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Couverture de Super-héros, par MiBuDArK
Couverture de Super-héros, par MiBuDArK
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Super-héros — Chapitre 1 · Le sauveur

29 minutes
150
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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MiBuDArK
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Super-héros

Chapitre 1 · Le sauveur

Le comptoir du MacQueen's brille sous les néons ambrés que le patron a installés il y a quinze ans et qu'il n'a jamais remplacés. Adrien essuie un verre à whisky avec un chiffon qui sent le produit à vaisselle, ses doigts épais tournant le cristal avec la précision d'un automate. Derrière lui, les bouteilles s'alignent sur l'étagère — Jameson, Bombay Sapphire, un Calvados hors d'âge que personne ne commande jamais — et chacune reflète une portion déformée de son visage. Le reflet le montre sans masque : mâchoire carrée, pommettes hautes, cernes bleutées sous les yeux gris. Un visage banal, le genre qu'on oublie aussitôt après avoir payé sa conso.
— Un mojito, s'il te plaît.
La commande vient d'une blonde en robe rouge qui se penche sur le comptoir, exposant une naissance de seins que le tissu lutte pour contenir. Adrien attrape la menthe, le sucre de canne, le rhum Havana Club. Ses mains travaillent sans qu'il ait besoin de réfléchir — écraser les feuilles, doser le citron vert, remplir de glaçons. Il a appris ce métier avant de savoir qu'il pouvait voler. Avant de savoir qu'un camion de dix-huit tonnes ne pèserait pas plus qu'un carton de déménagement dans ses bras. Le barman, c'est l'identité. Le masque, c'est le vrai lui.
— Tu finis à quelle heure ? demande la blonde en glissant un billet de vingt sur le comptoir.
— Tard.
Il ne sourit pas. Pas par impolitesse — il n'a simplement rien à offrir. La blonde récupère son mojito, hausse les épaules, retourne vers sa table où deux amies l'attendent. Adrien glisse le billet dans la caisse. Le tiroir se ferme avec un claquement sec.
La télévision suspendue au-dessus du bar diffuse un reportage sur LCI. Une journaliste en tailleur bleu se tient devant les ruines d'un immeuble à Marseille, là où Adrien a sauvé trente-deux personnes d'un effondrement la semaine dernière. Les images le montrent — le justaucorps noir moulant, le masque qui ne couvre que le haut de son visage, la cape qui claque dans le vent ascendant. La journaliste l'appelle « le Sauveur », le surnom que les médias lui ont collé il y a trois ans après son premier sauvetage public. Un avion de ligne en panne de moteur au-dessus de Paris. Il l'a attrapé en plein vol et l'a posé sur la Seine comme on pose un jouet dans une baignoire. Depuis, tout le monde le connaît. Tout le monde le cherche. Personne ne le trouve.
— T'as vu ça ? murmure Jérôme, le cuisinier, en passant derrière Adrien avec un plateau de frites. — Le gars est un monstre. Un putain de monstre.
— Ouais.
Adrien ne relève pas la tête. Jérôme ne sait pas qu'il parle à ce monstre. Personne au MacQueen's ne le sait. Pour eux, Adrien est un barman de vingt-sept ans, taciturne, célibataire, qui vit seul dans un studio du dixième arrondissement et ne sort jamais. C'est exactement ce qu'il est, en réalité. Le reste — la force, le vol, l'invulnérabilité — est venu sans explication, un matin de ses dix-huit ans, comme une mutation tardive que personne n'a demandée. Il se réveille capable de soulever son lit d'une main. Puis sa voiture. Puis le pont au bout de sa rue.
Il ne sait pas pourquoi. Il ne sait pas comment. Il est le seul.
La soirée s'étire. Adrien sert des pintes, des shooters, un sex on the beach pour un groupe d'étudiants qui fêtent un anniversaire. Il encaisse, essuie, range. À vingt-deux heures, son téléphone vibre dans la poche de son jean. Il le sort discrètement, sous le comptoir. Message du commissaire Ribaudi :
Intersection Rivoli-Sébastopol. Fuyard armé. Vitesse estimée 90 km/h en voiture. BMP
Adrien regarde l'heure. Son service se termine à minuit. Il regarde le message. Ribaudi n'envoie jamais de messages si la police peut gérer seule. Le « BMP » à la fin signifie « Besoin Masqué Promptement » — un code qu'ils ont établi ensemble. Adrien se tourne vers le patron, un Corse de cinquante-cinq ans qui fume le cigare en cachette dans la réserve.
— Paulo, je dois y aller. Urgence familiale.
Paulo grommelle quelque chose sur les employés peu fiables et fait un geste de la main qui signifie « dégage ». Adrien enfile sa veste, passe par la porte de service, et dès que la porte se ferme derrière lui, il s'envole.
L'air froid de Paris le gifle. En trois secondes, il est à deux cents mètres d'altitude, invisible depuis le sol, juste une forme sombre contre le ciel nuageux. Il sort le masque de la poche intérieure de sa veste — un demi-masque en kevlar flexible, noir mat, qui couvre le pont de son nez, ses pommettes et le haut de ses joues. Il l'enfile. Le justaucorps, lui, est déjà sous ses vêtements civils. Il retire son jean et sa veste en plein vol, les plie, les glisse dans le sac à dos qu'il porte en bandoulière. En dessous, le justaucorps noir épouse chaque ligne de son corps — torse large, abdominaux découpés, épaules de déménageur. Le tissu est un mélange de spandex et de kevlar que Ribaudi a fait fabriquer par un atelier militaire. Il résiste aux déchirures, aux brûlures, aux balles de petit calibre. Sur le torse, un fin liseré argenté dessine un éclair stylisé — le logo que les fans ont adopté et qui orne désormais des t-shirts, des mugs et des tatouages.
Adrien plonge vers le sud. Le vent siffle contre le masque. En dessous, Paris est un damier de lumières — jaune pour les réverbères, blanc pour les phares, rouge pour les feux de circulation. Il repère l'intersection Rivoli-Sébastopol en moins de trente secondes. Une Renault Mégane noire fonce sur Rivoli, zigzaguant entre les voitures à une vitesse suicidaire. Derrière elle, trois véhicules de police avec gyrophares allumés. Le fuyard ne ralentit pas.
Adrien se positionne au-dessus de la Mégane. Il attend. Le timing est essentiel — trop tôt, et le fuyard peut braquer et percuter un piéton ; trop tard, et l'intersection le fait déraper dans la foule. Il laisse la voiture approcher à cinquante mètres de l'intersection, puis il plonge.
L'impact est contrôlé. Ses pieds touchent le capot de la Mégane avec la précision d'un marteau sur un clou. Le métal se tord comme du papier aluminium. Le pare-brise explose. La voiture s'arrête nette, ses freins hurlant, ses pneus laissant quatre traînées noires sur l'asphalte. Adrien saute du capot, attrape la portière conducteur, et l'arrache d'une traction. Le conducteur — un homme en survêtement, les yeux écarquillés, un pistolet dans la main droite — tente de tirer. La balle frappe Adrien au pectoral gauche. Elle s'écrase contre le justaucorps et tombe au sol comme une mouche morte.
— Putain, murmure le fuyard.
Adrien lui prend le pistolet, le plie en deux comme une paille en plastique, et jette les morceaux sur le trottoir. Les policiers arrivent, gyrophares tournoyants. Ribaudi descend du premier véhicule, un homme massif en trench-coat gris, la cinquantaine, des yeux de chien fatigué.
— Merci, dit-il simplement.
— De rien.
Adrien s'envole avant que les journalistes n'arrivent. C'est toujours comme ça. Il intervient, il sauve, il disparaît. La reconnaissance, c'est pour les autres. Lui, il rentre chez lui, se couche dans un lit trop grand pour un homme seul, et attend que le sommeil vienne. Le sommeil vient rarement.
Ce soir-là, au lieu de rentrer directement, il décide de marcher. Il atterrit sur le toit d'un immeuble haussmannien près de l'Opéra, retire son masque, enfile sa veste et son jean par-dessus le justaucorps. Le justaucorps sous les vêtements civils, c'est inconfortable mais pratique. Il descend par l'escalier de service, sort dans la rue, et marche.
Paris, un mardi soir de novembre. Les trottoirs sont mouillés d'une pluie récente. Les réverbères projettent des flaques de lumière orangée sur les pavés. Les terrasses des cafés sont vides, les parasols repliés, les chaises empilées. Adrien marche sans destination. Ses mains dans les poches, le col de sa veste relevé, le regard fixe devant lui. Il passe devant le Café de la Paix, devant la Galerie Vivienne, devant une vitrine Hermès qui expose des sacs à douze mille euros. Rien de tout cela ne lui parle.
Il a vingt-sept ans, un pouvoir que personne d'autre possède, une célébrité qui le suit partout quand il porte le masque, et un vide dans la poitrine que rien ne comble. Pas les sauvetages, pas les remerciements, pas les lettres de fans que Ribaudi lui transmet dans une boîte en carton qu'il n'ouvre jamais. Il est seul. Pas le seul de son espèce — il n'a pas d'espèce. Juste seul. Un homme entre deux mondes, qui n'appartient à aucun.
Il traverse la place de l'Opéra. Le trafic est dense, même à cette heure. Les bus nocturnes croisent les taxis, les vélos en libre-service, les scooters de livraison qui zigzaguent entre les voitures avec une insouciance suicidaire. Adrien s'arrête au passage clouté. Le feu est rouge pour les piétons. Il attend.
C'est là qu'il la voit.
Elle se tient sur le trottoir d'en face, à environ trente mètres. Brune. Cheveux longs, raides, qui tombent sur les épaules d'un manteau camel en cachemire. Elle porte une robe noire sous le manteau, assez courte pour révéler des jambes longues, fines, gainées de collants opaques. Des bottines à talon, en cuir noir, sans plateforme. Elle tient son téléphone dans la main droite, les yeux baissés, l'air absorbé par quelque chose sur l'écran. Elle n'a pas levé la tête. Elle ne regarde pas le feu. Elle ne regarde pas la rue.
Elle avance.
Le feu piéton est rouge. Le feu voiture est vert. Un taxi jaune arrive de la gauche, à environ soixante kilomètres par heure, assez rapide pour ne pas pouvoir s'arrêter à temps. La femme est déjà sur le passage clouté, ses bottines posées sur la ligne blanche, son téléphone toujours devant ses yeux. Le taxi klaxonne. Elle sursaute, relève la tête, voit les phares — deux taches blanches qui grandissent comme deux yeux furieux — et se fige.
Adrien ne réfléchit pas. Le réflexe est plus vieux que la pensée. Il est déjà en mouvement avant que son cerveau ait terminé la phrase « elle va se faire renverser ». Trois enjambées et il est sur elle. Ses bras se referment autour de sa taille — fine, souple, le cachemire doux sous ses paumes — et il la soulève. Le taxi passe sous eux. Le vent du passage le fait flotter, et Adrien atterrit sur le trottoir d'en face, la femme plaquée contre lui, le bruit du taxi qui s'éloigne en klaxonnant encore.
Elle pèse rien. Dans ses bras, elle pèse moins qu'un sac de riz. Il la pose délicatement sur le trottoir, ses mains quittant sa taille avec une lenteur qu'il ne s'explique pas. Elle tremble. Ses épaules frémissent sous le cachemire, ses doigts se crispent sur le téléphone qu'elle n'a pas lâché, et sa respiration est courte, saccadée, comme un moteur qui s'étrangle.
— Vous allez bien ? demande Adrien.
Elle relève la tête. Et il voit ses yeux.
Verts. Pas le vert trouble des yeux noisette qui changent selon la lumière. Un vert franc, profond, presque irréel — le vert d'une bouteille de vin tenue contre une lampe. Des yeux qui le regardent sans cligner, sans trembler, sans la moindre trace du choc qu'elle vient de subir. Comme si le taxi, le passage clouté, le danger de mort — tout cela ne l'avait pas touchée. Comme si la seule chose qui comptait, à cet instant, c'était lui.
— Vous m'avez sauvée, dit-elle.
Sa voix est basse, contrôlée, avec un grain rauque qui traîne sur les voyelles. Pas la voix d'une femme tremblante. La voix d'une femme qui sait ce qu'elle veut.
— C'est rien. Faites attention aux feux.
Il fait un pas en arrière, prêt à s'en aller. Elle attrape sa manche.
— Attendez.
Ses doigts sont longs, les ongles coupés courts, vernis en noir mat. Ils serrent la veste d'Adrien avec une force surprenante pour une main si fine. Il s'arrête. Pas parce qu'elle le retient — il pourrait soulever un camion, un bras humain ne l'arrête pas. Il s'arrête parce que quelque chose dans sa voix, dans ce vert liquide qui le fixe, l'ancre sur place.
— Vous êtes lui, n'est-ce pas ? murmure-t-elle.
Adrien fronce les sourcils. — Pardon ?
Elle ne répond pas immédiatement. Ses yeux descendent de son visage vers son cou, vers sa veste. La veste est entrouverte, et en dessous, le col du justaucorps noir dépasse. Le liseré argenté sur le torse. Elle l'a vu. Elle sourit — un sourire lent, presque paresseux, qui tire la commissure gauche de ses lèvres et creuse une fossette dans sa joue.
— Le justaucorps. Le masque que vous avez dans la poche. Elle tapote la poche intérieure de sa veste, là où le kevlar noir forme une bosse rectangulaire. — Vous êtes le Sauveur.
Adrien sent un frisson — pas de peur, pas d'angoisse. Quelque chose de plus profond, de plus viscéral, qui serre la base de sa colonne vertébrale. Personne ne l'a jamais reconnu hors du masque. Personne. En trois ans de sauvetages, d'interventions, de vols au-dessus de Paris, son identité secrète est restée secrète. Et cette femme, cette brune aux yeux verts qu'il vient d'arracher à la mort, l'a identifié en quinze secondes.
— Vous vous trompez, dit-il.
— Non. Elle lâche sa manche. Ses mains glissent vers le col de sa veste, l'écartent doucement. Le justaucorps est là, noir, moulant, le tissu épousant chaque muscle de son torse comme une seconde peau. Elle pose sa paume sur son pectoral gauche. Là où la balle l'a frappé deux heures plus tôt. Il n'y a ni trace, ni marque, ni douleur. Juste la chaleur de sa main à travers le kevlar.
— Je vous ai vu à la télé, dit-elle. — Le justaucorps, le logo, la façon dont vous vous déplacez. On ne confond pas ça.
— Beaucoup de gens portent des justaucorps.
— Pas avec ce logo. Pas avec ces bras. Ses doigts se déplacent latéralement, traçant la couture du justaucorps sur son épaule. — Vous venez de soulever une femme d'une main et de l'arracher à un taxi. Ce n'est pas un entraînement de crossfit.
Adrien ne bouge pas. Il devrait s'envoler. Il devrait disparaître. C'est ce qu'il fait toujours. Mais ses pieds restent cloués au trottoir, et la paume de cette femme reste sur son torse, et le vert de ses yeux continue de le fixer avec une intensité qui lui coupe le souffle.
— Je m'appelle Sarah, dit-elle.
— Adr— Il s'arrête à temps. — Ça n'a pas d'importance.
— Adrien ?
Le sang d'Adrien se glace. — Comment vous—
— Ribaudi. Le commissaire. Elle sourit.
— Je suis journaliste. Crime et faits divers pour Le Monde. Ribaudi et moi, on déjeune ensemble une fois par mois. Il ne m'a jamais donné votre nom. Mais il a glissé un jour que son « contact » était un barman du dixième. Il n'y a que huit bars dans le dixième qui emploient un barman correspondant à votre description. J'ai vérifié.
Adrien recule d'un pas. Sarah avance d'un pas. Ils sont à nouveau à trente centimètres l'un de l'autre. Le parfum de Sarah atteint ses narines — quelque chose de musqué, d'ambré, avec une note de fond de cuir et de pêche mûre. Un parfum qui ne sent pas la peur. Un parfum qui sent l'intention.
— Vous n'allez pas me dénoncer ? demande-t-il.
— Non. Elle pose ses deux mains sur son torse, à plat, les paumes ouvertes. — Je ne suis pas là pour ça.
— Pour quoi, alors ?
Elle ne répond pas immédiatement. Ses mains descendent. Lentement. Du torse aux abdominaux, suivant le dessin des muscles à travers le spandex. Adrien sent chaque centimètre de ce mouvement comme une décharge électrique — pas le genre de décharge qu'il connaît, pas l'énergie de ses pouvoirs, mais quelque chose de plus ancien, de plus primitif. Quelque chose qu'il n'a pas ressenti depuis des mois. Depuis plus d'un an. Depuis que la solitude a pris la place de tout le reste.
Les mains de Sarah atteignent le bas de son ventre. Le justaucorps épouse chaque ligne de son anatomie, ne laissant rien à l'imagination. Et c'est là qu'elle s'arrête. Ses doigts se posent sur l'entrejambe du justaucorps, là où le tissu est tendu, là où le poids de son sexe — épais, lourd, même au repos — forme une proéminence que le spandex ne peut pas dissimuler.
Adrien inspire. L'air entre dans ses poumons avec un sifflement qu'il n'arrive pas à contrôler.
Sarah ne bouge pas. Pas encore. Elle le regarde, ses yeux verts plongés dans les siens, et ses lèvres s'étirent dans un sourire qui n'a plus rien de paresseux. C'est un sourire de prédateur. Un sourire qui dit : je t'ai trouvé, et je ne te lâche pas.
— Vous êtes seul, dit-elle. Ce n'est pas une question.
— Comment vous—
— Le barman taciturne qui vit seul dans un studio. Le héros qui intervient et disparaît sans jamais parler à la presse. Les lettres de fans que vous n'ouvrez pas. Ses doigts pressent légèrement. — Je fais mon métier, Adrien. Je sais lire les gens.
Ses doigts bougent. Un mouvement lent, délibéré, qui suit la forme de son sexe à travers le tissu. De la base au gland, traçant la courbe de sa queue comme un sculpteur qui palpe son argile avant de la travailler. Le spandex est fin — un mélange de kevlar et de spandex, oui, mais le spandex est extensible, sensible, presque transparent sous certaines lumières. Et la pression de ses doigts transmet chaque sensation : la chaleur de sa paume, le grain de sa peau, le contour précis de chaque veine qui gonfle sous le tissu.
Le sang d'Adrien afflue. Il le sent — pas comme un homme normal le sent, pas comme une vague tiède qui monte. Comme un torrent. Son corps est construit pour la puissance, et cette puissance ne s'applique pas qu'à la force physique. Tout en lui est intensifié. Y compris ça. Y compris le désir.
Son sexe se remplit. Rapidement. Le spandex s'étire, s'étire encore, et la proéminence devient une érection. Pas une demi-érection, pas un début de raideur. Une érection complète, massive, qui tend le tissu du justaucorps jusqu'à le rendre translucide. La forme de sa queue est maintenant parfaitement visible — longue, épaisse, le gland rebondi qui pointe vers la droite, la tige veinée qui pulse au rythme de son cœur.
Sarah baisse les yeux. Elle regarde. Elle ne dit rien pendant un long moment. Ses lèvres s'entrouvrent. Sa langue passe sur sa lèvre inférieure, lentement, comme si elle goûtait quelque chose.
— Putain, murmure-t-elle.
C'est le premier mot vulgaire qu'elle prononce. Il tombe entre eux comme une pierre dans l'eau. Le silence qui suit est épais, dense, chargé. Adrien sent la honte monter — un réflexe ancien, social, la honte d'être exposé, d'être vu, d'être dur dans un justaucorps sur un trottoir parisien à onze heures du soir. Mais la honte ne tient pas. La honte se dissout comme du sucre dans l'eau, remplacée par quelque chose de plus cru, de plus direct : le besoin.
— Pas ici, dit-il.
Sarah relève les yeux vers lui. — Où, alors ?
Il regarde autour d'eux. La place de l'Opéra est quasi déserte. Un groupe de touristes photographie la façade illuminée à cinquante mètres. Un sans-abri dort sur un banc à trente mètres. Les voitures passent, rares, leurs phares balayant l'asphalte mouillé. Mais il y a une ruelle, juste derrière l'Opéra — une impasse étroite, sombre, coincée entre deux immeubles. Il l'a repérée en volant, des centaines de fois. Un cul-de-sac éclairé par un seul réverbère qui grésille.
Il prend la main de Sarah — la main qui était sur son entrejambe — et l'entraîne. Elle le suit sans résistance, ses talons claquant sur les pavés, son manteau camel flottant derrière elle. Ils contournent l'Opéra, traversent un parking désaffecté, et s'engagent dans l'impasse.
Le réverbère grésille au-dessus d'eux, projetant une lumière orange, instable, qui fait clignoter les ombres. Le sol est mouillé, parsemé de feuilles mortes et de mégots. Un conteneur vert bloque le fond de l'impasse. L'air sent la poubelle humide et le café froid renversé. Ce n'est pas romantique. Ce n'est pas propre. C'est un cul-de-sac parisien, crasseux et oublié.
Sarah s'appuie contre le mur de gauche, les briques rouges rugueuses derrière son cachemire. Elle défait le ceinturon de son manteau, puis le manteau lui-même, qu'elle laisse tomber à ses pieds. En dessous, la robe noire. Courte, moulante, sans manches. Le tissu suit chaque courbe de ses hanches, de sa taille, de ses seins — petits, fermes, les mamelons déjà tendus qui pointent à travers le tissu fin. Elle n'a pas de soutien-gorge. Adrien le voit. Il voit aussi que ses collants ne sont pas des collants — ce sont des bas, attachés à une jarretière qu'elle porte sous la robe. Le bord de dentelle noire dépasse au ras de ses cuisses.
— Vous m'avez sauvé la vie, dit-elle. — Laissez-moi vous remercier.
Adrien ouvre la bouche pour répondre, mais elle pose un doigt sur ses lèvres. Le même doigt qui, secondes plus tôt, traçait la veine de sa queue à travers le spandex. Il sent sa propre odeur sur ce doigt — musc, sueur, kevlar chauffé par le vol.
— Ne parlez pas, murmure-t-elle. — Ne dites rien.
Elle s'agenouille. Les pavés mouillés tachent le tissu de sa robe au niveau des genoux, mais elle ne semble pas s'en soucier. Ses mains trouvent l'entrejambe du justaucorps et s'y fixent. Elle masse lentement, les deux paumes à plat, remontant de la base vers le gland, puis redescendant. Le spandex grince sous la friction. L'érection d'Adrien pulse, et le tissu se tend encore plus — il est si dur maintenant que le justaucorps ne le contient plus vraiment, la queue pliée contre sa cuisse, le gland comprimé contre le tissu, chaque contour visible comme s'il était nu.
Sarah glisse un doigt sous l'élastique du justaucorps, au niveau de la hanche. Elle tire. Le spandex cède — il est conçu pour ça, extensible, modulable — et elle libère sa queue du tissu. Elle jaillit, lourde, raide, la tige épaisse et veinée, le gland violet, luisant de présemence. Elle bat contre son abdomen avec un bruit mou, et Adrien gronde — un son guttural, presque animal, qui résonne dans l'impasse.
— Putain, répète Sarah. Mais cette fois, ce n'est pas un murmure. C'est un souffle. Un souffle d'admiration, de faim, de convoitise.
Ses doigts se referment autour de la base. Ils ne se touchent pas — elle a des mains fines, mais sa queue est trop épaisse pour que ses doigts fassent le tour. Elle serre, et Adrien sent la pression monter, le sang affluer encore plus, le gland gonfler jusqu'à briller sous la lumière orange du réverbère.
Elle commence à le branler. Lentement. Sa main glisse de la base vers le gland, tournant légèrement au sommet, son pouce traçant la couronne du gland, frottant la fente d'où perle la présemence. Puis elle redescend. Lentement. Si lentement que chaque centimètre est une torture. Adrien appuie ses mains contre le mur de briques derrière lui. Les briques se fissurent sous la pression de ses doigts — sa force, toujours là, toujours prête, même dans ce moment. La poussière de brique tombe sur ses épaules.
— Vous êtes tellement dur, murmure Sarah. — Tellement épais. Putain, c'est… c'est énorme.
Elle accélère. Sa main pompe la tige, les doigts serrés, le poignet pivotant. Le bruit du spandex contre sa peau, le bruit humide de la présemence qui coule et lubrifie le mouvement, le bruit de sa respiration qui s'accélère — tout se mêle dans l'impasse, un concert obscène qui résonne entre les murs de brique. Adrien jette la tête en arrière. Ses hanches bougent d'elles-mêmes, poussant sa queue dans le poing de Sarah, la baisant avec de petits coups de reins qui font claquer ses couilles contre le tissu du justaucorps.
Sarah approche son visage. Elle souffle sur le gland — un souffle chaud, humide, qui fait frissonner toute la longueur de la tige. Puis elle tire la langue. Et elle le lèche. Un seul coup de langue, de la base au gland, lent, large, la langue plate couvrant toute la largeur de la queue. Elle arrive au gland, tourne autour de la couronne, puis plonge dans la fente, goûtant la présemence qui s'écoule.
— Salé, dit-elle en levant les yeux vers lui. — Goûte.
Elle se dresse, prend son visage entre ses mains, et l'embrasse. Sa langue entre dans sa bouche, et Adrien goûte — son propre goût, salé, musqué, mélangé au parfum de pêche de Sarah, au café qu'elle a dû boire plus tôt, au rouge à lèvres qu'elle ne porte pas mais dont les lèvres gardent le goût. Il la baise avec sa langue, profondément, sa main trouvant la nuque de Sarah, l'attirant contre lui. Ses autres mains descendent sur ses hanches, remontent sous sa robe, trouvent la dentelle des bas, la jarretière, la peau nue au-dessus.
Sarah se frotte contre lui. Son entrejambe — chaude, humide, même à travers le tissu de sa culotte — presse contre sa cuisse. Adrien sent la chaleur. Il sent l'humidité. Il sent les contractions involontaires de son bassin contre lui, comme si son corps cherchait quelque chose à baiser.
— Je veux te sucer, murmure-t-elle contre ses lèvres. — Je veux te sentir au fond de ma gorge.
Adrien ne répond pas. Il ne peut pas. Sa gorge est serrée, sa mâchoire verrouillée, tout son corps concentré sur une seule chose : la main de Sarah qui reprend la masturbation, ses doigts glissant sur la tige lubrifiée, son pouce pressant la veine dorsale, massant, torturant.
Elle s'agenouille à nouveau. Elle prend sa queue d'une main, relève la tige, et pose ses lèvres sur le gland. Elle ne le prend pas immédiatement dans sa bouche. Elle l'embrasse. Ses lèvres se posent sur le gland, s'ouvrent légèrement, sa langue sort et tourne autour du bord, puis elle aspire — une succion légère qui fait affluer le sang, qui fait gonfler le gland encore plus, qui arrache à Adrien un gémissement qu'il n'arrive pas à retenir.
Puis elle le prend. Sa bouche s'ouvre, glisse sur le gland, puis sur la tige, centimètre par centimètre, sa langue plate contre le dessous, ses lèvres serrées. Elle descend. Elle descend encore. Sa bouche est chaude, humide, étroite — pas assez étroite pour une queue de cette taille, mais elle persiste, sa mâchoire s'ouvrant au maximum, ses muscles se tendant. Elle prend la moitié de la tige. Puis les deux tiers. Puis — et Adrien sent le moment exact où elle franchit le seuil de son réflexe nauséeux — elle prend tout. Le gland touche le fond de sa gorge. Ses lèvres touchent la base. Ses narines sont plaquées contre son abdomen, contre le justaucorps.
Elle reste là. Une seconde. Deux. Trois. Sa gorge se contracte autour du gland, avalant, massant. Adrien sent les spasmes — involontaires, rythmiques — de son œsophage qui serre sa queue comme un poing mouillé. Il pose sa main sur la tête de Sarah, ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux bruns, et il tient. Pas fort — il ne pourrait pas, pas sans la blesser. Juste assez pour la guider.
Elle commence à pomper. Sa tête monte et descend, ses lèvres formant un anneau étroit autour de la tige, sa langue travaillant le dessous à chaque descente. Le bruit — humide, obscène, un bruit de succion qui résonne dans l'impasse — remplit l'air. La présemence coule, mélangée à la salive de Sarah, formant un mélange visqueux qui coule sur sa tige, sur ses couilles, sur le tissu noir du justaucorps. Elle bave. Elle ne s'en soucie pas. Elle suce comme si sa vie en dépendait — comme si la seule chose qui comptait dans cet univers était cette queue dans sa gorge, ce goût de musc et de présemence, cette sensation de plénitude qui remplit sa bouche.
Adrien sent la pression monter. Pas comme un homme normal — pas comme une vague qui monte lentement. Comme un volcan. Son bassin est un volcan, et la lave monte, monte, chaque contraction de ses couilles le rapprochant de l'éruption. Ses hanches bougent plus vite, poussant sa queue dans la gorge de Sarah, la baisant avec une intensité qu'il tente de contrôler — il est surhumain, il pourrait la blesser sans le vouloir, il doit se retenir, se contenir, garder le contrôle.
Mais Sarah ne veut pas qu'il se contrôle. Elle relève la tête, sa bouche quittant sa queue avec un bruit obscène — un « pop » humide qui résonne dans l'impasse — et elle le regarde. Ses yeux verts sont vitreux, ses lèvres gonflées, brillantes de salive et de présemence, du mascara coule sur ses joues.
— Ne te retiens pas, dit-elle. — Je veux tout.
Elle reprend sa queue dans sa bouche. Et cette fois, elle ne se contrôle pas non plus. Sa tête pompe vite, profondément, sa main droite branle la base de la tige pendant que sa bouche travaille le gland et le premier tiers, sa main gauche attrape ses couilles — lourdes, pleines, tendues — et les masse, les pétrit, les tire légèrement.
Adrien ne tient plus. Le volcan éclate. Sa queue pulse, se raidit, et il jouit. Un jet épais, chaud, blanc, qui explose dans la gorge de Sarah. Elle ne recule pas. Elle avale — une première gorgée, ses yeux se plissant, sa gorge travaillant — puis une deuxième, puis une troisième. Le sperme coule trop vite, trop abondamment, et elle ne peut pas tout avaler. Il déborde de ses lèvres, coule sur sa tige, sur ses doigts, sur le justaucorps. Des gouttes blanches tombent sur les pavés mouillés, mêlant le blanc au gris de la pierre.
Adrien gronde. Un son profond, guttural, presque inhumain — le son d'un homme qui n'a pas joui depuis des mois, qui n'a pas été touché depuis des mois, qui explose dans la bouche d'une inconnue agenouillée dans une impasse parisienne. Ses mains tremblent contre le mur de briques. De nouvelles fissures s'ouvrent sous ses doigts. La poussière tombe.
Quand c'est fini, Sarah se relève. Elle essuie sa bouche avec le dos de sa main, ses yeux toujours fixés sur lui. Son menton est brillant de sperme. Une goutte coule sur sa clavicule, disparaît dans le col de sa robe.
— Bien ? demande-t-elle.
Adrien ne répond pas. Il la prend par la taille, la plaque contre le mur de briques, et l'embrasse. Sa langue entre dans sa bouche — il goûte son propre sperme, salé, âcre, mélangé à sa salive — et il s'en fout. Il l'embrasse comme il n'a jamais embrassé personne, avec une faim qui le surprend même lui, une faim qui n'a rien à voir avec ses pouvoirs et tout à voir avec ce vide dans sa poitrine, ce vide que cette femme — cette brune aux yeux verts qu'il vient d'arracher à un taxi — est en train de combler.
Sarah gémit contre ses lèvres. Ses jambes s'enroulent autour de sa taille — il la porte sans effort, une main sous chaque cuisse, ses doigts enfoncés dans la chair au-dessus des bas. Elle se frotte contre lui, son entrejambe mouillé pressant contre son abdomen, et il sent la chaleur — brûlante, trempée — de sa chatte à travers le tissu fin de sa culotte.
— Emmène-moi chez toi, murmure-t-elle contre sa bouche. — Ce soir. Maintenant.
Adrien la regarde. Ses yeux verts. Ses lèvres gonflées. Le sperme sur son menton. Le mascara coulé. Elle est décoiffée, défaite, absolument magnifique. Et il est seul — non, il n'est plus seul. Pas en cet instant. Pas avec elle.
Il la lâche. Elle retombe sur ses talons, vacille, se rattrape à son épaule. Il remet sa queue dans le justaucorps — difficile, elle est encore à moitié dure, et le tissu peine à la contenir — et enfile sa veste.
— Mon studio est dans le dixième, dit-il. — C'est à cinq minutes en vol.
Sarah sourit. Le même sourire de prédateur qu'avant. — En vol ?
Il sort le masque de sa poche, l'enfile. Le kevlar noir couvre son visage, ne laissant que sa mâchoire et sa bouche visibles. Il tend les bras vers Sarah.
— Tu as peur du vide ?
— Non.
Il la prend dans ses bras — une main sous les genoux, une dans le dos — et s'envole. L'air froid de Paris les gifle, et Sarah rigole — un rire clair, presque enfantin, qui résonne dans le ciel nuageux. Elle serre ses bras autour de son cou, son visage plaqué contre le justaucorps, et Adrien sent ses lèvres — chaudes, humides — sur sa clavicule.
Paris s'étend en dessous d'eux, un damier de lumières, un océan de toits de zinc. Et pour la première fois en trois ans, Adrien ne le regarde pas. Il regarde devant lui. Vers le dixième. Vers son studio. Vers Sarah.
Il n'est plus seul.
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Chapitre 2 · Le scénario
Dans un studio du dixième arrondissement, Sarah n'est pas venue pour bavarder. Journaliste de faits divers, elle a suivi une piste jusqu'au Sauveur — jusqu'à cet homme en justaucorps noir et demi-masque qui lui fait face dans une pièce à peine meublée. Adrien connaît sa force mieux que personne et sait ce qu'elle peut coûter. Face à cette femme qui ne baisse jamais les yeux, il lui reste une question sans réponse : jusqu'où est-il prêt à aller ?
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