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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Céleste — Chapitre 5

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Swan75
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Ce chapitre tient tout entier dans une voix et un miroir, et c'est suffisant. La façon dont Nelly hésite, cherche ses mots pour se décrire, puis se laisse emporter par le jeu de Céleste est rendue avec une justesse rare. Les répliques de Céleste — directes, drôles, jamais vulgaires pour l'effet — sonnent parfaitement juste. On sort de ce chapitre avec l'impression d'avoir assisté à quelque chose de vrai.

Céleste

Chapitre 5

Ce texte divisé en une quinzaine de chapitres est ma première publication ici. Quoiqu’écrite à la première personne, c’est une histoire inventée qui, comme toute fiction recèle parfois des éléments autobiographiques de son auteur ou de son autrice. Ils sont néanmoins assez rares dans le cas présent.
Si la sensualité et l’érotisme sont le sujet de cette histoire, les scènes de sexe n’en composent qu’une partie. Il est même possible qu’elles soient absentes de certains chapitres.
Afin de découvrir les personnages, de mieux comprendre leur évolution et la progression de l’histoire, il est préférable de lire les chapitres dans l’ordre de leur publication, en commençant par le premier.
Les chapitres sont publiés tous les trois jours, à 7 heures du matin, le cinquième sera donc disponible à partir du vendredi 23 octobre. 
Chapitre 5
L’après-midi se traine, j’ai du mal me concentrer. Heureusement, je n’ai pas trop de clients et pour une fois, je m’en félicite. À 19h pile, alors que je viens de fermer, Céleste appelle.
— Alors, que se passe-t-il ?
Je lui raconte la visite de l’homme et l’effet qu’il m’a fait.
— Tu te rends compte, il m’a dit qu’il aurait plaisir à me déshabiller ! C’est choquant, non ? Eh bien, je n’ai pas été choquée, bien au contraire. J’ai eu l’impression de me redresser, je ne sais pas comment dire autrement. Un truc comme ça ne m’était pas arrivé depuis que… Bon, cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps, j’étais à la fois excitée et incapable de réagir.
— Tu mouillais ?
— Céleste, tu poses de ces questions ! C'est un peu indécent.
-  Bah, c’est naturel, non. Tu mouillais ?
— Oui, je l’avoue. Je mouillais.
Elle part d’un grand rire.
— J’adore. Quand vas-tu le revoir ? 
— Mais je ne sais pas, sans doute jamais. Il a joué avec moi son petit numéro de séducteur, mais je ne l’intéresse sans doute pas vraiment.
— Tu crois ça ? Et pourquoi donc ?
— Je ne suis pas comme toi, Céleste, je ne suis pas une beauté, je suis plutôt quelconque, c’est pour cela que les hommes ne me voient pas.
— C’est là que tu te trompes. Tu es jolie, attirante, tu as du charme. 
— Tu dis ça pour me faire plaisir.
— Non, je dis ça parce que je le pense. Et je le prouve.
— Et comment vas-tu le prouver ?
— Tu es toujours à la boutique ?
— Oui, je viens juste de fermer, je ne suis pas encore remontée.
— Parfait. Alors va dans la cabine d’essayage, mets ton téléphone sur haut-parleur et pose-le.
— Pourquoi ?
— Ne pose pas de question, fais-le.
Je me demande ce qu’elle a en tête mais Céleste ne cesse de m’étonner, et, je l’avoue, ses surprises me plaisent beaucoup J’écarte le rideau et entre dans la cabine.
— Voilà, j’y suis.
— Regarde dans le miroir. Que vois-tu ?
— Je me vois.
— Je me doute bien que tu te vois, rit-elle, mais plus précisément, en détail.
Mon reflet dans la glace. Depuis combien de temps ne me suis-je pas regardée, vraiment regardée, dans un miroir ? Je me vois lorsque je me maquille légèrement, lorsque je m’habille et vérifie le pli d’un chemisier, le tombé d’une jupe, mais je ne me regarde pas. Je suis absente à mes yeux.
— Ce que je vois... Moi. Une femme qui aura 40 ans dans quelques années, de taille moyenne, plutôt mince, blonde, les cheveux mi-longs coupés au carré, les yeux bleu-clair, le visage régulier, deux petites boucles d’oreilles et ma bague avec un rubis à l’annulaire de ma main gauche. Que te dire d’autre ?
-  Tu ne m’as rien dit, Nelly. Je ne sais rien de ta bouche, de tes lèvres, de ton nez, ton front, ton menton, ton cou. Rien du modelé de ta silhouette, de la texture de ta peau, de la profondeur de ton
regard, de la lumière de ton regard. Rien de ce qui bat dans ta poitrine, ce qui vibre dans ton ventre, ce qui éclate dans ton cerveau. Tout ce qui fait la beauté d’une personne, homme ou femme.
J’écoute Céleste, je suis stupéfaite. Elle m’en remontre sur la beauté, sur la nature de la beauté, qui n’est pas seulement plastique, formes, mensurations, mais allure, attitude, mouvement, ouverture. Qui est avant tout expression irradiante et chaleur intérieure. Mais comment exprimer tout ça ? Elle me rassure.
— Ne me dis pas tout ça. Décris-moi seulement comment tu es habillée ?
— Mais tu le sais. Tu m’as vue ce midi chez madame Liu…
— Dis-le moi quand-même, Nelly. Ce n’est pas ta tenue qui m’importe, ce sont tes mots.
Mes mots. Elle veut mes mots. Où veut-elle en venir ? Je ne sais pas mais je la suis.
— Je suis habillée comme tous les jours, je veux dire, tous les jours quand je suis à la boutique. Je porte une jupe droite noire, au-dessus du genou, et un chemisier blanc, assez classique. Des chaussures fermées, noires aussi, avec un petit talon. Ah oui, des chevilles fines. J’aime bien mes chevilles.
— Bon, cela manque un peu de fantaisie, mais continuons. Maintenant, déboutonne ton chemisier et continue.
Puisque j’ai décidé de faire ce que me demande Céleste, je le fais sans protester. Mais non sans trouble.
— Une petite poitrine dans un soutien-gorge uni blanc.
— Petite, c’est-à-dire ?
— Heu… La taille de mes soutiens-gorge est 85B.
— Et sous ton chemiser,  il n’y a pas que ta poitrine…
— Non, il y a aussi mon ventre. Il est plat.
— Bien. Maintenant, retire le chemisier et la jupe.
— Où vas-tu m’emmener, Céleste ?
— Ne t’inquiète pas, fais-le.
Je commence à comprendre et je ne me cache pas que j’apprécie ce petit jeu, que je trouve du plaisir à me dévoiler sous ses mots, comme si je le faisais devant elle, comme si le miroir devant moi était un miroir sans tain et qu’elle se tenait derrière. Elle et peut-être aussi l’homme de cet après-midi… Je sens l’excitation monter en moi. Je me débarrasse du chemisier, descends la fermeture éclair de la jupe qui tombe à mes pieds. Je suis maintenant en petite tenue, ne portant que mes sous-vêtements bien sages et mes chaussures.
— Alors, que vois-tu ? 
— Je vois une femme presque nue, à la peau claire et au regard troublé.
— Troublé ? Pourquoi ? Tu te troubles toi-même ?
— Ce n’est pas moi qui me trouble, Céleste, c’est toi, ce sont tes mots, ta voix suave, et ce que tu me fais faire.
— Je n’en ai pas fini. Enlève ton soutien-gorge et dis-moi.
Je baisse les bretelles du soutien-gorge sur mes épaules, dégage mes bras, passe les mains derrière mon dos et détache l’agrafe. Je le pose sur le tabouret et regarde à nouveau dans le miroir.
— Je vois mes seins... Ils sont ronds et se tiennent encore bien, sans doute parce qu’ils ne sont pas trop gros. Des aréoles roses, pas très larges, et des tétons… Des tétons roses un peu plus foncés… qui pointent.
— Ils pointent comment ? Touche-les.
Je pose la paume de chaque main sur les mamelons… Puis, je les prends entre deux doigts, et les pince très délicatement. Je frissonne, et ce n’est pas à cause du froid.
— Ils sont durs, et sensibles, et… très excités.
— Bien. Enlève maintenant ta culotte.
— Je me doutais bien que je me retrouverai totalement nue à un moment ou un autre. Tu es une démone, Céleste.
— Et bien plus que ça, ma chère Nelly. Alors, qu’est-ce qui se cachait sous cette petite
culotte de coton ?
— Mon pubis. Avec des poils blonds, pas très fournis…
— Et encore ?
— Et…
J’avale ma salive. Les mots ont du mal à sortir.
— Nelly, ma chérie, raconte-moi. Raconte-moi ce que tu vois.
— Je vois ma vulve, dis-je très vite. Je vois des lèvres fines, légèrement brunes, je les distingue facilement.
— Elle doit être magnifique. Maintenant, tourne-toi et regarde par-dessus ton épaule.
— Il y a ma nuque, mon dos, mes reins cambrés, et mes fesses. J’imagine que ce sont elles qui t’intéressent le plus.
— N’imagine rien, Nelly. Juste, fais ce que je te demande. Ton cul, comment est-il ?
— Rond. Ferme. Lisse.
— Parfait, regarde-toi. Regarde cette femme dans le miroir. Ne penses-tu pas que cette femme, celle qui se trouve devant toi, nue, dans sa beauté originelle, ne peut pas plaire, séduire et même faire bander un homme ?
Je me regarde à nouveau, entièrement. Je me redécouvre. Une femme debout devant son image, son reflet, debout devant elle-même. Une femme qui se prend à aime son corps. Je souris. Bien-sûr que je le pense. Qu’un homme peut désirer cette femme. Désirer la toucher, l’embrasser, l’éteindre. La pénétrer. Céleste vient de me réconcilier mon corps, avec ma capacité à plaire, et même avec l’envie de me sentir plus sexy, plus attirante.
— Oui Céleste. Tu as raison.
— Je vais te demander une dernière chose. Assieds-toi sur le tabouret. C’est fait ? Souviens-toi maintenant de ce que tu m’as raconté tout à l’heure, au restaurant, lorsque tu t’es caressée en pensant à moi. Je n’étais pas là, tu ne faisais qu’imaginer. Maintenant, je suis bien présente, et pas seulement par ma voix. Je suis avec toi, Nelly. Alors écarte les cuisses. Largement. Je suis sûre que ta chatte est trempée, n’est-ce pas.
Je n’ai pas l’habitude de parler ainsi, je n’appelle jamais mon sexe une chatte, mais ce seul mot m’électrise un peu plus. Et oui, je suis trempée, cela coule déjà sur mes cuisses, et j’ai une envie irrépressible de me toucher, de me caresser. Je n’ai rien dit, mais Céleste a compris.
— Fais-le, fais ce que tu sais que je veux que tu fasses, branle-toi la chatte et surtout, ne ferme pas les yeux. Regarde et dis-moi.
Les paroles de Céleste m’électrisent. Mon désir est là, avec elle, avec ses mots et son regard. Je n’hésite plus et ma voix se lie à mes gestes.
— Oui, je fais et je te décris en même temps que je fais. Voilà. Ma main descend le long de mon ventre, lentement, jusqu’à mon pubis. Je sens ma toison légère sous mes doigts, je la caresse délicatement, en tirant un peu les poils. Mon autre main s’est posée sur mon sein droit et le soupèse — il est léger, plus que les tiens doivent être, Céleste —, le prend dans sa paume, le malaxe avec douceur. Je sens mon mamelon dressé, durci, je le serre entre mon pouce et mon index, d’abord légèrement, puis plus fort. C’est très agréable ! Plus bas, j’ai atteint mon clitoris, lui aussi érigé, lui aussi a besoin de caresses. Avec le majeur pour commencer, je tourne autour, je le cerne, me rapproche en une lente spirale jusqu’à atteindre le bouton qui a rougi. Le vois-tu, Céleste ? Je l’effleure, le titille, je descends jusqu’à ma fente pour récolter un peu de cyprine et je l’en badigeonne. C’est doux, c’est fort, mon ventre palpite, mes seins durcissent encore si c’est possible. Ce ne sont pas seulement mes caresses qui me font cet effet, Céleste, c’est de me les prodiguer avec toi, pour toi. Et d’exhiber mon plaisir par mes seules paroles.
— Tu le fais parfaitement, Nelly, et tu m’excites au plus haut point.
— Est-ce que tu te caresses aussi ? 
— Haha, je ne te le dirai pas. Tu n’as qu’à imaginer. Continue.
— Mes cuisses sont maintenant totalement ouvertes, et, avec deux doigts, j’écarte mes lèvres pour mieux te montrer mon sexe offert, pour m’exhiber devant toi. Je suis folle, Céleste. L’autre main a quitté mes seins pour à nouveau s’occuper de mon clitoris. Et puis je me mets un doigt dans le… dans la chatte. Je me pénètre lentement, pour mieux éprouver toutes les sensations. Des tressaillements remontent le long de mon dos, jusque dans ma nuque. Et mon ventre vibre comme jamais. Que c’est bon ! Je me renverse en arrière, je me cambre pour m’ouvrir plus largement. Un deuxième doigt, un
troisième. Je ne maitrise plus mes gestes, mes mains, elles seules me conduisent au plaisir que je sens proche, qui monte et m’envahit, des spasmes puissants me… Je suis… Je jouis, Céleste, je jouis, et n’en finis pas de jouir…
Je reste un instant immobile, muette, saisie par l’orgasme. Céleste se tait elle aussi. Tout au plus entend-elle ma respiration. Je laisse mon corps s’apaiser, lentement. Je profite des dernières ondulations du plaisir.
— Céleste, es-tu là ? As-tu vu ? Ou plutôt, as-tu entendu ?
— Oui, j’ai tout vu.
— Je ne pensais pas pouvoir me donner un plaisir aussi intense toute seule.
— Tu n’étais pas seule, Nelly.
— C’est vrai, tu étais là, tout le temps, à chaque instant, et c’est toi qui m’as offert ce plaisir.
— J’ai eu aussi beaucoup de joie en t’écoutant. Et je peux te le dire, oui, je te suivais, chacun de tes gestes, je les reproduisais sur moi, mes seins, ma chatte, et j’ai joui, moi aussi. En même temps que toi.
— Nous avons donc fait l’amour ensemble.
— Pas encore ensemble, Nelly. Disons, en même temps. Mais dis-moi, crois-tu encore, maintenant, que tu ne peux attirer un homme, le séduire, le charmer, et le conduire à te donner un plaisir plus fort encore que celui que tu viens de ressentir ?
— Je crois que c’est possible, oui. Un homme comme celui de cet après-midi. Mais il est parti…
— Il reviendra, crois-moi. Et s’il ne revient pas, il y en a d’autres, des milliers d’autres qui sont prêts à te baiser.
— Oh, Céleste…
— Ce mot te choque ? Pourquoi ? Ce n’est qu’un mot et il ne faut pas avoir peur des mots. Il faut appeler les choses et les actes par leurs noms. Et d’ailleurs, ne te crois pas quitte avec moi, j’ai aussi très envie de te baiser.
— Céleste, je…
— Chut ! À très bientôt, ma beauté.
Elle raccroche. Je reste quelques minutes sans bouger, toujours nue, assise sur le tabouret de la cabine d’essayage. J’ai la tête qui tourne, le cœur qui bat, le ventre qui palpite encore. Je me rhabille lentement et monte chez-moi. Et c’est maintenant une sensation de bien-être qui m’envahit. J’ai le sentiment d’être, à 37 ans, une autre femme.
(à suivre)
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Chapitre 6
Depuis que Céleste a poussé la porte de sa boutique, Nelly ne se reconnaît plus. Introvertie, peu habituée à la séduction, elle observe la vie des autres avec une curiosité mêlée d'envie. Céleste, elle, semble n'avoir peur de rien : ni des hommes, ni des regards, ni des désirs qu'elle sème autour d'elle. Alors quand le trouble commence à s'installer pour de bon, Nelly se demande jusqu'où elle est prête à le laisser entrer.
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Commentaires ()

Passer les 9 commentaires
Photo de profil de Yolofeno
Yolofeno
21 octobre 2026 à 21:56
Je n'ai pas voulu commenter le 1er chapitre pour arriver à la fin plus rapidement. J'adore la façon dont tu as écrit. Merci pour ce moment
HighLow_93
21 octobre 2026 à 08:48
C'est très original et très élégant, vous avez beaucoup de talent et c'est un plaisir d'en profiter ici. Merci et belle continuation (s'il vous plaît ;-)
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
20 octobre 2026 à 17:34
J'adore
Photo de profil de Haleros
Haleros
20 octobre 2026 à 15:33
Un chapitre magnétique !
L'idée de cette cabine fermée le soir, du miroir et de cette voix au bout du fil qui guide et libère Nelly est une merveille de tension.
L'érotisme passe autant par le pouvoir des mots et le regard enfin posé sur soi que par le plaisir partagé à distance.
Et cette phrase finale sur la métamorphose de Nelly résonne avec une grande justesse... Bravo, vivement la suite !
Photo de profil de Thewritter
Thewritter
20 octobre 2026 à 09:50
J'ai aimé voir Nelly se lâcher et se faire jouir
Photo de profil de Gynécologue
Gynécologue
20 octobre 2026 à 07:56
Magnifique ce chapitre 5.

J'ai beaucoup aimé que Céleste fasse se découvrir Nelly dans le miroir et la description de ce beau moment.
Céleste éduque Nelly avec beaucoup de tact et de sensualité.

Bravo Swan

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