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Celle que je devais devenir — Chapitre 12 · Game over : la récompense des Fatal 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Celle que je devais devenir
Chapitre 12 · Game over : la récompense des Fatal 4
La portière se referma derrière eux dans un bruit sourd.
Quelques secondes plus tard, la voiture quitta le stationnement privé de l'aréna et s'engagea dans les rues illuminées de Los Angeles.
Cette fois, il n'y avait plus de coéquipiers.
Plus de foule.
Plus de caméras.
Plus de filles dans la loge.
Juste Malik et Chanelle, installés côte à côte sur la banquette arrière.
Chanelle avait encore sa veste CARTER 18 sur les épaules. Malik, fraîchement changé après le match, s'était laissé aller contre le dossier.
Il tourna la tête vers elle.
— Alors ?
— Alors quoi ?
— Mon défi.
— Alors quoi ?
— Mon défi.
Chanelle sourit.
— Monsieur veut immédiatement savoir s'il mérite sa récompense ?
— Absolument.
— T'as gagné. Donc oui.
— Absolument.
— T'as gagné. Donc oui.
Malik eut un sourire satisfait.
— C'est tout ce que je voulais entendre.
Chanelle rit doucement avant de regarder par la fenêtre.
Un silence confortable s'installa.
Puis Malik reprit, beaucoup plus sérieusement :
— Je peux te poser une vraie question ?
Elle se retourna vers lui.
— Vas-y.
— Tu nous vois où, toi ?
— Tu nous vois où, toi ?
Le sourire de Chanelle s'effaça légèrement.
Pas parce que la question lui déplaisait.
Parce qu'elle comprenait exactement ce qu'il lui demandait.
— Tu veux dire... dans quelques mois ?
— Non. Plus loin.
— Non. Plus loin.
Il posa son bras sur le dossier derrière elle.
— Je parle de nous. Pas de demain matin. Pas de la semaine prochaine. Je veux savoir ce que Chanelle veut vraiment.
Elle baissa les yeux vers ses mains.
— Une vie normale.
Malik haussa un sourcil.
— Avec moi ? Bonne chance.
Elle éclata de rire.
— Bon, d'accord. Une vie presque normale.
— C'est déjà plus réaliste.
— C'est déjà plus réaliste.
Elle reprit :
— Je veux pouvoir avoir mes projets, mes affaires, mes amies... sans avoir l'impression de devoir disparaître dans ta vie à toi. Et en même temps, je veux être là. Tes matchs, tes gros moments, les journées où ça va moins bien...
Elle le regarda.
— Je veux être ta partenaire. Pas juste « la femme de Malik Carter ».
Il acquiesça immédiatement.
— Ça, je le veux aussi.
— Vraiment ?
— Chanelle, je ne cherche pas quelqu'un qui va construire toute sa vie autour de moi. Je veux quelqu'un avec qui construire quelque chose.
— Vraiment ?
— Chanelle, je ne cherche pas quelqu'un qui va construire toute sa vie autour de moi. Je veux quelqu'un avec qui construire quelque chose.
Cette phrase la toucha plus qu'elle ne voulait le montrer.
— Et toi ? demanda-t-elle.
Malik réfléchit quelques secondes.
— Une maison qui ressemble à une maison. Pas juste une propriété immense où je dors entre deux matchs. Des voyages. Des soupers avec nos amis. Des projets ensemble et d'autres chacun de notre côté.
Il sourit.
— Et probablement beaucoup trop de voitures.
— Ça, c'est déjà foutu.
— Certainement.
— Ça, c'est déjà foutu.
— Certainement.
Ils rirent.
Puis Malik redevint sérieux.
— Je veux surtout pouvoir rentrer chez moi et savoir que la personne qui est là me connaît vraiment. Pas Malik Carter le joueur. Moi.
Chanelle resta silencieuse.
— Et dans dix ans ? demanda-t-elle.
— Dans dix ans ?
— Ou quinze.
— Dans dix ans ?
— Ou quinze.
Malik regarda un instant les lumières défiler derrière la vitre.
— Je ne jouerai pas éternellement. Alors j'aimerais qu'un jour, quand tout ça sera terminé...
Il désigna vaguement le monde extérieur.
— ...il reste quelque chose de plus important.
Puis il regarda Chanelle.
— Nous.
Elle sentit sa gorge se serrer.
— Tu réalises que tu viens presque de devenir romantique ?
— Presque. N'exagère pas.
— Presque. N'exagère pas.
Elle posa sa tête contre son épaule.
La discussion continua encore quelques minutes.
Ils parlèrent de voyages.
De leurs carrières.
De la possibilité de partager leur temps entre plusieurs villes.
De ce qu'ils considéraient comme non négociable dans une relation : la confiance, la fidélité à leurs engagements, la liberté de parler sans avoir peur du jugement.
Finalement, le silence revint.
Malik embrassa doucement le sommet de sa tête.
Pour lui, la conversation semblait terminée.
Mais Chanelle ne bougea pas.
— Malik ?
— Hmm ?
— Hmm ?
Elle se redressa.
— Il y a quelque chose que je dois te dire.
Il sentit immédiatement le changement dans sa voix.
— D'accord.
— Et je veux que tu me laisses aller jusqu'au bout avant de répondre.
— Et je veux que tu me laisses aller jusqu'au bout avant de répondre.
Il se tourna complètement vers elle.
— Je t'écoute.
Chanelle inspira profondément.
Elle avait imaginé cette conversation des dizaines de fois.
Aucune version ne lui avait paru facile.
— Il y a une partie de mon passé que je ne t'ai jamais racontée. Une partie importante.
Malik resta silencieux.
— La femme que tu connais aujourd'hui, c'est réellement moi. Mais je ne suis pas née avec le corps que j'ai aujourd'hui.
Elle sentit son cœur accélérer.
— J'ai transitionné. J'ai suivi un parcours médical, hormonal et chirurgical pour devenir physiquement la femme que j'étais déjà intérieurement.
Elle baissa brièvement les yeux.
— Aujourd'hui, ma transition est derrière moi. Mais biologiquement, mon histoire est différente de celle que tu pouvais imaginer.
Malik ne dit toujours rien.
Alors Chanelle continua.
— Je voulais te le dire parce que ce qu'on est en train de construire devient trop important pour que je garde ça pour moi.
Elle releva les yeux.
— Et parce qu'après tout ce qu'on vient de se dire sur notre futur... tu mérites de connaître mon passé.
Quelques secondes passèrent.
Pour Chanelle, elles semblèrent durer une éternité.
Puis Malik tendit simplement la main.
Il prit la sienne.
— C'est ça qui te faisait aussi peur ?
Elle le fixa.
— Malik...
— Chanelle, regarde-moi.
— Chanelle, regarde-moi.
Elle le fit.
— Ton passé est ton passé.
Aucune hésitation.
Aucun recul.
— Ce qui t'a amenée jusqu'ici fait partie de ton histoire. Mais moi, je ne suis pas assis dans cette voiture avec ton passé.
Il serra légèrement sa main.
— Je suis assis avec toi.
Les yeux de Chanelle devinrent brillants.
— Ça ne change rien pour toi ?
— Ça change une chose.
— Ça change une chose.
Son ventre se noua.
— Quoi ?
— Maintenant, je comprends pourquoi certaines choses semblaient si difficiles à me raconter.
— Maintenant, je comprends pourquoi certaines choses semblaient si difficiles à me raconter.
Il approcha son visage du sien.
— Mais pour nous ? Non.
Chanelle resta sans voix.
— Je regarde devant, poursuivit Malik. Et si toi aussi tu regardes devant, alors on regarde dans la même direction.
Une larme finit par glisser sur la joue de Chanelle.
Malik l'essuya avec son pouce.
— Et ce que tu viens de me raconter reste entre toi et moi. C'est ton histoire. Pas celle des journalistes, pas celle de mes coéquipiers, pas celle d'Internet. Tu décideras toujours toi-même à qui tu veux la raconter.
Chanelle se rapprocha et posa son front contre le sien.
— Je t'aime tellement en ce moment.
— Seulement en ce moment ?
— Seulement en ce moment ?
Elle éclata de rire malgré ses larmes.
— Idiot.
— Voilà. Je préfère ça.
— Voilà. Je préfère ça.
Ils s'embrassèrent tendrement.
Et pour la première fois depuis longtemps, Chanelle sentit disparaître un poids qu'elle avait presque oublié qu'elle portait.
Quelques minutes plus tard, elle était de nouveau blottie contre Malik lorsque son téléphone vibra.
Le groupe des Fatal 4.
Chanelle regarda Malik.
Puis son téléphone.
Puis de nouveau Malik.
Un sourire beaucoup trop innocent apparut sur son visage.
— Pourquoi tu souris comme ça ? demanda Malik.
— Pour rien.
— Chanelle...
— Pour rien.
— Chanelle...
Elle ouvrit la conversation.
FATAL 4 <3
Ses pouces commencèrent à courir sur l'écran.
Chanelle :
Les filles... je crois que j'ai trouvé la récompense de Malik pour son défi de ce soir. ;-)
Les filles... je crois que j'ai trouvé la récompense de Malik pour son défi de ce soir. ;-)
Elle attendit deux secondes.
Puis continua.
Chanelle :
Ça vous dit de vous joindre à nous dans une heure pour m'aider à bien récompenser mon mari ? Y'a pas juste vos hommes qui ont le droit de s'amuser. :'D
Ça vous dit de vous joindre à nous dans une heure pour m'aider à bien récompenser mon mari ? Y'a pas juste vos hommes qui ont le droit de s'amuser. :'D
Elle mordit sa lèvre pour retenir son rire avant d'ajouter :
Chanelle :
PAR CONTRE ?
Si vous êtes partantes, tenue obligatoire.
PAR CONTRE ?
Si vous êtes partantes, tenue obligatoire.
Mini-jupe.
Talons aiguilles.
Petit crop top push-up.
Cheveux en ponytail avec seulement deux mèches qui tombent de chaque côté du visage.
Talons aiguilles.
Petit crop top push-up.
Cheveux en ponytail avec seulement deux mèches qui tombent de chaque côté du visage.
Aucune négociation. :'D?
Elle appuya sur Envoyer.
Trois petites bulles apparurent presque immédiatement.
Malik regarda son visage.
— Qu'est-ce que tu viens de faire ?
Chanelle verrouilla son téléphone et le posa innocemment sur ses cuisses.
— Moi ?
— Oui, toi.
— Oui, toi.
Elle se rapprocha de son oreille.
— J'organise ta récompense.
Malik la dévisagea.
— Chanelle...
Le téléphone vibra.
Puis encore.
Puis une troisième fois.
Chanelle regarda les notifications qui s'accumulaient et son sourire s'élargit.
— Oh...
— Quoi ?
— Quoi ?
Elle reprit son téléphone.
— Je crois que les Fatal 4 viennent de répondre.
Malik plissa les yeux.
— Qu'est-ce que tu viens de faire ?
Chanelle verrouilla aussitôt son téléphone.
— Moi ? Rien.
— Chanelle.
— Quoi ?
— Je connais cette face-là.
— Chanelle.
— Quoi ?
— Je connais cette face-là.
Elle prit son air le plus innocent.
— J'ai simplement demandé conseil aux filles pour ta récompense.
— Conseil ?
— Oui ! J'étais en panne d'inspiration.
— Oui ! J'étais en panne d'inspiration.
Malik éclata de rire.
— Toi ? En panne d'inspiration ?
— Ça arrive !
— Jamais.
— Ça arrive !
— Jamais.
Chanelle lui donna une petite tape sur le torse.
— Bon, peut-être que j'avais quelques idées. Mais je voulais leur opinion.
— Uh-huh.
— Arrête de me regarder comme ça !
— Comme quoi ?
— Comme si tu savais que je mens.
— Est-ce que tu mens ?
— Arrête de me regarder comme ça !
— Comme quoi ?
— Comme si tu savais que je mens.
— Est-ce que tu mens ?
Chanelle soutint son regard deux secondes.
— Absolument pas.
Son téléphone vibra.
BZZZ.
Puis encore.
BZZZ. BZZZ.
Malik baissa lentement les yeux vers l'appareil.
Chanelle le retourna immédiatement face contre ses cuisses.
— Beaucoup de conseils, constata Malik.
— Elles prennent leur rôle d'amies très au sérieux.
— Évidemment.
Chanelle dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas rire.
Parfait.
Les cartes étaient brouillées.
Malik savait qu'elle préparait quelque chose.
Mais certainement pas quoi.
Elle attendit qu'il regarde de nouveau par la fenêtre avant de reprendre discrètement son téléphone.
Le groupe était déjà en ébullition.
FATAL 4 <3
Jade :
ATTENDS.
ATTENDS.
Jade :
ATTENDS ATTENDS ATTENDS.
ATTENDS ATTENDS ATTENDS.
Jade :
Est-ce que je viens vraiment de comprendre ce que je pense avoir compris??? :'D:'D:'D
Est-ce que je viens vraiment de comprendre ce que je pense avoir compris??? :'D:'D:'D
Chanelle sourit.
Une nouvelle réponse arriva.
Naomi :
Je refuse de répondre avant d'avoir obtenu des précisions. :'D
Je refuse de répondre avant d'avoir obtenu des précisions. :'D
Sofia :
Moi je veux surtout savoir pourquoi madame nous donne un DRESS CODE complet avec UNE HEURE de préavis. :"-(
Moi je veux surtout savoir pourquoi madame nous donne un DRESS CODE complet avec UNE HEURE de préavis. :"-(
Jade :
MERCI.
MERCI.
Jade :
Mini-jupe + talons + crop top + ponytail???
Mini-jupe + talons + crop top + ponytail???
Jade :
Chanelle a clairement préparé son affaire. :'D
Chanelle a clairement préparé son affaire. :'D
Chanelle tapa rapidement :
Chanelle :
Pas du tout. Décision spontanée. ;-)
Pas du tout. Décision spontanée. ;-)
La réponse de Naomi fut instantanée.
Naomi :
Le ;-) confirme automatiquement que tu mens.
Le ;-) confirme automatiquement que tu mens.
Chanelle étouffa un rire.
Malik tourna la tête.
— Quoi ?
Elle verrouilla son téléphone.
— Rien !
— Encore des conseils ?
— Exactement.
Il secoua la tête en souriant.
Dès qu'il détourna le regard :
Sofia :
Question importante.
Question importante.
Sofia :
Est-ce que Malik sait qu'on est invitées ?
Est-ce que Malik sait qu'on est invitées ?
Chanelle répondit :
Chanelle :
NON. :'D
NON. :'D
Jade :
HAHAHAHAHAHA
HAHAHAHAHAHA
Naomi :
Évidemment.
Évidemment.
Sofia :
Donc il pense que tu nous demandes seulement des idées ?
Donc il pense que tu nous demandes seulement des idées ?
Chanelle ouvrit de grands yeux.
Celle-là était parfaite.
Chanelle :
EXACTEMENT. :'D:'D:'D
Je viens de lui dire que je vous demandais conseil pour sa récompense afin de brouiller les cartes.
EXACTEMENT. :'D:'D:'D
Je viens de lui dire que je vous demandais conseil pour sa récompense afin de brouiller les cartes.
Jade :
CHANEEEEELLE :"-(:"-(:"-(
CHANEEEEELLE :"-(:"-(:"-(
Naomi :
Je retire ce que j'ai dit.
Je ne veux plus de précisions.
Je veux assister au moment où il va comprendre.
Je retire ce que j'ai dit.
Je ne veux plus de précisions.
Je veux assister au moment où il va comprendre.
Sofia :
Moi aussi. :'D
Moi aussi. :'D
Puis Jade posa LA question.
Jade :
Bon.
Bon.
Jade :
Fatal 4.
Fatal 4.
Jade :
On fait ça ou pas ?
On fait ça ou pas ?
Pendant quelques secondes, plus personne n'écrivit.
Puis :
Sofia :
Je suis partante. ?
Je suis partante. ?
Chanelle ouvrit la bouche.
— Ohhh...
Malik la regarda immédiatement.
— Quoi encore ?
— Rien !
Deuxième notification.
Naomi :
Vous êtes complètement folles.
Vous êtes complètement folles.
Pause.
Puis :
Naomi :
...donnez-moi quarante-cinq minutes. :'D
...donnez-moi quarante-cinq minutes. :'D
Chanelle plaqua une main contre sa bouche.
Jade :
YESSSSS :'D?
YESSSSS :'D?
Jade :
Évidemment que je viens.
Évidemment que je viens.
Jade :
Mais je préviens tout de suite : si tu imposes une mini-jupe, je vais prendre ça comme une compétition.
Mais je préviens tout de suite : si tu imposes une mini-jupe, je vais prendre ça comme une compétition.
Sofia :
Ça n'a jamais été une compétition.
Ça n'a jamais été une compétition.
Jade :
Ça vient de le devenir.
Ça vient de le devenir.
Naomi :
Seigneur...
Seigneur...
Chanelle répondit :
Chanelle :
PARFAIT.
Alors c'est officiel.
Dans une heure chez nous.
PARFAIT.
Alors c'est officiel.
Dans une heure chez nous.
Puis elle ajouta :
Chanelle :
Et je répète :
Ponytail.
Deux mèches devant.
Talons aiguilles.
Mini-jupe.
Crop top push-up.
Et je répète :
Ponytail.
Deux mèches devant.
Talons aiguilles.
Mini-jupe.
Crop top push-up.
Jade :
Oui maman. :'D
Oui maman. :'D
Sofia :
Couleurs libres ?
Couleurs libres ?
Chanelle réfléchit.
Chanelle :
Oui. Chacune votre style. Je veux que Malik ne se doute de RIEN jusqu'à ce que vous arriviez.
Oui. Chacune votre style. Je veux que Malik ne se doute de RIEN jusqu'à ce que vous arriviez.
Naomi :
Compris.
Compris.
Jade :
Mission Fatal 4 lancée. ?
Mission Fatal 4 lancée. ?
Sofia :
À tout à l'heure. ;-)
À tout à l'heure. ;-)
Chanelle posa finalement son téléphone.
Malik la regardait.
Bras croisés.
— Quoi ? demanda-t-elle.
— Vous avez fini votre réunion stratégique ?
Chanelle se rapprocha de lui avec un sourire angélique.
— Oui.
— Et ?
Elle posa doucement sa tête contre son épaule.
— J'ai maintenant une excellente idée pour ta récompense.
— Tu vas me dire laquelle ?
— Absolument pas.
Malik soupira.
— Pourquoi est-ce que ça m'inquiète ?
Chanelle ferma les yeux, parfaitement satisfaite.
— Parce que tu commences à bien connaître ta femme.
Pendant ce temps, quelque part dans Los Angeles, trois femmes venaient simultanément d'ouvrir leurs garde-robes.
Mission Fatal 4 venait officiellement de commencer.
La porte de la chambre se referma derrière les quatre femmes et Malik.
Cette fois, Chanelle ne plaisantait plus tout à fait.
Elle s'avança vers lui, posa ses deux mains contre son torse et leva les yeux vers lui.
— Bon, numéro dix-huit. Maintenant que nous sommes ici, je vais t'expliquer les règles.
Derrière elle, Jade, Naomi et Sofia se placèrent côte à côte.
Malik les regarda, puis revint vers Chanelle.
— Il y a des règles ?
— Une seule vraiment importante : tout le monde garde le droit de dire oui, non ou d'arrêter à n'importe quel moment. À part ça...
Elle se retourna vers ses trois complices.
— Pour la durée de la nuit qu'elles souhaitent passer avec nous, les filles sont venues participer à ta récompense. On veut savoir ce qui te ferait plaisir.
Jade sourit.
— Dans les limites de ce qu'on accepte toutes, évidemment.
— Exactement, confirma Chanelle.
Elle reporta son attention sur Malik.
— Alors si tu as un fantasme, tu le dis. Si tout le monde est d'accord et qu'on peut le réaliser, on essaie.
Malik les observa toutes les quatre, manifestement encore en train d'assimiler la situation.
Chanelle leva ensuite un doigt.
— Et il y a un objectif.
— Lequel ?
Les quatre femmes répondirent presque simultanément :
— T'épuiser.
Malik partit à rire.
— Sérieusement ?
— Très sérieusement, répondit Sofia.
Naomi croisa les bras.
— C'est censé être une récompense après ton match. On ne fait pas les choses à moitié.
Jade ajouta :
— Et Chanelle nous a vendu ça comme une mission. Maintenant, mon esprit de compétition est impliqué.
— Évidemment, murmura Sofia.
Chanelle s'approcha encore.
— La soirée continue jusqu'à ce que quelqu'un veuille arrêter. Mais pour toi, monsieur Carter, il existe également un mot magique.
— Lequel ?
Elle sourit.
— Game over.
— Game over ?
— Quand tu décides que tu en as assez, tu le dis et ta récompense est officiellement terminée. Pas besoin de jouer au héros.
Malik secoua la tête.
— Vous êtes complètement folles.
— Possiblement.
Chanelle recula et ouvrit les bras.
— Maintenant regarde-nous.
Malik obéit.
Quatre femmes.
Quatre mini-jupes.
Quatre paires de talons aiguilles.
Quatre crop tops.
Les quatre ponytails imposées par Chanelle, chacune avec les deux mèches encadrant le visage.
— Première question officielle des Fatal 4, annonça Chanelle. Quand tu nous vois toutes les quatre ici et que tu réalises que cette soirée a été organisée spécialement pour toi... qu'est-ce qui te traverse la tête ?
Malik sourit.
— Tu veux vraiment savoir ?
— C'est exactement pour ça qu'on est ici.
— Même si j'en ai plusieurs ?
Jade leva immédiatement cinq doigts.
— Donne-nous ton top cinq.
— Jade ! lança Naomi en riant.
— Quoi ? Autant être organisées !
Malik réfléchit.
Puis il commença à leur expliquer cinq fantasmes qu'il avait toujours gardés pour lui : certains concernaient le jeu de pouvoir et le fait de pouvoir donner des directives ; d'autres reposaient davantage sur la mise en scène, les tenues, la surprise et le fait d'être au centre de toute leur attention. Un autre consistait à laisser complètement les quatre femmes prendre les commandes et décider entre elles de la façon dont elles allaient le surprendre. Son dernier souhait était le plus simple : que la soirée ne ressemble pas à quelque chose de chronométré ou de préparé, mais qu'elle continue naturellement jusqu'à ce qu'ils soient tous réellement satisfaits de leur nuit.
À mesure qu'il parlait, les réactions changeaient.
Jade semblait déjà transformer chacune de ses paroles en défi.
Sofia posait quelques questions pour comprendre exactement ce qu'il imaginait.
Naomi, plus posée, précisait les limites avec lui.
Et Chanelle l'observait avec un sourire immense.
Quand Malik eut terminé, elle demanda :
— C'est tout ?
— Tu m'as demandé cinq fantasmes.
— Je sais. Je vérifie simplement que monsieur n'a pas caché le numéro six.
— Peut-être pour une autre fois.
— Oh ! Il prévoit déjà une autre fois !
Les filles éclatèrent de rire.
Puis Chanelle s'approcha.
— Très bien. On a notre programme.
Elle se retourna vers ses complices.
— Fatal 4 ?
Jade tendit sa main au milieu.
— Fatal 4.
Sofia posa la sienne dessus.
Puis Naomi.
Chanelle termina la pile.
— Mission : faire regretter à Malik d'avoir réussi son défi.
— HEY ! protesta Malik.
— Trop tard !
Leurs quatre mains se séparèrent.
Et la véritable récompense commença.
?
FANTASME / SÉQUENCE 1 -- Le jeu des directives
Chanelle fut la première à prendre la parole.
— Tu as parlé de directives. Alors on va commencer simplement. Tu vas nous dire ce que tu veux voir, et nous déciderons ensemble de ce que nous acceptons de faire.
Malik se redressa légèrement.
— Toutes les quatre ?
— Toutes les quatre, confirma Naomi. Mais une consigne à la fois. Tu ne donnes pas d'ordre dans la précipitation, et nous pouvons te demander de reformuler.
Jade se plaça devant lui, les mains derrière le dos.
— Et si ta demande est trop vague, on te fera recommencer.
— Vous avez vraiment préparé ça.
— Bien sûr, répondit Sofia. Tu croyais que nous étions venues sans plan ?
Chanelle lui tendit une petite carte blanche.
— Écris trois mots.
— Lesquels ?
— Ceux qui décrivent l'ambiance que tu veux.
Malik réfléchit, puis écrivit : « attention, surprise, contrôle ».
Chanelle lut les mots à voix haute.
— Très bien. Première directive ?
Malik regarda les quatre femmes. Il ne leur demanda pas de faire quelque chose de précis immédiatement. Il leur demanda plutôt de rester immobiles quelques secondes, de le regarder sans parler et de le laisser prendre conscience de leur présence autour de lui.
Le silence s'installa.
Jade, d'ordinaire incapable de rester sérieuse plus de quelques secondes, conserva pourtant son expression concentrée.
Sofia inclina légèrement la tête.
Naomi resta parfaitement immobile.
Chanelle, elle, ne quitta pas Malik des yeux.
La situation était simple, mais l'effet fut immédiat. Pour la première fois depuis leur arrivée, ce n'était plus elles qui menaient la conversation. Toute leur attention était tournée vers lui, et il pouvait sentir qu'elles attendaient réellement sa prochaine décision.
— Maintenant, dit Malik, avancez chacune d'un pas.
Elles obéirent.
— Encore un.
Elles avancèrent de nouveau.
Jade sourit.
— Tu prends goût au rôle.
— Je croyais que je devais donner des directives.
— C'est vrai. Continue.
Il leur demanda ensuite de se placer selon un ordre précis, puis de changer de position sans se toucher, uniquement sur ses indications. Chaque déplacement devenait une petite démonstration de confiance. Il corrigeait parfois un détail, demandait à l'une d'elles de se tourner légèrement ou à une autre de rester face à lui.
Naomi veillait à ce que le rythme reste confortable.
— Tout va bien ? demanda-t-elle.
— Oui.
— Et toi ? demanda-t-elle à Malik. Tu apprécies toujours ?
Il acquiesça.
— Beaucoup.
— Alors continue.
Jade leva un doigt.
— Mais n'oublie pas que nous pouvons aussi te surprendre.
— Comment ?
— Tu verras.
Malik donna une nouvelle consigne : chacune devait lui dire, à tour de rôle, ce qu'elle avait remarqué chez lui depuis le début de la soirée. Pas une flatterie préparée, mais une observation sincère.
Sofia fut la première.
— Tu fais semblant d'être parfaitement calme, mais tu analyses chaque réaction.
Naomi poursuivit :
— Tu essaies de ne pas privilégier Chanelle, même si tu la regardes plus souvent que les autres.
Jade sourit.
— Tu es beaucoup plus joueur que tu ne veux le laisser croire.
Chanelle s'approcha enfin.
— Et tu as encore du mal à accepter que, pour une fois, tu n'as rien à prouver.
Malik resta silencieux.
La remarque de Chanelle avait touché juste.
Elle posa une main contre son épaule.
— C'est ça que tu voulais, non ? Être au centre de l'attention sans devoir mériter chaque seconde.
Il hocha lentement la tête.
— Oui.
— Alors profite.
La suite du jeu conserva cette dynamique. Malik donnait des consignes, mais les quatre femmes les interprétaient avec leur personnalité propre. Jade ajoutait une pointe de provocation, Sofia cherchait à comprendre ce qu'il ressentait, Naomi maintenait l'équilibre, et Chanelle transformait chaque moment en défi intime.
À plusieurs reprises, elles lui demandèrent s'il souhaitait continuer de cette manière ou changer de rythme. Chaque fois, il répondit qu'il voulait poursuivre.
Finalement, Jade recula et croisa les bras.
— Première manche terminée.
— Qui a décidé ça ?
— Moi.
— Ce n'est pas toi qui donnes les règles ?
— Non, mais je peux annoncer les pauses.
Chanelle regarda Malik.
— Alors ? Toujours vivant ?
— Très drôle.
— Est-ce qu'on a entendu « game over » ?
— Non.
— Alors on continue.
Naomi éclata de rire.
— Cette femme va devenir insupportable avec son règlement.
— Absolument.
?
FANTASME / SÉQUENCE 2 -- La mise en scène
Sofia se dirigea vers la table basse et en sortit une enveloppe noire.
— Deuxième fantasme : la mise en scène.
Malik la regarda.
— Vous aviez vraiment préparé des enveloppes ?
— Chanelle nous a donné des indications, répondit-elle. Nous avons simplement ajouté nos idées.
Jade prit l'enveloppe et la lui tendit.
— À l'intérieur, il y a trois cartes. Tu en choisis une.
Malik tira la première.
Sofia la lut.
— « Le vestiaire après une victoire. »
Jade tira la deuxième.
— « Une soirée privée où tout le monde connaît ton secret sauf toi. »
Naomi prit la troisième.
— « Le capitaine reçoit une mission et doit décider à qui il fait confiance. »
Chanelle sourit.
— Tu peux en choisir une, ou mélanger les trois.
Malik réfléchit.
— La troisième.
Aussitôt, l'atmosphère changea.
Naomi éteignit les lumières principales et ne conserva que les lampes indirectes. Sofia lança une musique lente, presque cinématographique. Jade disparut quelques instants derrière la porte de la salle de bains, puis revint avec quatre petits badges qu'elle distribua à chacune.
Chanelle en accrocha un au col de Malik.
— Capitaine.
— Et vous ?
— Équipe de mission.
— Quelle est la mission ?
Sofia s'approcha avec une seconde enveloppe.
— Tu dois découvrir laquelle d'entre nous détient la clé de la suite.
— Et si je me trompe ?
— Tu devras nous donner une nouvelle directive, répondit Jade.
— Et si je trouve ?
Naomi sourit.
— Nous exécuterons la consigne de ton choix, dans les limites que nous avons fixées.
Malik observa les quatre femmes.
Chacune avait adopté une attitude différente.
Jade jouait la coéquipière insolente.
Sofia semblait parfaitement sérieuse.
Naomi donnait l'impression de connaître toutes les règles.
Chanelle, elle, était trop calme pour être innocente.
Malik commença à poser des questions. Il demanda à chacune de raconter un détail de la soirée, mais en modifiant volontairement un élément. Il cherchait les hésitations, les sourires, les regards échangés.
Jade répondit avec une assurance excessive.
Sofia resta factuelle.
Naomi lui donna une réponse exacte, mais incomplète.
Chanelle se contenta de dire :
— Tu me connais assez pour savoir que je ne te faciliterai pas la tâche.
Malik se leva et fit lentement le tour de la pièce.
Il observa les cartes, les badges, les enveloppes et les petits objets disposés sur la table. Rien ne semblait laissé au hasard. La mise en scène n'était pas seulement visuelle : elle l'obligeait à prêter attention à chacune d'elles, à leurs gestes et à leurs réactions.
Il finit par désigner Sofia.
— C'est toi.
Elle sourit.
— Pourquoi ?
— Parce que tu es la seule à ne pas avoir essayé de me convaincre.
Sofia sortit une petite clé de sa poche.
Jade protesta immédiatement.
— C'est injuste ! Elle avait l'air coupable depuis le début.
— C'était précisément le but, répondit Sofia.
Chanelle applaudit doucement.
— Très bien. Le capitaine a trouvé la clé.
Malik prit la clé.
— Et maintenant ?
Naomi s'approcha de lui.
— Maintenant, tu ouvres la boîte.
Sur la table se trouvait une petite boîte noire. Malik y inséra la clé et souleva le couvercle. À l'intérieur, il trouva quatre rubans de couleurs différentes et une dernière carte.
Il la lut à voix haute :
— « Choisis l'ordre dans lequel tu veux recevoir l'attention de ton équipe. »
Jade leva les sourcils.
— Alors, capitaine ?
Malik regarda les quatre rubans.
Il en prit un et le tendit à Jade.
— Toi, tu commences.
— Excellent choix.
Il donna ensuite les trois autres rubans, chacun correspondant à une étape différente de la mise en scène. Les femmes suivirent ses indications, mais chacune ajouta sa propre interprétation. Jade transforma son rôle en défi permanent, Sofia conserva une douceur attentive, Naomi veilla à ce que tout reste équilibré, et Chanelle attendit volontairement la fin pour lui rappeler qu'elle connaissait mieux que personne la façon de le déstabiliser.
La scène se construisit lentement, avec des changements de place, des regards prolongés, des murmures et des consignes précises. Malik n'était plus seulement spectateur : il devait choisir, observer et assumer chaque décision.
À la fin, Chanelle se pencha vers lui.
— Tu comprends maintenant pourquoi nous avons insisté sur la mise en scène ?
— Oui.
— Ce n'est pas seulement ce qui se passe. C'est l'attente avant.
— Et le fait de ne jamais savoir ce qui arrive ensuite.
— Exactement.
Jade applaudit.
— Deuxième manche validée.
— Vous avez un système de notation ?
— Bien sûr.
— Et je peux voir les scores ?
— Non, répondit Naomi. Tu risquerais de négocier.
— Je négocie toujours.
— Nous savons.
?
Plus tard, ce fut Sofia qui posa la question :
— Malik ?
— Oui ?
— Game over ?
Il secoua la tête.
Jade applaudit.
— Voilà l'esprit de compétition que je voulais voir !
— Jade, arrête de l'encourager ! lança Naomi.
— Jamais.
Chanelle, elle, regarda simplement Malik.
— Alors ton troisième fantasme ?
Il comprit immédiatement.
?
FANTASME / SÉQUENCE 3 -- Les quatre femmes prennent les commandes
Cette fois, Malik ne donna aucune directive.
Il resta assis au bord du lit, tandis que les quatre femmes se réunissaient à quelques pas de lui.
— Tu ne veux pas savoir ce qu'on prépare ? demanda Jade.
— Si.
— Mais tu ne poseras pas de questions, ajouta Naomi.
— Pourquoi ?
— Parce que tu as dit que tu voulais nous laisser prendre les commandes.
Sofia s'approcha.
— Tu peux toujours arrêter. Tu peux aussi demander une pause. Mais tant que tu acceptes de continuer, tu ne sauras rien à l'avance.
Malik acquiesça.
Chanelle lui demanda de fermer les yeux.
Il obéit.
Les premières secondes furent silencieuses. Il entendit des pas, des chuchotements et quelques rires étouffés. Il sentit quelqu'un s'asseoir près de lui, puis repartir. Une main se posa brièvement sur son épaule avant de disparaître.
— Tu peux ouvrir les yeux, dit Naomi.
Malik regarda autour de lui.
Les quatre femmes avaient changé de place. Elles ne formaient plus une ligne devant lui, mais occupaient les quatre coins de la chambre. Chacune tenait une carte.
— Nous avons décidé de te faire passer quatre épreuves, expliqua Sofia.
— Une par personne ?
— Une par personne, confirma Chanelle. Et tu ne sauras jamais laquelle de nous a choisi la suivante.
Jade leva sa carte.
— Première épreuve : choisir sans voir.
Elle lui présenta trois objets, mais Malik devait garder les yeux fermés. Il devait se fier uniquement à la description de chacune et choisir celui qui lui semblait le plus représentatif de la soirée.
Il posa plusieurs questions, mais les réponses restèrent volontairement ambiguës.
— Tu ne m'aides pas beaucoup.
— C'est le principe, répondit Jade.
Il finit par choisir.
— Bonne réponse, annonça-t-elle.
— Il y avait une bonne réponse ?
— Maintenant, oui.
La deuxième épreuve fut proposée par Sofia. Elle lui demanda de rester immobile et d'écouter chacune des quatre femmes lui parler pendant quelques instants. Il devait ensuite associer chaque voix à une phrase qu'elles avaient prononcée plus tôt dans la soirée.
Malik réussit presque tout.
— Presque ? demanda-t-il.
— Tu as confondu Naomi et moi sur une phrase, répondit Sofia.
— Impossible.
— Et pourtant.
Naomi prit ensuite la troisième carte.
— Notre troisième épreuve consiste à nous faire confiance.
Elle lui demanda de se lever et de se laisser guider à travers la pièce, sans ouvrir les yeux. Les indications venaient alternativement des quatre femmes. Certaines étaient simples, d'autres volontairement contradictoires, mais elles avaient convenu d'un signal clair pour éviter toute confusion.
Malik avança lentement.
Il entendait Jade rire lorsqu'il hésitait, Sofia lui parler d'une voix calme, Naomi corriger la distance et Chanelle lui rappeler qu'il pouvait s'arrêter à tout moment.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, il se trouvait au centre de la pièce, entouré par elles.
— Tu vois ? dit Chanelle. Tu n'as pas besoin de tout contrôler pour rester en sécurité.
— Je sais.
— Tu le sais maintenant.
La dernière carte appartenait à Chanelle.
Elle ne la lut pas tout de suite.
— La dernière épreuve est la plus simple.
— Je dois faire quoi ?
— Rien.
Malik fronça les sourcils.
— Rien ?
— Rien du tout. Tu vas rester là, et nous allons décider entre nous de la façon dont nous voulons terminer cette séquence.
Les quatre femmes se rapprochèrent et commencèrent à discuter à voix basse. Malik ne pouvait entendre que des fragments.
— Pas encore...
— Attends son regard...
— Elle a raison...
— Alors toutes ensemble...
La décision fut prise sans qu'il puisse la deviner.
Elles revinrent vers lui avec une coordination nouvelle. Il n'y avait plus de rôle individuel, plus de défi séparé. Elles formaient un groupe parfaitement uni, chacune sachant quand avancer, quand reculer et quand laisser la place à une autre.
Malik comprit que c'était précisément ce qui le troublait le plus : il ne pouvait plus anticiper leurs intentions. Il devait simplement accepter de recevoir leur attention, sans chercher à diriger chaque détail.
Chanelle resta la dernière devant lui.
— Alors ?
— Je comprends pourquoi tu voulais que ce soit une surprise.
— Et tu regrettes de nous avoir laissé décider ?
— Pas une seconde.
Jade leva les bras.
— Troisième manche réussie !
— Tu vas vraiment annoncer chaque manche ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que j'aime gagner.
?
Les heures commencèrent à passer.
La soirée avait depuis longtemps cessé d'être simplement la récompense promise après un match.
C'était devenu un souvenir complètement improbable entre cinq adultes qui avaient choisi d'abandonner, pour quelques heures, leurs vies publiques.
Pas de journalistes.
Pas de basketball.
Pas de réseaux sociaux.
Seulement eux.
À un moment, Malik regarda Chanelle.
— Attends...
— Quoi ?
— T'avais parlé de souvenirs dans votre message aux gars.
Silence.
Jade regarda Chanelle.
Naomi regarda Chanelle.
Sofia regarda Chanelle.
Chanelle prit soudainement son expression la plus innocente.
— Peut-être.
— Chanelle...
Elle éclata de rire.
— Les caméras de la chambre !
Malik ouvrit de grands yeux.
— Tu es sérieuse ?
— Seulement si tout le monde est d'accord. Sinon, elles restent éteintes.
Elle regarda successivement chacune des personnes présentes.
L'idée fut discutée clairement entre eux avant qu'une décision commune soit prise sur ce qu'ils souhaitaient ou non conserver.
Jade finit par rire.
— Donc c'était ça ton histoire de motivation pour Miami ?
— Exactement !
— Nos hommes vont te détester.
— Non. Mardi soir, quand ils vont tous jouer le match de leur vie, ils vont me remercier.
Sofia secoua la tête.
— Cette logique est complètement ridicule.
— Mais tu comprends la logique.
— Malheureusement, oui.
Malik passa une main sur son visage.
— Je commence à comprendre pourquoi vous vous appelez les Fatal 4.
Chanelle lui envoya un baiser.
— Et tu n'as encore rien vu.
?
FANTASME / SÉQUENCE 4 -- Le souvenir mis en scène
Naomi fut la première à poser une limite claire.
— Si nous faisons des images, elles restent privées. Rien ne sort de cette chambre sans l'accord de tout le monde.
— Évidemment, répondit Chanelle.
Sofia vérifia les réglages de la caméra.
— Aucun enregistrement automatique. Nous décidons à chaque fois si nous conservons ou non quelque chose.
Jade prit une télécommande.
— Et si quelqu'un change d'avis, on efface immédiatement.
Malik les regarda.
— Vous avez vraiment pensé à tout.
— Nous avons eu le temps, répondit Naomi.
La caméra resta d'abord éteinte. Elles commencèrent par créer une série de souvenirs sans enregistrer : une photo de groupe, une image de leurs mains réunies, puis une courte vidéo où chacun disait une phrase destinée à ne jamais sortir de la pièce.
Malik choisit de parler le dernier.
— Je ne pensais pas que cette soirée deviendrait ça.
Chanelle le regarda.
— Ça veut dire quoi, « ça » ?
— Quelque chose que je n'aurai pas envie d'oublier.
Jade fit semblant d'être émue.
— Je vais pleurer.
— Tu peux essayer, répondit Sofia.
— Je préfère rire.
La caméra fut finalement activée pour une séquence très courte, entièrement contrôlée par eux. Ils décidèrent de ne conserver que les moments où ils apparaissaient habillés, souriants et complices, sans rien qui puisse être mal interprété ou partagé hors contexte.
Chanelle installa le téléphone sur un support.
— Première prise : les Fatal 4 présentent leur mission.
Jade se plaça au centre.
— Nous sommes les Fatal 4.
Naomi ajouta :
— Nous avons été chargées d'une récompense.
Sofia poursuivit :
— Tout le monde a accepté les règles.
Chanelle conclut :
— Et notre objectif est de faire en sorte que Malik se souvienne longtemps de cette soirée.
— Coupez, dit Jade. C'était trop sérieux.
La deuxième prise fut plus spontanée. Elles se mirent à rire avant même que l'enregistrement commence. Malik tenta de garder une expression digne, mais Jade lui donna une petite tape sur l'épaule et il finit par rire avec elles.
La troisième prise fut une mise en scène de victoire. Chanelle leva les bras, Jade cria comme dans un stade, Sofia applaudit avec un calme exagéré et Naomi déclara officiellement que la mission était « en cours d'exécution ».
Malik les regarda.
— Vous êtes conscientes que personne ne croira que vous êtes normales ?
— Nous n'avons jamais prétendu l'être, répondit Chanelle.
Elles décidèrent ensuite de filmer une courte séquence où Malik devait répondre à quelques questions.
— Première question, annonça Sofia. Qui est la plus dangereuse ?
Malik regarda Jade.
— Elle.
— Mauvaise réponse, répondit Jade.
— Pourquoi ?
— Parce que la bonne réponse, c'est « toutes les quatre ».
— Toutes les quatre.
— Beaucoup mieux.
Naomi posa la deuxième question :
— Qui a le mieux respecté les règles ?
Malik réfléchit.
— Naomi.
Elle hocha la tête.
— Réponse acceptable.
Jade intervint :
— Et qui a le plus triché ?
Malik regarda Chanelle.
Chanelle posa une main sur sa poitrine.
— Moi ?
— Tu as organisé toute la soirée.
— Ce n'est pas tricher. C'est avoir de l'avance.
Sofia secoua la tête.
— C'est exactement ce que dirait quelqu'un qui triche.
Ils enregistrèrent encore quelques minutes, puis Naomi arrêta la caméra.
— Ça suffit pour l'instant.
— Pourquoi ? demanda Jade.
— Parce que le souvenir doit rester un souvenir. Pas devenir une production.
Tout le monde approuva.
Ils regardèrent ensemble les images conservées. Certaines furent supprimées immédiatement parce qu'elles ne leur plaisaient pas. D'autres furent gardées, mais uniquement après que chacun eut confirmé son accord.
Malik fut touché par cette attention.
— Vous auriez pu vous contenter de faire quelque chose de spectaculaire.
— Ce n'est pas le but, répondit Sofia. Le but, c'est que tu puisses repenser à cette nuit sans avoir l'impression qu'on t'a échappé quelque chose.
Chanelle s'approcha de lui.
— Et maintenant, tu as un souvenir que personne ne pourra raconter à ta place.
Jade leva un doigt.
— Sauf si tu perds mardi.
— Quel rapport ?
— Aucun. Mais je voulais te mettre la pression.
— Tu n'as pas besoin de ça.
— Je sais.
?
Après cette nouvelle étape, Malik resta allongé quelques instants.
Chanelle s'approcha.
— Alors ?
— Alors quoi ?
Elle prononça très lentement :
— Game... over ?
Il ouvrit les yeux.
— Pas encore.
Les trois autres femmes réagirent immédiatement.
— OHHHH !
Chanelle éclata de rire.
— Mauvaise réponse, monsieur Carter.
— Pourquoi ?
Elle lui rappela :
— Il nous reste ton cinquième fantasme.
?
FANTASME / SÉQUENCE 5 -- Une nuit sans chronomètre
La dernière séquence ne commença pas par une consigne.
Il n'y eut ni carte, ni enveloppe, ni défi.
Naomi rangea simplement les accessoires utilisés jusque-là.
Sofia baissa la musique.
Jade retira ses chaussures et les posa près du mur.
Chanelle s'assit à côté de Malik.
— Tu avais dit que tu ne voulais pas que la soirée ressemble à quelque chose de chronométré ou de préparé.
— Oui.
— Alors on arrête de suivre un programme.
— Et on fait quoi ?
— On voit.
Jade s'installa sur le tapis.
— Enfin une partie où je n'ai pas besoin de retenir les règles.
— Tu n'en as jamais retenu aucune, répondit Naomi.
— Je les retiens. Je choisis simplement de les interpréter.
Sofia apporta de l'eau à chacun.
— On fait une pause réelle. Pas une pause stratégique.
Malik prit le verre qu'elle lui tendait.
— Vous êtes toujours aussi organisées ?
— Seulement quand nous prétendons ne pas l'être, répondit Sofia.
Ils commencèrent à parler du match. Malik raconta certains moments qu'il n'avait pas évoqués devant les journalistes, notamment la fatigue des dernières minutes et la façon dont il avait dû rester concentré malgré la pression.
Les quatre femmes l'écoutèrent sans l'interrompre.
Jade, pour une fois, ne plaisanta pas.
Naomi lui posa quelques questions sur son rôle dans l'équipe.
Sofia voulut savoir ce qu'il ressentait lorsqu'il entrait sur le terrain.
Chanelle connaissait déjà certaines réponses, mais elle le laissa parler.
Peu à peu, la tension de la soirée changea de nature. Il ne s'agissait plus de le surprendre ou de le pousser à réagir. Il s'agissait de rester ensemble, sans chercher à remplir chaque silence.
Jade finit par raconter une anecdote embarrassante de ses débuts dans le milieu du divertissement. Naomi enchaîna avec une histoire de voyage qui fit rire tout le monde. Sofia admit qu'elle avait failli annuler sa venue parce qu'elle ne savait pas à quoi s'attendre.
— Tu as failli ne pas venir ? demanda Malik.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que Chanelle m'a envoyé un message beaucoup trop mystérieux.
Chanelle leva les mains.
— Je voulais préserver la surprise.
— Tu as écrit : « Prépare-toi à une nuit que tu n'oublieras jamais. » C'est exactement le genre de phrase qui donne envie de ne pas répondre.
— Et pourtant tu es venue.
— Parce que Jade m'a appelée trois fois.
— Je voulais une équipe complète, expliqua Jade.
Malik sourit.
— Et maintenant ?
Sofia regarda les autres.
— Maintenant, je suis contente d'être venue.
Le silence qui suivit fut différent des précédents. Il n'était pas chargé d'attente, mais de satisfaction.
Chanelle posa sa tête contre l'épaule de Malik.
— C'est ça, ton cinquième fantasme ?
— En partie.
— Une soirée qui continue naturellement ?
— Oui. Sans avoir besoin de savoir quelle est la prochaine étape.
Naomi s'allongea à son tour.
— Alors ne cherchons pas la prochaine étape.
Jade regarda Malik.
— Tu veux choisir la musique ?
— Oui.
— Tu veux choisir le film ?
— Peut-être.
— Tu veux choisir qui s'assoit où ?
Malik la regarda.
— Tu ne peux pas t'en empêcher, n'est-ce pas ?
— Non.
Ils choisirent finalement une musique calme, puis un vieux film que personne ne regarda vraiment. Les conversations reprirent par moments, entrecoupées de silences confortables. Les quatre femmes restèrent près de lui, parfois réunies, parfois séparées, sans que cela ressemble à une chorégraphie.
Malik se rendit compte que c'était précisément ce qu'il avait imaginé sans jamais réussir à le formuler : ne pas avoir à performer, ne pas devoir être drôle, séduisant ou invincible. Pouvoir simplement être présent, entouré de personnes qui avaient choisi de rester.
Chanelle lui prit la main.
— Tu es silencieux.
— Je profite.
— De quoi ?
Il regarda les quatre femmes.
— De tout.
Jade sourit.
— Réponse acceptable.
— Tu notes encore ?
— Toujours.
Naomi ferma les yeux.
— Pour une fois, laisse-le tranquille.
— D'accord.
Quelques minutes passèrent.
Puis Jade murmura :
— Je crois qu'il s'endort.
— Impossible, répondit Malik sans ouvrir les yeux.
Sofia rit doucement.
— Il vient de répondre les yeux fermés.
— Je suis parfaitement réveillé.
Chanelle se pencha vers lui.
— Alors dis-nous ce que tu veux maintenant.
Malik réfléchit.
Cette fois, il ne demanda ni surprise ni défi.
— Que personne ne parte tout de suite.
Les quatre femmes échangèrent un regard.
— D'accord, répondit Naomi.
Et elles restèrent.
?
Bien plus tard, le calme revint enfin dans la chambre.
Jade s'assit et regarda Malik.
— Bon.
Naomi se mit à rire rien qu'en voyant son expression.
— Quoi « bon » ?
— Je pense qu'on mérite maintenant une réponse officielle.
Sofia approuva.
Chanelle vint s'installer près de Malik.
— Monsieur Carter ?
— Madame Carter ?
Elle sourit.
— Prononce les mots.
Malik regarda les quatre femmes.
Il tenta de résister quelques secondes simplement pour les provoquer.
Puis il abandonna.
— Game over.
Explosion de célébration.
— OUI ! cria Jade.
Chanelle leva les bras comme si les Lakers venaient de remporter un championnat.
— VICTOIRE DES FATAL 4 !
Malik éclata de rire.
— Vous êtes impossibles.
— Et toi, tu es officiellement épuisé, répondit Chanelle. Donc mission accomplie.
Il croyait manifestement que c'était terminé.
Les quatre femmes échangèrent pourtant un regard.
Chanelle sourit.
— Les filles...
— Oui ?
— Il manque notre signature finale.
Malik releva immédiatement la tête.
— Votre quoi ?
— Couche-toi et arrête de poser des questions.
— Chanelle...
— Tu as dit game over. Donc rassure-toi : rien ne recommence. C'est simplement notre façon de terminer la soirée.
Les quatre femmes se réunirent autour de lui et lui réservèrent une dernière mise en scène complice, pensée comme un clin d'œil à ce que Chanelle avait elle-même vécu la veille avec les garçons, sans relancer le défi.
Quelques minutes plus tard, tout le monde riait encore.
Chanelle vint finalement se coucher contre Malik.
— Alors ?
Il regarda le plafond.
— Je ne sais même pas quoi répondre.
Jade intervint :
— La bonne réponse est « merci Fatal 4 ».
— Merci, Fatal 4.
— Voilà !
Naomi récupéra ses affaires.
— Et maintenant, interdiction de venir vous plaindre demain matin.
Sofia ajouta :
— Surtout toi, Chanelle. Cette idée venait de toi.
— J'assume entièrement.
Malik tourna la tête vers sa femme.
— Tu réalises que ma récompense du prochain défi va être impossible à surpasser ?
Chanelle réfléchit.
Puis un sourire inquiétant apparut.
— Ne me lance surtout pas ce genre de défi.
— Oh non, murmura Naomi.
— Trop tard, répondit Jade.
Chanelle regarda Malik.
— Mardi. Miami.
Elle pointa un doigt vers lui.
— Maintenant que les gars savent ce qui s'est passé ici, je veux voir lequel de vous cinq va jouer le meilleur match.
Malik éclata de rire.
— Tu viens vraiment de transformer ça en système de motivation sportive ?
— Absolument.
— Et si je gagne encore ?
Chanelle resta silencieuse.
Jade se pencha vers Sofia.
— Elle réfléchit déjà.
— C'est ça qui m'inquiète.
Chanelle embrassa Malik.
— Gagne d'abord.
Il sourit.
— Deal.
Cette fois, la soirée était véritablement terminée.
Game over.
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