Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Vénus aux escarpins — Chapitre 5 · Une leçon cruelle
Auteur
La Vénus aux escarpins
Chapitre 5 · Une leçon cruelle
Léo était sur un nuage depuis quelques semaines. Chaque nouvelle tâche au magasin était une occasion supplémentaire pour chantonner ou siffloter. Pourtant il commençait à trouver le temps long, la Vénus ne l'avait pas contactée depuis sa dernière visite. Pis, elle ne répondait pas à ses SMS, il en avait envoyé plusieurs, pour la remercier, pour lui dire combien il la trouvait exceptionnelle, il lui demandait si elle voulait bien le rejoindre en ville, pour boire un verre, se faire une toile ou un restau.
Alors qu'il commençait à désespérer, à imaginer toutes sortes d'explications, il lui était arrivé quelque chose de grave, ou pire, elle ne souhaitait pas le revoir, il reçut enfin un SMS.
« Passe prendre une commande au nom d'Eve chez Undiz, apporte de quoi cuisiner du poulet au gingembre. Sois là à 18h30 »
Il avait envie d'hurler de joie, de la lingerie, du gingembre, la soirée allait être mémorable. Il lui tardait de lui montrer son tatouage.
À 18h27, Léo sonna à la porte de la Vénus. Elle le fit entrer, elle portait des escarpins noirs avec des talons aiguilles de douze centimètres, une robe noire courte avec une fermeture sur le côté. Ses lèvres étaient d'un rouge vif, et le contour noir de ses yeux lui donnait un air encore plus sévère.
Eve ouvrit le sac Undiz, elle lui tendit le contenu, un boxer long en microfibre blanc.
— Mets ça, et rien d'autre. Tu trouveras tout ce qu'il te faut pour préparer le repas à la cuisine. Mais avant de t'y rendre, tu as quelque chose à me montrer ?
Léopold se rendit dans la salle de bain, il se déshabilla et enfila le boxer. Il était légèrement transparent et moulait parfaitement son anatomie. Il sortit légèrement mal à l'aise, puis revint vers elle.
— Je suis allé chez un tatoueur, dit-il. C'est désormais marqué sur ma peau, je vous appartiens.
La désormais propriétaire d'un homme quasiment nu observa l'épaule du jeune homme. La Vénus de Botticelli y apparaissait avec des cheveux courts, blonds comme ceux qu'elle possédait, sur le coquillage, on pouvait distinguer des escarpins comme ceux qu'elle portait, elle tenait une pomme.
— C'est la Vénus, celle de Sacher-Masoch, elle présente une pomme pour montrer que c'est vous, une femme qui se prénomme Eve, elle apporte la tentation.
— La connaissance, trancha Eve.
— Comment ça ?
— Tu vois Eve à travers un prisme patriarcal, poursuivit-elle, la tentation est un terme qui déresponsabilise l'homme, la pomme dans la Bible désigne la connaissance. Eve donne à Adam le libre arbitre. Elle l'instruit. Est-ce que je te tente ou est-ce que je t'instruis ?
— Vous me tentez, répondit le nouvel Adam avec enthousiasme.
— La connaissance, trancha Eve.
— Comment ça ?
— Tu vois Eve à travers un prisme patriarcal, poursuivit-elle, la tentation est un terme qui déresponsabilise l'homme, la pomme dans la Bible désigne la connaissance. Eve donne à Adam le libre arbitre. Elle l'instruit. Est-ce que je te tente ou est-ce que je t'instruis ?
— Vous me tentez, répondit le nouvel Adam avec enthousiasme.
La voix de la Vénus devint froide comme la glace :
— On verra ça ce soir.
Trente minutes plus tard, le poulet diffusait des effluves de cuisson au gingembre dans tout l'appartement quand un intrus sonna à la porte. Léo fut surpris d'entendre Eve lui ouvrir, et le faire entrer. Il vérifia la cuisson, dressa la table et apporta le plat dans la salle à manger. Il fut surpris de voir l'homme entrer et s'asseoir à table face à une des deux assiettes. Eve prit place à son tour.
— Leopold nous a préparé un poulet au gingembre, dit-elle en s'adressant à son invité. Il m'a abordé en me disant qu'il voulait me servir. Mais je crois qu'il s'est ensuite imaginé beaucoup de choses. Il a peut-être cru que j'allais l'adopter, ou que j'étais une cougar assez peu exigeante.
Léo se décomposait en les entendant rire, jamais il ne s'était senti aussi humilié. Il sentait une vague de chaleur lui monter au visage, la tournure que prenait la soirée lui échappait, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il tourna les talons, mais la voix de la Vénus le retint :
— Si tu pars, je ne t'autoriserai pas à revenir.
Il fit volte-face et se rapprocha de la table. Alors qu'il les regardait manger, il sentit son désir monter. Là encore, il ne comprenait pas ce qu'il ressentait, si ce n'est qu'il n'était pas sur un pied d'égalité avec elle. Il se sentait brisé, mais il voulait attirer son attention.
La Vénus s'adressa à son invité :
— Devant tant d'appétit, je vais finir par croire que tu es venu pour le poulet.
À ses mots, l'invité essuya délicatement sa bouche avec sa serviette, puis disparut sous la table. La Vénus dézippa le bas de sa robe, laissant entrevoir la couture de son bas ; elle réajusta la nappe, mais Leopold vit à son mouvement que l'invité avait mis sa tête entre les cuisses de son hôte. Malgré la jalousie, Léo sentit son sexe se dresser et tendre le boxer déjà serré. La Vénus s'adressa à lui entre deux soupirs :
— Je ne serai jamais ta petite copine, ne m'appelle pas, ne m'envoie pas de SMS, ne cherche pas chez moi des sentiments.
Elle s'interrompit et assena un coup de talon aiguille à celui qui s'attachait à lui donner du plaisir, afin qu'il ralentisse le rythme et ne l'empêche pas de parler. Un cri émana de sous la table. Elle continua :
— Je peux être ta Reine, ta déesse, et crois-moi, je sais que c'est ce que tu recherches depuis longtemps. Je vois à ton érection que ton désir est plus fort que ton tourment.
Elle caressa la bosse qui déformait le boxer. Devant ce changement inespéré de situation, Leopold gémit de désir, alors que la Vénus renversait la tête, profitant d'un orgasme. Elle était la seule à avoir joui, ce qui ne l'empêcha pas de congédier les deux hommes, excités, frustrés, humiliés, mais pressés de rentrer se masturber en pensant à la même femme.
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