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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Céleste — Chapitre 7

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Swan75
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Céleste

Chapitre 7

Ce texte divisé en une quinzaine de chapitres est ma première publication ici. Quoiqu’écrite à la première personne, c’est une histoire inventée qui, comme toute fiction recèle parfois des éléments autobiographiques de son auteur ou de son autrice. Ils sont néanmoins assez rares dans le cas présent.
Si la sensualité et l’érotisme sont le sujet de cette histoire, les scènes de sexe n’en composent qu’une partie. Il est même possible qu’elles soient absentes de certains chapitres.
Afin de découvrir les personnages, de mieux comprendre leur évolution et la progression de l’histoire, il est préférable de lire les chapitres dans l’ordre de leur publication, en commençant par le premier.


Les chapitres sont publiés tous les trois jours, à 7 heures du matin, le suivant sera donc disponible à partir du jeudi 29 octobre.
Chapitre 7
Ce samedi n’en finit pas. Je guette chaque seconde, chaque minute. L’heure prochaine n’a jamais été aussi lointaine. Heureusement, j’ai beaucoup de clientes (et beaucoup de ventes), ce qui me permet de ne pas trop gamberger sur la soirée à venir. Hier, Céleste est restée jusqu’à une heure du matin. Je lui ai parlé de mes craintes, de mes doutes et elle a tenté de me rassurer. Oui, je suis séduisante, oui, je plais aux hommes — et auxfemmes, m’assura-t-elle en riant — oui, elle va m’aider à choisir ma tenue, et oui, elle sera là, pas loin, jusqu’à ce que je rentre chez moi ou que je lui fasse signe qu’elle peut partir, ce qui signifiera que je suis rassurée et que, peut-être, je finirai la soirée avec monsieur. Nous avons convenu d’un code : si tout va bien et qu’elle peut s’en aller, je sortirai de mon sac à main un petit mouchoir blanc ; s’il y a un problème, le mouchoir sera noir ; s’il y a danger immédiat, il sera rouge. Dans ce cas, Céleste m’appellera sur mon portable, je prétexterai que ma sœur a eu un accident, que je dois partir sur le champ. Et quoi qu’il arrive, nous avons décidé qu’une heure après notre arrivée dans le café, nous nous retrouverons aux toilettes pour faire le point. Elle m’a dit que cela l’amusait beaucoup de faire ça. Elle viendra avec Sékou, ils joueront les amoureux à une table voisine et si nécessaire, il pourra intervenir. Je lui enverrai le nom de l’endroit par SMS lorsque nous serons arrivés.
Malgré ces précautions et la présence apaisante de mon amie, je reste tendue. Plus jeune, je n’hésitais pas à partir avec un homme, après une soirée en boite de nuit par exemple, mais cela fait si longtemps et aujourd’hui, je suis moins sûre de moi. J’ai beau essayer de me rassurer, de me dire que je ne risque pas grand-chose, que ce n’est qu’un rendez-vous dans un lieu public, je suis inquiète. Je ne crois pas à un possible danger. Ce qui m’effraie le plus, c’est qu’il ne me trouve pas suffisamment intéressante, ou séduisante, ou intelligente, et qu’au bout d’une heure, il me dise « Merci, c’était très agréable, mais je dois partir », me plantant là, comme une potiche. Dans ce cas, il ne me restera plus qu’à pleurer dans les bras de Céleste… Comme je l’ai fait hier.
La fin de la soirée avec mon amie me revient à l’esprit. Nous sommes restées longtemps l’une contre l’autre, sans parler, sans penser à rien, simplement attentives à nos sensations. Mon corps s’apaisait et mon esprit divaguait. Le doux parfum du plaisir flottait autour de nous et j’aimais ça. Que ce plaisir, cet orgasme inédit, m’ait été donné pour la première fois par une femme, et de cette façon, sans pénétration, sans même toucher mon sexe, ne m’étonnait plus. Je savais que cela n’avait été possible que parce que c’était Céleste, sa douceur, sa tendresse, sa sensualité joyeuse, et même, je peux l’avouer, son amour. Non pas un amour éternel, définitif, de cet amour de bluettes romantiques qui fait les couples immuables figés dans un imaginaire de contes de fées, mais l’amour profond de ces instants ardents, impudiques et vivants, un amour voluptueux, un amour fait de complicités, de rires et de délicatesse. L’amour de la vie et de ce qu’elle peut nous donner de plus intense, de plus joyeux et de plus renversant.
Une fois que nous eûmes calé tous les détails de la soirée avec mon soupirant, je me suis levée et j’ai retiré ma jupe et ma culotte, les seuls vêtements que je portais encore. Je voulais que Céleste me voie nue, naturellement nue et désormais fière de mon corps. Elle m’a regardée longuement, attentivement, de la tête aux pieds, sans un mot, sans un sourire, comme on observerait une statue, une vestale, une déesse antique sur son socle de marbre. Ses yeux s’attardaient sur mon visage, sur mes seins, sur mon ventre et mon pubis, sur mes cuisses, mes jambes, mes mains et mes pieds. Elle
explorait les pleins et les déliés de mon anatomie, les plis intimes, un grain de beauté ici, une petite cicatrice là, et englobait ensuite dans son champ de vision l’ensemble de ma silhouette. Elle me scrutait avec attention et bienveillance et moi, je m’offrais totalement à sa contemplation. Je me sentais admirée, désirée, et cela me transportait de bonheur. Puis, elle m’a tendu la main et m’a attirée contre elle.
— Cet homme ne sait pas encore la chance qu’il a. Mais moi, je sais la mienne. Embrasse-moi.
Le baiser fut tout sauf pudique. Nos langues se sont retrouvées et ont joué l’une avec l’autre, ivres l’une de l’autre. Nos souffles se sont accordés, nos lèvres ne se sont plus lâchées. Céleste a glissé la main entre mes cuisses et commencé à me caresser, juste là, à la limite de l’aine, puis au bord de mes lèvres qu’elle a d’abord effleurées, puis touchées de façon plus appuyée, pour venir glisser un doigt entre elles. J’ai écarté les jambes, ouvert le chemin et je me suis sentie mouiller. À son tour elle s’est levée, a retiré sa jupe en un éclair et est venue se coller à moi. Le contact de nos corps nus m’a électrisée. Son ventre s’est plaqué contre mon ventre, ses seins ont écrasé ma poitrine et son pubis lisse est venu au-devant du mien, dans un mouvement sans équivoque.
— Veux-tu, m’a-t-elle susurré à l’oreille ? 
- Oui. Je veux. Prends-moi.
Céleste m’a prise par la main et conduite à ma chambre. J’étais tremblante comme une jeune mariée, comme une vierge que je n’étais plus. Il n’était plus ici question d’un baiser furtif, d’une caresse impromptue ou d’un regard impudique, il ne s’agissait plus seulement de cajoler nos seins, aussi magnifique qu’avait pu être ce moment. Il s’agissait de faire l’amour. Faire l’amour avec une femme, de se donner entièrement, intégralement, à Céleste.
— Nelly, tu vas découvrir des sensations inconnues que tu n’oublieras jamais, et je suis heureuse de te les offrir.
Elle me les a offertes au-delà de mes espérances. Ma peau n’oubliera pas la douceur de son souffle. Ma poitrine gardera toujours l’empreinte de ses mains fines et délicates. Et comment mon sexe pourrait-il désormais se passer de chaleur de ses lèvres, de la fermeté de sa langue, de l’agilité de ses longs doigts me pénétrant lentement, profondément, délicieusement ? Et mes lèvres, et mes mains, mes doigts, et la moindre parcelle de ma peau se sont délectées du corps souple et sensuel de Céleste, de son érotisme naturel, de ses appétits charnels. Nous avons joui, puissamment joui. Mais au-delà de cette jouissance, au-delà des orgasmes qui nous ont traversées, l’inconcevable beauté de chaque instant est née de l’offrande mutuelle de notre plaisir et de l’abandon total de l’une à l’autre. Nous fûmes, cette nuit-là, les plus sublimes des amantes. 
Il est 19h. Je ferme la boutique et je monte me doucher et me changer. Hier, avec Céleste, nous avons choisi ma tenue. Selon elle, il s’agit de ne pas de changer de style. Ne pas chercher à avoir l’air plus jeune que je ne suis, ni mettre des vêtements trop aguicheurs. J’ai attiré l’homme comme je suis, je dois rester comme je suis. Avec juste quelques petits ajustements, qu’il perçoive inconsciemment, comme une vibration, que je me suis apprêtée pour lui. Un maquillage un peu plus prononcé, mascara et rouge à lèvres ; des talons un peu plus hauts, un peu plus fins ; une jupe noire mi-cuisses un peu plus courte, un peu plus ajustée sur les hanches ; et un chemisier carmin dont je laisserai les deux boutons du haut ouverts. Ou peut-être un petit peu plus. Bref, moi-même en version sagement sexy. Quant aux dessous, même si je n’ai pas l’intention de les retirer lors d’une première rencontre, nous les avons aussi attentivement choisis. Ils seront noirs, coordonnés, tanga et soutien-gorge légèrement pigeonnant bordé d’une délicate guipure — aura-t-il l’œil fureteur pour aller voler dans mon décolleté un petit morceau de peau claire voilé par la fine dentelle ? Enfin, dernier détail, mais essentiel, mon parfum préféré, l’Eau D’Issey, d’Issey Miyake.
À 20h, je surveille son arrivée par la fenêtre. Il approche. Je tremble. Je résiste à l’envie de fermer les volets, de m’enfermer dans le noir, et d’attendre qu’il parte, déçu de ma défection. Et puis je pense à Céleste, à ce qu’elle me dirait si je faisais cela. Je prends sur moi, saisis mon sac à main et je descends. Je le retrouve sur le trottoir devant la boutique. Il me regarde en souriant, il me tend la main, je lui abandonne la mienne. Sa paume est tiède, déjà caressante. Il me dit être heureux de me retrouver. Je n’ose répondre, et pourtant je le suis moi aussi, heureuse malgré la tension qui s’est accumulée dans mon ventre. « Venez, marchons », dit-il.
Durant 10 minutes, nous avançons sans échanger un mot. Je regarde les façades que je connais par cœur, les vitrines de mes concurrents, les boutiques de souvenirs et les marchands de glaces, bientôt, le port, les bateaux, le vent qui fait vibrer les mats et tinter les haubans. Je suis dans une sorte d’état second, à la fois excitée et légèrement inquiète. Dans ma poitrine, mon cœur s’affole, je tente de le calmer, je respire profondément. Je jette un regard sur le côté, vers cet homme à la démarche à la fois souple et déterminée. Il est toujours aussi élégant, d’une élégance mêlée de décontraction. Vêtements fluides, couleurs claires, allure féline. Je l’avoue, il me plaît. Plus que ça. Je le désire. Je me prends à désirer ses belles mains sur ma peau, et ses lèvres là, tout contre les miennes. Mon corps se réveille à ses côtés, mon esprit s’échauffe et mon sexe gémit dans la moiteur de mes cuisses.
La Bodega del Puerto est un lieu connu pour son ambiance agréable et ses tapas variés. Il me demande si la terrasse me convient. J’acquiesce. Il commande un spritz, je n’en ai jamais bu, mais je fais comme lui. À vrai dire, je me sens un peu perdue, je ne sais plus ce que je fais là, avec un homme, qui va… avec lequel nous allons… Je m’excuse auprès de lui, me lève et file aux toilettes. J’envoie le nom du bar à Céleste. Je me regarde dans la glace, je me force à sourire. Voyons, détends-toi, sois toi-même, ne crains rien, n’espère rien, vis simplement l’instant. J’espère juste que mon désarroi n’est pas trop visible. À mon retour, les verres sont servis, accompagnés d’une petite coupelle d’olives, et Dimitri fait la conversation.
Oui, il s’appelle Dimitri, il a 43 ans et enseigne le français dans un lycée de la banlieue parisienne. Il est marié et a deux enfants. — Marié ? me dis-je. Bon, attendons la suite. Sa femme a moins de vacances que lui, et il en profite parfois pour aller voir des amis dans d’autres villes, comme ici. Un vieux pote de collège, précise-t-il. Il repart demain. À mon tour, je lui parle de moi, et cela me fait du bien, cela me détend. Je raconte mon enfance sans problème, mon BTS commerce, mon premier emploi comme vendeuse dans cette boutique que je dirige aujourd’hui, le départ en retraite, il y a dix ans, de ma patronne, et sa proposition de me vendre à prix d’amie le fonds de commerce et le petit immeuble où il se situe, appartement à l’étage compris. Prêt familial et emprunt bancaire, me voici propriétaire et endettée pour 25 ans.
À peine avons-nous terminé de faire connaissance que Céleste et Sékou arrivent. Ils s’installent à une table voisine, légèrement derrière Dimitri, juste dans mon angle de vue. Céleste me fait un signe discret, auquel je réponds avec un sourire. Je me sens tout de suite mieux, soutenue par la présence de mon amie. Je me lance.
— J’ai été surprise de votre invitation, Dimitri. Je ne dis pas choquée ni ennuyée, mais surprise. 
- Je le comprends, Nelly. Moi-même, je ne suis pas coutumier de ce genre de proposition. Mais… Je vais tout vous dire. Avant tout, lorsque je suis venu acheter l’étoile, non, l’étole, chez vous, j’ai senti votre regard. Un regard qui ne semblait pas être seulement celui d’une commerçante sur un client. Un regard plus, comment dire ? Plus intrigué ? Plus intéressé ? Plus expressif, peut-être ? Lorsque vous êtes venue me conseiller, je vous ai regardée à mon tour, et… Bref, vous comprenez, votre charme a agi…
— Mon charme ? dis-je en ouvrant grand les yeux.
— Oui, votre charme. Votre naturel, votre voix, la façon de vous déplacer… Vous m’avez plu, tout simplement. Mais ce n’est pas tout. La nuit qui a suivi, j’ai rêvé de vous.
— Que dites-vous ?
Je n’en reviens pas ! Cet homme, Dimitri, qui ne m’a vue qu’une fois, aurait rêvé de moi ! je cherche Céleste des yeux, elle est là, sirote un diabolo à la paille, me fait un clin d’œil. Sa sérénité m’apaise.
-  Vous avez rêvé de moi ? Vraiment ?
-  Oui, de vous. De ces rêves qu’on n’oublie pas, parce qu’on se sent différent au matin…
-  Vous voulez dire que…
— Oui, je veux dire que c’était un rêve érotique. Au réveil, j’avais la sensation que nous avions passé la nuit ensemble, l’un contre l’autre, et que nous avions peu dormi.
Je rougis violemment. Je me connais, je le sens, mes joues s’empourprent. Machinalement, je serre les jambes comme pour protéger mon intimité, la mettre à l’abri. Mais sous mon chemiser, dans la dentelle de mon soutien-gorge, mes seins révèlent une excitation qui monte, les envahit, les tend. 
— Vous… Vous plaisantez.
— Pas du tout, Nelly. Vous étiez là, je vous ai regardée vous déshabiller puis vous êtes venue me rejoindre. Vous m’avez embrassé, et…
— Restez-en là, je ne veux pas en savoir plus.
— Je vous choque ?
Est-ce que je suis choquée ? Je m’interroge moi-même.
- C’est-à-dire que… Non, je vous suis même reconnaissante de votre franchise, mais que dois-je faire de cela maintenant ? Vous avez rêvé de moi et vous êtes venu me dire que vous souhaitez passer du rêve à la réalité ?
— Non. Le lendemain du rêve, j’ai pensé à vous, j’ai hésité, et puis je me suis décidé. Il fallait que je vous revoie, d’où cette invitation.
— Et qu’envisagez-vous ? Vous pensez m’emmener dans votre chambre d’hôtel et passer une heure à me… à faire l’amour ?
— Je n’envisage rien du tout, Nelly. Je suis là, vous êtes là, l’instant présent nous appartient, ne présageons pas de l’avenir.
(à suivre)
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hinéros
26 octobre 2026 à 09:17
Bel épisode, léger et sincère. La séduction va à son rythme.

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