Céleste — Chapitre 5
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L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce chapitre tient tout entier dans une voix et un miroir, et c'est suffisant. La façon dont Nelly hésite, cherche ses mots pour se décrire, puis se laisse emporter par le jeu de Céleste est rendue avec une justesse rare. Les répliques de Céleste — directes, drôles, jamais vulgaires pour l'effet — sonnent parfaitement juste. On sort de ce chapitre avec l'impression d'avoir assisté à quelque chose de vrai.
Céleste
Chapitre 5
— Céleste, tu poses de ces questions ! C'est un peu indécent.
- Bah, c’est naturel, non. Tu mouillais ?
— Oui, je l’avoue. Je mouillais.
— J’adore. Quand vas-tu le revoir ?
— Mais je ne sais pas, sans doute jamais. Il a joué avec moi son petit numéro de séducteur, mais je ne l’intéresse sans doute pas vraiment.
— Tu crois ça ? Et pourquoi donc ?
— Je ne suis pas comme toi, Céleste, je ne suis pas une beauté, je suis plutôt quelconque, c’est pour cela que les hommes ne me voient pas.
— C’est là que tu te trompes. Tu es jolie, attirante, tu as du charme.
— Tu dis ça pour me faire plaisir.
— Non, je dis ça parce que je le pense. Et je le prouve.
— Et comment vas-tu le prouver ?
— Tu es toujours à la boutique ?
— Oui, je viens juste de fermer, je ne suis pas encore remontée.
— Parfait. Alors va dans la cabine d’essayage, mets ton téléphone sur haut-parleur et pose-le.
— Pourquoi ?
— Ne pose pas de question, fais-le.
— Regarde dans le miroir. Que vois-tu ?
— Je me vois.
— Je me doute bien que tu te vois, rit-elle, mais plus précisément, en détail.
- Tu ne m’as rien dit, Nelly. Je ne sais rien de ta bouche, de tes lèvres, de ton nez, ton front, ton menton, ton cou. Rien du modelé de ta silhouette, de la texture de ta peau, de la profondeur de ton
regard, de la lumière de ton regard. Rien de ce qui bat dans ta poitrine, ce qui vibre dans ton ventre, ce qui éclate dans ton cerveau. Tout ce qui fait la beauté d’une personne, homme ou femme.
— Mais tu le sais. Tu m’as vue ce midi chez madame Liu…
— Dis-le moi quand-même, Nelly. Ce n’est pas ta tenue qui m’importe, ce sont tes mots.
— Bon, cela manque un peu de fantaisie, mais continuons. Maintenant, déboutonne ton chemisier et continue.
— Petite, c’est-à-dire ?
— Heu… La taille de mes soutiens-gorge est 85B.
— Et sous ton chemiser, il n’y a pas que ta poitrine…
— Non, il y a aussi mon ventre. Il est plat.
— Bien. Maintenant, retire le chemisier et la jupe.
— Où vas-tu m’emmener, Céleste ?
— Ne t’inquiète pas, fais-le.
— Je vois une femme presque nue, à la peau claire et au regard troublé.
— Troublé ? Pourquoi ? Tu te troubles toi-même ?
— Ce n’est pas moi qui me trouble, Céleste, c’est toi, ce sont tes mots, ta voix suave, et ce que tu me fais faire.
— Je n’en ai pas fini. Enlève ton soutien-gorge et dis-moi.
— Je vois mes seins... Ils sont ronds et se tiennent encore bien, sans doute parce qu’ils ne sont pas trop gros. Des aréoles roses, pas très larges, et des tétons… Des tétons roses un peu plus foncés… qui pointent.
— Ils pointent comment ? Touche-les.
— Bien. Enlève maintenant ta culotte.
— Je me doutais bien que je me retrouverai totalement nue à un moment ou un autre. Tu es une démone, Céleste.
— Et bien plus que ça, ma chère Nelly. Alors, qu’est-ce qui se cachait sous cette petite
culotte de coton ?
— Mon pubis. Avec des poils blonds, pas très fournis…
— Et encore ?
— Et…
— Je vois ma vulve, dis-je très vite. Je vois des lèvres fines, légèrement brunes, je les distingue facilement.
— Elle doit être magnifique. Maintenant, tourne-toi et regarde par-dessus ton épaule.
— Il y a ma nuque, mon dos, mes reins cambrés, et mes fesses. J’imagine que ce sont elles qui t’intéressent le plus.
— N’imagine rien, Nelly. Juste, fais ce que je te demande. Ton cul, comment est-il ?
— Rond. Ferme. Lisse.
— Parfait, regarde-toi. Regarde cette femme dans le miroir. Ne penses-tu pas que cette femme, celle qui se trouve devant toi, nue, dans sa beauté originelle, ne peut pas plaire, séduire et même faire bander un homme ?
— Je vais te demander une dernière chose. Assieds-toi sur le tabouret. C’est fait ? Souviens-toi maintenant de ce que tu m’as raconté tout à l’heure, au restaurant, lorsque tu t’es caressée en pensant à moi. Je n’étais pas là, tu ne faisais qu’imaginer. Maintenant, je suis bien présente, et pas seulement par ma voix. Je suis avec toi, Nelly. Alors écarte les cuisses. Largement. Je suis sûre que ta chatte est trempée, n’est-ce pas.
— Tu le fais parfaitement, Nelly, et tu m’excites au plus haut point.
— Est-ce que tu te caresses aussi ?
— Haha, je ne te le dirai pas. Tu n’as qu’à imaginer. Continue.
— Mes cuisses sont maintenant totalement ouvertes, et, avec deux doigts, j’écarte mes lèvres pour mieux te montrer mon sexe offert, pour m’exhiber devant toi. Je suis folle, Céleste. L’autre main a quitté mes seins pour à nouveau s’occuper de mon clitoris. Et puis je me mets un doigt dans le… dans la chatte. Je me pénètre lentement, pour mieux éprouver toutes les sensations. Des tressaillements remontent le long de mon dos, jusque dans ma nuque. Et mon ventre vibre comme jamais. Que c’est bon ! Je me renverse en arrière, je me cambre pour m’ouvrir plus largement. Un deuxième doigt, un
troisième. Je ne maitrise plus mes gestes, mes mains, elles seules me conduisent au plaisir que je sens proche, qui monte et m’envahit, des spasmes puissants me… Je suis… Je jouis, Céleste, je jouis, et n’en finis pas de jouir…
— Oui, j’ai tout vu.
— Je ne pensais pas pouvoir me donner un plaisir aussi intense toute seule.
— Tu n’étais pas seule, Nelly.
— C’est vrai, tu étais là, tout le temps, à chaque instant, et c’est toi qui m’as offert ce plaisir.
— J’ai eu aussi beaucoup de joie en t’écoutant. Et je peux te le dire, oui, je te suivais, chacun de tes gestes, je les reproduisais sur moi, mes seins, ma chatte, et j’ai joui, moi aussi. En même temps que toi.
— Nous avons donc fait l’amour ensemble.
— Pas encore ensemble, Nelly. Disons, en même temps. Mais dis-moi, crois-tu encore, maintenant, que tu ne peux attirer un homme, le séduire, le charmer, et le conduire à te donner un plaisir plus fort encore que celui que tu viens de ressentir ?
— Je crois que c’est possible, oui. Un homme comme celui de cet après-midi. Mais il est parti…
— Il reviendra, crois-moi. Et s’il ne revient pas, il y en a d’autres, des milliers d’autres qui sont prêts à te baiser.
— Oh, Céleste…
— Ce mot te choque ? Pourquoi ? Ce n’est qu’un mot et il ne faut pas avoir peur des mots. Il faut appeler les choses et les actes par leurs noms. Et d’ailleurs, ne te crois pas quitte avec moi, j’ai aussi très envie de te baiser.
— Céleste, je…
— Chut ! À très bientôt, ma beauté.
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Commentaires ()
L'idée de cette cabine fermée le soir, du miroir et de cette voix au bout du fil qui guide et libère Nelly est une merveille de tension.
L'érotisme passe autant par le pouvoir des mots et le regard enfin posé sur soi que par le plaisir partagé à distance.
Et cette phrase finale sur la métamorphose de Nelly résonne avec une grande justesse... Bravo, vivement la suite !
J'ai beaucoup aimé que Céleste fasse se découvrir Nelly dans le miroir et la description de ce beau moment.
Céleste éduque Nelly avec beaucoup de tact et de sensualité.
Bravo Swan