Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Celle que je devais devenir — Chapitre 11 · Une place pour Chanelle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Celle que je devais devenir
Chapitre 11 · Une place pour Chanelle
Le réveil fut particulièrement lent ce jour-là.
Après la nuit complètement déjantée qu'elle venait de vivre, Chanelle avait profité de quelque chose qu'elle ne s'accordait presque jamais : une véritable grasse matinée.
Lorsqu'elle ouvrit finalement les yeux, la lumière de Los Angeles traversait déjà largement les rideaux de la chambre. Pendant quelques secondes, elle resta immobile, encore à moitié endormie, essayant presque de se rappeler où elle était.
Puis elle regarda autour d'elle.
La chambre de Malik.
Los Angeles.
La veille.
Un sourire se dessina immédiatement sur son visage.
— Seigneur... quelle semaine...
Malik, lui, était debout depuis longtemps.
Avec un autre match prévu le soir même, sa journée était beaucoup moins tranquille. Réunion d'équipe, préparation physique, traitement, séance vidéo, échauffement : il devait rejoindre l'aréna plusieurs heures avant le début de la rencontre.
Lorsqu'il revint dans la chambre, complètement prêt à partir, il trouva Chanelle assise sur le bord du lit.
— Alors, ma chérie... tu viens au match ce soir ou tu préfères l'écouter ici à la télé ?
Chanelle releva la tête vers lui.
— Oh non. Je veux venir. Maintenant que j'ai vu un match sur place, tu ne réussiras plus à me faire regarder ça dans ton salon.
Malik éclata de rire.
— C'est ce que je pensais.
Chanelle fit cependant une petite grimace.
— J'ai juste un problème.
— Quoi ?
Elle désigna les quelques vêtements qu'elle avait apportés avec elle.
— Je n'ai pratiquement rien ici. Certainement rien pour faire une autre soirée comme hier.
Malik la regarda quelques secondes avant de sortir quelque chose de sa poche et de le déposer devant elle.
Des clés.
Puis une carte noire.
Chanelle regarda d'abord les clés.
Puis la carte.
Puis Malik.
— Malik...
— Quoi ?
— C'est ta Black Card ?
— Oui.
— Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ?
Il haussa tranquillement les épaules.
— Parce que tu vas aller magasiner.
— Avec ta carte ?
— Chanelle...
Il vint se placer devant elle.
— Après hier soir, je peux bien te gâter un peu. Et avant que tu commences à te faire des idées : non, je n'essaie pas de t'acheter. Je suis simplement comme ça avec les gens qui comptent pour moi. J'aime gâter mes proches.
Cette dernière phrase fit davantage réagir Chanelle que la carte elle-même.
Les gens qui comptent pour moi.
Elle baissa brièvement les yeux vers la carte.
— Tu réalises quand même que tu viens de donner une Black Card à une fille qui adore les vêtements, les chaussures et les bijoux ?
— Je prends le risque.
— Courageux.
— Et puis...
Malik prit un ton presque absurdement détaché.
— J'ai reçu un appel du GM ce matin. Mon nouveau contrat est prêt.
Chanelle leva immédiatement les yeux.
— Sérieux ?
— Je signe aujourd'hui.
— Et ?
Malik eut un petit sourire.
— Je pense que je ne suis pas près de quitter Los Angeles.
— Combien d'années ?
— Cinq.
— Wow. Félicitations ! Et combien ?
— Trente-neuf millions par année.
Silence.
Chanelle le fixa.
— Pardon ?
— Trente-neuf.
— Millions ?
— Par année.
Elle cligna plusieurs fois des yeux.
— Malik Carter...
Il riait maintenant franchement devant son expression.
— Et normalement, lorsque je signe aujourd'hui, mon bonus devrait largement couvrir ta journée de magasinage.
Chanelle croisa les bras.
— Attends. Il est de combien, ton bonus ? Si tu veux me le dire, évidemment.
Malik ramassa son téléphone.
— Vingt et un millions.
Puis, comme s'il venait simplement d'annoncer qu'il avait trouvé vingt dollars dans une vieille veste, il tourna les talons et partit vers la cuisine.
Chanelle resta bouche bée.
— VINGT ET UN MILLIONS ?
De la cuisine, elle entendit :
— Ouais !
— ET TU DIS ÇA COMME SI TU VENAIS DE RECEVOIR UN COUPON-RABAIS ?
Le rire de Malik résonna dans la maison.
Quelques minutes plus tard, Chanelle le rejoignit.
Elle avait encore les clés dans une main et la carte dans l'autre.
— Sérieusement, Malik... merci. Pas juste pour ça.
Elle souleva légèrement la carte.
— Pour tout. Tu m'accueilles chez toi alors qu'on se connaît depuis tellement peu de temps. Tu me fais sentir incroyablement bien ici.
Cette fois, Malik ne plaisanta pas.
— Ça me fait plaisir que tu sois là.
Chanelle regarda alors les clés.
— Bon. Question importante. C'est quoi, la voiture ?
— Tu verras.
— Malik.
— Ma deuxième voiture. Rien de bien extravagant.
Elle plissa les yeux.
— Avec toi, cette phrase m'inquiète énormément.
— Tu trouveras.
Il regarda ensuite l'heure.
— Pour ce soir, sois prête à dix-huit heures. Un Uber viendra te chercher ici et t'amènera directement à l'aréna. Après le match, on revient ensemble.
— Parfait.
Malik regarda son téléphone.
— Bon, il est déjà quatorze heures. Je dois vraiment partir.
Il s'approcha, passa une main autour de sa taille et l'embrassa.
— Amuse-toi.
— Tu vas regretter ces mots-là.
— J'en doute.
— On verra.
Puis Malik quitta la maison.
Et soudain, le silence.
Seule chez Malik
Chanelle demeura quelques instants au milieu du salon.
Seule.
Chez Malik.
Elle contempla l'immense maison et sentit quelque chose d'étrange monter en elle.
Une semaine.
Il avait suffi d'une semaine pour que sa vie prenne une direction qu'elle n'aurait jamais imaginée.
Quelques jours auparavant, Malik Carter n'existait même pas dans son univers.
Maintenant, elle se réveillait dans son lit, vivait temporairement dans sa maison de Los Angeles et tenait les clés de l'une de ses voitures dans une main et sa carte bancaire dans l'autre.
Son téléphone vibra.
Malik <3
Elle ouvrit immédiatement le message.
« Je suis arrivé à l'aréna. Je veux que tu achètes le linge que tu veux. Et en plus, ce matin pendant que tu dormais, je t'ai vidé la commode de gauche dans le walk-in de ma chambre. Tu peux mettre tes trucs là. J'ai aussi mis des cintres si tu en as besoin. Bien sûr, seulement si tu veux bien t'installer... »
Chanelle relut le message.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Elle retourna lentement dans la chambre et ouvrit le walk-in.
Effectivement.
Toute une section était vide.
Des tiroirs.
Une partie de la penderie.
Des cintres neufs.
Il lui avait fait une place.
Une vraie place.
Chanelle passa doucement les doigts sur les cintres avant de prendre son téléphone.
Chanelle :
« Parfait... alors je crois que je vais devoir informer mon université que je vais faire mes cours à distance pour le moment, à moins que tu prévoies me jeter dehors bientôt ahahah :-* »
« Parfait... alors je crois que je vais devoir informer mon université que je vais faire mes cours à distance pour le moment, à moins que tu prévoies me jeter dehors bientôt ahahah :-* »
La réponse arriva presque immédiatement.
Malik :
« J'ai vidé une commode entière. Ça serait beaucoup de travail pour rien si je comptais te mettre dehors demain :'D »
« J'ai vidé une commode entière. Ça serait beaucoup de travail pour rien si je comptais te mettre dehors demain :'D »
Chanelle sourit.
Chanelle :
« Donc officiellement j'ai un territoire chez toi maintenant ? »
« Donc officiellement j'ai un territoire chez toi maintenant ? »
Malik :
« Une commode et une section du walk-in. N'abuse pas. »
« Une commode et une section du walk-in. N'abuse pas. »
Chanelle :
« Trop tard. Dans trois jours tes souliers vont être dans le garage. »
« Trop tard. Dans trois jours tes souliers vont être dans le garage. »
Malik :
« :'D:'D:'D »
« :'D:'D:'D »
Chanelle :
« Et après ça je vais coloniser ta salle de bain. »
« Et après ça je vais coloniser ta salle de bain. »
Malik :
« Là on va devoir négocier. »
« Là on va devoir négocier. »
Chanelle :
« Aucune négociation. Je pars faire les magasins. Dernière question importante : ta carte a une limite ? Ahahahah »
« Aucune négociation. Je pars faire les magasins. Dernière question importante : ta carte a une limite ? Ahahahah »
Quelques secondes passèrent.
Puis :
Malik :
« Oui. Ta capacité à tout ramener dans la voiture. Bonne chance. ;-)<3 »
« Oui. Ta capacité à tout ramener dans la voiture. Bonne chance. ;-)<3 »
Chanelle éclata de rire.
— Très mauvaise réponse, monsieur Carter.
« Rien de bien extravagant »
Elle attrapa son sac, ses lunettes de soleil et partit vers le garage.
La porte s'ouvrit.
Chanelle s'arrêta net.
— Oh... espèce de menteur.
La Lamborghini de Malik était là.
Mais à côté se trouvait sa fameuse « deuxième voiture ».
Une McLaren.
Basse, agressive, spectaculaire, dans une configuration assortie à la Lamborghini de Malik, comme si les deux voitures avaient été commandées pour former une paire.
Chanelle tourna lentement autour.
— Rien de bien extravagant, hein ?
Elle prit une photo et l'envoya à Malik.
Chanelle :
« T'es vraiment un imbécile :'D C'EST ÇA ta petite deuxième voiture pas extravagante ??? »
« T'es vraiment un imbécile :'D C'EST ÇA ta petite deuxième voiture pas extravagante ??? »
La réponse arriva :
Malik :
« Elle a quatre roues et elle roule. Je ne vois pas le problème. »
« Elle a quatre roues et elle roule. Je ne vois pas le problème. »
— Insupportable...
Mais Chanelle souriait de toutes ses dents.
Quelques minutes plus tard, la McLaren quittait la propriété.
Et Chanelle avait une mission.
Refaire pratiquement toute sa garde-robe de Los Angeles.
La grande virée
Elle décida d'être méthodique.
Enfin...
Aussi méthodique qu'une femme munie d'une Black Card sans limite raisonnable pouvait l'être.
Son objectif était de créer environ dix ensembles complets.
Pas simplement dix robes.
Dix looks.
Pour chacun, elle voulait déjà savoir quels sous-vêtements porter, quels souliers, quel sac, quels bijoux et quel maquillage utiliser.
Look nº1 — Soirée noire.
Une robe noire courte parfaitement ajustée, décolleté élégant mais audacieux, avec lingerie noire coordonnée, escarpins noirs très hauts, petite pochette structurée et bijoux dorés minimalistes. Le genre de tenue capable de fonctionner aussi bien dans un restaurant cinq étoiles que dans une soirée privée.
Une robe noire courte parfaitement ajustée, décolleté élégant mais audacieux, avec lingerie noire coordonnée, escarpins noirs très hauts, petite pochette structurée et bijoux dorés minimalistes. Le genre de tenue capable de fonctionner aussi bien dans un restaurant cinq étoiles que dans une soirée privée.
Look nº2 — Rouge fatal.
Une mini-robe rouge profond cintrée à la taille, lingerie assortie, talons noirs vernis et petites boucles d'oreilles dorées. Chanelle avait immédiatement décidé que celui-là serait réservé à une soirée où elle voulait que Malik ait énormément de difficulté à regarder ailleurs.
Une mini-robe rouge profond cintrée à la taille, lingerie assortie, talons noirs vernis et petites boucles d'oreilles dorées. Chanelle avait immédiatement décidé que celui-là serait réservé à une soirée où elle voulait que Malik ait énormément de difficulté à regarder ailleurs.
Look nº3 — Denim glamour.
Jean taille haute parfaitement ajusté, body satiné crème, veste courte, lingerie nude sans coutures, sandales à talons et sac à main cognac. Plus décontracté, mais toujours extrêmement féminin.
Jean taille haute parfaitement ajusté, body satiné crème, veste courte, lingerie nude sans coutures, sandales à talons et sac à main cognac. Plus décontracté, mais toujours extrêmement féminin.
Look nº4 — La petite robe blanche.
Robe blanche courte et structurée, sandales dorées, lingerie couleur peau, bracelets fins et petit sac crème. Une tenue lumineuse pensée pour les restaurants et les soirées estivales de Los Angeles.
Robe blanche courte et structurée, sandales dorées, lingerie couleur peau, bracelets fins et petit sac crème. Une tenue lumineuse pensée pour les restaurants et les soirées estivales de Los Angeles.
Look nº5 — Rose assumé.
Mini-jupe rose framboise, body noir satiné, lingerie noire, escarpins noirs et bijoux dorés. Très Chanelle : féminin, provocant, assumé, sans tomber dans le déguisement.
Mini-jupe rose framboise, body noir satiné, lingerie noire, escarpins noirs et bijoux dorés. Très Chanelle : féminin, provocant, assumé, sans tomber dans le déguisement.
Look nº6 — Après-midi chic.
Pantalon blanc taille haute, petit haut ajusté couleur champagne, blazer léger, sandales à talons plus modestes et grand sac élégant. Chanelle voulait aussi pouvoir accompagner Malik quelque part sans nécessairement avoir l'air de partir en boîte de nuit.
Pantalon blanc taille haute, petit haut ajusté couleur champagne, blazer léger, sandales à talons plus modestes et grand sac élégant. Chanelle voulait aussi pouvoir accompagner Malik quelque part sans nécessairement avoir l'air de partir en boîte de nuit.
Look nº7 — Bordeaux nocturne.
Robe portefeuille bordeaux arrivant à mi-cuisse, escarpins noirs, lingerie coordonnée, collier fin et pochette noire. Une silhouette plus mature, mais qui mettait merveilleusement ses formes en valeur.
Robe portefeuille bordeaux arrivant à mi-cuisse, escarpins noirs, lingerie coordonnée, collier fin et pochette noire. Une silhouette plus mature, mais qui mettait merveilleusement ses formes en valeur.
Look nº8 — California Girl.
Short en denim haut de gamme, petit haut blanc près du corps, veste légère, sneakers impeccables et lunettes de soleil oversize. Même Chanelle devait parfois accepter de ne pas porter des talons.
Short en denim haut de gamme, petit haut blanc près du corps, veste légère, sneakers impeccables et lunettes de soleil oversize. Même Chanelle devait parfois accepter de ne pas porter des talons.
Look nº9 — Dîner prestigieux.
Une longue robe vert émeraude fendue avec goût, taille très marquée, lingerie adaptée invisible sous le tissu, talons dorés et bijoux plus sophistiqués. Celui-là était destiné aux galas, événements officiels ou soirées liées à la carrière de Malik.
Une longue robe vert émeraude fendue avec goût, taille très marquée, lingerie adaptée invisible sous le tissu, talons dorés et bijoux plus sophistiqués. Celui-là était destiné aux galas, événements officiels ou soirées liées à la carrière de Malik.
Puis vint le dixième.
Celui qui comptait aujourd'hui.
Look nº10 — Game Night
Pour le match de ce soir, Chanelle voulait quelque chose de complètement différent de la veille.
Elle voulait être glamour.
Sexy.
Provocante.
Mais surtout, elle voulait que lorsqu'elle entrerait dans l'aréna, personne ne puisse se demander qui elle était venue voir.
Elle construisit donc le look autour des couleurs de Los Angeles.
Une mini-robe moulante violet profond, confectionnée dans un tissu satiné légèrement brillant qui épousait sa silhouette sans l'écraser. La taille était parfaitement définie et le décolleté suffisamment audacieux pour donner à la tenue son caractère, tandis que la longueur mi-cuisse conservait cette allure de véritable tenue de soirée.
Par-dessus, une veste varsity haut de gamme aux couleurs de l'équipe, portée ouverte.
Mais Chanelle ajouta son détail personnel.
Dans une boutique spécialisée, elle fit personnaliser le dos.
CARTER
Et dessous :
18
Le numéro de Malik.
— Voilà.
Elle se regarda dans le miroir.
— Là, on parle.
Pour les jambes, rien.
Pas de collants.
Elle voulait garder la silhouette nette.
Aux pieds : des escarpins dorés à talons aiguilles, suffisamment spectaculaires pour transformer immédiatement la tenue.
Un petit sac violet à détails dorés complétait l'ensemble.
Pour la lingerie, elle choisit un ensemble parfaitement coordonné et surtout invisible sous la coupe de la robe.
Puis vinrent les bijoux.
Créoles dorées.
Bracelet fin.
Quelques bagues élégantes.
Et une chaîne délicate qui attirait subtilement le regard vers son décolleté.
Sa manucure serait bordeaux-violet avec quelques détails dorés.
Pour le maquillage, Chanelle acheta pratiquement une nouvelle trousse complète.
Fond de teint.
Correcteur.
Poudre.
Palette d'ombres.
Eye-liner.
Mascara.
Faux cils.
Produits pour les sourcils.
Illuminateur.
Contour.
Blush.
Plusieurs rouges à lèvres.
Et pour ce soir, elle choisit immédiatement la combinaison : regard smoky brun-violet, cils très définis, teint lumineux et bouche nude légèrement brillante.
Glamour.
Très glamour.
Elle voulait cependant éviter que tout se batte pour attirer l'attention.
La robe et les chaussures feraient déjà suffisamment de bruit.
L'addition
Après plusieurs heures, Chanelle contempla l'accumulation de sacs.
Elle avait effectivement réussi.
Dix ensembles complets.
Plusieurs ensembles de lingerie.
Dix paires de chaussures ou presque.
Sacs.
Bijoux.
Maquillage.
Produits capillaires.
Quelques vêtements supplémentaires qu'elle n'avait évidemment pas réussi à laisser en magasin.
Et deux achats imprévus dont elle avait décidé qu'ils ne comptaient techniquement pas puisqu'ils n'appartenaient à aucun des dix looks.
Une logique absolument irréprochable selon elle.
Au moment de régler ses derniers achats, elle regarda le montant final.
Ses yeux s'agrandirent.
— Oh...
Elle regarda la Black Card.
Puis de nouveau l'écran.
— Oooooh.
La vendeuse lui demanda :
— Tout va bien ?
Chanelle resta silencieuse deux secondes.
Puis un sourire presque diabolique apparut.
— Parfaitement.
Elle tendit la carte.
Paiement accepté.
Chanelle rangea soigneusement le reçu.
Malik ne saurait rien.
Pas maintenant.
Elle allait lui annoncer le montant après son match.
Et elle voulait voir son visage lorsqu'elle le ferait.
Retour à la maison
Lorsqu'elle reprit la McLaren, Chanelle comprit enfin la véritable limite dont Malik avait parlé.
L'espace.
— Merde.
Il fallut jouer à Tetris avec les sacs.
Le coffre avant fut rempli.
Le moindre espace utilisable dans l'habitacle également.
Chanelle prit finalement une photo de la voiture remplie et l'envoya à Malik.
Chanelle :
« Ta carte a survécu. Ta McLaren beaucoup moins :'D »
« Ta carte a survécu. Ta McLaren beaucoup moins :'D »
Malik ne répondit pas immédiatement.
Il devait probablement être en réunion.
Chanelle reprit donc la route vers la maison.
Lorsqu'elle entra finalement dans le garage, elle regarda l'heure.
Elle devait se dépêcher.
Plusieurs voyages furent nécessaires pour transporter ses achats jusqu'à la chambre.
Puis arriva un moment qui la toucha beaucoup plus qu'elle ne l'aurait imaginé.
Elle entra dans le walk-in.
La section vide que Malik avait préparée quelques heures auparavant était devant elle.
Cette fois, Chanelle commença à la remplir.
Une robe.
Puis une autre.
Les vestes.
Les pantalons.
Les hauts.
Les chaussures parfaitement alignées.
Les tiroirs accueillirent sa lingerie.
Les bijoux trouvèrent leur place.
Son maquillage commença à envahir une section de la salle de bain malgré la prétendue « négociation » de Malik.
Petit à petit, la pièce changeait.
Elle n'avait plus l'air d'être seulement le walk-in de Malik.
Il y avait maintenant une présence féminine évidente.
Une partie de Chanelle existait ici.
Elle recula de quelques pas et observa le résultat.
Son sourire disparut progressivement pour laisser place à une expression beaucoup plus songeuse.
Ce n'était que du linge.
Elle le savait.
Des robes.
Des chaussures.
Quelques tiroirs.
Et pourtant...
Pour quelqu'un qui avait passé une partie de sa vie à chercher où était réellement sa place, voir ses propres robes suspendues à côté des vêtements de Malik avait quelque chose de profondément symbolique.
Son téléphone vibra.
Malik :
« Je viens de voir la photo de la voiture :'D Je commence à penser que j'ai fait une erreur. »
« Je viens de voir la photo de la voiture :'D Je commence à penser que j'ai fait une erreur. »
Chanelle répondit :
« Trop tard. Aucun remboursement. Et je te préviens : tu ne connaîtras pas le montant avant après ton match. Je veux que tu restes concentré :'D »
Quelques secondes plus tard :
Malik :
« Maintenant je vais penser à ça pendant tout le match. »
« Maintenant je vais penser à ça pendant tout le match. »
Chanelle :
« Alors marque beaucoup de points. Tu vas peut-être avoir besoin de ton bonus :'D<3 »
« Alors marque beaucoup de points. Tu vas peut-être avoir besoin de ton bonus :'D<3 »
Elle posa son téléphone.
Puis regarda l'heure.
Presque dix-sept heures.
Son regard se posa sur la robe violette suspendue séparément des autres.
La veste Carter nº18 était juste à côté.
Les escarpins dorés attendaient sous la tenue.
Chanelle sourit.
— Bon...
Elle attrapa sa nouvelle trousse de maquillage.
— Monsieur Carter veut que je sois prête pour dix-huit heures.
Elle regarda son reflet.
Puis la tenue.
— Alors on va lui montrer ce que sa Black Card a financé.
Et pendant qu'à quelques kilomètres de là Malik se préparait à entrer sur le terrain avec un nouveau contrat de près de deux cents millions de dollars qui l'attendait, Chanelle commença tranquillement à se préparer pour sa deuxième soirée dans les gradins de Los Angeles.
Cette fois cependant, quelque chose avait changé.
Hier, elle était venue assister au match de Malik.
Ce soir...
Elle allait entrer dans l'aréna avec CARTER écrit dans son dos.
Et dans le walk-in de sa maison, dix nouvelles tenues attendaient déjà leur prochaine sortie.
18 h 00
La sonnette retentit exactement à dix-huit heures.
Chanelle jeta un dernier regard dans l'immense miroir de la chambre.
Robe violette.
Escarpins dorés.
Bijoux.
Maquillage impeccable.
Et, par-dessus tout ça, cette veste qu'elle avait fait personnaliser quelques heures plus tôt.
Elle se retourna légèrement.
CARTER
18
Elle sourit.
— Bon... maintenant, assume.
Elle descendit, traversa la maison et ouvrit la porte.
Puis s'immobilisa.
— Ah ouais...
Chanelle connaissait Uber.
Elle avait suffisamment utilisé le service à Montréal pour savoir à quoi s'attendre : une berline ordinaire, un VUS, parfois une voiture un peu plus haut de gamme lorsqu'on sélectionnait une catégorie supérieure.
Mais manifestement, Malik n'avait pas exactement la même définition du mot Uber.
Une Rolls-Royce Phantom monochrome attendait devant la propriété.
Longue.
Imposante.
Presque silencieuse.
Les vitres arrière étaient complètement noires, exactement comme celles des voitures de Malik.
Un chauffeur impeccablement vêtu se tenait déjà près de la portière arrière.
— Madame Chanelle ?
Elle eut un petit rire incrédule.
— Oui.
— Bonsoir. Monsieur Carter m'a demandé de vous conduire à l'aréna.
Évidemment.
Monsieur Carter.
Chanelle descendit les quelques marches menant à l'allée.
Le chauffeur lui ouvrit la portière.
Elle posa une main sur le rebord, introduisit un premier pied dans l'habitacle...
Puis s'arrêta.
Quelque chose la poussa à regarder derrière elle.
La maison.
Cette gigantesque propriété de Los Angeles dans laquelle, quelques heures plus tôt, elle avait rangé ses nouvelles robes à côté des vêtements de Malik.
La Lamborghini.
La McLaren qu'elle venait d'utiliser.
Maintenant cette Rolls-Royce qui venait la chercher.
Elle demeura ainsi quelques secondes.
Et une pensée beaucoup plus sérieuse traversa son esprit.
Je pourrais m'habituer à ça.
Non.
Ce n'était même plus exactement ça.
Elle se voyait là.
Elle se voyait rentrer dans cette maison après ses cours.
Elle se voyait attendre Malik lorsqu'il revenait d'un déplacement.
Elle se voyait prendre son café dans cette cuisine.
Elle se voyait remplir progressivement ce walk-in qu'il avait commencé à lui partager.
Elle se voyait vivre cette vie.
Et étrangement, ce n'étaient ni les millions, ni les voitures, ni la maison qui lui donnaient le plus envie de rester.
C'était l'homme qui avait vidé une commode pour elle pendant qu'elle dormait.
— Madame ?
Chanelle revint à elle.
— Désolée.
Elle sourit au chauffeur.
— J'admirais juste la vue.
Elle monta.
La portière se referma doucement derrière elle.
Direction l'aréna.
?
Le trajet lui donna le temps de réaliser à quel point son univers avait changé en quelques jours.
À l'approche de l'aréna, elle remarqua rapidement que le chauffeur ne suivait pas le flot principal des spectateurs.
— On ne passe pas devant ?
— Non, madame.
Il prit une voie beaucoup plus discrète.
— Monsieur Carter a demandé que je vous conduise directement par l'accès réservé aux joueurs et à leurs proches.
Chanelle haussa légèrement un sourcil.
Le chauffeur sourit dans son rétroviseur.
— Ça vous évitera quelques désagréments.
— Lesquels ?
— Disons que monsieur Carter possède un certain nombre d'admiratrices particulièrement... enthousiastes.
Chanelle éclata de rire.
— Ah. Celles-là.
— Exactement. Et avec votre veste, je soupçonne qu'elles comprendraient assez rapidement la situation.
Chanelle regarda instinctivement son reflet dans la vitre.
— Vous pensez qu'elles seraient jalouses ?
— Madame, je conduis régulièrement des joueurs et leurs familles. Je préfère ne pas répondre à cette question si je souhaite conserver mon emploi.
Elle éclata de rire.
— Bonne réponse.
— Et puis l'entrée privée permet également d'éviter certains spectateurs qui ont commencé leur soirée un peu trop tôt. Monsieur Carter tenait à ce que vous puissiez rejoindre votre loge tranquillement.
Cette petite précision fit sourire Chanelle.
Encore une attention.
Encore quelque chose qu'il avait prévu sans même lui en parler.
Lorsque la Phantom s'immobilisa finalement, le chauffeur descendit et vint lui ouvrir.
Chanelle sortit.
— Merci beaucoup.
— Avec plaisir, madame.
Elle ouvrit son sac.
— Pour le paiement...
— Tout est déjà réglé.
— Même--
— Tout, madame.
Chanelle secoua la tête en souriant.
— Évidemment.
— Profitez de votre soirée.
— Merci. Vraiment.
Elle se dirigea vers l'entrée privée.
Quelques minutes plus tard, elle pénétrait dans la loge.
Trois femmes étaient déjà présentes.
Et Chanelle comprit immédiatement qu'elle venait probablement d'entrer dans un petit univers possédant ses propres règles.
— Bonjour...
Les trois regards se tournèrent vers elle.
Chanelle eut soudain beaucoup moins d'assurance qu'au moment où elle avait quitté la maison.
— Salut, répondit la femme vêtue de crème avec un sourire chaleureux.
Chanelle sortit presque instinctivement son téléphone.
« Je suis dans la loge, mon chéri <3 »
La réponse de Malik fut courte.
« J'arrive. »
Chanelle fronça les sourcils.
J'arrive ?
Il avait un match dans quarante-cinq minutes.
Pourtant, moins de cinq minutes plus tard, Malik apparut réellement à l'entrée de la loge.
Le visage de Chanelle s'illumina.
— Tu es sérieux ? Tu es monté ?
— Je voulais te voir.
Il s'approcha d'elle.
Puis son regard descendit sur sa tenue.
La robe.
Les talons.
La veste.
Il contourna même légèrement Chanelle afin de regarder son dos.
CARTER 18.
Lorsqu'il revint devant elle, son sourire avait complètement changé.
— Ah...
— Quoi, « ah » ?
— Rien.
— Malik.
Il posa doucement ses mains sur sa taille.
— Je sens que je dois officiellement te présenter aux autres femmes maintenant.
— Pourquoi ?
Il indiqua sa veste.
— Parce qu'avec ça, j'ai bien l'impression que je ne suis plus seulement ton trophée de chasse.
Chanelle éclata de rire.
— Ton ego va bien ?
— Très bien.
Puis il ajouta beaucoup plus doucement :
— J'ai plutôt l'impression que je suis ton homme maintenant.
Cette fois, Chanelle ne trouva aucune plaisanterie à répondre.
Elle le regarda simplement.
— Peut-être bien.
Malik sourit.
Puis il se tourna vers les trois femmes.
— Chanelle, je te présente Naomi Bennett, la femme de Darius. Jade Williams, la femme d'Andre. Et Sofia Reyes, la femme de Jamal.
Naomi vint immédiatement lui faire la bise.
— Enfin.
Chanelle ouvrit de grands yeux.
— Enfin ?
Naomi lança un regard à Malik.
— On entend parler de toi depuis hier.
— Naomi...
— Quoi ? C'est vrai.
Jade s'approcha ensuite et regarda immédiatement la veste.
— Non, mais attends. Retourne-toi.
— Jade...
— Retourne-toi !
Chanelle, amusée, s'exécuta.
Jade vit le numéro.
— Oh mon Dieu.
Elle regarda Malik.
Puis Chanelle.
— Carter 18 ?
Elle posa une main sur son coeur.
— Ma fille, tu n'es pas venue jouer petit ce soir.
Sofia s'approcha finalement.
Son sourire était plus discret.
— Enchantée, Chanelle.
— Moi aussi.
Sofia regarda brièvement Malik avant de revenir vers elle.
— Bienvenue dans la loge.
Simple.
Mais Chanelle sentit que ces quelques mots avaient davantage de poids qu'ils n'en avaient l'air.
Malik regarda ensuite l'heure.
— Bon. Moi, malheureusement, je dois redescendre.
— Attends.
Chanelle lui attrapa doucement la main.
— Viens ici.
Malik se rapprocha.
Elle baissa légèrement la voix.
— Ce soir, après le match, je veux qu'on parte juste tous les deux.
Le sourire de Malik disparut légèrement, remplacé par une expression attentive.
— Tout va bien ?
— Oui.
Elle serra sa main.
— Justement. Je veux qu'on parle du futur.
Malik la regarda quelques secondes.
— D'accord.
Puis Chanelle retrouva son sourire malicieux.
— Et qui sait... peut-être qu'il y aura une récompense.
— Ah ?
— Mais il faudra la mériter.
Malik éclata de rire.
— Évidemment.
Chanelle approcha ses lèvres de son oreille.
— Le chiffre magique pour toi ce soir : 34 points et 12 passes décisives.
Il recula la tête.
— C'est tout ?
— Fais attention, monsieur le nouveau multimillionnaire. L'arrogance pourrait faire monter le prix.
— Alors je vais m'arrêter là.
— Bonne décision.
Il l'embrassa.
Puis commença à s'éloigner.
Et ce fut là que Chanelle prononça les mots sans même avoir eu le temps d'y réfléchir.
— Je t'aime, mon chéri. T'es le meilleur.
Silence.
Son propre sourire disparut.
Qu'est-ce que je viens de dire ?
Malik s'était arrêté.
Naomi regarda Jade.
Jade regarda Sofia.
Sofia leva lentement un sourcil.
Malik se retourna.
Chanelle aurait voulu pouvoir récupérer les mots dans les airs.
Mais il sourit.
Un véritable sourire.
— Je t'aime aussi, ma mignonne.
Et il partit.
Chanelle resta parfaitement immobile.
Trois secondes.
Quatre.
Cinq.
Puis derrière elle :
— Bon.
C'était Jade.
Chanelle ferma les yeux.
— Non.
— Oh que oui.
Elle se retourna.
Les trois femmes la regardaient.
Jade avait les bras croisés et un immense sourire.
— Viens t'asseoir.
— Pourquoi j'ai l'impression que je vais passer un interrogatoire ?
Naomi lui tendit un verre d'eau en riant.
— Parce que tu vas passer un interrogatoire.
— Génial.
Sofia indiqua le canapé.
— Il reste quarante-cinq minutes avant le match.
Jade s'installa confortablement.
— Et tu viens de dire « je t'aime » à Malik Carter devant nous trois avant qu'il te réponde « je t'aime aussi ».
Elle tapota la place libre à côté d'elle.
— On a largement de quoi s'occuper.
Chanelle regarda successivement les trois femmes.
Puis éclata de rire.
— Je sens que cette soirée va être longue.
Naomi sourit.
— Non.
Elle regarda Chanelle avec cette étrange chaleur qui la caractérisait déjà.
— Je pense surtout qu'elle vient de devenir intéressante.
Naomi sourit.
— Non.
Elle regarda Chanelle avec cette étrange chaleur qui la caractérisait déjà.
— Je pense surtout qu'elle vient de devenir intéressante.
Jade se pencha immédiatement vers Chanelle.
— Première question.
— Ça commence déjà ?
— Oui. Depuis combien de temps vous êtes ensemble ?
Chanelle ouvrit la bouche.
Puis la referma.
— Techniquement ?
— Oh non, répondit Sofia en riant. Chaque fois qu'une femme commence une réponse par « techniquement », ça devient intéressant.
Chanelle regarda les trois femmes.
— Quelques jours.
Silence.
Jade cligna des yeux.
— Quelques jours ?
— Ouais.
— Et tu habites déjà chez lui ?
— Je n'habite pas chez lui !
Naomi leva un sourcil.
— Tu arrives par l'entrée des familles avec une Rolls commandée par Malik et tu portes une veste Carter 18.
— Bon...
— Continue, dit Jade.
Chanelle soupira.
— Il m'a fait une place dans son walk-in ce matin.
Les trois réagirent simultanément.
— QUOI ?
Chanelle éclata de rire.
— Vous êtes beaucoup trop investies !
Naomi secoua la tête.
— Non, Chanelle. Tu ne comprends pas.
Son ton venait de devenir plus sérieux.
— Je connais Malik depuis des années. Darius aussi. Ce gars-là protège énormément son espace personnel.
Sofia acquiesça.
— Beaucoup de monde entre chez Malik. Très peu de monde s'y installe.
Cette phrase frappa Chanelle.
Elle baissa momentanément les yeux.
— Il a vidé une commode et une partie du walk-in pendant que je dormais.
Jade posa dramatiquement une main sur son coeur.
— Oh, cette affaire est beaucoup plus grave que je pensais.
— Arrête !
— Il est foutu.
— Jade !
Naomi riait maintenant elle aussi.
— Et toi ?
— Moi quoi ?
— Tu viens spontanément de lui dire que tu l'aimais.
Chanelle devint immédiatement silencieuse.
— Ça...
Elle prit son verre.
— Ce n'était pas prévu.
— Les meilleurs ne le sont jamais, répondit doucement Naomi.
Pendant quelques secondes, la conversation ralentit.
Puis Sofia échangea un regard avec Jade.
Jade regarda Naomi.
Et Chanelle le remarqua.
— Quoi ?
Personne ne répondit.
— Pourquoi vous vous regardez comme ça ?
Jade mordit sa lèvre pour ne pas rire.
— Il y a juste un autre petit sujet.
Chanelle plissa les yeux.
— Quel sujet ?
Sofia prit tranquillement son verre.
— Hier soir.
Chanelle se figea.
— Hier... soir ?
Jade éclata de rire.
— Oh mon Dieu, son visage !
— Attendez.
Chanelle regarda chacune d'elles.
— Vous savez ?
Naomi acquiesça.
— Nos maris étaient là, Chanelle.
— Oui, mais je pensais quand même qu'ils auraient peut-être--
Sofia éclata de rire.
— Qu'ils rentreraient à la maison après une soirée pareille et diraient : « Bonsoir chérie, entraînement intéressant aujourd'hui » ?
Chanelle cacha son visage dans ses mains.
— Oh mon Dieu.
Jade riait tellement qu'elle dut déposer son verre.
— Andre n'a jamais été capable de garder un secret avec moi plus de douze minutes.
— Darius m'en a parlé aussi, ajouta Naomi.
Chanelle regarda Sofia.
— Et Jamal ?
Sofia haussa un sourcil.
— Jamal a essayé.
Un silence.
Puis les quatre éclatèrent de rire.
— Combien de temps ? demanda Chanelle.
— Peut-être vingt minutes.
— Nouveau record !
Chanelle se laissa tomber contre le dossier.
— D'accord. Je vais mourir ici.
Naomi posa doucement une main sur son bras.
— Pourquoi ?
— Parce que vos maris étaient avec moi hier soir !
Elle les regarda tour à tour.
— Je pensais que vous alliez être furieuses !
Les trois femmes se regardèrent.
Jade fut la première à répondre.
— Furieuse ?
— Oui !
— Contre toi ?
— Évidemment !
Jade regarda Sofia.
Puis Naomi.
— Est-ce qu'on est fâchées ?
Sofia secoua tranquillement la tête.
— Non.
Naomi également.
— Pas du tout.
Chanelle semblait incapable de comprendre.
— Sérieusement ?
— Chanelle, expliqua Naomi, chaque couple a ses propres limites. Darius et moi savons parfaitement où sont les nôtres.
Sofia acquiesça.
— Pareil chez nous.
Jade leva la main.
— Moi, j'ai une plainte officielle.
Chanelle déglutit.
— Laquelle ?
Jade pointa Chanelle.
— Je suis jalouse.
— De moi ?
— Non !
Elle partit à rire.
— De ne pas avoir assisté à cette soirée complètement folle !
— JADE !
Sofia éclata de rire.
— Pour une fois, je suis d'accord avec elle.
Chanelle ouvrit de grands yeux.
— Vous êtes sérieuses ?
Naomi, pourtant la plus posée des trois, eut un sourire révélateur.
— Disons que lorsque Darius m'a raconté la version très abrégée des événements ce matin, ma première réaction n'était certainement pas la colère.
— C'était quoi ?
Naomi prit une gorgée.
— « Et pourquoi personne ne m'a invitée ? »
Chanelle resta bouche bée.
Puis éclata de rire.
— Vous êtes complètement folles !
Jade leva son verre.
— Et la fille qui a débarqué ici avec Carter 18 dans le dos après avoir retourné la maison hier soir nous traite de folles.
— Point pour toi.
Sofia observait Chanelle avec amusement.
— Apparemment, tu as fait une entrée remarquée dans le cercle.
— Ça, c'est une façon très polie de raconter ma soirée.
— Naomi est toujours polie, expliqua Jade. Moi, beaucoup moins.
Chanelle commençait enfin à se détendre.
La honte qu'elle avait ressentie quelques instants auparavant disparaissait progressivement.
Ces femmes ne la jugeaient pas.
Plus surprenant encore, elles semblaient réellement vouloir la connaître.
Jade se rapprocha soudain.
— Mais attends.
— Quoi encore ?
— Andre m'a raconté quelque chose que je refuse de croire.
Chanelle devint méfiante.
— Avec ce qui s'est passé hier, ça pourrait être absolument n'importe quoi.
— Il m'a dit qu'il y avait des caméras.
Chanelle ne répondit pas.
Sofia se redressa.
Naomi regarda Chanelle.
Jade ouvrit lentement la bouche.
— Non...
Un sourire apparut sur le visage de Chanelle.
— Oui.
— CHANELLE !
Elle éclata de rire.
— La soirée a été filmée.
Jade se tourna vers les deux autres.
— Je retire officiellement toutes mes plaintes précédentes et j'en dépose une nouvelle.
Sofia riait.
— Je savais que tu allais dire ça.
— Pourquoi ma vie est-elle toujours moins intéressante lorsque je ne suis pas là ?
Chanelle riait tellement qu'elle avait les larmes aux yeux.
— Vous êtes impossibles !
Naomi intervint, amusée mais plus pragmatique.
— Je vais quand même poser la question importante : tout le monde savait que ça filmait ?
— Oui. Tout ça reste privé.
— Parfait.
Jade fit une petite moue.
— Naomi vient encore de jouer à l'adulte responsable.
— Quelqu'un doit le faire.
Chanelle regarda les trois femmes.
Puis, encore amusée, elle ajouta :
— Tout ce que je peux vous dire, c'est que l'enregistrement existe. Pour le reste, il faudra négocier avec vos maris et Malik. Je ne distribue certainement pas une vidéo privée sans l'accord de tout le monde.
Sofia leva son verre.
— Bonne réponse.
Jade soupira théâtralement.
— Je déteste les gens raisonnables.
— Tu vas survivre, répondit Naomi.
Chanelle observa alors les trois femmes et quelque chose changea.
Quarante minutes plus tôt, elle était entrée dans cette loge en se demandant si elle y avait réellement sa place.
Maintenant elle riait avec Naomi, Jade et Sofia comme si elles s'étaient déjà retrouvées plusieurs fois ensemble.
Jade leva soudain son verre.
— Bon. Je propose quelque chose.
— J'ai peur, répondit Chanelle.
— Nous quatre.
Elle désigna successivement Naomi, Sofia, Chanelle puis elle-même.
— Une soirée.
— Sans les gars ? demanda Sofia.
— Évidemment sans les gars.
Naomi sourit.
— Ça pourrait être amusant.
Jade regarda Chanelle.
— Et puisque madame possède désormais une Black Card et apparemment la moitié d'un walk-in chez Carter...
— Je possède UNE COMMODE !
— Pour l'instant.
Sofia leva son verre.
— Je vote oui.
Naomi fit de même.
Chanelle les regarda.
Puis leva finalement le sien.
— D'accord.
Jade cogna doucement son verre contre le sien.
— Bienvenue dans le groupe, Carter 18.
Chanelle éclata de rire.
— Ne commence surtout pas à m'appeler comme ça.
— Trop tard.
Naomi regarda l'heure.
— Mesdames, on devrait commencer à descendre. Il reste peu de temps.
Chanelle regarda vers le terrain visible depuis la loge.
Quelque part en dessous, Malik terminait sa préparation.
34 points.
12 passes.
Elle sourit.
Sofia le remarqua.
— Pourquoi ce sourire ?
Chanelle prit son téléphone.
— J'ai donné un petit défi à Malik avant qu'il parte.
Jade se rapprocha immédiatement.
— Quel défi ?
— Trente-quatre points et douze passes décisives.
Naomi ouvrit de grands yeux.
— Et s'il réussit ?
Chanelle remit tranquillement son téléphone dans son sac.
— Ça...
Elle se leva et réajusta sa veste Carter 18.
— C'est entre Malik et moi.
Jade regarda les deux autres.
— Je l'aime déjà.
Sofia sourit.
— Moi aussi.
Naomi secoua la tête en riant.
— Ça y est.
Chanelle se retourna.
— Quoi ?
Naomi désigna les quatre femmes.
— Je crois que notre groupe vient officiellement de passer de trois à quatre.
Pour la première fois depuis son arrivée à Los Angeles, Chanelle n'eut même pas besoin de réfléchir avant de répondre.
— Ça me va parfaitement.
Le match qu'elles faillirent oublier
Quelques minutes plus tard, les lumières de l'aréna diminuèrent.
La présentation des joueurs commença.
La loge vibrait au rythme de la musique et des cris de milliers de spectateurs.
Lorsque le nom de Malik Carter retentit, Chanelle se leva immédiatement.
Et lorsqu'il apparut sur le terrain avec le 18 sur son maillot, quelque chose se produisit.
Malik leva les yeux.
Vers la loge.
Il chercha.
Puis la trouva.
Même à cette distance, Chanelle comprit immédiatement qu'il l'avait reconnue.
Elle ouvrit sa veste suffisamment pour qu'il voie sa robe violette, puis se retourna brièvement.
CARTER
18
Malik secoua la tête en souriant.
Jade aperçut l'échange.
— Oh non...
— Quoi ?
— Vous êtes déjà ce couple-là.
— Quel couple ?
— Celui qui communique à cinquante mètres sans parler et qui pense que personne ne le remarque.
Sofia éclata de rire.
— Elle a raison.
Chanelle se rassit.
— Occupez-vous de vos maris.
Naomi pointa le terrain.
— Le mien est justement là.
— Alors regarde-le !
— J'essaie. Mais votre histoire est beaucoup plus divertissante.
Le match commença.
Pendant les premières minutes, Chanelle fut totalement concentrée.
Chaque possession.
Chaque mouvement de Malik.
Chaque fois qu'il prenait le ballon, elle se redressait.
Elle avait son défi en tête.
34 points.
12 passes décisives.
Mais quelque chose d'imprévu arriva.
Jade recommença à parler.
Puis Sofia répondit.
Naomi raconta une histoire.
Chanelle posa une question.
Une autre histoire en entraîna une autre.
Et progressivement...
Le match devint presque la musique de fond de leur conversation.
— Attendez, attendez, disait Chanelle en riant. Il a vraiment fait ça ?
— Devant toute ma famille, répondit Sofia.
— Jamal est malade !
— Merci ! C'est exactement ce que je lui ai dit !
Jade était pratiquement couchée contre le dossier du canapé tellement elle riait.
— Vous pensez que c'est mauvais ? Andre a déjà--
Le public explosa soudainement.
Les quatre femmes se retournèrent vers le terrain.
— Qu'est-ce qui vient de se passer ? demanda Chanelle.
Naomi regarda l'écran géant.
— Malik vient de marquer.
Chanelle regarda le tableau.
Puis Jade.
— On est vraiment en train de manquer le match de nos propres hommes parce qu'on jase ?
Jade réfléchit.
— Oui.
— C'est terrible.
— Absolument.
Deux secondes de silence.
Sofia reprit :
— Donc Andre avait fait quoi ?
Et elles repartirent.
?
À la mi-temps, elles avaient déjà échangé leurs numéros.
Jade avait créé une conversation de groupe.
FATAL 4 ?
Naomi protesta immédiatement.
— Pourquoi Fatal 4 ?
— Parce que Super 4 est trop gentil.
Sofia approuva.
— Fatal 4, j'aime ça.
Chanelle regarda son téléphone.
— Vous réalisez qu'on se connaît depuis environ une heure ?
Jade haussa les épaules.
— Et ?
Chanelle ne trouva rien à répondre.
Parce qu'étrangement...
Elle avait raison.
?
En deuxième moitié, Chanelle essaya réellement de se concentrer davantage sur le match.
Surtout lorsqu'elle réalisa quelque chose.
Malik se rapprochait dangereusement de son défi.
— Les filles.
Aucune réaction.
— Les filles !
Jade se retourna.
— Quoi ?
Chanelle indiqua le tableau.
— Mon défi.
Naomi regarda.
— Oh...
Cette fois, les quatre se rapprochèrent de la vitre.
Le match était serré.
L'aréna beaucoup plus bruyant.
Et Malik semblait avoir décidé qu'il n'avait absolument aucune intention de laisser Chanelle oublier les chiffres qu'elle lui avait donnés.
Lorsqu'il atteignit finalement 34 points, Chanelle bondit de son siège.
— OUI !
Jade leva les bras.
— Trente-quatre !
Sofia regarda l'écran.
Puis son expression changea.
— Attends.
— Quoi ?
— Les passes.
Chanelle regarda.
11.
Son sourire disparut.
— Non.
Naomi éclata de rire.
— Il lui en manque une.
— Malik Carter, tu n'as pas intérêt à me faire ça.
Jade regardait alternativement Chanelle et le terrain.
— Je n'ai jamais été aussi investie dans une passe décisive de toute ma vie.
Les dernières minutes commencèrent.
Malik distribua le ballon.
Son coéquipier manqua son tir.
— NON !
Les quatre crièrent simultanément.
Chanelle posa les deux mains contre la vitre.
— Tu avais UNE JOB !
Naomi riait.
— Chanelle !
— Quoi ? C'était une belle passe !
Nouvelle possession.
Cette fois Malik attaqua lui-même.
Pas de passe.
Le temps continuait de descendre.
La victoire semblait de plus en plus probable.
Mais Chanelle ne regardait pratiquement plus le score collectif.
Elle voulait cette douzième passe.
— Allez...
Malik récupéra de nouveau le ballon.
Il traversa la ligne médiane.
Quelques secondes.
Il attaqua.
Deux défenseurs convergèrent sur lui.
Malik s'arrêta.
Puis envoya soudainement le ballon dans le coin.
Un coéquipier complètement libre.
Le tir partit.
Pendant une fraction de seconde, la loge entière sembla silencieuse.
Le ballon traversa le filet.
L'aréna explosa.
Chanelle regarda immédiatement l'écran.
La mise à jour apparut.
12 passes décisives.
Elle hurla.
— IL L'A FAIT !
Jade attrapa Chanelle par les épaules.
— TRENTE-QUATRE ET DOUZE !
Sofia éclata de rire.
Naomi applaudissait.
Sur le terrain, Malik reculait déjà en défense.
Puis il leva brièvement les yeux.
Directement vers la loge.
Chanelle le pointa.
Puis se pointa elle-même.
Et articula silencieusement :
Tu as gagné.
Malik sourit.
Quelques instants plus tard, le match était terminé.
Victoire de Los Angeles.
C'était tout ce dont Chanelle avait besoin de savoir.
Victoire.
Et Malik avait réussi son défi.
34 points. 12 passes décisives.
Exactement.
— Bon, annonça Jade. Maintenant je veux savoir ce qu'il a gagné.
Chanelle ramassa son sac.
— Absolument pas.
— Chanelle !
— Secret professionnel.
Sofia passa un bras autour de Jade.
— Laisse-la tranquille.
Puis elle regarda Chanelle.
— Mais demain, je veux un compte rendu.
— SOFIA !
Les quatre éclatèrent de rire.
Fatal 4
Avant de quitter la loge, Jade s'arrêta brusquement.
— Personne ne bouge.
— Pourquoi ?
Elle sortit son téléphone.
— Première soirée du Fatal 4. Première photo officielle.
Naomi soupira.
— Évidemment.
Elles se placèrent toutes les quatre devant la baie vitrée avec l'aréna illuminé derrière elles.
Naomi, impeccable dans son ensemble crème et noir.
Jade, électrique dans sa mini-robe bleue.
Sofia, spectaculaire en bordeaux.
Et Chanelle au milieu d'elles, robe violette, bijoux dorés et veste CARTER 18.
— Rapprochez-vous !
Chanelle passa un bras autour de Naomi.
Sofia se colla contre elle.
Jade tendit le téléphone.
— Un...
— Attends ! dit Chanelle.
Elle se retourna légèrement pour laisser apparaître une partie du CARTER 18.
Jade éclata de rire.
— Bien sûr.
— Tant qu'à faire !
— Deux...
— Trois !
Clic.
Jade regarda immédiatement la photo.
Son visage s'illumina.
— Oh.
— Montre !
Les quatre se regroupèrent autour de l'écran.
Chanelle sourit.
La photo était magnifique.
Mais ce qu'elle aimait surtout, c'était qu'elle ne ressemblait absolument pas à la photo de quatre femmes venant tout juste de se rencontrer.
Elle ressemblait à une photo de quatre amies.
Jade la publia dans leur nouvelle conversation.
FATAL 4 ?
Puis ajouta :
Première d'une longue série.
Chanelle regarda le message.
Et répondit simplement :
<3
À la sortie du vestiaire
Elles empruntèrent ensuite les couloirs privés menant vers la zone réservée aux familles et aux joueurs.
Plus elles approchaient du vestiaire, plus elles entendaient les voix des joueurs.
La victoire avait manifestement placé tout le monde de bonne humeur.
Chanelle marchait avec Naomi, Jade et Sofia lorsqu'une idée lui traversa soudainement l'esprit.
— Attendez.
Les trois s'arrêtèrent.
— J'ai une proposition.
Jade leva immédiatement la main.
— Oui.
— Tu ne sais même pas ce que je vais proposer !
— Pas grave.
Chanelle éclata de rire.
— Les gars jouent à Miami mardi, c'est ça ?
Naomi acquiesça.
— Oui.
Chanelle regarda successivement les trois femmes.
— Alors si les gars gagnent mardi à Miami...
Elle laissa volontairement planer le silence.
— Jeudi soir, soirée chez Malik.
Jade plissa les yeux.
— Quel genre de soirée ?
Le sourire de Chanelle devint lentement beaucoup plus malicieux.
— Visionnement.
Silence.
Puis les yeux de Jade s'agrandirent.
— NON.
Sofia comprit à son tour.
— Tu parles de...
Chanelle acquiesça.
— Exactement.
Naomi éclata de rire.
— Chanelle...
— Hé ! J'ai dit visionnement, mais seulement si toutes les personnes concernées sont d'accord. Cette vidéo appartient à tout le monde qui est dedans, pas juste à moi.
Puis elle pointa les trois femmes.
— Mais si ça se fait, les filles...
Elle sourit.
— Vous venez. C'est sûr.
Jade poussa un cri.
— MAIS OUI !
Sofia riait.
— Jamal va vouloir disparaître.
— Tant pis pour Jamal.
Naomi secouait la tête.
— Je n'arrive pas à croire qu'on organise ça dans le corridor du vestiaire.
— Et attendez, ajouta Chanelle. Il y a une condition.
— Encore ?
— Ils doivent gagner mardi.
Jade se retourna immédiatement vers la porte du vestiaire.
— ANDRE !
Les trois autres éclatèrent de rire.
— ANDRE WILLIAMS, VOUS AVEZ INTÉRÊT À GAGNER À MIAMI !
Une voix masculine provenant du vestiaire répondit :
— QUOI ?
Jade cria :
— JE T'EXPLIQUERAI PLUS TARD !
Sofia avait maintenant les larmes aux yeux.
Puis la porte s'ouvrit.
Les premiers joueurs commencèrent à sortir.
Darius.
Andre.
Jamal.
Et quelques secondes plus tard...
Malik.
Propre.
Changé.
Encore porté par l'énergie de la victoire.
Son regard trouva immédiatement Chanelle.
Elle ne bougea pas.
Malik s'approcha.
— Trente-quatre.
Chanelle sourit.
Il fit encore un pas.
— Douze.
— Je sais.
— Exactement ce que tu avais demandé.
— Je sais aussi.
Malik se plaça devant elle.
— Alors ?
Chanelle posa lentement une main contre son torse.
Derrière elle, Jade murmura :
— Oh mon Dieu.
Naomi lui donna un petit coup de coude.
Chanelle regarda Malik droit dans les yeux.
— Alors tu as mérité la suite de notre soirée.
Le sourire de Malik apparut immédiatement.
— J'aime cette réponse.
— Mais avant...
Chanelle regarda les quatre hommes.
Puis les trois femmes.
— Petite annonce.
Malik fronça les sourcils.
— Pourquoi j'ai peur ?
— Parce que tu commences à me connaître.
Elle désigna les joueurs.
— Si vous gagnez mardi à Miami...
Puis elle désigna les femmes.
— Jeudi soir, tout le monde chez toi.
Malik regarda Chanelle.
— Pour ?
Jade ne put se retenir.
— LE VISIONNEMENT !
Les quatre hommes se figèrent.
Chanelle éclata de rire devant leurs expressions.
— Sous réserve que tout le monde donne son accord, évidemment.
Puis elle regarda Malik.
— Alors ?
Malik observa les joueurs.
Puis leurs femmes.
Puis Chanelle.
Il secoua lentement la tête.
— Ça fait quelques jours que tu es à Los Angeles et j'ai déjà perdu le contrôle de ma propre maison.
Chanelle passa son bras autour de sa taille.
— Attends encore une semaine.
Les autres éclatèrent de rire.
Malik baissa les yeux vers elle.
— Maintenant, madame Carter 18...
— Hé ! Ne commence pas toi aussi.
— Tu voulais qu'on parte seuls.
Le visage de Chanelle changea.
Elle se rappela immédiatement ce qu'elle lui avait dit avant le match.
Je veux qu'on parle du futur.
Elle acquiesça.
— Oui.
Malik prit sa main.
Derrière eux, le Fatal 4 et les joueurs continuaient déjà de plaisanter sur Miami et cette éventuelle soirée du jeudi.
Mais Chanelle n'écoutait presque plus.
Elle regardait Malik.
Ce matin-là, elle avait rempli une commode chez lui.
Cet après-midi, elle avait construit une nouvelle garde-robe.
Ce soir, elle avait rencontré trois femmes qui, en quelques heures, lui avaient donné l'impression d'avoir trouvé un nouveau cercle d'amies.
Et maintenant Malik tenait sa main.
34 points.
12 passes.
Une victoire.
Il avait rempli sa partie du marché.
Restait maintenant la question beaucoup plus importante.
Qu'est-ce que Chanelle voulait réellement construire avec lui ?
Elle serra doucement ses doigts autour de ceux de Malik.
— Allez, mon chéri.
— Où ?
Chanelle regarda une dernière fois les autres.
Puis revint vers lui.
— N'importe où.
Elle sourit.
— Tant qu'on peut parler juste tous les deux.
Et pour la première fois depuis le début de cette incroyable semaine, ce n'était ni une soirée folle, ni une voiture hors de prix, ni une nouvelle tenue qui occupait véritablement son esprit.
C'était demain.
Et, peut-être...
Tous les jours qui viendraient après.
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