Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
C'est votre faute ! — Chapitre 6 · Carole et Véronique
Auteur
C'est votre faute !
Chapitre 6 · Carole et Véronique
Je n'ai que le temps de filer prendre une douche avant d'aller chercher Carole. À la gare, je n'attends pas trop longtemps, le train est à l'heure. Je suis tellement fatigué que je m'endormirais presque debout. Et voilà Carole qui descend d'un wagon. Je vais à sa rencontre pour l'aider à porter ses bagages.
Arrivée à ma hauteur, elle pose ses sacs sans ménagement et me saute au cou. Je suis heureux de la retrouver, moi aussi, et si j'avais eu un peu plus d'énergie, je crois que je l'aurais volontiers fait tourner. Nos embrassades sont chaleureuses. Ses yeux brillent et je pense que les miens aussi.
— Ça va ? me demande-t-elle. Tu as l'air sur les rotules.
— Un petit coup de barre passager, je vais me remettre. Et toi, comment vas-tu ?
— Mieux maintenant.
— Un petit coup de barre passager, je vais me remettre. Et toi, comment vas-tu ?
— Mieux maintenant.
Je la regarde, attendant la suite.
— De gros soucis au boulot, je te raconterai plus tard. Je veux d'abord me détendre. Et toi, alors, combien de conquêtes à ton actif ?
Au ton qu'elle emploie, je sais qu'elle blague, qu'elle n'attend pas de réponse.
— Juste une, depuis ce matin.
Carole s'arrête net.
— C'est vrai ?
Elle me dévisage, son sourire et l'or de ses yeux s'estompent. Je n'avais pas prévu cette réaction. Non, pour être franc, je n'ai pas pensé un seul instant aux sentiments de Carole depuis ce matin dans la piscine. Elle me suit jusqu'à la voiture sans dire un mot. Je la laisse s'installer. Je ne démarre pas.
— Tu veux qu'on en parle ?
— De quoi ?
— Du fait que je ne sois plus célibataire.
— Je n'ai rien à dire, c'est ta vie.
— De quoi ?
— Du fait que je ne sois plus célibataire.
— Je n'ai rien à dire, c'est ta vie.
Je reconnais ce ton, ce regard. Elle avait les mêmes quand nous nous sommes rencontrés sur mon palier.
— En effet, c'est ma vie. Et en quelques jours, à peine quelques semaines, tu es devenue une amie. Je n'ai sans doute jamais été aussi proche de quelqu'un que je le suis de toi maintenant. Alors pas de faux-fuyants, pas de « c'est ta vie ». OK ?
J'hésite un peu avant de poursuivre. Pas de faux-fuyants, ai-je dit. Autant se l'appliquer.
— Tu es jalouse ?
— Comment pourrais-je être jalouse ?
— Comment pourrais-je être jalouse ?
Elle s'interrompt.
— Oui, sans doute. Pas au sens classique d'une amoureuse jalouse. Mais c'est vrai que je n'ai pas envie de te partager avec qui que ce soit. Toi aussi, tu es devenu mon plus proche ami. Et après toutes ces histoires, j'avais sans doute envie d'être juste avec toi, de passer quinze jours sans soucis.
— Véronique n'est pas un souci.
— Sans doute pas pour toi. Mais moi, je te voulais pour moi toute seule.
— Véronique n'est pas un souci.
— Sans doute pas pour toi. Mais moi, je te voulais pour moi toute seule.
Je caresse sa joue, embrasse son front. J'étais comme elle au début de l'année, prêt à me raccrocher à la moindre bouée de secours, à la moindre bouée de tendresse.
— Je ne vais pas t'abandonner. Moi aussi, j'ai besoin de toi.
— Sauf que tu vas avoir mieux à faire que de t'occuper de moi pendant les prochains jours. C'est pour ça que tu es fatigué, hein ?
— Sauf que tu vas avoir mieux à faire que de t'occuper de moi pendant les prochains jours. C'est pour ça que tu es fatigué, hein ?
Son regard me transperce, je rougis comme un gamin pris en faute.
— C'était bien ?
Ses yeux… ses yeux qui lisent dans les miens. Avant que je ne puisse répondre, elle sourit.
— Tu veux bien arrêter ça, Caro !!
— Arrêter quoi ?
— De deviner mes réponses avant que je puisse seulement ouvrir la bouche.
— Arrêter quoi ?
— De deviner mes réponses avant que je puisse seulement ouvrir la bouche.
Elle est contre moi, nos visages sont si près l'un de l'autre. Je sens son parfum et ma tête tourne un peu. Elle m'embrasse. C'est si léger et si fugace que je crois avoir rêvé.
— Un jour peut-être, nous serons disponibles l'un pour l'autre.
Ai-je entendu ses paroles ? Ou s'agit-il d'une autre illusion ? Carole s'éloigne, reprend sa place.
— Bon, alors on y va ? J'ai envie de voir celle qui t'épuise à ce point.
Durant le court trajet qui nous ramène au camping, je tente de réfléchir à ce que Carole vient de dire et de faire. Je sais déjà qu'avec elle, il est inutile de vouloir une vie pépère et sans vagues. Elle a une vision de la vie qui tient plus des montagnes russes que du long fleuve tranquille. Il est clair aussi que, sans les circonstances si particulières de notre rencontre, j'aurais tout fait pour la séduire. Car, comme le disait Brassens, tout est bon chez elle, il n'y a rien à jeter. Mais je ne crois pas que ce serait une bonne idée. Nous avons tous les deux nos plaies à refermer.
Je me rends compte que j'ai plus ou moins volontairement occulté le fait que Carole est une femme plus que séduisante. Pour moi, ce n'est pas une amante potentielle, mais Carole. Je ne peux même pas dire que c'est une amie, car par le passé, je n'ai jamais pensé qu'il était impossible de faire l'amour avec une amie. Et puis, à bien y regarder, hormis le fait de ne pas partager le même lit, notre colocation ressemble un peu plus chaque jour à une vie de couple.
Et là encore, force m'est de reconnaître que Carole a une longueur d'avance sur moi. Nul doute qu'elle sait déjà tout ça et que ce qui chemine péniblement dans mon esprit embrumé est devenu une évidence pour elle dès le début de notre conversation. Je comprends aussi que rien n'est écrit, que ce baiser si léger sera peut-être le seul si l'un comme l'autre nous trouvons ailleurs chaussure à notre pied. Mais il nous restera toujours cette communion d'esprit.
Je me gare devant notre tente. Nous n'avons pas échangé un mot, mais avant de descendre, nous nous tournons l'un vers l'autre. Mouvement simultané, chacun est le miroir de l'autre. Je souris, elle me fait un clin d'œil. C'est beau, la vie.
Arrivé devant la tente, je vois un petit papier posé sur la table, tenu par une pierre.
« Je viens vers 14h30 avec le dessert. Bises. Véro »
— On a intérêt à ne pas traîner pour manger, alors, commente Carole.
Je me demande ce qui serait le pire : qu'elles se détestent et que je sois pris entre deux feux, ou qu'elles s'entendent comme larrons en foire et que je sois la cible de leurs piques. Mais, en effet, vu l'heure qu'il est, je ne vais pas tarder à être fixé.
Le déjeuner est expédié et Véro arrive à l'heure dite. Carole la détaille pendant qu'elle s'approche.
— Ponctuelle, mignonne et pas radine, si j'en juge par la taille de la boîte à gâteaux. Tu as de bons goûts, malgré tout.
Je préfère ne pas savoir ce que recouvre ce « malgré tout ». L'ignorance a parfois du bon et je ne tiens pas à inciter Carole à entreprendre de me réformer. J'ai droit à un baiser plein de fougue, mais bref. Carole et Véronique se font la bise, visiblement très détendues et contentes. Alors pourquoi diable est-ce que je suis prêt à plonger par terre comme pour éviter l'onde de choc d'une déflagration ?
— Sylvain m'avait caché qu'il avait une amie aussi jolie.
— Tout comme il a oublié de me dire que tu es canon.
— Tout comme il a oublié de me dire que tu es canon.
Je les observe toutes les deux. On dirait vraiment qu'elles sont sincères et disposées à faire amie-amie. Dans un ensemble parfait, elles se tournent vers moi, presque accusatrices.
— Euh, les filles, moi, je n'ai rien demandé. C'est toi, Carole, qui m'attendais sur mon palier, et toi, Véro, c'est ton idée, la piscine.
— Il fallait bien que je prenne les choses en main, sinon nous en serions toujours aux blagues douteuses.
— Je compatis sincèrement, il faut parfois lui mettre les points sur les i et les barres aux t.
— Il fallait bien que je prenne les choses en main, sinon nous en serions toujours aux blagues douteuses.
— Je compatis sincèrement, il faut parfois lui mettre les points sur les i et les barres aux t.
Qui a dit que la foudre ne tombait pas deux fois au même endroit ? Je crois que ces quinze prochains jours vont être longs. Très longs.
— Peut-être qu'on devrait faire le tour du camping, voir s'il y a d'autres jeunes hommes susceptibles de nous apprécier à notre juste valeur ?
— Tu penses bien que j'ai vérifié avant de jeter mon dévolu sur lui, mais bon, c'est encore lui, le mieux.
— C'est gentil de le dire.
— Tu penses bien que j'ai vérifié avant de jeter mon dévolu sur lui, mais bon, c'est encore lui, le mieux.
— C'est gentil de le dire.
Véro ignore mon intervention.
— Bien sûr, côté physique, il pourrait faire quelques efforts. Mais au moins, il a une cervelle et un minimum d'éducation. J'imagine qu'on ne peut pas tout avoir.
Même les Écossais ont des douches plus chaudes. Me drapant dans les lambeaux de ma dignité, je demande qui veut boire un peu d'eau fraîche.
10 juillet
Je m'éveille en sursaut. Seul. Véronique, hier soir, m'a souhaité bonne nuit d'un simple baiser. Enfin, simple et torride. Malgré nos galipettes du matin, j'aurais volontiers remis le couvert.
— Carole a besoin de se reposer, pas question de l'empêcher de dormir.
Me voilà à l'eau et au pain sec, pour cause d'isolation phonique trop mince ! La fin de l'après-midi avait pourtant été bon enfant. Les filles avaient sans doute considéré que, leur suprématie une fois bien établie, elles n'avaient pas besoin d'en remettre une couche. Certes, j'avais été la victime de quelques piques, mais je n'étais plus la cible unique, Caro et Véro se taquinant aussi parfois. Christian avait assisté à une joute que j'avais, bien entendu, perdue. Et comme j'avais voulu me faire plaindre, il avait soupiré d'un air fataliste.
— C'est de ta faute aussi. Deux filles pour les vacances !
Bon, si lui aussi s'y mettait, autant renoncer tout de suite. La soirée s'était finie fort tard. Personne n'avait vraiment envie d'aller au lit. Enfin, moi, j'y serais volontiers allé. Mais pas seul.
Je jette un œil à ma montre. 7h30 ! D'habitude, à cette heure, je suis en promenade. Après tout, je suis en vacances. Je songe donc à retourner voir ce cher Morphée. À 8h, je n'y tiens plus. Dans la « chambre » voisine, Caro dort. La veinarde ! Tant pis, autant aller à la douche et éviter la foule. Je bataille un peu contre la porte, ma serviette et ma trousse de toilette me gênant pour l'ouvrir.
— Besoin que je te la tienne ?
Véro vient de surgir derrière moi. Elle m'embrasse sans attendre ma réponse, ce qui m'arrange. Waouh, quel baiser… Je ne sais pas comment elle fait, mais à chaque fois, elle sait provoquer une brutale hausse de ma tension juste en posant ses lèvres sur les miennes. Elle triche un peu parfois en utilisant aussi ses mains, mais tout de même, elle est très douée ! Elle ouvre la porte et me pousse sans ménagement à l'intérieur de la douche.
— On a une nuit à rattraper, mon petit monsieur.
— Le petit monsieur mesure plus d'1m86.
— Pas partout.
— Le petit monsieur mesure plus d'1m86.
— Pas partout.
Et de nouveau, elle m'embrasse. C'est brûlant, c'est frais, c'est passionné. Elle mordille mes lèvres, puis les caresse de sa langue. Ses mains s'activent le long de mon corps. Je subis ses assauts, toujours encombré par mes affaires. La voilà qui se glisse sous mon tee-shirt, qu'elle m'enlève. Je frissonne. Elle m'abandonne, ferme la porte de la douche. Je me débarrasse de ma serviette et de ma trousse. Cette fois, c'est moi qui pars à l'assaut. Vu le lieu, je n'ai droit qu'à une guerre éclair, je dois être rapide : je lui ôte son tee-shirt, tire sur le nœud de son bas de maillot de bain, derniers remparts entre nos corps. Baiser fougueux, corps contre corps. Sa peau est douce, fraîche. Mes mains partent en éclaireuses. Mes baisers sont autant de drapeaux sur un territoire dont je prends possession. Plaquée contre la paroi de la douche, Véro se laisse faire, presque passive. Seuls quelques soupirs témoignent de ma progression. Lorsque mes doigts explorent le delta de ses jambes, elle manque de crier. Elle se mord les lèvres pour que nul bruit ne s'en échappe. Elle ne veut pas crier grâce trop vite. Je tombe à genoux, non pas en signe de soumission, mais pour lancer une nouvelle attaque. D'exploratrices, mes mains deviennent inquisitrices. Elles découvrent de jolis trésors dans des replis de terrain. La reddition est proche, je le sens. Ma langue part elle aussi à l'assaut de ce mont qui résiste encore. D'un mouvement enveloppant suivi d'une lente avancée, la voilà qui force l'entrée du dernier bastion. Après ce travail de sape de ma langue, mes doigts peuvent enfin pénétrer dans ce lieu sacré.
— Fais-moi l'amour.
Comme ces paroles de capitulation sont douces à entendre. Vainqueur magnanime, je m'exécute. Les jambes en coton, le souffle court, je serre Véro contre moi. Cette charmante jeune fille est une amante pleine de surprises. Et que des bonnes !! Hier, elle avait presque toujours voulu conserver l'initiative de nos ébats. Ce matin, elle vient de montrer qu'elle sait aussi laisser son partenaire mener le bal. Malgré le peu de temps dont nous disposions (rester une heure enfermés sous la douche aurait pu amener d'autres personnes à se poser quelques questions), elle a, cette fois, fait preuve d'une patience et d'une douceur dont je ne la pensais pas capable. À regret, nous nous séparons. Elle m'embrasse dans le cou et murmure :
— Pas mal, tu pourras recommencer, mon petit monsieur.
— Ah oui ? Et avec qui ?
— Ah oui ? Et avec qui ?
Feignant la colère, elle me pousse un peu. Et déclenche la douche. Qui, bien sûr, est pour le moins froide. Je proteste avec véhémence. Sans se soucier de mes commentaires, elle me rejoint sous l'eau, qui commence à peine à tiédir.
— Petite nature, va ! Je crois qu'il n'y a personne d'autre que moi qui puisse s'intéresser à toi.
Elle m'embrasse de nouveau, me donne le gel douche.
— Allez, au boulot, et n'en profite pas, enfin pas trop.
Lorsque je retourne à la tente, Carole est réveillée et m'attend pour prendre le petit-déjeuner.
— Tu as pris ton temps, dis-moi. Elle était bonne ?
J'ose croire qu'elle parle de la douche.
— Tu pourras m'emmener faire quelques courses ? Je voudrais m'acheter un maillot de bain et aussi une autre tente. Je ne voudrais pas gâcher toutes tes nuits.
Je proteste pour la forme. Mais c'est clair qu'il va nous falloir nous organiser un peu. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre, mais j'ai promis à Carole de ne pas la laisser tomber et j'ai l'intention d'honorer cette promesse. Cela dit, je suis confiant : Véronique, en sortant de la douche, m'a juste dit « à tout à l'heure ». Nous aurions pu boire notre café tous les trois ensemble, mais visiblement, elle fait attention à ne pas me prendre tout mon temps.
— Tu voudras voir Véro avant d'aller faire les courses ?
— Je l'ai déjà vue, sous la douche.
— Je vois.
— Je l'ai déjà vue, sous la douche.
— Je vois.
Petit sourire narquois. J'attends la vanne.
— Alors c'est gentil d'être revenu prendre ton petit déj avec moi.
Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux femmes !!
— Et à midi, une pizza à trois ?
J'acquiesce.
— J'en parle à Véro pendant que tu te prépares.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Mon amante trouve excellente l'idée d'un repas à trois avec mon amie et apprécie que Carole nous laisse un peu d'intimité. Je lui fais remarquer qu'elle est seule dans sa caravane et que donc…
— Plus pour très longtemps, mes parents arrivent demain.
J'ai donc intérêt à me dépêcher si je veux tester la couchette de la caravane. Mais Véro ne l'entend pas de cette oreille. Après quelques baisers et caresses, elle me susurre :
— Tu ne dois pas aller faire des courses ?
Et devant ma mine de chien battu, elle ajoute :
— Tu pourras venir me réveiller après ma sieste…
Dans la voiture, Carole est pensive, sa bonne humeur du matin semble loin.
— Des soucis ?
— Sans doute, oui.
— Sans doute, oui.
Je me souviens de son arrivée à la gare.
— Ton boulot ?
— En effet. Ma boîte est au bord du gouffre et, comme je suis une des deux dernières arrivées, je ne me fais pas trop d'illusions : je vais sans doute me faire licencier prochainement. Sans doute en rentrant de vacances.
— Si je peux faire quelque chose pour toi ?
— Tu n'aurais pas un copain riche et célibataire ?
— En effet. Ma boîte est au bord du gouffre et, comme je suis une des deux dernières arrivées, je ne me fais pas trop d'illusions : je vais sans doute me faire licencier prochainement. Sans doute en rentrant de vacances.
— Si je peux faire quelque chose pour toi ?
— Tu n'aurais pas un copain riche et célibataire ?
Je grimace un peu. Je me refuse à l'imaginer avec l'un de mes copains. Et, à la réflexion, je me refuse à l'imaginer avec un homme.
— Désolé, je n'ai pas ce genre d'article en rayon.
— Même déjà pris, je ne vais pas jouer les difficiles.
— C'est ça, pour que leur femme débarque chez moi et me gifle !
— Même déjà pris, je ne vais pas jouer les difficiles.
— C'est ça, pour que leur femme débarque chez moi et me gifle !
Le maigre sourire qu'elle affichait disparaît. Bravo pour mon tact et ma gentillesse.
— C'est clair que tu as déjà brisé assez de couples pour l'année.
— Excuse-moi, Carole, je ne voulais pas te…
— Excuses refusées. Par contre, si tu me fais un gentil bisou au prochain feu, on verra.
— Excuse-moi, Carole, je ne voulais pas te…
— Excuses refusées. Par contre, si tu me fais un gentil bisou au prochain feu, on verra.
Je ne réponds pas. Je la regarde, elle sourit de nouveau.
— Gros bêta, tu en fais déjà beaucoup pour moi. Et même si ça fait mal de penser à lui, je sais bien que tu n'y es pour pas grand-chose dans le départ de Pierre.
Je respire un peu mieux.
— Cela dit, je suis toujours partante pour un baiser.
Enfin, pas si bien que ça, finalement. Et, bien entendu, j'arrive à un feu qui, immanquablement, passe au rouge. Carole me regarde, narquoise. Autant s'exécuter. Je me penche vers elle. Son sourire s'élargit. Ma main droite caresse sa nuque. Mes lèvres se posent sur son front. Puis sur son nez. Elle est hilare.
— Pas mal, je ne pensais pas que tu oserais.
— Même pas peur.
— Vraiment ??
— Même pas peur.
— Vraiment ??
Le feu qui repasse au vert m'évite de répondre.
— Ça se passe comment avec Véro ?
— Pour le moment, rien de particulier à dire.
— Pour le moment, rien de particulier à dire.
Je me vois mal lui raconter nos prouesses dans les douches.
— Je ne te parlais pas de vos galipettes, mais de vos sentiments !
Quand va-t-elle perdre cette sale habitude de deviner ce que je pense ? Et mon intimité ??
— Difficile à dire. Je crois que, l'un comme l'autre, on a besoin de vivre une aventure sans lendemain. Moi, tu sais pourquoi. Véro ne m'a rien dit de ses histoires de cœur, alors je ne sais pas.
— Sans lendemain, vraiment ?
— Je vois mal comment il pourrait en être autrement : dans quelques jours, on reprendra le boulot, elle et moi, avec juste la moitié de la France entre nous.
— On dirait que tu y as déjà pensé.
— Non… Enfin si, bien sûr, ça fait partie des choses auxquelles on pense quand on couche avec quelqu'un. Ne serait-ce que pour savoir si on doit penser aux fleurs ou pas pour la garder dans son lit.
— C'est ça, joue les cyniques. Ça te va très mal.
— Quoi qu'il en soit, même si j'espère qu'on se quittera en bons termes, il n'y aura pas d'avenir à cette histoire.
— Et moi, je te parie que tu traverseras la moitié de la France quand elle le voudra. Ou quand toi, tu le voudras, c'est elle qui fera le voyage. Je ne connais pas son histoire non plus, mais je sais que, tous les deux, vous vous verrez tant que vous ne serez pas guéris de vos amours malheureuses.
— Sans lendemain, vraiment ?
— Je vois mal comment il pourrait en être autrement : dans quelques jours, on reprendra le boulot, elle et moi, avec juste la moitié de la France entre nous.
— On dirait que tu y as déjà pensé.
— Non… Enfin si, bien sûr, ça fait partie des choses auxquelles on pense quand on couche avec quelqu'un. Ne serait-ce que pour savoir si on doit penser aux fleurs ou pas pour la garder dans son lit.
— C'est ça, joue les cyniques. Ça te va très mal.
— Quoi qu'il en soit, même si j'espère qu'on se quittera en bons termes, il n'y aura pas d'avenir à cette histoire.
— Et moi, je te parie que tu traverseras la moitié de la France quand elle le voudra. Ou quand toi, tu le voudras, c'est elle qui fera le voyage. Je ne connais pas son histoire non plus, mais je sais que, tous les deux, vous vous verrez tant que vous ne serez pas guéris de vos amours malheureuses.
Je garde le silence. Inutile de dire que je pense encore parfois à Isa. Carole doit le voir comme, moi, je vois que Pierre la hante encore. Et Véronique, quelle est son histoire, à elle ?
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Commentaires ()
Agréable à lire avec des personnages très attachants.
la suite arrive samedi ou dimanche