Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le boxeur et le journaliste — Chapitre 5
Auteur
Le boxeur et le journaliste
Chapitre 5
Je décide de traîner un peu sur X, juste après avoir ouvert l'application. Le premier post qui m'apparaît, c'est Louis et il n'est pas seul, il est entouré de la foule et je suis là aussi. C'est quand il me parlait à l'oreille qu'on peut lire en description : « DE JONG, l'espoir de la boxe anglaise, vu avec un homme. Qui est-il et que lui murmure-t-il ? » J'aurais dû m'en douter, mais bon, ce n'est pas bien grave, on ne me voit pas bien et mon suçon n'est pas visible. Par contre, celui de Louis, lui, l'est un peu plus. Je regarde les commentaires et on y trouve de tout, cela ne m'étonne pas. « Sûrement un ami. », « Peut-être un manager ? », « Vous avez vu son cou ?! » Je regarde les réponses à ce dernier : « Peut-être eu un coup d'un soir ? » « Il aurait une copine ? Il ne parle jamais de sa vie hors du ring. » « Peut-être l'homme avec qui il était ? » Je sens mes joues s'empourprer — et autre chose, plus difficile à nommer. Une légère brûlure au creux du ventre, pas vraiment désagréable, pas vraiment rassurante non plus. Louis a l'habitude de ça, lui. Moi, je ne suis pas sûr de l'être. Trois coups résonnent à ma porte, j'ouvre et vois Louis.
— T'es dans la lune, ça fait quatre fois que je toque et deux que je t'appelle pour te dire que j'ai réussi à m'échapper.
— Merde, excuse, je lisais un truc.
— Un truc ?
— Ouais, t'inquiète, viens, on va se boire un verre, je te raconterai.
— Juste un demain...
— ... « Je combats », merci, je sais, je vais pas t'interviewer en étant torché.
— Ça pourrait être drôle.
— Plutôt crever que faire ça.
— T'es pas fun. Nous descendons au bar de l'hôtel prendre un verre. Louis prend un whisky et moi un cocktail.
— Alors qu'est-ce que c'était, ton truc, pour que t'oublies tout le reste ? Je lui tends mon téléphone sur l'article et lui montre le commentaire.
— Hum, oui, et ?
— Rien, je sais pas. Je n'ai pas l'habitude de me retrouver devant une caméra, je suis plutôt derrière en temps normal.
— T'en fais pas, Charles, c'est rien, de grâce. J’aurai sûrement des questions demain dessus et je répondrai honnêtement.
— Hein !
— Bah quoi, je dirai que t'es mon pote et que je t'ai pas vu depuis longtemps ! Qu'est-ce que tu croyais que j'allais dire ?!
— Je sais pas. Ça, c'est très bien.
— Et s'il parle du suçon, je dirai que c'est ma vie privée et que ça les regarde pas comme d'habitude.
— T'as toujours réponse à tout, c'est presque terrifiant.
— Il le faut, sinon les journalistes vont se jeter sur les failles, je ne t'apprends rien.
— Non, tu as raison. Je sirote mon cocktail tranquillement.
— C'est presque bizarre qu'hier soir on ait pu sortir sans être pris en photo. Dit-il en avalant une gorgée du liquide brun.
— Tant mieux pour nous. Je pourrais pas avoir ta vie, me faire suivre comme ça toute la journée et que tous mes faits et gestes soient scrutés.
— C'est une habitude à prendre, mais à certains moments c'est moins paisible que d'autres.
— Je ne peux qu'imaginer. Dis-je en finissant mon verre.
— Je finis mon verre, on va manger et on monte ?
— Oui, ça me paraît bien. Il finit son verre d'une traite et nous allons dîner dans le restaurant de l'hôtel avant de prendre l'ascenseur pour retourner à nos chambres respectives.
— Je suis content qu'on ait pu passer du temps ensemble.
— Moi aussi, ça faisait longtemps...
— Louis ? Qu'est-ce qu'il y a ?
— Je peux rester avec toi cette nuit ?
— Mais demain...
— J'essaierai de pas te réveiller en partant, si tu dis oui. Je prends mes affaires et je te rejoins dans ta chambre, je veux pas que ça s'arrête là. Sa voix est plus basse qu'à l'habitude. Je le regarde une seconde de trop.
— D'accord, t'as besoin d'un coup de main pour tes affaires ?
— Nan, c'est bon, t'en fais pas, j'ai que deux sacs, ça devrait le faire.
— Je laisse ma porte déverrouillée.
— Merci, j'arrive. Il part chercher ses affaires et revient avec elles cinq minutes plus tard.
— Hey, bas t'as pas traîné.
— Je t'avais dit que j'avais pas grand-chose.
— Je vois, c'est ton sac de boxe et tes affaires.
— Yep, je pense que je vais aller prendre une douche et aller me coucher juste après.
— Je comptais faire la même chose.
— Vas-y en premier, c'est ta chambre, à la base c'est moi qui m'incruste.
— Ça marche, merci. Je prends ma serviette et me rends dans la salle de bain, sauf que Louis me suit.
— T'as pas dit que je pouvais y aller en premier ?
— Si ? Je t'accompagne, c'est tout. Je fais comme toi hier, je viens discuter pendant que tu te douches.
— T'avais laissé la porte ouverte.
— Comme je le fais à chaque fois. Allez, il commence à être tard et il faut qu'on se lève tôt demain. J'entre dans la salle de bain et me déshabille sous les yeux de Louis qui m'y aide grandement. J'allume l'eau histoire de ne pas rentrer sous l'eau froide.
— T'as un bon petit cul. Je ne sais pas quoi répondre à ça, je suis un peu choqué et en même temps un peu heureux.
— Merci, je suppose.
— C'était un compliment.
— Sinon, au lieu de me mater, tu te sens comment pour demain ? Dis-je en entrant sous l'eau chaude qui me laisse échapper un soupir d'aise.
— Plutôt bien, j'ai vu mon adversaire ce matin, enfin cette nuit, appelle ça comme tu veux, il avait l'air prêt, un peu trop sûr de lui d'ailleurs.
— En même temps, avec toi comme adversaire, Josh a intérêt à être sûr de lui et à avoir un minimum d'ego.
— C'est pas faux, mais c'est pas ce qui le fera gagner. Je gagnerai. Je ne le vois pas mais je le sens à sa voix — quelque chose de fermé, de fixé, comme une lame qu'on a finie d'affûter. Il est prêt. Je coupe l'eau et me shampouine de partout.
— J'ai du shampoing dans les yeux, ça pique.
— T'as quel âge, sérieux.
— Rho, ta gueule, tu veux pas m'aider au lieu de m'enfoncer ?
— Qu'est-ce que tu veux que je foute à part te dire de foutre ta tête sous l'eau ? Je peux pas faire grand-chose.
— Humph. Je rallume l'eau et passe mon visage bien en dessous du jet.
— C'est mieux ?
— Ouais. Je me rince rapidement avant de sortir les cheveux dégoulinant d'eau. Tu me files ma serviette ?
— Ah ouais. Il me la donne après m'avoir scruté de haut en bas. Je soutiens son regard une seconde avant de détourner le mien.
Il se déshabille à son tour et se jette sous l'eau.
Il se déshabille à son tour et se jette sous l'eau.
— Comment t'as réussi à laisser tes fans ?
— Je leur ai dit que j'avais une urgence et un bon mal d'estomac.
— Urck.
— Ouais je sais, c'est pas terrible, mais ils lâchent jamais, donc pas le choix. Je t'avoue que même ça, la plupart du temps, ça suffit pas. Le plus simple, c'est de ne pas se faire reconnaître du tout ou de dire que je suis un sosie, ça marche des fois, ou alors que je suis mon frère.
— Mais t'as pas de frère.
— Ouais je sais, mais des fois ça marche, je parle presque pas de ma vie privée donc ça aide.
— Je suppose. Il finit sa douche rapidement, tandis que je sèche mes cheveux à la va-vite histoire qu'ils ne soient plus trempés.
Je reste juste vêtu de ma serviette. Louis fait de même, je crois qu'il veut la mort de mon pauvre petit cœur entre son torse, ses bras et ces cheveux qui lui tombent légèrement sur le front et qui laissent quelques gouttes de sa douche tomber sur ses abdos, le pauvre ne tiendra plus longtemps. Je vais m'asseoir sur le lit comme si cette journée avait été la plus éprouvante de l'année.
Je reste juste vêtu de ma serviette. Louis fait de même, je crois qu'il veut la mort de mon pauvre petit cœur entre son torse, ses bras et ces cheveux qui lui tombent légèrement sur le front et qui laissent quelques gouttes de sa douche tomber sur ses abdos, le pauvre ne tiendra plus longtemps. Je vais m'asseoir sur le lit comme si cette journée avait été la plus éprouvante de l'année.
— Ça va le sac à patates ?
— Nickel et toi ? Il se jette sur le lit à son tour, face contre le matelas.
— Nickel aussi, j'ai hâte d'être demain, ça me démange de cogner.
— Quel bourrin.
— C'est le sport qui veut ça.
— Mouais, t'avais qu'à choisir le badminton.
— Puis quoi encore, tu rêves.
— Il se pourrait bien. Tu pars à quelle heure demain matin ?
— Je dois être à la salle à huit heures au plus tard.
— Tu partirais à sept heures, je suppose ?
— Tu me connais, toujours arriver avant les autres.
— Je m'en souviens. Je jette ma serviette sur la seule chaise de ma chambre et vais me blottir sous les draps.
— Mho, c'est qu'il est mignon des fois.
— C'est ça, fous-toi de ma gueule. Il m'imite, vient me rejoindre sous les draps.
— C'est vrai qu'on est bien là.
— Je te jure. Et ton costume est contre la porte de la salle de bain, évite de prendre le mien, il est au même endroit.
— Ça marche, merci.
— Les chaussures sont à côté de ton sac, je crois. Tu vas le mettre demain ?
— Après le combat, si je gagne.
— J'ai toutes mes chances de te revoir dedans alors.
— J'espère.
— J'en suis certain. Je me rapproche de Louis et lui fais un bisou sur la joue avant qu'il m'en fasse un sur le front. Je me décolle un peu de lui sans retourner totalement à ma place, je me sens bien à ses côtés, tout près de lui.
— Dis ?
— Hum ?
— Je peux te prendre dans mes bras ? Je sais, c'est bizarre, mais si tu veux pas, pas de problème.
— Je préférerais me remettre comme ce matin, que je sois un peu sur toi...
— Pas de souci pour moi. Je vais donc me coller à lui avant d'entortiller ma jambe avec la sienne et de passer un bras autour de sa taille. Il vient m'entourer de ses bras.
— Merci.
— Merci.
— Merci à toi. Je m'endors tout contre lui en sachant que demain, à mon réveil, il ne sera plus là, mais heureux d'avoir pu passer ce peu de temps avec lui.
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