Sarah Boileau – affaires privées
Chapitre 2 · Les photos de Lucas
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Couverture de Sarah Boileau – affaires privées, par LuLu la Berlu
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Sarah Boileau – affaires privées — Chapitre 2 · Les photos de Lucas

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LuLu la Berlu
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Le chapitre tient sur un fil : l'intrusion, le danger qui s'installe sans prévenir, et cette façon qu'a l'auteur de faire monter la pression sans jamais appuyer trop fort. On apprécie aussi la façon dont la dernière réplique de Sarah (« Ce n'est pas la peur ») fait basculer le ton sans forcer : quelques mots, et tout change.

Sarah Boileau – affaires privées

Chapitre 2 · Les photos de Lucas

Le lendemain, à dix-huit heures précises, Sarah poussa la porte d’un petit café discret près de la place de la République. Lucas Morel était déjà là. Trente-quatre ans, cheveux bruns un peu en bataille, veste en cuir usée, un appareil photo posé sur la table à côté d’une tasse de café presque vide. Il se leva quand elle s’approcha.
— Madame Boileau.
— Sarah. Appelez-moi Sarah.
Ils s’assirent. Lucas sortit une clé USB et la brancha sur une tablette. Sans un mot, il fit défiler les photos une par une.
La première montrait la voiture de Marc vue de loin, portière encore fermée, sous la lumière jaune du parking. La deuxième, prise quelques minutes plus tard : portière ouverte, une silhouette masculine penchée à l’intérieur. La troisième : la même silhouette qui s’éloignait d’un pas rapide, un objet sombre à la main. La qualité n’était pas parfaite, le grain était présent, mais l’heure était claire en bas à droite de chaque cliché. Vingt-trois heures quarante-deux.
Sarah sentit son sang battre trop fort dans ses tempes. Elle se pencha davantage vers l’écran.
— La police n’a jamais eu ces images ?
— Je les ai proposées. On m’a dit que ce n’était pas prioritaire. Puis le dossier a été classé. Suicide. Affaire terminée.
Lucas zooma sur la silhouette. L’homme était plus grand que Marc, les épaules plus larges. La main droite tenait clairement quelque chose de allongé, sombre.
— Ce n’est pas votre mari, dit-il simplement. Et ce qu’il tient ressemble beaucoup à une arme.
Sarah ne répondit pas tout de suite. Elle fixait l’écran, les mâchoires serrées.
— Vous saviez que Marc était avocat ?
— Oui. J’ai fait quelques recherches. Son associé a repris l’ensemble du portefeuille clients en moins de quinze jours. Propre. Trop propre. Et la jeune femme qui apparaît sur certaines photos dans les affaires de votre mari… introuvable.
Elle releva les yeux sur lui.
— Vous me proposez quoi, exactement ?
— De regarder là où la police a fermé les yeux, de reprendre l'enquête sur la mort de votre mari là où les flics se sont arrêtés. Et de rester discret. Je peux vous aider à documenter. Vous, vous connaissez le terrain mieux que moi.
Sarah hocha la tête. Pour la première fois depuis trois mois, elle n’était plus seule face aux dossiers et au silence.
Elle passa les deux jours suivants à peser le risque. Elle suivit Thierry Lemoine de loin, nota ses horaires, ses habitudes. Chaque soir, en rentrant, elle regardait les photos de Marc sur la table de la cuisine et sentait la colère remonter, froide et précise. Ce n’était plus seulement le besoin de savoir. C’était l’impossibilité d’accepter qu’on ait refermé le dossier sur un mensonge. Le souvenir de sa voix le dernier soir, ce « Je rentre plus tard » lancé trop vite, la décida. Elle n’attendrait plus.
Le troisième soir, en fin d’après-midi, Sarah se tenait devant l’immeuble de Thierry Lemoine, dans le 8e. Il avait un dîner d’affaires. Elle connaissait le code de l’immeuble : Marc le lui avait donné un soir, des mois plus tôt.
Elle monta au troisième étage sans croiser personne. Le serrurier qu’elle avait contacté sous un faux nom lui avait fourni une clé passe-partout. Elle l’inséra. La porte s’ouvrit sans bruit.
L’appartement était vaste, moderne, presque froid. Parquet clair, mobilier design, peu d’objets personnels. Sarah enfila des gants fins de nitrile et commença par le bureau. Tiroirs. Ordinateur portable en veille. Elle brancha une clé USB de clonage discrète et laissa la copie tourner. Pendant ce temps, elle ouvrit les classeurs un par un. Contrats, factures, relevés. Rien qui crève les yeux. Dans un tiroir du bas, fermé à clé, elle utilisa un coupe-papier pour forcer la serrure. À l’intérieur : un carnet de notes à couverture noire. Des noms, des montants, des heures, des initiales. Elle photographia chaque page avec son téléphone, soigneusement, sans flash.
Elle était en train de refermer le tiroir quand des pas résonnèrent dans le couloir. La serrure de la porte d’entrée grinça.
Sarah eut juste le temps d’éteindre l’écran de son téléphone et de se glisser dans le grand placard de l’entrée, entre des manteaux longs et des vestes. Elle referma les portes à deux doigts seulement. L’espace était étroit. L’odeur de tissu et de cuir lui colla au visage. La chaleur confinée monta vite. Elle dut retenir sa respiration ; ses muscles du ventre et des épaules se crispèrent immédiatement.
La porte s’ouvrit. Deux voix. Celle de Thierry, reconnaissable entre mille, et une voix de femme, jeune, rieuse, un peu essoufflée.
— Tu m’as manqué, souffla la femme.
Des bruits de baisers immédiats. Des vêtements qui glissent. Une ceinture qu’on défait. Sarah resta parfaitement immobile, l’œil collé à la fine fente entre les portes du placard. L’odeur des manteaux lui montait dans le nez. Chaque inspiration devait rester courte, silencieuse.
Thierry bascula la jeune femme contre le mur du salon. Elle devait avoir la vingtaine avancée, cheveux bruns mi-longs, corps mince et tonique, seins fermes déjà à moitié sortis de son soutien-gorge. Il lui arracha la jupe d’un geste sec, la fit pivoter et baissa son propre pantalon. Sa queue gorgée de sang était déjà dure. Sans un mot, il écarta la culotte de la jeune femme sur le côté et s’enfonça en elle d’un seul coup profond.
La jeune femme poussa un cri étouffé, puis s’accrocha à ses épaules. Thierry la souleva presque, les mains agrippées fermement à ses fesses, et la cloua au mur avec une violence contrôlée, rythmée. Chaque coup de reins faisait claquer leurs peaux. La jeune femme gémissait de plus en plus fort, les yeux mi-clos, la tête renversée contre le mur.
— Plus fort…, demanda-t-elle d’une voix rauque.
Il la retourna face au mur, lui écarta les cuisses avec le genou et la força à prendre chaque poussée plus profondément. Ses mains remontèrent jusqu’à ses seins, les malaxèrent, pinèrent les mamelons pendant qu’il la prenait sans retenue. Le bruit humide de sa queue qui entrait et sortait emplissait le salon. Sarah sentait la chaleur du placard monter encore. Ses propres cuisses se contractèrent malgré elle.
La jeune femme jouit la première, en se mordant le poing pour ne pas crier trop fort. Ses jambes tremblèrent. Thierry ne s’arrêta pas. Il continua encore une longue minute, le souffle court, les hanches claquant contre son cul, avant de se retirer brusquement.
Il la fit se mettre à genoux. La jeune femme s’exécuta sans hésiter. Il lui enfonça sa queue dans la bouche. Elle le suça avec gourmandise, la main autour de la base, en le regardant. Thierry lui tint la tête à deux mains et jouit en silence, profondément dans sa gorge. Elle avala, toussa légèrement, puis se releva en s’essuyant le coin des lèvres avec le dos de la main.
Ils restèrent un moment, appuyés l’un contre l’autre, haletants.
— Douche ? demanda-t-elle d’une voix encore un peu cassée.
— Dans cinq minutes. J’ai un appel à passer.
Sarah retint son souffle au maximum. Ses muscles lui faisaient mal. Thierry passa à moins de deux mètres du placard, téléphone déjà à l’oreille. Elle n’entendit que des fragments de phrases, prononcés à voix basse.
— …oui… c’est en cours… non, elle ne sait rien, elle n'a rien de solide pour l’instant… on reste prudents… je te rappelle demain.
Il raccrocha et rejoignit la salle de bain. L’eau se mit à couler. Sarah attendit encore deux minutes interminables, comptant les secondes, puis ouvrit le placard avec une lenteur extrême. L’air plus frais de l’appartement lui parut presque froid sur le visage. Elle récupéra sa clé USB, vérifia qu’elle n’avait rien déplacé d’évident, et sortit sans faire le moindre bruit.
Dans la cage d’escalier, elle s’appuya contre le mur, le cœur encore battant à tout rompre, les jambes légèrement flageolantes. Elle avait des photos d’un carnet. Une copie de disque dur. Et l’image de cette scène gravée derrière les paupières, plus brûlante et plus dérangeante qu’elle n’aurait voulu l’admettre.
Elle sortit dans la rue, marcha jusqu’à une ruelle plus sombre et appela Lucas.
— Il faut qu’on se voie. Maintenant.
Une heure plus tard, dans un parking souterrain différent de celui de la rue de la Pompe, Sarah raconta tout, point par point. Lucas écouta sans l’interrompre une seule fois. Quand elle eut fini, il alluma une cigarette. Il regarda la fumée s’élever un peu trop longtemps avant de parler.
— On a des éléments. Pas encore de preuve solide. Mais on avance. Le carnet, le disque, la conversation… ça commence à former quelque chose.
Sarah hocha la tête. L’adrénaline retombait peu à peu. À la place, une chaleur sourde et insistante remontait le long de ses cuisses. Elle se surprit à regarder la bouche de Lucas, la façon dont ses doigts tenaient la cigarette, la ligne de sa mâchoire. Trois mois de solitude, la scène qu’elle venait de voir en cachette, le danger permanent… tout se mélangeait en elle de façon dangereuse.
Lucas releva enfin les yeux sur elle.
— Tu trembles.
— Ce n’est pas la peur, répondit-elle simplement.
Il ne répondit pas tout de suite. Le silence entre eux se chargea d’autre chose, plus lourd que les dossiers et les photos.
L’enquête venait seulement de basculer. Et Sarah savait déjà que plus rien ne serait simple.
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