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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le prix de la victoire — Chapitre 5

25 minutes
5
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le prix de la victoire

Chapitre 5

Chapitre 5
Je reste allongé sur le dos, Kylian contre moi, sa tête posée sur mon torse, sa main ouverte sur mon ventre, son souffle régulier effleurant ma peau. Son corps est pressé contre le mien, sa cuisse contre ma hanche. Je sens chaque mouvement de sa respiration, chaque battement de son cœur contre ma poitrine. Mon bras est passé dans son dos, ma main pressée contre sa peau chaude, le maintenant là, comme pour lui rappeler qu'il est à moi. Il ne bouge pas. Il reste là, tête nichée contre mon torse, comme s'il avait trouvé un refuge, comme s'il n'osait pas briser ce moment. L'air de la chambre est chargé, lourd de cette intimité silencieuse, de cette tension qui n'a pas besoin de mots pour exister.
Je caresse distraitement son dos, mes doigts traînant le long de sa colonne vertébrale, sentant chaque vertèbre, chaque frisson qu'il essaie de réprimer. Il ne relève pas la tête, ne dit rien, mais je sens son corps se détendre sous ma main, se fondre un peu plus contre le mien. Mon bras resserre sa pression, le plaquant doucement contre moi, comme une étreinte possessive. Il ne résiste pas. Au contraire, il semble s'y abandonner, sa respiration devenant plus profonde, plus calme.
Je brise le silence en premier, voix basse, rauque, presque un murmure contre ses cheveux.
— Kylian, il faut qu'on parle de quelques règles.
Il ne bouge pas. Sa tête reste contre mon torse, son souffle se fait un peu plus rapide, mais il ne relève pas les yeux. Sa main se crispe légèrement sur mon ventre, comme s'il s'accrochait à moi. Mon bras dans son dos le maintient fermement, le pressant comme une possession. Il ne proteste pas. Il reste là, tête nichée, écoutant.
— À partir de demain, tous les matins, dès que tu te réveilles, tu m'envoies un message. Juste une phrase : « Je suis prêt pour toi aujourd'hui ». Sans explication. Sans rien d'autre. Juste ça.
Il reste silencieux un instant, sa tête toujours contre mon torse. Puis, d'une voix étouffée, presque un murmure contre ma peau, il répond :
— D'accord.
Il ne bouge pas. Sa tête reste nichée là, comme s'il se sentait en sécurité, comme s'il voulait absorber chaque mot sans rompre le contact. Mon bras resserre sa pression dans son dos, le plaquant un peu plus contre moi, lui rappelant qu'il est ma possession. Il ne résiste pas. Au contraire, je sens son corps se relâcher, se fondre contre le mien.
— Et si tu oublies, je t'ignore complètement pendant 24 heures. Pas de réponse. Pas de contact. Rien.
Il déglutit, je sens sa gorge bouger contre mon torse. Sa main se resserre sur mon ventre, comme s'il cherchait à s'ancrer.
— Pourquoi ? murmure-t-il, sans lever la tête.
— Parce que c'est comme ça. Pour que tu te souviennes que je décide. Que tu es à moi, même quand je ne suis pas là.
Il ne dit rien, mais je sens son souffle s'accélérer, son corps se presser un peu plus contre le mien. Mon bras reste dans son dos, comme une chaîne douce mais inflexible. Il est bien là, je le sais. Protégé. Possédé. Et c'est exactement ce que je veux.
Je laisse un silence s'installer, mes doigts continuant leur caresse lente sur son dos, descendant parfois vers la courbe de ses fesses, effleurant juste assez pour le faire frissonner sans aller plus loin. Puis je reprends, voix plus douce, plus intime.
— Et à midi, tous les jours, tu m'envoies un message pour me dire comment tu penses à moi. Ce que tu imagines. Ce que tu ressens. Sans filtre.
Il hoche la tête contre mon torse, un mouvement subtil, sans lever les yeux. Sa voix est un souffle :
— Oui.
Mon bras resserre sa pression, le plaquant plus fort contre moi, comme pour sceller cette promesse. Il ne résiste pas. Sa tête reste là, nichée, comme s'il avait trouvé sa place, comme s'il était ma possession et qu'il l'acceptait enfin.
— Et tous les soirs, quand tu te couches, un dernier message. Pour me dire que tu es prêt pour demain. Que tu attends mes ordres.
Il murmure, voix étouffée :
— D'accord… Je le ferai.
Je sens un frisson le parcourir, mais il ne bouge pas. Sa tête reste contre mon torse, son corps moulé contre le mien, mon bras dans son dos le maintenant comme une possession. Il est bien là, je le sais. Protégé. Possédé. Et c'est exactement ce que je veux.
Je laisse un silence s'installer, mes doigts continuant leur caresse lente sur son dos, descendant parfois vers la courbe de ses fesses, effleurant la peau sensible sans aller plus loin. Puis je reprends, voix plus douce, plus intime.
— Maintenant, parle-moi de toi, Kylian. Confie-moi des secrets. Sur ton enfance. Tes peurs. Ta relation avec Emma.
Il hésite, son souffle se fait plus court contre mon torse. Sa tête reste nichée là, comme s'il puisait de la force dans ce contact. Puis il commence, voix basse, presque un chuchotement.
— Mon enfance… C'était dur. Mon père était absent, toujours au travail. Ma mère s'occupait de tout, mais elle était stricte. J'avais peur de la décevoir. Peur de ne pas être assez bon.
Je hoche la tête, ma main dans son dos presse plus fort, le maintenant contre moi.
Il continue, sa voix toujours étouffée contre ma peau :
— Et avec Emma… Ça fait un an qu'on est ensemble. Elle est très jalouse. Possessive. Elle vérifie tout : où je suis, avec qui, ce que je fais. Elle lit mes messages, elle pose des questions sur mes entraînements, sur mes amis. Parfois elle me reproche de passer trop de temps au gymnase. Elle dit que je la néglige. Elle pleure souvent quand je rentre tard. Elle me fait culpabiliser. Elle veut tout contrôler.
Je laisse un silence s'installer, ma main dans son dos continuant à le presser contre moi, comme pour le rassurer, pour le garder là. Puis je murmure, voix basse, presque un souffle contre ses cheveux :
— Tu vois, c'est pour ça que tu as besoin de moi. Emma, elle ne comprend pas ça. Elle ne sait pas ce que c'est que d'avoir cette peur au ventre, cette envie d'être guidé, contrôlé. Elle ne fait que te serrer plus fort, te faire culpabiliser. Moi, je sais. Je te guiderai pour que tu sois assez bon. Pour moi.
Il frissonne, sa tête toujours contre mon torse, son corps se relâchant un peu plus sous ma pression possessive. Sa main sur mon ventre se resserre légèrement, comme s'il confirmait sans mots.
Je reprends, voix toujours basse, mes doigts traînant lentement sur son dos :
— Dis-moi, Kylian… Qu'est-ce que tu penses maintenant d'être dans les bras d'un homme ?
Il reste silencieux un long moment, sa tête toujours nichée contre mon torse, sa respiration un peu plus courte. Puis il murmure, voix étouffée, presque honteuse :
— Je n'avais jamais eu aucune attirance pour un mec. Jamais. Je n'ai pas envie de ça. Je n'ai pas envie de ça. Mais toi… Je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai été attiré par toi. Pourquoi je suis là. Pourquoi je reviens. C'est naturel… Ça me fait mal quand je n'ai pas de nouvelles, quand je ne te vois pas. J'ai cette boule au ventre chaque jour. Chaque fois que je me réveille, je pense à toi. Je me demande si tu vas m'écrire, si tu vas me rappeler. Et quand tu ne le fais pas, ça me ronge.
Il marque une pause, sa main se resserre sur mon ventre, sa tête reste contre mon torse, comme s'il puisait de la force dans ce contact.
— Je vais envoyer tous les messages comme tu veux. Tous les matins, à midi, le soir. Mais j'ai peur qu'Emma tombe dessus. Elle regarde mon téléphone parfois. Elle est jalouse. Elle lit mes messages. Si elle voit ça…
Je souris dans le noir, ma main dans son dos pressant plus fort, le maintenant contre moi.
— Tu vas créer un dossier dans tes notes. Ou un contact que tu appelles « Gym » ou « Coach ». Tu mettras tous les messages là-dedans. Pas dans les SMS. Elle ne regardera pas dans tes notes. Et si elle demande, tu diras que c'est pour tes entraînements, tes horaires. Elle ne fouillera pas plus loin.
Il hoche la tête contre mon torse, un mouvement subtil, sans lever les yeux.
— D'accord… Je ferai ça.
Je laisse un silence s'installer, mes doigts continuant leur caresse lente sur son dos, descendant parfois vers la courbe de ses fesses, effleurant la peau sensible sans aller plus loin. Sa respiration se calme, devient régulière, mais je sens son corps se presser un peu plus contre le mien, comme s'il cherchait à s'ancrer à moi. Je presse plus fort dans son dos, le plaquant contre moi, le maintenant comme une possession. Il ne résiste pas. Au contraire, il semble s'y abandonner, sa respiration devenant plus profonde, plus calme.
Je murmure contre ses cheveux, voix basse, presque un souffle :
— Tu es à moi maintenant. Tu le sais, hein ?
Il hoche la tête contre mon torse, un mouvement subtil, sans lever les yeux. Sa main se resserre sur mon ventre, comme s'il confirmait sans mots. Je souris dans le noir, mon bras dans son dos le pressant plus fort, le maintenant contre moi comme une marque invisible. Il est accro. Pas seulement sexuellement. À moi. Entièrement.
Le silence s'étire, chargé, intime. Sa tête reste contre mon torse, son corps moulé contre le mien, mon bras dans son dos le maintenant comme une possession. Il est bien là, je le sais. Protégé. Possédé. Et c'est exactement ce que je veux.
Je laisse mes doigts traîner sur son dos, descendant jusqu'à la courbe de ses fesses, effleurant la peau sensible, sentant ses frissons. Il ne bouge pas, ne parle pas, juste ce souffle régulier contre ma poitrine, cette main qui reste sur mon ventre, comme s'il cherchait à s'ancrer à moi. Je presse plus fort dans son dos, le plaquant contre moi, le maintenant comme une possession. Il ne résiste pas. Au contraire, il semble s'y abandonner, sa respiration devenant plus profonde, plus calme.
Le silence s'étire encore un peu, chargé de cette intimité nouvelle que j'ai imposée, de cette dépendance que j'ai tissée fil par fil autour de lui. Kylian reste contre moi, tête nichée sur mon torse, son corps moulé contre le mien, mon bras dans son dos le maintenant comme une possession. Je sens sa peau chaude contre la mienne, son souffle régulier qui effleure mes pectoraux, sa main toujours posée sur mon ventre, comme s'il n'osait pas la retirer. Il est bien là, je le sais. Protégé. Possédé. Et c'est exactement ce que je veux. Mais il est temps. Temps de le renvoyer dans son monde, de le laisser mijoter dans cette boule au ventre qu'il m'a confessée, de le faire attendre mes prochains ordres. Je resserre une dernière fois mon bras dans son dos, presse ma main contre sa peau, comme pour marquer une dernière fois ma possession, puis je murmure, voix basse, ferme :
— Il est temps que tu partes, Kylian.
Il se raidit légèrement contre moi, sa tête reste nichée un instant de plus, comme s'il hésitait à rompre le contact. Puis il hoche la tête, sans lever les yeux, murmure un « D'accord » étouffé contre ma peau. Il se redresse lentement, son corps se détachant du mien avec une réticence palpable. Je le regarde se lever, nu, ses muscles roulant sous sa peau pâle, ses abdos se contractant légèrement sous l'effort. Il ramasse ses vêtements un à un, les enfile sans un mot : boxer qui moule son sexe, jean qui glisse sur ses cuisses puissantes, t-shirt qui couvre son torse sculpté, sweat à capuche qu'il remonte sur sa tête comme une armure. Il me jette un regard furtif, chargé de confusion et de désir refoulé, puis baisse les yeux. Il se dirige vers la porte de la chambre, hésite sur le seuil.
Je ne dis rien. Je reste allongé, nu sur le lit, bras derrière la tête, le regardant partir. Il sort enfin, traverse l'appartement, et j'entends la porte d'entrée se fermer doucement derrière lui. Le silence retombe, plus lourd, plus vide. Je souris dans le vide. Il est parti. Mais il reviendra. Parce qu'il n'a plus le choix.
Je me lève lentement, étire mes muscles, sentant chaque fibre se réveiller. Nu, je me dirige vers la salle de bain. La douche est chaude, l'eau coule sur ma peau, rinçant les traces invisibles de sa présence – son odeur, sa chaleur. Je me savonne lentement, mains glissant sur mon torse, mes abdos, mes cuisses, effleurant ma queue qui durcit légèrement au souvenir de ses mains sur moi, de ses gémissements quand j'ai enfoncé mon doigt en lui. Je me caresse doucement sous l'eau chaude, de la base au gland, sentant la veine principale pulser, mais je m'arrête avant l'orgasme. Pas maintenant. Je laisse la tension monter, comme un feu que j'alimente pour plus tard.
Je sors de la douche, me sèche sommairement, reste nu. L'appartement est calme, la lumière du matin filtre à travers les baies vitrées, chaude sur ma peau. Je me balade comme ça, pieds nus sur le parquet, traversant le salon, la cuisine, la terrasse fermée avec vue sur la ville qui s'agite en bas. Je prépare un café – grains moulus frais, eau chaude qui coule, arôme riche qui remplit l'air. Je le savoure lentement, tasse en main, nu, regardant la ville. Les gens en bas courent, travaillent, vivent leur vie ordinaire. Moi, je suis au-dessus, maître de mon monde, maître de lui. Je pense à Kylian, à la boule au ventre qu'il m'a confessée, à cette peur qu'il a de me décevoir. Il est accro. Et je vais le rendre encore plus.
Je m'habille enfin : boxer noir, jean slim, t-shirt blanc moulant, sweat gris foncé. Je prends mes clés, mon portefeuille, et je sors. La ville est vivante, le soleil haut dans le ciel, les rues bondées de gens qui marchent vite, de voitures qui klaxonnent, d'odeurs de boulangerie et de café. Je me balade sans but précis, laissant mes pas me guider. Je passe devant un parc, regarde les joggeurs qui courent, imaginant Kylian parmi eux, transpirant, pensant à moi. Je m'arrête dans une petite boutique de livres, feuillette un roman policier, mais mes pensées dérivent vers lui : comment je vais le faire attendre nu pendant des heures, le caresser sans le laisser jouir, lui murmurer des ordres à l'oreille jusqu'à ce qu'il supplie. Le faire rompre avec Emma, le faire déménager chez moi, le faire dépendre de moi pour tout. Chaque idée me fait bander légèrement, mais je contrôle. Toujours.
Puis je passe devant une bijouterie. La vitrine scintille sous le soleil, bracelets, colliers, bagues en argent et or. Une idée me vient d'un coup, comme un flash. Je pousse la porte, entre. L'intérieur est frais, sent le métal poli et le parfum discret. Une vendeuse s'approche, sourire professionnel, jupe crayon, chemisier blanc.
— Bonjour, monsieur. Puis-je vous aider ?
Je hoche la tête, regarde les vitrines.
— Je cherche un bracelet tout simple en argent. Pour un homme. Discret, pas trop flashy.
Elle sort plusieurs modèles : chaînes fines, plaques gravables, liens torsadés. Je les examine, touche le métal froid, imagine ça sur son poignet, une marque invisible aux autres, mais lourde de sens pour lui.
— Et je voudrais faire graver quelque chose dessus.
Elle hoche la tête.
— Bien sûr. Quel genre de gravure ?
Je lui donne les instructions précises, lui dis exactement ce que je veux graver. Elle note, sourit, et me dit :
— Vous pouvez repasser chercher le bracelet en début d'après-midi. Ce sera prêt.
Je paie, lui demande de me faire un joli paquet – boîte noire mate, ruban gris argenté, papier de soie noir. Elle s'exécute avec soin, emballe le bracelet comme un cadeau précieux. Je prends le paquet et m'en vais.
Je sors, continue ma balade. Je m'arrête dans un café, commande un espresso, m'assois à la terrasse, regarde les gens passer. Une femme avec un enfant, un couple qui se dispute, un joggeur essoufflé. Je pense à Kylian, à sa vie avec Emma, à cette jalousie qu'il m'a décrite, à cette possession qu'elle exerce sur lui et qu'il déteste. Moi, je vais la remplacer. Je vais être son centre. Son tout.
Vers midi, mon téléphone vibre. Je le sors, regarde l'écran. Le message de Kylian : « Je suis prêt pour toi aujourd'hui ». Mais il ne s'arrête pas là. Il continue : « Je pense à toi tout le temps. En ce moment précis, j'aimerais être à genoux devant toi, nu, les mains derrière le dos, à attendre que tu me dises quoi faire. J'aimerais que tu me touches lentement, que tu me caresses sans me laisser jouir, que tu me murmures que je suis à toi. Que tu me fasses supplier pour ton doigt en moi, pour ta queue qui me remplit. J'ai envie de sentir ta main dans mes cheveux, ta voix dans mon oreille, ton regard qui me domine. Je n'arrive pas à penser à autre chose. »
Je lis le message deux fois, lentement. Un sourire étire mes lèvres. Il est déjà en train de craquer. Je ne réponds pas. Je range le téléphone, finis mon espresso. Il attend. Il mijote. Parfait.
Je me lève, continue ma balade. Je passe devant un sex-shop, vitrine discrète, lumière rouge tamisée. Une idée me vient, plus sombre, plus immédiate. Je pousse la porte, entre. L'intérieur est sombre, parfumé à l'encens et au cuir neuf. Des étagères remplies de jouets, de harnais, de plugs, de godemichés, de lubrifiants. Un vendeur tatoué, piercing au nez, me salue d'un signe de tête sans insister.
Je parcours les rayons lentement, imaginant chaque objet sur Kylian, dans Kylian. Un plug connecté à distance, noir mat, avec une application pour contrôler les vibrations depuis mon téléphone – je pourrais le faire vibrer en plein entraînement, le voir se tordre sans savoir pourquoi. Un god en silicone couleur chair, avec plusieurs vitesses et une base ventouse pour qu'il puisse s'empaler dessus tout seul pendant que je le regarde en visio. Du poppers, petit flacon ambré, pour le faire planer, pour dilater son trou avant que je le prenne. Un jockstrap d'une grande marque gay, Addicted, en mesh noir transparent, pour qu'il porte ça sous son short au gymnase, pour qu'il sente le tissu contre ses fesses toute la journée. Des pinces à tétons, pour le faire gémir de douleur et de plaisir. Un bandeau pour les yeux, en satin noir, pour le priver de vue et le rendre encore plus dépendant de ma voix, de mes mains.
Un kit de bondage léger : menottes en velours noir, corde en coton rouge, bandeau pour les yeux, et un petit vibro anal pour commencer doucement.
Je touche chaque objet, imagine son corps nu, cambré, ses gémissements, ses supplications. Je bande dur dans mon jean, mais je contrôle. Je choisis ce qui me plaît le plus : le plug connecté, le god avec plusieurs vitesses, le poppers, le jockstrap Addicted en mesh noir, les pinces à tétons, le bandeau pour les yeux. Je paie en liquide, sans un mot, le sac est opaque, discret. Je le glisse sous mon bras et sors.
Je m'arrête dans un parc, m'assois sur un banc, regarde les gens. Des enfants qui jouent, des couples qui se promènent, des joggeurs. Je pense à Kylian, à sa boule au ventre, à cette dépendance qu'il m'a avouée. Je pense à la façon dont je vais le faire craquer encore plus, le faire supplier non seulement sexuellement, mais pour tout : pour un message, pour un regard, pour une caresse. Pour exister.
Vers 13h, je retourne à la bijouterie. La vendeuse me reconnaît, sourit, sort le paquet. Je le prends, remercie, et m'en vais. Le bracelet est là, emballé avec soin, la gravure faite exactement comme je l'ai demandé. Je le glisse dans ma poche.
Vers 13h30, je m'installe à la terrasse d'un petit restaurant, menu sain : salade niçoise avec thon grillé, tomates fraîches, œufs durs, olives, vinaigrette légère. Je commande, m'assois, regarde la rue. Pendant que je mange, je pense à Kylian. À son corps cambré sous mes caresses, à ses gémissements quand j'ai effleuré sa rosette, à son orgasme sans toucher. À la façon dont il a avalé son jus sans grimace. À sa tête contre mon torse ce matin, sa soumission silencieuse. La prochaine fois, je le pousserai plus loin. Je le ferai pleurer de plaisir. Je le ferai mien, complètement.
Le repas est fini. Je paie, me lève, continue ma balade. La ville pulse autour de moi, mais mon esprit est ailleurs. Avec lui. À le dominer. À le posséder.
Une semaine. Sept jours de silence radio de ma part, mais sept jours d'une présence constante, presque étouffante, de la sienne.
Chaque matin, à l'instant précis où mon réveil affichait 7h30, mon téléphone vibrait sur la table de chevet. Un rituel immuable. Un message, toujours le même, comme une prière matinale adressée à un dieu sévère : « Je suis prêt pour toi aujourd'hui ». Je ne répondais jamais. Je me contentais de lire les mots, de visualiser Kylian, seul dans son lit ou devant son miroir, tapant ces quelques lettres avec la boule au ventre, se demandant si, ce jour-là, j'allais enfin briser la glace.
Je l'imaginais guetter son écran toute la journée, tressaillir à chaque notification, espérer un signe qui ne venait pas. Je voulais qu'il infuse dans cette attente, qu'il comprenne que son temps ne lui appartenait plus. Il était devenu une horloge réglée sur mon bon vouloir.
De mon côté, je n'avais pas changé mes habitudes. Entraînements intensifs, musculation, visionnage de vidéos tactiques. Mais l'image de Kylian – sa soumission dans ma chambre, le goût de sa peau, le bracelet gravé qui attendait dans le tiroir de mon bureau – parasitait chacune de mes pensées. Le samedi soir est arrivé avec une électricité particulière. Son équipe jouait à domicile. Un match important pour le classement.
Je me suis glissé dans les tribunes dix minutes après le coup d'envoi, une casquette enfoncée sur les yeux, posté dans un coin d'ombre en haut des gradins. Je n'avais pas besoin d'être au premier rang pour qu'il me sente.
Sur le terrain, Kylian était une bête traquée. Dès la première remise en jeu, ses yeux ont balayé la foule. Frénétiquement. Il me cherchait. Et quand son regard a fini par accrocher le mien, j'ai vu l'impact physique du choc. Il a raté sa réception, le ballon lui glissant des mains pour finir en touche. Son entraîneur a hurlé, ses coéquipiers ont pesté. Kylian est resté figé une seconde, la poitrine haletante, les joues rouges de l'effort et d'une confusion soudaine.
Je lui ai adressé un simple signe de tête, imperceptible pour les autres, mais clair pour lui : Je te vois. Joue.
Il s'est repris. Avec une rage de désespoir, il a enchaîné les buts, percutant les défenses avec une violence qu'il n'avait jamais montrée. Il jouait pour m'impressionner, pour regagner cette attention que je lui avais retirée pendant sept jours. À chaque action réussie, il se tournait vers mon coin d'ombre, cherchant une validation que je ne lui offrais que par mon silence.
À la fin du match, je suis sorti avant le coup de sifflet final. Le parking du gymnase était plongé dans une pénombre orangée, balayé par un vent frais. Je me suis adossé à ma voiture, les mains dans les poches, attendant que la proie sorte du terrier.
C'est alors que je l'ai vue. Emma. Elle était garée à quelques mètres, assise au volant de sa citadine, le visage éclairé par l'écran de son téléphone. Elle attendait son petit ami. Le trophée qu'elle pensait encore posséder.
Un sourire cruel a étiré mes lèvres. J'ai sorti mon téléphone et j'ai tapé : « Je suis sur le parking. Emma aussi. Je veux que tu viennes vers moi en premier. Montre-moi que tu n'es pas sa possession, mais la mienne. »
Quelques minutes plus tard, les portes du gymnase se sont ouvertes. Kylian est apparu, son sac de sport sur l'épaule, les cheveux encore humides de la douche. Il a balayé le parking et s'est arrêté net en nous voyant tous les deux. Le dilemme était gravé sur son visage. Emma a baissé sa vitre, l'appelant d'un ton impatient :
— Kylian ! Allez, monte, on va être en retard pour le resto !
Kylian n'a pas bougé. Il m'a regardé. J'étais immobile, l'exigence silencieuse émanant de chaque pore de ma peau.
Puis, il a amorcé son mouvement. Il a tourné le dos à la voiture d'Emma, ignorant ses appels, et s'est dirigé droit vers moi. Ses pas étaient lourds, mais assurés.
Emma est sortie de son véhicule, furieuse.
— Kylian ? Qu'est-ce que tu fais ? J'attends depuis vingt minutes ! C'est qui ce mec ?
Kylian est arrivé à ma hauteur. Il ne l'a même pas regardée. Il était focalisé sur moi, le souffle court, les yeux brillants d'une soumission totale.
J'ai levé les yeux vers Emma. Un regard froid, sans une once d'empathie. J'ai simplement levé la main, un geste de renvoi nonchalant, un signe pour lui dire d'attendre, comme on écarte un moustique gênant.
— Kylian, défends-moi ! Pourquoi tu restes là sans rien dire ? a-t-elle crié, la voix brisée par l'incompréhension et la colère.
Kylian est resté muet. Une statue de chair à mes côtés. Le silence entre nous trois était une lame de rasoir.
— C'est ça ? Très bien ! va-t-elle hurler en remontant dans sa voiture. Va te faire voir ! Démerde-toi pour rentrer !
Le crissement de ses pneus a déchiré le silence du parking alors qu'elle démarrait en trombe. Kylian a tressailli, les épaules basses, visiblement mal à l'aise, le poids de la rupture sociale pesant sur lui.
— Ce n'est pas grave, ai-je murmuré, ma voix brisant enfin la tension. Tu viens chez moi ce soir. Monte.
Il s'est exécuté sans un mot, s'installant sur le siège passager comme s'il n'avait plus d'autre endroit où aller sur cette terre. Je suis monté à mon tour. J'ai pris le temps de regarder autour de nous. Les derniers joueurs quittaient le gymnase, les lumières s'éteignaient. Le parking était désormais désert. Seuls nous deux, enfermés dans l'habitacle sombre de la voiture, l'odeur du cuir et celle de son parfum mêlé à l'adrénaline du match.
Je me suis tourné vers lui. Sans prévenir, j'ai empoigné fermement le col de son pull, le tirant vers moi avec une force qui l'a obligé à basculer par-dessus la console centrale.
— C'est parfait, ai-je soufflé contre ses lèvres. Tu as fait tout ce que je te demandais. Chaque message, chaque regard, ce choix sur le parking… Voici ta récompense.
Je ne lui ai pas laissé le temps de répondre. J'ai écrasé ma bouche contre la sienne. Ce n'était pas un baiser de tendresse, c'était une prise de possession. Ma langue a forcé le passage entre ses dents, explorant sa bouche avec une faim dévorante. Kylian a laissé échapper un gémissement sourd, un son étranglé qui vibrait contre ma propre gorge. Ses mains se sont accrochées désespérément à mon bras, ses doigts s'enfonçant dans mon tissu.
Le baiser a duré. Une minute. Deux minutes. Un siècle. C'était intense, désordonné, chargé de toute la frustration accumulée pendant cette semaine de silence. Il gémissait encore et encore, son corps tremblant sous ma poigne, totalement livré à l'assaut. Quand je me suis enfin reculé, il était en nage, les lèvres rougies, le regard flou.
— On y va, ai-je dit en démarrant le moteur.
La nuit ne fait que commencer.
Fin du chapitre 5.
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