de jeu, Malik leva les yeux.
Loge.
Il la trouva.
Toujours.
Chanelle était debout avec les filles.
Elle lui fit un petit signe.
Malik secoua la tête en souriant.
Darius passa près de lui.
— Cinquante-huit secondes.
Malik tourna brusquement la tête.
— Quoi?
— Elena gagne.
— Vous faites des paris maintenant?
— Évidemment.
— Pendant nos matchs?
— Sur toi, oui.
Malik regarda vers le banc.
Trey affichait déjà un énorme sourire.
— Je vous déteste.
— Non.
Darius frappa doucement sa poitrine.
— Fatal 5.
Malik leva les yeux au ciel.
Mais son sourire demeura.
?
Cette soirée-là, Malik inscrivit trente-six points.
Douze rebonds.
Onze passes.
Lorsque la sirène finale retentit, l'aréna était debout.
Chanelle aussi.
Le triple-double apparut sur l'écran géant.
MALIK CARTER — 36 / 12 / 11
Jade se tourna vers Chanelle.
— Encore.
Chanelle applaudit.
— Encore.
Naomi la regarda.
— Tu réalises qu'il est en train de faire une saison complètement folle?
Chanelle regarda Malik rejoindre ses coéquipiers.
Elle le savait.
Mais elle commençait seulement à comprendre jusqu'où cela pouvait aller.
?
3 — LE MOT INTERDIT
Le premier journaliste utilisa le mot en décembre.
MVP.
Malik Carter faisait partie des candidats crédibles au titre de Most Valuable Player.
Chanelle entendit la question depuis le corridor menant à la salle d'entrevue.
— Malik, plusieurs analystes commencent à placer votre nom dans la discussion pour le MVP...
Malik sourit.
— Beaucoup trop tôt.
— Mais vous y pensez?
— Non.
Mensonge.
Chanelle le savait.
Pas parce que Malik lui en avait parlé.
Parce qu'elle connaissait maintenant ce petit mouvement de mâchoire qu'il faisait lorsqu'un sujet le touchait davantage qu'il voulait le montrer.
Le journaliste poursuivit.
— Vous réalisez pourtant statistiquement l'une des meilleures saisons de votre carrière.
— Je veux gagner.
— Le MVP ne vous intéresse vraiment pas?
Malik réfléchit.
— Vous voulez ma vraie réponse?
— Toujours.
— Si on termine premiers et qu'on gagne ce qu'on veut gagner... après ça, vous pourrez me parler de récompenses individuelles.
Chanelle sourit.
Voilà Malik.
Quelques minutes plus tard, il la rejoignit.
— T'as entendu?
— Tout.
— Et?
— T'es nul pour mentir.
— J'ai pas menti.
— Malik.
Il soupira.
— Okay. Évidemment que j'y pense.
Chanelle s'approcha.
— Alors pourquoi tu refuses de le dire?
— Parce que si je commence à jouer pour ça, je deviens un mauvais coéquipier.
Elle posa une main sur sa poitrine.
— Alors ne joue pas pour ça.
— Exactement.
— Mais tu as quand même le droit de le vouloir.
Malik baissa les yeux vers elle.
— Tu crois?
— Je crois que vouloir être le meilleur n'empêche pas de vouloir gagner avec les autres.
Il resta silencieux.
Puis :
— Comment tu fais ça?
— Quoi?
— Dire exactement le truc que j'avais besoin d'entendre.
Chanelle sourit.
— Black card.
Malik éclata de rire.
— Quoi?
— J'ai acheté l'option psychologue avec.
— Ah ouais?
— Très chère.
— Je vais vérifier le relevé.
— Mauvaise idée.
Il passa un bras autour d'elle.
— Très mauvaise idée.
?
4 — LE FATAL 5 DEVIENT LE FATAL 10
Personne ne savait exactement quand le changement s'était produit.
Au départ, le Fatal 5 désignait Malik, Darius, Andre, Jamal et Trey.
Puis leurs copines et femmes avaient commencé à être incluses automatiquement.
Et finalement, lorsque quelqu'un disait :
— Le Fatal 5 vient ce soir.
Cela voulait dire dix personnes.
Chanelle avait tenté de faire remarquer l'absurdité mathématique.
Jamal lui avait répondu :
— Fatal 10 sonne comme un film de série B.
Trey avait ajouté :
— Et Fatal 5 est une marque.
Chanelle avait donc abandonné.
Leur conversation de groupe était devenue un chaos permanent.
Memes.
Photos embarrassantes.
Captures d'écran.
Paris.
Restaurants.
Voyages.
Matchs.
Et énormément de moqueries.
Un dimanche, Chanelle envoya :
Chanelle : Brunch?
En moins de trente secondes :
Jade : Oui.
Naomi : Oui.
Sofia : Oui.
Elena : Oui.
Puis Darius :
Darius : Nous?
Chanelle :
Chanelle : Non.
Trey :
Trey : discrimination
Jade :
Jade : va jouer à la PlayStation
Trey :
Trey : finalement excellente idée
Malik, assis à côté de Chanelle dans le lit, regarda son téléphone.
— Donc je suis expulsé de ma propre maison?
— Pour trois heures.
— Vous brunchez ici?
— Oui.
— Chez moi.
Chanelle tourna lentement la tête.
— Répète.
Malik comprit immédiatement.
— Chez nous.
Silence.
Cette fois, aucun des deux ne plaisanta.
Chanelle le regardait.
Malik réalisa ce qu'il venait de dire.
Chez nous.
Il aurait pu corriger.
Il ne le fit pas.
Chanelle sourit.
— Beaucoup mieux.
Elle l'embrassa sur la joue.
— Maintenant, dehors.
— Incroyable.
— Fatal 5.
— Vous êtes cinq.
— Exactement.
Malik partit en marmonnant.
Chanelle le regarda quitter la chambre.
Puis son sourire revint.
Chez nous.
Elle garda ces deux mots pour elle.
?
5 — CHANELLE, VERSION DIMANCHE
Les filles arrivèrent à onze heures.
Pour une fois, Chanelle n'avait rien choisi de spectaculaire.
Petit crop top blanc noué devant.
Short rose pâle.
Cheveux libres.
Bijoux fins.
Manucure rose nude, toujours pointue.
Jade la regarda.
— Je ne pensais jamais vivre assez longtemps pour voir Chanelle sans talons.
Chanelle baissa les yeux vers ses pieds.
— J'en porte.
Toutes regardèrent.
Petits talons roses.
Naomi éclata de rire.
— Évidemment.
— J'ai des standards.
Elles s'installèrent dehors.
Café.
Fruits.
Œufs.
Mimosas.
Et surtout...
potins.
Beaucoup de potins.
Puis Sofia posa la question.
— Alors?
Chanelle fronça les sourcils.
— Alors quoi?
— Malik.
— Quoi Malik?
Jade soupira.
— Elle va nous faire travailler.
Elena se pencha.
— Ça devient sérieux?
Chanelle ouvrit la bouche.
Puis la referma.
Quelques mois auparavant, elle aurait répondu par une blague.
Cette fois, non.
— Oui.
Silence autour de la table.
Naomi sourit.
— Je savais.
— Comment?
— Parce que tu ne parles plus seulement de ce qu'il fait.
Chanelle fronça les sourcils.
— Explique.
— Avant, c'était : Malik m'a emmenée là. Malik m'a acheté ça. Malik a fait ceci. Malik a dit ça.
Elle fit une pause.
— Maintenant, tu dis : nous.
Chanelle resta silencieuse.
Sofia acquiesça.
— Elle a raison.
Jade prit son verre.
— Et Monsieur Carter?
Chanelle regarda vers la maison.
— Je pense que lui aussi.
— Tu penses?
Chanelle sourit.
— Hier, il a dit « chez nous ».
Quatre regards se levèrent.
Jade posa brutalement son verre.
— Pardon?
— Il s'est corrigé tout seul.
Elena sourit.
— Ohhhh.
Chanelle rougit légèrement.
— Arrêtez.
Naomi leva son verre.
— À « chez nous ».
— Vous êtes ridicules.
— À CHEZ NOUS!
Les cinq verres se touchèrent.
?
6 — LE PREMIER VRAI ACCROCHAGE
Toutes les histoires d'amour ont un moment où l'image parfaite se fissure.
Pour Malik et Chanelle, ce fut un mardi.
Et ce fut stupide.
Terriblement stupide.
Malik devait rentrer à vingt heures.
À vingt-deux heures trente, aucune nouvelle.
Chanelle avait préparé le souper.
Puis attendu.
À vingt-trois heures quinze, Malik entra.
— Hey.
Chanelle était sur le canapé.
— Salut.
Un mot.
Malik comprit.
— Merde.
— Oui.
— J'ai complètement oublié de t'écrire.
— J'avais compris.
— Réunion avec le staff, ensuite traitement, ensuite—
— Malik.
Il s'arrêta.
— Je ne te demande pas de justifier pourquoi tu travailles.
— Je sais.
— Je te demande vingt secondes.
Elle leva son téléphone.
— « Je serai en retard. Mange sans moi. »
Malik hocha la tête.
— T'as raison.
Chanelle avait préparé toute une argumentation.
Elle resta bloquée.
— Quoi?
— T'as raison.
— Tu vas pas te défendre?
— Contre quoi? J'ai merdé.
Elle le regarda.
— C'est agaçant.
— Pourquoi?
— J'étais prête à être fâchée pendant au moins vingt minutes.
Malik sourit.
— Tu peux continuer si tu veux.
— Non.
— Tu veux que je sorte et que je recommence?
Elle tenta de rester sérieuse.
Échec.
— Idiot.
Malik s'approcha.
— Désolé.
— Je sais que ta saison est importante.
— Toi aussi.
Cette phrase effaça le reste.
Chanelle posa son front contre son torse.
— Alors texte-moi.
— Promis.
— Même trois mots.
— Promis.
Elle leva les yeux.
— Et ton souper est froid.
— Ça se réchauffe.
— Tes légumes seront mous.
Malik fit une grimace horrifiée.
— Là, tu vas trop loin.
Elle éclata de rire.
Première dispute.
Six minutes.
Le lendemain, le groupe entier était au courant.
Évidemment.
?
7 — LE TAPIS ROUGE
Janvier apporta les galas.
Et les galas apportèrent une version de Chanelle que Malik adorait observer.
Non pas simplement parce qu'elle était magnifique.
Mais parce qu'elle changeait complètement d'énergie lorsqu'elle descendait d'une voiture devant une rangée de photographes.
Épaules en arrière.
Menton légèrement relevé.
Regard assuré.
Elle devenait presque impériale.
Pour une grande soirée sportive, Chanelle choisit l'argent.
Une longue robe métallisée sculptant sa silhouette, largement décolletée, avec découpes travaillées à la taille.
Escarpins argentés.
Bijoux lumineux.
Manucure chrome.
Malik la découvrit en bas de l'escalier.
Et ne dit rien.
Chanelle descendit deux marches.
— Alors?
Silence.
— Malik?
— Attends.
— Quoi?
— J'essaie de trouver quelque chose d'intelligent.
Elle sourit.
— Ça risque d'être long.
— Très drôle.
Elle arriva devant lui.
Malik la regarda encore.
— Wow.
Chanelle éclata de rire.
— Tout ce temps pour « wow »?
— J'avais prévenu.
Elle ajusta son veston.
— Toi aussi, t'es beau.
— Juste beau?
— Très beau.
— Mieux.
Elle passa son bras autour du sien.
Puis, avant de sortir :
— Malik?
— Hmm?
— Tu réalises qu'il y a six mois je n'aurais jamais imaginé ma vie comme ça?
Il la regarda.
— Moi non plus.
— Et ça te fait peur?
Malik réfléchit.
— Un peu.
Chanelle sembla surprise.
— Vraiment?
— Les choses importantes font peur.
Elle resta silencieuse.
Puis serra son bras.
— Bonne réponse, Carter.
?
8 — LE MONDE COMMENCE À CONNAÎTRE CHANELLE
Au départ, elle était « la femme mystérieuse avec Malik Carter ».
Puis :
« La nouvelle copine de Carter. »
Ensuite :
« Chanelle ».
Simplement Chanelle.
Les photographes la reconnaissaient.
Les comptes de mode commentaient ses tenues.
Les réseaux comparaient ses looks de match.
Certains l'adoraient.
D'autres non.
Et Chanelle découvrit rapidement une vérité d'Internet :
Tout le monde avait une opinion.
Un soir, Malik la trouva silencieuse devant son téléphone.
— Quoi?
— Rien.
Il tendit la main.
— Donne.
— Malik...
— Chanelle.
Elle lui montra.
Commentaires.
Certains gentils.
Certains cruels.
Malik lut quelques lignes.
Sa mâchoire se contracta.
— Arrête de lire ça.
— Facile à dire.
— Pourquoi l'opinion d'un gars appelé BasketballKing69420 t'intéresse?
Chanelle éclata malgré elle de rire.
— C'est pas drôle.
— C'est littéralement son nom.
Elle reprit son téléphone.
— Je sais.
Malik s'assit.
— Regarde-moi.
Elle le fit.
— Moi, je te connais.
Il désigna le téléphone.
— Eux connaissent une photo.
Chanelle resta silencieuse.
— Jade te connaît. Naomi te connaît. Sofia. Elena. Les gars. Moi.
Il prit doucement sa main.
— Les gens qui comptent connaissent Chanelle.
Elle posa le téléphone.
— Tu deviens bon.
— À quoi?
— À savoir quoi dire.
Malik sourit.
— Black card.
Elle le poussa.
— Connard.
Ils rirent.
Le téléphone resta retourné sur la table.
?
9 — COACHELLA
Lorsque leur calendrier permit enfin une véritable escapade de groupe, Chanelle annonça la destination avant même que les hommes puissent discuter.
— Coachella.
Trey leva un sourcil.
— Est-ce qu'on vote?
— Non.
— Alors pourquoi sommes-nous ici?
— Pour recevoir l'information.
Jamal éclata de rire.
Darius regarda Malik.
— Elle dirige vraiment tout maintenant?
Malik buvait tranquillement.
— J'ai arrêté de lutter.
Chanelle lui envoya un baiser.
— Homme intelligent.
Et quelques semaines plus tard, ils y étaient.
Pour Chanelle, Coachella signifiait Bohème de luxe.
Ensemble champagne légèrement scintillant, top travaillé laissant le ventre libre, jupe courte asymétrique ornée de franges, sandales hautes lacées autour des jambes, lunettes de soleil et bijoux dorés.
Lorsque Chanelle sortit, Malik la regarda.
— Combien de temps ça t'a pris?
— Pour?
— Choisir ça.
— Trois semaines.
Malik resta bouche ouverte.
— Trois semaines?!
— J'avais sept options.
— C'est un festival.
— Exactement.
— On va être dans la poussière.
Chanelle mit ses lunettes.
— La poussière peut être glamour.
Darius, derrière eux :
— Malik.
— Quoi?
— Ne cherche plus à comprendre.
Malik soupira.
— Merci.
Pendant trois jours, ils oublièrent presque le basketball.
Ils dansèrent.
Ils mangèrent n'importe quoi.
Ils prirent des centaines de photos.
Trey perdit ses lunettes.
Jade les retrouva sur sa propre tête.
Jamal prétendit pendant deux heures qu'il connaissait personnellement un DJ qu'il n'avait jamais rencontré.
Et Malik dansa.
Mal.
Très mal.
Chanelle filma.
— Supprime ça.
— Jamais.
— Chanelle.
— Ça va à ton mariage.
Malik s'immobilisa.
Chanelle aussi.
Le mot était sorti naturellement.
Mariage.
Elle baissa légèrement son téléphone.
— Je voulais dire...
Malik sourit.
— J'avais compris.
— Okay.
Il se rapprocha.
— Mais garde la vidéo.
— Pourquoi?
— Apparemment elle pourrait servir un jour.
Et il repartit.
Chanelle resta immobile.
— MALIK CARTER!
Il éclata de rire sans se retourner.
?
10 — LA COURSE AU SOMMET
Février.
Mars.
Avril.
Les victoires s'accumulèrent.
Les Lakers passèrent deuxièmes.
Puis premiers.
Malik continua.
Trente points.
Quarante.
Triple-double.
Double-double.
Match gagnant.
Passe décisive.
Défense.
Leadership.
Et progressivement, le mot MVP cessa d'être une curiosité.
Il devint une véritable conversation.
À la télévision :
MALIK CARTER PEUT-IL REMPORTER LE MVP?
Sur les réseaux :
CARTER VS...
Dans l'aréna :
M-V-P!
La première fois que le public lança le chant, Chanelle sentit quelque chose lui traverser tout le corps.
— M-V-P!
— M-V-P!
— M-V-P!
Malik était sur la ligne des lancers francs.
Il baissa légèrement la tête.
Puis sourit.
Dans la loge, Chanelle avait les mains contre sa bouche.
Naomi posa une main sur son épaule.
— Regarde-le.
Chanelle avait les yeux brillants.
— Je regarde.
Malik réussit le premier lancer.
Le chant reprit.
Plus fort.
M-V-P!
Deuxième lancer.
Dedans.
Malik recula en défense.
Puis leva brièvement les yeux.
Vers elle.
Chanelle posa une main contre son cœur.
Il fit exactement la même chose.
Une seconde.
Personne d'autre n'aurait compris.
Eux oui.
?
11 — ELLE N'ÉTAIT PLUS UNE INVITÉE
Un matin, Chanelle cherchait une paire de boucles d'oreilles.
— Malik!
— Quoi?!
— T'as vu mes boucles dorées?!
— Lesquelles?!
— Les petites!
— T'en as cinquante!
— LES PETITES AVEC LE CŒUR!
Silence.
Puis Malik cria depuis le dressing :
— DEUXIÈME TIROIR À GAUCHE!
Chanelle s'arrêta.
Elle entra dans le dressing.
Malik lui tendait les boucles.
— Voilà.
Elle ne les prit pas.
— Quoi?
— Tu savais où elles étaient.
— Oui.
— Pourquoi?
— Parce que tu les ranges toujours là.
Elle le regarda.
Malik fronça les sourcils.
— Pourquoi tu me regardes comme ça?
— Rien.
Elle prit les boucles.
Puis sourit.
Ce n'était pas rien.
Elle regarda autour d'elle.
Ses robes.
Ses chaussures.
Ses sacs.
Ses produits.
Ses bijoux.
Ses vêtements de sport.
Ses pyjamas.
Ses parfums.
Tout était mélangé aux affaires de Malik.
Il n'y avait plus « son côté ».
Plus vraiment.
C'était leur dressing.
Le soir même, Chanelle remarqua autre chose.
Sur la table près de l'entrée se trouvait une nouvelle clé.
Avec un petit porte-clés violet.
Elle la prit.
— Malik?
— Ouais?
— C'est quoi?
Il apparut.
— Ta clé.
— J'avais déjà accès.
— Avec le code.
— Et?
Il haussa les épaules.
— Maintenant t'as une clé.
Chanelle le regarda longuement.
— C'est symbolique?
Malik sembla soudain embarrassé.
Ce géant de six pieds huit.
Candidat MVP.
Terrifié par une clé.
— Peut-être.
Chanelle s'approcha.
— Malik.
— Hmm?
— Merci.
Elle l'embrassa.
Et cette petite clé violette devint probablement le cadeau le moins cher qu'il lui avait jamais offert.
Mais certainement l'un des plus précieux.
?
12 — LES FILLES
Chanelle avait aussi changé grâce à elles.
Jade.
Naomi.
Sofia.
Elena.
Elles n'étaient plus « les femmes des gars ».
Elles étaient ses amies.
Ses vraies amies.
Leurs sorties étaient devenues régulières.
Un 5 à 7 : Chanelle en top noir structuré et mini-jupe beige.
Cocktail : ensemble framboise satiné.
Restaurant : robe noire courte, décolleté plongeant et pochette noire.
Danse : ensemble violet brillant.
Brunch : top blanc noué et short rose.
Nightclub : parfois le fameux Club Queen, corset noir, mini-jupe noire et hautes bottes.
Chaque tenue exprimait une facette différente de la même femme.
Mais ce qui importait désormais à Chanelle n'était plus uniquement la photo avant de partir.
C'était ce qui arrivait après.
Les conversations.
Les confidences.
Les fous rires.
Les « t'es où? » à minuit.
Les « texte quand t'es rentrée ».
Les lendemains.
Un soir, les cinq étaient sur un rooftop.
Jade leva son verre.
— Question.
— Oh non, répondit Sofia.
— Dans dix ans, on fait quoi?
Naomi réfléchit.
— Pourquoi dix?
— Parce que cinq c'est trop proche et vingt me déprime.
Elena sourit.
— Probablement exactement ça.
— Quoi?
Elle désigna la table.
— Ensemble.
Silence.
Chanelle regarda les quatre femmes.
Quelques mois.
Seulement quelques mois.
Et pourtant...
— J'espère, dit-elle.
Naomi sourit.
— Moi aussi.
Les verres se levèrent.
Cette fois, personne ne fit de blague.
?
13 — MALIK ET CHANELLE, SANS PERSONNE
Malik avait compris quelque chose.
Les plus belles soirées avec Chanelle n'étaient pas toujours celles où elle portait une robe à dix mille dollars.
Parfois, c'était simplement un mardi.
Elle en pantalon de détente.
Lui en short.
Deux plats de pâtes.
Un film qu'aucun des deux ne regardait réellement.
— Tu dors? demanda Malik.
— Non.
— Tu ronfles.
Chanelle ouvrit immédiatement les yeux.
— Je ne ronfle pas.
— Tu ronflais.
— Mensonge.
— Petit ronflement.
— Malik.
— Très mignon.
— Je vais rentrer chez moi.
Il regarda autour.
— Bonne chance.
Chanelle comprit.
Elle lui lança un coussin.
— Connard!
Malik éclata de rire.
Elle tenta de récupérer le coussin.
Il l'attrapa.
Elle se retrouva contre lui.
Puis le rire disparut doucement.
Ils se regardèrent.
Chanelle posa sa tête contre son épaule.
— Je suis bien ici.
Malik caressa ses cheveux.
— Moi aussi.
Quelques secondes.
Puis Chanelle murmura :
— Tu sais ce qui est bizarre?
— Quoi?
— Avant toi, je pensais que tomber amoureuse serait... spectaculaire.
Malik ne bougea plus.
Le mot venait d'être prononcé.
Amoureuse.
Chanelle le réalisa une demi-seconde trop tard.
Elle releva lentement la tête.
Malik la regardait.
— Chanelle.
Son cœur accéléra.
— Quoi?
— Répète.
— Non.
— Chanelle.
— T'as entendu.
— Je veux l'entendre encore.
Elle hésita.
Puis elle inspira.
— Je pense que je suis tombée amoureuse de toi.
Silence.
Malik la regarda longtemps.
Trop longtemps.
Chanelle sentit la panique arriver.
— Tu pourrais dire quelque—
— Je t'aime.
Tout s'arrêta.
Chanelle cligna des yeux.
— Quoi?
— Je t'aime.
Il sourit.
— Je savais juste pas quand le dire.
Les yeux de Chanelle se remplirent.
— Espèce d'idiot.
— Pourquoi?
— Parce que maintenant je pleure.
— C'est mauvais?
— Non.
Elle l'embrassa.
Puis encore.
— Je t'aime aussi.
Cette soirée n'eut aucun photographe.
Aucune robe.
Aucune limousine.
Aucun événement.
Et elle devint malgré tout l'une des soirées les plus importantes de leur histoire.
?
14 — LES CINQ FRÈRES
La relation entre les hommes avait elle aussi évolué.
Darius était devenu celui qu'on appelait lorsqu'il fallait remettre quelqu'un dans le droit chemin.
Andre, celui qui observait énormément et parlait peu, mais dont une phrase pouvait parfois régler une discussion entière.
Jamal était le protecteur.
Trey, le chaos.
Et Malik?
Malik était devenu leur point d'ancrage.
Un soir après une défaite difficile, les cinq restèrent dans le vestiaire.
Personne ne parlait.
Ils venaient de perdre un match qu'ils auraient dû gagner.
Malik était assis devant son casier.
Darius brisa le silence.
— On est encore premiers.
Malik secoua la tête.
— On a joué comme de la merde.
— Oui.
— Moi le premier.
Trey leva les yeux.
— Tu mets trente-deux.
— Et six turnovers.
Andre répondit :
— Alors demain on corrige.
Malik regarda les quatre hommes.
Quelques mois plus tôt, ils étaient ses coéquipiers.
Maintenant?
— On va aller chercher ce truc ensemble.
Jamal tendit la main.
— Ensemble.
Darius posa la sienne.
Andre.
Trey.
Malik termina.
— Fatal 5.
Cinq mains.
Une saison.
Un objectif.
?
15 — LA PRESSION
Plus le dernier mois approchait, plus Malik changeait.
Pas beaucoup.
Mais Chanelle le remarquait.
Il parlait moins certains soirs.
Regardait davantage de vidéo.
Dormait parfois difficilement.
Un soir, elle le trouva seul dans la salle de projection.
Match arrêté sur écran.
— Malik?
— Hmm?
— Il est deux heures.
— Je sais.
Elle descendit.
Ensemble de détente gris.
Pieds nus.
Elle s'assit à côté de lui.
— Qu'est-ce que tu regardes?
— Rien.
— Mensonge.
Malik soupira.
— Le dernier quart.
Chanelle regarda l'écran.
— Vous avez gagné.
— J'ai raté trois rotations.
Elle appuya sur pause.
— Hey.
— Chanelle...
— Regarde-moi.
Il obéit.
— Tu n'es pas une machine.
— Je sais.
— Non.
Elle posa sa main sur la sienne.
— Tu le dis. Mais tu ne le crois pas.
Silence.
— Tout le monde parle du MVP, poursuivit-elle. Tout le monde parle de la première place. Des playoffs. Des stats. De ce que tu dois faire.
Malik baissa les yeux.
— Et si je foire?
Voilà.
La vraie question.
Chanelle se rapprocha.
— Alors tu rentreras ici.
Malik la regarda.
— Et?
— Et je serai là.
Elle haussa les épaules.
— On commandera quelque chose. Tu seras probablement insupportable pendant vingt-quatre heures. Je te laisserai bouder. Puis tu retourneras travailler.
Un sourire apparut.
— C'est ton plan?
— Oui.
— Très sophistiqué.
— Je sais.
Elle posa sa tête contre lui.
— Mais si tu réussis...
— Hmm?
— Je serai là aussi.
Malik éteignit l'écran.
— Viens.
— Où?
— Dormir.
Pour la première fois depuis plusieurs heures, le basketball disparut.
?
16 — PREMIERS
Trois matchs avant la fin.
Le classement devint officiel.
LOS ANGELES — 1er
Le téléphone de Chanelle explosa.
Fatal 5.
Les filles.
Les gars.
Photos.
Champagne.
Emojis.
Malik lui envoya seulement deux mots.
On l'a.
Chanelle répondit :
Première étape. <3
Malik :
Exactement.
Puis une autre notification.
Un analyste national publiait son classement final provisoire pour le MVP.
1 — Malik Carter
Chanelle fixa l'écran.
Son cœur se serra.
Elle fit une capture.
Puis hésita.
Elle ne l'envoya pas.
Malik savait.
Tout le monde savait.
Il n'avait pas besoin d'une pression supplémentaire.
Alors Chanelle ouvrit plutôt leur conversation.
Chanelle : Tu veux quoi pour souper?
Réponse :
Malik : tacos
Elle sourit.
Chanelle : MVP et tu veux des tacos.
Pause.
Malik : :'D tu avais vu
Chanelle : évidemment
Malik : n'en parle pas
Chanelle : Je sais.
Puis :
Chanelle : Mais je suis fière de toi.
Longue pause.
Malik : <3
?
17 — LA VEILLE
Un match.
Il ne restait qu'un match de saison régulière.
La maison était étrangement silencieuse.
Pas de Fatal 5.
Pas de filles.
Pas de musique forte.
Pas de fête.
Chanelle avait volontairement tout annulé.
Ce soir appartenait à Malik.
Et à elle.
Elle descendit l'escalier vêtue de l'un de ses ensembles les plus simples.
Petit haut blanc.
Pantalon confortable.
Cheveux détachés.
Pas de talons.
Malik était dehors, près de la piscine.
Elle le rejoignit.
— Tu réfléchis?
— Un peu.
— Mauvais signe.
— Très drôle.
Chanelle s'assit près de lui.
La ville brillait au loin.
Pendant quelques minutes, ils ne parlèrent pas.
Puis Malik demanda :
— Tu réalises que demain c'est le dernier?
— De la saison régulière.
— Ouais.
— Après, ça devient sérieux.
— Très sérieux.
Silence.
— T'as peur? demanda Chanelle.
Malik réfléchit.
— Non.
Puis :
— Oui.
Elle sourit.
— Meilleure réponse.
Il regarda la piscine.
— J'ai passé toute ma vie à vouloir ça.
— Je sais.
— Première place. MVP peut-être. Une vraie chance d'aller jusqu'au bout.
Il secoua légèrement la tête.
— Et pourtant...
— Quoi?
Malik tourna son regard vers elle.
— C'est pas ce que je retiens de cette année.
Chanelle fronça les sourcils.
— Comment ça?
— Je retiens le casino.
Elle sourit.
— Oh non.
— Je retiens cette fille qui me regardait comme si elle avait déjà décidé que j'étais foutu.
— C'était probablement le cas.
— Je retiens notre premier rendez-vous.
Il prit sa main.
— Je retiens la première fois où j'ai commencé à chercher quelqu'un dans les gradins.
Chanelle sentit sa gorge se serrer.
— Malik...
— Je retiens une veste avec mon nom.
Il joua avec ses doigts.
— Je retiens que six tiroirs sont soudainement devenus douze.
Chanelle rit.
— Ils ne sont pas douze.
— Quinze?
— Continue ton discours.
Il sourit.
Puis redevint sérieux.
— Je retiens que ma maison a changé.
Pause.
— Et que moi aussi.
Chanelle le regardait sans parler.
— Demain, je peux mettre cinquante points.
Il haussa les épaules.
— Ou dix.
— Tu ne mettras pas dix.
Malik éclata de rire.
— Merci pour la confiance.
— Je suis réaliste.
Il reprit.
— Je peux gagner le MVP. Je peux le perdre.
Cette fois, il serra sa main.
— Mais ça...
Il désigna leurs mains.
— Ça, je veux pas le perdre.
Chanelle sentit une larme descendre.
— Malik Carter, si tu continues, je vais ruiner mon mascara.
— T'en portes presque pas.
— C'est une question de principe.
Il essuya doucement sa joue.
Chanelle posa ensuite sa main contre son visage.
— Tu veux savoir ce que moi je retiens?
— Ouais.
— Un géant beaucoup trop sûr de lui.
— Faux.
— Une Lamborghini noire complètement ridicule.
— Magnifique.
— Une maison beaucoup trop grande.
— Encore faux.
— Une Black Card qui a fait des dégâts considérables.
— Ça, c'est vrai.
Ils rirent.
Puis Chanelle poursuivit.
— Je retiens cinq gars qui sont devenus des frères.
— Hmm.
— Quatre femmes qui sont devenues mes meilleures amies.
Elle regarda la maison.
— Un endroit où je pensais être invitée...
Puis Malik.
— ...et qui est devenu chez moi.
Il ne dit rien.
Chanelle se rapprocha.
— Mais surtout, je retiens toi.
Malik posa son front contre le sien.
— Je t'aime.
— Je t'aime aussi.
Long silence.
La ville continuait de vivre autour d'eux.
Quelque part, les médias débattaient encore du MVP.
Les supporters parlaient du classement.
Les analystes calculaient les scénarios des playoffs.
Des millions de personnes attendaient de voir ce que Malik Carter ferait demain.
Mais ce soir-là...
Malik n'était pas le candidat MVP.
Il n'était pas la vedette des Lakers.
Il n'était pas le numéro 18.
Il était simplement Malik.
L'homme dont Chanelle était tombée amoureuse.
Et Chanelle n'était pas la femme des tapis rouges.
Pas la fille aux robes provocantes.
Pas celle dont Internet commentait chaque tenue.
Elle était simplement Chanelle.
La femme qu'il aimait.
Malik regarda finalement l'heure.
23 h 47.
— On devrait dormir.
Chanelle acquiesça.
Ils se levèrent.
Puis Malik s'arrêta devant la porte.
Il regarda une dernière fois la ville.
— Chanelle?
— Oui?
— Demain...
Elle attendit.
Malik sourit.
— Mets la veste.
Elle savait exactement laquelle.
Violet.
Or.
CARTER
18
Chanelle sourit.
— Évidemment.
Ils entrèrent.
La porte se referma derrière eux.
Demain, l'aréna serait plein.
Demain, le Fatal 5 serait réuni.
Demain, les filles reprendraient leur place dans la loge.
Demain, Chanelle enfilerait ses talons, ses bijoux, ses couleurs violet et or et cette veste devenue le symbole de toute une saison.
Demain, Malik Carter jouerait le dernier match de saison régulière de la plus grande saison de sa carrière.
Peut-être celle d'un MVP.
Mais cela appartenait à demain.
Cette nuit-là, il n'y avait aucun classement.
Aucune statistique.
Aucun trophée.
Seulement une immense maison de Los Angeles qui n'était désormais plus celle de Malik.
C'était leur maison.
Et après des mois passés à courir derrière quelque chose...
Malik et Chanelle avaient finalement compris qu'ils l'avaient peut-être déjà trouvé.
L'un dans l'autre.
FIN DU CHAPITRE
À suivre — Le dernier match
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Chapitre 18 · La fin et le début du futur
Chanelle et Malik ont traversé une saison entière côte à côte — les victoires, les doutes d'après-match, la pression des grands soirs. Maintenant que les projecteurs se sont allumés sur eux deux, quelque chose de plus grand encore se prépare. Entre le bruit des arénas et la chaleur de leurs amis, une question plane — celle qui changerait tout. Est-on prêt à laisser une histoire devenir une vie ?
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